Le déstructuré va gagner du terrain

Ah mes lectrices, que vous me faites plaisir !! Nous croyions être un peu isolées, nous les Abeilles de cette ruche, dans notre enthousiasme pour le déstructuré à la manière de Bernadette Mayr ou des « quilteuses libérées » américaines. J’y avais succombé une première fois en créant Amazonia 2011 :

amazonia toulouse

Un sampler un peu fou, mi-figuratif mi-abstrait, en souvenir du voyage de ma fille dans la forêt amazonienne en 2011. Evidemment, nous allons bientôt voir les films qui sortent ce mois-ci  au ciné (Il était une Forêt, puis Amazonia) et nous avons lu le livre de Van Cauwelaert : Le Journal intime d’un Arbre…

Mon credo dans le patchwork est que la succession des blocs ne doit pas être monotone. Sauf dans certains cas comme les bicolores unis pour lesquels intervient une autre dimension esthétique, cela n’apporte pas grand chose de American Star Quiltjuxtaposer des blocs absolument identiques s’ils ne contribuent pas à un dessin général (comme la chaîne irlandaise). Ces quilts à effet prédictible sont trop conventionnels à mes yeux : à quoi cela sert-il de faire tant de blocs puisqu’en en regardant un, on les a tous vus ? Ici je montre un quilt quand même bien sympathique, mais j’aurais préféré plus de joie et de fantaisie, avec des variations de tissus ! Les quilts anciens ont justement souvent de petites différences d’un bloc à l’autre ou sont parfois carrément scrappy : ils ont tant de charme ainsi ! Voici des exemples de ce que j’aime, avec des blocs répétitifs :

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Ici bien sûr, c’est le bicolore dans toute sa puissance esthétique, j’adore !

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Peu nombreux sont les quilts en blocs réguliers identiques qui me plaisent : il faut, comme ici, un fort impact visuel qui le justifie !

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Top antique : les étoiles sont faits de restes, ainsi que les fonds clairs (en tissus de chemises). Il m’aurait semblé moins intéressant avec uniquement 3 ou 4 tissus utilisés de manière raisonnable.

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Même remarque que pour le précédent : les variantes de tissus donnent de l’intérêt à ce top.

Le déstructuré ajoute une autre variante au changement des tissus : c’est la taille irrégulière des pièces. Dans les antiques, cela se voit également, surtout dans les quilts dits humbles, utilitaires… mais ce sont ceux qui, usés jusqu’à la corde, ont le moins survécu à l’outrage du temps.

wonky 1880

Ce quilt extravagant date de… 1880 !

Les quilts modernes déstructurés sont ainsi une prolongation du patchwork traditionnel, avec des idées nouvelles de présentation, de tissus utilisés, bref une évolution en douceur. La cerise sur le gâteau est la jubilation de j’éprouve en faisant du déstructuré… ce que je constate aussi chez mes amies, car il n’y a plus autant de contraintes techniques !

Le quilt de Bernadette Mayr utilisant des maisons crazy-déstructurées dans son livre est celui-ci :

b mayr crazy houses

Je ne permets pas d’en faire un tuto, car le livre est toujours disponible à la vente et ce que je fais est directement « copié » de ce que présente l’auteur. Voici les maisons faites ces jours derniers dans l’ouest toulousain, dans les couleurs de notre pays  « de brique et de pastel » :

TOLOSA

Un travail de groupe très fructueux !

Pour finir je tiens à vous montrer le début de ville de Pascale F. qui a joyeusement été « plus loin » que nous dans la création :

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Attention, chef d’oeuvre en construction !

Alors promis, dans les mois et les années qui viennent, nous allons ensemble évoluer vers ce style de patchwork trop peu connu en France.

…Machen Sie mit ? Vous nous suivez ?…

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Un sac de créatrice

Sur des blogs américains, je suis tombée plusieurs fois en arrêt devant un sac à l’allure décontractée mais élégante, décliné sur tous les tons avec de délicieux imprimés, au mystérieux nom de code : 241 Tote… Sa forme est simple avec une découpe qui en fait tout le charme, des tissus contrastés pour en souligner la ligne, des poches extérieures décoratives : découvrez aujourd’hui le 241 Tote Bag de Noodlehead !

241tote

Un tote bag est simplement un sac fourre-tout, un cabas. La forme basique est la poche de coton, de lin, de jute (selon les pays) aux deux coutures de côté et des anses, sans fermeture en haut pour pouvoir aisément mettre et enlever les choses à transporter. C’est à peine plus sophistiqué que le baluchon mais si pratique !

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Avec l’effort de diminution des sacs en plastique, tout le monde réapprend a avoir avec soi un sac de courses. C’est l’apogée des tote bags avec toutes les décorations imaginables ! Ci-contre vous avez un sac en coton imprimé en France d’une expression encore plus connue des Anglophones que des Français : c’est un tote bag so French !

Les accessoires ont un jour ou l’autre leurs lettres de 562px-Burberry_handbagnoblesse ; ainsi le tote bag est devenu chic au courant du XXe siècle, quand les maroquiniers ont décliné cette forme basique avec des matériaux résistants comme des toiles enduites, du cuir… Ci-contre, un tote bag Burberry, symbole du chic à l’anglaise. Et comme vous le constatez, le sac plat est devenu sac avec un fond plat, plus volumineux, mais c’est toujours un tote bag !

Revenons à notre sac américain en passe de devenir, lui aussi, fort célèbre chez les quilteuses… Une galerie Flickr est consacrée au 241 Tote bag. Vous y trouvez là toute l’inspiration que vous souhaitez !  Le patron est en vente sur le site de la créatrice Anna Graham de Noodlehead en PDF : téléchargement immédiat après votre paiement par Paypal, donc ni attente ni frais de port… Très pratique ! Ce modèle est évidemment en anglais, mais si vous avez un peu de pratique, le patron et les photos sont suffisantes pour le réussir.

Pourquoi acheter un patron alors qu’il y en a tant de gratuits sur la Toile ?
Si un ouvrage me plaît tant que j’envisage d’en acheter les explications, c’est que la création est suffisamment originale, l’idée intéressante. Le tout-payant comme le tout-gratuit sont à double tranchant ! Alors profitons des avantages de la générosité des multiples tutos gratuits, mais que cela ne nous empêche pas de gratifier de quelques euros les personnes essayant de vivre de leur créativité ! Leurs fiches sont, sauf exception, d’une qualité éprouvée. De plus en plus de Françaises se lancent dans les fiches créatives, la plupart du temps très bien faites. Si vous avez la chance d’aller à SMM (Sainte-Marie-aux-Mines, Alsace) cette semaine, vous pourrez y rencontrer plusieurs d’entre elles.

Ce sac est facile et rapide à faire, même avec quelques fantaisies en patchwork. J’avais acheté à Quilt en Sud quelques coupons de tissus artisanaux à Neelam, c’était l’occasion de les mettre en valeur à ma façon :

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241côté

Et voilà, un nouveau sac !

 

Je n’aime pas le jaune

C’est un postulat depuis l’enfance, sans doute parce que brune à la peau claire, cela ne me va pas au teint ! Et pourtant… 

J’aime Van Gogh, ses champs de blé :

champ blé

et par-dessus tout sa Nuit Etoilée :

nuit étoilée

(reproductions de ma fille, alors 16 ans)

J’aime le BLEU, mais que serait-il sans un chaud rayon de soleil ou le scintillement des étoiles? Bleu et orange sont complémentaires et Van Gogh, dans ses lettres à son frère, évoque à plusieurs reprises la force créatrice en lui et le pouvoir de deux couleurs complémentaires ensemble qu’il compare à un couple :

Je peux très bien m’en tirer dans la vie et dans la peinture sans le Bon Dieu, mais par contre, je ne peux pas m’en tirer, moi, être souffrant, sans quelque chose qui soit plus grand que moi, qui est toute ma vie – la force créatrice… Je voudrais peindre des hommes et des femmes dotés de cet aspect d’éternel dont le symbole était autrefois l’auréole et que nous essayons d’exprimer par le rayonnement et les vibrations frémissantes de nos couleurs… Exprimer l’amour d’un couple par l’alliance de deux couleurs complémentaires, par leur mélange et leur contraste, par la vibration mystérieuse des tons se rapprochant. Exprimer le spirituel sur un front grâce au rayonnement d’un ton clair sur un fond obscur. Exprimer l’espoir par une étoile. La passion d’un être par un coucher de soleil éclatant.

et : Je veux utiliser des couleurs qui se complètent, qui se font briller mutuellement, qui se complètent comme un homme et une femme.

Alors un jour d’hiver bien gris, j’ai acheté chez le Suédois des rideaux jaune-orangé, tellement mis en valeur dans le magasin. J’ai gardé le paquet fermé plusieurs semaines, hésitant à les installer ou les rapporter ! J’ai finalement osé et parallèlement décidé de repeindre mon plafond en lambris de sapin devenu si foncé avec le temps… en bleu.

Les rideaux étant trop longs, j’ai profité de l’excédent de tissus pour préparer des embrasses (quel joli mot !) que j’ai voulu personnaliser par quelques broderies :

rideau

Début de broderie sur le lin jaune d’or. Ici sont réunis les outils indispensables : du fil de coton blanc, initialement acheté pour faire du sashiko, des aiguilles dans le précieux porte-aiguilles offert par Christine, des ciseaux, un dé… et mes lunettes of course.

J’ai suivi l’idée des cercles brodés glanée de ce livre :

mary norden

J’aime la plupart des idées de ce livre ! Edité en 1998.

Et voici le résultat :

embrasse

Un rayon de soleil dans la cuisine ! Et voilà les rideaux installés côté repas, les lambris devenus bleus… et les murs qui ont eux aussi retrouvé une nouvelle fraîcheur. 

coin repas

Les oiseaux sur leurs branches de noisetier tortueux* sont presque dans le ciel bleu !

C’étaient mes devoirs d’été, ouf terminés juste à temps pour la rentrée que je vous souhaite ensoleillée !

soleil

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*On ne voit pas bien les oiseaux sur cette photo, si vous souhaitez les retrouver voyez par ici (le tuto est au 3e lien) :

https://quilteuseforever.wordpress.com/2012/08/16/a-tire-daile/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2012/08/31/ouvrez-ouvrez-la-cage-aux-oiseaux/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2012/09/30/comment-coudre-un-oiseau-de-spoolsewing/
https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/05/13/oiseaux-et-abeilles/

Encore merci à Spoolsewing pour ce modèle ! Il en existe d’autres mais celui-ci est mon chouchou…

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Et finalement, imaginez un peu, je me suis acheté une robe d’été jaune d’or !

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Pour la Bergerie

Une de mes amies a sa maison familiale dans un tout petit village de l’Aveyron. C’est son havre de paix des fins de semaine et une bonne partie de l’été. L’air pur, la qualité de la vie y attirent depuis peu de jeunes couples, lassés de la vie stressante en ville. Quel plaisir de voir ces vieilles maisons à qui on offre une nouvelle jeunesse ! Chez mon amie, c’est la Bergerie, aux dimensions généreuses et aux murs de pierre séculaires, restaurée au fil des ans pour offrir à la famille et aux amis une grande pièce accueillante.

Cet été j’e lui ai confectionné un petit chemin de table original dans les couleurs qu’elle affectionne pour aller sur leur table dans la Bergerie. Juste avant de l’offrir, je lui ai tiré le portrait sur ma terrasse :

pour la bergerie

Cela ira bien mieux sur leur table rectangulaire ! Ses dimensions : 28 x 76 cm.

chemin bergerie

Pris à l’intérieur, les couleurs changent singulièrement… Le secret de ces ondulations réside dans la coupe. Vous choisissez 5 tissus, coupés de lisière à lisière d’une hauteur ici de 6,5 cm (c’est ici un reliquat d’un Jelly Roll, ensemble de bandes de tissus pré-découpés). On les assemble pour en faire un pavé. Puis on les coupera en trapèzes avec une règle originellement faite pour les assiettes de Dresde (voyez la règle « easy dresden » ici). Il faut alterner le sens des trapèzes, les couper tête-bêche tout le long du pavé. Ensuite, j’ai organisé les tranches 3 par 3 pour créer les ondulations.

Si ces petites explications ne sont pas suffisantes et que cela vous intéresse, je pourrai en faire un tuto avant Noël !

Bergerie

Addendum  ici le tuto promis : https://quilteuseforever.wordpress.com/2013/11/10/le-chemin-de-table-de-lavent-2013/

J’ai enlevé toutes les décorations de Noël…

… et la maison fait toute vide ! C’est vrai que le sapin prenait de la place et les quilts aux couleurs de Noël sont assez nombreux… Il faut donc choisir, parmi mes autres ouvrages, lesquels j’ai envie de voir accrochés pour quelques mois.

quadrille japonais

Le service à thé est prêt ! (quilt déjà vu dans le blog ici)

Ailleurs, c’est un appel criant au printemps :

L'Arbre des Savoirs - Katell

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Kannelle

Ma fille a consacré une partie de ses vacances d’été, l’année dernière, aux chiens de la SPA attendant d’être adoptés. Inévitablement, elle est tombée amoureuse d’une boule de poils abandonnée… Ses tons roux épicé m’ont inspiré le nom de Cannelle, vite orthographié Kannelle. Je ne pouvais pas faire plus plaisir à ma fille à Noël en préparant un tapis pour sa chienne :

tapis kannelle

C’est un quilt utilitaire qui sera souvent lavé, j’ai donc appliqué l’étoile au point de feston-machine, quilté facilement avec un point qui fait des vagues… mais j’ai tenu à broder à la main au coton perlé en couleurs pastel : A Star is Born – Kannelle – 2012 (date au centre de l’étoile, c’est à peine visible sur la photo).

Et puis, quand il sera trop machouillé, j’en ferai un autre 🙂

Kannelle

Kannelle à Noël, 8 mois

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Tapis très librement inspiré d’un fort joli modèle de housse pour Jules de Véronique Requena (dans son livre « le quilt mystère », éditions de Saxe, 2009). J’aurais bien pu copier « sa » phrase brodée : « a Home without a Dog is just a House »…

Matelassage en éventail baptiste

Dans le domaine du patchwork, certaines personnes déplorent l’emploi de mots anglais. Je compatis avec les quilteuses frustrées de ne pouvoir tout lire dans les livres américains ; il est cependant fastidieux de tout traduire systématiquement…

Coca-Cola at Quilting Bee : on ne peut plus américain !!

Mais dans tout apprentissage on apprend du vocabulaire ! Si vous faites de la voile, certains mots viennent du hollandais, si c’est du karaté vous apprendrez des mots japonais… En patchwork, nous apprenons quelques mots anglais. Certes, nos amies québécoises préfèrent parler de courtepointe plutôt que de quilt, mais par ces quelques illustrations je souhaite vous montrer à quel point quilter est une pratique sociale reconnue aux Etats-Unis. C’est vrai aussi que les Américaines anglophones ne s’offusquent pas lorsqu’elles parlent d’appliqué, mot en français non anglicisé ! Et puis souvenons-nous que le mot latin culcita signifiant matelas, coussin puis couverture, a donné à la fois l’anglais quilt et le français couette…

Tableau de « Grandma Moses », Quilting Bee, peint en 1950

Alors il me semble qu’on peut continuer à employer les mots en anglais puisque cet art a été largement développé aux Etats-Unis et c’est là que les choses ont été nommées : les noms des blocs, les outils, les techniques… On traduit ce qui l’est facilement (bloc pour block) et on peut garder les mots et expressions spécifiques (patchwork, log cabin, cutter et autres…). A chaque domaine sa langue dédiée ! Savez-vous quelle est la langue internationale pour la Poste Universelle ? C’est le français, auquel a été ajouté l’anglais seulement en 1994. Je l’ai appris lorsque ma cousine habitant en Suède m’envoya un « envoi recommandé » (écrit en français, tout comme la mention « par avion ») lorsque j’habitais en Allemagne. De même, en danse classique ou en escrime par exemple, les termes techniques sont en français dans le monde entier.

Quilting Bee – Fred Weaver  (gouache, 1969)

Ecrivant en « premier jet » le titre : Quilting en baptist Fan, dans ce franglais que comprennent quand même beaucoup de quilteuses francophones, je me suis dit que c’était un peu too much, alors je l’ai francisé, mais ce débat est finalement moins intéressant que le sujet lui-même ! Alors je vais continuer à écrire comme je parle…

Tableau de Bob Pettes – En vente en puzzle de 500 pièces !
Ces quelques illustrations de quilting bees montrent leur place dans la vie sociale américaine !

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Le quilting de mon quilt en dés est l’un des modèles les plus populaires de la fin du XIXe/début du XXe siècle aux Etats-Unis. Il fait partie des « overall », dessin qui se répète sur tout le top sans tenir compte du dessin du patchwork ou de l’appliqué. Pour nous, ce modèle a le charme de l’ancien ; pour les quilteuses de ce temps-là, il avait aussi beaucoup d’avantages techniques.

Tout d’abord, le dessin :

Ces cercles concentriques sont faciles à répéter, il en suffit d’un, dessiné par exemple avec une assiette ou un gobelet, qui sera répété en l’agrandissant ou le rapetissant selon un espace constant. Cet espace sera au choix : l’épaisseur du pouce, la longueur d’une phalange, la hauteur du dé à coudre… et puis le coup d’oeil de la quilteuse ! Il faut se souvenir qu’une fois les trois épaisseurs tendues dans le cadre à quilter, on ne l’enlèvera que terminé, on comprend alors que les dessins les plus faciles à suivre avec le minimum de marquage sont les plus populaires !

Ensuite le quilting en arrondi :

A cette époque donc, les femmes quiltaient sur un cadre fixe, souvent à plusieurs, lors des « quilting bees » (réunions d’abeilles quilteuses) et je crois que cela bourdonnait comme dans une ruche ! Ce dessin en quarts de cercles peut se commencer à plusieurs endroits à la fois, il est facilement ajustable et le quilting en ligne arrondie, qui suit le mouvement du bras, est particulièrement agréable.

Pourquoi s’appelle-t-il Baptist Fan ?

A fan est un éventail, bien sûr on comprend tout de suite en voyant le dessin. Baptist est une des branches du protestantisme, parfois on appelle ce modèle aussi  Methodist (autre branche du protestantisme) ou Bishop (évêque), l’appellation des Amish je crois. C’est tout simplement parce que les quilting bees se constituaient la plupart du temps au sein de la congrégation religieuse.

Une bonne raison supplémentaire de choisir ce modèle de quilting :

Avec le recul d’un siècle d’utilisation et d’usure, on se rend compte que les quilts matelassés ainsi restent plus longtemps intacts !! Les quiltings serrés qui ne tiennent pas compte des dessins du top sont les plus efficaces pour préserver les fibres de tissu du déchirement. Autres exemples de quiltings traditionnels conservant longtemps les quilts : les clamshells (motif des coquilles) et les croisillons serrés.

Ma méthode de marquage de ce modèle :

Je n’ai pas fait ce quilting de façon très spontanée, j’ai marqué mes lignes, intimidée sans doute par cet exercice nouveau pour moi. Munie d’un compas et d’un carton, j’ai dessiné ceci :

puis découpé chaque arc de cercle. Je l’ai fait en 2 exemplaires car je craignais l’usure des gabarits ! C’était superflu. J’ai fait cinq arcs comme le conseillait Bonnie Hunter ; un nombre impair dans ce cas est plus futé car on se retrouve du « bon côté » à la fin d’un éventail. Et puis, comme les fleurs dans un bouquet, c’est plus esthétique sans doute !

Photo empruntée à Bonnie Hunter, Quiltville. Son dessin montre comment on avance dans le quilting de ce modèle.

Mon outil de marquage sur le sandwich était le Hera marqueur de Clover, cet outil génial issu de la tradition japonaise. C’est une spatule à bord tranchant comme un couteau. Les authentiques sont en bambou, les nôtres en plastique dur, ils marquent le tissu en faisant un petit creux et en lustrant légèrement le tissu. Cela suffit largement pour ce genre de dessin ! Je marquais 3 ou 4 éventails à la suite, et même après une pause, je retrouvais facilement le dessin .
On peut détourner des objets pour marquer de la même manière : ainsi, un petit couteau à beurre, à la lame arrondie au bout, marque aussi bien le tissu qu’un Hera.  En revanche, les plioirs d’encadrements et de cartonnage n’ont pas la tranche assez affûtée. Une bonne prise en main est importante, le Hera est parfaitement ergonomique et donc imbattable pour cela !

Bien sûr, chacune a ses préférences de traçage (crayon, feutre, savonnette, craie…), je vous signale juste cette possibilité.

Voici une simulation sur mon quilt fini pour vous montrer la progression des éventails. Je n’utilise pas le plus petit gabarit du centre car j’utilise le n° 2 pour dessiner le 1er arc. On fait ces premiers arcs puis on quilte peu à peu l’ensemble.

Fil et aiguille

J’ai surtout quilté ce quilt aux dés avec des aiguilles « between Piecemaker n° 12 », agréables mais j’en ai cassé beaucoup ! Vers la fin de ce quilting, j’ai découvert les « Between Roxane n° 11 », je les préfère. Quant au fil, je prends le YLI (pour faire chic, prononcez ouaille-elle-aïe) 100% coton. Solide et même fibre végétale que le tissu, c’est parfait. J’avais quilté la plupart du temps avec un tambour, parfois sans mais avec un poids comme Yoko Saito… J’ai tout essayé, je trouvais ainsi le temps moins long ! Mais je suis impatiente de quilter avec la technique d’Esther Miller que j’ai apprise grâce à Patricia mais que j’ai encore peu pratiquée, je vous dirai quand je m’y mettrai !

Avancement

Le premier arc de cercle quilté, vous allez au plus près pour commencer un autre : ce sera soit à gauche, soit au-dessus. Puis, lors d’un changement d’aiguillée, vous pouvez entamer une autre direction. Les arcs se succéderont jusqu’au coin en haut à gauche. Variante : tourner tout autour et finir vers le centre comme le dessin de Bonnie Hunter (voir son article en référence ci-dessous). Tout est permis, c’est votre quilt…

Voilà, vous en savez autant que moi !

Références :

Quilting avec Patricia à la manière d’Esther Miller : articles ici et

Articles qui m’ont inspirée pour ce sujet :
http://quiltville.blogspot.fr/2010/05/questions-on-fans.html : évidemment Bonnie Hunter, pour le quilting spontané et la constatation que ce quilting préserve mieux les quilts !
http://minickandsimpson.blogspot.fr/2009/06/fuss-free-hand-quilting.html : Minick & Simpson, pour l’historique.

Vous êtes arrivée au bout de cette longue lecture ? Félicitations ! La prochaine fois que vous devez commencer un quilting, demandez-vous si le Baptist Fan ne serait pas, par hasard, une bonne idée !…

Katell, Quilteuse Forever

Mon activité favorite !

A tire d’aile

C’est à tire d’aile que s’ouvre la Ruche des Quilteuses après cette pause estivale, puisque je vais vous parler d’oiseaux !

Ce tableau de Matisse est évocateur de ciel, de mer, de voyage et de liberté…

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En juin dernier en Irlande, j’ai découvert de belles légendes comme celle de St-Kevin, ermite du VIe siècle qui préférait la compagnie des animaux à celle des humains. Un jour, priant Dieu les paumes tournées vers le ciel, un merle se posa dans sa main et… pondit des oeufs.

Sculpture de Tim Schmalz

St-Kevin resta des jours et des nuits immobile, l’oiseau couvant dans sa main, jusqu’à l’envol des oisillons ! C’est pourquoi ce Saint est toujours représenté avec un oiseau dans la  main. A Glendalough (« Les deux lacs »), région magnifique où vivait St-Kevin,  on fait une très jolie promenade aux nombreux vestiges catholico-celtiques et, au détour d’un chemin, on tombe sur cette petite statue qui semble toute récente :

Cette niche de granit résume l’essentiel : la tête à l’auréole, une main, un oiseau…

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« Bird-in-Hand » (oiseau dans la main), expression connue des Anglophones, ne se réfère pourtant pas à cette si belle histoire mais provient plutôt de la pratique ancienne de la fauconnerie :

et la phrase complète est : « A bird in the hand is worth two in the bush », ce qui équivaut à notre « un tien vaut mieux que deux tu l’auras »… « Bird-in-Hand » est même le nom d’un village touristique en Pennsylvanie, au coeur du pays Amish !

Pas étonnant donc que cette locution ait inspiré des quilteuses comme Renée Plains qui l’a prise comme titre de son livre consacré à des ouvrages d’esprit country… avec des oiseaux bien sûr. Il figurait dans la liste de mes livres préférés l’année dernière. J’ai craqué pour le modèle le plus simple, prêt en quelques dizaines de minutes :

 Pique-aiguilles dans des tissus de la gamme Indochine (Dear Stella) posé sur ma boîte à couture.

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Notre garage était au printemps une pouponnière à hirondelles qui virevoltent à présent dans le jardin, c’est un bonheur de savoir qu’elles se régalent des moustiques qui pulluleraient sans elles ! Ces ballets gracieux m’ont conduite à chercher d’autres modèles d’oiseaux en tissus. J’ai ainsi découvert de délicieux passereaux, tels que je les rêvais, aux couleurs d’oiseaux de paradis :

Charmant mobile d’oiseaux, réalisé par Spoolsewing.

 

Ne les trouvez-vous pas adorables ? (photos Spoolsewing)

Je viens de  commencer à coudre avec enthousiasme des oiseaux pour faire un mobile moi aussi. Le modèle est très épuré, tout juste évocateur de la ligne d’un passereau ou d’une perruche. Voici mes premiers bébés :

Quand ils seront accrochés à leur branche, vous pourrez voir leur ventre de couleur contrastée !

 Le modèle est offert par Spoolsewing ici. Quelques minutes sont nécessaires pour les coudre à la main et je vous assure que les enfants les adorent… Vous connaissez peut-être ce modèle car il n’est pas récent (il date de 2008), mais je viens juste de le découvrir… Allez-vous en coudre quelques-uns vous aussi ?

J’en ferai surtout des bleus qui me rappelleront les  Bluebirds, passereaux américains très populaires, de si beaux et joyeux gazouilleurs qu’on leur attribue la vertu de porter chance : 

Leur population décroît malheureusement, en raison des mono-cultures intensives.

Et pour quelques belles références artistiques sur les oiseaux bleus, allez faire un tour chez Mango qui tient un blog littéraire. Bonne balade !

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IQFOI – Expos « Yin & Yang » et « The Road less Traveled »

Yin & Yang

Dans la même salle que les merveilleux quilts japonais, cette expo était bien à sa place pour la « zénitude », mais malheureusement nous étions tous happés par ceux du Round Robin nippon… Un joli effet de lumière sur le sol, quelques beaux quilts :

The Road Less Traveled

Allons à présent dans un bâtiment de l’Université de Galway où j’aurais bien aimé étudier : celui consacré à la culture gaélique ! Il y avait même une salle mystérieusement nommée Black Magic… Etudie-t-on les grimoires pleins de formules magiques ? Frissonnons ensemble un instant et dirigeons-nous vers une salle où, comme ailleurs, les Quilteuses Irlandaises nous accueillent comme une amie… Quelle gentillesse ! Dans ce Festival, j’ai vraiment senti le plaisir de faire partie de la Communauté Internationale des Quilteuses, un lien de connivence nous relie toutes !
Cette salle abritait l’expo sur le voyage, parfois il fallait chercher longtemps le lien avec le thème, comme un magnifique DearJane… Voyage vers le passé ?… Je pense que le quilt gagnant sera un superbe médaillon plein d’étoiles… Je n’ai pas pu le photographier tant il y avait de monde ! Puis-je alors vous montrer quelques autres quilts exposés qui n’ont peut-être pas autant attiré l’attention ?

Cliquez sur les photos que vous souhaitez agrandir !
Oh mais que vois-je derrière ce très beau sampler au centre peint ?

Mais oui, le quilt que j’ai fait pour ma fille à l’automne dernier, en suivant la joyeuse émulation de Jo (voir les articles ici), a été exposé dans cette section ! Il n’a aucune chance de gagner car il ne correspond pas aux exigences d’un jury américain, mais je suis heureuse que cette sorte de scrapbook du voyage de ma fille en Amazonie ait été vu par des milliers de personnes 🙂

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La Ronde des Pétales

J’aime beaucoup le style de Kathleen Tracy, certes nostalgique, tourné vers le glorieux passé du patchwork traditionnel aux Etats-Unis, mais toujours harmonieux et attachant, il suffit de voir l’immense succès de ses livres, de son blog et de son groupe virtuel consacré aux mini-quilts traditionnels ! J’avoue trouver beaucoup de plaisir à participer aux discussions avec elle et ses fans.

Mais, contrairement à Kathy, je ne m’épanouis pas vraiment dans les mini-quilts, j’ai toujours envie d’ajouter des rangées, continuer le piéçage de peur sans doute que mon travail semble trop étriqué… Alors, j’aime copier Kathy en agrandissant ses belles idées !

J’avais commencé à coudre des Orange Peels* de taille mini, puis j’ai été séduite par un échange sur internet proposant ce même modèle en plus grand. L’aubaine pour étendre la variété de tissus ! Le modèle choisi est en couverture d’un des livres à succès de Kathy Tracy :

Ce mini-quilt est fascinant à la fois grâce aux arrondis qui se répondent, les nombreux tissus utilisés, la bordure à l’imprimé « vagues », un concentré de réussite !

48 blocs faits, expédiés, puis 48 blocs reçus d’autres quilteuses, puis un large complément rapidement cousus pour arriver à 100 Orange Peels, et voici mon top tout juste assemblé :

Le modèle de Kathy étant tellement joli, j’ai cherché à m’en approcher et ai trouvé un tissu lui aussi en forme de vagues qui complétait bien le centre. Puis j’ai ajouté des tulipes aux coins, ces fleurs si parfaites graphiquement qu’elles sont sans doute les favorites dans le monde du patchwork et de l’appliqué !

Je n’imaginais pas pouvoir trouver de temps pour le quilter à la main, j’ai donc fait confiance à ma nouvelle machine à coudre et me suis lancée. Résultat mitigé : les bordures sont très réussies mais le centre, c’est-à-dire le principal, aurait pu être bien mieux !

Vous avez ici un détail de la bordure ainsi que le dos fait de tissus bleus de tous horizons !

La Ronde des Pétales, un quilt idéal pour lire tranquillement dans un coin retiré du jardin, quand l’herbe de la prairie n’est plus que paillasse…

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*Orange Peel est le nom d’une famille de blocs rappelant un morceau de peau d’une orange découpée au couteau, comme si l’on suivait les méridiens du globe terrestre. Pour la petite histoire, ce bloc est aussi lié au Marquis de Lafayette qui, habitué aux bonnes manières à la Cour de France, épata un ensemble de notables à Philadelphia en coupant ainsi son orange à la fin d’un banquet en son honneur. Une jeune femme récupéra les quatre morceaux d’écorce et en fit un bloc à la gloire de ce grand homme !