Vous avez peut-être déjà vu des matelassages doubles où, non contente de faire un quadrillage, la quilteuse a doublé ses lignes pour un rendu superbe :
Quilt est richement matelassé (Tulpenquilt de Lucy, paru dans Quiltmania n° 76 en version française).
Vu de près, c’est encore plus beau :
Détail du Tulpenquilt, à voir aussi sur le blog Quilting with the Past
J’aimais tellement cet effet que, au moment de décider d’un quilting prestigieux avec Madeleine pour les Bouquets d’Hiver, j’ai repensé alors à ce quilt aux tulipes inspiré d’un modèle vieux d’un siècle…
Voici un des neuf blocs du quilt de Madeleine. Ici, pour cet ouvrage dépassant les 2,20 m de côté, l’écartement des lignes est de 0,5 cm et le quadrillage est de 5 cm.
Aucune formule magique pour ce travail intensif à la main où la régularité est primordiale. Madeleine traçait ses lignes au marquoir Hera de Clover, un des instruments utiles que je recommande toujours ! On est sûr que les marques du traçage partiront…
Et à la machine ?
Une vidéo postée récemment sur You Tube par Felisa Nakasawa* (souvenez-vous de ses maisons Minka) m’incite à vous parler des aiguilles doubles conçues pour nos machines à coudre. Elles sont paradoxalement peu connues.
*Vous pouvez visionner cette vidéo de Felisa Nakasawa : Twin Needles
Ce sont des aiguilles jumelles, avec un seul talon qu’on dispose comme une aiguille simple dans sa machine. Elles ont un écartement variable qu’on choisit à l’achat (on ne bricole pas l’écartement !). Les plus courantes sont celles à 2 mm et 4 mm d’écart. A noter qu’il existe aussi des aiguilles triples, mais il se pose alors le problème du placement de la 3e bobine sur une machine « normale ».
Deux aiguilles signifient une deuxième bobine à installer, deux fils à passer dans le circuit de tension : il faut impérativement vous référer à votre mode d’emploi, chaque machine ayant son système, mais ce n’est pas difficile.
Emplois multiples en couture : cela fait de beaux ourlets, en particulier sur les tissus jersey, on peut renforcer les coutures et les rendre décoratives (pantalons en jean), faire des nervures en glissant un cordonnet sous le tissu…
Mais que peut faire une quilteuse avec cette double aiguille ?
Ce petit tableau a été quilté avec une aiguille double (machine Pfaff avec double entrainement)
Plus grand, ce quilt est également partiellement quilté avec une aiguille double (les motifs sont en piqué libre).
Quel est le résultat ? Sur le devant, on a deux lignes piquées absolument parallèles qu’on peut facilement diriger pour les rendre sinueuses. Sur le dos, on a un zigzag. Si vous n’avez pas une machine électronique qui règle automatiquement la fonction « double aiguille », vous pouvez avoir ici des petits réglages de tension de canette à faire.
Quelles sont les précautions à prendre par rapport à une aiguille simple ? Très logiquement, on doit faire attention de ne pas tordre les aiguilles quand on veut tourner, on ne peut pas les planter et faire une rotation… A part cela, l’utilisation est étonnamment facile.
Ensuite, après un peu de pratique, on peut essayer le quadruple quilting !
Pour obtenir ce résultat, on peut essayer de bien repérer, avec le pied de biche ou la barre-repère, où faire le 2e passage de double aiguille pour avoir cet écartement parfait (photo Felisa Nakazawa Quilts) – Indéniablement, le quadruple piquage a de l’allure… mais je n’ai pas essayé !
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