Bien sûr, nous avons toutes beaucoup de révérence pour les dentelles d’antan, ces fils si fins croisés avec une infinie minutie, à l’aide d’une aiguille ou de fuseaux, ou encore d’un crochet ou d’une navette. Souvent, on en a une idée surannée, pensant aux bandes arachnéennes jaunies par le temps, ou les sempiternels napperons des maisons anciennes… Nos vêtements tout comme nos intérieurs sont devenus plus sobres et la dentelle a perdu du terrain.
Tout comme dans le monde du patchwork, ça bouge chez les dentellières! D’ornement, la dentelle est devenue art textile à part entière.
Cela fait des années que je côtoie les dentellières du Sud-Ouest, mais cette fois-ci, avec Annie(Des Tulipes et des Coeurs, qui était à Toulouse) nous avons pu longuement discuter, surtout écouter Marie-Françoise Brunet, qui parle avec passion de son art et de son déploiement auprès des jeunes. Mais oui, les jeunes font de la dentelle, à partir de 4-5 ans ! Odette Causse, de l’association des Dentellières du Sud-Ouest, a créé une méthode ludique qui allie le coloriage aux petites dentelles en ayant testé chaque étape avec ses petites-filles et une de leurs amies.
Et voici une jeune demoiselle qui faisait une démonstration :
Mais que font les dentellières actuelles ? Comme nous quilteuses, elles s’amusent à faire des œuvres collectives :
Mini-napperons pentagonaux du club de Gagnac-les-Mines (Tarn)Poissons en dentelles, atelier de Lapeyrouse-Fossat (31)
Soleil irradiant d’amour ! Atelier d’Ondes (31)Difficile à photographier en contre-jour !Ce détail montre mieux l’esprit de cette étoile qui est un patchwork de navettes de toutes les couleurs.
Les photos des œuvres personnelles étaient assez difficiles à photographier en raison des vitres d’encadrement. En voici quand même, issus d’une magnifique série inspirée d’un peintre, graveur et verrier catalan, Francesc Fornells Pla, par des brodeuses de La Garriga (Catalogne espagnole). Les petites photos incluses dans les cadres montrent l’oeuvre qui les a inspirées.
Il y a là une vision révolutionnaire de la dentelle ! Comme moi, vous ne vous attendiez sûrement pas à voir une telle liberté de formes en dentelles…
Voici également le phénoménal travail de Nadine Galaup, « Le Mineur de Fond », d’après un tableau de Pierre Garcia :
Vous aurez d’autres surprises et découvertes si vous allez voir cette exposition !
Pour terminer, le sourire du Chat Inca :
Exposition des Dentellières du Sud-Ouest en cours jusqu’au 13 avril : Espace Bonnefoy – 4, rue du Faubourg Bonnefoy – 31500 TOULOUSE Tel : 05 67 73 83 60
Merci Annie, pour cette belle journée ensemble, j’attends ta prochaine visite à Toulouse avec impatience !
Chez mes deux filles il y a des quilts, des trousses, des pochettes que je leur ai offerts ou faits exprès pour elles, presque innombrables.
Un des récents quilts a trouvé sa place :
Chez une de mes filles, il y a des chiens… quatre (deux à elle, deux à son compagnon), ils sont très proches de la nature et cette forêt, faite de poésie et de récup de tissus, leur convient bien !
La Lune Blanchemontre aussi que je suivais ces derniers mois, sans le savoir, un peu les mêmes traces que Bernadette Mayr qui préparait son dernier livre. Elle utilise dans plusieurs quilts la technique de bandes multicolores recoupées comme ici, elle a aussi mis une pleine lune en vedette dans un autre quilt…
De plus , vous pourrez voir dans son livre un quilt figurant une belle falaise avec des mouettes, qui me rappellent deux lots faits avec les adhérents France Patchwork 31 (toujours fidèles aux ateliers pour suivre nos petites folies !!) pour la tombola de la première exposition de Fibre Occitane (avril 2016) :
Ces quilts ne sont plus chez moi bien sûr, ils ont été gagnés…
Bernadette a beaucoup plus de talent que moi, mais nous sommes bien de la même famille de quilteuses !
Pour toutes celles qui ont envie de partager des tissus et faire leur propre Charm Quilt, Marie-Christine organise un partage sur son blog, avec le même principe que celui qui a porté ses fruits en Haute-Garonne.
Alors n’hésitez pas ! Rendez-vous chez Marie Christine àCarrément Crazy, son blog!
Pour répondre à Liberty qui m’a demandé ce que je faisais avec des tissus Neelam, qui sont des étoffes venant directement d’Inde et bénéficiant d’un commerce équitable, tissus teints avec des pigments naturels et imprimés manuellement au tampon, voici quelques illustrations.
Liberty, voici une photo où tu as à la fois un sampler fait de tissus Neelam (sauf les tissus bleus entourant les blocs), ouvrage de la délégation FP31 à l’occasion des 30 ans de France Patchwork, tu as aussi un sac que j’ai fait et une splendide veste (celle que Kristine continue de porter l’hiver : tout le monde aimerait la lui piquer !!) :
J’ai terminé aussi un panneau imprimé par Dijanne Cevaal par un encadrement avec des tissus Neelam :
Comme tu le vois, Liberty, j’utilise les tissus Neelam comme n’importe quel autre, mais ils ont un charme inimitable, en raison de leur touche artisanale !
… Et bien sûr, il y aura des tissus Neelam dans mon Charm Quilt…
Un jour, j’ai reçu un gentil mail d’une personne qui voulait avoir quelques renseignements sur un quilt en photo dans le Simply Moderne n°5. Pourquoi à moi ? Parce que c’était un quilt de Gwen Marston et j’ai la plupart de ses livres ! Voici la photo :
Pour info, on peut voir ce quilt en particulier dans le livre Liberated Medallion Quiltmaking, page 38. Il y a la photo légendée, mais pas d’explications pour le faire. C’est clairement d’inspiration Amish avec presque tous les tissus unis, sauf le noir du centre qui est un imprimé très discret ton sur ton.
Différent mais dans le même esprit, Sujata Shah a créé son logo ainsi :
Infinies possibilités sur un même thème !
Christiane s’est donc inspiré de la photo pour réaliser un quilt pour une amie… Quel beau cadeau !
Pour convenir à l’intérieur de son amie, la couleur dominante est ici framboise écrasée. Christiane a bien respecté la liberté de coupe des tissus et a osé associer l’orange au rose vif… comme Yves Saint-Laurent ou Christian Lacroix !
Cerise sur le gâteau, oh pardon sur l’étiquette : Merci d’avoir partagé ce quilt avec nous Christiane, et bravo !
Dans deux semaines, c’est Pâques. Je n’ai plus de tout petits enfants allant chercher avec fébrilité les friandises laissées par le Lapin de Pâques (nous avons gardé la tradition allemande chez nous). Mais comme mon fils de 19 ans ne lit pas ce blog, je peux vous confier qu’on continue quand même la tradition… mais cela reste entre nous, chut !!
Un panier en osier fait l’affaire pour aller chercher ses chocolats et menus cadeaux dans le jardin, le matin de Pâques.
Un éclair d’enfance qui luit encore !
Je voudrais partager avec vous un adorable modèle de panier pour aller chercher les œufs en chocolat, pour que la fête soit plus belle pour les enfants :
N’est-ce pas adorable ?
Les tissus sont de la gamme exclusive Cottontail de Hawthorne Threads, vous ne les trouverez nulle part ailleurs. Le tissu est imprimé à la demande, je vous avais déjà parlé de cette forme d’impression par ici (2 articles). Vous avez tout juste le temps de commander ce tissu aux jolis lapins (délai de livraison : une semaine maxi) et de faire cette décoration utile !
Si vous souhaitez faire cette corbeille avec vos propres tissus, le tuto gratuit est chez Somewhat Simple, à arranger à votre guise. Bons préparatifs !
Je l’avais fortement espéré (le 14/01/2014en fin d’article),Quilt en Sud l’a fait : inviter Denimu ! Je dois maintenant l’appeler Ian Berry, de son vrai nom, car il efface à présent son pseudo. Je suis si impatiente de voir ses dernières œuvres en vrai, les anciennes étant toutes vendues, succès oblige !
Sleeping Alone, de la série Behind closed doors, une fabuleuse série à voir sur son site.Eunice Olumide, top model. Aura-t-on la chance de voir ce portrait à Biarritz ? On a l’impression de voir briller sa parure, c’est trop fort !!
Ce portrait fut dévoilé le 20 février dernier lors de la soirée SWITCH, organisée par Vivienne Westwood, en pleine Fashion Week de Londres. Le but était de sensibiliser à l’écologie, la réutilisation intelligente de nos objets et ressources (réutilisons nos blue jeans, même sans le talent de Ian Berry !) et tout particulièrement switcher vers une vie sans énergie fossile.
Ce qui est bon pour la planète est bon pour l’économie!
Mais Ian Berry sera en excellente compagnie, la présence de Sheila Frampton-Cooper m’enchante tout autant !
Elle serait peut-être lasse de voir que je montre toujours ce même quilt (voyez ici les articles précédents sur cette artiste), alors qu’elle en a fait tant d’autres… à admirer à Quilt en Sud, donc ! Et si vous ne pouvez pas aller à Biarritz, la semaine suivante elle sera à Aigu’illes en Luberon, une chance de plus de la voir ! Entre nous, nous aurons sûrement d’autres occasions de la rencontrer, pour notre plus grand plaisir : elle vit maintenant en France !
Voir sur leur siteune prestigieuse liste d’artistes textiles : le Sud, est comme ouest, est gâté cette année… comme toutes les années impaires !
Vous avez peut-être vu ou lu Sur la Route de Madison, assurément une des plus belles histoires d’amour de ces dernières décennies. Son auteur, Robert James Waller, vient de nous quitter (le 10 mars 2017). Né en 1939 dans l’Iowa, il écrivit son premier roman à 52 ans en 11 jours, et c’était le merveilleux Love in Black & White (en référence à son hobby de photographe et le métier de son héros) rebaptisé ensuite The Bridges of Madison County (les Ponts de Madison County). Abonnée alors au Grand Livre du Mois car, vivant alors à Hamburg, j’étais en manque de livres écrits en français, j’avais commandé ce livre dès 1993, Sur la route de Madison, et je l’avais lu deux fois de suite, remuée par cette divine parenthèse qui résonnait avec une belle histoire d’amour dans ma jeunesse… What if… Et si… La vie est faite de choix et parfois on se demande où on serait avec un autre chemin choisi !
Première édition avec le premier titre, curieusement édité d’abord en Angleterre le 27/07/1992. Le livre a ensuite été traduit en 40 langues et vendu à 60 millions d’exemplaires.
J’avais peur de voir le film, de perdre la magie du roman, mais avec Meryl Streep et Clint Eastwood, le miracle a opéré.
Le film date de 1995 et ce fut, comme le livre, un succès immédiat ! Pour moi, une des plus belles histoires d’amour du cinéma…
Dans cette histoire, on parle de ces curieux ponts couverts. Les premiers virent le jour en Suisse au 12e siècle, puis il y en eut d’autres en Europe, puis en Amérique du Nord. Les toits aident à protéger les structures en bois soumises aux intempéries. 825 ponts couverts sont répertoriés aux USA dans les contrées du nord-est et du centre des Etats-Unis !
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Autres constructions en bois qui jalonnent les mêmes campagnes, les granges. Depuis 16 ans maintenant, des granges de toutes sortes, anciennes comme récentes, les granges rénovées comme les croulantes, s’ornent de blocs de quilts peints sur un panneau accroché à leur façade. J’en avais touché deux mots par ici. Depuis, ce mouvement a encore pris de l’ampleur et gagne du terrain !
C’est Betty (les Pine Cone quilts !) qui m’en a récemment reparlé car elle a suivi en janvier, pendant plusieurs jours, le Barn Quilt Trail de Floride. C’est un circuit organisé pour voir toutes les peintures de granges dans un coin du pays, l’occasion de profiter de la campagne et suivre les chemins de traverse, et de faire vivre les endroits reculés grâce à ce tourisme vert.
Ici le bloc de l’Etoile de l’Ohio est peint directement sur les planches de la grange, exercice difficile réussi par Scott Hagan(voir ici)
J’ai recommandé le livre qui suit à une amie préparant, avec deux autres amies quilteuses, un beau voyage aux Etats-Unis, espérant qu’il les aiderait à se décider pour tel ou tel Etat à privilégier, en dehors des étapes déjà prévues :
Curieuse, je me le suis offert aussi.
J’ai déjà lu beaucoup d’approximations et même de bêtises concernant ces granges décorées de blocs de patchwork peints. Ce livre remet tout en place. Dans l’introduction, on a l’entière histoire, la « vraie » puisque c’est Donna Sue Groves elle-même qui l’écrit. Donna est celle qui a inventé ce concept.
C’est venu d’un jeu d’enfants quand sa famille faisait des voyages en voiture, du temps où il n’y avait ni smartphone, ni DVD, ni console de jeux pour tenir les enfants tranquilles. Ils allaient souvent rendre visite aux deux grands-mères vivant à la campagne, toutes deux quilteuses par ailleurs. Pour calmer les enfants, les plaques d’immatriculation ne pouvaient aider, ils étaient invariablement de Virginie Occidentale. Alors la mère a inventé un jeu avec des points : qui, de chaque enfant, aura de son côté de vitre le plus de granges qui donnent des points ! Selon la forme des granges, on gagnait un certain nombre de points. Certaines, ornées de panneaux publicitaires, donnaient 3 points et même 6 points si les gamins réussissaient à lire les mots. Les granges rouges donnaient 2 points, les blanches minoraient de 2. C’était un exercice de lecture et de calcul, mais aussi un intérêt familial, le père s’arrêtant souvent pour en photographier.
Le temps a passé, Donna et sa mère ont emménagé dans l’Ohio, dans une ancienne ferme… avec une grange. Dès 1989, Donna souhaite peindre un bloc sur la grange pour sa maman tant chérie, évidemment une Etoile de l’Ohio. La vie a fait que les années ont passé sans concrétisation jusqu’à ce qu’elle scelle avec des amis l’idée de faire enfin sa peinture… et concevoir un circuit de granges également ornées dans le même comté de l’Ohio, l’Adams County. 2001 est donc le début de cette grande aventure qui devient LE projet de sa vie.
Plus d’un millier de granges ornées plus tard, le bilan est qu’une immense communauté de propriétaires de granges d’Amérique de Nord s’est créée, grâce à Donna. Elle a tant donné pour ce défi, a tant voyagé, s’est fait tant d’amis !! Le paysage de la campagne a vraiment changé depuis 2001, les granges ne sont plus démolies mais consolidées pour pouvoir au moins accueillir un tableau de bloc de patchwork…
Cependant la vie, tissée de tout ce que nous faisons et rêvons, ne tient parfois plus qu’à un fil. Donna a eu un cancer du sein il y a une bonne dizaine d’années et ce n’est que grâce à cette formidable communauté, ses dons conséquents et son soutien moral, qu’elle a pu se faire soigner et qu’elle vit encore.
Tout le reste du livre est écrit par Suzi Parron, une nomade en motorhome qui, inlassablement avec son mari et son chien Gracie, sillonne l’Amérique. Ensemble ils ont suivi une grande partie des Barn Quilt trails.
Toutes leurs possessions sont dans le motorhome, avec une voiture, des kayaks (ils sont fans !) et des vélos :
Son récit raconte les belles rencontres, les émerveillements de la nature, les galères personnelles aussi, on y voit de nombreuses photos de granges aux panneaux peints… mais ce n’est pas un guide touristique et je ne suis pas sûre que ce livre aide mes amies à préparer leur voyage 😉 En revanche, vous avez ici une carte interactive: cliquez sur l’Etat que vous voulez, vous verrez s’il y a là un Barn Quilt Trail !
C’est l’Amérique que j’aime, celle où tout est possible, celle de la joie, l’optimisme et la gagne contre l’adversité, celle de l’entraide, de la convivialité, celle où on fait attention à son voisin. C’est l’esprit qui a construit cette nation, qui existe encore et est bien loin de ce qu’on voit ou entend aux actualités.
Je reviendrai prochainement sur le Barn Quilt Trail qui existe en Floride, prétexte pour vous parler d’une célébrité locale que m’a fait découvrir Betty… A bientôt !
Je le proclame haut et fort, j’adore le livre que je viens tout juste de recevoir ! Et pourtant il a eu du mal à arriver… Pré-commandé à la mi-février pour une livraison prévue au 1er mars, il n’arrivait pourtant pas. J’ai contacté l’auteur qui m’a répondu qu’elle l’attendait elle-même avec grande impatience ! A la mi-mars, enfin les livres sortaient des presses, prêts à être distribués. J’ai ensuite reçu un message d’Amazon stipulant qu’on n’avait pas trouvé ma boite aux lettres… Bref des contrariétés maintenant oubliées avec ceci chez moi :
Le septième livre de Bernadette Mayr est paru !
Même si vous avez ses livres précédents et connaissez son style, vous ne serez pas déçue. Bien sûr on retrouve ses habituelles coupes à main levée et à l’œil, sans gabarit ni règle. Comme c’est le genre de patchwork qui me fait vibrer, je suis bonne cliente mais aussi prête à être critique si c’est trop du déjà-vu. Heureusement Bernadette Mayr sait encore nous surprendre, nous donner les fourmis dans les doigts, tout en reprenant ses techniques favorites qui collent à son style ou ses tissus chouchous comme les rayures ou les pointes de noir & blanc qui font de chaque quilt une œuvre « signée ».
Dans ce livre comme dans les précédents, c’est la Nature qui l’inspire ; on ne peut lui en vouloir, c’est la meilleure inspiratrice !
Le plus moderne, le plus différent de ses autres quilts est sans doute La Feuille de Ginkgo. En matière de modernité il est talonné par le quilt des Coquillages des Mers du Sud. Le plus facétieux, sans aucun doute Les Robots. Le plus crazy est Blaue Ringe, le poulpe aux anneaux bleus, un des animaux les plus venimeux au monde qui sévit dans les eaux du Pacifique et notamment le long des côtes australes. Je vous rassure, le quilt est aussi beau que l’animal mais bien plus pacifique ! Le plus chaud est sans contexte le magnifique Volcan. Le plus poétique… eh bien j’hésite, il y en a plusieurs ! Que choisir entre les Nuées de Papillons, les mystères de la Forêt Tropicale, les Habitants du Jardin (des escargots), Les Fleurs de Glace ?… Je décerne le prix de la poésie à la Pleine Lune !
Coquillages des Mers du Sud
Papillons de NuitForêt Tropicale
Pas moins de 21 quilts expliqués dans ce livre. Je ne vous en montre pas plus, pour le plaisir de la découverte. Oui, je vous entends d’ici, c’est en allemand… Si vous trouvez un éditeur, je suis prête à le traduire l’année prochaine ! Mais comme dans ses autres livres les nombreux schémas sont très parlants, si vous avez un peu d’expérience dans ce genre de patchwork vous vous en sortirez…
Photos extraites du site de Bernadette Mayr, liste de ses livres ici : http://www.bernadette-mayr.de/buecher.htm. Ses plus anciens sont épuisés, mais guettez les Puces des Couturières, les sites de vente sur internet… On ne sait jamais !
Ces dernières semaines, le ciel était colère, nous lançant des trombes d’eau, nous soufflant des vents violents… Fin février, les vents ont endommagé ma ligne téléphonique au niveau du dernier poteau du chemin. Le temps de constater que Free ne pouvait rien faire, qu’Orange ferait mieux, et qu’Orange a effectivement pu intervenir -tout en nous prévenant que notre coin de campagne en cours d’urbanisation contient bien trop de dérivations… Bref j’ai survécu à presque quatre semaines sans internet, allant jusqu’au bout de mon forfait 4G de smartphone.
Ce ciel en colère a brutalement interrompu le flot d’articles sur la Ruche : cela vous a fait des vacances !
La Ruche des Quilteuses, Cécile Milhau, détail
Et un grand merci aux personnes qui se sont inquiétées… J’ai pu les rassurer, il n’y avait que des problèmes matériels !
Froufrou, le 17 janvier dernier, laissait un commentaire après l’article Une étiquette pour chaque quilt, signalant un roman parlant de quilts de Gee’s Bend : La Porte du Ciel de Dominique Fortier, édition Les Escales. Nous en avions parlé à la Ruche le vendredi suivant, personne ne le connaissait. Je sais que Pascale Genevée l’a commandé, attirée naturellement par le sujet. Et puis Kristine l’a lu et m’a confirmé que c’était un livre très documenté qui ne pourrait que me plaire.
Je confirme ! Bizarrement, la construction du roman rappelle un scrap quilt, sautant d’une histoire à l’autre, privilégiant les considérations de fond et les grands thèmes plutôt que la petite histoire. Si vous le lisez, vous serez peut-être déstabilisée par ce roman à la construction qui ressemble à ça :
ou ça :
ou encore ça :
Vous l’avez compris, ce n’est pas une histoire linéaire et traditionnelle, même si l’écriture est très soignée et parfois joliment poétique.
Les quilts ci-dessus sont tous faits à Gee’s Bend, dont j’ai raconté l’histoire dans cet article. Mais dans le livre, nous avons les pensées de ces quilteuses, un peu différentes de l’histoire officielle, et c’est fort intéressant !
On ne devine pas l’origine québécoise de la romancière, l’écriture étant académique… sauf lorsqu’elle utilise le mot courtepointe !
Elle nous fait d’abord vivre il y a 150 ans dans une propriété de Louisiane, quand les esprits s’échauffent et que le Sud veut conserver sa manière de vivre, avec maîtres et esclaves… La guerre civile couve puis éclate, et au travers de l’amitié entre deux filles du même âge que tout pourtant oppose (l’une blanche, l’autre mulâtre), chacune se rend compte du carcan qu’impose la société, à l’une comme à l’autre. Et on découvre par ailleurs des femmes cousant inlassablement des quilts improbables, dans un coin isolé de l’Alabama… Avec elles on suit les chemins de traverse vers l’émancipation, la liberté, le libre-arbitre, et toutes les résistances des uns et des autres.
Il est question de quilts, de cinq en particulier, photos que l’éditeur a bien voulu envoyer à Kristine (elles étaient en janvier sur le site de l’éditeur, il faut maintenant les demander). Alors rien que pour vous, les voici, afin de mieux profiter du roman ! Cliquez ici : Courtepointes de la Porte du Ciel. Les descriptions de ces quilteuses créant leur quilt, récupérant chaque bout de tissu pour leur donner une autre vie, y mettant toute leur histoire et leur âme, sont des pages que je n’oublierai pas de sitôt.
Attention, ce n’est pas un roman classique, l’auteure ne faisant pas grand chose pour qu’on s’attache aux protagonistes -en particulier aux deux filles dont l’amitié aurait pu faire une sacrée histoire- ni un roman historique, mais plutôt un patchwork de scènes piochées dans 150 ans de remous. On redécouvre de nombreux aspects de cette culture du Vieux Sud, avec son héritage compliqué, sa sociologie particulière… Mais quel plaisir de lire un livre dans lequel des quilteuses sont évoquées !
La Ruche des Quilteuses de Cécile Milhau a gagné le 2e prix ex-aequo du challenge des Abeilles proposé par France Patchwork l’année dernière. Elle m’a offert ce petit bijou vendredi dernier !
Cette nouvelle fera plaisir aux bénévoles du Projet 70273 : au QuiltCon, la plus grande exposition de quilts modernes qui a eu lieu en fin de semaine dernière à Savannah (Georgie), il y avait le Quilt #1 du Projet 70273 exposé en support de présentation :
Photo Lori East
Petit à petit, les Guildes apportent leur soutien en diffusant les informations sur le Projet, organisant des ateliers, des expositions… Le Projet devient également un support d’éducation pour la jeune génération.
N’oubliez pas que, outre les blocs, vous pouvez faire des Middlings (que j’appelle des Moyens autour de moi, par facilité, et qui sont d’une taille d’un fat quarter, soit 45 x 55 cm). Je vous montrerai le mien très bientôt.
Pour toute la France sauf organisation locale, l’adresse d’envoi est celle de Chloe Grice (voir la page du Projet). Pour l’exposition en Occitanie, j’accepte des blocs jusqu’à la fin de cette semaine, car nous avons besoin de temps pour les monter en quilts. Cependant, les Moyens étant offerts terminés, vous avez jusqu’à la mi-mai pour me les transmettre !