
Une artiste américaine fait actuellement un tabac auprès des quilteuses à la recherche de nouveautés : c’est Sherri Lynn Wood, qui vit à Oakland, dans la région urbaine de San Francisco (Californie). Elle commença très jeune à coudre et fit ses premiers quilts à la sortie de l’adolescence. Ses préférences allèrent très vite vers le mouvement de Gee’s Bend pour leur liberté de piéçage, de montage, de matelassage. Depuis 20 ans, cette artiste allie patchwork et spiritualité, création et thérapie, ce qui est une approche inexploitée en France. Son immense succès actuel vient du livre qui vient de paraître, longuement préparé en faisant participer de nombreuses quilteuses. Elle y présente ainsi des idées plutôt que des patrons, des conseils plutôt que des obligations : des encouragements à la découverte, vers des chemins inconnus…
Son domaine : les quilts improvisés
Cela fait bien longtemps que Sherri ne travaille plus avec une règle et des mesures précises. Son œil s’est affûté pour couper et assembler, et c’est un effort sur soi à faire si on veut suivre son exemple. Il faut réussir à se libérer de son anxiété qui est, selon Sherri, non pas une émotion mais un mécanisme de défense face à l’inconnu. Non seulement on gagne du temps, mais on exprime, par la coupe spontanée, sa propre énergie et son expression ; l’œil et la main prennent l’habitude de travailler ensemble ! Cela requiert de la pratique : une bonne raison pour commencer très vite… Ne plus utiliser de gabarit mène à mieux appréhender une construction, à transformer des accidents en intérêt esthétique supplémentaire.

Et puis ici on ne travaille qu’avec des tissus, ce qui en soi n’est pas si stressant que ça !! Il faut savoir relativiser l’importance des conséquences de ce lâcher-prise, avoir envie de laisser transparaître ses émotions, raconter des histoires, au lieu de se limiter à la reproduction d’un quilt qui nous séduit…

Les tissus véhiculent pourtant des ambiances, des impressions, de la mémoire, que Sherri sait mettre en valeur :


Parfois les quilts improvisés sont qualifiés d’agressifs : leurs coupes irrégulières, leurs tissus non assortis, leur manque de finitions… Vous changerez d’avis au vu de quilts de Sherri Lynn Wood :




C’est donc un livre très riche qui offre beaucoup de pistes, même s’il faut du temps pour entrer dans ce processus d’improvisation. L’avenir nous dira si ce livre trouve un éditeur français…
Vous pouvez trouver ici l’article d’Emma qui elle aussi est très attirée par les œuvres de cette artiste. A suivre !





























































