Quadrille

Cela fleure bon les bals du XIXe siècle ! Hérité de la contredanse (contrée-danse ou country dance) de l’Ancien Régime, le quadrille se danse à plusieurs couples qui se mettent en ligne, se croisent selon plusieurs figures. Cette danse peut être très chic sous les boiseries des châteaux, mais gagne en gaieté et vivacité dans les campagnes ! Ce sont les versions enjouées de toute l’Europe qui ont traversé l’océan atlantique pour faire danser l’Amérique de Nord sous le nom de Square Dance, bien connue des amateurs de danse country. Vous trouverez des détails historiques dans ce petit article qui me semble fort bien documenté : http://historyhoydens.blogspot.fr/2010/10/swing-your-partner.html

Square Dance est popularisée en patchwork dans le monde entier par Martha Thompson qui développa dans son livre  » Square Dance, Fancy quilts from Plain Squares » (That patchwork Place, 1995) une manière bien futée de préparer et découper un ensemble de blocs. Ce bloc existait déjà, avec son angle droit au milieu et son air de moulin de guingois imbriqué dans les voisins, mais les coupes en biais en décourageaient plus d’une !

Après la parution du livre, c’est dans le Quiltmania n° 5 (mai-juin 1998) qu’est parue à ma connaissance la première explication en français de cette méthode. Nous avons été bien nombreuses à nous intéresser à ce petit tour de magie ! Voici mon ouvrage de l’époque :

Si vous souhaitez à votre tour faire votre Quadrille – ou Square Dance – allez faire un tour chez Wolfshade, elle vient de faire un tuto en trois parties (en date du samedi 26 mai 2012) justement pour vous !

Ca vous dirait d’aller pique-niquer ?

Symbole des beaux jours, le pique-nique est beaucoup plus agréable avec un beau quilt à étaler sur l’herbe ! C’est ce que nous propose Pascale (Jubama) dans le tout nouveau hors-série de Quilt Country :


 Toute simple, agrémentée de quelques jolies broderies, la nappe est accompagnée d’un superbe sac à adapter à votre panier à vélo ! Il ne manquera plus qu’à commander le beau temps 🙂

Lecture à l’ombre de la glycine : vais-je trouver le temps de faire ce joli panneau de Pascale ?…

Je vous laisse découvrir dans ce magazine les autres jolies créations de quatre  autres artistes francophones aussi talentueuses et… à vos aiguilles ! Ce hors-série est actuellement en vente en kiosque.

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Quiltez sans stress !

Le livre  Utility Quilting de Carolyn Forster, quilteuse britannique, rassemble de multiples idées, trucs et astuces pour quilter à la main, tout simplement. Ici, il n’est pas question de records de mini-points mais des diverses possibilités pour réussir un simple quilting rapide et utilitaire… mais beau aussi !

La première partie est technique. Loin des impératifs, ici on nous donne diverses idées pour faire le sandwich, puis choisir son motif de matelassage, le dessiner avec des matériaux simples, décider sa manière de solidariser les trois couches (point avant, nouage, autres points à découvrir), réussir une bande de finition…

La deuxième moitié du livre donne des modèles de quilts très simples aux tissus intemporels. Rien d’extraordinaire, mais cela peut donner des idées pour des quilts vite faits, simples et jolis, qu’on osera utiliser pour le jardin, les pique-nique… Et finalement, ce seront peut-être les quilts les plus aimés de la famille car remplis de souvenirs !

C’est un livre que j’aime bien car il donne des solutions simples et de bon sens, peut décomplexer certaines qui craignent cette étape pourtant indispensable !

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Découvertes de la journée

Aujourd’hui, j’ai succombé à la tentation chez mon marchand de journaux : deux revues achetées ! C’est plutôt rare car je suis déjà abonnée à mes magazines préférés.

ELENA Patchwork – Cette revue à diffusion européenne fait la part belle aux créatrices du pays d’origine, l’Allemagne. On y trouve, comme souvent, de jolies réalisations aux couleurs vives, souvent unies ou presque (lointaine réminiscence de l’esthétique Amish ?), avec des maquettes parfois innovantes, créatives, très décoratives et modernes. J’aime voir ces ouvrages, mais ils ne me donnent pas de fourmis dans les doigts… Mais cette fois-ci s’y ajoutent, dans ce n° 43, quelques belles surprises qui suscitent chez moi une envie de création :

Campagne, au naturel est un ensemble de modèles en lin ficelle, partiellement imprimé de fins dessins ressemblant à des broderies. C’est une ambiance plutôt « à la Française » je trouve, que nous partageons volontiers ! Je m’imagine bien m’en inspirer, mais je crois qu’ils inspireront encore plus quelques Abeilles qui sont plus « country » que moi, à savoir Callale, Maïté, Martine…

De la récup’ ! Jeans, cravates, à vos ciseaux !

En flanelle flashy imprimée rose vif, turquoise, jaune, des coussins et un plaid qui sortent vraiment de l’ordinaire, un rien tziganes peut-être… Si vous partez en vacances en roulotte…

Et mon coup de coeur, très bleu (évidemment…), un très joyeux mélange d’appliqués de lianes, de celtiques modernisés, d’imprimés indiens, de soieries et de jeans, de yoyos dont j’aime si rarement l’utilisation, un quilting main rappelant les reprises… Quelle inventivité chez Valerija Mezhybovska ! Un jour, promis, je ferai mon quilt « mélange de genres », ce doit être aussi drôle à faire qu’un quilt de miettes comme Amazonia !

Les éditeurs ne s’y trompent pas, c’est la couverture de la revue :

Et l’autre ? Eh bien, c’est un hors-série Quilt Country (le n° 12). En le feuilletant, je lui trouvais une belle unité : pas étonnant, c’est la même créatrice, Béatrice Aubry (son site : « Un Air de Campagne-Patchwork« ), qui propose cette quinzaine de modèles. On y trouve des piécés et appliqués harmonieux, une dominante rose-bordeaux-vert-écru, des tissus country, quelques batiks, beaucoup de fleurs, bref un univers doux et campagnard. Je ne ferai sans doute jamais un ouvrage tel quel, mais j’y décèle quelques très bonnes idées. Et vous savez, c’est à force d’observer, décortiquer les ouvrages des autres que j’ai acquis ma petite expérience et la capacité de trouver des solutions techniques et esthétiques à nos petits problèmes du monde du patchwork. Je ne dois pas me reposer sur mes lauriers, je contine d’aiguiser mon regard., faites de même, c’est ainsi qu’on progresse !…

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Pennsylvania 1890-2006

Quand mon fils était tout jeune et mes filles pas très vieilles ;-), je lisais tout ce que je pouvais sur le patchwork mais ne réussissais pas à faire plus d’un ou deux ouvrages par an, c’étaient tous des cadeaux d’anniversaire, de mariage ou de naissance faits dans l’urgence de la date limite… Et puis j’ai décidé de me secouer un peu, de faire quelque chose pour moi qui prenais le temps d’enseigner le patchwork sans en faire pour moi-même : il fallait que ça change ! Pile à ce moment-là, en feuilletant le Quiltmania sorti de ma boite aux lettres, c’est coup de coeur absolu, il me le fallait, je le voulais, je ne pouvais pas vivre sans… ce quilt :

J’ai copié ce modèle paru  dans Quiltmania 55 de septembre 2006,  si finement réalisé par Michèle Beugnon. Elle-même s’est inspirée d’un quilt antique de 1890, visible au Musée de York (près de Lancaster, Pennsylvanie). L’original est en soie et mesure 2,12 m x 2,12 m… alors que le mien n’est qu’un carré d’1,10 m.

Photo du quilt original, paru dans des reportages de Quiltmania n° 40 et 47.

Il est la quintessence de ce que j’aime, le Simple et le Scrappy : une base classique avec des blocs tout simples (Marches du Palais, 9-patch) qui, réunis, font un dessin secondaire décoratif, des couleurs sobres avec ce mélange d’unis bruns et bleus égayés par de petits imprimés comme le font souvent les Mennonites… Il me plaît autant qu’au premier jour ! Il marque aussi le début de mon égoïsme : faire des quilts pour moi !

Ma question récurrente : si je le faisais maintenant, qu’y changerais-je ? Eh bien, les toiles de coton unies bon marché m’ont rendu le quilting très difficile, j’aurais aimé en faire beaucoup plus ! J’utiliserais donc du coton uni fin qu’on trouve dans les magasins de patchwork, c’est certain. J’oserais aussi beaucoup plus de diversité dans les tissus, tout en gardant les mêmes valeurs de couleurs et le schéma général. Enfin, je préfère de plus en plus faire de grands ouvrages, je le ferais donc plutôt de la taille de l’original ! Mais je l’aime comme ça et il me rappelle cette décision de consacrer plus de temps à ce que j’aime…

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Je suis une lectrice assidue et passionnée de Quiltmania depuis le premier numéro, tout comme je l’étais des 100 Idées dans ma jeunesse. Je profite de la présentation d’un de mes anciens coups de foudre dans ce magazine pour vous recommander le nouveau numéro avec une première partie très intéressante, comme toujours, mais cela fait longtemps que je n’ai pas autant apprécié les modèles expliqués :

  • tout d’abord le merveilleux Jardin de Grand-Mère de Will Vidinic, dont j’admire les quilts depuis les années 80 : oui ce sont « encore » des hexagones, mais regardez la beauté de ce rouge, le rendu de ce parterre de fleurs, le médaillon qui attire le regard… Vous pouvez rendre visite à son blog ici : Not-so-zen Quilts in Paris
  • dans le style « appliqué vintage », le mot est à la mode, j’aime beaucoup les appliqués de Fa la la la la ! Superbes couleurs, très beaux dessins, il concurrence dans ce domaine les plus beaux modèles de  Bunny Hill ou Blackbird Designs.
  • j’avais déjà vu des samplers faits dans des maisons, mais celui-ci est particulièrement réussi : Ryokan est aussi un très joli quilt !
  • et ce Médaillon en couverture, vraiment pas mal du tout…

Le Quiltmania n° 86 est pour moi un excellent cru, nous avons la chance immense de disposer en France de publications exceptionnelles dans le domaine du patchwork, profitons-en ! Et vous, comment le trouvez-vous ?

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Simply Vintage !

Depuis quelques jours, pour celles qui ont un lien électronique avec Quiltmania (Facebook, Newsletter), c’était le mystère, l’attente  « insoutenable » d’un événement habilement dévoilé peu à peu, bref un  « buzz » pour nous préparer à… la naissance d’un nouveau magazine ! Avec les indices distillés jour après jour, j’avais parié sur un « Countrymania »… Perdu ! Pour répondre à l’engouement croissant des quilteuses envers le Folk & Primitive Art, le Country Quilting, le Rug Hooking, le Needle Punch et j’en passe (si c’est pour vous du chinois, ne vous inquiétez pas, on apprend vite), Quiltmania lance Simply Vintage – Quilts & Crafts, magazine trimestriel qui nous plonge dans l’esprit brocante-country qui convient si bien au patchwork.

Qu’est-ce que le Folk Art ?

Le Folk Art – l’Art Populaire – est une chose très bien distribuée dans le monde entier… A chacun le sien, dans chaque pays, chaque région ! Difficile de généraliser, mais on peut dire que loin de l’Art Officiel, tout le monde ou presque essaie de décorer, « rendre plus jolis,  agréables et personnels » les objets du quotidien.  C’est le plus souvent un style naïf, ne tenant pas compte des perspectives, utilisant des matérieux qu’on a sous la main : un meuble est gravé ou peint, une poterie est personnalisée, un drap est brodé, etc. et tous ces ajouts, facultatifs mais si importants pour les gens qui font ces oeuvres sans être « artistes », évoquent finalement leur identité culturelle. Avec l’industrialisation, il aurait pu disparaître, mais c’était sans compter le pouvoir évocateur de cet art identitaire…

Des protège-pots : c’est l’exemple même du folk art, rendre plus beau un objet utilitaire.

Dans le monde du patchwork, le Folk Art évoque d’abord l’utilisation de tissus de récup « tissés maison » à l’origine (« homespun »), souvent à carreaux (ah les chemises de bûcherons !) et aussi tout simplement les quilts aux blocs simples : les log cabin, les 4 ou 9-patch, les barattes, les étoiles etc. D’ailleurs, quoi de plus « folk art » que des blocs de simples étoiles rouges sur un fond blanc ?… On retrouve aussi des appliqués aux motifs naïfs : des maisons au style « Home Sweet Home », modestes mais confortables et accueillantes,  des étoiles, des coeurs, dont les contours étaient souvent dessinés avec… les emporte-pièces pour les biscuits !

Le Folk Art -ou plutôt une forme de Folk Art-  est maintenant très à la mode chez beaucoup de quilteuses, d’où l’arrivée de magazines qui lui sont consacrés.

Qu’en pensent les Abeilles de notre Ruche ?

Tout d’abord, Simply Vintage est un gros magazine (144 pages !) et se paie le luxe de ne pas nous assaillir de publicités. Chaque page a un aspect mat, vieilli ou rustique (en fond de page des planches, de la peinture craquelée ou du papier jauni, presque sépia) mais sans excès, dont se dégage une atmosphère chaleureuse. L’écriture est le plus souvent à la manière d’une bonne vieille machine à écrire, cependant les textes restent très lisibles. Les photos sont parfaites, comme d’habitude avec Guy-Yoyotte le photographe-maison ! Le prix est élevé (le n° 1 à 10 €, les suivants seront à 12,80 €), mais c’est un trimestriel… La première impression de la maquette est globalement très positive.

Cependant, nous ne sommes pas toutes fans absolues du style country-primitive,  certaines d’entre nous le trouvent  trop sombre, trop artificiellement vieilli, trop naïf. Elles espèrent donc qu’il y aura moins de « primitive art » dans Quiltmania et donc plus de pages pour d’autres ouvrages, aussi bien de beaux traditionnels revisités que quelques idées innovantes.

Pour celles qui se sentent attirées par cet univers, la comparaison se fait naturellement avec le magazine français « Quilt Country » des Editions de Saxe. Les deux revues ont leurs égéries et spécialistes (Véronique Réquéna et Marianne pour Quilt Country, Marie-Claude Iperti et Béatrice Airaud pour Simply Vintage) ; dans les deux on a des modèles de quilts venant aussi bien d’Europe que des Etats-Unis. Avec surprise je constate que Véronique et sa mascotte, son chien écrivant sa colonne, ne fait plus sourire. Pourtant les couleurs qu’elle choisit pour ses ouvrages (bleu grisé et brun majoritairement) continuent à enthousiasmer !

L’article sur le Lancaster County intéresse toutes les Abeilles, même celles qui préfèrent le traditionnel ou le plus moderne, car les Amish -et leurs quilts- exercent sur toutes une réelle fascination. Même unanimité sur les magnifiques photos chez Primitive Gatherings, on rêve toutes d’y passer une semaine !

Ce bébé de Quiltmania suscite d’emblée de l’intérêt. Il y a de la  cohérence, depuis le premier reportage qui donne l’envie folle d’aller passer ses vacances en Pennsylvanie au plus près des Amish en suivant le guide touristique irrésistible bourré de bonnes adresses, puis la découverte du Needle Punch avec deux jolis modèles de la si gentille Béatrice Meilhac, puis de la broderie, de l’appliqué, du patchwork, jusqu’au petit tour au « Paradis des Quilteuses » dans le Wisconsin… Les modèles sont majoritairement sur le thème de Noël, on ne s’en plaindra pas ! C’est cette période qui convient le mieux à ce style. Certaines sont folles de joie en feuilletant le magazine et veulent tout faire, mais la majorité aimerait les transformer un peu… pour arriver à un style finalement plus proche de Jacqueline Morel. Est-ce un Folk Art un peu trop américain ? Les plus réticentes préfèrent la nappe de Noël de Marie-Claude Iperti, chic et sobre. De plus elle a l’avantage d’être en coton, car les modèles en tissus de laine soulèvent quelques questions : l’approvisionnement en tissus de laine, ensuite leur entretien (peut-on les laver sans feutrage ?)…

Le rug hooking divise celles qui aiment le Folk Art. Notre American Bee  Anne-Marie se souvient qu’elle en faisait quand elle était toute jeune dans son Colorado natal, mais n’a aucune envie de s’y remettre ! Seul un petit quart des Abeilles s’y intéresse.

Ce qui plaît le moins aux Abeilles, c’est le scrap, mais l’ambiance est particulière puisque photographiée dans un Salon à Chicago. Valérie Briot, chineuse depuis des années, saura, on l’espère, mieux nous y intéresser dans les prochains numéros.

Ce magazine suscite donc la curiosité et récolte des commentaires élogieux. Mais comme ce Folk Art n’est pas notre culture, on aimerait beaucoup quelques explications sur les origines des thèmes comme, par exemple, les « Penny Rugs ». Et si on veut mettre la barre au plus haut, on aimerait une première partie culturelle à la manière de l’ancien magazine 100 Idées avec un dossier sur un Folk Art particulier. Je me souviens, pêle-mêle, de reportages sur le point de croix dans le monde, l’art des Molas, les herbiers, les furoshiki, les meubles peints, les tapis Navajos… L’Art Populaire est un domaine aux sujets infinis pour les curieuses que nous sommes ! Cela rendrait ce magazine non seulement agréable mais aussi très éducatif.

Comment se procurer ce nouveau magazine ?

Si vous habitez en France, c’est très facile : depuis jeudi 17 novembre 2011, il est en vente dans les points de vente habituels de Quiltmania (en kiosque, Maisons de la Presse, magasins de patchwork…). Vous évitez ainsi des frais de port de 4€, relativement importants en raison du poids de la revue 😉 . A l’étranger, si vous connaissez une boutique qui vend les Quiltmania, vous aurez aussi Simply Vintage ! Et nos amies belges et néerlandaises pourront probablement bientôt acheter ce magazine en kiosque également.

Sinon, vente sur le site qui lui est consacré : http://www.quiltmania.com/simply-vintage-magazine.html

Quant au magazine en anglais, il faut patienter, espérer…

Simply Vintage in English ? You have to wait and hope, but this brand new magazine may soon be released in English !

De tout coeur bon vent à Simply Vintage et son équipe ! Ce premier numéro a visiblement été conçu avec beaucoup de soins et nous attendons déjà la suite avec impatience et curiosité !

Katell, après enquête auprès des Abeilles du Vendredi

Une commande inspirée

Avec la pression des magasins qui ouvrent déjà leurs rayons aux jouets, les pubs à la TV… et les enfants qui savent déjà ce qu’ils ont envie, nous commençons plus ou moins à penser aux cadeaux de fin d’année, et que nous soyons organisées ou pas il faut bien s’y mettre un jour. Mais quand quelqu’un nous demande ce qui nous ferait plaisir, c’est en général : EUHHH… Cette fois-ci, prenez une bonne résolution et préparez dès à présent une liste de cadeaux… pour vous !

Comme je viens juste de conseiller des livres récents à acheter pour le club de patchwork auquel j’appartiens, je vous les présente ici pour vous donner des idées de cadeaux à souffler à l’oreille du Père Noël. Voici les caractéristiques principales des livres, afin que vous puissiez choisir selon vos goûts.

Tout d’abord, un livre historique : Quilting Designs from the Past (1810-1940). Le texte, en anglais, est intéressant, mais vous trouverez en plus de très nombreux schémas de quilting traditionnel avec de vraies bonnes idées. Il m’a été recommandé par Patricia V. et j’en suis ravie !

De l’appliqué « autrement » : Tile Quilt Revival. Le résultat d’un Tile Quilt fait penser à un vitrail ou à une mosaïque. Quelques très beaux spécimen du XIXe siècle inspirent aux auteurs des modèles superbes… et on devine le potentiel de cette technique si décorative.

Deux livres raffinés de style Folk Art : Daily Quilt de Yoko Saito, récemment sorti chez Quiltmania (en français, quoi que puisse suggérer le titre), vous donnera toute satisfaction si vous aimez déjà cet univers raffiné. Beaucoup de petits objets, des sacs, de nouvelles idées pour Noël…

L’autre livre de Folk Art est en anglais et a pour thème les oiseaux, A Bird in Hand. On retrouve un peu l’univers de Blackbird Designs ou l’ambiance de Born to Quilt, mais avec des appliqués plus raffinés (= moins « primitifs », c’est un style pas un jugement) et plus de couleurs chaudes. Le livre est dense : pas moins de 22 modèles, avec les gabarits grandeur nature.

On change de registre avec ces livres regroupés : tous nous poussent à utiliser les bases du patchwork traditionnel tant aimé pour explorer de nouvelles voies.

Amish Abstractions montre 75 quilts Amish, tous dans la gamme de tissus sombres, denses et unis bien connus, mais certains quilts montrent une étonnante liberté dans  » l’imperfection » si chère à Gwen Marston qui en est la digne héritière. Justement, si vous êtes sensible à cette liberté autorisée dans le patchwork, précipitez-vous sur Liberated Quiltmaking II avant qu’il  ne soit épuisé ! C’est un livre de référence qui m’a aidée pour le Crumb Quilt (voir articles précédents). Dans la même lignée, je ne peux que vous recommander Word Play Quilts, pour écrire en patchwork !

Toujours dans le jeu avec les blocs traditionnels librement modernisés, des quilts très inventifs chez la talentueuse Keiko Goke, Merci Quilts (en français !). Mais, contrairement aux quilts de Gwen Marston, ceux de Keiko demandent parfois une grande virtuosité de piéçage ! Ce livre donne de l’inspiration mais n’est pas voué à être copié.

Si vos tiroirs débordent de tissus de style japonais indigo ou richement imprimés que vous n’osez pas couper, j’ai la solution : Japanese Quilt Inspirations… Je vais m’y mettre !

Un petit tour vers l’Australie pour vous recommander le dernier livre de Sarah Fielke (Material Obsession), Quilting from little things. Quelques quilts à la coupe « libérée », des maquettes à la limite du classique avec un souffle de liberté, et à chaque fois une touche irrésistible, des couleurs fraiches et joyeuses : un régal !

Je termine avec LE livre que je ne me lasse pas de regarder et de lire : la vie de Shizuko Kuroha, avec une rétrospective de dizaines d’années de quilts. On la découvre humble et modeste de par sa culture japonaise, mais aussi passionnée et de fort caractère ; c’est une femme remarquable que Marie Claude a rencontrée et m’a décrite comme une main de fer dans un gant de velours. Ce livre a été édité en allemand en 2008, j’ai sauté dessus ! Vous pouvez maintenant le lire en français/anglais puisqu’il vient d’être édité en bilingue par Quiltmania. Vous y trouvez non seulement la philosophie de cette grande dame, mais aussi les explications de plusieurs de ses chefs-d’oeuvre. Pour les amatrices de Log Cabin, vous serez éblouies ! Commencez donc par la couronne, c’est un bon rodage avant d’aborder un des motifs plus ambitieux de ce livre…

Maintenant, vous savez peut-être un peu plus, dans la jungle des publications, le livre qui vous plairait bien en cadeau !

Liste récapitulative  de ces choix très personnels qui n’engagent que moi, j’attends d’ailleurs avec intérêt pour moi-même 🙂 vos autres suggestions en commentaires :

  • Quilting Designs from the Past, Jenny Carr Kinney, C&T Publishing
  • Tile Quilt Revival,  C. G. Jones et B. Finley, C&T Publishing
  • Daily Quilt, Yoko Saito, Quiltmania
  • A Bird in Hand, Renée Plains, Kansas City Star Books
  • Amish Abstractions, Pomegranate San Francisco
  • Liberated Quiltmaking II, Gwen Marston, AQS Publishing
  • Word Play Quilts,Tonya Ricucci, Martingale & Company
  • Merci Quilts, Keiko Goke, Editions de Saxe
  • Japanese Quilt Inspirations, Susan Briscoe, D&C  (UK)
  • Quilting from little Things, Sarah Fielke, Murdoch Books
  • Japanisch Quilten (allemand), Indigo & Sarasa (bilingue français-anglais), Shizuko Kuroha, Editions Knaur et Quiltmania

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Et pour les petits budgets, si vous n’avez pas encore de marqueur, c’est LE cadeau à suggérer ! Il ressemble à un plioir d’encadrement mais sa tranche est bien plus fine. Je l’utilise par exemple pour marquer des lignes de quilting (les éventails pour le quilt aux dés ont été marqués ainsi), mais aussi pour écraser une couture, marquer une ligne de couture à la main, ou pour faciliter le pliage d’une pièce à appliquer (marquer alors sur l’envers du tissu).

On peut commander cet objet dans tout magasin dépositaire de la marque Clover.

Arbres de Vie, symboles d’éternité

Depuis la nuit des temps, l’arbre est symbole de vie et fascine les hommes.

Une de mes filles, à la base d’un arbre géant en Equateur, parc de Yasuni.

Les Anciens ne connaissaient rien du complexe phénomène de la photosynthèse, mais ils vivaient tellement en symbiose avec la Nature qu’ils en percevaient intuitivement beaucoup de choses. Si l’arbre figure en bonne place dans la plupart des religions, c’est qu’il est un symbole parfait du lien entre le ciel, la terre et le monde souterrain, ainsi que de la longévité et, à l’échelle humaine, de l’immortalité.

Moi qui suis attachée à mes racines celtiques, j’aimerais croire à l’astrologie celtique des arbres (je suis Orme !), mais il me semble que c’est une présentation contemporaine un peu farfelue. Des livres, des magazines donnent des listes d’arbres correspondant à des dates de naissance, or les druides se fondaient sur la lune et non le soleil : ces catégories selon notre calendrier sont donc fausses. Ce peut être pourtant une belle envie d’avoir un arbre-totem, mais on manque de traces écrites pour affiner cet hypothétique lien avec les croyances celtes. Il nous  reste encore des fêtes très anciennes autour de l’Arbre, notamment en Europe du Nord en mai, très fortement ancrées dans la tradition.

Illustration d’une danse autour de l’arbre de mai, symbole du renouveau (illustration du XIIIe siècle)

Illustration la plus fameuse de l’importance de l’arbre, l’histoire d’Adam et Eve qui fait naître tous les déboires de l’humanité au pied d’un arbre !

Ici une des nombreuses versions d’Adam et Eve par le peintre  de la Renaissance Cranagh l’Ancien, dont un des tableaux se retrouve dans le drôle générique de Desperate Housewives : dans un style de BD, ce n’est pas Adam qui croque la pomme tendue par Eve, mais bien cette dernière, ce qui provoque la tombée d’une pomme géante sur l’homme… qui va lui faire payer cette humiliation pour l’éternité !

Arbres centenaires ou même millénaires, ils imposent toujours le respect et l’admiration au fil des promenades. Des arbres sont plantés à la naissance d’un enfant (mon fils a le sien dans le jardin) ou bien pour fêter l’avènement d’une nouvelle ère, comme l’élan patriotique en 1792 et les Arbres de la Liberté. Quelques années plus tard, Napoléon fit planter les longs rubans de platanes qui bordent encore nos petites routes du sud-ouest afin que ses troupes puissent marcher à l’ombre ! Plus tard, Napoléon III fit planter la forêt des Landes pour assainir ce gigantesque marécage. Des décisions marquantes, toujours visibles !

Planter un arbre est un acte fort, c’est à chaque fois une fête pour mon mari… et un crève-coeur s’il doit en abattre un.

En Europe, les Arbres de Vie ont donc été un motif très prisé. Leur symétrie est agréable à l’oeil,  leur symbolique est joyeuse et l’espace autour de l’arbre permet l’ajout de fantaisies, parfois de la propre initiative des artisans. Avec la Compagnie des Indes, de nombreuses commandes de tentures de ce style furent faites par des riches Européens aux artisans indiens. J’ai visité une passionnante expo à Lorient à ce sujet, en voici le dossier de presse si cela vous intéresse.

Dans le domaine qui nous concerne toutes, il existe de très beaux blocs d’arbres comme celui-ci :

Extrait du site de Penny Halgren, How to Quilt

Carte postale de Rebecca Barker, Tree of Life. On aperçoit au loin un quilt étendu à gauche, aux blocs répétés de l’Arbre de vie, faisant écho au bel arbre de droite et des promeneurs qui, eux aussi, symbolisent la vie. Vous pouvez lire l’article sur cette artiste peintre ici.

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Tout ceci pour vous parler bientôt de l’Arbre de Vie de Maïté l’Abeille !

Des mots doux, des mots fous…

…des mots sur nos quilts !

Au dos des quilts, on peut généralement lire quelques renseignements sur l’ouvrage : le titre, l’année de création, le nom de la quilteuse et parfois plus, souvent écrits au feutre indélébile ou, mieux, brodés. Les plus belles que je connaisse sont celles de France Aubert et de Maïté, abeille de mon groupe : toutes deux brodent avec soin et composent toujours sur l’étiquette un gracieux rappel du thème du quilt.

Sur le devant des quilts, ce sont en général des lettres appliquées qu’on trouve, le plus souvent sur des Folk Country Quilts on peut lire des mots d’actualité saisonnière (Halloween, Christmas, Spring…), des mots d’espoir, d’idéal ou de souhaits (hope, love, peace, best wishes…), ou autres petites locutions évocatrices de confort et de joie (Home sweet Home…). Les Anglophones sont très fans de ces petites locutions, inscrites un peu partout dans les maisons « cosy ». Nous, Francophones, avons également un trésor de maximes et d’expressions mais elles sont, malheureusement de nos jours, considérées comme ringardes !

Et puis, dans l’excitation de la découverte du patchwork libéré avec Gwen Marston en l’an 2000, Tonya Ricucci inventa l’alphabet libéré. Imaginez des mots piécés (et non appliqués), dansant au beau milieu du quilt, ou en ribambelle sur la bordure… Si vous voulez en voir quelques uns, c’est ici : Word Play Quilts.

J’avais une petite idée, en voyant les photos, du principe de la technique, mais j’ai tout de même acheté LE livre de référence :

C’est une jubilation d’imaginer, sur mon futur Crumb Quilt, une bordure évoquant le thème que j’ai choisi !… Mais au-delà de la technique –fort simple– du piéçage des lettres, j’apprécie beaucoup la page d’introduction écrite par Gwen Marston. Ce sera l’occasion de vous parler un peu plus du mouvement du Liberated Quiltmaking… dans quelques jours !

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Autre alphabet piécé disponible sur le livre « Motifs de Patchwork », de Yoko Saito, édition Quiltmania (2006) : le look des lettres est assez similaire mais pas la technique. Dans ce livre-ci, les blocs sont dessinés précisément, alors que Tonya Ricucci donne un processus, une méthode, pas un modèle.

Scrap quilts : ya d’ la joie dans la récup !

A chacune sa façon d’aborder le patchwork. Certaines sont heureuses de suivre un modèle à la lettre,  tout leur art étant de reproduire à l’identique, avec constance et précision, ce qui leur a plu. Pourquoi pas ? La seule limite étant de trouver exactement les mêmes tissus… Vous n’imaginez pas les difficultés des vendeuses-conseilllères, dans un magasin de tissus de patchwork, pour trouver tout un ensemble de tissus collant parfaitement avec un quilt photographié dans un magazine ! D’où finalement le succès des kits proposés par certaines stylistes, avec explications et tissus dans une pochette, ce qui correspond à une demande. Sans oublier celles qui n’ont pas de magasin près de chez elles ni accès à Internet… Mais oui, beaucoup de personnes sont encore concernées.

Si on accepte de lâcher la main, affirmer la personnalisation d’un modèle, c’est déjà un pas de fait. Beaucoup de quilteuses réussissent à interpréter un modèle en utilisant au moins une partie de leur Trésor,  je veux dire leur réserve de tissus accumulés au fil des années… Et quand l’utilisation des restes de toutes sortes devient une jubilation, une fièvre de l’inattendu, le trésor devient le creuset de la création. C’est si drôle de mélanger tous ses souvenirs d’étoffes !

Comme je reste très classique dans mon expression, je me cantonne aux formes traditionnelles du patchwork, il y a déjà tant à faire ! Une fois la géométrie choisie -ici le modèle des dés- je m’amuse ! J’aime beaucoup la simplicité des scrap-quilts avec un seul gabarit. Pour celui-ci, j’ai respecté en général la règle du clair et du foncé en alternance, mais parfois j’ai volontairement cassé l’harmonie. Je ne dirai pas comme d’anciennes quilteuses construisant un bloc avec une erreur appelé « bloc d’humilité », que c’est « parce que seul Dieu est parfait », chez moi c’est juste parce que cela me plaît !

Dans cette partie du quilt, les contrastes sont parfois moins marqués, les répétitions n’ont pas été évitées… Ces imperfections donnent pour moi de l’intérêt à l’ensemble, l’oeil s’attardant sur toutes les particularités.

Me lancer dans un scrap quilt est pour moi une vraie fête, mais attention, il ne faut pas vous risquer alors dans mon atelier, sous peine d’apoplexie. Les tissus sont éparpillés partout, j’ai besoin de tout voir, tout toucher, tout mélanger pour décider ce que je veux faire. Je me plonge sans complexe dans les mélanges improbables mais finalement très sages : n’ai-je pas déjà un jour choisi, élu parmi d’autres, chacun de ces morceaux ?

Ce goût pour la liberté d’association des tissus m’a été insufflée par un formidable livre de Roberta Horton*. J’avais déjà la fascination des associations vues dans des quilts anciens, ainsi que ceux de Will Vidinic dont je conservais toutes les photos publiées dans divers magazines. Ils me parlaient tellement plus que les ouvrages bien sagement symétriques ! Ce livre culte m’ouvrit une autoroute vers le Scrap Quilt et, plus tard, me donna les clés pour mieux conseiller mes élèves dans les choix des tissus.

Au XXIe siècle, nous avons celle que les quilteuses américaines appellent « La Diva du Scrap quilt », Bonnie Hunter. Nous sommes des milliers à lire son blog, suivre ses quilts-mystère, copier ses idées… qu’elle partage si généreusement. Plus que de longs discours, si vous ne la connaissez pas encore, allez visiter :

– son blog, http://quiltville.blogspot.com/, vous suivez en continu ses déplacements, son enthousiasme, ses conférences, ses lectures… Foisonnement d’activités non-stop !

– son site http://quiltville.com/ : ici, c’est la caverne d’Ali-Baba ! vous avez un nombre impressionnant de modèles de scrap-quilts innovants, de multiples trucs et astuces de stockage, de coupe, de montage… J’ai aussi beaucoup appris d’elle, cela m’a souvent aidé à améliorer les stages que j’ai pu proposer.

– ses livres : Adventures with Leaders & Enders, des astuces très futées de prédécoupe des tissus, ou aussi comment coudre 2 tops à la fois… Epoustoufflant ! Et aussi : Scraps & Shirttails, re-use, re-purpose, recycle, the art of quilting green, puis le tome 2 Scraps & Shirttails 2, continuing the art of quilting green, avec des quilts utilisant toutes sortes de restes de tissus, des techniques d’assemblage si futées que vous faites des quilts (presque) en un clin d’oeil.

Si vous n’avez encore jamais tenté de vous lancer dans un scrap-quilt, vous ne connaissez pas encore toutes les joies du patchwork, essayez, vous serez sans doute conquise ! C’est aussi la satisfaction de faire diminuer son stock de tissus parfois envahissant…

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* Scrap Quilts, the Art of Making Do (1998), également en français Scrap Quilts, l’art d’utiliser les chutes de tissus (2000). Ce livre se fait rare sur le marché… Rançon du succès !