La Fête des Mères n’est pas finie, voici pour les Abeilles un très joli cadeau d’Isa :
Très belle fête à toi aussi Isa l’Abeille !
Après avoir terminé son Sampler de Débutante, Madeleine voulait commencer un ouvrage différent, à la main. Je lui ai donc apporté plusieurs photos d’ouvrages qui m’avaient récemment « tapé dans l’oeil » qui devaient de préférence être montés à la main. A ma grande joie, son choix s’est immédiatement porté sur le quilt de Marie-Claude publié dans Quiltmania (un article lui était consacré dans la rubrique « Quilts et Intérieurs de Charme », n° 57). Le modèle, Cubes Flottants, est fait de tissus japonais, ce que nous n’avions pas à notre disposition. Madeleine a donc choisi une base noire au lieu de l’indigo et a joué avec ses tissus pour des effets de lumière.
C’est une belle réussite ! Depuis, Madeleine a considérablement agrandi son stock de tissus. Elle aime toujours les scrap-quilts (quilts faits avec beaucoup de chutes de tissus différents) mais fait aussi des appliqués de grande élégance. Rendez-vous bientôt pour la présentation d’un autre ouvrage !
…autrement, pour compléter l’article précédent dans lequel je souhaitais partager ma surprise que les couleurs n’avaient jadis pas la même importance qu’aujourd’hui alors que valeur et intensité avaient une place à leur manière.
D’un quilt se dégage une ambiance, une atmosphère générée par le modèle bien sûr, mais aussi par la tonalité des tissus de l’ouvrage. Les tissus que vous choisissez instinctivement ne seront pas les mêmes que votre voisine. Je ne veux pas « décortiquer » ici les notions de valeurs, d’intensité, de chaleur des couleurs de façon technique, juste vous donner quelques points de repère simples. Cette façon d’aborder les couleurs est toute personnelle mais a jusqu’à présent bien fonctionné auprès de mes Abeilles !
L’intensité, ou plutôt l’atmosphère du quilt
Je demande souvent quelle ambiance, quelle impression, quelle atmosphère vous voulez obtenir. Cela détermine, mine de rien, la catégorie d’intensité que vous souhaitez. Couleurs vives (pures), couleurs pastel (pures + blanc), couleurs rabattues (pures + noir) ? Pour simplifier les choses, je préfère jouer avec la notion d’ambiance qui convient bien aux quilts qu’on veut intégrer chez soi.
On peut avoir envie d’une ambiance dynamique, fraiche, vivifiante ou zen. On peut ici évoquer les fjords nordiques, des sommets alpins aussi bien qu’un village grec au bord de la Méditerranée. Toutes ces ambiances vont avec le BLANC PUR. Cela donne souvent des quilts qu’on trouve modernes, même s’ils datent du XIXe siècle comme les quilts bicolores blancs et rouges (ou bleus) américains*. De même, l’impression de modernité intemporelle au Japon vient des couleurs utilisées, en plus de leurs lignes épurées. Il existe beaucoup de correspondances entre l’esthétique d’Europe du Nord et le Japon, les deux m’ont toujours bizarrement attirée…
Les Impératrices du Printemps, de Katell (2000) d’après Setsuko Segawa . Même s’il y a des tissus aux couleurs chaudes dans le feuillage, l’impression reste fraiche et moderne avec les pivoines blanc pur.
Si vous préférez une ambiance plus chaude, plus feutrée, vos tissus iront avec l’ECRU, les tissus de style ancien (les « repros »), les couleurs rabattues (elles ne sont pas pures, mais saturées par une pointe de noir). Là, il faut savoir garder le chic, l’impression de confort et de chaleur au coin du feu… sans alourdir par trop de rusticité avec un excès de couleurs saturées. Même les couleurs dites froides comme le bleu peuvent convenir dans cette ambiance.
Toujours une dominante bleu-blanc, mais le bleu est « rabattu », le blanc est écru, le marron est brun, d’où une ambiance plus « ancienne ». Remembrance, Katell (2008), modèle de Suzanne Mc Dermott
Styles Country, anciens et modernes
Le style Country américain, que j’aime beaucoup aussi, est souvent typiquement axé sur ces teintes rabattues et des tissus de fond à base écrue, donnant une ambiance chaleureuse, surannée, rassurante. Depuis quelques années, il connaît un vif succès dans le monde du patchwork, grâce à la réédition de magnifiques tissus.
Il y avait auparavant une belle place au style « country-européen ». En France, nous avions de belles gammes de tissus provençaux, des « vichy »… En Angleterre régnaient les « Liberty » et Laura Ashley. Des quilteuses des Pays-bas avaient aussi développé un style country à « base blanche » et fraiche avec leurs tissus centenaires couleur indigo, rouge vif, jaunes et blancs. Ci-dessus, un modèle de Maaikke Bakker dans l’esprit du « Campagne contemporain » (Dans ma Cuisine, Katell). Supergoof est restée dans ce style très nord-européen, mais il se raréfie dans le monde du patchwork. Cette palette a été reprise par les jeunes quilteuses, assurément gaies et modernes, comme chez Red-Pepper Quilts ou Material Obsession mais n’ont plus le style un peu hors de temps du Country. Il faut plutôt aller voir du côté d’Anni Downs pour un style Country rêveur, modernisé et à base claire. Hommage ici aux dynamiques quilteuses australiennes !
La valeur, c’est l’idée du contraste entre les tissus
Dans toutes ces atmosphères différentes, il faut savoir jouer avec les valeurs, c’est-à-dire les contastes dans la clarté des couleurs, pour éviter un résultat « plat » ou confus. Vous le faites presque toujours sans y penser ! Reculez-vous, prenez de la distance pour savoir si vous avez assez de contraste entre deux tissus. On risque par exemple de se tromper quand on veut utiliser beaucoup de couleurs vives. Il sera forcément gai de près, mais ne sera une vraie réussite qu’avec des contrastes maîtrisés.
Photo empruntée à « La Chambre des Couleurs » – Stand de Piece o’Cake à Nantes (salon Pour l’amour du Fil 2011). Les couleurs sont oh combien importantes, mais les contrastes sont primordiaux pour le rendre magique !
Dans un autre style, les premiers quilts japonais « taupe » manquaient de contraste, ce défaut a été corrigé grâce à une bien plus grande gamme de tissus disponibles.
Expérimentez, osez aussi vous faire confiance… Jouez avec vos tissus !
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* En mars dernier, une exposition de 650 quilts bicolores (rouge & blanc) a eu lieu à New-York. Vous pouvez facilement en trouver de nombreuses photos sur Internet !
…autrement !
J’ai déjà proposé des stages sur la roue des couleurs, les accords, les valeurs, les intensités, les couleurs chaudes et froides… Cela vous rappelle quelque chose ? Vous avez maints livres à votre disposition qui vous expliquent très bien tout cela, en anglais et en français, appliqués au domaine du patchwork. Par exemple dans la communauté des quilteuses, nous admirons -ou détestons !- la gamme particulière de couleurs des quilts Amish : leurs tissus unis ont des tons majoritairement froids, intenses, sombres (restes de leurs vêtements cousus à la maison) et parfois des pépites de couleurs vives et claires. Ces couleurs sont dictées par leurs règles de vie.

Sunshine and Shadow, quilt amish traditionnel du comté de Lancaster en Pennsylvanie, exposé au Metropolitan Museum of Arts de New-York. On voit bien ici la palette majoritairement sombre avec des éclats lumineux qui devaient bien briller sous le pauvre halo de lumière d’une lampe à huile… Date approximative : 1940.
Si on sort du monde du patchwork et de l’art, je trouve très formateur de s’intéresser à la perception des couleurs au quotidien au fil du temps et des sociétés. Chez nous, à notre époque, nous avons accès à des nuanciers codifiés incroyables pour choisir la couleur d’une peinture pour nos murs ou nos volets, alors que pendant l’Antiquité grecque et romaine n’étaient utilisées que trois « couleurs-concepts » dans la vie quotidienne :
– le « rouge » (qui pouvait être aussi ocre, rose…) : c’était le concept du « coloré », du « teinté », de « chargé en pigments », ce qui renvoie à l’intensité de la couleur dont on parle dans nos livres de patchwork. La teinture principale était la garance, mais pas la seule.
– le « noir », qui était tout ce qui était non teinté mais sali, souillé, dont on a enlevé de la lumière, on y retrouve notre notion de valeur (imaginez une photo en noir et blanc…).
– le « blanc » qui est le contraire de chacune des notions précédentes : pur, sans pigment ajouté, ainsi que pur, sans tache ou salissure, sans lumière enlevée.
« Le noir, c’est le sombre, le rouge c’est le dense, tandis que le blanc est à la fois le contraire de l’un et de l’autre »*. Etonnant, non ? Le bleu, le jaune ou le vert n’avaient à l’époque pas d’utilité sociale, ni symbolique, on n’en parlait donc pas ou peu. A un tel point qu’au XIXe siècle plusieurs chercheurs en linguistique historique se demandèrent si les Romains et les Grecs avaient la capacité de distinguer la couleur bleue, tellement elle était absente des textes. On ne disait sans doute jamais « le ciel est bleu », mais « il fait beau » ! Pas de cécité à déplorer, juste un manque d’intérêt pratique. Le bleu était de fait associé « aux autres », d’une part à l’Orient qui utilisait déjà beaucoup l’indigo et le lapis-lazuli, et d’autre part aux « Barbares », avec ces Celtes qui enduisaient même leur peau de guède (=pastel) pour effrayer leurs ennemis ! « Nos Ancêtres les Barbares » germains et celtes teignaient d’ailleurs des tissus en bleu, mais le rendu était souvent grisâtre, loin des divines couleurs obtenues plus tard par le pastel des teinturiers (Isatis Tinctoria) poussant dans la région toulousaine. Quant à l’indigo d’Orient, il était bien trop cher pour les Grecs et les Romains. A noter que ces deux plantes possèdent le même principe colorant (l’indigotine) réputé repousser de nombreux insectes, aussi bien par les Asiatiques que les « Barbares ».
Ce n’est qu’à partir de l’an Mille que peu à peu, les autres couleurs, et surtout la bleue, suscitent plus d’intérêt, avec l’interraction des innovations techniques et l’envie de modernité, tant dans la représentation de l’Eglise et Marie d’un côté, que de l’aristocratie et la royauté de l’autre. Le Bleu, au fil des siècles, devient alors en Europe une couleur révérée, puis une couleur morale, romantique (l’habit de Werther) pour devenir -presque- une couleur neutre avec les uniformes, militaires (marins, gendarmes, policiers, pompiers…) ou même laïques avec l’omniprésent blue-jean ! Aux yeux des autres civilisations, le bleu marine est d’ailleurs devenu LA couleur de la civilisation occidentale.
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*Michel Pastoureau, Bleu, histoire d’une couleur, éd. Seuil – L’évolution de l’importance des couleurs, telle que je vous l’ai survolée ci-dessus, provient de ce livre. Si le sujet vous intéresse, vous ne serez pas déçue par sa lecture.
Sur les Amish : voir les livres écrits par Jacques Légeret, le meilleur spécialiste européen.
Etudes sur les couleurs : beaucoup de chapitres intéressants dans les livres de patchwork, ainsi que des livres entiers sur le sujet. Celui qui m’a le plus formée est « Scrap Quilts, l’art d’utiliser les chutes de tissu » de Roberta Horton, ed. de Saxe, je me suis approprié toute sa « philosophie » !
Chacune continue son patch de dés, j’ai vu lundi dernier celui d’Evelyne, très proche du mien dans l’esprit « récup » avec une dominante bleu-vert. Elle nous offrira une photo quand il sera quilté, à la rentrée sans doute !
Martine a innové en créant une très jolie bordure. Elle a trouvé des petits boutons en guise de fleurs et a finement brodé les tiges et feuilles.
Ici un des nombreux détails de la bordure si joliment quiltée et brodée (cliquez sur la photo pour agrandir)
Quant à Isabelle, notre Basque préférée, elle a choisi des batiks aux couleurs de mer, de sable, de surf, un vrai appel aux vacances ! Voici son message :
Eliane en revanche, n’a pas « accroché » à cette technique et n’aime pas le résultat obtenu par son premier essai. Peut-être un manque de contraste dans les valeurs ? Il est vrai que ce modèle est particulier et je vous ai incitées à choisir un gabarit petit qui réclame attention et endurance !
Celui de Madeleine, aux dés de 4 cm de haut, passe des vacances chez moi :
Et le mien ? Toujours en cours de matelassage !
Avec ce temps, le patio est idéal pour quilter !
Quilting en éventail, c’est la première fois que je l’utilise mais j’adore le résultat !

Aujourd’hui, je suis très heureuse de laisser Martine s’exprimer ! C’est une de ces Abeilles qui veut toujours apprendre, comprendre, partager… Qui croirait, en voyant tous ses ouvrages et ses connaissances, qu’elle n’a commencé le patchwork qu’en janvier 2009 ?…
Connaissez-vous Barbara Brackman ? Elle n’est pas vraiment connue pour ses quilts, mais elle en parle de façon magnifique et ce qu’elle nous en dit donne finalement du sens à nos travaux d’aiguille ! Cette Américaine est historienne du patchwork aux Etats-Unis. D’origine très ancienne, le patchwork n’est pas né aux Etats-Unis mais s’y est énormément développé d’une manière originale et connaît encore aujourd’hui un engouement important, on peut même parler d’un nouvel intérêt considérable !
Barbara Brackman a publié de nombreux ouvrages, dont le fameux « Encyclopedia of Pieced Quilt Patterns », une bible en quelque sorte où sont répertoriés plus de 4000 blocs classés selon leur schéma, avec la date de première parution, les divers noms attribués… Un autre de ses nombreux livres, le seul traduit en français, raconte l’évolution des tissus sur le marché américain, leur disponibilité, les progrès techniques, la mode : passionnant ! Elle est également styliste-créatrice de tissus de reproductions, chercheuse, visiteuse infatigable de musées et d’expositions… Pour suivre ses recherches et ses découvertes, allez visiter son blog généraliste.
Cette année, Barbara Brackman s’intéresse plus particulièrement aux quilts du 19ème siècle associés à la guerre civile américaine (1861-1865) qui fut un tournant majeur dans l’économie et la philosophie des Etats-Unis, puisqu’elle aboutira à l’abolition de l’esclavage. Sa démarche originale, ouverte et pédagogue, est de nous proposer sur un autre blog, « Civil War Quilts », l’histoire de cette guerre via les femmes et leurs ouvrages en patchwork. Nous pouvons chaque semaine, pendant toute cette année de commémoration, confectionner un bloc dont le nom évoque un épisode de cette époque. Nous apprenons ainsi l’Histoire qui se rattache à des blocs que nous connaissons « techniquement » puisque nous apprenons aussi à les faire. Il n’est d’ailleurs pas rare que ces blocs, dits traditionnels, ornent nos premiers samplers.
Mais le plus intéressant sans doute c’est qu’en nous parlant de ces blocs et des évènements auxquels ils sont associés, Barbara Brackman nous parle des femmes qui les ont conçus ou qui y sont liées. Ainsi derrière des modèles techniques apparaît une aventure humaine et féminine très riche. Chaque quilteuse connaît la charge symbolique et historique du fameux « Dear Jane » mais Barbara va plus loin en nous parlant de ces nombreuses femmes souvent anonymes, elle resitue ainsi leur rôle et leur donne une légitimité historique.
L’accès à cette connaissance historique nous permet de comprendre, sans doute, l’engouement du patchwork aux Etats Unis dont les racines se confondent avec l’histoire de la société américaine et son évolution.
Nous reparlerons du Civil War Quilt qui passionne plusieurs Abeilles !
A bientôt,
Martine
Dear Jane, Dutch Treat, SBS, CW, Nearly Insane….. et tant d’autres ! Devinez-vous ce qui se cache derrière ces appellations ? Une occupation qui monopolise des centaines d’heures, des années à vrai dire pour la plupart des quilteuses… Oui, ce sont quelques-uns des Samplers de Légende redevenus tellement attractifs depuis une dizaine d’années !
On peut traduire le mot sampler par « ensemble d’échantillons », « échantillonneur », ou plus littéralement « ensemble d’exemples » en s’appuyant sur l’étymologie (sampler vient de examplus en latin), c’est si long qu’on préfère s’habituer au mot anglais !
On peut associer un Sampler quilté à ce qu’on connaît bien en France, le marquoir des brodeuses. Enfant -ou jeune adolescente- la demoiselle apprenait jadis à tirer l’aiguille pour apprendre à faire tous les ouvrages qu’elle devra coudre dans sa vie, mais aussi à broder pour quelques embellissements et le marquage du linge. En effet, le linge était souvent confié aux lavandières, extérieures à la maison, et il fallait pouvoir trier le linge par famille, d’où les initiales des époux sur toutes les pièces de linge du trousseau ! En fonction de la famille, de la région, de l’appartenance sociale, cette petite histoire est plus ou moins avérée bien sûr. Pourtant des générations de jeunes filles vont apprendre à faire du point de croix en réalisant un panneau comportant un abécédaire, les chiffres, le nom de la demoiselle, sa date de naissance quelques frises décoratives… c’est ce qu’on nomme en général un marquoir. Il était souvent brodé au fil rouge, tout comme les marques de linge, la teinture à la garance résistant le mieux aux lavages. Un beau thème de collection !
De même, un Sampler était à l’origine réalisé par les petites filles -du temps de « La Petite Maison dans la Prairie » !- pour apprendre le b.a. ba du patchwork. Les mamans savaient bien que leurs filles devraient faire un certain nombre de quilts dans leur vie, en général très utilitaires, parfois de prestige ; elles savaient aussi que la qualité des points et de l’assemblage seraient vus et commentés par la communauté ! Un sampler est donc un quilt en patchwork dont chaque bloc est différent, afin d’apprendre les diverses techniques d’assemblage. La fierté étant engagée, l’envie de créer de la beauté étant également évidente, ces samplers de petites filles sont très touchants !
Schoolgirl Sampler Quilt de Kathy Tracy, édité dans son livre « Prairie Children and their Quilts », vu également dans son blog « A Sentimental Quilter »
Ensuite surviennent des samplers assimilables à des prouesses techniques et esthétiques, cousus par des femmes qui nous touchent aujourd’hui par leur créativité mais dont nous ne savons parfois presque rien… D’autres sont inventés par nos contemporaines, bien plus médiatisées ; nous avons ainsi pléthore de modèles à reproduire ou à interpréter librement. Ce qui est certain, c’est que tous ces samplers attirent inmanquablement le regard émerveillé de tous !
Voici LE sampler qui lança cette vague, le Dear Jane Quilt
Le drame du séisme couplé du tsunami au Japon n’a que deux mois, mais nous n’avons plus beaucoup d’informations au sujet des besoins de la population de cette côte nord-est dévastée. Les déblaiements se poursuivent, de nouveaux logements sont attribués tant bien que mal, les Japonais vont de l’avant car ils savent bien que ce n’est pas en se lamentant qu’ils vont arranger les choses. Dignité culturelle admirable…
Des milliers de quilteuses du monde entier participent à des élans de solidarité ; ici dans notre région toulousaine, les Abeilles ont également fait quelques quilts présentés par Callale sur son blog. Nous espérons de tout coeur que nos quilts seront bien offerts à ceux qui en auront vraiment besoin sur place.
Pourquoi tant de quilts similaires ? Pour le moment, nous n’avons plus de lieu de réunion depuis que « Le Grenier à Idées », le magasin de nos rencontres, a dû fermer. J’ai donc donné quelques instructions par mail et laissé chacune coudre chez elle. Il fallait un modèle rapide et facile, mais je souhaitais quand même en profiter pour introduire un détail technique nouveau pour les plus nouvelles. J’aimais bien le bloc Bento Box mais j’ai finalement préféré ce bloc simple et pourtant très graphique avec certains tissus à rayures en particulier. Il suffit de connaître le truc de la couture partielle ! La grosse différence avec un log cabin est que chaque rectangle entourant le centre est exactement de la même taille, d’où une grande facilité de coupe.
1er essai d’assemblage des carrés
Blocs avec couture partielle
On commence par coudre une bande et un côté du carré central mais on ne va pas jusqu’au bout (on arrête éventuellement avec quelques points arrière). Soit le carré est dessous, soit dessus, à votre guise.
Coudre en entier les autres bandes tout autour à la manière d’un log cabin.
Terminer en reprenant la première couture interrompue en se mettant sur la ligne de couture, quelques points avant la fin temporaire et coudre cette fois jusqu’au bout !
Ne vous inquiétez pas du sens de couchage des marges de coutures : dans un sens ou l’autre cela ne pose aucun problème !
Couture partielle (arrêtée bien avant la fin) qui sera terminée quand les 3 autres rectangles seront cousus.
Ma quilteuse hollandaise préférée a décidé de fermer son blog, cela me rend toute tristounette car elle a compté dans le choix de mes ouvrages, m’a personnellement encouragée à entreprendre le Sampler de Sylvia, m’a donné l’idée via son blog de faire un « quilt aux dés » que vous verrez « bientôt » quilté… Son style et son humour ont tellement plu dans la blogosphère qu’elle a peu à peu été envahie par des centaines de messages du monde entier, des demandes pressantes de modèles, photocopies, explications… et même quelques remarques acerbes sur sa lenteur à répondre… Bref elle prend le large, je lui souhaite de tout coeur bon vent et belle vie dans la tranquillité retrouvée ! Voici la photo qu’elle nous offre pour signaler son changement de maison et de vie :
Vous pouvez toujours vous promener dans son blog y découvrir les merveilleux quilts, toujours cousus tout à la main. Sa palette de couleurs, fraiche et claire, vous séduira j’en suis sûre.
France Aubert, la passion du patchwork
C’est en automne dernier que j’ai retrouvé France Aubert par le biais de son blog Passion Patchwork, le bien-nommé ! J’y découvre une mine d’ouvrages, des sacs, des pochettes, des tableaux en point de croix, etc. mais surtout de superbes quilts !
Un Jardin de Grand-Mère fort harmonieux
Que de beaux ouvrages ! France s’inspire du folk art américain, du meilleur, qu’elle déniche chez Blackbird Designs, Janet Miller par exemple, mais se ressource principalement auprès des quilts de tradition. Par exemple, les maisons, grandes et petites, sont un de ses thèmes de prédilection, ainsi que les étoiles de toutes sortes, les paniers, les tulipes, bref tout le petit univers des blocs aux infinies variantes qui constituent le plus beau du patchwork traditionnel.

Maisons d’Automne de FranceA, de nombreux tissus à carreaux ou rayures renforcent la chaleur de ce modèle. A noter l’union assez rare des bleus et des marrons que nous affectionnons toutes deux !
LA Quilteuse de Samplers !
Mais son genre préféré semble être, au fil du temps, la création de samplers. Elle les collectionne avec bonheur, recherche de belles harmonies, des thèmes de saison, toujours avec son style « Country chic » très minutieusement cousu. Regardez cet immense ouvrage :

Grand Sampler aux détails magnifiques et plusieurs blocs créés par FranceA, avec un montage selon la méthode « quilt-as-you-go », c’est-à-dire que chaque bloc est quilté séparément puis assemblé.
Dans d’autres couleurs, j’aime beaucoup celui-ci aussi, à une échelle fort différente :

Mini-quilt bleu-blanc-rouge-marron, un bel assortiment de tissus de reproduction et un adroit mélange de carreaux et de fleurs pour un air country frais et craquant
Actuellement, elle continue à coudre son Dear Jane, sampler historique dont je vous reparlerai, et participe, semaine après semaine, à l’aventure du sampler Civil War initié par Barbara Brackman, historienne du patchwork américain -un thème que j’aborderai aussi plus tard ! France a choisi pour cet ouvrage une gamme très douce de tissus réédités du XIXe siècle et c’est aussi pour elle l’occasion de relire des livres ayant trait à cette période, approfondir ses connaissances et généreusement nous faire partager ses découvertes.
France a tant d’exprience dans son domaine qu’elle crée des modèles, parfois des kits, vous avez sûrement déjà admiré l’un d’eux dans les magazines ! Ses explications sont toujours soignées, vous pouvez lui faire confiance, et vous pourrez vous adonner à la quiétude de l’assemblage à la main et suivre ses conseils avisés pour des finitions irréprochables.
Gage de qualité reconnue, FranceA expose cette année (enfin !) à Brouage, deux quilts d’un coup ! Ce ne sera sans doute pas la dernière fois… En attendant, allez musarder chez elle…

Une création de France A.
HAPPY QUILTING !