Jazz en Comminges et Récup’Art

En France, quels que soient les découpages administratifs, d’innombrables festivals locaux animent nos régions.

Le Comminges, ancienne province de la France méridionale (territoire démantelé en 1790, à la création des départements), est à cheval sur l’Ariège, le Gers, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées avec, à sa base, la haute chaîne des Pyrénées. Cette région possède un patrimoine extraordinaire qui, en quelques dizaines de kilomètres, vous fait parcourir des hauts-lieux de l’histoire de l’humanité : des sites préhistoriques de premier plan, la plus grande villa gallo-romaine de France, des joyaux de l’art roman, des chemins de randonnée historiques (chemins de Compostelle), jusqu’aux renommées villes thermales… Cette contrée reste attachée au « bien vivre » et organise de nombreuses animations, dont le Festival Jazz en Comminges à Saint-Gaudens.

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Autour de celui-ci s’articulent de nombreuses manifestations, parmi lesquelles l’expo « Récup’Art ». Nous en avons entendu parler car notre amie Hélène Vispé nous montre depuis quelques années des créations à couper le souffle, inspirées de la musique, qu’elle crée pour cette occasion. Ici je vous avais présenté « Récup’ sur un air de jazz » :

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« Mon jeans a le blues, c’est le blues du blue jeans… » – Hélène Vispé

Ce festival l’incite chaque année à se dépasser ! Hélène participe à chaque fois à l’exposition qui varie les thèmes autour de la musique du XXe siècle : Blues, Swing, New Orleans, et cette année Reggae…

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« Café noir pour nuit blanche », Hélène Vispé – Première participation, récup’ autour du café (sacs de jute pour transporter les grains de café et filtres de papier usagés). Hélène à droite, avec son inséparable amie Mireille.

 

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Swing (2012) – Hélène a cette fois-ci présenté l’initiale de « Swing », le thème de l’année 2012, en récupérant des bandes de papier musique et de magazines sur le jazz. Elle les a découpées, plastifiées, pliées, tissées…

 

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Détail de Swing, H. Vispé – Hélène, Mireille, Yo et Nelly (c’est le quatuor des Filles du Vent du Sud !) ont aussi fait des pochettes avec cette technique qui prend du temps mais fait beaucoup d’effet !

Et puis cette année donc, en ce moment, a lieu l’exposition qui a pour thème le Reggae !

affiche

Nous avons encore quelques jours puisque cette exposition a lieu jusqu’au 7 juin au  Théâtre Marmignon (Saint-Gaudens, 31). Y figure la nouvelle oeuvre d’Hélène :

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Nous avons eu la chance d’avoir ce portrait de Bob Marley en avant-première pour notre Journée à Balma le 23 mai dernier, merci Hélène ! (photo Emilie Forest)

Hélène a créé un autre quilt représentant un orchestre de jazz, mais ce sera pour une autre fois ici, ma photo ne rendant pas justice à ce remarquable ouvrage !

Bravo Hélène !

Log Cabin Forever

Comment ne pas parler de temps à autres du Log Cabin dans un blog dédié au patchwork ?

Umwälzung
Vous avez peut-être admiré ce quilt « en vrai » lors de la venue de l’artiste à Nantes au salon « Pour l’amour du Fil ». Cette trop pâle photo de livre montre un quilt qui me subjugue. Il est de Shizuko Kuroha, cousu de tissus japonais indigo et sarasa. On a traduit son titre en français par « Convulsions », mais le titre traduit en allemand suggèrerait plutôt « Bouleversement ». Cette oeuvre évoque le monde qui change, avec la chute du Mur de Berlin et la fin de l’URSS. Quilt fini en 1990.

 Alors que je vivais en Allemagne, j’ai vu dans un magazine des photos de quilts qui m’ont subjuguée. Je n’arrivais pas à comprendre comment c’était possible de faire ces log cabins « arrondis », « en volutes », cousus par Shizuko Kuroha au tout début des années 90… Je l’ai compris partiellement grâce à la Couronne de l’Avent.  Mais je ne vous ai encore jamais dit à quel point j’ai aimé trouver tous les secrets de ces blocs expliqués dans un livre français, ou plutôt deux ! Marie-Anne Suzanne (aujourd’hui malheureusement disparue) et Jocelyne Le Roy ont admirablement expliqué, en deux tomes, de nombreuses techniques modernes du patchwork découlant de l’usage du cutter : carrés bicolores, chaînes irlandaises, scrap-quilts en bandes, bargellos, voyages autour du monde… Toutes les bases et bien plus sont consignées dans ces superbes livres ! J’en ai un dans ma bibliothèque et les deux sont dans celle de mon club. Je m’y réfère encore souvent. Titre de ces livres depuis longtemps épuisés (à rechercher d’occasion): Patchwork machine I & II, éditions Flammarion/DMC. 

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Vous êtes sans doute nombreuses à avoir appris beaucoup de choses grâce à ce livre !
livre français
Les deux tomes écrits par Jocelyne Le Roy et Marie-Anne Suzanne sont une formidable encyclopédie du patchwork modernisé grâce au cutter rotatif. C’était la première fois, à ma connaissance, qu’un livre en français expliquait toutes ces formidables techniques. Peu de livres arrivent au niveau de ces grands classiques. Je n’ai que le tome 2, le premier ayant été édité quand j’étais encore en Allemagne… 
convulsions
Qui se ressemble s’assemble, dit-on… Andrée, qui fait partie des Abeilles de la Ruche, a fait ce panneau dans l’esprit de Shizuko Kuroha… Je l’ado-o-ore ! Il fut exposé lors de l’expo bleue de notre club. Très généreusement, Andrée l’offre en lot pour notre Loto de Balma… Qui donc repartira avec ce magnifique quilt le 23 mai ?… L’expo bleue se trouve ici et là.

Le thème du bloc du bloc du Log Cabin incite à évoquer inévitablement la vie des pionniers américains avec leur cabane de rondins. Un tout récent article sur ce sujet se déguste dans le magazine de France Patchwork Les Nouvelles Patchwork et Création Textile n° 120, quatre pages écrites par Christiane Billard qui récapitule avec talent et rigueur l’histoire du bloc. Inévitablement aussi, elle insiste sur le fait que cette esthétique est depuis si longtemps appréciée et utilisée… Lisez, relisez ces articles passionnants ! Ce magazine est réservé aux adhérents de l’association qui choisissent de s’y abonner.

Les chats, dans la Haute-Egypte, furent momifiés dans des bandelettes de lin placées de manière très décorative… qui ressemblent à nos fameux log cabin ! Dans un musée de Vienne, il y a quelques semaines, j’ai vu ceci:

chat à vienne
Kunsthistorisches Museum, Wien – Une momie égyptienne de chat, tout comme on en trouve dans d’autres musées, notamment à Londres.

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Je vous avais déjà parlé ici d’un livre qui est une sorte de « bible du log cabin »… Je peux vous annoncer d’ores et déjà la parution d’un autre ouvrage de référence, écrit en français (youpi !) par Denyse Saint-Arroman :

lindispensable log cabin D. S. A.
Auto-édité, ce livre est de grande qualité, il bénéficie de la pédagogie et de la connaissance profonde de Denyse Saint-Arroman du monde du patchwork traditionnel. Si vous ne savez que demander pour la Fête des Mères…

Les chapitres se succèdent en toute logique, déclinant de manière très complète les techniques et variantes de ce bloc si polyvalent ! Je vous le recommande très chaleureusement. Pour vous le procurer, veuillez contacter Denyse, en attendant qu’il soit distribué plus largement : patchworkperlesbroderies (arobase) orange.fr

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Et puis, si vous souhaitez être « coachée » pour un ouvrage en log cabin,  rendez-vous chez Nathalie Delarge Dionis, c’est son nouveau thème, avec tout un ensemble de règles, de vidéos, un groupe de copines… Et pour faire partie du groupe, c’est par ici : https://www.facebook.com/groups/490697051031140/. Il y a du beau monde, bon amusement !!!

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Une bordure de finition invisible

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Accrochage temporaire !

Pour ce petit ouvrage E comme Emilie, je ne souhaitais pas ajouter une bordure de finition visible, vous savez, la bande de droit fil pliée en deux qu’on coud au bord et qui, avec un pliage malin, fait des angles irréprochables… On en voit des schémas dans presque tous les livres de patchwork, dans divers blogs (juste un exemple ici), vous avez même des videos en français faite par Nathalie Delarge (chercher « Pose de biais »). Non, cette fois-ci, je choisis une autre finition…

Quand, esthétiquement, vous ne voulez pas d’autre couleur visible… ou que vous n’avez pas assez de tissu, pensez « bordure invisible » ! En fait, elle est visible au dos seulement, et là vous pouvez recycler plus facilement des restes ou simplement utiliser le tissu de dos comme ici.

Les préparatifs sont identiques : une bande de tissu coupée en droit fil, qu’on peut faire plus étroite (ici j’ai coupé une bande de 4,5 cm), pliée tout du long, repassée. Je me permets de commencer en pliant simplement la bande au départ : comme la bande ne sera pas à cheval, on peut faire simple ! IMG_5162Ci-contre, vous voyez le début et la fin de la pose de la bande. On commence en ligne droite en cousant à 6 ou 7 mm du bord. Choisissez votre marge de couture et restez constante, c’est l’important.

A l’approche d’un angle :

  •  arrêtez-vous, aiguille baissée de préférence,
  • mettez une longueur de point inférieure,
  • dessinez le trait oblique à l’angle, ou juste le point d’intersection des deux lignes de couture à venir,
  • crantez la bande de droit fil de part et d’autre de cette ligne (2 coupes de 3 mm de profondeur)
  • reprenez la couture en visant présisément le bout du trait (ou votre point d’intersection), arrêtez-vous ici aiguille baissée,
  • tournez dans la nouvelle direction, remettez 2 cm plus loin la longueur de point habituelle,
  • recommencez à l’approche du prochain angle !

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J’utilise mon outil fétiche, le quick quarter, pour marquer le point d’angle où je dois pivoter. Il y a beaucoup de fils, le tissu de dos n’étant pas du coton…IMG_5160

Prête à coudre jusqu’au trait ! La petite couture rose qu’on voit à gauche maintient dessous un triangle d’accrochage, voir plus bas.IMG_5162

A la fin du tour, vous terminez comme vous le souhaitez, moi j’opte pour la facilité !

Il faut ensuite terminer à la main si vous ne souhaitez aucune couture visible sur le devant. Une couture machine peut être cependant un élément de quilting si votre matelassage a été fait à la machine. L’astuce de cette bordure est qu’on la plie complètement vers l’arrière.IMG_5166

Comment cela se passe-t-il du côté des angles ? C’est simple : on coupe l’excédent de tissu/molleton en biais et on plie… le mieux possible !

Et voilà !

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Autre petite astuce pour Emilie Jolie : comme c’est un mini-quilt (donc très léger) et qu’il servira peut-être de couverture à une poupée, je n’ai pas voulu mettre de manchon. J’ai opté pour les triangles supports pour un accrochage éventuel :IMG_5158

J’ai renforcé au thermocollant deux carrés de 10 cm pliés en diagonale qui seront pris dans la couture de la bordure de finition en haut à gauche et à droite et hop, voilà un petit système qui permet d’accrocher le quilt, même avec une bande de carton… recouvert du même tissu pour un peu plus de raffinement ! IMG_5167

Ici, le triangle en haut à droite. On y glisse une fine baguette pour un accrochage simple. Voyez ici quelques photos d’idées d’accrochage !

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Toujours sur le thème des oiseaux, Nathalie Chareton Legendre offre quelques cartes textiles aux ravissants oiseaux… Participez, vous aurez peut-être la chance de gagner une de ces petites oeuvres d’art !

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Bandes de biais ou de droit fil

SOURIEZ

Cela sent la rentrée ! Mon « petit dernier », 15 ans quand même, est impatient de découvrir ses nouveaux profs… et surtout de revoir les copains, apprendre à connaître les nouveaux… Pour moi c’est pareil, il me tarde de retrouver les Abeilles et autres quilteuses des environs ! Et moi qui aime les contacts, je suis très heureuse de votre bienveillante fidélité, vous mes chères lectrices (et quelques lecteurs).

Et comme cela sent la rentrée, voici un article un peu technique mais pas trop, il faut commencer en douceur 🙂

Quand une quilteuse pense « biais », elle imagine généralement un quilt celtique :

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Ce merveilleux petit quilt est de Mary K. Turner (vu en Irlande)

Pour d’autres quilteuses, elles se souviendront de l’utilisation de biais noir ou gris pour faire un effet de vitrail. Celui qui est ci-dessous sort de l’ordinaire, il fait partie d’une superbe « Valise France-Patchwork » du Lot où les quilteuses se sont inspirées des œuvres d’un maître verrier contemporain, Léo Améry :

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Et toujours, l’innovation est intéressante ; voici des oeuvres minimalistes en biais de Debbie Grifka qui joue avec les transparences :

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Daisy Chain Table Topper, Esch House Quilts

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Ephemeral Elegance – Voir le blog Eschhousequilts avec d’autres exemples d’utilisation des biais ! 

Tous ces exemples montrent des lignes souples et même parfois très arrondies, c’est la fonction de la coupe en biais (à 45° par rapport à la chaîne ou la trame du tissu). Voici un tuto parmi d’autres pour connaître le principe de la coupe d’un biais à partir d’un carré de tissu : tuto biais.

Avant de coudre ces biais, il faut replier les bords de part et d’autre. Afin de les repasser de manière précise, on peut s’aider de barres en métal pour marquer les plis au fer mais je préfère ces petits objets futés :

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Ces appareils à biais facilitent le pliage de bandes de biais de 6 mm, 9 mm et 12 mm. Il en existe d’autres tailles et d’autres marques.

Ces modèles de marque Clover permettent en outre de faire passer en même temps un petit ruban d’intissé thermocollant, ce qui facilitera grandement la fixation des biais sur le fond, à la place d’un faufil ou de nombreuses épingles. Ce n’est cependant pas du tout économique…

Mais n’oubliez pas que ces instruments peuvent également vous aider pour des bandes coupées en droit fil ! Celles-ci sont moins souples mais suffisent souvent pour appliquer des tiges de fleurs légèrement incurvées. En patchwork, on considère généralement que le droit fil est aussi bien parallèle que perpendiculaire aux lisières, alors qu’en couture, le tombé du vêtement dépend du « vrai » droit fil de chaîne (parallèle à la lisière).

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 Bouquets d’Hiver, Madeleine Fillola. La plupart des tiges ont été coupées en droit fil. Seules celles qui retombent de part et d’autre du vase sont coupées en biais.
Ce qu’on oublie vite, c’est la largeur des bandes à couper (en droit fil comme en biais) en fonction de l’appareil : on coupe en général deux fois plus grand que la bande aux bords rentrés. Voici un récapitulatif des tailles les plus fréquentes : pour l’appareil à biais de 6 mm, on coupe des bandes droites ou en biais de 12 mm de haut environ, 18 mm pour l’appareil de 9 mm, 24 mm pour des bandes pliées de 12 mm et ainsi de suite. Sans dommage, vous pouvez varier d’1 mm… mais si votre bande est coupée bien trop grande, cela « bourrera » dans l’appareil.
Et comment conserver intactes les bandes déjà pliées ? On n’a pas trouvé mieux que de les enrouler autour d’un rouleau vide d’essuie-tout ou de papier toilette ! Une aiguille plantée en fin de bande l’empêche de se dérouler.
J’ai récemment coupé des bandes en biais (de 4 cm de hauteur) pour terminer ce chemin de table afin de mieux épouser les courbes :
cropped-chemin-bergerie-qf.jpg
Mais en général, pour les bordures de finition, je préfère la finition avec une bande coupée de 6 cm dans le droit fil et pliée en deux, pour plus de facilité et de solidité.  Pour ces bandes, il n’est pas besoin d’utiliser les petits appareils.
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France-Patchwork Haute-Garonne propose un atelier « Meshwork » le 27 septembre prochain, toutes les personnes inscrites doivent préparer leurs bandes en droit fil (2 tissus choisis, bandes pliées avec l’appareil 9 mm d’une longueur de 3,50 m). J’espère que cet article vous aidera à préparer sereinement vos fournitures !
QF meshTissage de lisières !
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Die Übung macht den Meister

C’est un des proverbes allemands que j’ai adoré découvrir quand je vivais à Hambourg ! Il me vient bien plus naturellement que son équivalent français, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron », et sa traduction mot à mot est « l’exercice (l’entraînement, la pratique) fait le maître »…

En début de semaine je l’ai mis en pratique en m’accordant un exercice ludique de quilting libre à la machine. En général, je quilte à la machine des lignes plutôt droites, avec l’aide du double entraînement de ma Pfaff. Mais dessiner à l’aiguille me tente aussi ! Le livre de base que je vous recommande chaleureusement est celui de Fanny Viollet (éd. L’Inédite) :

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Elle y explique bien tout ce qu’il faut savoir sur le fonctionnement de notre machine à coudre, les habitudes à acquérir… et tout ça en français, avec de nombreuses photos explicatives ! Paradoxalement, toutes ses explications ne sont pas pour le quilting en piqué-libre mais principalement pour la broderie, c’est cependant un livre qui m’aide beaucoup avec ses précieux conseils. Je crois même que c’est cette dame qui a, le première, utilisé la locution « piqué-libre » en français.

Plus nouveau et drôlement bien fait, le DVD de Nathalie Delarge Dionis nous enseigne le B.A. BA du quilting en piqué libre. Elle travaille sur une Long-Arm (machine à grand espace) mais on peut tout aussi bien travailler avec une machine à coudre domestique.

Le dernier blog découvert sur le piqué libre (grâce à Emma) est The Inbox Jaunt : des idées de dessins magnifiques, à essayer surtout sur tissu uni, c’est si joli…

Le truc à avoir en tête est que l’aiguille est notre crayon ! On doit déplacer l’ouvrage comme on déplacerait une feuille sous un crayon fixe. Die Übung macht den Meister…

Ma feuille d’exercice, avant de me mettre à quilter un grand ouvrage, est un rectangle d’environ 30 x 60 cm, fait de patchwork en confetti incluant quelques lisières. De la vraie récup ! Mise en sandwich :

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Puis j’ai quilté des dessins tout droit sortis de cet excellent livre pour des idées modernes de quilting, die Übung macht die gute Quilterin, la pratique fait la bonne quilteuse :

QF free motion

Et j’ai fait du zigzag tout autour. Ah !! Vient le moment tant attendu et redouté de la pose d’une fermeture à glissière ! Je me suis directement inspirée d’une pochette offerte par l’adorable Yaritza Bianchi, déléguée France-Patchwork de la Drôme. Voici une photo pour vous l’expliquer rapidement :

QF pose ferm

Après avoir cousu la fermeture endroit contre endroit, on plie pour avoir les dents en haut et on les fixe en place avec une ou 2 coutures. C’est épais mais une aiguille de 80 en vient quand même à bout. Il reste à fermer les côtés (attention à laisser la fermeture ouverte !!) et coudre des triangles pour l’assise de la pochette.

QF trousse envers

Pochette retournée finie, 2e version (aux petits triangles, voir dessous !)

QF trousse finie

Les triangles étaient trop grands, la pochette est peu gracieuse ! J’ai donc utilisé le découd-vite pour réparer l’erreur. Die Übung macht die  gute Näherin, la pratique fait la bonne couturière !

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Voilà, elle me plaît mieux ainsi !

Quiltez-vous parfois à l’aiguille double ?

Vous avez peut-être déjà vu des matelassages doubles où, non contente de faire un quadrillage, la quilteuse a doublé ses lignes pour un rendu superbe :

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Quilt est richement matelassé (Tulpenquilt de Lucy, paru dans Quiltmania n° 76 en version française).

Vu de près, c’est encore plus beau :

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Détail du Tulpenquilt, à voir aussi sur le blog Quilting with the Past

J’aimais tellement cet effet que, au moment de décider d’un quilting prestigieux avec Madeleine pour les Bouquets d’Hiver, j’ai repensé alors à ce quilt aux tulipes inspiré d’un modèle vieux d’un siècle…

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Voici un des neuf blocs du quilt de Madeleine. Ici, pour cet ouvrage dépassant les 2,20 m de côté, l’écartement des lignes est de 0,5 cm et le quadrillage est de 5 cm.

Aucune formule magique pour ce travail intensif à la main où la régularité est primordiale. Madeleine traçait ses lignes au marquoir Hera de Clover, un des instruments utiles que je recommande toujours ! On est sûr que les marques du traçage partiront…

Et à la machine ?

Une vidéo postée récemment sur You Tube par Felisa Nakasawa* (souvenez-vous de ses maisons Minka) m’incite à vous parler des aiguilles doubles conçues pour nos machines à coudre. Elles sont paradoxalement peu connues.

*Vous pouvez visionner cette vidéo de Felisa Nakasawa : Twin Needles

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Ce sont des aiguilles jumelles, avec un seul talon qu’on dispose comme une aiguille simple dans sa machine. Elles ont un écartement variable qu’on choisit à l’achat (on ne bricole pas l’écartement !). Les plus courantes sont celles à 2 mm et 4 mm d’écart. A noter qu’il existe aussi des aiguilles triples, mais il se pose alors le problème du placement de la 3e bobine sur une machine « normale ».

Deux aiguilles signifient une deuxième bobine à installer, deux fils à passer dans le circuit de tension : il faut impérativement vous référer à votre mode d’emploi, chaque machine ayant son système, mais ce n’est pas difficile.

Emplois multiples en couture : cela fait de beaux ourlets, en particulier sur les tissus jersey, on peut renforcer les coutures et les rendre décoratives (pantalons en jean), faire des nervures en glissant un cordonnet sous le tissu…

Mais que peut faire une quilteuse avec cette double aiguille ? 

Kyoko, Katell 2003

Ce petit tableau a été quilté avec une aiguille double (machine Pfaff avec double entrainement)

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Plus grand, ce quilt est également partiellement quilté avec une aiguille double (les motifs sont en piqué libre).

Quel est le résultat ? Sur le devant, on a deux lignes piquées absolument parallèles qu’on peut facilement diriger pour les rendre sinueuses. Sur le dos, on a un zigzag. Si vous n’avez pas une machine électronique qui règle automatiquement la fonction « double aiguille », vous pouvez avoir ici des petits réglages de tension de canette à faire.

Quelles sont les précautions à prendre par rapport à une aiguille simple ? Très logiquement, on doit faire attention de ne pas tordre les aiguilles quand on veut tourner, on ne peut pas les planter et faire une rotation… A part cela, l’utilisation est étonnamment facile.

 

Ensuite, après un peu de pratique, on peut essayer le quadruple quilting !

quadruple quilting

 Pour obtenir ce résultat, on peut essayer de bien repérer, avec le pied de biche ou la barre-repère, où faire le 2e passage de double aiguille pour avoir cet écartement parfait (photo Felisa Nakazawa Quilts) – Indéniablement, le quadruple piquage a de l’allure… mais je n’ai pas essayé ! 

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Des fleurs piécées

Profitons de la nature fleurie en ce mois d’avril !

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Promesse de coings dans mon jardin…

Les fleurs sont très présentes dans le monde textile, d’abord en impression naturellement, mais aussi gracieusement brodées, appliquées…

Bloc 8 Madeleine

Bloc du quilt Bouquets d’Hiver de Madeleine.

trab-41

Détail d’un traboutis de Pénélope Roger.

On les retrouve aussi « patchées », piécées dans de nombreux blocs, habilement simplifiées pour un assemblage aisé :

carolina lily

Variation du célèbre bloc du Lis de Caroline du Nord , quilt américain des années 1930.

lily

Bloc avec une variante appliquée des feuilles, pour plus de douceur.

Pour pouvoir dessiner une maquette permettant de piécer des fleurs, il faut faire preuve d’un habile sens de l’abstraction, comme le souligne Barbara Brackman dans son nouveau blog Historically Modern.

Et comme Barbara Brackman, j’admire beaucoup Ruth McDowell qui sait piécer de manière magistrale. Ses nombreux livres (dont quelques-uns sont traduits en français) expliquent sa technique, mais elle a aussi un solide coup de crayon qui lui permet de concevoir ce genre de tableau :

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Fleurs de cerisier, à la perspective rappelant une estampe japonaise – 84 x 155 cm, 2004
Ruth McDowell

Je vous sais nombreuses fans de poules, oies et autres sympathiques animaux, allez donc voir ici les derniers quilts de Ruth… Pour ma part, je choisis ce cheval :

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Ella l’Appaloosa, 58 x 73 cm, 2012 – Ruth McDowell

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On commence par le début !

Dans la série « les choses qu’il vaut mieux savoir mais qu’on oublie toujours d’apprendre », je vais vous dire aujourd’hui comment enfiler une aiguille… et faire un noeud. Excusez-moi si c’est trop basique, mais je ne serai pas étonnée d’en soulager plus d’une avec ces petits trucs !

Enfiler du fil dans un chas d’aiguille très fin

Nous savons qu’il faut utiliser des aiguilles très fines pour un travail raffiné, mais ce n’est pas toujours facile de les enfiler… Les professionnels font des efforts pour nous proposer toutes sortes d’aides :

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Ils sont très pratiques, certains très bon marché et peuvent vraiment dépanner. Mais attention, la plupart des enfile-aiguilles ne marchent pas pour les aiguilles les plus fines comme les between n° 12, idéales pour le quilting main… Que faut-il faire, abandonner ? Evidemment  la première mesure à prendre reste d’avoir une vue suffisamment bien corrigée pour bien voir le chas et le fil. C’est tout? Non, mais c’est tout de même la première condition pour enfiler… et coudre correctement ensuite. Cela peut éviter aussi énervements et maux de tête…

Le fameux fil à gant, un coton traité pour rester assez raide, s’enfile facilement, même si on a une aiguille n° 12. Si vous en avez, profitez-en, c’est un fil d’excellente qualité pour l’appliqué en particulier. Moi je préfère limiter le nombre de fils et j’ai une préférence marquée pour Aurifil Mako 50* pour tous les travaux de couture et appliqué à la main comme à la machine hormis le quilting**. Il ne se dédouble pas facilement, avantage indéniable lors de l’enfilage !

Jusqu’à l’automne dernier, je mouillais le bout de fil pour le raidir et le faire passer vaille que vaille dans le chas, avec plus ou moins de succès.

Une dame passionnée de boutis m’a montré une meilleure manière d’enfiler mon fil (fil à gant, à quilter, ou simple fil à coudre) sur une aiguille fine au chas rond. D’abord, je coupe le bout du fil, plutôt en biais pour décourager le dédoublement et avoir une pointe de fil: on met le bout du fil emprisonné dans la pulpe du pouce et de l’index avec le bout à peine apparent, juste 1/2 millimètre dépasse. On présente le chas de l’aiguille dessus et le fil est obligé d’y entrer ! Essayez, c’est presque magique… mais cela ne fonctionne quand même que si l’épaisseur du fil est en adéquation avec la taille du chas !

Lorsque le chas est long, on peut plier le fil en deux pour qu’il soit plus raide.

Avez-vous d’autres trucs ?…

Fournisseurs de fils

En mon âme et conscience, je vous conseille en premier lieu de vous renseigner autour de vous pour savoir si vous ne pouvez pas trouver ces fils presque idéaux près de chez vous, il faut consommer local sinon nous n’aurons plus de boutiques sympas ! Je mets donc dans mes listes celles que je connais à Toulouse, puisque c’est ma ville.

* Aurifil Mako 50 : plus de 200 couleurs, une bobine pas très belle en plastique orange mais un fil extraordinaire (fibres longues d’Egypte), le prix est très compétitif (car il y a 1 400 m par bobine, comparez le prix au mètre !). 

Vous pouvez donc acheter l’Aurifil Mako 50 chez Pfaff Toulouse (51 allées Jean-Jaurès), Au Fil d’Emma à Orléans (sur place ou par internet). A l’international, vous avez la gamme absolument complète chez :
http://www.casacenina.fr/fils.html
http://www.redrockthreads.com/aurifil-thread/

** Quilting machine : Aurifil 40 ou 28, car le plus fin (50 ci-dessus) a tendance à casser un peu trop souvent chez moi quand la tension est trop forte !
** Quilting main : j’adore le fil 100 % coton YLI, marque américaine, pour le quilting main. Je l’ai découvert sur le blog de Supergoof et je me suis dit que si cette quilteuse incroyable recommande ce fil, c’est qu’il ne peut qu’être exceptionnel… Et cette fois, je peux vous louer la qualité esthétique de la bobine en bois ! Je la trouve au Petit Comptoir à Toulouse, sur un stand à Sainte-Marie-aux-Mines en septembre (qui a des précisions ?) ou à Red Rock Threads par correspondance (ci-dessus).

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N’hésitez pas à confier vous aussi vos bonnes adresses en commentaire pour trouver ces fils  !

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Le Noeud de la Quilteuse

J’ai fait pendant des dizaines d’années un noeud en enroulant le fil autour de l’index puis en faisant glisser ces boucles. Cela donne un noeud disgracieux, irrégulier, mais ce n’est qu’un noeud, n’est-ce pas !

Pourtant il y a déjà une dizaine d’années, j’ai été séduite par un geste gracieux de mon amie Esther qui réalisait de petits noeuds tout aussi élégants. Elle m’a appris son secret, qu’elle détenait de sa grand-mère de Maastricht, mais oui Esther vient de cette ville connue par tous depuis un certain traité européen ! Dans mon premier cercle d’amies, j’ai commencé à appeler ce noeud miraculeux « le noeud d’Esther », puis « le noeud  de la quilteuse » en traduction de l’anglais. Car aux Etats-Unis, il s’appelle « the Quilter’s Knot » et même parfois « the French Knot », tout comme le  point de noeud de broderie. Normal, ils sont très apparentés et tous deux sont connus depuis des siècles dans notre vieille Europe… Il a failli disparaître avec la désaffection de la couture à la main ; heureusement, les quilteuses sont là pour maintenir les anciens savoirs 😉

Comme vous n’êtes pas en face de moi pour vous l’enseigner, je délègue à cette vidéo le soin de vous montrer comment faire ce noeud parfait : comment faire un noeud en 13 secondes. Persévérez, vous y arriverez ! Et une fois appris, vous ne ferez plus jamais un noeud autour de votre index…

Pour comparer, voici comment faire un point de noeud en broderie en 20 secondes ! 

Et pour être complète, je ne résiste pas à l’envie de vous faire connaître un point de noeud plus délicat à apprendre mais remis à la mode par les Japonaises. Il s’appelait naguère « Point de noeud de Pékin » en France, il est devenu « point de noeud colonial » par assimilation au nom donné en anglais « Colonial Knot ». Le point de noeud colonial en 47 secondes ici ! Si vous préférez, voyez le tuto de Lisa Bonjean ici.

Maïté l’Abeille vient de broder quelques centaines de points de noeud colonial… à un tel point qu’elle disait en devenir complètement… neu-neu ! Voyez ici un petit aperçu d’un sampler que je vous dévoilerai entièrement quand il sera quilté :

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Courage Maïté, ma « speedy busy bee », tu arrives au bout de tes peines !

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L’Assiette de Dresde – Constructions et perspectives

Les premières Assiettes de Dresde qui ont attiré mon regard sont celles-ci,  avec des bords en coquilles :

Dresde Boisseau

Photo tirée du livre « Patchwork et Boutis » de Nicole Boisseau :

Nicole Boisseau

Cette collection de livres  écrits par Nicole Boisseau montre la richesse du patchwork traditionnel américain, le dernier volume y ajoutant la tradition provençale du boutis et du trapunto. Ces trois livres ont été la base d’apprentissage pour nombre d’entre nous, avec leurs explications en français ! Les Assiettes de Dresde piécées en Liberty ont été maintes fois copiées avec bonheur, mais la plupart du temps sans le boutis qui l’orne merveilleusement. Il est presque inutile de préciser que ce travail est exclusivement cousu à la main.

Depuis quelques années, on constate un regain d’intérêt pour les Assiettes, parfois classiquement réinterprétées en tissus taupe pour un nouveau look, plus souvent « réaménagées » et cousues à la machine. Il existe un livre de référence sur ce bloc modernisé de maintes façons :

Anelie Belden

Je vais reprendre ici différents paramètres sur lesquels vous pouvez jouer afin de personnaliser votre maquette : le nombre de tranches et comment dessiner le gabarit, le centre, les bouts de tranches, le piéçage des tranches… et enfin une petite galerie de quilts récents. Tout ceci vous semblera peut-être fastidieux, mais j’essaie de répondre au mieux à vos interrogations !

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 1 – Combien de tranches dans une Assiette de Dresde ?

Selon le modèle, le nombre de tranches varie, les assiettes les plus vues ont 6, 8, 10, 12,16 ou 20 tranches. C’est votre première décision ! Actuellement, le nombre préféré est 20 alors que les antiquités sont plutôt de 16 tranches. Moins de tranches? On privilégie un style plus simple, parfois naïf, associé par exemple dans un sampler avec des Sunbonnet.

Dresden by Deborah

Le côté naïf des Assiettes à 8 tranches est ici largement contredit par l’extraordinaire quilting à la machine de Deborah Poole de Shelley, Idaho !

2 – Comment dessiner soi-même un gabarit pour faire une Assiette de Dresde ?

Comment faire pour préparer son gabarit sans acheter de nouvelles règles ? Pour le dessiner, il suffit d’avoir un rapporteur pour marquer précisément un angle. Je m’explique : un cercle fait 360°. Il faut le partager en parts égales. Si vous voulez le partager en 4, cela fait 4 angles à 90°. Partagez en 8, les tranches feront 45°, et ainsi de suite. La multiplication doit toujours faire 360 ! 

Assiette à 6 tranches => angle à 60° (6 x 60 = 360)Assiette à 12 tranches
8 tranches => 45° (8 x 45 = 360)
10 tranches => 36° (10 x 36 = 360)
12 tranches => 30° (12 x 30 = 360)
16 tranches => 22,5° ( 16 x 22,5 = 360)
20 tranches => 18° (20 x 18 = 360)

 

Exemple pour dessiner un gabarit de tranche d’assiette de Dresde de 12 parts : 360° divisé par 12 donne 30, nous allons donc construire un triangle de 30°. Le schéma de droite est pour vous indiquer ce qu’on veut avoir, mais inutile de dessiner la roue entière.

A partir d’une droite et d’un point-cible marqué vers la droite de votre feuille, on positionne la cible du rapporteur sur ce point. Marquer l’angle choisi (ici 30°) et tirer une droite qui passe par le « point-cible » et « le point 30° ». Vous avez presque votre tranche !

Ensuite, vous pouvez les faire de la longueur que vous voulez tout en gardant le même angle : plus vous allongez ces deux traits, plus votre assiette sera grande. Veillez à avoir la même longueur des deux côtés et tracez une droite pour fermer ce triangle.

point-ciblemarquage 30°traçage 2e droitetraçage triangle

Vous avez ainsi le gabarit pour une assiette de Dresde à pointes (un tuto parmi d’autres ici). Cela remplace cette règle du commerce (celle-ci est pour 20 tranches et donc à 18°, c’est le nombre le mieux adapté aux pointes) :

Easy Dresden

On coupe la tranche, on plie l’extrémité large en deux endroit contre endroit, on coud, on coupe le petit triangle afin de mieux retourner… Une pointe est prête (un tuto ici) ! A faire à la chaîne, cela va si vite ainsi !

Remarquez qu’on peut enlever la partie la plus proche du point-cible car ce sera recouvert par le centre appliqué (voir plus bas).
Si vous voulez un gabarit traditionnel avec les extrémités arrondies, prenez un compas et dessinez un arc de cercle plus ou moins écrasé, selon que vous mettrez la pointe sèche plus ou moins à l’intérieur du triangle (mais toujours sur la ligne médiane tracée).

arrondi "bombé"arrondi "aplati"

La pointe du compas est toujours sur la ligne médiane pour dessiner un arc de cercle.

Cela remplace cette règle du commerce :

règle dresden plate

Règle pour faire des Assiettes à 10, 12 ou 20 tranches. Gabarits avec et sans marges de couture, tranches de diverses longueurs.

Attention, la précision est la clé de votre réussite. Un demi-degré de décalage (répété de 6 à 20 fois !) et votre assiette ne sera pas plate. C’est pourquoi les règles du commerce ont leurs avantages : en plus de leur transparence et leur épaisseur, elles sont fabriquées avec grande précision.

 

3 – Les extrémités des tranches

Dans les années 80-90, je ne connaissais que la finition arrondie des Assiettes (voir première photo). Nous avons vu comment faire le gabarit. En tissu, ces arrondis se préparent à la main, en bâtissant un petit ourlet avant d’appliquer sur le fond, toujours à la main. Ce modèle faisait fureur aux Etats-Unis dans les années 1920-30, avec les nouveaux tissus pastel et/ou avec les sacs de tissus imprimés (feed sacks) :

dresden feed sack

Il y a aussi les bouts de tranches en pointes, nouvellement en vogue car elles se font facilement à la machine, je vous recommande ici un excellent tuto pour faire des tranches en pointes. Rappelez-vous que vous pouvez remplacer la règle par votre propre gabarit (voir ci-dessus).

On peut aussi préparer des fleurs :

dresden minisfleur de dresde

Photos de Nana Company : adorables petits dessous de tasses faits par une talentueuse jeune styliste. A droite, l’arrondi a été préparé sur trois tranches pour faire une fleur.

Enfin, on peut « lisser » l’ensemble, le bloc s’appelle alors « wagon wheel » ou roue de chariot. C’est ce bloc qui est le plus utilisé pour les quilts modernes (voir ci-dessous).

4 – Le centre

C’est un cercle appliqué qui se met à la fin. Il est là pour cacher le départ des tranches ; on peut l’imaginer aussi en forme de fleur, de coeur… Son diamètre peut être minime, sa couleur discrète, ou bien jouer un plus grand rôle comme dans les exemples ci-dessous :

lion

Voici un joli petit lion fait par Lizzie.

Sunflower babyDans le même esprit, Sunflower Baby by Darcy Ashton

yankee quilter

Un coussin classique pour Noël fait par Yankee Quilter , avec une grande broderie centrale

dresden sun

Fun in the Sun de Carla, Lollyquiltz : l’imprimé central est mis en valeur.

Tout en conservant l’angle déterminé en fonction du nombre de tranches, vous utilisez uniquement la partie la plus large de la tranche (= la plus éloignée du point-cible) pour avoir un grand cercle central.

5 – Piéçage des tranches

Et ce n’est pas fini ! Ces fameuses tranches d’assiette, on peut aussi les modifier, les partager dans le sens de la longueur par exemple :

dresden halloween fig tree

Quilt pour Halloween de Fresh Figs. On peut utiliser un gabarit pour chaque pièce ou bien tailler dans deux bandes de tissus pré-assemblées, au choix.

Ou bien les couper dans le sens de la largeur ; c’est ce que j’ai fait, ainsi que Christine (voir article précédent).

Ou encore utiliser le tissu de fond une fois sur deux pour transformer l’Assiette en moulin :

dresden fans

Quilt réalisé par Geta Grama de Roumanie. Elle fourmille d’idées !

6 – Utiliser des portions d’Assiette de Dresde

FANS

Très connus, les éventails sont des quarts d’assiette. Ce livre (Fans de Jean Wells, C&T, 1987) est assez kitsch (d’inspiration victorienne) mais techniquement intéressant, il montre de multiples finitions possibles pour un éventail… et donc aussi pour les assiettes de Dresde : petits arrondis, pointes au milieu, pointes asymétriques, etc. Livre posé sur un quilt d’éventails que j’ai fait pour ma fille il y a plus de 15 ans.

De ces tranches d’assiette, on peut faire aussi des papillons :

Butterfly quilt 2 - The LindseysButterfly quilt blockmanique-papillon

Butterfly Quilt

Plus sophistiquée, l’ interprétation de France Aubert (Passion Patchwork) d’un quilt de blocs-papillons des années 1920 construits également à partir de l’assiette de Dresde (cliquez pour voir ici). Elle a aussi fait une manique de ce magnifique bloc (voir aussi ici).

On peut même faire des paons ! Voyez ici la création d’Hélène Vispé, éditée dans Les Nouvelles n° 114 (magazine réservé aux adhérentes de l’association France-patchwork) :

Paons Hélène

 

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GALERIE DE QUILTS INSPIRES PAR L’ASSIETTE DE DRESDE

Fin des explications techniques (ouf ! direz-vous), voici maintenant une petite galerie de quelques merveilleux quilts récents avec Assiette de Dresde ou Wagon Wheel trouvés au cours de mes recherches ; comme vous allez le voir, la tendance est vers la grande assiette complexe. Régalez-vous !

 

THE BLUE CHAIR

From The Blue Chair

lollipops fig tree

Fresh Fig Tree, Lollipops

ferris fandango larene smith

Ferris Fandango, de Larene Smith (modèle en vente aux USA)

deb geyer

Deb Geyer (sur son blog ici)

hanginglanterns,Sarah Kielke

Hanging Lanterns, de Sarah Kielke (explications dans son livre « Quiting from Little Things »)

romance -Blue Mointain Daisy

Whirlwind Romance Quilt, de Rachel Daisy

wheel quilt

Exaltant modèle de Rachel de Stitched in Color  , patron en vente ici.

Peppermint Pinwheel

Peppermint Pinwheels a fait ce quilt très graphique, ainsi que le suivant :

carnival quilt by Peppermint Pinwheels at flickr.com

Peppermint Pinwheels a fait ce quilt en soie d’après un modèle de Norah McMeeking, de Bella Bella Quilts

spring field Akiko

Spring Field by Akiko Kawata

Promise of Joy

Dans ce livre, vous trouverez de nombreux modèles aux Assiettes de Dresde revisitées. Edition Quiltmania, bilingue English-Français. Kathy Doughty est une quilteuse australienne enthousiasmante !

Vous pouvez aller voir ici la galerie de Dresden Plate tops de Linda Rotz Miller, à l’impressionnante production en vente sur son site.

Et pour finir, ce quilt, un jeunot de quatre-vingt-dix ans :

01-96 B1071 Final.indd

Ce quilt impressionne par sa modernité  (Collection Nancy Ray)

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C’est à nous de faire vivre et évoluer le patchwork, son avenir n’est pas écrit !

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Articles précédents écrits sur les Assiettes de Dresde  :

– L’Assiette de Dresde – Aujourd’hui
L’Assiette de Dresde – Les origines
Des Assiettes de Dresde pour Noël

Merci d’avoir lu jusqu’au bout !

Katell, Quilteuse Forever

Un clin d’oeil à la période de l’Avent :

dresden santa

« Santa All Around » by Pearl Louise Krush (from The Quilter’s Quilting for Christmas Holiday 2012 issue)

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Variations en Log Cabin

Il y a quelques jours Cécile, une des lectrices assidues de la Ruche, me demandait quel livre acheter de préférence en tant que « Bible » du Log Cabin, un de ses thèmes préférés.

Je pouvais lui conseiller « Log Cabin Libre » paru chez Quiltmania, c’est un livre de Shizuko Kuroha, cette Japonaise qui me fait rêver de quilts indigo depuis les années 80-90… mais je comprenais qu’elle souhaitait un livre plus structuré et complet. De plus, il est épuisé… Après quelques recherches, j’ai choisi de lui conseiller celui-ci :

Je ne le connais pas mais j’ai 4 autres livres de Judy Martin et j’étais donc sûre que ce serait un livre aux explications parfaites… à condition de comprendre l’anglais.

Bingo ! Cécile vient de recevoir le livre, elle en est enchantée, je lui fais entièrement confiance et je partage donc ici cette recommandation. On y trouve comment construire des log cabin avec des mouvements circulaires, comment insérer des petits carrés, des triangles, des étoiles ou même des maisons pour animer le modèle basique et aussi probablement les méthodes les plus rationnelles pour couper et coudre les nombreuses bandes ! Il manquait vraiment à ma bibliothèque, je viens donc de me l’offrir !…

Cécile, bon log cabin alors, on attend les photos de ton prochain Log Cabin Quilt 🙂

Précisément samedi dernier, à l’exposition du Club Calicot Patch dont je vous ai déjà parlé ici, il y avait un extraordinaire quilt en Log Cabin*. Ce modèle était paru en couverture du magazine de France-Patchwork (Les Nouvelles du Patchwork  n° 82, septembre 2004) . J’avais été conquise au premier coup d’oeil, me réjouissais déjà à l’idée de choisir tant et tant de tissus… avant de déchanter devant la complexité du piéçage du bloc à coudre obligatoirement à la main !!! Trop long pour moi… J’ai donc très vite abandonné ce projet.

Heureusement, Yolande n’a pas fait comme moi ! Voici 72 blocs de log cabin aux feuilles piécées imbriquées dans les bandes, avec un choix parfait, très lumineux, de couleurs d’automne. Yolande, je ne t’ai sans doute pas assez dit combien j’ai admiré ton oeuvre, voilà qui est fait, bravo !

* Quilt original de la regrettée Josiane Brehin, « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle »

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