Depuis quand sommes-nous amies, Chantal et moi ? Depuis bien 15 ans… Je l’ai rencontrée alors qu’elle était Chef de Chœur d’une chorale d’enfants de notre petite ville Pibrac (31), mon fils y était inscrit. Bien vite nous avons découvert notre passion commune qui n’avait rien à voir avec le chant : le patchwork.
Je vous ai déjà montré des ouvrages de Chantal, ils sont réunis sous l’étiquette Bee Chantal.
Je l’ai revue chez elle cette semaine et j’ai eu un coup de foudre pour une de ses récentes créations. Elle s’est inspirée du peintre néerlandais contemporain le plus populaire depuis des années, Ton Schulten.
Entre les Arbres, Ton Schulten
Paysage en couleurs, Ton SchultenEté, Ton SchultenHiver, Ton SchultenTwente sous la lumière du Soleil, Ton SchultenVille-mosaïque, Ton Schulten. Ce tableau me rappelle un quilt à succès présenté dans Quiltmania hors-série du printemps 2015, Mon petit Monde !My Small World, Mon Petit Monde, de Jen Kingwell, sans doute réinterprété des milliers de fois depuis sa parution ! Ici le top de cette quilteuse.Manhattan, Ton Schulten
Ton Schulten a un style bien à lui, qu’il partage avec une poignée d’autres artistes comme Lony Wing. Lony Wing, natif de Bali, évoque tout autant des paysages européens qu’indonésiens.
Le nom de ce mouvement est indigeste, je l’ai vu traduit par consensisme et consensité en français, venant de consensisme en néerlandais ou Konsensismus en allemand. Son origine est latine, consentio, qui nous donne par exemple consensus. Tout ça pour qualifier un art axé sur des paysages d’une beauté paisible, reposante mais aussi cohérente et harmonieuse. Le thème principal est l’harmonie dans la Nature où l’homme n’est pas absent, mais discret et intégré avec ses maisons, ses champs cultivés, ses bateaux ou statues… L’invitée vedette de ce style est la lumière qui s’invite dans le paysage par sections. En découvrant ce style, on peut se rappeler Toffoli et ses transparences, et plus avant le cubisme.
A juste titre, Chantal a trouvé que ces peintures pouvaient bien s’interpréter en patchwork. Voici sa première tentative, déjà si belle :
Un Pays Tranquille, Chantal Bommier. Monté sur châssis, à la demande de son amie qui lui avait simplement demandé un tableau textile avec un peu de rouge !!
Nous nous le sommes promis, Chantal et moi allons explorer l’univers des quilts du consensisme, déjà aimé par les quilteuses néerlandaises et allemandes principalement, mais nous n’utiliserons sans doute pas ce mot…
Quilt de Gerlinde Reissig (Autrichienne)Summertine, Ineke Berlyn (NL). Une rétrospective de cette artiste a été exposée à Birmingham cet été.Pieced landscapes, Ineke Berlyn, une magnifique interprétation. Cette artiste a malheureusement perdu sa lutte contre le cancer du sein le 4 février dernier.
Edit : si vous souhaitez vous initier à cette technique, le modèle d’Anne-Marie Guéganic « Coin de Campagne » dans les Nouvelles n° 134 est exactement dans ce style !
Vous pourrez voir le tableau textile de Chantal au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse. Venez nombreux !
J’aimais bien certains quilts proposés par le magazine Burda Patchwork Quilts & Appliqués (depuis l’automne 2014 Burda Patchwork) qui nous faisaient découvrir de beaux tableaux textiles de Beatrix Laufens — quelle poésie ! — et souvent des quilts aux techniques sortant de l’ordinaire. Au fil du temps cependant, la revue perdait de son attrait. La qualité moyenne du papier ne jouait pas en sa faveur, car nous sommes difficiles en France, avec nos superbes revues qu’on nous envie à l’étranger ! Malgré ses qualités, les ventes ont sans doute baissé, il était temps de réagir.
En plein été est sorti le Burda Patchwork n° 54. A vrai dire, je l’ai reçu en cadeau, pour m’inciter à vous dire ce que j’en pense. L’été est vite passé avec mon blog au repos – et moi en détox digitale. Mais j’ai lu, relu, ce nouveau magazine qui n’a plus rien de commun avec la formule précédente. Le gros titre le proclame :21projetsmodernes&lumineux ! C’est bien cela, on en a plein les yeux avec des couleurs vitaminées, des quilts rythmés, spectaculaires, pile dans la tendance des quilts modernes. Le papier mat, comme pour Les Nouvelles (magazine de France Patchwork) lui donne un autre cachet.
Les raisons de ce changement ? Les explications sont dans l’éditorial. Burda et F+W Media sont liés financièrement depuis 2014 et dorénavant le magazine Burda Patchwork est fait d’après Modern Patchwork, magazine populaire américain du même groupe. C’est bien sûr dommage pour les créatrices allemandes et françaises qui y collaboraient, remplacées par des américaines. La concurrence est rude et les frais doivent être réduits…
Le résultat pour un lecteur ou une lectrice qui aime le quilt moderne, c’est tout de même la jubilation devant une parution pleine d’idées sympathiques ! Certains quilts sont simplissimes, avec juste une touche qui attire l’œil, d’autres sont plus impressionnants mais pas forcément difficiles. Rares sont les ouvrages vraiment durs à faire. Tout pour attirer la jeune génération et les moins jeunes, heureuses de se renouveler dans l’air du temps !
Vendredi dernier, lors de la réunion à la Ruche, j’ai montré les Burda Patchwork n° 54 et 55 à mes Amies Abeilles. C’est l’unanimité pour approuver ce changement, bravo Burda ! Celui que nous préférons est sur la couverture du Burda actuellement en kiosque, avec un quilt dans le style de la Française Cosabeth Parriaud :
… Mais de nombreux autres quilts nous séduisent aussi !
Comme nous sommes connectées, nous pouvons aussi télécharger un patron (signalé par un point d’exclamation rouge), sans doute pour limiter la pagination. Bonne ou mauvaise idée, je n’ai pas encore d’avis.
Cerise sur le gâteau et en l’occurrence, cherry on the cake, Burda Patchwork propose des reportages intéressants. Drôle de coïncidence – ou pas, le monde est petit – sur le dernier vous y verrez Ian Berry et Sara Faughnan avec notamment son quilt Pomme de Pin moderne ! Que du beau monde…
Alors oui sans hésitation je suis pour cette nouvelle parution qui pourra amener de nouvelles personnes vers le patchwork graphique & moderne et séduire les jeunes !
La redécouverte des pine cone quilts n’en finit pas d’inspirer. Le Pine Cone Quilt, c’est au départ la fascination du scrap quilt, fait de restes de tissus de vêtements ou de literie dans le Vieux Sud des Etats-Unis, avec un effet de volume intéressant. Cet artisanat traditionnel prend des galons dans le monde coloré des quilteuses modernes !
C’est tout d’abord Rachael Daisy d’Australie qui s’amuse avec toutes les variantes qu’elle invente, et elle ne manque pas d’imagination ! Son tout dernier qui vient d’être exposé à Adelaïde, il a la force des unis vifs, des formes rondes et triangulaires qui se répondent et la fantaisie d’un sampler de modèles :
Zap Zing Zowie, de Rachael Daisy. C’est un triptyque, ici posé sur fond noir.
Une autre artiste travaille sur ce thème du « petit carré plié » depuis quelques années, c’est Tara Faughnan. Elle utilise uniquement des tissus unis mais ne manque pas d’inspiration ! Allez voir sa galerie de quilts, vous y trouverez forcément de l’inspiration.
Pine Burr Quilt fait en 2015, exposé au QuiltCon 2016. On voit de joyeuses ruptures de lignes qui rappellent les scrap quilts anciens. Et pourtant, quelle modernité !
Ce quilt est entièrement réalisé à la machine. On devine que les carrés sont pliés différemment et disposés non pas en cercles comme pour la plupart des Pine Cone traditionnels, mais en ligne, ce qui ouvre bien d’autres perspectives esthétiques. D’ailleurs, il nous reste quelques quilts témoins de cette option qui n’avait pas échappé à des quilteuses d’antan :
Quilt trouvé au Texas, fait de 5 bandes juxtaposées, en vente chez Laura Fischer QuiltsMême style, mais on voit un tissu de fond, cela s’apparente alors au Prairie Point. Les unités sont plus larges que le précédent (en deux morceaux). Laura Fischer QuiltsPour celui-ci, on parle de Prairie Point, car les triangles ne sont pas imbriqués d’une rangée à l’autre. Voir chez Bill Volkening des détails sur ce quilt. Il date des années 1960 et intéresse les collectionneurs !
Voyons maintenant un autre quilt de la Californienne Tara Faughnan sur le même thème du carré plié, Bazaar Quilt :
Ici les pliages forment des languettes et font penser à certaines décos faites de post-it !! Mais c’est tellement plus beau en tissus, n’est-ce pas 🙂Bazaar Quilt (détail) Tara Faughnan
Pour compléter les possibilités autour de la pomme de pin, voiciun tuto de Maryline Collioud-Robertinspiré d’une Japonaise ; l’idée est un peu similaire mais le travail encore différent !
-o-
Je ne peux vous quitter aujourd’hui sans vous donner des nouvelles de Betty, notre amie de Floride qui fait renaître le Pine Cone Quilt traditionnel dans le Vieux Sud. Elle a été pleinement impactée par l’ouragan Irma et a passé avec son mari plusieurs heures calfeutrée dans leur salle de bain. Elle était très nerveuse, terrifiée à l’idée de tout perdre de nouveau, comme lorsque son toit s’était envolé il y a 25 ans lors de l’ouragan Andrew. Jusqu’à la fin de charge de la batterie de ton téléphone, elle a communiqué, puis c’était le black-out. Elle a passé 8 jours sans eau courante ni électricité dans la chaleur et la moiteur, de l’eau infiltrée et des dégâts un peu partout… Un cauchemar, surtout pour ces personnes à la santé fluctuante. Il faut maintenant déblayer, jeter, réparer ce qui peut l’être, nettoyer, tout comme des dizaines de milliers d’autres sinistrés. Ils s’y attellent avec courage mais il faudra de longs mois pour retrouver une vie normale.
Quand les éléments se déchaînent comme cette année, on se sent tellement impuissants… Mes pensées à toutes ces victimes, et l’espoir que la série noire est enfin finie.
Pour terminer sur une note plus gaie, sachez que son quilt a gagné le 3e Prix dans sa catégorie lors de l’exposition qui se termine ce week-end au Museum of Florida History à Tallahassee !
Je n’ai pas eu la chance de pouvoir aller à Sainte-Marie-aux-Mines cette année, et pourtant j’ai été tellement tentée ! Deux hommes m’y attiraient – mais oui ! – l’Américain Luke Haynes et le Britannique Ian Berry.
De Luke, je ne dirai pas grand chose,j’avaisécrit un article quand j’avais découvert son expo de log cabins sur internet. Comme vous le savez, je suis fan des tissus de récup’ ! Il me tarde un jour de pouvoir me rendre à une de ses expos et de pouvoir mieux en parler !
De Ianen revanche, je peux en parler et comprendre la vague de superlatifs qui déferle sur Facebook depuis une semaine : fantastique, génial, extraordinaire ! Oui, ce jeune homme fascine. Sa gentillesse, sa patience nous séduisent évidemment, mais ce sont ses œuvres qui donnent de l’épaisseur à ces compliments. Alors je vous propose de lire ou relire des articles montrant des étapes de sa carrière déjà si remplie. Désolée, cela va vous prendre du temps, installez-vous confortablement !
Commençons par ses premiers tableaux publics, encore empreints d’enfance. Qui n’a jamais rêvé avec des dessins animés de Walt Disney ? Voyageons dans ce monde enchanté avec Ian, qui avait alors pris un pseudo, Denimu, par timidité je crois… Je me souviens de mon éblouissement en découvrant ces tableaux le matin de mon anniversaire, j’avais passé la journée à préparer cet article paru le lendemain ! Un beau cadeau que cette découverte 🙂 https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/01/13/inspiration-denim-denimu/
Un tableau a définitivement mis Ian tout en haut des jeunes talents artistiques, c’est le portrait d’Ayrton Senna. Un beau livre est entièrement consacré à cet événement et Ian a pensé mettre la Ruche des Quilteuses et mon article dans la liste de références internationales. Thank you so much Ian! https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/11/07/ayrton-senna-vu-par-denimu/
D’autres artistes que Ian sont fascinés par les infinies possibilités du blue jean, parmi lesquelles une Coréenne. Choi So-Young est fort talentueuse, mais elle reste dans l’appliqué-collé, alors que Ian explore les profondeurs, les mises en plans successifs qui rendent ses tableaux aussi extraordinaires. https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/11/25/le-blue-jean-ailleurs/
Je n’oublie jamais d’évoquer Ian Berry, même si ses tableaux ne sont pas des quilts. C’est une ouverture naturelle puisqu’il s’agit de textiles ! Ici Marylin Monroe sous tous ses angles, notamment en denim donc : https://quilteuseforever.wordpress.com/2015/03/18/poo-poo-pi-doo/
Puis quand j’ai lu la programmation de Quilt en Sud en mars pour le mois de mai de cette année, j’ai sauté de joie ! Je sais que plusieurs personnes se sont déplacées exprès pour Ian Berry. Bravo aux organisatrices ! https://quilteuseforever.wordpress.com/2017/03/31/ian-et-sheila-a-quilt-en-sud/ Curieusement je n’ai pas fait d’article après ma rencontre avec Ian, sans doute parce que je savais que Dominique allait publier un reportage dans Les Nouvelles n° 134 (tout juste publié), je ne voulais pas empiéter sur ce qui allait être écrit dans mon magazine préféré !
De cette journée magique, je garde l’assurance de son immense talent et le bonheur de son amitié. Alors voici quelques photos de cette si belle journée à Biarritz, prise par des amies ou moi-même :
En début de journée, Ian met la dernière main sur quelques détails de sa laverie… Oui, c’est un décor en 3D, impressionnant de réalisme et plein de surprises ! Au salon, tout est en denim… même les plantes en pot !Peut-être le tableau le plus incroyable de Ian Berry. Le réalisme est tel qu’on n’imagine pas, en voyant cette photo, tous les détails du travail intensif pour capter les jeux de lumière (admirez le carrelage), les moulures en passants de pantalon, et toute l’histoire qu’on peut imaginer autour de cette femme seule en haut de l’escalier, toute triste… Ne le jugez pas à la photo, il FAUT le voir en vrai ! Je sais que Ian a « souffert » en créant ce tableau, mais cela en valait la peine !
Ian Berry jouant le mannequin pour une créatrice qui fait des vêtements à partir de tapisseries au petit point. Sur lui, c’est sublime !Ian avec Suzy et moi-même. On attend que nos lessives soient prêtes !
Et voilà donc quelques photos souvenir de Biarritz, mieux vaut tard que jamais ! A présent, guettez d’autres blogs et magazines à la suite de son exposition à SMM, nous pourrons lire et voir encore bien d’autres choses sur Ian Berry qui n’a pas fini de nous enchanter.
Son actualité : dans la boutique Pepe Jeans de Londres dans la sélecte Regent Street, vous pouvez admirer une mise en scène de Ian Berry :
Comme un poste de contrôle montrant divers endroits surveillés par caméras, cet ensemble de tableaux (chacun une merveille de précision) est dans la boutique Pepe Jeans de Londres.Photo d’ici.
Ses projets le tournent à présent vers la Big Apple, New-York. Je suis impatiente de voir comment il nous présentera cette ville que j’aime tant, car je sais que son œil nous la montrera d’une manière unique !
Ian ne manque pas de matière première pour la suite…
Bonjour ☀,
Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Voici la suite et fin de mon exposé sur deux mouvements artistiques qui s’articulent autour de la Première Guerre Mondiale.
Le style arrondi, féminin, alangui de l’Art Nouveau a vécu. Après le traumatisme de la Grande Guerre, on voulait tourner la page et aller vers du neuf, du différent, du moderne en mouvement. Le monde a un désir d’ordre, de sobriété, de symétrie. Des prémices de cette orientation se voyaient déjà dès 1910 mais c’est vers 1925 qu’explose cette esthétique, d’où son nom Art 1925 jusque dans les années 1960. Ensuite on commence à dire Art Déco. L’Art Déco est masculin, qui va d’une sobriété élégante à l’étalement d’un luxe affiché.
Contrairement à l’Art Nouveau, l’Art Déco aime les lignes droites et la symétrie ! Intersections, triangles, octogones (carrés aux angles coupés) sont les figures géométriques typiques de l’époque.
Nos villes françaises sont riches en exemples architecturaux, car on a beaucoup construit pendant les Années Folles. Je ne résiste cependant pas à vous montrer comme exemple Art Déco le building Chrysler de Manhattan :
Malgré tout ce que je viens de vous dire, les arrondis existaient bien dans l’esthétique des années folles (les années 20), et surtout dans les années 30. Souvent les maisons ont des fenêtres-hublots, les immeubles sont des proues à l’angle de deux rues : c’est l’esprit-paquebot. Nous sommes au temps où on traversait l’Atlantique non seulement pour l’émigration définitive ou le commerce, mais aussi pour le plaisir… mais pas encore en avion de ligne !
Avant sa déportation, Simone Veil habita ce grand bâtiment blanc de Marseille construit en 1931.L’arrondi rappelle la proue d’un paquebot, les balcons évoquent les coursives (voir ce blog)
Les affiches de spectacles sont Art Déco ou cubistes, montrant le dynamisme de ces Années Folles, l’envie de profiter de la vie moderne sous le signe du mouvement :
Après avoir voulu caractériser l’Art Déco, je ne peux m’empêcher de nuancer tout cela. L’Art Déco c’est aussi et surtout un état d’esprit. Tout comme pendant l’Art Nouveau, l’Art Déco était l’expression des jeunes artistes qui bouillonnaient d’idées novatrices. Ils étaient farouchement contre le « modernisme » de l’époque… Difficile de suivre presque 100 ans plus tard ! Le mouvement moderniste (terme très ambigu qui peut se mettre à toutes les sauces) valorise dans l’entre-deux guerres tout ce qui est fait par la machine, « ingéniérisé », en un mot fonctionnel. Pas du tout glamour, dit comme ça ! On l’appelle aussi le Mouvement International en matière architecturale. Pourtant ce modernisme était l’affaire d’architectes féconds et géniaux comme Le Corbusier, du Bauhaus en Allemagne et d’avant-gardistes comme Mies van der Rohe, déjà cité dans la Ruche ici. En littérature, le modernisme c’est le refus des conventions, le scepticisme, l’existentialisme, un grand pan de notre littérature du XXe siècle.
Pendant ce temps, l’inquiétude grandit avec la montée du national-nationalisme allemand. Art Déco et Art Moderniste sont mis dans le même panier par Hitler qui parle d’art dégénéré. Il n’a sans doute jamais digéré son éviction de l’Ecole des Beaux-Arts de Vienne (voir le roman d’Eric-Emmanuel Schmidt La part de l’Autre).
On ne peut évoquer cette période sans parler de la crise économique qui fait suite au Jeudi Noir, le krach de la bourse new-yorkaise le 29 octobre 1929. L’insouciance, le faste des années folles est coupée net aux USA et impacte l’Europe également. J’en avais parlé à propos de l’Exposition Universelle de Chicago en 1933.
Les femmes et l’Art Déco
Pendant cette période, la plupart des pays donnent le droit de vote aux femmes. La France est notoirement en retard.
Un duo de femmes, Marguerite Mareuse et Odette Siko, participent en 1930 aux 24 Heures du Mans et finissent 7e avec une Bugatti Type 40. Même sans droit de vote, les femmes grignotent les prérogatives naguère masculines.
La mode est la grande affaire de l’entre-deux-guerres ! Paul Poiret, Jean Patou, Gabrielle Chanel et d’autres contribuent à libérer la femme de leur corset-carcan, de leurs robes longues jusqu’aux pieds, les cheveux sont coupés… Certaines jouent à la garçonne. La femme s’émancipe tous azimuts, mais il faut reconnaître que ce sont surtout les citadines.
La femme s’affirme et devient aussi une cible publicitaire ; elle travaille souvent, a un pouvoir d’achat… Dans la période Art Nouveau, la femme n’était encore qu’un faire-valoir décoratif et le message était destiné aux hommes.
Bérénice Béjo dans The Artist (film français de 2011)
Les motifs textiles ou de papier peint sont très graphiques, parfois japonisants.
Les bijoux Art Déco sont rarement discrets ; ils rappellent parfois l’Egypte ancienne ou d’autres civilisations disparues. Quand le moderne rappelle l’antique…
Et les quilts ? Pendant cette période, on faisait beaucoup de quilts parmi lesquels les assiettes de Dresde, les éventails qui rappellent ce mouvement artistique, sans s’en revendiquer clairement. Les quilts Art Déco sont peut-être plus nombreux de nos jours ! Cependant il y en avait de superbes lors de l’exposition de Chicago en 1933 ; malheureusement, c’est un « moche » qui a gagné le grand prix !
Voici quelques quilts dans l’air du temps, en 1933, exposés à Chicago :
L’indispensable livre pour tout connaître de cette Exposition Universelle, fait par M. Waldvogel et Barbara Brackman.
Et voici des quilts de style Art Déco faits après cette période :
Quilt des années 1980, Laura Barnes (Quilt Study, Nebraska)Déco par Lee Vause, 2015, Australie (vu ici)Bloc qu’on dit traditionnel à présent (= d’avant la seconde guerre mondiale), très représentatif de l’Art Déco. Exposé la semaine dernière en Suisse.Ce livre de Don Linn peut vous aider à faire vous-même un quilt Art Déco !
La mouvance des Quilts Modernes favorise la création de quilts de style Art Déco, l’esthétique s’y prête. C’était d’ailleurs un thème proposé aux quilteuses en Suisse cette année. Je vous convie à découvrir chez Luna Love Quilts les quilts Art Déco faites par nos amies helvétiques, à voir en fin d’article (clic).
Opalescence, de Sophie Zaugg.A vrai dire, j’ai tellement aimé ce quilt et le thème de l’exposition que c’est ce qui m’a incité à écrire ces deux articles ! Art nouveau et Art déco étant souvent confondus, c’était l’occasion…Ce logo n’est-il pas à la fois moderne et Art Déco 🙂 ?…
Cette incursion dans les arts du passé vous donnera peut-être envie de revisiter ces styles en quilt ! A très bientôt, Katell🐝
Bonjour ☀ et bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Une belle partie des quilts exposés à Lacaze sont partis dans le Kent avec Lucy pour faire vivre le Projet et contribuer à convaincre les décideurs d’octroyer des lieux d’exposition ; ce fut fait hier à Rochester, avant-goût d’une grande exposition qui aura lieu au premier trimestre 2018, avec de nombreux quilts en cours de fabrication en Angleterre.
En raison de la catastrophe humaine et économique dûs à Harvey, je ne sais pas si le Quilt-Festival de Houston aura lieu cet automne. Nous saurons prochainement si cet événement, le plus important du monde du patchwork, pourra avoir lieu. Dans ce cas, une exposition de 30 quilts du Projet 70273 (parmi lesquels plusieurs de Lacaze) est programmée, c’est une formidable consécration pour le projet initié par Jeanne Hewell-Chambers !
Gente Dame à Rochester. Merci à Lucy Iles Horner pour ces belles photos !
J’ai reçu beaucoup de témoignages positifs concernant l’article paru dans le magazine Les Nouvelles (France Patchwork), merci à toutes celles qui ont rendu cette parution possible. Rappelons que c’est Chantal Baquin qui rassemble les blocs à présent.
Vous pourrez déposer vos quilts, middlings ou blocs à l’accueil à Sainte-Marie-aux-Mines dès demain.
Middling de Vivianne Paupert réunissant 331 paires de croix.
Tous les détails de ce Projet se trouvent sur les pages de ce blog, à cliquer ci-contre ou au-dessus de la photo d’accueil ou encore ici.
Bonjour ☀, Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Le 11 septembre est une date indélébile, inutile d’expliquer pourquoi. Alors allons du côté de l’art pour nous changer les idées !
Ce n’est pas l’histoire, mais l’art qui exprime la vraie vie. Nietsche, 1888
J’ai souvent remarqué la confusion faite entre deux périodes artistiques, l’Art Nouveau et l‘Art Déco. Que les spécialistes me pardonnent, je vais évoquer ces deux mouvements à ma manière, de façon partielle mais pédagogique, je l’espère.
Revenons un instant à l’histoire pour fixer le temps en toute simplicité, revenons 100 ans plus tôt. Le 11 septembre 1917, l’aviateur Georges Guynemer, héros de 22 ans, ne reviendra jamais de son combat aérien. Une victime parmi des millions de jeunes hommes sacrifiés à l’autel de la « Grande Guerre », ou plutôt le « Grand Gâchis ». Je pense fort à mon fils de 19 ans qui construit sa vie et à son âge, deux jeunes hommes parmi tant d’autres étaient dans les tranchées de Verdun ; ils ne se connaissaient pas, ils devinrent mes grands-pères, liés par l’union de leurs enfants mais aussi par des cauchemars similaires.
C’est de part et d’autre de la Grande Guerre qu’on retrouve nos deux mouvements artistiques. Commençons par l’Art Nouveau, le plus ancien comme son nom ne l’indique plus 😉
Art Nouveau
A la fin du XIXe Siècle, le monde occidental est à la fois enthousiasmé par les nouveautés du modernisme qui facilitent la vie, éblouis par le foisonnement des inventions et mais aussi plombé par le poids du classicisme ambiant, ainsi que la crainte de l’uniformisation par l’industrialisation de tous les objets utilitaires. Rappelons-nous l’autarcie des gens qui faisaient leurs propres outils, leurs vêtements, leur nourriture… Soudain tout devient achetable, produit uniformément en grande quantité donc accessible, mais tout devient pareil que chez le voisin ! C’est alors que souffle un grand vent de fantaisie…
A chaque époque son art, à chaque art sa liberté.
C’est une phrase qui convient si bien à l’Art Nouveau ! Les jeunes occidentaux de la fin du XIXe siècle sentaient pousser en eux la sève printanière d’un chamboulement de leur quotidien. Ils ne pouvaient plus vivre dans un environnement convenu, des intérieurs aux décorations surannées, des habitations aux normes de leurs aînés, il leur fallait de la couleur, de la nouveauté !
Cette soif prit de nombreux visages un peu partout dans les villes occidentales. C’est d’abord une réaction à ce qui est attendu et convenable, privilégiant des formes libres qui rendent hommage à la Nature. Le citadin souhaite faire venir la campagne à lui ; au XXIe siècle, on en est un peu au même point 🙂 Imaginez des lianes qui s’enchevêtrent, des fleurs, des plantes, des insectes, des oiseaux, des courbes et volutes gracieuses, de l’audace sensuelle, vous aurez une bonne idée de l’Art Nouveau, moderne et extravagant. Cet art se manifeste dans tous les domaines, les artistes voulant abolir le mur entre arts majeurs et arts mineurs.
L’Art Nouveau est à la gloire de l’artisan qui exprime sa fantaisie.
Tous les domaines de l’esthétique sont touchés par l’Art Nouveau, y compris la calligraphie ! Arrondis, arabesques, fantaisie sont présents ici aussi.Vase d’Emile Gallé en verre gravé. Ecole de Nancy. Les fleurs des champs sont mises en valeur.Hector Guimard marque à tout jamais l’image de Paris avec ses bouches de métro de style Art Nouveau en fonte industrielle et verre. Il sera fortement combattu par l’extrême-droite.Boutique à Douai à la devanture audacieuse Art Nouveau.Vitrail de Gruber à Nancy, ville qui partage avec Paris l’essor de l’Art Nouveau en France. L’art du vitrail est renouvelé avec des scènes de verdure. Le paon, à droite, est l’oiseau Art Nouveau par excellence !Les meubles n’échappent pas aux nouvelles courbes et l’évocation de la nature. Bureau aux ombelles, Ecole de Nancy.
L’architecture de Gaudi qui marque si fortement Barcelone est de l’Art Nouveau.Les ferronneries se prêtent fort bien à l’imagination des artistes Art Nouveau ! Ici une graineterie dans la rue St-Jean à Nancy.
Ce bâtiment Art Nouveau frise le rococo ! Vitraux, verrières, vérandas, jardins d’hiver, serres sont très à la mode au tournant du XXe siècle ! On apporte la nature en ville. Ici en Belgique à Onze-Lieve-Vrouw-Waver.
Typique de l’Art Nouveau, l’affiche fait sortir l’art dans la rue grâce aux dessins d’Alfons Mucha, de Henri de Toulouse-Lautrec et tant d’autres. La femme est sur-représentée, le dessin est élégant, souvent influencé par l’esthétique japonaise.
Ce duo de cartes postales, Les Bretonnes par Mucha, rappelle que l’art celtique est parfaitement adapté à l’art nouveau !
On pourrait encore montrer mille et un exemples, tous plus beaux les uns que les autres. Cet art visible par tous était cependant critiqué d’une part parce qu’il était trop populaire pour une partie des collectionneurs élitistes, et d’autre part il était fortement combattu par l’extrême-droite nationaliste qui l’appelait par dérision l’art nouille. Pas assez sérieux, pas assez traditionnel !
L’Art Nouveau, c’est l’Art pour Tous.
Tissus et quilts Art Nouveau
Nous connaissons encore quelques tissus emblématiques de cette période. William Morris, génie de l’esthétique et personnage complexe, avait déjà lancé en 1888 le mouvement Arts & Crafts, qui valorisait le travail de l’artisan et jetait aux orties le goût victorien ou les références à l’Antiquité. Grâce à Barbara Brackman, des reproductions de ces tissus sont disponibles chez Moda.
Toujours en Angleterre, un globe-trotter au beau nom d’Arthur Liberty, amoureux de l’extrême-Orient, monta une boutique en 1875 dans Regent Street à Londres pour vendre des chinoiseries et japonaiseries. Le succès est immédiat. Quelque temps après, il crée une gamme de tissus imprimés en coton très fin, très doux, rappelant la soie, aux imprimés quasiment réversibles… Les tissus Liberty sont nés ! Ils prirent tant d’importance qu’en Italie l’Art Nouveau s’appelle Stile Liberty.
I was determined not to follow existing fashion but to create new ones.
J’étais déterminé à ne pas suivre la mode existante mais à en créer de nouvelles.
Arthur Lasenby Liberty
Hera, un des tout premiers imprimés Liberty, montre des plumes de paon, l’oiseau emblématique de l’Art Nouveau.
De nos jours, quelques quilteuses s’expriment dans le style Art Nouveau comme Suzanne Marshall :
C’était la Belle Epoque, et on donnait souvent aux petites filles de jolis prénoms de fleurs. Rose était un prénom emblématique de cette période, on nous l’a rappelé dans le film du Titanic ! Ma grand-mère, née en 1901, portait ce beau prénom aussi. Voici quelques représentations de roses style 1900, en commençant par des céramiques de l’Ecossais Rennie Mackintosh.
Tissu Art Nouveau de Rennie Mackintosh (GB)
En préparant cet article, je me rends compte que le dernier quilt fait par Kristine🐝, Abeille de la Ruche, a vraiment un air Art Nouveau, ne trouvez-vous pas ? Explications dans le dernier numéro des Nouvelles (magazine de France Patchwork). Voici la Rosa Centifolia de Kristine :
Rosa Centifolia, modèle offert par Kristine🐝 aux lecteurs du magazine de France Patchwork. Oui, vous y trouvez les explications ! L’esprit est actuel, mais j’y vois un je-ne-sais-quoi d’Art Nouveau !
Bientôt nous verrons l’évolution artistique après la Première Guerre Mondiale avec l’Art Déco. En attendant, portez-vous bien et créez pour votre plaisir !
Bonjour ☀,
Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Au cœur de l’été, nous fûmes conviés à une fête champêtre chez nos meilleurs amis à une encablure de Lacaze(dans la vallée suivante qui se trouve non plus dans le Tarn mais dans l’Aveyron).
Elle fête ses 60 ans, il célèbre le début de sa retraite. Pour un tel événement, je me devais de leur faire un petit souvenir ! Une chanson m’a alors trotté dans la tête :
On vous souhaite tout le bonheur du monde Pour aujourd’hui comme pour demain Que votre soleil éclaircisse l’ombre Qu’il brille d’amour au quotidien. (chanson de Sinsemilia)
Je connais leurs goûts et leur intérieur, alors j’ai opté pour un panneau de ce livre de deux femmes qui m’ont beaucoup appris, Jocelyne Le Roy et la regrettée Marie-Anne Suzanne :
Le modèle choisi est sur la couverture, en haut à droite et en bas à gauche, quatre cercles qui se chevauchent pour ne faire qu’une entité. Beau symbole pour une famille unie formée d’un couple et deux enfants ! Mille mercis, Jocelyne Le Roy, pour ce livre qui a confirmé ma vocation de quilteuse forever !
Ce livre est formidable, il m’a beaucoup appris sur le patchwork machine fait vite & bien. Attention cependant, nous en étions aux balbutiements des méthodes modernes et en ce temps-là, au milieu des années 1990, les marges de couture n’étaient que de 5 mm. J’ai donc préféré convertir les explications avec 7 mm de marge, par sécurité. On peut aussi dessiner les blocs sur fondation, à vous de choisir.
C’étaient les deuxièmes log cabins arrondis que je voyais, aprèsla Couronne en log cabin vue dans un magazine allemand mais issue des USA. A savoir que nous sommes redevables à Marti Michell pour tous ces bouleversements initiés par l’utilisation du cutter rotatif (lire son histoire ici etle rôle de Marti Michell ici). Elle écrivit d’ailleurs un livre récapitulatif des courbes en log cabin en 1997, Creating curves with Log Cabins, une petite Bible qui n’en finit pas d’inspirer les quilteuses d’aujourd’hui.
J’ai suivi le modèle après avoir choisi quatre tissus de mes tiroirs – dont un qui vient d’une robe que je portais encore en juin (le tissu le plus rouge). Oh encore du brique et pastel ! C’est un hasard cette fois, mais force est de constater que je suis durablement influencée par cette exposition itinérante qui termine sa vie ces mois-ci. Des quilts Fibre Occitane sont en ce moment-même en Lettonie, j’en aurai bientôt des photos.
La bordure colorée du quilt pour Maïté & Serge est en bandes de tissus assemblés de manière irrégulière, dans les mêmes tons, avec des ajouts de divers gris. A ce sujet, tout comme Debbie de Seattle cet été, Francine Rog vous propose sur Facebook un challenge de quilts en bandes irrégulières. Les résultats sont bluffants, rejoignez-nous sur ce groupe FB !
Le quilting est à la machine, mais il m’a fait tant hésiter que je crois que j’aurais plus vite fait à la main… Mais j’aime le rendu final, c’est la touche moderne de ce modèle devenu classique.
Le coin du tas de bois convient bien à une présentation de log cabin qui désigne à l’origine la cabane de rondins.
Le quilting, vu de plus près :
J’ai déjà fait à plusieurs reprises des bordures en bandes irrégulières, j’aime les faire… et j’aime leur rendu !
Ce quilt trouvera sa place dans la Bergerie, cette grande bâtisse rénovée depuis des années par nos amis à côté de la maison familiale, lieu de nos rendez-vous amicaux depuis 20 ans !
Le lendemain de cette fête, nous plongeâmes dans le temps en visitant près de Millau une série de villages tous plus beaux les uns que les autres, terre des Templiers et des Hospitaliers, et plus récemment terre des pacifistes écolos, les Causses du Larzac. La France est si riche d’Histoire, je ne m’en lasse pas ! De cette belle journée, je partage ici un détail très graphique :
Soleil des herbes, symbole du Larzac, la cardabelle, chardon de la flore méditerranéenne, est cloutée sur les portes en guise de porte-bonheur. Son cœur est comestible (comme un artichaut, c’est la même famille botanique), les feuilles servent à carder la laine. La racine de cette plante possède des vertus médicinales intéressantes… Riche nature !
Un cœur sur le cœur de la fleur… Inspiration pour un quilt ?…
Autre sujet du jour : je vous présente un nouveau blog de notre région Occitanie par iciet souhaite à Frédérique autant de bonheur que j’en ai pour la tenue de son blog ! Frédérique habite l’Hérault, dynamique département où vit justement Jocelyne Le Roy (voir le livre présenté ci-dessus).
Que votre journée soit belle et créative ! Katell 🐝
Bonjour ☀ et bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Mon roman de l’été
Pour passer la rentrée en douceur, quoi de mieux qu’une belle histoire ? Si vous n’avez pas lu ce livre cet été, rattrapez-vous !
C’est beau une tresse. Trois brins s’entrelacent pour s’unir et être ainsi plus forts. C’est le titre et le symbole de mon roman de l’été dans lequel trois femmes courageuses changent chacune le cours de leur vie et celle de leurs proches pour un avenir meilleur. Leurs décisions leur tressent une nouvelle vie et les unissent. Trois femmes sur trois continents qui a priori n’ont aucun lien, si ce n’est une tresse…
En lisant ce roman, cette photo hantait mon esprit. Prise en 1972 à Madras (Inde) par Edouard Boubat, un de nos grands photographes du 20e siècle.
Rapide et plaisant à lire, ne manquez pas ces quelques heures d’émotions… si ce n’est déjà fait, car ce roman a le succès qu’il mérite ! Premier livre d’une romancière à suivre…
Laetitia Colombani
Tressage, nattage, tissage…
Entrelacs, arabesques et nœuds sans fin se retrouvent dans maintes civilisations (celtique, chinoise, tibétaine, japonaise, musulmane, etc.). Ces figures m’apportent beaucoup de sérénité et c’est depuis longtemps une infinie inspiration pour les quilteuses ! En voici un aperçu, forcément partiel.
Le nœud sans fin, ou nœud d’éternité, est un des emblèmes du bouddhisme :
Ce nœud sans fin est une des huit figures bénéfiques dans le bouddhisme, symbolisant l’interdépendance de toutes choses, l’union de la sagesse et de la compassion. Ici : Gateway to Mongolia, Maggie Ball.Le style Art Nouveau, au tournant du XXe Siècle, s’inspirait largement de la Nature dont les volutes, les entrelacs rappellent parfois le style celtique.
Collier fait par Kristine avec un noeud celtique.La chaîne irlandaise est une version éloignée des entrelacs celtiques. Ici, les centres sont judicieusement ornés de nœuds celtiques faits au biais thermocollant. Fait par Karen.Art celtique contemporain de la talentueuse Gyongi Varadi. Quilt intitulé « Jours de semaine chargés » !Viking longship quilt, Quiltocalypse.La spirale n’est pas dans le registre des nœuds et tresses, mais il les rejoint par sa forme arrondie. Le bateau d’Oseberg, fait en l’an 817, est magistralement représenté ici par Ruth Mc Dowell. Un de mes quilts préférés ! Ce bateau a, de plus, des ornements très proches des entrelacs celtiques sur une grande partie de sa proue :Ce bateau Viking -qu’on nomme à tort drakkar, mot fantaisiste français- est sculpté d’entrelacs qui ressemblent furieusement aux décorations celtiques d’Irlande !
Autre technique qui rappelle encore plus directement le tissage, le meshwork.
J’ai fait ce mini-quilt en meshwork, L’étoffe de mes rêves, avec des lisières et des tissus unis.
Un fil dessus, un fil dessous, un fil à gauche un fil à droite, toutes ces combinaisons sont les bases du cordage, du macramé, du vannage, du tissage, gestes multi-millénaires. En patchwork on s’approche de ce visuel dans ces quelques exemples.
Les chevrons imbriqués donnent une impression de tressage :
Top qui, avec la lumière dans le dos, fait un effet de vitrail. Les colonnes sont assemblées en ligne droite.
Autres chevrons plus modernes, avec un espace blanc qui fait respirer le motif :
Plus difficile, plus lent, le motif aux chevrons qui s’imbriquent tous et nécessitent de multiples coutures partielles :
Superbe quilt de Victoria Findlay Wolfe, avec un très beau travail de chevrons imbriqués !
Ce quilt et bien d’autres sont expliqués dans son tout nouveau livre qui sort ce mois-ci, je devrais le recevoir demain (youpi !!) :
Plus facile, la French Braid – la natte française – est très populaire depuis la parution d’un livre (de 2006) qui donne beaucoup d’idées, faisant des chevrons avec un carré central formant une chaîne. C’est facile et permet des effets spectaculaires de dégradés !