Jolies souricettes, mais qui est la plus belle ?

Cela fait du bien de faire des choses pas très sérieuses, surtout quand la vie n’a pas été tendre les mois précédents. C’est le cas de Maïté qui ne jette rien et sa vieille veste en laine bouillie la narguait depuis un moment. Qu’à cela ne tienne, la voici qui s’offre une renaissance :

Maïté a préparé toute une famille de gentilles souricettes ! Il n’y en a pas deux identiques, mais qui est la plus belle ?…

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String quilts, anciens et nouveaux

Pour éviter toute confusion, laissez-moi traduire tout de suite ce titre qui peut sembler bizarre en français : nous n’allons parler ici que de quilts réalisés avec des bandes de tissus ! Le mot string veut dire ficelle, chaîne, corde… ou, comme ici, bande étroite.

Ces bandes sont si petites qu’on ne peut rien faire d’autre avec…
(quilt des années 1900, héritée par Wanda Pinter)
mais on note le soin de l’alternance entre les tissus clairs et foncés
pour un résultat harmonieux.

Même si les Log Cabin sont les quilts de bandes les plus connus, les string quilts ont aux Etats-Unis une connotation un peu différente car ils renvoient principalement à la première moitié du XXe siècle, avec des quilts utilitaires, presque de survie.

Quelles sont les principales caractéristiques de ces quilts anciens ?

C’est la nécessité d’utiliser chaque bout de tissu en perdant le moins de temps possible qui conduit à ces string quilts. Ainsi, les plus petites bandes de tissus seront sauvées. C’est aussi l’affranchissement des règles qui concernent les « beaux » quilts, dont les Log Cabin même, lesquels requièrent des bandes de hauteur régulière et de longueurs assorties et des centres bien carrés.

Agencement très populaire : des carrés couverts de bandes de tissus divers sont montés avec des bandes intermédiaires ; ici le montage est raffiné, observez les détails !

Pour ne pas perdre de tissu précieux ni de temps à recouper les tissus, une technique qui existait déjà a prévalu pendant les dures années de récession des années 30, surtout dans le Midwest et jusqu’à l’embouchure du Mississipi : la couture sur papier ou tissu. Non, elles ne s’amusaient pas à dessiner d’extraordinaires tableaux avec des animaux comme on peut l’apprendre avec Margaret Rolfe, mais elles utilisaient du papier journal, ou bien du tissu récupéré, pour avoir une surface à couvrir. Carré, rectangle, losange, tout est bon pour varier les modèles. Et donc, à la machine ou à la main, elles piquaient les bandes de tissus sur la fondation jusqu’à ce que cette dernière soit recouverte.

Pour rendre ce top plus chaud, on prenait parfois des quilts très élimés en guise de molleton. Pas question alors de quilter ceci avec de jolis petits points ; le matelassage se faisait le plus rapidement possible, parfois avec des noeuds  qui maintenaient simplement les couches ensemble.

On a redécouvert ces quilts témoignant de ces temps difficiles ; on sait ausi que des personnes continuent à faire des quilts utilitaires avec aussi peu de moyens, notamment en Alabama. Ils continuent d’inspirer des artistes américaines que j’aime beaucoup, comme LeeAnn de Nifty Quilts, Sujata à Root Connection,  Bonnie Hunter de Quiltville et tant d’autres… J’avais déjà écrit un article à ce sujet dans lequel on voit une époustoufflante étoile sur fond jaune conjointement faite par Victoria et Tonya Ricucci. Vous cherchez d’autres idées ? Rendez aussi visite à un blog de passionnées de string quilts

Superbe quilt  moderne dessiné par Denyse Schmidt

D’autres string quilts à la maquette souvent recherchée et au résultat parfois sophistiqué sont à votre disposition dans de nombreux livres ; allez, lancez-vous ! J’ai envie d’en faire plusieurs, mais le premier est presque fini avec des bandes particulières : des lisières. Oui, je récidive ! Promis, je vous le montre très bientôt.

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Les Moulins de la Ruche : ils volent au vent !

Vous souvenez-vous de ma proposition d’un modèle à géométrie variable, Les Moulins de la Ruche ?  Il est temps de faire un point sur leur avancement ! Quelques vaillantes quilteuses nous préparent de bien jolis quilts (voir les photos sur Flickr). Il y a en particulier  Lynne, du blog « Bouts Choisis »,  qui vient de présenter ici son top en tissus batik. C’est magnifique !

Pour ma part, j’ai déjà laissé filer la date d’anniversaire de ma soeur à qui il est destiné 😦 mais je vais commencer aujourd’hui son quilting avec ma machine à coudre. Grâce au talent de Nat qui a inventé pour ce modèle un superbe quilting (et avec sa permission bien sûr), je sais comment le faire, mais je manque de pratique, alors on verra bien… Je vous montrerai le résultat ! En attendant, voici le top qui vole au vent :

Il est accroché avec les moyens du bord… Il mesure 1,80 m de côté, donc pas si facile à photographier. Tissus majoritairement d’un Jelly Roll Blackbird Designs de chez Moda, mais aussi des Rouenneries (toujours chez Moda), des repros divers, un provençal et autres fonds de tiroir… Un méli-mélo comme j’aime !

Je me suis inspirée de lettres présentées sur une nappe dans le livre de Jacqueline Morel (Le Petit Monde de Jacqueline Morel, ed. Quiltmania) pour faire les lettres appliquées, à la manière des anciennes broderies des monogrammes.

Et le voici sur une botte de foin, pour vous rappeler opportunément que Béatrice (blog : Une aiguille dans une botte de foin) m’a beaucoup aidée à diffuser cette proposition d’ouvrage. J’espère que ces quelques photos vous donneront envie de continuer vos MDLR (Moulins De La Ruche), ou pourquoi pas les commencer : celles qui ont suivi nos conseils sont ravies de la facilité du bloc !… Et donnez-nous de vos nouvelles, c’est notre récompense ! Vous avez au choix nos blogs ou la galerie Flickr où il y a un groupe rien que pour nous, les quilteuses des MDLR, créé par Béa…

Pour ma part, rendez-vous quand je l’aurai quilté ! Je ne vous cache pas ma petite appréhension de faire un quilting machine pour un si grand ouvrage…

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Des Amish en Delaware

Le Delaware est le 2e plus petit état des USA et fait partie de la mosaïque historique du Nord-est, c’est la première ex-colonie à avoir ratifié la constitution des Etats-Unis. Ce territoire longe la côte ouest de l’estuaire du fleuve Delaware.
Les plus anciens bâtiments témoignent de l’établissement des Hollandais, puis des Suédois et des Anglais sur cette côte ; les premiers colons aux noms connus par tous les Américains vivèrent sur ce territoire : Peter Minuit, Peter Stuyvesant, William Penn… Dans ce contexte historique, c’est tout  logiquement qu’une communauté Amish vit dans cet Etat limitrophe de la Pennsylvanie, là où se trouve encore le plus grand nombre de fermes Amish.

Photo idyllique de la campagne du Delaware (du blog Amish America)

C’est Bonnie Hunter de Quiltville qui m’a donné envie de vous faire voyager vers cette communauté, elle qui vient de la traverser en fin de journée… Allez voir son reportage ici !

Nous sommes nombreuses à être fascinées par les Amish, avec une vraie attraction/répulsion envers leur mode de vie et leurs croyances, l’envie d’une vie « simple et vraie » mais le refus par exemple, d’une condition féminine si rétrograde… Selon le blog Amish America toujours très bien documenté, la communauté du Delaware se réduit non en raison d’une désaffection des jeunes, mais à cause de la pression immobilière ! Leurs terrains, près de la ville de Dover, sont si convoités que tous les ans de nombreux Amish vendent leur ferme pour s’installer dans une autre communauté, souvent en Virginie ou au Kentucky. Ceux qui restent développent de plus en plus un métier autre que celui de la ferme, comme par exemple celui de menuisier : la demande de beaux meubles traditionnels et fonctionnels est en forte augmentation.

 

Et bien sûr, les femmes cousent de superbes quilts qu’elles vendent aux touristes !

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Si le monde Amish vous intéresse, je relaie l’information trouvée sur le forum France-Patchwork :

Demain mardi 24 avril sur France 5, deux reportages :
– 20h35 : Révolte chez les Amish
– 21h30 : Quitter les Amish
Simple info relayée, je n’ai aucune idée de la teneur de ces émissions !

Merci de me lire aussi fidèlement,

Katell, Quilteuse Forever

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Site de Jacques et Catherine Légeret, spécialistes francophones des Amish : http://www.quiltsamish.com/

22 avril et mes dépendances

Le 22 avril est, tous les ans depuis 1970, la Journée Mondiale de la Terre, pour que l’humanité se donne les moyens de préserver au mieux notre environnement naturel. C’est une cause qui me passionne depuis l’adolescence ;  je crois que le catalyseur fut pour moi le film Soylent Green* (1973), curieusement traduit Soleil Vert, un beau titre pour un film qui fit beaucoup réfléchir l’ado que j’étais ! J’aimerais faire un quilt avec ce titre, Soleil Vert, un jour l’inspiration viendra peut-être… Mais je n’arriverai jamais à la cheville de celui-ci qui pourrait si bien s’intituler ainsi :

Quilt impressionnant de Fumiko Nakayama**, dont le vrai titre est Twinkling Now (présenté au Grand Festival du Quilt de Tokyo en 2010). Cette Japonaise s’est appropriée la technique inversée, si chère aux Indiens Kuna qui cousent des Mola depuis le XIXe Siècle, et crée des quilts qui sont des hymnes à la couleur et la nature. Un article lui a été consacré dans le Quiltmania n° 60 (juillet-août 2007) : ses quilts étaient alors plus proches des Molas traditionnelles, aussi bien dans les thèmes que les couleurs. Je vous ai parlé de mon admiration pour elle déjà ici.

* Soylent green est dans le film une nourriture protéinée à base de soja, lentilles et algues vertes.
* *Photo empruntée à Be Mused, que je remercie !

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Autre très belle inspiration, le quilt tout juste fini d’une artiste canadienne, quilteuse et romancière :

Riel Nason célèbre cette année la Journée de la Terre en nous dévoilant un quilt en lisières recyclées pour figurer… le sigle international du recyclage ! Brillante idée encore ! N’hésitez pas à regarder sur son blog ses autres quilts : ils sont gais, colorés, malicieux… Happy Earth Day to you too Riel !

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Curieusement ce jour important, le 22 avril, est aussi pour moi le jour de grandes décisions dans ma vie… de manière spontanée. C’est-à-dire que le matin en me levant, je n’ai encore aucune idée de ce qui va changer ma vie. Ici je vais vous en dévoiler deux, rien que pour le plaisir 🙂

Le 22 avril 1986, avant mon petit déjeuner, j’ai décidé de résister pour une fois et ne pas fumer ma première cigarette de la journée ; après le café et une prise de conscience décisive, j’étais devenue une non-fumeuse dans ma tête. Dix ans déjà que j’étais dépendante… Les journées suivantes furent difficiles, les soirées encore plus… Alors depuis, presque chaque 22 avril, j’ai fêté cette victoire en m’offrant un cadeau : souvent une razzia dans un magasin de tissus !.. C’est meilleur pour la santé et pas pire pour le porte-monnaie finalement. Ensuite, j’ai encore fumé… mais seulement en rêve ! Dépendance, quand tu nous tiens…

Exactement aussi spontanément, pile l’année dernière dans la matinée (cette fois après le café), j’ai commencé à regarder nonchalamment comment se créait un blog. Je n’avais pas l’impression d’avoir grand chose à raconter, mais la fermeture du magasin où j’animais des réunions de patchwork faisait un grand vide… et dans la journée ce blog est né. D’abord baptisé Quilteuse Forever, je l’ai transformé quelques minutes plus tard en Ruche des Quilteuses pour y inclure mes ex-élèves que j’appelais mes Abeilles. La plupart ont appris le B.A. BA du patchwork avec moi et partagent ma dépendance à cette passion. Même si j’ai la part de la reine dans ce blog, elles sont souvent mon inspiration ou participent activement en écrivant des articles. Je suis heureuse qu’elles aient pris leur indépendance technique et artistique, volant de leurs propres ailes…

A présent, ce blog fait partie de ma vie et constitue même une forme de dépendance… et je rêve à de nouveaux articles la nuit !

Blog-Addict – J’espère quand même ne jamais en arriver là…

Chacune de ces décisions dites « spontanées » étaient bien sûr le résultat d’une lente maturation dont j’étais même pas consciente, mais ces 22 avril ont changé ma vie ! Bon, aujourd’hui, je crois que je me contenterai de décider spontanément de continuer à :

  • ne pas fumer 
  • écrire ce blog !

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Cette année le 22 avril 2012 est aussi jour de vote en France et ma décision est d’aller voter. Loin d’être une décision spontanée, c’est toujours pour moi l’expression de la chance d’avoir la liberté de choisir.  Alors pour éviter trop d’abstention je rejoins la proposition de Mrs. Bobbins : des isoloirs sympathiques !

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Bonne journée !

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Fumiko Nakayama, créatrice de Molas

Vous avez sans doute déjà admiré ces panneaux aux couleurs très vives dans des livres ou magazines ; les molas sont à l’origine des plastrons et dossards, faits par paire, cousus par des femmes indiennes Kuna (vivant sur les îlots au large du Panama).

L’origine en est un peu incertaine ; c’est un peuple qui vivait jadis buste nu, hommes et femmes, mais ces dernières s’ornaient de dessins géométriques à l’aide de teintures naturelles. J’ai lu un jour que des prêtres blancs les forcèrent à se vêtir, et par résistance ces femmes ont commencé à reproduire en tissu les dessins qu’elles faisaient auparavant sur leur peau désormais cachée… Origine vraie ou fausse, le résultat est devenu un art magnifique, glorifiant la Nature, leur vie quotidienne ou leurs croyances à l’aide de tissus vifs et unis. De nombreux livres passionnants ont été consacrés aux Molas, je n’essaierai pas de rivaliser ; sur internet, vous pouvez trouver un dossier francophone intéressant comme celui-ci dans lequel on croit aussi que ce sont des Blancs qui les ont fortement incitées à se vêtir… avec cette conséquence si inattendue !

On a aussi, ici par exemple, des explications  anthropologiques sur l’origine des Molas.

Mola incroyablement belle !

Quelles sont les caractéristiques d’une Mola traditionnelle ?

Elles sont tout d’abord cousues par paire, similaires, mais pas semblables, une pour le devant  (la plus réussie !) l’autre pour le dos de la blouse féminine. Leur dimension est de 30 à 35 par 35 à 40 cm  chacune. Les tissus choisis sont des tissus de coton uni, de couleur éclatante, y compris du noir, mais rarement du blanc et pas de couleurs pastel. Les toutes premières n’étaient que noires, rouges et orange. Les dessins sont symétriques, représentant leur mythologie, leur vie quotidienne, leur environnement ; les techniques utilisées sont principalement l’appliqué inversé, l’appliqué et plus récemment des embellissement en points de broderie (point de tige). Aucun espace n’est laissé libre !  C’est donc un panneau de tissus superposés, plus ou moins épais, jamais molletonné. Le matériel est simple : des cotonnades, du fil assorti, une aiguille fine et de petits ciseaux !

La Mola est donc, dans le monde des arts créatifs, un tableau qui utilise cette technique de superposition de tissus avec découpage, appelée appliqué inversé. Technique qu’on retrouve ailleurs dans le monde (notamment chez les Hmongs du Laos), mais jamais aussi coloré, aussi dense, aussi épais : cela peut devenir une vraie scupture avec 7 ou 8 tissus superposés ! Les Molas sont devenues objets de collection et souvenirs de vacances ! On peut trouver maintenant dans cet archipel des articles éloignés de la tradition, attention donc à vos choix ! Le travail est toujours bien cousu, mais le goût des jeunes couturières va parfois vers le synthétique, le lurex… Il faut souligner que ce revenu est vital pour leur économie locale et contribue souvent à l’indépendance financière des femmes, tandis que les hommes sont souvent pêcheurs.

J’avais déjà été émerveillée par les Molas présentées dans un 100 Idées de mon adolescence (n° 50), puis d’autres articles, des livres nous ont enseigné la technique pour reproduire  soi-même une Mola.

Puis un jour, un reportage dans le Quiltmania n° 60 éveille mon intérêt : une Japonaise fait des molas extraordinaires ! Il s’agit de Fumiko Nakayama, très connue au Japon. Elle fait des Molas depuis 40 ans maintenant et conserve des liens étroits avec des familles de cette partie du monde (cliquez sur ces deux photos ci-dessous pour agrandir)

 Elle a bien sûr commencé par des oeuvres très proches de celles du peuple Kuna, gardant les thèmes de la Nature tropicale, puis a diversifié peu à peu ses thèmes… et considérablement agrandi la taille de ses panneaux ! C’est sur Flickr sans doute que vous pourrez admirer le plus grand nombre de ses oeuvres récentes : elle expose en effet tous les ans au Festival International du Quilt à Tokyo et chaque année on peut admirer les albums-photos de Jan (son blog : be*mused) ou d’autres… Voici quelques références sur lesquelles vous pouvez cliquer :

Flowers of ForestTwinkling NowHappy Faces around the WorldWind of Mayet encore un… : photos de Jan, qui est également collectionneuse de Molas authentiques . A noter : pour éviter le pillage sans référencement des photos, Flickr permet de mettre des liens, mais plus de copier les photos. Prenez donc quand même le temps de découvrir ces merveilles ! Vous verrez l’évolution de son art, les derniers datant de 2011-2012.

Mais un chef-d’oeuvre trop peu connu de Fumiko Nakayama est une immense composition de 2 mètres sur 4 mètres :

Il fut offert par l’artiste en 2005  pour un centre chrétien de Londres, St Ethelburga (ici une meilleure photo sur Flickr : clic). Il est, paraît-il, en soie (à vérifier !), composé de 40 panneaux montrant 40 peuples du monde. J’aimerais tant le voir en détails ! Qui va bientôt à Londres pour nous faire de belles photos de cette tapisserie ?…

Fumiko Nakayama a écrit plusieurs livres sur son art ; l’un d’eux, édité la première fois en 2002, est actuellement disponible à la Couserie Créative. De nombreuses photos décrivent comment faire, mais comme le texte est en japonais il faut déjà avoir quelques notions de cette technique pour bien profiter des schémas ! On y trouve beaucoup de petits modèles, des coussins comme sur la couverture, des sacs, pochettes, tableaux… Mon modèle préféré est peut-être celui des trois femmes aux dominantes turquoise et chocolat car j’aime ces couleurs… mais tout est beau !

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Les cocottes de Pâques

A la suite de l’article de Marie-Claude sur sa venue dans la région toulousaine*, on m’a demandé les explications de mes cocottes de Pâques qui se baladaient sur la table… Il a fallu que je recherche dans mes archives, car mes décos de printemps datent toutes d’une dizaine d’années !

Voici mes cocottes en situation, autour d’un nid et en balade sur un mur. J’aime ce modèle aux formes tout juste évocatrices, leur rondeur qui plaît aux enfants… C’est pourquoi, à la place des boutons préconisés pour les yeux, j’ai juste fait un gros point de noeud, par sécurité.

La fiche explicative de cet adorable modèle est toujours en vente au Petit Comptoir, magasin bien connu à Toulouse, pour la modique somme de 5 €.

A peu près au même moment, j’avais suivi un modèle paru dans Magic Patch :

Ce tableautin faisait partie d’une longue série fort réussie sur les comptines françaises

Et si vous êtes en manque de nouveaux modèles de cocottes, sans hésiter cliquez ici et vous arriverez au blog de Daryl et Marina, Quilt Inspiration, le bien nommé : une multitude de cocottes, poulettes et poussins vous attendent ! Largement de quoi préparer les décorations de… Pâques 2013 !…

Ma déco de printemps, avec un quilt aux chats bien connu !

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*Vous trouverez un autre article sur cette rencontre entre les quilteuses occitanes et Marie-Claude Tsuruya  ici, sur le blog Le Patchwork sur son 31.

Au Jardin du Curé…

… Vous pourrez aller voir début juin une exposition de quilts, dont 15 de la Guilde Danoise, dans la campagne tarnaise tout près de Graulhet :

Cette affiche très originale, en tissu indien artisanal, a été imprimée d’un motif traditionnel grâce à une technique que vous pourrez apprendre sur place avec Jamie Malden (voir son site Colouricious). Mais attention, pour faire ce stage gratuit vous devez vous inscrire pour réserver votre place ! Sur le site www.lejardinducure.com/, cliquez sur « exhibition » puis sur le drapeau français pour pouvoir remplir un formulaire de réservation en français. Toul le matériel vous sera prêté (tampons et encre), vous pouvez venir avec votre tissu ou votre tee-shirt pour le customiser. Ensuite, libre à vous de broder, embellir votre oeuvre personnelle : cela peut être pour vous un premier pas vers l’art textile contemporain. N’hésitez pas à contacter Penny Roberts pour plus de renseignements !

A noter qu’à la place d’un droit d’entrée, on vous proposera un ticket de loterie (5€) qui vous permettra peut-être de gagner un des lots !

Dis-moi ce que tu collectionnes…

Chez les quilteuses, il y a une propension à collectionner les tissus, mais pas que…

Les objets de couture anciens sont le plus souvent très raffinés et sur de nombreux blogs on voit des merveilles chinées depuis de longues années. Réminiscence de générations de couturières au foyer ou professionnelles, nous avons des affinités mystérieuses avec ces témoins du passé.

Isa, Abeille du Vendredi Matin, coud à la main depuis quelques mois le Civil War Sampler. Bloc après bloc, il s’agrandit. Cette demi-journée avec nous est son îlot de tranquillité dans une vie familiale et professionnelle bien chargée !

Gamme volontairement restreinte pour ce Civil War Quilt en cours d’Isa

Et puis, en complicité avec sa maman, grande dentellière, elle chine de curieux objets…

Je lui laisse la parole !

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Dis-moi ce que tu collectionnes et je te dirai qui tu es !

Avec le retour des beaux jours, les « foires à tout » et  les brocantes en tout genre refleurissent… C’est à nouveau le temps de la « chine ». Et lorsqu’on a la passion de l’Histoire et du patchwork, il est difficile de ne pas céder à la tentation, de ne  pas « craquer » pour ces petits objets de  mercerie ancienne, oubliés dans les tiroirs, les greniers et les boîtes à couture de nos grands-mères….

Mais attention à ne pas tomber dans l’excès….. gare à la scène de ménage si vous décidez de peupler le salon de ces ( certes ) superbes machines à coudre mais néanmoins un peu encombrantes 😉

Personnellement , j’aime beaucoup les petits objets à l’instar de cette « cousette militaire ».

Réalisée en bois fruitier ou en bois de buis tourné  le plus souvent, la « cousette militaire » faisait partie du paquetage des poilus de la Grande Guerre . Elle servait de nécessaire à couture pour l’entretien de l’uniforme.

Mesurant environ 13cm de long, ce petit objet astucieux permettait d’entourer jusqu’à quatre sortes de fils différents autour des bobines de la partie supérieure. Le corps de la « cousette » est creux et se dévisse en 2 parties, l’une renfermait les aiguilles, l’autre un poinçon très utile pour percer le cuir des ceintures notamment . A l’autre extrémité, le bout arrondi pouvait servir à repriser . Un dé-bague ( absent ici ), enfilé sur le manche complétait la « cousette ».

 L’idée de la « cousette » a perduré longtemps puisqu’elle était toujours utilisée pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre d’Indochine et la Guerre d’Algérie, sous d’autres présentations.

Dans quelle poche a-t-elle trainé ? Dans quelle boîte à couture ? Au fond de quel tiroir ? Avant de finir en objet de collection… Emotion que les objets anciens véhiculent…

Isabelle

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Inspiration et création

Comment se renouveler dans le patchwork ? La question se pose lorsqu’on n’a pas envie de se lancer dans des ouvrages très modernes, qu’on peut se sentir au bout de quelques années un peu prisonnières des modèles classiques, tributaires des exemples des magazines aux nouvelles gammes de tissus tentateurs… et finalement envahies de tonnes de restes de tissus. A chacune de trouver sa bonne solution, la mienne est depuis longtemps dirigée vers le scrap-quilt qui m’amuse. Plus je mets de bouts de tissus différents venus de mes tiroirs mais aussi d’échanges entre copines, plus je suis contente !

Lorsque j’ai découvert les photos de quelques quilts de Marie-Claude (voir l’article précédent) dans le Quiltmania n° 57, je l’ai montré à mes élèves d’alors. Très vite Madeleine, qui finissait son 2e ouvrage, voulut faire un quilt inspiré de Marie-Claude, les Cubes Flottants.

Mais que faire ? Impossible de trouver ces tissus japonais soyeux, en voulant le copier on n’aurait qu’un malheureux ersatz et d’ailleurs l’harmonie sur fond indigo n’aurait pas convenu à l’intérieur de Madeleine. Alors, nous avons repris les restes de tissus de ses deux premiers quilts, à dominante verte, jaune, beige et feuille morte ; le fond s’est alors imposé : ce seront des tissus foncés divers : noirs, gris, bruns… Et voici le résultat, un quilt cousu dans la plus grande tradition, cousu et quilté main, inspiré par un autre quilt mais suffisamment personnalisé pour avoir sa vie propre :

Nous voici donc rassurées, les possibilités du patchwork sont infinies et nous permettront toujours d’exprimer ses propres goûts, d’utiliser des tissus qui nous racontent notre histoire… Et c’est tellement plus gratifiant d’ajouter sa touche personnelle à un quilt que nous mettrons des semaines à terminer !

Sentez-vous libres de faire ce que vous aimez, de modifier les modèles qui vous inspirent, publiés pour vous donner envie de faire du patchwork, vous motiver, vous montrer une voie… J’ai moi-même des difficultés à laisser pousser les ailes de la création qui m’éloignent d’un modèle qui me plaît déjà tel quel, mais ce sont ceux pour lesquels j’ai fait cet effort qui me tiennent le plus à coeur !

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