Matelassage en éventail baptiste

Dans le domaine du patchwork, certaines personnes déplorent l’emploi de mots anglais. Je compatis avec les quilteuses frustrées de ne pouvoir tout lire dans les livres américains ; il est cependant fastidieux de tout traduire systématiquement…

Coca-Cola at Quilting Bee : on ne peut plus américain !!

Mais dans tout apprentissage on apprend du vocabulaire ! Si vous faites de la voile, certains mots viennent du hollandais, si c’est du karaté vous apprendrez des mots japonais… En patchwork, nous apprenons quelques mots anglais. Certes, nos amies québécoises préfèrent parler de courtepointe plutôt que de quilt, mais par ces quelques illustrations je souhaite vous montrer à quel point quilter est une pratique sociale reconnue aux Etats-Unis. C’est vrai aussi que les Américaines anglophones ne s’offusquent pas lorsqu’elles parlent d’appliqué, mot en français non anglicisé ! Et puis souvenons-nous que le mot latin culcita signifiant matelas, coussin puis couverture, a donné à la fois l’anglais quilt et le français couette…

Tableau de « Grandma Moses », Quilting Bee, peint en 1950

Alors il me semble qu’on peut continuer à employer les mots en anglais puisque cet art a été largement développé aux Etats-Unis et c’est là que les choses ont été nommées : les noms des blocs, les outils, les techniques… On traduit ce qui l’est facilement (bloc pour block) et on peut garder les mots et expressions spécifiques (patchwork, log cabin, cutter et autres…). A chaque domaine sa langue dédiée ! Savez-vous quelle est la langue internationale pour la Poste Universelle ? C’est le français, auquel a été ajouté l’anglais seulement en 1994. Je l’ai appris lorsque ma cousine habitant en Suède m’envoya un « envoi recommandé » (écrit en français, tout comme la mention « par avion ») lorsque j’habitais en Allemagne. De même, en danse classique ou en escrime par exemple, les termes techniques sont en français dans le monde entier.

Quilting Bee – Fred Weaver  (gouache, 1969)

Ecrivant en « premier jet » le titre : Quilting en baptist Fan, dans ce franglais que comprennent quand même beaucoup de quilteuses francophones, je me suis dit que c’était un peu too much, alors je l’ai francisé, mais ce débat est finalement moins intéressant que le sujet lui-même ! Alors je vais continuer à écrire comme je parle…

Tableau de Bob Pettes – En vente en puzzle de 500 pièces !
Ces quelques illustrations de quilting bees montrent leur place dans la vie sociale américaine !

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Le quilting de mon quilt en dés est l’un des modèles les plus populaires de la fin du XIXe/début du XXe siècle aux Etats-Unis. Il fait partie des « overall », dessin qui se répète sur tout le top sans tenir compte du dessin du patchwork ou de l’appliqué. Pour nous, ce modèle a le charme de l’ancien ; pour les quilteuses de ce temps-là, il avait aussi beaucoup d’avantages techniques.

Tout d’abord, le dessin :

Ces cercles concentriques sont faciles à répéter, il en suffit d’un, dessiné par exemple avec une assiette ou un gobelet, qui sera répété en l’agrandissant ou le rapetissant selon un espace constant. Cet espace sera au choix : l’épaisseur du pouce, la longueur d’une phalange, la hauteur du dé à coudre… et puis le coup d’oeil de la quilteuse ! Il faut se souvenir qu’une fois les trois épaisseurs tendues dans le cadre à quilter, on ne l’enlèvera que terminé, on comprend alors que les dessins les plus faciles à suivre avec le minimum de marquage sont les plus populaires !

Ensuite le quilting en arrondi :

A cette époque donc, les femmes quiltaient sur un cadre fixe, souvent à plusieurs, lors des « quilting bees » (réunions d’abeilles quilteuses) et je crois que cela bourdonnait comme dans une ruche ! Ce dessin en quarts de cercles peut se commencer à plusieurs endroits à la fois, il est facilement ajustable et le quilting en ligne arrondie, qui suit le mouvement du bras, est particulièrement agréable.

Pourquoi s’appelle-t-il Baptist Fan ?

A fan est un éventail, bien sûr on comprend tout de suite en voyant le dessin. Baptist est une des branches du protestantisme, parfois on appelle ce modèle aussi  Methodist (autre branche du protestantisme) ou Bishop (évêque), l’appellation des Amish je crois. C’est tout simplement parce que les quilting bees se constituaient la plupart du temps au sein de la congrégation religieuse.

Une bonne raison supplémentaire de choisir ce modèle de quilting :

Avec le recul d’un siècle d’utilisation et d’usure, on se rend compte que les quilts matelassés ainsi restent plus longtemps intacts !! Les quiltings serrés qui ne tiennent pas compte des dessins du top sont les plus efficaces pour préserver les fibres de tissu du déchirement. Autres exemples de quiltings traditionnels conservant longtemps les quilts : les clamshells (motif des coquilles) et les croisillons serrés.

Ma méthode de marquage de ce modèle :

Je n’ai pas fait ce quilting de façon très spontanée, j’ai marqué mes lignes, intimidée sans doute par cet exercice nouveau pour moi. Munie d’un compas et d’un carton, j’ai dessiné ceci :

puis découpé chaque arc de cercle. Je l’ai fait en 2 exemplaires car je craignais l’usure des gabarits ! C’était superflu. J’ai fait cinq arcs comme le conseillait Bonnie Hunter ; un nombre impair dans ce cas est plus futé car on se retrouve du « bon côté » à la fin d’un éventail. Et puis, comme les fleurs dans un bouquet, c’est plus esthétique sans doute !

Photo empruntée à Bonnie Hunter, Quiltville. Son dessin montre comment on avance dans le quilting de ce modèle.

Mon outil de marquage sur le sandwich était le Hera marqueur de Clover, cet outil génial issu de la tradition japonaise. C’est une spatule à bord tranchant comme un couteau. Les authentiques sont en bambou, les nôtres en plastique dur, ils marquent le tissu en faisant un petit creux et en lustrant légèrement le tissu. Cela suffit largement pour ce genre de dessin ! Je marquais 3 ou 4 éventails à la suite, et même après une pause, je retrouvais facilement le dessin .
On peut détourner des objets pour marquer de la même manière : ainsi, un petit couteau à beurre, à la lame arrondie au bout, marque aussi bien le tissu qu’un Hera.  En revanche, les plioirs d’encadrements et de cartonnage n’ont pas la tranche assez affûtée. Une bonne prise en main est importante, le Hera est parfaitement ergonomique et donc imbattable pour cela !

Bien sûr, chacune a ses préférences de traçage (crayon, feutre, savonnette, craie…), je vous signale juste cette possibilité.

Voici une simulation sur mon quilt fini pour vous montrer la progression des éventails. Je n’utilise pas le plus petit gabarit du centre car j’utilise le n° 2 pour dessiner le 1er arc. On fait ces premiers arcs puis on quilte peu à peu l’ensemble.

Fil et aiguille

J’ai surtout quilté ce quilt aux dés avec des aiguilles « between Piecemaker n° 12 », agréables mais j’en ai cassé beaucoup ! Vers la fin de ce quilting, j’ai découvert les « Between Roxane n° 11 », je les préfère. Quant au fil, je prends le YLI (pour faire chic, prononcez ouaille-elle-aïe) 100% coton. Solide et même fibre végétale que le tissu, c’est parfait. J’avais quilté la plupart du temps avec un tambour, parfois sans mais avec un poids comme Yoko Saito… J’ai tout essayé, je trouvais ainsi le temps moins long ! Mais je suis impatiente de quilter avec la technique d’Esther Miller que j’ai apprise grâce à Patricia mais que j’ai encore peu pratiquée, je vous dirai quand je m’y mettrai !

Avancement

Le premier arc de cercle quilté, vous allez au plus près pour commencer un autre : ce sera soit à gauche, soit au-dessus. Puis, lors d’un changement d’aiguillée, vous pouvez entamer une autre direction. Les arcs se succéderont jusqu’au coin en haut à gauche. Variante : tourner tout autour et finir vers le centre comme le dessin de Bonnie Hunter (voir son article en référence ci-dessous). Tout est permis, c’est votre quilt…

Voilà, vous en savez autant que moi !

Références :

Quilting avec Patricia à la manière d’Esther Miller : articles ici et

Articles qui m’ont inspirée pour ce sujet :
http://quiltville.blogspot.fr/2010/05/questions-on-fans.html : évidemment Bonnie Hunter, pour le quilting spontané et la constatation que ce quilting préserve mieux les quilts !
http://minickandsimpson.blogspot.fr/2009/06/fuss-free-hand-quilting.html : Minick & Simpson, pour l’historique.

Vous êtes arrivée au bout de cette longue lecture ? Félicitations ! La prochaine fois que vous devez commencer un quilting, demandez-vous si le Baptist Fan ne serait pas, par hasard, une bonne idée !…

Katell, Quilteuse Forever

Mon activité favorite !

Diamonds en Bretagne

J’ai le privilège d’avoir beaucoup d’Abeilles quilteuses autour de moi, nous nous réunissons le vendredi dans l’ouest toulousain et chacune peut prendre l’espace de ce blog pour s’exprimer. Aujourd’hui, c’est Chantal qui nous raconte toute l’histoire de son quilt « Diamonds » (ce qui signifie Losanges en anglais). Un bel exemple !
Katell

 

Tout commence par une envie d’offrir un cadeau à des amis…
Lorsque, début 2011, ils émettent l’idée d’un patchwork mural pour habiller le salon de leur maison de vacances en Bretagne, je saute sur l’occasion.
J’envoie des photos de mes précédentes réalisations pour donner des idées, ainsi que d’autres modèles piochés tous azimuts , en précisant que je peux adapter tant les couleurs que les motifs…Reste à attendre le choix de nos amis !


Au cours de l’été, ils partent visiter New-York. Je leur transmets, à tout hasard, l’adresse de l’unique magasin de patch de Manhattan (merci Katell !). Et malgré le programme touristique chargé, ils prennent le temps d’y entrer.
Leurs yeux sont immédiatement attirés par un quilt exposé dans le magasin. Mais non, il n’est pas à vendre ! En revanche, ils peuvent acheter le patron (Diamond, Diamonds and More Diamonds de Viv Smith) ainsi que les tissus. Un grand choix leur est offert dans la boutique… Une quinzaine de tissus batik sont choisis et puis traversent l’Atlantique au retour.

En septembre, lorsque je reçois le petit paquet, mon impatience est aussi grande que la surprise de découvrir un patron avec des losanges. Motif que je n’avais jamais travaillé jusqu’alors…
Un vrai défi s’offre à moi . Et devant l’ampleur de la tache,  les consignes d’un patron à respecter (ce que je n’avais jamais fait) et l’utilisation des tissus venant d’outre-Atlantique, je réalise que je n’ai pas droit à l’erreur.

Cependant, j’aime les défis en couture. Je me lance dans l’aventure avec passion.

Après les vérifications d’usage pour un travail géométrique, en particulier, le parallélisme des losanges et  la largeur des bandes intermédiaires, je réalise deux essais avec des tissus « brouillons » pour décortiquer la technique que le patron me propose de suivre.
Tout s’enchaîne assez vite ensuite, les losanges sont coupés, ainsi que les bandes colorées.  Mon mur se recouvre petit à petit de couleurs à associer pour faire ressortir les contrastes. Le défi est bien là. J’utilise mon appareil photos avec l’option N&B pour bien voir les valeurs de chaque tissu :

 

Un vrai travail de peintre sur le mur de ma chambre/atelier ! 

J’ai juste assez de tissu, je ne dois pas faire d’erreur de coupe. Cela ajoute un peu de piment à l’affaire…et m’oblige à être hyper concentrée !
Cela prend forme. Je m’habitue aux couleurs, je joue avec… 

Vient ensuite la coupe des bandes noires, le tissu noir provenant d’un drap neuf de belle qualité. Les grands losanges sont entourés d’une bande noire.   

                 

A la maison, chacun vient donner son avis, plisse les yeux pour voir les couleurs avec ce «filtre» naturel.

C’est la danse des losanges sur le mur…A chaque déplacement d’un losange, c’est l’équilibre de l’ensemble qui est bouleversé et il faut réfléchir à nouveau…
De nombreuses heures de réflexion, les couleurs qui tournent dans la tête. La nuit, je pense à «mes diamonds»: bleus/rose, jaune/fauve, orange/bordeaux… 

Puis vient le temps des triangles des bords. En droit fil ou dans la trame…? Choix cornélien !!

 

Me voici prête pour les premiers assemblages, qui se déroulent sans problème à condition de ne pas tirer sur les coutures car tout est en biais…n’est-ce pas !
Et chaque losange doit avoir la même taille pour la prochaine étape de l’assemblage des losanges entre eux, puis des bandes entre elles.

Noël 2011, le centre du top est achevé après équerrage et pose de la première bande intermédiaire.
Les futurs heureux propriétaires l’aperçoivent, ils sont ravis. Je n’ose pas trop dire que le plus dur reste à faire…En effet, il ne me reste que des petits morceaux de chaque tissus et je dois maintenant couper les losanges de la bande extérieure… Le défi continue…
Mais ce travail de précision me passionne ! 

 

Mi-janvier 2012, fin du top ! Je suis heureuse du résultat. 

 Il va falloir maintenant passer concrètement à l’étape suivante à laquelle je réfléchis depuis des mois : le matelassage !
Ah !! le dessin du quilting, éternel problème ! (Suis-je la seule !?)

Je voudrais un dessin simple mais néanmoins beau, existant mais invisible (car j’ai trop peur de gâcher les tissus), facile et rapide à réaliser car je suis aussi impatiente que mes amis qu’il soit terminé…  

Je prends trois mois de réflexion. Comme souvent, je cherche conseil auprès des « Abeilles », je fais mille dessins, et j’opte finalement pour un quilting « in the ditch » en fil coloré pour chaque losange central et un quilting visible en fil noir, en légère courbe sur les bandes noires, ce qui donne un peu de mouvement à l’ensemble.

De gentils mots doux à ma valeureuse machine qui donne quelques signes de fatigue (petite précision, elle tourne huit  heures par jour car j’ai de nombreux ouvrages en cours en marge de celui-ci…).

Fin avril 2012, tous les fils sont rentrés, le matelassage est  achevé…Je nage dans une bulle de bonheur!!

Les petites opérations de finition se font dans la joie et la bonne humeur !

Environ 130 heures de travail, coupe, couture, quilting machine, sans oublier les rentrés de fils à la main, le manchon pour le fixer au mur et la broderie sur l’étiquette au dos. C’est sans compter les nombreuses heures où seule la tête travaille… 

 Le 6 mai 2012, j’ai le plaisir d’annoncer que la commande est prête…

Petite photo au soleil de Toulouse avant de l’emballer pour sa livraison !

 Le 8 mai 2012, le quilt (1,65m x 1,95m) traverse la France roulé dans un petit Furoshiki (Tiens donc!) pour trouver sa place dans la maison de Bretagne. Il est à l’honneur!!

Plaisir d’offrir !!

Merci Chantal ! Vous pouvez trouver ici son précédent article.

A tire d’aile

C’est à tire d’aile que s’ouvre la Ruche des Quilteuses après cette pause estivale, puisque je vais vous parler d’oiseaux !

Ce tableau de Matisse est évocateur de ciel, de mer, de voyage et de liberté…

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En juin dernier en Irlande, j’ai découvert de belles légendes comme celle de St-Kevin, ermite du VIe siècle qui préférait la compagnie des animaux à celle des humains. Un jour, priant Dieu les paumes tournées vers le ciel, un merle se posa dans sa main et… pondit des oeufs.

Sculpture de Tim Schmalz

St-Kevin resta des jours et des nuits immobile, l’oiseau couvant dans sa main, jusqu’à l’envol des oisillons ! C’est pourquoi ce Saint est toujours représenté avec un oiseau dans la  main. A Glendalough (« Les deux lacs »), région magnifique où vivait St-Kevin,  on fait une très jolie promenade aux nombreux vestiges catholico-celtiques et, au détour d’un chemin, on tombe sur cette petite statue qui semble toute récente :

Cette niche de granit résume l’essentiel : la tête à l’auréole, une main, un oiseau…

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« Bird-in-Hand » (oiseau dans la main), expression connue des Anglophones, ne se réfère pourtant pas à cette si belle histoire mais provient plutôt de la pratique ancienne de la fauconnerie :

et la phrase complète est : « A bird in the hand is worth two in the bush », ce qui équivaut à notre « un tien vaut mieux que deux tu l’auras »… « Bird-in-Hand » est même le nom d’un village touristique en Pennsylvanie, au coeur du pays Amish !

Pas étonnant donc que cette locution ait inspiré des quilteuses comme Renée Plains qui l’a prise comme titre de son livre consacré à des ouvrages d’esprit country… avec des oiseaux bien sûr. Il figurait dans la liste de mes livres préférés l’année dernière. J’ai craqué pour le modèle le plus simple, prêt en quelques dizaines de minutes :

 Pique-aiguilles dans des tissus de la gamme Indochine (Dear Stella) posé sur ma boîte à couture.

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Notre garage était au printemps une pouponnière à hirondelles qui virevoltent à présent dans le jardin, c’est un bonheur de savoir qu’elles se régalent des moustiques qui pulluleraient sans elles ! Ces ballets gracieux m’ont conduite à chercher d’autres modèles d’oiseaux en tissus. J’ai ainsi découvert de délicieux passereaux, tels que je les rêvais, aux couleurs d’oiseaux de paradis :

Charmant mobile d’oiseaux, réalisé par Spoolsewing.

 

Ne les trouvez-vous pas adorables ? (photos Spoolsewing)

Je viens de  commencer à coudre avec enthousiasme des oiseaux pour faire un mobile moi aussi. Le modèle est très épuré, tout juste évocateur de la ligne d’un passereau ou d’une perruche. Voici mes premiers bébés :

Quand ils seront accrochés à leur branche, vous pourrez voir leur ventre de couleur contrastée !

 Le modèle est offert par Spoolsewing ici. Quelques minutes sont nécessaires pour les coudre à la main et je vous assure que les enfants les adorent… Vous connaissez peut-être ce modèle car il n’est pas récent (il date de 2008), mais je viens juste de le découvrir… Allez-vous en coudre quelques-uns vous aussi ?

J’en ferai surtout des bleus qui me rappelleront les  Bluebirds, passereaux américains très populaires, de si beaux et joyeux gazouilleurs qu’on leur attribue la vertu de porter chance : 

Leur population décroît malheureusement, en raison des mono-cultures intensives.

Et pour quelques belles références artistiques sur les oiseaux bleus, allez faire un tour chez Mango qui tient un blog littéraire. Bonne balade !

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Le Grand Déballage

Je vous l’avais promis, le voici, le déballage des quilts sortis de nos armoires !

Evelyne nous dévoile son premier quilt qu’on n’avait jamais vu… Incroyable, comment peut-on faire si bien dès la première fois ?… La technique est déjà parfaite, mais surtout le choix des tissus pour les tulipes est d’une telle liberté qu’on ne peut détacher les yeux de ce quilt !

Le magnifique premier quilt d’Evelyne

Martine en admiration totale devant ce si beau travail

Puis Evelyne nous montre ce top, un colimaçon à la manière de Kathy Doughty entouré par de grandes et belles étoiles de l’Ohio :

Le gris met si bien en valeur les autres couleurs, il faudrait y penser plus souvent !

Puis c’est le tour d’Annie, une de nos Ariégeoises, qui a presque terminé le top d’un Jardin de grand-mère en batik :

Bientôt, ce sera le grand moment d’enlever les faufils !

Parallèlement, Annie suit le quilt-mystère de Yoko Saito proposé par Quiltmania :

 

Un parfait appliqué et des couleurs pimpantes pour ce magnifique modèle !

Continuons avec Yéyé, qui depuis quelque temps délaisse la couture à la main ; du coup, elle nous énerve tellement elle travaille vite et bien :

Celui-ci a été fait après la découverte de la méthode des vols d’oie 4 par 4 ; on ne pouvait plus l’arrêter !

Yéyé et Evelyne tenant à bouts de bras le quilt en cours… Yéyé qui ne fait QUE des dessus de lits !

Voici la nouvelle déco de Pâques que nous avait cachée Callale, toujours dans ses douces teintes :

Et puis voici la version très raffinée des Moulins de la Ruche de Martine :

Ainsi que son dernier panneau appliqué et piécé, qu’elle finira pour sa décoration de fin d’année :

Ce quilt est un modèle de Jan Patek paru dans le magazine « Quilt Country » n°15 d’octobre–novembre 2010. Quiltmania a par ailleurs édité son livre « Country Quilts for your soul »

Vous le voyez, les Abeilles sont productives ! Nous devons cependant mettre les bouchées doubles pour l’exposition de notre Club l’année prochaine car Huguette Papin, qui l’a fondé il y a vingt ans, compte sur nous ! Huguette, c’est une dame qui connaît tout le monde du patchwork, inlassablement elle a voyagé pour voir toutes les expos, suivi tous les stages… C’est notre Impératrice du Patchwork, celles qui la connaissent comprendront qu’elle n’usurpe pas ce titre !
Nous avons été ravies de t’avoir parmi nous Huguette !

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Ciel d’Orage et amitié

Ces jours-ci, nous subissons de violents orages un peu partout en France et les nouvelles du ciel sont franchement dramatiques de l’autre côté de l’Atlantique : sécheresse et chaleur extrêmes dans l’Ouest où se propagent de terribles feux depuis des semaines, orages si violents à l’Est, après tant de tornades au centre… De tout coeur, je compatis avec la détresse des  sinistrés.

En 2003, l’orage grondait dans la vie de Maïté. Toujours vaillante, elle entreprit, pour se changer les idées, un quilt bien singulier, aux carrés juxtaposés « sashikotés ». Pour conserver un esprit rustique, elle choisit des tissus artisanaux (du lin, du chanvre, du ramie ?…) aux teintes bleu denim superbes, l’un foncé l’autre plus clair. Le résultat la ravit, mais elle l’appellera Ciel d’Orage en raison de la dure période qu’elle traversait alors.

Le voici en 2003, encore très bleu, mais on devine déjà sa tendance à « violetter »…

Hélas ! Après quelques années, quelques mois même, sans avoir été exposé au soleil, le tissu le plus clair se met sérieusement à virer au violet… A chaque fois qu’elle me le montre, elle s’en désole, mais moi je lui trouve toujours autant de charme… Et puis, le violet n’est-il pas à mi-chemin entre le bleu et le rouge ? Nous l’avons ressorti vendredi dernier lors de notre déballage annuel :

Figurez-vous que cette merveille est maintenant… à moi !!! 

Lassée de s’énerver à chaque fois qu’elle voit son beau bleu tout violet, Maïté m’a offert son Ciel d’Orage, à moi qui l’aime tant ! Toutes les autres étaient vertes de jalousie, moi rouge de plaisir… mais on a l’habitude de bien marier les couleurs et elles savent qu’elles pourront désormais le voir… chez moi !!

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Ouvrons la porte…

Vendredi dernier, journée exquise des Abeilles dans la ruche de Maïté ! C’était le traditionnel « déballage des quilts » de fin d’année où l’on se montre nos quilts finis, les en-cours, « in-finis » ou « presque finis », où l’on profite d’une journée rien que pour nous. Nous entretenons ainsi la grande amitié qui nous unit. Les absentes nous ont manqué !

Tout d’abord, la visite traditionnelle dans l’atelier de Maïté. Nous l’avions déjà visité l’année dernière, mais cette année l’armoire était prête à nous révéler tous ses secrets :

C’est tellement plus joli que mes boites en carton ou en plastique…

Chaque boîte recèle des rubans, des perles, des dentelles, mais surtout des milliers de boutons, minutieusement classés par nature (nacre, bois, plastique), couleur, destination (enfant, animaux, antiquité…). Une véritable armoire à trésors !

La machine à coudre possède son petit gardien, notre ami le hérisson :

Et des ours, toujours rouge-blanc-beige, chinés dans les vide-greniers, nous surplombent du haut de l’étagère, tandis qu’une précieuse petite maison abrite un ouvrage en cours :

Puis nous allons, comme des gamines le jour de Noël, déballer les quilts de Maïté qui se trouvent dans sa chambre :

Ce dernier quilt, d’inspiration amish, n’est pas de Maïté mais de Marie-Michèle. Il était en ébauche l’année dernière et je suis si contente de le voir fini ! Déjà alors j’avais admiré son interprétation d’un modèle de Kristel Salgarollo paru dans Quiltmania :

Ces tons de bleus et  bruns sont divins ! J’aime beaucoup aussi son option de quilting à la main en « méandres spontanés et aléatoires », cliquez sur les photos pour mieux voir  les détails !

Bientôt, la suite du « grand déballage » chez Maïté…

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Au bon Petit-Beurre

Qui n’a pas dégusté, enfant, un Petit-Beurre LU en commençant par craquer les 4 coins, puis délicatement rogner à petits coups de dents la petite dentelle du pourtour pour enfin mordre de bon coeur dans le centre? Forme inspirée, dit-on, d’un napperon de la grand-mère du pâtissier…

En plus d’avoir inventé un biscuit simplement bon, la firme Lefèvre-Utile a eu le génie de la réclame : que d’affiches dessinées par les plus grands et de slogans qu’on n’oublie pas ! Les plus fameux restent :

4 oreilles et 48 dents de pur plaisir !
Sarah Bernhard a dit : « Je ne trouve rien de meilleur qu’un Petit LU. Oh si ! Deux Petits LU. » 
Qui me croque craque. Qui m’a croqué recroquera.

Maïté, comme toute personne ayant vécu à Nantes, se souvient de la tour de l’usine LU historique, de l’autre côté du carrefour face au Château ducal. C’est devenu un endroit très branché, superbement rénové ! Il ne fallait effectivement pas perdre ce patrimoine nantais. La tour LU a gardé son nom emblématique, simplement de Lefèvre-Utile, c’est devenu Lieu Unique…

Depuis que je connais BeeBee (Maïté l’Abeille), elle a toujours eu envie de coudre des sets de table en forme de petit-beurre ; la forme rectangulaire s’y prête effectivement et c’est à l’occasion d’un concours qu’elle s’est lancée dans sa réalisation. Il a d’abord fallu trouver un tissu couleur « biscuit-doré-pas-trop-cuit » (pas évident), puis des fils à broder (ce qui estplus simple) et enfin la maquette, avec l’aide de son ingénieur de mari. Ne riez pas, il fallait garder la juste proportion de tous les détails !

BeeBee aux doigts d’or a donc réussi son pari :

Le public ne s’est pas trompé, son oeuvre craquante a reçu le premier prix !

Voici sa signature, toujours avec une abeille… 

Admirez le point de tige, brodé deux fois de deux couleurs différentes pour figurer la légère ombre du renfoncement du biscuit. Les petites dents ont été, de même, brodées à la main. Vingt heures de travail pour réaliser son rêve !

Dans sa cuisine, on adore regarder les petites décos, bien sûr des magnets sur le régrigérateur :

Mais aussi, parmi les poules, une ancienne pancarte publicitaire LU au Petit Ecolier :

Et puis son tablier à la poche brodée par une amie :

Nous avons passé une journée exquise chez Maïté, avec des quilts partagés, de bons fous-rire…Bientôt, je vous ferai visiter l’armoire de l’atelier de Maïté… et vous montrerai de nouveaux quilts de nos amies Abeilles !

Le set de table de Maïté

Sur le banc…

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IQFOI – Expos « Yin & Yang » et « The Road less Traveled »

Yin & Yang

Dans la même salle que les merveilleux quilts japonais, cette expo était bien à sa place pour la « zénitude », mais malheureusement nous étions tous happés par ceux du Round Robin nippon… Un joli effet de lumière sur le sol, quelques beaux quilts :

The Road Less Traveled

Allons à présent dans un bâtiment de l’Université de Galway où j’aurais bien aimé étudier : celui consacré à la culture gaélique ! Il y avait même une salle mystérieusement nommée Black Magic… Etudie-t-on les grimoires pleins de formules magiques ? Frissonnons ensemble un instant et dirigeons-nous vers une salle où, comme ailleurs, les Quilteuses Irlandaises nous accueillent comme une amie… Quelle gentillesse ! Dans ce Festival, j’ai vraiment senti le plaisir de faire partie de la Communauté Internationale des Quilteuses, un lien de connivence nous relie toutes !
Cette salle abritait l’expo sur le voyage, parfois il fallait chercher longtemps le lien avec le thème, comme un magnifique DearJane… Voyage vers le passé ?… Je pense que le quilt gagnant sera un superbe médaillon plein d’étoiles… Je n’ai pas pu le photographier tant il y avait de monde ! Puis-je alors vous montrer quelques autres quilts exposés qui n’ont peut-être pas autant attiré l’attention ?

Cliquez sur les photos que vous souhaitez agrandir !
Oh mais que vois-je derrière ce très beau sampler au centre peint ?

Mais oui, le quilt que j’ai fait pour ma fille à l’automne dernier, en suivant la joyeuse émulation de Jo (voir les articles ici), a été exposé dans cette section ! Il n’a aucune chance de gagner car il ne correspond pas aux exigences d’un jury américain, mais je suis heureuse que cette sorte de scrapbook du voyage de ma fille en Amazonie ait été vu par des milliers de personnes 🙂

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Vendredi prochain…

…sera un grand jour pour les Quilteuses !

Ce sera réunion nationale annuelle des adhérentes de France-Patchwork ; cette année le rendez-vous est à Sérignan, dans l’Hérault, au bord de la Méditerranée. Vendredi est consacré à la vie de l’Association avec l’AG et samedi ce sera la fête des adhérentes ! La délégation du département prépare cette assemblée depuis deux ans, nul doute que ce sera une grande réussite.

Vue de Sérignan

Martine a organisé le déplacement pour les Toulousaines : plus on est de folles plus on rit ! En Abeille hyper-active, elle vient de se confectionner un superbe sac :

Si, à Sérignan, vous voyez ce sac, Martine ne sera pas loin ! Il est très chic tout en étant dans l’esprit-récup : le bleu ciel vient d’un blue-jean de son fils, les autres carrés sont des restes de son Civil War Quilt, le molleton est du feutre de piscine…

Un grand merci, Martine, pour l’organisation de ce voyage !

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On passe du bleu Méditerranée au Vert de l’Irlande : le même jour débute le Premier Festival International du Quilt en Irlande, plus précisément à Galway.

Mon mari et moi avions envie, depuis des années, de retourner en Irlande, alors dès l’annonce de ce Festival l’été dernier sur le blog de Quiltville, nous avons décidé de concrétiser ce souhait !

Jim West, le créateur du Festival, nous promet des animations inédites dans le campus universitaire transformé en Village des Quilteuses, dont le centre sera à la manière d’une place du village du XVIIe siècle avec des décors de théâtre, des chanteurs celtiques, des pubs… mais aussi et surtout des quilts venus du monde entier !… Promis, je vous raconterai tout, tout sur ce Festival !

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Et pour celles qui ne peuvent voyager mais qui ont la bonne idée d’être membre de France-Patchwork, vous aurez tout le temps de déguster la nouvelle revue qui arrive tout juste dans nos boîtes aux lettres :

Il y a tant à lire et découvrir ! Ce numéro est particulièrement riche et varié, nous avons de la chance d’avoir en France une association riche d’innombrables talents réunis pour promouvoir notre passion commune.
Il n’est jamais trop tard pour vous abonner, vous pouvez télécharger un bulletin d’adhésion ici

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Chères lectrices, à bientôt !

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Tournent les Moulins…

… enfin entièrement quiltés, avant de voler vers la Normandie ! Voici ce quilt, les Moulins de la Ruche (photographié à la lumière du soir pour mieux voir le relief), que je suis heureuse d’offrir à ma petite soeur :

Photo « d’altitude » prise du haut du toboggan, qui ne sert plus à grand chose d’autre ! Dimension : carré d’1,80 m.

J’ai terminé le quilting (vu ici) avec un simple point qui fait des vagues, programmé sur ma machine à coudre. C’est une manière très simple et rapide de rattraper les éventuels godillages ! Je dois vous avouer que j’avais des projets plus ambitieux en piqué libre, mais je ne me suis pas encore assez entrainée… Alors j’ai joué la sécurité puisque j’avais déjà opté pour cette solution pour la bordure de la Ronde des Pétales : (cliquez sur les photos pour apercevoir le quilting machine )

 

La bordure de finition, je l’aurais voulue en coquilles, mais je n’avais pas laissé assez de tissu sous l’appliqué, j’ai donc opté pour juste des coins arrondis, ce qui donne tout de même un agréable côté vintage/rétro. 

Voici un petit bout de quilt avec une bordure en coquilles (scalloped edge en anglais). Ce sera pour une autre fois !

Pour celles qui se demandent comment faire une bordure avec des coins arrondis, voici quelques petits trucs-maison :

– Une grande assiette est parfaite pour marquer l’arrondi. Vous pouvez même écrire au stylo votre ligne de coupe ! Ma préférence est de marquer la ligne de coupe courbe, puis coudre à grands points à la machine, juste un millimètre à l’intérieur du trait afin de solidariser les trois épaisseurs, et ensuite couper sur le trait. Ces grands points disparaîtront sous la bande de finition.

 – Mieux vaut préparer une bande de finition coupée dans le biais afin d’épouser la courbure. Dans mon cas, j’ai assemblé des parties en droit fil et des parties en biais car il me restait trop peu de tissu pour le couper entièrement en biais. Il suffit de calculer un peu les longueurs nécessaires pour que les portions en biais correspondent aux parties courbes du quilt (les 4 coins).

–  Comme pour une bordure habituelle, la bande mesure 6 cm de haut et est pliée en deux.

– Lors de la couture, ne pas tirer sur la bande dans les courbes, ce qu’on a tendance à faire ; cela ferait « pocher » le quilt.

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Et puis, pour un quilt qui ne sera pas accroché au mur, j’aime faire des dos piécés. Voici celui des Moulins :

Bandes de tissus dans les bleus-beige avec un tissu lin-coton pour le dos des MDLR.

Détail du petit appliqué.

Bon anniversaire Isabelle ! J’espère qu’en recevant ton quilt tu me pardonneras le retard…

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