Passion Samplers

A la découverte de France Aubert

Alors que je commençais tout juste à être « prof de patchwork », en décembre 2005, j’ai acheté par réflexe un hors-série des Editions de Saxe : Passion du Patchwork – Quilts traditionnels. Une fois à la maison, j’ai trouvé les modèles bien craquants, de très bonne qualité, sans enfantillages, bref d’un goût exquis. Moi qui aime tant les Etats-Unis, je suis tout de même parfois perplexe devant des modèles trop maniérés ou trop enfantins. Il y a une frontière invisible entre le style « Folk Art », « Country », qu’on peut traduire par « Art populaire » et « style campagnard » que j’apprécie énormément, et la valorisation de n’importe quoi. Dans ce domaine se côtoient le meilleur  et du moins bon, mais c’est à chacun d’établir sa propre frontière évidemment !

Donc ce hors-série tout de suite m’impressionne par sa qualité, son raffinement, avec ses mélanges de fleurs et de carreaux fort réussis, la clarté des explications, la présentation d’étiquettes-signatures soignées, bref un beau florilège de modèles. Ce n’est qu’après plusieurs jours que je me rends compte qu’une seule personne a élaboré ces 12 ouvrages, France Aubert, une Française ; entre autres trois samplers étaient présentés, l’un d’eux présentant une rare particularité : les blocs sont ronds… comme des boutons !

Sampler et Boutons de France Aubert, 2005

Un sampler tout classique est ainsi transformé en sampler à thème ! J’ai montré maintes fois cet ouvrage en exemple, afin d’inciter mes Abeilles à personnaliser leur « Sampler de Débutante ». Et c’est un fait qu’aucun ne ressemble à celui de la copine, beaucoup sont de style « country » avec parfois des points de croix, d’autres en batik ou en tissus japonais… Tous ont la marque de fabrique de la quilteuse, c’est là l’essentiel !

Qu’ai-je retiré de ce premier contact indirect avec FranceA ? Tout d’abord du plaisir, de la motivation, mais aussi une idée de stage ! Son quilt d’étoiles plumetées m’a incitée à proposer ce thème.

J’ai suivi son patron, mais je n’ai pas son talent et sa minutie pour tout coudre à la main, c’est pourquoi j’ai proposé ma propre version d’explications, tout à la machine, avec les « petites plumes » en couture sur papier pour assurer la précision. Ce n’est pas un bloc facile, et pourtant à la suite de ce stage ont fleuri de multiples étoiles plumetées tout autour de moi : rien ne pouvait me faire plus plaisir ! A mon tour de pouvoir remercier France qui m’a inspirée…

NB  : toutes les illustrations proviennent du blog de France, « Passion Patchwork » (voir ci-contre). Bientôt, la suite de ma découverte du style de France !

Et je n’oublie pas le mot de la fin que j’emprunte à France :  HAPPY QUILTING !

La Créatrice de Lumière

Vous les Abeilles, vous m’avez entendu maintes fois dire en cours qu’un quilt réussi le doit souvent au respect des valeurs, encore plus que des couleurs. Je veux dire que le choix des tissus compte à plusieurs titres – les styles d’imprimés avec leurs ambiances, les couleurs, l’intensité – mais les valeurs sont parfois oubliées. C’est pourtant une notion simple : imaginez le bloc en noir et blanc, est-ce que le motif est autant visible que vous le souhaitez ? Si c’est oui, le bloc « fonctionnera » même vu de loin !

« Etoiles immobiles » de MC Tsuruya, aux si subtils effets de lumière

Celle qui réussit prodigieusement à manier les valeurs, c’est mon amie Marie Claude. Certains de ses quilts ont une lumière prodigieuse comme une peinture de la Renaissance avec l’utilisation du clair-obscur.

Fichier:La Tour Le Tricheur Louvre RF1972-8.jpg

Ce tableau de Georges de La Tour (héritier de Caravage, de l’époque de la Renaissance) sur fond noir par exemple, avec ses ombres marquées, met d’autant plus en valeur la blancheur de la peau, le chatoiement des étoffes…

Ne trouvez-vous pas une certaine correspondance ? Ce quilt très symbolique est le nouveau-né de Marie Claude, allez lire son histoire sur son blog*.

Marie Claude sait partager son savoir et ses sentiments. Quand elle écrit un article sur un de ses quilts, vous entrez dans l’intimité de ses sources, ses techniques, ses inspiratons, ses difficultés, ses heureux hasards… De plus, elle répondra toujours à vos messages avec l’infinie patience et la gentillesse qui la caractérisent.

Ici un exemple de quilt de style américain faits de « scraps » (restes de tissus), « Les vieilles Ecoles ». Judicieuse alternance des blancs et noirs dans les maisons !

Lorsque j’ai regardé pour la première fois les dizaines de quilts sur son site**, j’avais l’impression qu’il y avait deux artistes, une Occidentale et une Japonaise. L’Occidentale ayant fait des quilts ambitieux dont j’avais souvent gardé les modèles mais que je n’avais jamais réalisés… et la Japonaise qui s’approchait de mon absolue esthétique déjà tant admirée chez Shizuko Kuroha.

L’Occidentale utilisait comme moi dans les années 80 les tissus qui lui tombaient sous la main -les robes, chemisiers et autres vêtements en coton, des coupons de chez Bouchara et des grands magasins, mais encore très peu de tissus de patchwork- pour en faire des quilts enthousiasmants et pleins de souvenirs.

L’Etoile de l’Amitié avec toutes sortes de tissus, y compris des hermines bretonnes !

La Japonaise avait mystérieusement accès à ces tissus rêvés, des gammes d’indigos incroyables, des tissus de kimonos, des soies chatoyantes, des rayures et ikats somptueux, et en faisait des quilts remarquablement équilibrés, lumineux, uniques.

« T comme Tsuruya »,  bloc traditionnel américain avec des tissus japonais, cousu et quilté main. Ce bloc en T majuscule devient autant de petits kimonos !

Les deux artistes ne font évidemment qu’une, c’est Marie Claude avec sa connaissance approfondie de l’Art grâce à une vie passée à visiter les musées, sa passion des livres… et les tissus d’une part,  et d’autre part, son mariage avec Osamu et l’adoption de la culture de son pays d’origine, le Japon.

Détail d’un de mes quilts préférés, « Cubes flottants » 

Je pourrais encore vous parler longtemps de mon admiration et mon amitié pour Marie, mais sa modestie en souffrirait. Sachez encore tout de même que sa famille est son plus grand trésor, ses enfants ont su trouver leur place avec leur bi-culture. Tous restent inquiets du sort des Japonais à la suite du drame du 11 mars dernier. Ici on n’en parle déjà plus, pendant ce temps les Japonais déblayent encore et toujours, avec la ferme volonté de retrouver un jour leur vie « d’avant »…

« Chant d’Etoiles » en soie, dont les cravates de son mari

Ses quilts mériteraient une belle exposition, à Ste-Marie-aux-Mines par exemple. Quelle chance ce serait pour nous Quilteuses que la Créatrice de Lumière nous laisse entrer dans sa Chambre des Couleurs !…

* Son blog vous parle de ses quilts, mais aussi des expos que Marie visite, ses découvertes au fil des promenades et voyages, ses talents culinaires… http://chambredescouleurs.france-i.com/

** Son site existe depuis longtemps déjà, vous avez accès aux photos de ses quilts depuis ses débuts, ainsi qu’à ses précieuses collections : http://www.france-i.com/marie/

Quelques quilts pour le Japon

Callale est la seule Abeille de notre Ruche à tenir un blog depuis longtemps, elle fait partie des brodeuses infiniment patientes qui brodent à un fil des tableaux  raffinés au point de croix. Elle s’est lancée dans le patchwork lors d’un congé de maternité et j’ai tout de suite vu à quel point elle a le sens des couleurs ; sa palette est un peu surannée, douce et douillette.

Son nouveau chef d’oeuvre étant de décembre et réclamant amour, soins, attention… et lait, elle n’a pas le temps de faire beaucoup de patch mais a pourtant activement participé à la création de quilts pour le Japon ; je vous laisse découvrir son petit reportage lors de notre dernière rencontre : http://defilenpoints.over-blog.com/

Dernier rendez-vous lundi 9 mai, afin de remettre à Josette Billard, la déléguée FP de notre département, nos quelques quilts qu’elle remettra à une organisation chargée de les expédier et les distribuer. Ce sera encore un plaisir de nous revoir !

The Elm Creek Quilts Novels…

… ou la saga préférée des quilteuses anglophones !

Dans les années 90, Jennifer Chiaverini, jeune diplômée en littérature, eut l’idée géniale de conjuguer ses passions : l’écriture et les quilts. Son premier roman, The Quilter’s Apprentice, nous présente Sylvia, sa vie et ses racines, son caractère et ses passions, son manoir familial perdu puis retrouvé, the Elm Creek Manor, lequel sera finalement reconverti en centre de stages de patchwork grâce à la jeune Sarah. Le succès de ce livre rend possible la parution d’autres histoires, toujours liées à ces personnages. Je ne veux pas vous déflorer tous les thèmes, mais sachez qu’au fil des romans vous découvrirez les facettes de la vie de Sylvia et de sa famille, mais aussi vivrez dans diverses époques avec une foule de personnages attachants et toujours des femmes quilteuses aux destins les plus divers…

L’une des qualités de l’auteur est de savoir décrire les psychologies typiquement féminines, une autre de sérieusement se documenter sur l’époque historique qu’elle décrit, le tout est donc pour moi irrésistible !

Cette année, les États-Unis célèbrent les 150 ans du début de la Guerre de Sécession ou Civil War pour les Américains, c’est donc fort opportunément que Jennifer vient de sortir son dix-septième roman :

Je vais bientôt m’y plonger !

Depuis plusieurs années, sur des forums, dans les clubs de patchwork, des milliers de quilteuses francophones se plaignent que la traduction française de ces romans ne paraisse pas, alors que plusieurs tomes existent en néerlandais et en allemand. Après renseignements, y compris auprès de Jennifer, la réponse est qu’aucun éditeur français n’ose se lancer dans cette aventure onéreuse. Ils n’imaginent pas la vitalité du monde du patchwork en France et en Belgique et ce que cela leur rapporterait…

Frileux éditeurs !

J’envisageais d’organiser une pétition ou contacter des éditeurs régionaux pour les inciter à se risquer, comme Actes Sud avec Millenium, à lancer un nouveau genre dans le monde littéraire francophone. Comme j’ai le confort de pouvoir lire ces formidables histoires en V.O., j’avoue ne pas avoir persévéré. Qui connaîtra une oreille attentive et influente dans le monde de l’édition ?

Vous pouvez patienter en vous lançant dans le Sampler de Mariage de Sylvia, quilt dont on parle dans le tome 6, dont les explications sont publiées en français cette fois par les Editions de Saxe. Malheureusement, ils sont spécialisés dans les livres « techniques » et non les romans…

http://elmcreek.net/ et http://www.sylviasbridalsampler.com/

Des dés, des dés…

J’aime la simplicité apparente des quilts faits avec un seul gabarit. Simplicité bien sûr dans la répétition, mais subtilité souvent dans l’agencement des tissus de couleurs et valeurs différentes. On reste souvent sans voix devant un simplissime assemblage de carrés ou un Jardin de Grand-Mère…

Le mois dernier, quelques Abeilles ont voulu apprendre les astuces pour coudre des dés, non pas de manière traditionnelle à la main comme Supergoof* Superquilteuse mais « à la Katell », avec un ensemble de petits trucs pour coudre si possible vite et bien à la machine.

Eh bien, voici le premier résultat ! Madeleine a déjà terminé ce mini-quilt avec des chutes de tissus « repros », c’est-à-dire des reproductions de tissus anciens du XIXe siècle. Qu’en pensez-vous ? 

Moi, j’adore ! Et le mien?… En cours de quilting à la main, vous le verrez donc un peu plus tard !

*Blog de Supergoof : www.supergoof.web-log.nl/