Maisonnettes en folie

A Colomiers, nous avons joué aux architectes un peu fofolles vendredi dernier… et nous nous sommes bien amusées ! Comme dit mon fils, nous avons copié Numérobis, architecte choisi par Cléopâtre :

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Maison de Numérobis, dans le parc Astérix

Mais qu’avons-nous fait de si terrible ?bernadette mayr

Eh bien, nous avons suivi le style d’une de mes inspiratrices en matière de patchwork, Bernadette Mayr.

Cette femme innove techniquement dans les processus de coupe, souvent à main levée. Le charme du « pas tout-à-fait droit » opère chez elle, mais pas seulement ! Dans les prochains mois, je ne manquerai pas de vous reparler d’elle mais aujourd’hui, concentrons-nous sur un de ses modèles de maisons.

Ce sont des maisons faites en crazy (ou en déstructuré si vous préférez), ce qui en soi est original. Seule la répétition des blocs va donner pleinement du charme à ces constructions. Vendredi, c’étaient des essais d’architecture avec le B.A.BA de cette technique. Travailler ainsi en groupe, sans autre pression que de se faire plaisir, nous insuffle à chaque fois de l’énergie et une bonne humeur communicative !

Eliane & DominiqueMadeleine & Karine001

Une vraie ruche 😉

happy & crazy houses

Et voici le début d’une drôle de petite ville !
Le livre de référence est à côté. Il est en allemand, non traduit en français, contrairement au premier opus de B. Mayr que vous connaissez peut-être :

bern mayr

Procurez-le vous vite avant qu’il ne devienne introuvable, conseil d’amie !

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Le week-end ayant été pluvieux, certaines ont continué à construire chez elles.

mes 4 maisons

Si Cadet Roussel a trois maisons, Madeleine en a déjà… quatre ! 

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maison crazy

Coucou Katell,
En attendant la délivrance du permis de construire un petit lotissement, je t’adresse en photo mes maisons témoins 😉
Brigitte

maison crazy1

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Si ces maisons follement déstructurées vous dérangent, je peux le comprendre aussi. Pourtant je leur trouve un côté déjanté bien amusant qui renouvelle le patchwork (= travail de pièces), c’est à mes yeux une évolution très intéressante qui ne m’empêche pas d’apprécier toujours autant le vrai beau traditionnel.
Pour rester dans le thème, allez admirer le quilt de Marie Claude Tsuruya : ses 366 maisons scrappy adorables sont maintenant quiltées !
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La fête de la Saint-Martin

Le 11 novembre est une date que tout le monde a en mémoire pour honorer les morts de la première guerre mondiale, car c’est la date de la signature de l’armistice.

armistice

Quelques titres de la presse du 11 novembre 1918

Hasard du calendrier, le 11 novembre est la Saint-Martin, naguère grand symbole de la vie paysanne en Europe. C’était la date-repère de la fin des travaux dans les champs, au même titre que la Sainte-Catherine du 25 novembre était le repère des plantations, jour où « tout bois prend racine ». Le 11 novembre était un jour très festif avec pléthore de mets bien gras !

Saint-Martin (317-397) est un personnage à la vie incroyablement riche et surprenante ; impossible de démêler légende et réalité, toujours est-il qu’il a une grande place dans l’histoire populaire de notre continent. En France, au XXe siècle, on a beaucoup gommé les anciennes fêtes (par modernisme effréné ? par laïcisme ?) mais ici et là refleurissent les fêtes de la Saint-Martin dans de nombreux endroits. C’est près des frontières du nord et de l’est de la France qu’on a le plus conservé les traditions, à l’image des pays limitrophes comme la Suisse, la Belgique ou l’Allemagne.

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Avec mes filles toutes petites en Allemagne, j’ai appris la légende allemande de la Saint-Martin, et surtout tous les ans je me promenais avec elles dans les rues de Hambourg, une ou deux fois par semaine pendant près d’un mois (fin octobre – mi-novembre), avec des lampions orange faits au Kindergarten éclairés d’une (vraie) bougie en chantant :

 » Laterne, Laterne, Sonne Mond und Sterne… »

et autres chansons que j’avais toutes apprises par cœur.

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Lors des grandes processions, nous avions un cavalier encapé qui ouvrait la marche, symbolisant Saint-Martin qui avait déchiré sa cape un jour de grand froid pour la partager avec un mendiant…

procession allemagne

Si le prénom Martin vient de Mars, dieu de la guerre (le père du saint était un officier supérieur de l’armée romaine), Martin et sa cape ont enrichi notre lexique avec le mot chapelle, la dynastie des capétiens, le martin-pêcheur, l’été de la Saint-Martin… Savoureuses anecdotes que je vous laisse découvrir dans le long article de Wikipedia.

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Bleu et orange, c’est toujours réussi !

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bougieA propos du chemin de table posté hier : si vous le faites, je serais très heureuse de recevoir une photo de votre ouvrage que j’éditerai dans ce blog début décembre avec votre prénom et, le cas échéant, un lien vers votre blog.

Merci !

katell(point)fp31(arobase)gmail(point)com

Le Chemin de Table de l’Avent 2013

Chose promise, chose due… Voici des explications pour faire un chemin de table sinueux original que j’avais fait pour une amie, réinterprété avec des tissus de Noël, mais mes couleurs sont un peu dissidentes : choisissez du rouge et blanc  si vous préférez plus de tradition ! Comme toujours, on peut imaginer de multiples variantes. Let’s go!

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Pour un chemin de table d’environ 28 cm x 75 cm comme l’original (celui fait au mois d’août, photo ci-dessus) , il vous faut 5 bandes de tissus coupés de lisière à lisière (110 cm environ) d’une hauteur de 6,5 cm. Je les avais disposées du plus clair au plus foncé. Comme je n’aime pas répéter à l’identique, j’ai choisi cette fois de faire une symétrie par rapport à la bande centrale et de ne pas couper mes bandes de la même hauteur.
Voici mes 7 bandes découpées et
 assemblées entre elles ainsi :

bandes cousues

Les bandes de tissus pour ce chemin de table sont coupés à diverses hauteurs : 3 cm (jaune), 5 cm (bleu), 7 cm (sapins) et 8 cm pour la bande centrale. Ici se pose la question qui tue : « c’est joli comme ça, je continue quand même ? »… A vous de choisir !

J’ai repassé les marges de couture exceptionnellement ouvertes pour mieux maîtriser l’assemblage ultérieur (faire correspondre au mieux les bandes).

Puis je vais découper cet ensemble en tranches avec un gabarit triangulaire fait maison. J’ai choisi d’utiliser le même que pour l’assiette de Dresde à 20 tranches, c’est-à-dire avec un angle de 18°. Pour le faire facilement, prenez une grande feuille, une règle et un rapporteur :002

Marquez 18° et également 9°, c’est le milieu de votre gabarit, ce repère peut vous être utile pour bien le positionner pour la première coupe. Vous pouvez aussi voir ici comment faire ce genre de gabarit pour l’assiette de Dresde. 

Si vous n’avez pas de rapporteur, imprimez cette photo ou prenez des repères directement sur l’écran sans appuyer : une marge d’erreur existe mais  l’important est d’utiliser le même gabarit tout au long de la coupe, non la précision de l’angle que je vous suggère. L’angle le plus aigu sera coupé pour faire une ligne de base : la mienne fait 2,2 cm. Si votre gabarit terminé est moins haut que votre ensemble de bandes ce n’est pas grave, regardez comment faire pour couper vos tranches :

gabarit1

Il faut d’abord bien positionner le gabarit : la base du gabarit au bord du tissu en bas, la médiane bien verticale. Si votre gabarit ne va pas jusqu’en haut, cela n’a aucune importance puisqu’il vous sert à positionner votre règle, rien de plus. Etant définitivement gauchère, je commence à gauche. Commencez à droite du pavé de bandes si vous êtes droitière !

gabarit2

gabarit3

La première coupe effectuée, on met le gabarit tête bêche (bord de 2,2 cm en haut), et ainsi de suite jusqu’à épuisement du pavé de bandes : vous verrez, c’est facile et rapide ! L’important est de toujours disposer la base de 2,2 cm sur le bord du tissu, une fois en haut, une fois en bas.

Une fois les bandes coupées, elle seront ensuite disposées 3 dans un sens, 3 dans l’autre pour former la courbe du chemin sinueux :

yuletide disposé

J’ai pu couper 14 tranches, cela fait 4 « pavés » de 3 tranches (4 x 3 = 12), je mets les 2 triangles restants de part et d’autre du chemin.

unité de 3

Détail : voici un pavé de 3 bandes cousues. Le chemin de table est composé de ces pavés assemblés tête-bêche.

détail dos

Détail du dos : les coutures entre bandes sont ouvertes, les coutures entre tranches sont rabattues.

YULETIDE cousuVoilà l’ensemble cousu. Cela fait un choc de voir que la longueur a tant diminué ! Si vous souhaitez allonger ce chemin de table, il faudra refaire une autre série de bandes, mais il mesure ainsi tout de même 75 cm de long pour 34 cm de haut.

ajout pavé de bandes

Etant donné que ma table est assez longue avec les rallonges que je mettrai à Noël, j’ai refait une série de bandes (50 cm de long cette fois) afin de couper encore 6 tranches, soit 2 pavés à ajouter et arriver à un ouvrage d’environ 110 cm.

sandwich

Le top, allongé maintenant de 2 pavés, est posé sur un reste de drap beige sur lequel j’ai thermocollé du molleton fin (Vlieseline à quadrillages thermocollants, référence : X 50).

quilting machineVient ensuite la mise en sandwich et le quilting que je fais à la machine, en points décoratifs, pour souligner les bandes. Double entraînement fortement recommandé !

détail finition à lamain

Il reste à terminer par un vrai biais de finition, pour mieux épouser les courbes. Je l’ai coupé d’une hauteur de 3,5 cm de haut, piqué à la machine sur l’endroit, cousu à la main au dos.

fini

Contrairement au précédent, je n’ai pas fait tout le tour avec le biais, j’ai commencé par finir proprement les côtés, puis j’ai mis le biais en haut puis en bas. Simple variante !

Et voilà ! Ces couleurs ne sont pas tout-à-fait dans la tradition de Noël mais elles apportent quand même un esprit festif ; l’Avent peut venir, je suis prête !

bougie

Admirez la bougie que je viens de recevoir d’une amie : je n’oserai pas la faire brûler jusqu’au bout, elle est « trop belle » ! Ne cherchez pas à acheter la même, elle est unique… Je n’ai pas demandé les secrets de fabrication pour conserver entière la magie de ce cadeau :-). Merci infiniment Christine !

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Ces tissus (sauf le jaune) font partie de la nouvelle collection Yuletide de Makeower.

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Petite précision : ce modèle est une création, bien évidemment inspirée, consciemment ou non, de choses vues ici ou là. Amusez-vous à le reproduire pour vous ou pour offrir ! Cependant, il n’est pas destiné à un usage commercial sans mon autorisation écrite.

Florence prépare Noël

Florence est une quilteuse rapide, je me souviendrai toujours du sampler de débutante qu’elle a entamé il y a déjà presque 10 ans dans mon cours… En trois mois elle a cousu tant de blocs qu’elle en a fait un couvre-lit ! Cet enthousiasme du début n’a jamais faibli et au fil du temps elle a acquis beaucoup de finesse dans son travail, toujours couplé d’une créativité débordante ! 

Vous souvenez-vous du Chemin de l’Avent tout blanc présenté par les amies du sud du département (les filles du vent du sud) ? Il a inspiré Florence qui gratifie cette année sa famille de calendriers inspirés de ceux-là :

Florence 1 Florence 2

Le tissu duveteux ainsi que ceux de Noël, aux motifs découpés, ont été trouvés au Bon Marché de Draveil, tout près de chez sa mère.

Florence m’a précisé : « J’ai fait 2 pères Noël pour chaque calendrier, un avec les bras en bas qui ‘’voyage’’ et un autre les bras en l’air celui qui arrive dans la cheminée et qui est content !!! » Toujours le goût des détails !

Bravo Florence et merci pour le partage ! Tu nous rappelles qu’il est déjà temps de préparer les fêtes de fin d’année…

De l’art textile dans un village du Tarn

Alors que le temps incite à coudre et broder au coin du feu (pour les chanceuses), alors que le temps engage aussi à se raconter les contes et légendes d’antan, voici dont venu le temps de penser au concours lancé par Cécile Milhau :

Contes et Légendes de la Vallée !

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Tableau de Cécile Milhau… qui pourrait bien vous inspirer un conte sur les mystères de la vallée !

Je vous avais déjà parlé ici de ce concours qui se concrétise à présent. Le projet est initié par un petit village et une petite association, « Les Amis du Château de Lacaze », mais Cécile espère, dans l’esprit de la Bourboule qui fut un temps le rendez-vous du crazy dans toutes ses formes, faire une belle fête autour des arts textiles le dimanche 29 juin 2014 à Lacaze dans le Tarn.

Toutes les techniques de crazy, d’embellissements, de broderies seront privilégiées ; les œuvres de format A3 seront classiquement composées de trois épaisseurs et seront traditionnelles ou contemporaines, individuelles ou collectives… Beaucoup de liberté donc pour une fête joyeuse du fil et de la couleur !

Pour obtenir le dossier d’information et d’inscription, il vous suffit de le demander à : 
cecile(point)milhau(arobase)free(point)fr ou par téléphone : 05 63 71 76 30  –
Date limite 1er mai 2014.

Parallèlement se tiendront des stages d’initiation à l’art textile proposés par une grande dame de la poésie textile : Ina Statescu. Dates : du 30 juin au 2 juillet 2014. Même adresse pour tous renseignements !

Une étoile des Pyrénées à la mode suisse

Mireille est une des quatre « filles du vent du sud », le groupe de quilteuses si sympathiques qui se réunissent du côté de Saint-Gaudens (31), au cœur du piémont pyrénéen. A chaque fois que je vais là-bas, il fait beau… mais que le vent souffle ! Alors c’est juste moi qui les appelle comme ça, Mireille avec Hélène, Nelly et Yolande, les bonnes copines du Comminges… Toutes quatre se réunissent régulièrement, parlent patch et de tant d’autres choses, au gré de la vie de chacune…

Aujourd’hui, c’est malheureusement alerte orange sur les Pyrénées : au vent s’ajoutent des pluies torrentielles… Bon courage les filles du vent du sud !

Pour le Salon de Toulouse, Mireille m’a confié fin septembre un mini-ouvrage accroché à un très joli ensemble en bois. Je ne l’ai pas laissé dans le carton avec les autres car il prenait de la place, alors il a trôné des jours durant sur mon bureau… tant et si bien que j’ai oublié de le prendre le jour de l’accrochage du Salon ! Il était comme chez lui sur ma table… 

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Bêtise réparée seulement deux jours plus tard. Cette Etoile a eu alors ses jours de gloire ! Elle attirait le regard des passantes, certaines connaissaient bien ce genre de jolies choses, d’autres ne voulaient pas croire qu’il s’agissait uniquement de points brodés ! C’est de la broderie suisse (de la broderie au fil de coton perlé sur du tissu vichy, les carreaux étant la base du dessin) et cette étoile de Mireille, avec son petit vichy et sa broderie parfaite, faisait penser à une inclusion de dentelle, le rouge du tissu étant complètement masqué par les points de couronne et les points étoilés.

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Bravo Mireille… et pardon d’avoir oublié ton étoile chez moi !

En anglais, on appelle cette technique « chicken scratch » (mélange de graines pour les poules!), « snow flaking » (faire des flocons de neige) ou « Teneriffe lace » (dentelle de Ténériffe), preuve que c’est un art populaire dans de nombreuses contrées !

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Perfection du travail…

Je te le rends la semaine prochaine Mireille !

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Des tournesols

Même si les tournesols de l’année sont à présent séchés et récoltés, j’ai envie de vous parler aujourd’hui de ces soleils des jardins. Enfant citadine, je ne connaissais des tournesols que les peintures de Van Gogh qui ornaient parfois des boîtes de chocolat ou de gâteaux. Culture naguère confidentielle dans notre pays, nous nous réjouissons de voir maintenant ces champs radieux… en espérant que ce sont des cultures respectueuses de la terre nourricière et des insectes butineurs.

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Si la culture du tournesol (pour l’huile) ne s’est étendue en France qu’à partir des années 1970, ces fleurs monumentales attirent depuis longtemps les jardiniers et Claude Monet ne pouvait y rester sensible : à Giverny il en poussait chaque année, et déjà à Vétheuil, dans son jardin précédent, il y en avait des rangées entières :

Le jardin de l'artiste à Vétheuil

Le jaune orangé des fleurs est idéalement complété par le bleu du ciel, des ombres et des poteries chinoises (« Jardin de l’artiste à Vétheuil », 1880)

Encore bien plus connus sont les tournesols en vase de Van Gogh, série de tableaux répartis dans plusieurs musées et chez de rares collectionneurs particuliers. On peut parfois jouer au jeu des différences tellement certains se ressemblent ! Mais la peinture vigoureuse de Van Gogh éloigne ces natures mortes des simples représentations décoratives, on peut deviner  avec ses fleurs à tous les stades de maturité une allégorie de la vie…

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Vous pouvez lire ici l’article d’une guide de Giverny comparant les bouquets de Tournesols peints par Monet et Van Gogh.Van_Gogh_Vase_with_Three_Sunflowers

Celui-ci appartient à un particulier.

 Découvrons aussi aujourd’hui une artiste qui a rendu hommage à Van Gogh à sa manière : Faith Ringgold.

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Faith Ringgold, née à Harlem (New-York) en 1930, a toujours voulu faire passer ses idées via ses peintures et quilts.

Femme très connue aux Etats-Unis, elle fit partie de tous les combats des années soixante/soixante-dix pour l’émancipation des femmes et contre le racisme. Elle a également contribué à ce que l’art du quilt sorte des arts mineurs et soit considéré aussi comme une oeuvre artistique à part entière digne des plus grandes galeries.

Dans les années 90, Faith Ringgold a beaucoup ironisé sur le paradoxe de l’art moderne, en particulier le cubisme, parti de l’art « primitif » africain pour en faire de l’art « civilisé » occidental. Elle a fait aussi des mélanges de genres, utilisant des thèmes de peintres mondialement connus pour faire passer des messages propres à ses causes. Ainsi, les tournesols de Van Gogh sont-ils interprétés dans ce quilt :

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Cette « quilting Bee » dans un champ d’Arles (on reconnaît des maisons peintes par Van Gogh) réunit les grandes figures du combat des femmes afro-américaines sous l’œil bienveillant du peintre. Les couleurs de peau des visages répondent aux couleurs des tournesols. Quilt majoritairement peint mais aussi piécé.

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Thème similaire, celui-ci inclut tournesols (encore assimilés aux visages) et champ de coton, symbole de l’esclavage… et de la matière première du quilt.

Cette artiste est très connue des enfants car elle a édité des livres pour eux et ses tableaux/quilts sont souvent étudiés en classe tant pour leur technique que pour l’histoire qu’ils racontent.

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Les tournesols, plantes d’origine américaine, ont leur juste place dans les quilts. Ils poussent si bien dans les grandes plaines centrales du Canada et des Etats-Unis ! Le bloc traditionnel est le suivant :

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Bloc interprété par Becky Brown

Il fut proposé par Barbara Brackman en bloc du Grandmother’s Choice Sampler quilt, voyez ici l’article à ce sujet. Je l’avais interprété ainsi :

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Difficile à piécer ! Dans l’Encyclopédie des blocs piécés de Barbara Brackman*, il existe beaucoup d’idées de tournesols, parfois proches d’une assiette de Dresde ou d’une roue. Pour symboliser les tournesols, on peut aussi choisir un autre bloc, plus facile et néanmoins spectaculaire, comme cette variante de « the wheel of fortune » :

history repeated

Ce livre comporte plusieurs interprétations du bloc de la Roue de la Fortune, on en voit une sur la couverture en bas à droite. 

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Avec des couleurs ensoleillées on peut en faire un tournesol ! Qu’en pensez-vous ?

Pour finir, une belle réussite d’art classico-contemporain :

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Création de Jen Houlden, Canada. Vous pouvez lire ses explications pour faire ce superbe tableau ici.

détail Jen Canada

Un magnifique travail de patchwork et de « dessin » à l’aiguille-machine !

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*Ce livre est épuisé depuis 2011, Barbara a écrit ici un petit article à ce sujet. Il est à présent disponible en e-book. J’ai été bien inspirée de l’acheter en 2010 à la suite d’un article de France Aubert, bonne conseillère !


Conter ou compter fleurette

signature

Maïté vous intrigue-t-elle avec ce titre ? Avec un tel thème, vous imaginez bien des fleurs comme les marguerites qu’on effeuille (je t’aime un peu, beaucoup…) mais tout n’est pas si simple…
A partir d’un modèle de quilt édité dans Quiltmania (Flore de Catherine Gerbaud, n° 53), Maïté a pris au pied de la lettre l’idée de faire un mini-quilt dans les règles de l’art (= un quilt miniaturisé) pour l’exposition au Salon de Toulouse. Elle nous a donc fait la belle surprise de réaliser ce magnifique panneau :

con-mp-ter fleurette

Elle a dû compter les points et les fleurettes qui la séparaient de la fin de chaque bloc ! Tout est d’une finesse « à la Maïté », vous pouvez lui faire confiance pour la perfection de la réalisation ! Les broderies se mélangent aux appliqués avec naturel, chaque tissu est choisi avec grand soin, le quilting est agrémenté de petits boutons : tout est parfaitement pensé, ce qui rend ce mini quilt absolument adorable…

conter fleurette

Couleurs d’automne

potimarrons-octobre (1)

Dans toute sa splendeur, l’automne colore nos forêts, les champignons abondent, les chasseurs aussi (ça c’est moins bien)… et les quilts aux vibrantes couleurs sortent des placards !

The Q & the U - Jack o'Lantern

Ce quilt en lisières de la romancière-quilteuse canadienne Riel Nason me fait bien rire ! Retrouvez-la sur son blog.

chris' quilting universe

Ce quilt fut réalisé en 1997 par Chris qui, depuis, a confirmé son talent de quilteuse et artiste textile. Elle y dépeint l’ambiance à la fois excitante et inquiétante de la fête d’Halloween pour petits et grands…

Mon coup de cœur de la semaine va à cette page textile réalisée par Marie-Christine sous l’impulsion de Nathalie Dentzer :

carrément crazy-mola

Toutes ces couleurs ensemble sont un régal…

Tournefeuille,l'épouvantail du Jardinier

Tournefeuille, l’épouvantail de Maïté, vous souhaite de passer une bonne fin d’octobre avec ou sans Halloween !

La sirène apprivoisée

Pardon Marie-Christine si vous ne vous reconnaissez pas dans ce titre, mais vous rencontrer, vous et vos belles œuvres, avait pour moi un parfum d’océan, de petits riens glanés sur la plage avec l’odeur iodée persistante…

La faute à vos tableaux : votre don pour évoquer l’écume du temps et de la mer, votre imagination pour mettre en scène les coquillages, les cordages ou masses solides incongrues trouvées à marée basse lors de vos longues balades sur la plage… Plusieurs de vos œuvres exposées avaient aussi les couleurs changeantes qu’en Bretagne on appelle « glaz », ce fameux bleu-vert grisé de la mer et du ciel. Alors voilà, femme de l’océan, vous savez évoquer ce milieu comme si vous y viviez.

ecume Hourdebaigt

Evocation de l’écume du bord de mer, oeuvre textile de Marie-Christine Hourdebaigt

Je suis loin d’apprécier à sa juste valeur l’art textile moderne, mais le vôtre a eu une résonance en moi, j’ai apprivoisé un peu grâce à vous ce domaine qui m’est étranger.
Vous m’avez intéressée avec vos longs essais de teintures, chimiques comme naturelles, vos tâtonnements avec diverses plantes, divers tissus… J’ai compris votre envie d’intégrer tant de matières qui ont chacune un effet unique…
Nous avons partagé, France-Patchwork et vous, la même galerie lors du Salon des Tendances créatives de Toulouse ; partage apprécié par un public nombreux et justifié puisque vous êtes, comme la plupart des artistes textiles françaises, adhérente de FP ! Et au-delà de l’admiration que j’ai portée à vos œuvres est née de la sympathie entre nous. Merci pour ces moments -trop courts !

C’est Marie-Christine Hourdebaigt que j’ai rencontrée à Toulouse. Elle a fait également des œuvres aux couleurs très chaudes, et aussi des tableaux inspirés de maîtres japonais… Découvrez sa page sur le site Arts Up (site communautaire pour artistes) : vous verrez bien que ses inspirations sont beaucoup plus étendues et variées que celles de l’océan ! Je m’autorise cependant à garder d’elle cette image de fille de la mer…