A Rouen, samedi dernier devant la Cathédrale, les passants ont pu admirer une oeuvre extraordinaire, une copie inédite de ce tableau si connu :
Claude Monet, 1886 (au Musée d’Orsay).
Un projet ambitieux de l’association Citémômes, Tricote un Sourire, a encouragé petits et grands à tricoter des carrés dans des couleurs bien définies dans le but de réaliser une oeuvre d’envergure. Son nom vient d’une citation de l’Abbé Pierre : « un sourire coûte moins cher que l’électricité mais donne autant de lumière ». A chaque carré, c’est un sourire de plus :
Et il en a fallu 10 000 de 5 cm de côté pour réaliser cette immense oeuvre de fils tricotés mis sur des carrés de tissus de soutien :
Mathilde Milot, directrice de Citémômes – Photo Ouest-FranceJ’imagine tout le travail de l’assemblage ! (photo d’ici)
Quelle merveilleuse manière de mettre en valeur notre patrimoine artistique ! Mille bravos à chaque participant, de 2 à 102 ans… Illustration idéale de la passation du savoir-faire entre les générations !
Découverte d’une artiste polonaise, NeSpoon, qui allie la finesse de la dentelle traditionnelle et le street art. Globe-trotteuse, elle sévit partout 😉 ! Elle admire et met en scène les dentelles imaginées par les femmes du monde entier qui partagent cette envie de beauté faite de fil, de patience et de dextérité… Elle s’émerveille de la connexion invisible entre ces femmes qui ont inventé les mêmes motifs de par le monde. NeSpoon allie modernité et tradition avec son art qui, espère-t-elle, entraîne des ondes positives pour tous.
Voyez par exemple cette maison réhabilitée avec juste de la peinture blanche et noire à Fundão, au Portugal :
Vue de plus près :
NeSpoon, 2014
Le 15 mai dernier, elle s’est attaquée au pignon de l’espace associatif, Place des Carmes au centre de Pont-l’Abbé, dans le pays bigouden (Finistère sud) :
Le pignon aveugle est d’abord peint en blanc, 70 m2 d’expression…Puis commence la peinture au stencil, à la peinture noire.Dernières retouches sur la dentelle aux picots…Et voilà, un petit centre-ville rénové de la plus belle des manières qui soit, mettant à l’honneur les dentelles de nos grand-mères !
Et rue Danton, les passants découvrent une oeuvre en forme de toile d’araignée… bretonne, comme un attrape-rêves des Indiens d’Amérique :
Au Pays de la dentelle bretonne, tradition et modernité se rejoignent harmonieusement !
BRAVO à cette jeune femme !
Le fil de ces animations s’étire d’avril à octobre pour brodeuses, tricoteuses, dentellières… et des quilteuses s’y manifesteront peut-être aussi !
C’est cette technique du pochoir – ou stencil – que Kristine l’Abeille a utilisée pour son bouquet de violettes, à l’aide d’un napperon de dentelle en papier (pour les pâtissiers) et de la peinture blanche pour textile :
Lors d’un stage la semaine dernière, j’ai remarqué que Betty du club de Balma (31) ramassait tous les petits bouts de fil et de tissus, les rognures de nos blocs équerrés par exemple. Elle m’a rapidement raconté sa mission qui lui tient tant à cœur, donner du confort aux chiens et chats du refuge d’animaux voisin. Sensible à cette cause, je lui ai promis que notre club de Colomiers collecterait également tous ces petits bouts. Je lui ai donc demandé de m’écrire exactement ce qu’elle fait et ce qu’elle souhaite collecter.
Bonjour Katell,
Comme tu l’as compris, tous les lundis au club de patchwork, je récupère les chutes de tissus, même les plus petites mais aussi les bouts de fils… tout ce qui généralement finit à la poubelle et qui pour moi, constitue le rembourrage de matelas que je fais pour les animaux recueillis dans le refuge de ma petite ville.
Je récupère aussi tous les vieux textiles qui ne peuvent plus être recyclés pour les humains parce que démodés, tachés, abîmés etc. Tout ce qui peut être réutilisé en l’état au refuge (pulls, coussins, torchons, serviettes de toilette etc.) est donné tel quel. Tous les tissus transformables en housse le deviennent, en 1ère ou 2ème housse de chaque matelas (drap plat et housse, tissu d’ameublement etc). Tout le reste, je le coupe en petits morceaux pour faire le rembourrage. C’est le plus long, et le plus pénible (les doigts sont mis à rude épreuve ). Les petites chutes du patchwork, déjà coupées, sont des bénédictions !
Chaque matelas comprend 2 housses. La première est d’abord cousue sur 3 côtés. Ensuite, je fais des coutures tous les 10 centimètres et chaque tunnel est bourré de morceaux de tissus. La densité du rembourrage évite à l’animal d’être en contact avec le ciment.
Une 4ème couture ferme cette première housse.
La 2ème protège la première. Elle peut aussi être changée très facilement par les bénévoles du refuge et prolonge ainsi la durée de vie du matelas.
Il m’arrive de faire des petits matelas pour les chats en insérant quelques épaisseurs de tricot lorsque j’en trouve.. avis donc aux tricoteuses et leurs éventuels essais, ou bien vos pulls mités, feutrés, troués !
C’est un travail qui permet d’apporter un peu de confort aux animaux et qui ne coûte que la peine de les faire.
Si je pouvais récupérer les chutes de plusieurs clubs de la région, le plus gros du travail serait fait et je pourrais en faire beaucoup plus chaque hiver grâce à vous toutes.
Ce qu’il faut savoir, c’est que ce travail n’a jamais de fin car les bénévoles n’ont pas le temps de laver ces matelas. Leur durée de vie est donc courte. Voilà pourquoi, je ne cherche pas à faire joli, mais confortable et solide…
Si ton initiative peut être suivie d’effet et permettre de faire plus et mieux pour nos amis à quatre pattes, alors sois en remerciée du fond du cœur.
Un grand merci pour ce que tu feras Katell,
Je t’embrasse
Betty
Je relaie ici cette initiative car j’espère que Betty recevra des tonnes de chutes de tout le département à chaque rencontre France Patchwork 31, mais aussi peut-être des cartons de chutes d’ailleurs… ou bien certaines d’entre vous vont-elles suivre cet exemple pour donner aussi un peu de confort aux animaux un peu partout en France ?
Pour avoir son adresse postale, voici son adresse email : betty (point) angot (arobase) dbmail (point) com
J’aime les idées simples avec un grain de folie et en voici une de Joëlle Vétillard qui souhaite réaliser une robe de mariée en triangles faits… par nous !
Cette robe de mariée clôturera un défilé de mode qui aura lieu pendant des Puces de couturières dans la Creuse, en septembre prochain. Chaque volontaire peut faire un (ou des) triangle doublé de tissu blanc qui sera assemblé à d’autres, pour faire la plus longue traîne possible ! Voici la photo qui montre des exemples et les dimensions requises :
Pour tout renseignement complémentaire, allez voir l’article de référence ici. Cela peut devenir le thème d’une journée sympathique en club ou l’occasion de recycler des essais de pliages en tissus blancs. Du plus simple au plus compliqué, vos triangles combleront Joëlle !
La petite rubrique sur les drôles de signes vous a bien amusées le mois dernier avec les thèmes : &, @, # et xoxo.
Corinne, fidèle lectrice de la Ruche et trésorière de la délégation FP 68, vient de m’adresser une photo prise à Shanghai la semaine dernière :
Merci pour ce clin d’œil 😉 Et dire qu’on pense à mes articles même en étant au bout du monde…Cela me fait vraiment plaisir ! A mon avis, il doit y avoir d’autres boutiques au même nom dans les pays anglophones : c’est court, c’est graphique… Tout pour plaire !
Et Kristine l’Abeille a fait un panneau de piqué libre que j’adore :
Quelle bonne idée… et quelle maîtrise du piqué libre !
Peace for Paris, dessiné par Jean Jullien, graphiste français vivant à Londres.
Mes chéries adorées – mes filles, mes sœurs, ma nièce – étaient réunies le 13 au soir dans le 18e arrondissement de Paris, en sécurité. Tant d’autres sont dans la peine extrême après le Vendredi de Cauchemar, toutes mes pensées vont vers les victimes, leurs proches, les témoins… Dans le monde entier, des témoignages montrent l’indignation face à ces attaques ignobles.
Expression de Sujata Shah
Le post suivant, écrit il y a quelques jours pour vous amuser, peut paraître indécent, mais je choisis de l’éditer malgré tout parce qu’ils ne doivent pas réussir à nous terroriser.
Drôle de Signe : xoxo
XOXO = gros bisous !
Affectueux les xoxo !
Longtemps je me suis demandée d’où venaient ces signes, ce qu’ils signifiaient. Je voyais bien que c’était gentil… Ils me rappelaient les croix de mes penpals (correspondantes anglophones) de mon adolescence, quand j’échangeais des lettres avec des Anglaises pour le plaisir de la découverte et de l’amitié… Par exemple, en fin de lettre, je lisais :
Allison xxx
Amitié Trois Etoiles, me disais-je. Pas mal, un hôtel *** est plutôt confortable et même luxueux, n’est-ce pas ? Devais-je surenchérir, jusqu’au 5 étoiles ? Je n’ai pas osé, ne connaissant pas les codes !
Les xoxo sont arrivés plus tard aux USA. Une bébête qui veut dire « Hugs & Kisses », « je te serre dans mes bras et t’embrasse ». Cela reste populaire dans l’écriture à la main, s’écrit aussi maintenant en fin d’e-mail pour une personne qu’on aime bien.
Le X a une longue histoire en Europe, d’abord religieuse. La croix symbolise le Christ non seulement en raison de la crucifixion mais aussi en tant que première lettre du mot christ, ΧΡΙΣΤΟΣ en grec. Le X est donc une lettre qui suggère respect, amitié et amour. C’est d’ailleurs ce X qu’on retrouve dans l’abréviation de Christmas (Noël) en anglais, communément écrit Xmas, faussement utilisé parfois pour laïciser Christmas.
Le X servait aussi de signature, dès le Moyen-Âge, pour les gens analphabètes. Signer X engageait la personne, car c’était un signe « sacré ». Cette croix – ou la signature pour les personnes sachant écrire – était ensuite symboliquement scellée avec un baiser, tout comme les croyants embrassent (font un baiser sur) les livres sacrés. Le baiser est signe d’allégeance, de vénération, d’amour, de contrat scellé… Il en reste par exemple le baiser échangé au mariage, qui scellait le contrat d’union du temps des Romains. Et puis, si on a l’âme romantique, on peut embrasser une lettre destinée à un être cher avant de la confier à la Poste… Sealed with a Kiss (Scellée par un baiser, chanté ici par Brian Hyland, 1962) est d’ailleurs une chanson très connue… mais si, mais si, vous la connaissez, écoutez-là iciaussi dans une plus récente version (Jason Donovan)!!!
Toujours est-il que X et baiser sont intimement liés depuis des siècles en Europe. Beaucoup plus récent est l’ajout du O. Il est possible que cela vienne de la signature des immigrants juifs qui ne voulaient pas utiliser une croix. On suggère aussi l’influence du jeu du morpion (tic-tac-toe game) !
Hug
Quoi qu’il en soit, O signifie maintenant le hug américain, O étant la forme des bras quand on embrasse quelqu’un littéralement, qu’on l’entoure de ses bras. Hugs & Kisses pourrait se traduire par embrassades et baisers, mais le glissement d’embrasser vers le sens de donner un baiser complique un peu les choses… et en français le second sens de baiser en verbe ne simplifie rien, ni la connotation de X pour les films censurés…
Dans l’art épistolaire anglais, xx sont depuis longtemps marque d’affection, d’amour, qui étaient utilisés par exemple par Winston Churchill. Les xo, plus récents, se sont épanouis dans les années 80-90 et sont considérés comme un langage plutôt féminin. La plupart des quilteuses américaines les ont donc largement utilisés dans leur vie et on retrouve ces signes pleins d’amour dans leurs ouvrages !
Ce tissu Moda (First Crush, Sweetwater) donne le ton Tout d’abord, ce joli coussin plein de bisous !Des blocs venus du monde entier pour soutenir une quilteuse souffrant d’un cancer (Confort Stitching)Regardez bien ici : x et o se suivent, s’imbriquent… Une tessellation toute simple mais bien jolie !Modèle en vidéo ici.Très beau et classe, ce quilt pour la Saint-Valentin !
Gros bisous,
XOXO,
Katell
Pour revenir à la terrible actualité, les dessins aident à s’exprimer.
Hashtag, ce croisillon signalant un mot-clé dans notre monde moderne informatisé, devient peu à peu connu de tous. Il a été question de le franciser… mais c’est déjà peine perdue, les habitudes sont prises. Au Québec dans cette utilisation, il s’appelle pourtant mot-clic ou mot-dièse ! Ce croisillon s’appelle hash car il ressemble à du hachage (une coupe en petits morceaux avec de multiples entailles).
Do dièse en clé de sol
J’aurais aimé qu’on dise plutôt dièse, mais ce n’est pas si simple ! Le dièse, signe musical signalant l’altération d’un ton vers le haut (qui se dit sharp en anglais), n’est pas tout-à-fait le même signe :
Moi qui suis gauchère, je suis sûre que je ferais le signe spontanément dans un autre sens encore si je l’écrivais à la main ! Tout aussi parlant, ce tableau :
A noter que la touche « dièse » du téléphone est un hashtag 😉 Ce croisillon des réseaux sociaux rejoint l’histoire de l’arobase inusité du clavier, mais pour # il y a surdose d’utilisations maintenant !
En anglais, si on veut écrire n° 1, on le figure ainsi : #1, il s’appelle alors sign number, signe de nombre.
Mais ce croisillon vient de bien plus loin et, le croirez-vous ? encore du latin ! Il vient du systèmeavoirdupois. Mais non, le ciel ne m’est pas tombé sur la tête, c’est bien le nom du système de poids anglophone avec les livres, les onces, les grains (pound env. 453 g, ounce env. 28 g, grain env. 65 mg) et autres divisions qui nous sont inconnues… Cela vient du vieux français avoir de peis/pois (selon les régions), quand on pesait tout avec des poids. Le pound (= la livre) vient de libra pondo, « le poids d’une livre », abrévié lb (LiBra). Pour singulariser cette unité, on lui a souvent ajouté une barre et à force de mal l’écrire, c’est devenu #. Ce # symbolise donc très souvent l’unité de poids « pound » dans le système avoirdupois et a mérité ainsi une place sur le clavier de machine à écrire. Vous suivez encore ? Bravo ! Encore une petite précision : même origine « libra » pour la livre (Pound) £, unité de monnaie britannique (on pesait 12 deniers pour une livre). Si vous avez lâché en cours de route, je ne vous en voudrai pas…
Vitrail de la cathédrale de Chartres, montrant la pesée de pièces (baie 41)… sur fond de bleu de Chartres…
# est source de confusion même pour les Anglophones qui l’utilisent encore pour d’autres cas, comme la valeur calorique d’un aliment ! Alors, un peu plus ou un peu moins, on a pris # pour de nobles causes informatiques… A quoi pourra servir un jour notre signe °, qui marque les degrés Celcius et les numéros (n°) ? Et § (paragraphe) ?…On aura peut-être un jour la surprise de les voir débarquer dans le nouveau monde informatique… ###
En patchwork, ce sont des croisillons bien droits qui ont la cote :
Il y a quelques jours, alors que je préparais cette rubrique « drôle de signe », j’ai bien apprécié l’article des Conteuses (Il était une fois les points contés) faisant en coussins de beaux exercices de style tridimensionnels :
Ce bloc est bien plus sophistiqué qu’il n’y paraît, bravo mesdames ! L’effet tridimensionnel est saisissant.
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Comme le patchwork nous fait toujours voyager, comment ne pas penser au signe 井, si proche du hashtag mais venant de la si lointaine Asie ?
Bloc igeta de Susan Briscoe, vu sur son blog et dans plusieurs de ses livres.Armoirie familiale igeta
井 est un signe commun au chinois et au japonais ; ce caractère kanji signifie source d’eau et c’est un des dessins les plus populaires en ikat japonais (appelé kasuri), associé ou non avec d’autres motifs. Susan Briscoe le nomme igeta , qui est plus précisément le croisillon de la margelle en bois entourant un puits :
Dans les campagnes japonaises, il était très commun de trouver cette construction au cadre de bois nommé igeta.
Notre chère Andrée a une magnifique collection de tissus qu’elle veut utiliser au mieux. Tout comme moi elle apprécie beaucoup ce livre de Susan Briscoe ci-contre, plein de belles idées sur le thème du Japon.
Andrée a choisi le bloc igeta pour s’amuser à mixer différents tissus, avec la base d’un beau batik aux feuilles de ginko.
L’ensemble fait automnal avec ses couleurs chaudes et Andrée réfléchit à une bordure pour faire chanter ses blocs ! Nous avons une petite idée… alors à bientôt pour le quilt fini !
Le top, bientôt encadré d’une bordure, puis quilté !
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Prochainement, rendez-vous avec un signe très affectueux…
Après l’esperluette, voici un autre signe qu’on croit très récent, symbole de la modernité liée à internet et les emails : @. C’est pourtant encore un signe très, très ancien…
Tout comme &, sa première écriture viendrait de l’écriture onciale qui lie a+d, ad en latin, qui signifie « à, chez » (il nous reste notamment l’expression peu réjouissante envoyer quelqu’un ad patres ou mieux ad libitum, à volonté).
Ecriture cursive du VIe siècle, nouveauté du siècle avec des lettres de différentes hauteurs. Les lettres d sont bouclées vers la gauche et non droites comme aujourd’hui. Il ne reste pas de très ancien manuscrit latin avec ce signe @, mais son dessin vient très probablement de là pour écrire à ou chez, d’un seul trait de plume. D’après certains linguistes, @ (ad latin) daterait du VIe siècle – tout comme & (l’esperluette).
Dans toute l’Europe latine à partir de la Renaissance, ce signe déjà connu est utilisé pour signifier « à », tout autant « chez » que le prix unitaire, mais aussi des unités de mesure… Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le monde anglophone utilise @ pour at. En tout cas, au XIXe siècle aux Etats-Unis, @ était très fréquemment utilisé chez les commerçants : on écrivait à la main par exemple sur une pancarte 3 apples @ 2 ¢ (on vend les pommes par 3, le prix unitaire est 2 cents). On le voit parfois dans les westerns bien reconstitués ! Alors ce signe comptable utilisé et connu a été ajouté à partir de 1883 sur certains claviers de machine à écrire aux lettres, chiffres et autres signes. Puis @ tomba peu à peu en désuétude, mais resta sur les claviers.
La Sholes & Glidden type writer, devenue après rachat du brevet la Remington #1, est la première machine à écrire commercialisée avec succès. Elle n’avait pas le signe @ sur le clavier, ni même des lettres minuscules.Cette superbe FORD de 1895 a bien une arobase avec la lettre Z ! Les premiers claviers avec l’@ datent de 1883. Allez voir de très belles photos de machines à écrire anciennes, aux incroyables diversités techniques, sur ce blog.
C’est en 1971, il y a déjà 44 ans, que l’informaticien Ray Tomlison cherche un signe de séparation entre le nom du destinataire et le nom de l’ordinateur pour un premier message expédié à l’ordinateur d’à côté. Ce signe désuet @, qui par chance signifie chez, à, at en anglais, est sur son clavier… L’adresse-mail spécifique est née !
@@@
Signe devenu universel, il a un petit nom parfois bien folklorique dans diverses langues : queue de singe, escargot, rollmops, pâtisserie roulée, trompe d’éléphant… Chez nous, le mot arobase fait l’objet de plusieurs hypothèses quant à son origine, mais la plus fréquente est celle de l’unité de mesure arroba. Cette interprétation et d’autres continuent d’agiter de nombreux blogs ! Il semble pourtant acquis que, parallèlement au ad latin, ce même signe était utilisé localement pour différentes mesures de masse ou de volume, de l’ordre de 10 à 15 kg ou de 10 à 15 litres. Ainsi chez les Florentins c’était l’amfora, en Espagne et au Portugal, l’arroba (pluriel arrobas, de l’arabe ar-rub, signifiant le quart – ici le quart d’un quintal). Le commerce d’envergure européenne favorisait la circulation de ce signe ! Actuellement dans quelques régions espagnoles, on parle encore d’arrobes de vin ou d’huile, dont le signe est toujours @.
Toujours dans le monde hispanophone et aussi lusophone, on a trouvé une utilisation bien futée de l’@ : la nouvelle solution jeune et sympathique d’écrire un mot masculin et féminin, par exemple amigos y amigas, ami(e)s, est d’écrire amig@s, avec à la fois le o et le a compris dans le signe @.
@ 🙂 , les symboles ont une vie surprenante et bien agitée !
Je n’ai pas trouvé de quilt mettant le signe @ en valeur, en connaissez-vous ? A la place, pour célébrer malgré tout l’esprit scientifique, voici quelques quilts :
Nous avons un alphabet et quelques signes qui s’y ajoutent. Notre français est un défi pour les étrangers qui souhaitent apprendre notre langue avec ses spécificités comme la cédille (ç, qu’on partage avec le portugais), les voyelles a et o qui embrassent un e ( œ et æ), les accents et trémas de toutes sortes é, è, ê, ë, à, â, ù, û, ü, ô, î, ï… Aidez-moi, j’en oublie sûrement !
Et puis il y a des signes qui sont anciens et communs à plusieurs langues, comme &. J’adore son nom en français, l’esperluette ! Rime avec pirouette, cacahuète… chanson de mon répertoire de berceuses…
Certaines polices rendent l’esperluette plus « lisible ».
& date de l’époque mérovingienne, union du e et du t pour écrire et (qui se prononce ette en latin), c’était même jusqu’au XIXe siècle la vingt-septième lettre de l’alphabet : après Z, on disait « et, per se, et » ce qui signifie en français « et, en soi, et » , dit pour plus de compréhension en franco-latin « et, per lui, et » … déformé en esperluette. Pareil en anglais, « and, per se, and » donne le mot ampersand.
Curieusement bien plus utilisé en anglais, ce signe donne lieu à de bien beaux ouvrages:
Fan de scrap quilts, j’adore l’Ampersand de Thomas Knauer, visible dans son livre Modern Quilt Perspectives et sur son blog.