Avez-vous remarqué que, depuis quelque temps, je parle souvent de quilteurs au lieu de quilteuses afin d’inclure les hommes ? Ils restent minoritaires, mais ceux qui ont la même passion que nous suscitent notre entière admiration car ils sont hyper-doués ! En voici trois, des amis quilteurs français de styles différents, mais chacun excelle dans son domaine.
J’ai déjà parlé de Michel de la région bordelaise, Mimi du Tac.
Je ne suis pas la seule à le connaître, ce bel homme jovial aux gilets-maison qui arpente les expositions et les salons ! C’est un fou du patchwork minutieux, des blocs minuscules, des appliqués Baltimore incroyables… mais ses œuvres sont gigantesques ! A lui le Sampler de Sylvia, le Dear Jane, le sampler de la femme du fermier… Et en ce moment, il coud le Quilted Diamond de Linda Franz :
Vous pouvez le suivre sur son blog, Le Mimi du Tac. Ne manquez pas ses vidéos sur son compte You Tube présentant les principales expositions de France et de Navarre !
Plus confidentiel, David du Gers est mon voisin, 15 km à peine nous séparent. Nous avons peu d’occasions pour nous rencontrer cependant mais nous avons, je crois, un respect mutuel et beaucoup de points communs. Le goût des belles rencontres, de la qualité de vie, celle que nous procure notre belle région… Il préfère le patchwork country, les appliqués de Yoko Saito ou Reiko Kato, les points de croix… Tout un univers artisanal et raffiné ! Je crois qu’il trouve beaucoup de bien-être à quilter à la main, tranquillement. Le bonheur est dans le Gers !
Un des ouvrages de David, tout en nuances, un magnifique top en gris taupe et rouge. C’est un modèle 2013 del’Atelier Perdu.Centre de médaillon en broderie perse, modèle de Di Ford présenté dans Quiltmania, réalisation de David.
Si vous vous demandez pourquoi son blog est en anglais, c’est parce qu’il a beaucoup d’amis anglophones qui le lisent et l’anglais lui vient facilement puisqu’il est prof d’anglais ! Pour ses ouvrages, pour ses photos toujours si bien choisies, pour son univers sensible et raffiné, allez voir son blog : David’s Cottage down the Hill.
Christophe, c’est le plus jeune du trio. Il ne fait du patchwork que depuis 2 ou 3 ans mais a une longue expérience de la broderie (depuis 2008). Le point de croix est une de ses grandes détentes, mais également le Hardanger et autres finesses… Les spécialistes apprécieront !
Lui aussi s’est lancé tout de go dans un Dear Jane. Mais depuis presque un an il se consacre, parallèlement à d’autres ouvrages, à la création d’un quilt pour le projet régional France Patchwork, Fibre Occitane. Il y a des contraintes de sujet, de couleurs, de dimensions, mais Christophe y a trouvé un espace de liberté insoupçonné. Il est devenu le créateur qui m’étonne et me fait rire !
Parmi tous les thèmes possibles dans le Patrimoine régional, Christophe a choisi le Museum d’Histoire Naturelle, situé près du Grand-Rond à Toulouse. Après dix années de fermeture, les Toulousains ont à présent un magnifique espace dédié à la découverte de notre monde, présenté d’une manière fondamentalement nouvelle. Christophe a mis en avant tout ce qui singularise ce lieu, en broderie et en patchwork. A chaque rencontre dans notre club, c’étaient des cris d’admiration devant les broderies… et quelques fous rires quand nous tentions de trouver la signification de certains blocs !
Il est beau notre Museum, alliant tradition et modernité, rigueur et fantaisie !
De la fantaisie, je vous dis !
Préparation des blocs de broderie, qui seront mis en alternance avec des blocs de patchwork (vous pouvez cliquer-gauche sur la photo pour voir de plus près).
La partie la plus ardue est le patchwork pour Christophe. Tous les blocs sont créés, montrant la diversité des merveilles de la Terre : des cristaux de minéraux, des palmiers, des volcans en éruption, et quelques dessins mystérieux dont vous connaîtrez la signification en venant à une de nos expositions !
Le top est en cours de montage, les bordures encore à inventer… Le quilting sera intensif ces prochains mois pour qu’il puisse être exposé en 2016 !
Laissons Violetta à nos Jeunes Pousses et Jeunes Poussent (de France Patchwork) qui ont l’âge de s’y intéresser, même si une Abeille a été particulièrement contaminée par la Violett’Mania :
Une Violetta est née dans la Ruche ! Entre Colette (maman de notre conférencière Hélène Vié) et Maïté l’Abeille, notre Violetta (Brigitte)
En cette année 2015 pendant laquelle nous fêtons notre patrimoine régional, la Journée de l’Amitié France Patchwork 31 du 6 mars dernier avait pour thème la Violette de Toulouse. C’était une journée comme on aime, amicale et chaleureuse, grâce à tous les participants !
Un peu de botanique
La violette qui fleurit en ce moment dans mon jardin est la violette odorante qui fleurit en mars et se resème un peu partout. Elle a 5 pétales, tout comme les pensées qui sont de la même famille. C’est une fleur originaire du nord du bassin méditerranéen, elle est donc chez elle ausi bien en Provence qu’en Italie ou en Grèce, mais dans les coins ombragés, dans le secret des bois ou des zones humides…
Joyeuse colonisation de violettes dans mon jardin sauvage
Ces violettes font partie de la pharmacopée européenne millénaire.
Parmi les centaines de variétés, il y en a une qui fait un pompon de 30 à 50 pétales, délicatement odorante, au feuillage luisant légèrement gaufré : c’est la violette de Toulouse, issue de la violette de Parme. Cette dernière fleurit tout l’hiver.
Devant la fenêtre de ma cuisine, les deux pots violets contiennent des plants de violettes de Toulouse, produits et vendus par Hélène Vié.
La Cité des Violettes
Ces violettes ont une longue histoire d’amour avec Toulouse, devenue la cité des Violettes grâce au travail des maraîchers de St-Jory, Aucamville, Lalande, Launaguet, Castelginest, et Saint Alban, tout un territoire jadis campagnard au nord de la Ville Rose (qui cumule les références florales) où on compta jusqu’à 600 producteurs de violettes ! L’histoire a retenu que vers 1850 un soldat de Napoléon III, rentrant à Saint-Jory d’une campagne d’Italie, rapporta un plant de violettes de Parme à sa bien-aimée, lequel fut multiplié… et un grand commerce naquit. La violette était, au XIXe siècle, la seule fleur « de fleuriste », expédiée en bouquet dans un joli carton ! Grâce à l’aéropostale qui se développait à Toulouse -tout est lié- les bouquets se vendaient dans toute l’Europe jusque dans les années 1950. La culture sous chassis en plein hiver était ardue mais c’est le terrible gel de l’hiver 1956 qui mit fin à cette activité traditionnelle.
D’où vient l’appellation Violette de Parme ? Nous sommes obligés de parler ici de Napoléon 1er ! Si le langage des fleurs correspondant à la violette ne correspond pas du tout au tempérament de l’Empereur, c’est pourtant celle-ci qui jalonne sa vie personnelle. Il eut d’ailleurs le surnom de Père la Violette…
Tout d’abord, à sa première rencontre avec Joséphine de Beauharnais, la belle créole portait un bouquet de violettes élégamment noué à sa ceinture. Dès lors ce fut « leur » fleur, comme tous les amoureux ont « leur » chanson ou « leur » lieu fétiche. Puis son autre grand amour, Marie-Louise d’Autriche (nous en parlions ici) adorait également cette fleur et, à la chute de l’Empire, devint Duchesse de Parme. Elle s’y établit définitivement et demanda de créer une fragrance secrète pour elle à base de la violette cultivée dans les environs… Ainsi est née l’Eau de Parme, ainsi que la diffusion du nom de la couleur, le parme ou violet éclairci, couleur de cette fleur !
Revenons au XXe siècle à Toulouse. Quelques pieds dégénérés de la violette de Parme ont malgré tout subsisté et un ingénieur agronome, Adrien Roucolle, réussit en 1985 à les sauver grâce à une culture in-vitro. C’est pourquoi les Violettes de Toulouse (appellation déposée en 1985) ne sont plus cultivées qu’en pots pour éviter toute nouvelle dégénérescence.
Depuis, la Reine des Violettes de Toulouse est sans conteste Hélène Vié ! Cette dame passionnée et passionnante a eu la grande gentillesse d’accepter de nous raconter le parcours de cette petite fleur et son histoire liée à notre ville. Infatigable, elle fait tout pour promouvoir « notre » violette et des produits dérivés de qualité, fabriqués dans la région toulousaine. Liqueur, bonbon, gâteau, thé, moutarde, une multitude d’expériences gustatives vous sont proposées dans La Maison de la Violette, péniche amarrée le long du canal du Midi au centre de Toulouse (écluse Bayard). Vous y trouvez également mille et un objets sur le même thème !
Depuis l’an 2000, la violette de Toulouse a sa Maison !
Notre Journée de l’Amitié
Le dress code de la journée était autour du violet ! Presque toute l’assistance a joué le jeu, arborant du violet et nous avons eu une très belle exposition éphémère autour de cette couleur.
Les quatre amies du Vent du Sud ont même créé une tenue qui les fait entrer dans le club des Amies de la Violette ! Admirez le sublime quilt d’Any Vieussens en arrière-plan…Raffinement suprême, leurs assiettes étaient de porcelaine peinte main… des violettes bien sûr ! Remarquez que ces dames ont une bonne lecture (si vous ne reconnaissez pas : c’est le dernier numéro des Nouvelles de France Patchwork !)La salle Satgé de Colomiers a un décor qui nous convenait parfaitement, avec un large dessin des bords de la Garonne et des couples dansant en costume folklorique ! Merci au club de patchwork de Colomiers d’y avoir invité France Patchwork !
Cette Journée de l’Amitié nous a permis de découvrir de nombreux produits offerts par Hélène… et tout autant de très beaux ouvrages apportés par les adhérentes.
Merci aux adhérentes d’avoir apporté tant de quilts de qualité !
Des fleurs cristallisées, des bonbons, des gâteaux, des dragées chocolat/violette (sublimes !!) en dégustation libre, devant le quilt « Violettes Impériales » de Cécile Milhau. Hélène Vié au cours de sa passionnante conférence !
L’après-midi, nous avons changé de couleur pour nous consacrer à l’annonce d’un partenariat avec les Blouses Roses de Toulouse(cliquez pour lire un article à ce sujet). Pour Noël, les adhérents de France Patchwork 31 offriront des doudous aux enfants longuement malades à l’hôpital des enfants de Purpan. L’émotion était palpable et nous souhaitons que cette action aura un large succès (des précisions dans le prochain bulletin FP31).
Brigitte, Gisèle, Katell et Christine représentant le club de Balma, les Blouses Roses et France Patchwork 31.
Merci infiniment à Gisèle de nous donner la possibilité, grâce à son réseau, de faire un petit geste pour ces enfants, ainsi qu’aux soeurs Brigitte et Christine qui seront les coordinatrices de cette action !
Journée violette et rose, journée de joies et d’émotions… Grâce à l’association France Patchwork qui nous réunit, que de bons moments passés ensemble !
Villeneuve Tolosane est une de ces jolies petites villes dans les alentours de Toulouse. La déléguée France patchwork 31 précédente, Josette Billard, faisait partie du club de patchwork de cette ville. Ce club continue de nous étonner à chaque exposition, toujours avec des oeuvres de grande qualité. Annie Cunnac et ses amies espèrent un nombreux public, qu’elles accueillent toujours avec beaucoup de gentillesse !
Une seule journée d’exposition, à ne pas manquer : Dimanche 8 mars 2015 de 10 h à 18 h
Le monde de l’imprimerie les déteste, tout autant que les lecteurs. De nos jours chaque blogueur se doit aussi de traquer ces erreurs involontaires d’écriture. Pas facile, j’en sais quelque chose ! On peut lire et relire un texte, mais parfois seul un œil neuf trouvera le détail qui cloche… Pourquoi les nomme-t-on coquilles ? L’origine est incertaine, mais cela date naturellement de l’imprimerie traditionnelle, avec les caractères de plomb ou de fonte indépendants. Les coquilles provenaient en général d’une erreur de rangement dans les cassetins, ces petites cases de séparation :
Je ne résiste pas à l’envie de vous inviter à lire, dans le blog Projet Voltaire, la synthèse des hypothèses de l’origine de la coquille d’impression : certaines sont savoureuses !
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Naissance de Vénus, par S. Botticelli, 1485-85. Symbole de la féminité, une coquille est ici le berceau d’une Vénus née adulte dans toute sa splendeur.
Dès le Moyen-Age, après une succession de miracles, les pèlerins européens affluèrent vers un port de Galice (Espagne) où, d’après une légende, un des Apôtres de Jésus (Jacques le Majeur) y fut enterré. Arrivés au but, les pèlerins « jacquets » se régalaient sur la plage de la nourriture offerte et gardaient en souvenir une coquille, preuve de leur but atteint, pour leur retour. Puis la coquille devint le signe-même du pèlerin, même à l’aller (!) et la marque des chemins et hébergements tout au long du chemin. Les chemins vers Compostelle sont de nouveau balisés depuis le regain d’attrait pour ce long périple qui séduit tant de marcheurs occasionnels ou acharnés, en quête spirituelle ou sportive. C’est un Brésilien, Paulo Coelho, qui donna envie à des milliers de personnes de marcher sur ces routes anciennes (livres Le Pélerin de Compostelle, 1987 en portugais, l’Alchimiste, 1988 en portugais et 1994 en français). Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ce livre de J-C Rufin : Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi (2013).
Tous les chemins mènent-ils à Rome ? Ceux-ci vont vers le Finis Terrae espagnol, Saint-Jacques de Compostelle. Toulouse est une étape bien connue, puis un chemin passe près de chez moi, quelques kilomètres plus à l’ouest ! Vous pouvez aussi lire ici un article sur l’étape de Conques en Aveyron.
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Dans le monde du patchwork, le motif de la coquille ne cache pas son origine : sa forme évoque de suite la fameuse coquille Saint-Jacques, elle-même populaire à la fois en gastronomie (sa noix !) et en signe religieux ou culturel, en particulier pour le fameux pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle. En anglais, ce modèle s’appelle shell (coquille) ou clam (coque, palourde)… ou clamshell !
Autre coquille, celle de l’huître… dont je ne mange que l’intérieur, contrairement à Obélix (Astérix et les Normands page 12, Texte de René Goscinny, Dessin d’Albert Uderzo)
Ce motif est universel, j’avais déjà évoqué le seigaiha dans cet article. Je n’essaierai pas d’être exhaustive au sujet des coquilles en patchwork, car on trouve de nombreuses manières de les préparer, de les assembler… On pourrait écrire un livre entier ! Un quilt en coquilles, c’est beau comme ça :
Photo des pages 32-33 de Marie-Claire Idées n° 33 (juin 1999). Un quilt de rêve qui évoque le bonheur d’un pique-nique à la campagne…
Au hasard des publications dans les magazines et les blogs, on a envie de s’y mettre ! La Châtaigne qui pique a lancé ce thème dans son club avec succès, vous en voyez des résultats ici. Le principe est de préparer un gabarit et d’appliquer, ligne après ligne, les coquilles qui se chevauchent.
Espace ou pas d’espace entre les coquilles ? Comment faire les préparatifs pour les rentrés ? Comment coudre et sur quel support ?… Je n’ai pas de réponse unique à toutes ces questions, tout est histoire de choix personnels ! Il faut bien y réfléchir car ce sont ces multiples petits problèmes potentiels qui font que ces ouvrages sont souvent abandonnés.
J’ai cependant un truc peu connu. Je peux chaleureusement vous conseiller d’essayer le point d’échelle invisible. Qu’es acò ? me demanderaient mes amies occitanes. Eh bien c’est simplement le point qu’on fait un peu instinctivement quand on ferme un coussin, un point qui va d’un bord à l’autre et qu’on serre ensuite. Adapté à l’appliqué, ce point a des atouts indéniables : il est absolument invisible et permet de coudre en suivant le trait dessiné à la fois sur le fond et sur la pièce. Ami Simms l’a « inventé », l’a développé dans ce petit livre (dont un chapitre est justement consacré aux coquilles). Nathalie Delarge fit une petite vidéo de présentation de ce point pour l’appliqué il y a quelques années : c’est ici. On se sent un peu maladroite au début, mais le résultat est particulièrement parfait, surtout pour les coquilles (pour lesquelles on n’a aucun besoin de faire les incisions du tissu de fond).
Cette technique de couture réduit le travail de préparation : ni faufilage, ni colle, ni rentré au fer à repasser, ni même emprisonnement du tissu autour du gabarit à l’aide d’un papier aluminium… (Oui, ceci est une possibilité ! Son avantage est que l’arrondi est mieux qu’avec un faufil, voyez ici comment faire chez Poppy Makes.)
Si vous voulez faire un quilt de coquilles en utilisant ce point d’échelle, il vous suffit de marquer au crayon fin votre gabarit sur chaque tissu, sur le devant. Vous suivez parallèlement les deux lignes, en suivant bien les conseils de Nathalie Delarge et cela va tout seul, je vous l’assure ! Le gabarit se fait tout simplement dans un carton ou un rhodoïd, à l’aide d’un compas. Si ce n’est pas clair, je vous ferai un petit tuto en mars !
Quels que soient vos choix techniques, vous aimerez peut-être comme moi ces réalisations qui vous donneront des envies de coquilles :
Antiquité visible au Victoria & Albert Museum à Londres, présenté par Kaffe Fassett dans un de ses livres. La bordure verte, très sophistiquée, rythme la masse de coquilles. Il est presque aussi ancien que ce quilt, le plus ancien d’Angleterre, puisque celui-ci date de 1730-1750.Ce coussin a été édité dans un de mes magazines préférés, Love Patchwork & Quilting (n° 4). On y préconise la feuille alu pour obtenir de belles coquilles !Anne, des Avalon Quilters, nous donne envie de sortir nos tissus provençaux…
Molly Flanders a essayé plusieurs techniques de préparation, donc celle de l’assemblage à l’anglaise. Sa préférée est finalement à l’aide de colle. J’aime beaucoup son quilting noir à la main !
Matilda Quilt, par Heidi Pridemore. Beaucoup d’élégance !
Si vous lisez l’anglais et que vous souhaitez faire un « quilt-along » (un quilt fait par vous et pour vous, en suivant la dynamique d’un groupe) sur le thème des coquilles, rejoignez Rachel dans Stitched in Color, cela commence tout juste en ce moment !!
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Et pour terminer, voici les coquilles mal élevées, les renéguates qui n’ont même pas fait rentrer leurs marges de couture. C’est encore Rachel qui montre le chemin :
Un ravissant panier décoré de cercles donnant l’illusion de coquilles… Il s’ébouriffera avec le temps !
Kristine l’Abeille s’en est inspirée pour faire chanter les couleurs brique et évoquer un toit toulousain tout en tuiles :
Il sera exposé lors des expositions du Patrimoine, préparées par les délégations France Patchwork du patch d’Oc. Comme la trousse de Rachel, les tuiles sont des disques qui se chevauchent, fixés à la machine… Il faut bien la maîtriser pour un beau résultat comme ici ! Son étiquette, au dos, comporte un crayon du souvenir :
Depuis des siècles les femmes américaines cousent des quilts (patchworks). Cette technique dont l’origine se perd dans la nuit des temps est devenue le symbole de l’Amérique et un art à part entière accueilli par les musées.
Mais il témoigne aussi de la vie des femmes qui les ont réalisés. Simples ou sophistiqués, maladroits ou inspirés , il se sont transmis de génération en génération. C’est un art vivant qui nous émeut justement parce qu’il évoque la vie familiale, la chaleur du foyer.
A travers quelques exemples de « crazy » victorien nous allons plonger dans l’histoire de ces femmes , ressentir comment elles ont exprimé leur besoin de création et d’évasion en réalisant ces objets utilitaires indispensables à la survie de leur famille.
Je note date et heure dans mon agenda et espère pouvoir y aller !
Si vous venez bientôt à Toulouse – la Journée inédite France Patchwork du 23 mai* en est l’occasion ! – vous aurez sans doute envie de rapporter un petit souvenir ! La gastronomie toulousaine ne se résume pas au cassoulet et aux violettes cristallisées… Il y a un délice plus secret que je vais partager avec vous aujourd’hui : le Fénétra.
Amandier en fleur, Van Gogh (1890)
Fête d’origine gallo-romaine, le Grand Fénétra fut une fête liée aux « Pardons » des dimanches de carême durant des siècles, pour se laïciser au XVIIIe siècle et devenir festif avec des cortèges, des jeux, des spectacles et une foire.
De nos jours, c’est fin juin qu’on fête le Grand Fenetra !
Un grand repas familial se clôturait par un délicieux gâteau à base d’amandes, d’abricots et de citrons confits. D’après une pâtissière du centre de Toulouse qui en confectionne quotidiennement (La Bonbonnière, 41 rue des Tourneurs), de nombreux amandiers étaient plantés alors dans la région, du moins dans les endroits les plus protégés, et les citrons poussaient dans les orangeries des beaux châteaux de la région… Avec ces ingrédients si fins, les pâtissiers inventèrent cette merveille pour le palais : le gâteau du Fénétra !
Vous pourrez l’acheter emballé dans une pellicule plastique, il se transporte facilement ainsi et se conserve dans son emballage jusqu’à 2 semaines. Une fois ouvert, il n’aura pas le temps de sécher tant on se régale !
Rares sont les pâtissiers qui en font toute l’année. Outre La Bonbonnière, vous pouvez en trouver chez : – Régals, 25 rue du Taur – Galonier, rue de Metz
Ce sera chez moi le gâteau de Pâques en l’honneur de notre ville rose !
*Rappel : il est maintenant trop tard pour vous inscrire à cette Journée, merci pour votre compréhension !
Mireille est une des quatre « filles du vent du sud », le groupe de quilteuses si sympathiques qui se réunissent du côté de Saint-Gaudens (31), au cœur du piémont pyrénéen. A chaque fois que je vais là-bas, il fait beau… mais que le vent souffle ! Alors c’est juste moi qui les appelle comme ça, Mireille avec Hélène, Nelly et Yolande, les bonnes copines du Comminges… Toutes quatre se réunissent régulièrement, parlent patch et de tant d’autres choses, au gré de la vie de chacune…
Aujourd’hui, c’est malheureusement alerte orange sur les Pyrénées : au vent s’ajoutent des pluies torrentielles… Bon courage les filles du vent du sud !
Pour le Salon de Toulouse, Mireille m’a confié fin septembre un mini-ouvrage accroché à un très joli ensemble en bois. Je ne l’ai pas laissé dans le carton avec les autres car il prenait de la place, alors il a trôné des jours durant sur mon bureau… tant et si bien que j’ai oublié de le prendre le jour de l’accrochage du Salon ! Il était comme chez lui sur ma table…
Bêtise réparée seulement deux jours plus tard. Cette Etoile a eu alors ses jours de gloire ! Elle attirait le regard des passantes, certaines connaissaient bien ce genre de jolies choses, d’autres ne voulaient pas croire qu’il s’agissait uniquement de points brodés ! C’est de la broderie suisse (de la broderie au fil de coton perlé sur du tissu vichy, les carreaux étant la base du dessin) et cette étoile de Mireille, avec son petit vichy et sa broderie parfaite, faisait penser à une inclusion de dentelle, le rouge du tissu étant complètement masqué par les points de couronne et les points étoilés.
Bravo Mireille… et pardon d’avoir oublié ton étoile chez moi !
En anglais, on appelle cette technique « chicken scratch » (mélange de graines pour les poules!), « snow flaking » (faire des flocons de neige) ou « Teneriffe lace » (dentelle de Ténériffe), preuve que c’est un art populaire dans de nombreuses contrées !
Ah que de belles rencontres on peut faire grâce au patchwork ! Je pense à vous tous/toutes rencontré(e)s la semaine dernière… La passion du patchwork qui nous unit fait que nous nous sentons sur la même planète !
Outre toi, toi et toi (vous vous reconnaîtrez !) que j’ai vus ou revus pendant le salon des tendances créatives de Toulousela semaine dernière, j’ai vécu avec Karine une rencontre extraordinaire ! Jeudi dernier, on a entendu soudain un bel accent reconnaissable entre tous : deux Québécoises étaient à notre stand, manifestement heureuses de nous trouver. Elles avaient préparé leurs vacances en France à partir des informations glanées sur internet pour rencontrer le maximum de quilteuses françaises !
Karine et nos nouvelles amies du Haut-Richelieu-Missisquoi, du sud-est du Québec
Elles se sont donc présentées, mère et fille, à notre stand France-Patchwork. Christiane Fleury (à droite sur la photo) est conseillère régionale-communications de la plus puissante association féminine québécoise qui frôle ses cent ans, « Les Cercles de Fermières du Québec ». Elles ne sont plus toutes fermières, naturellement… mais elles gardent un rôle prédominant dans l’amélioration de la vie des femmes et la transmission du patrimoine culturel et artisanal. Elles publient ainsi des livres-références sur la cuisine, le tissage ou le patchwork. Et comme elles se démarquent farouchement de la langue anglaise, elles parlent de courtepointe pour un quilt, de courtepointière pour une quilteuse… Délicieusement désuet pour les Françaises !
Voici leur livre édité sur l’art de la courtepointe
C’est dans le tissage qu’on peut trouver des traditions très particulières que ces « fermières » veulent absolument sauver, comme le « boutonné ». Ce n’est pas, comme je le croyais, la pose de boutons, mais la création de petites boucles (comme de mini-boutonnières) avec le fil de trame au cours du tissage, ce qui donne un surcroît de douceur et presque une impression de velours.
Voici un timbre canadien édité en collaboration avec les CFQ. Celui-ci représente un couvre-lit tissé d’une centaine d’années, aux bouclettes de laine qui accentuent l’impact des couleurs.
Naguère fermières, leur devise reste » Terre et Foyer » et toujours actives, elles s’auto-proclament « perles rares et cordons-bleus », mais ces femmes au grand cœur font aussi de nombreuses actions humanitaires d’envergure. Tous leurs centres d’intérêt sont dans leur magazine « Actuelle ».
Chère Christiane, j’espère que ton tour de France te mènera sur de beaux chemins de notre pays, jalonnés d’autres expositions de courtepointières françaises !
De belles rencontres se font dans les salons ! En avril 2012, Martine et Maïté ont eu le grand plaisir de discuter longuement avec Linda Koenig au salon « Pour l’Amour du Fil » à Nantes. Mes amies étaient envoûtées par ces quilts neufs à l’allure antique et leur style country sans prétention. Elles ont été surtout charmées par le grand sourire de Linda, sa disponibilité, son anti-conformisme contrastant quelque peu avec le classicisme de ses ouvrages… Linda Koenig est finalement bien dans l’esprit de notre Ruche des Quilteuses !
Revenue à la maison avec bien sûr le livre de Linda (publié par Quiltmania), Martine a été enchantée par la qualité du rédactionnel qui reflète si bien le caractère généreux de l’auteur. Celle-ci y relate son quotidien sans lourdeur, ses parti-pris, ses inspirations, son goût marqué pour la simplicité et plus généralement son goût de la vie !
Martine a plein de projets inspirés du livre de Linda, mais en attendant de s’atteler à un de ces grands ouvrages, elle a fait un superbe mini-quilt dans l’esprit de Linda :
Broken Dishes, Vaisselle Cassée, inspiré du modèle page 205.
Et pour l’accompagner, un « crazy » avec les restes de tissus :
Ces mini-quilts feront partie de l’exposition « Mini-quilts sur leur 31 » des adhérentes de France-Patchwork 31, exposés au Salon des Tendances Créatives de la semaine prochaine :
France-Patchwork y aura un stand ainsi qu’une galerie d’exposition, nous nous réjouirons de vous y retrouver !