Il est des périodes durant lesquelles tout est cadeau. Les si gentils commentaires accompagnant mes posts en font grandement partie, merci aux lecteurs d’ici et d’ailleurs ! Je suis aussi émue par le bel hasard qui vient de me faire gagner un quilt de Sujata, et soyez certains que vous entendrez parler ici des quilts faciles, et aussi des quilts non conventionnels au cours de l’année prochaine… Je viens également de recevoir des mails enchanteurs de Floride, comme un cadeau de Noël, et c’est ce que je vais partager avec vous en cette fin d’année.
Cela me touche infiniment d’entrer en contact avec des personnes très différentes de moi et de sentir une mutuelle bienveillance, une confiance entre nous. C’est ce qui vient de m’arriver grâce à l’intermédiaire de LeeAnn de Seattle, encore et toujours ma bonne étoile !Mais avant de vous présenter Betty et son amie Miss Sue, des quilteuses bien sûr, passons un moment ensemble dans leur Etat, la Floride.
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De France, nous voyons la Floride au cinéma, à la TV : si vous êtes de ma génération, vous en connaissez Flipper le Dauphin, les Everglades et aussi Disneyworld, Cap Canaveral et la Nasa, les flics aux lunettes de soleil, les belles nanas, les fêtes… Un méli-mélo forcément réducteur !
Ces jeunes garçons débrouillards aidés par le dauphin Flipper sauvant des personnes en détresse me firent passer de belles heures devant la TV ! J’aimais bien quand les jeunes désobéissaient à leur père… pour la bonne cause ! Les balades en hydroglisseur dans les marécages des Everglades étaient impressionnantes. Je n’ai revu aucun épisode depuis les années 60, je serais peut-être déçue alors je garde mes beaux souvenirs intacts… Autres séries animalières de mon enfance : Daktari, Skippy le kangougou…
Socialement, cet Etat fait le grand écart entre les très riches et les très pauvres, les actifs et les très nombreux retraités en quête de soleil (comme une partie de la région PACA) et d’une fiscalité avantageuse, avec aussi de nombreuses communautés qui se côtoient tant bien que mal…
Cette péninsule, très vite occupée par les Espagnols (nous ne sommes pas loin de là où Christophe Colomb atterrit la première fois, sur l’île de Saint-Domingue/Haïti), continue d’être largement hispanophone avec, en particulier, une grande communauté cubaine.
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En tant que quilteuse, quand je pense à la Floride, je pense bandes seminoles ! Comme leur histoire est plutôt méconnue en France, permettez-moi de vous faire un peu mieux connaître les Creeks.
Le peuple Seminole est issu des tribus CREEKS, originaires du grand sud-est du territoire des actuels Etats-Unis. Après une série de guerres contre les militaires des Etats-Unis (dites « guerres Seminole », au cours desquelles ces Indiens montrèrent une grande bravoure), ils se séparèrent en plus petits groupes. Dans les Everglades, marécages du sud de la Floride où personne d’autre ne voulait vivre, certains se régugièrent mais ne se soumirent jamais au gouvernement US : ils se nomment eux-mêmes « le peuple jamais conquis ». Ils étaient composés principalement d’Indiens, mais aussi de Noirs ayant fui l’esclavage et de quelques Blancs rebelles.
The Seminole : patchworkers of the Everglades, livre paru en 2000.
Le mot « seminole », écrit pour la première fois dans un texte officiel en 1771, viendrait du mot espagnol cimarron, signifiant domestiqué revenu à l’état sauvage. Après la dernière guerre seminole en 1858, ils s’installèrent dans une vie familiale proche de la Nature, construisant des cabanes faites de bois de cyprès et de feuilles de palmes appelées chickees, faisant pousser du maïs, de la citrouille, des haricots, chassant les animaux sauvages. Pas de route dans leur pays, ils se déplaçaient en canoës, notamment pour aller vendre des peaux d’alligators et de serpents ainsi que des plumes d’oiseaux afin d’acquérir du sucre de canne, de la farine, des armes, du tissu de coton entre autres…
A chaque voyage pour faire commerce, ils rapportaient notamment du tissu de coton d’une seule couleur (ce qui était disponible ce jour-là). La fois d’après, c’était un autre bain de teinture, une autre plante utilisée… Les femmes conservaient le moindre petit morceau et décoraient les vêtements avec des petits bouts appliqués. C’est une société dans laquelle rien ne se jette ! Donc avant le patchwork de bandes, ces femmes faisaient de l’appliqué, toujours dans un esprit d’utilisation des restes avec l’idée d’embellir.
Photo des années 1920 – Bibliothèque digitale des Everglades
A la fin du 19e siècle, d’après les archives de la célèbre marque SINGER, le marché de la machine à coudre était saturé dans la majeure partie des Etats-Unis (mais oui !!), et donc des vendeurs s’aventuraient vers l’extrême sud pour conquérir de nouveaux clients. C’est ainsi qu’un de leurs meilleurs vendeurs, James Willson, convainquit les Seminoles d’acheter des machines à coudre à manivelle – pas d’électricité dans les Everglades 😉 ! Grâce à ces machines, les femmes ajoutèrent des bandes décoratives sur tous leurs ouvrages, en particulier les vêtements. Très vite, elles devinrent expertes en coupe-couture-recoupe et inventèrent des techniques utilisées de nos jours en patchwork moderne. Ces femmes étaient souvent remarquées par leurs belles coiffures, leurs bijoux… Nul doute qu’elles étaient coquettes et voulaient porter les plus beaux patchworks possibles !
La première particularité du patchwork seminole est d’être composé de bandes et non de blocs. En général, les tissus utilisés sont unis, contrastés et vifs, coupés en bandes, assemblés puis recoupés à 90°, 45° ou exceptionnellement d’autres angles, et enfin recousus après avoir été décalés et repositionnés. C’est un bon exercice pour les neurones ! Après quelques simples motifs, elles inventèrent d’innombrables dessins, la plupart remplis de symboles.
Les bandes piécées sont ensuite très faciles à assembler en pile. Tout au long du 20e siècle, les Seminoles se vêtirent avec ces patchworks : il n’était pas rare, encore dans les années 60, de rencontrer des personnes vêtues en patchwork (des blouses masculines aux larges manches bouffantes, de longues jupes froncées pour les femmes) en plein centre de Miami ! A présent, cela devient plus folklorique et réservé aux lieux touristiques.
Cette sorte de patchwork reste une grande fierté culturelle et un produit de qualité largement vendu aux touristes. Ces fiers Indiens continuent d’exister en Floride !
Très beau top seminole d’Isabelle. Ici quelques imprimés se trouvent avec une majorité de tissus unis.
Le graphisme est très moderne pour nous occidentaux, alors que pour les Indiens ce sont des dessins déjà dans leur univers comme sur des poteries, en tissage de fils, de branches ou de perles. N’oublions pas que ce que nous appelons modernisme commença par la reconnaissance des qualités artistiques d’objets « venus d’ailleurs »… Des impressionnistes admiraient l’épure des estampes japonaises, Picasso secoua la vision esthétique avec les Demoiselles d’Avignon, première oeuvre cubiste, aux femmes ayant des visages inspirés de masques africains…
En complément sur les techniques de bandes seminoles, vous pouvez lire l’article de Denyse Saint-Arroman ici. Elle a aussi fait un livre très précis en français sur l’art du patchwork seminole, la contacter sur son blog si vous souhaitez l’acquérir.
Les bandes faites en technique seminole sont très utiles pour faire des bordures, mais aussi des quilts entiers qui peuvent s’éloigner visuellement du monde des Indiens :
Extraordinaire utilisation de bandes seminoles par Bartonbaker (photo Pinterest)Brenda Gael Smith, quilteuse australienne de grand talent faisant partie du groupe international Twelve by Twelve, a repris l’esprit du patch seminole tout en se référant ici à l’art aborigène et à la puissance des rêves… Superbe réalisation ! (Photo Pinterest)
Et pour finir, dans un magazine 100 Idées de ma jeunesse, Cosabeth Parriaud avait fait un superbe quilt en technique seminole. Il fut repris par une quilteuse de Haute-Garonne :
Un vrai sampler de techniques seminoles exposé à Cazères (31) ! Une Centidéaliste retrouvera peut-être ce modèle des années 80 !
Inspiration sans frontière…
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Nous partirons donc en Floride la semaine prochaine à la rencontre de Betty Smith et Miss Sue ! Dépaysement garanti 🙂
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Mise à jour En complément de cet article, Odile vient de me transmettre ces liens très intéressants sur la présence des machines à coudre chez les Seminoles :
Incroyable, j’ai gagné ! Il y a une demi-heure, lorsque je suis allée faire un tour sur le blog de Sujata The Root Connection, je n’en ai pas cru mes yeux : Katell a gagné le mini-quilt… Comme ce prénom n’est pas commun, j’ai vite compris que c’était bien moi la grande chanceuse !
Oh comme j’aime ce style !
Le livre déjà annoncé sur mon blog devient jour après jour un immense succès aux Etats-Unis, il correspond à ce que beaucoup de quilteuses attendent : des quilts très gais, très faciles à faire, modernes et dans l’esprit des nouveaux quilts non-conventionnels. Ce sera probablement en 2015 un des thèmes favoris de mon blog !
Ici les quilts du livre sont exposés chez Sujata, difficile de décider par lequel je vais commencer ! Car oui, je vais m’inspirer d’elle en 2015 !
Alors mille mercis Sujata, je suis si heureuse d’avoir gagné ce quilt, il aura une place de choix chez moi ! Et encore bravo pour ce superbe livre !
Marti Michell est une adorable dame, toute fraîche et mignonne. Ce n’est pas la personne la plus connue actuellement dans le monde du patchwork, et pourtant nous lui devons tant !! Je vais simplement évoquer ce qui leur revient, à elle et son mari Richard, son compagnon de vie et de travail…
A la fin des années 60, Marti, jeune maman, commença à proposer des cours de couture. Parallèlement, elle aimait faire du patchwork et constata l’intérêt de ses élèves pour ses ouvrages, avec l’idée frémissante qu’après tout le patchwork n’était pas si ringard que ça et que cela faisait du bien de renouer avec les racines des grand-mères ! Très vite, le couple se rendit compte que les personnes cherchaient plus des kits de tissus et de modèles que des cours. Car dans les magasins de tissus, c’était le règne du polyester et des étoffes tricotées (dont on fait les tee-shirts par exemple). C’est donc ce couple qui, à partir des années 70, s’est démené pour offrir de nouveau des tissus de coton à la coupe, puis demander aux fournisseurs du molleton en grande largeur, etc. Tout ce qui nous est disponible et évident de nos jours ne l’était pas alors ! Ils sont devenus connus dans tous les Etats-Unis comme fournisseurs majeurs de matériel et de kits de patchwork aux magasins de détail.
Marti Michell au stand des Ouvrages de Nat à Sainte-Marie-aux-Mines, en septembre 2014.
Dans le dernier numéro du magazine Les Nouvelles n° 123 de France Patchwork, vous trouverez en page 59 un extrait de ce que m’a appris Marti Michell à SMM en septembre dernier. Rendez-vous compte, c’est elle qui a créé la révolution du patchwork en 1980 en concevant l’utilisation du cutter rotatif avec des règles en plexiglas !
S’ensuivit dans les années 1981-85 l’organisation de cours sur l’utilisation du cutter rotatif tel que conçu par Marti Michell et son amie Mary Ellen Hopkins : ce fut dès lors une formidable effervescence dans le monde du patchwork ! Cette conception de coupe convient pour le travail traditionnel mais surtout suscite de nouvelles techniques, de nouvelles envies… qui ont vite traversé l’Atlantique ! J’ai acheté mon cutter rotatif au Rouvray en 1989, c’est toujours le même que j’utilise. Increvable, mon cutter OLFA ! En janvier prochain, je vous conterai l’histoire de cet objet qui fête ses 35 ans…
Photo empruntée à Cerise pourpre : prise à SMM, on voit deux couples au service du patchwork : Nathalie et son mari, Marti et son mari… Un accueil toujours chaleureux nous est réservé par eux quatre !
La passion continue depuis toutes ces années, les quilteuses du monde entier sont toujours à la demande de nouvelles idées… Cela tombe bien, Marti en a ! C’est au service des utilisatrices que Marti et son mari proposent des « facilitateurs » : tous ces objets, ces livres, ces kits qui permettent à chacune de réaliser de beaux quilts ! Ce sont en particulier les gabarits en plexi, extrêmement bien conçus (vous n’aurez plus de vilaines petites oreilles qui dépassent grâce à ces gabarits !), qui rencontrent leur public.
Ici en France, nous avons la chance d’avoir l’ambassadrice de charme de Marti en la personne de Nathalie Delarge. Tout comme Marti, elle est généreuse, patiente, infatigable, intelligente… J’arrête, je la vois rougir d’ici 😉 Et si vous avez des hésitations sur l’utilisation des gabarits ou que vous recherchez des trucs et astuces, courez voir les vidéos de Nathalie : elle vous explique TOUT avec clarté et brio !
Leur rencontre fut un coup de foudre. Leur collaboration est un succès durable. Que j’aime ces success stories !
Nat prépare du nouveau pour le mois de janvier : suivez-la sur Facebook et sur son blog pour ne rien rater !
Un des derniers tops de Nat, tout à la machine ! Les gabarits et la technique rendent possibles des assemblages à la machine incroyables !
J’ai gardé de ma rencontre avec Marti Michell un souvenir vif, empreint de respect envers cette dame à qui nous devons tant, mais aussi déjà de l’affection… Et puis elle m’a bien fait rire ! Sa petite blague en conclusion de notre entretien fut :
Le problème avec mes gabarits, c’est qu’ils sont très solides, ils durent une vie entière de quilteuse. Ce n’est pas bon pour le commerce ! Alors la prochaine fois, je me lance dans le commerce du chocolat !
Ce nom vous dit-il quelque chose ? C’est que vous connaissez sans doute ce livre :
Véritable « bible du patchwork », ce beau livre est une traduction de celui présenté ci-dessous, avec le sous-titre précisant que c’est une histoire (une encyclopédie !) du patchwork de 1750 à 1950 :
J’ai le livre en anglais et c’est une de mes références fiables quand je veux vérifier que je ne raconte pas n’importe quoi dans mes articles ! Il est si facile de trouver sur internet une info maintes fois reprise… mais fausse. Si vous souhaitez un livre résumant les styles, les courants, les nécessités et les folies du patchwork, c’est celui qu’il vous faut. Avec une grande clarté, on y explique les états d’esprit des quilteuses, leurs sources d’approvisionnement – à la fois les tissus et les modèles. C’est un livre à lire et pas seulement à feuilleter pour ses magnifiques photos de quilts ! Certains sont connus, reconnus, d’autres sont beaucoup plus étonnants et peu académiques. Ce sont souvent ceux que je préfère !
On ne le trouve plus en librairie depuis des années puisqu’il fut édité en français en 1999 par Flammarion, mais il est souvent proposé d’occasion sur divers sites (amazon.fr, leboncoin, priceminister etc.)
Roderick Kiracofe est, vous vous en doutez, quelqu’un de passionné par le patchwork. Artiste, collectionneur, consultant, écrivain, c’est un expert reconnu et respecté. Sa passion remonte à son adolescence en Indiana, il se souvient de son attraction pour les objets trouvés dans les vide-greniers, vestiges des temps passés, chacun racontant son histoire… Déjà, les quilts l’attiraient…
Non conventionnels et inattendus, les quilts américains passés inaperçus/qu’on ne connaît pas/inconnus du public/… 1950-2000. Quelle serait la meilleure traduction ?…
Son tout nouveau livre est unanimement acclamé comme un événement. L’aventure a commencé voilà douze ans : après une première vie de collectionneur-vendeur de quilts, Roderick a décidé de faire une collection… pour lui-même. Mais il s’est imposé des conditions : il voulait des quilts d’après les années 1940 qui comble son sens de l’esthétique.
Mais qu’y a-t-il donc dans les années 50 ou 60 ? C’est le vide sidéral dans tous les livres de patchwork. On considère que, jusque la réhabilitation des quilts grâce aux expositions de la collection Holstein à NYC en 1971 et à Paris en 1972, plus personne ne quiltait : c’était vieillot, la jeunesse avait bien d’autres choses à faire : consommer, danser sur Elvis Presley, consommer, conduire des voitures fantastiques, consommer, aller au cinéma, consommer… Années idylliques et insouciantes dans la mémoire collective !
Le nouveau livre de R. Kiracofe montre combien nous nous trompons ! J’attendrai 2015 pour vous en parler plus en détails, car tant est à dire ! Sachez cependant que les extraordinaires photos ne seront vraiment intéressantes que si vous comprenez l’anglais à mon avis… Mais c’est vrai que les quilts sont si beaux et parlent d’eux-mêmes… Ce livre comporte 10 essais de personnes très diverses, toutes passionnées par le patchwork, d’une rare richesse informative et affective et on a là une histoire contemporaine du patchwork absolument passionnante.
AVIS AUX EDITEURS FRANCOPHONES !
La collection de Roderick Kiracofe inspire les artistes d’aujourd’hui. Tout comme nous avons toutes ou presque eu envie de copier un quilt du 19e siècle, ma copine de Seattle a eu envie de copier un quilt anonyme -comme la plupart des quilts du livre- trouvé en Louisiane :
Quilt de la collection de Roderick Kiracofe, bloc unique revisité des Marches du Palais. Quilt trouvé à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Fait en coton et gabardine, assemblé machine, quilté main au fil pourpre. Dimensions : 183 x 170 cm. D’après les tissus, on ne peut qu’estimer sa réalisation qu’entre 1950 et 1975 ! Manifestement, il est fait de vêtements recyclés plus ou moins anciens.
Elle a adoré travailler en « free-form », sans se soucier si sa coupe est bien droite, suivant son inspiration. Son quilt est un hommage à la quilteuse inconnue… et à Roderick Kiracofe !
Allez voir d’autres photos sur son blog Nifty Quilts. Vous y verrez un détail surprenant pour le quilting à la main, issu d’une habitude pas encore parvenue en France 😉
Après 25 ans de bons et loyaux services, le calendrier de l’Avent familial (vous en avez la petite histoire ici) vit chez moi sa dernière année d’activité, car mon fils, aujourd’hui en Terminale, ne sera probablement plus à la maison en décembre prochain. C’est donc ce matin un peu de nostalgie qui m’envahit…
Le voici, avant l’accrochage des petits sacs de tissu vert. La phrase brodée signifie « Chaque jour on approche de Noël » ou plus littéralement « Chaque jour c’est un peu plus Noël ».
J’ai promis ce calendrier pour mon premier petit-enfant. Il deviendra lentement une antiquité pour une nouvelle génération !
Sujata Shah a un style bien à elle, résultant à la fois de ses origines (l’Inde), de son pays d’adoption (les Etats-Unis) mais surtout de sa capacité à apprécier et interpréter les artisanats d’ailleurs qui lui parlent (y compris d’Amérique du Sud et d’Afrique). Ainsi, avec ses quilts, on voyage beaucoup tant ses inspirations viennent d’un peu partout !
Son premier livre est un événement pour elle, mais aussi je crois pour le monde du patchwork. Elle y propose 15 quilts expliqués avec clarté, mais ne croyez pas que vous ferez une copie du sien : chacun sera unique ! Sujata est attirée par l’interprétation libre de blocs classiques en changeant de gammes de tissus (beaucoup de tissus unis aux couleurs chaleureuses rappelant l’Inde, beaucoup de scraps aussi) et en enlevant toute forme de culpabilité : la coupe et l’assemblage se font selon des techniques simples et douces, avec lesquelles un petit défaut n’est pas bien grave et ajoute du charme… C’est une forme de patchwork de plus en plus appréciée, qui colle à la modernisation des goûts en matière esthétique.
Vous avez aussi des choix à faire parmi diverses suggestions de montage ou de quilting à la main ou à la machine.
Oui, ce sont des quilts gais, faciles et modernes que Sujata vous propose, qui vous procurent du plaisir à toutes les étapes de votre création :-). Il y en a donc 15, tous très différents, qui vous réjouiront certainement !
C’est pour moi un coup de foudre, je lis son blog depuis longtemps… et je vais continuer !
Karine, une de nos chères Abeilles de la Ruche, a fait la permanence dans la galerie d’art du Salon de Toulouse en octobre dernier avec sa casquette de membre actif de la délégation France Patchwork 31. Excellente communicatrice, elle a su expliquer au public la démarche de cette exposition et a engagé de longues discussions sur l’art et ses formes, l’expression artistique hors des sentiers battus… J’ai vu de nombreuses personnes enchantées de leur passage à la galerie, alors merci à Karine et à toutes les bénévoles qui ont parfois dû faire le gendarme mais aussi et surtout mettre en lumière le talent des quilteuses exposantes !
Elle nous raconte ici son expérience.
Deux journées ou presque de présence dans notre galerie d’exposition au Salon des Loisirs Créatifs m’ont définitivement convaincue de l’intérêt pour notre association France Patchwork d’être visible.
Avoir un stand et un lieu d’exposition est une formidable opportunité de sortir de l’entre-soi dans lequel nous évoluons bien souvent. C’est avant tout un événement grand public, ouvert, dynamique : il a donc soufflé sur notre exposition une brise revigorante et extrêmement motivante pendant 4 jours.
Etait-ce le thème ou l’exceptionnelle qualité des œuvres ? Il m’est difficile de le dire mais les visiteurs étaient cette année véritablement intéressés, curieux, posant beaucoup de questions pertinentes.
Leur enthousiasme nous a fait un bien fou ! Je dois préciser à nos lectrices et lecteurs qui n’étaient pas présents sur le salon, que par sa variété, l’exposition « dentelles et kimonos » avait pour vocation de toucher un large public. Des œuvres traditionnelles, modernes ou art textile, réalisées à la main ou à la machine, piécées ou appliquées étaient proposées aux visiteurs. Bref, toutes les tendances étaient représentées.
Vous voyez ci-dessus un quilt qui s’appelle « Mais où est le kimono ? » La réponse était en bas à droite, très peu de personnes l’ont découvert… Ou comment mettre un peu d’humour dans ses oeuvres, bravo Sylvie Bedu !
Le format « tableau » a favorisé également la venue de personnes habituellement peu intéressées par les œuvres textiles et je dois le souligner, de nombreux messieurs. Toutes et tous, en tout cas, ont relevé la modernité des œuvres : paroles bien agréables à entendre pour les patcheuses trop souvent jugées avec un brin de condescendance…
Au premier plan, quilt de la talentueuse Christine Mahé. Comme vous le voyez sans doute, l’éclairage artificiel modifie les couleurs malheureusement…
Enfin, signe qui ne trompe pas, de nombreux visiteurs ont exprimé le souhait d’acheter des œuvres exposées ou d’entrer en contact avec les artistes comme ils le feraient pour n’importe quel artiste peintre les intéressant.
En résumé, cette expérience un peu fatigante mais très enrichissante m’a confirmé qu’il existe en France un vrai public pour nos œuvres. Aller à sa rencontre est une mission qui tient à cœur toutes les abeilles de la Ruche des Quilteuses et les membres de FP qui débordent d’idées pour le faire mais n’ont souvent pas assez de 24h par jour pour y arriver !
Karine Favard, Abeille et membre de France Patchwork 31
Un immense bravo à toutes les talentueuses quilteuses de France et du Japon qui ont participé à ce concours !
…car nous allons aujourd’hui bien loin, en Corée du Sud !
Choi So-Young est une artiste coréenne qui vous rappellera Denimu, tous deux utilisent cette même matière première qu’est le pantalon en jean usé pour faire des oeuvres d’art. C’est une jeune génération, Choi étant de 1980 et Ian Berry (Denimu) de 1984. Peu d’autres renseignements filtrent sur internet sur la jeune femme en raison du barrage de la langue. Son inspiration est principalement urbaine, ses tableaux captent les instantanés de Busan, 2e ville coréenne après Séoul, ville dynamique grâce à son port, ses belles plages et son climat clément.
Busan est une ville à l’économie florissante, très moderne et touristique. Cette vue de nuit montre son fameux « Diamond Bridge » de 900 mètres pendant le festival des feux d’artifice (attraction ayant lieu tous les ans en octobre). Voyez ci-dessous l’interprétation de l’artiste !
Sur le blog Moonberry, j’ai trouvé quelques photos étonnantes :
Vue de Busan de nuit, avec le feu d’artifice rebrodé et « emboutonné », photo du blog de Moonberry
Photo de détail venant du même blog (immeuble à droite du tableau précédent). L’artiste utilise absolument toutes les parties des jeans, ici des passants font la façade !
On remarque bien les effets de volumes, la liberté d’interprétation de cette artiste.Autre vue de Busan, tableau de 2005, 84 x 150 cm. Des jeans presque entiers s’intègrent miraculeusement au paysage !
Busan, une des plages touristiquesIl me semble que ce tableau représente le quartier de Gamcheon Culture Village, récemment réhabilité par l’Etat.Naguère le quartier le plus pauvre et insalubre de la ville de Busan, Gamcheon est fait de maisons qui rappellent des Legos et abritent des anciens régugiés, persécutés pendant la guerre de Corée en raison de leur religion (basée sur le symbole du Yin & Yang). Un programme d’aide a fait réparer les bâtiments et a fait des commandes à des artistes pour transformer l’aspect de cet endroit, maintenant visité par des milliers de touristes !
Dans ce blog espagnol, on voit un autre tableau montrant un quartier plus central de Busan :
Fait en 2010, 97 x 97 cm.
Le talent est sans frontière !
Son art est largement reconnu par les professionnels car ce tableau fut vendu… 187 000 euros le 24 mai 2008 à Hong-Kong (Christie’s) ! Il est gigantesque et représente un immense travail puisqu’il mesure 1,50 m de haut pour 3 m de long. Mais je crois que mon tableau préféré parmi ceux trouvés sur internet est celui-ci (100 x 65 cm), bien plus sobre et empreint de poésie ! J’aime cette simplicité…
Ici, en terre de Pastel, nous ne sommes pas rancunières. L’indigo asiatique a fait s’écrouler l’économie régionale au XVIIe siècle, rendant notre teinture bleue issue de l’Isatis Tinctoria trop peu performante, mais nous aimons quand même le blue jean à la folie ! De toute manière, cela fait belle lurette qu’il n’est plus teint à l’indigo…
Nous aimons la récup’ des pantalons fatigués de la famille :
Des sacs en blue jean ont fleuri le 14 novembre dernier lors des 30 ans de France Patchwork ! Nous avons admiré la créativité de chacune…
L’histoire du blue jean est comme un roman d’aventures qui commence à Gênes (jean) et Nîmes (denim), continue au FarWest avec Levi Strauss… et gagne la planète entière au cours de la 2e moitié du XXe siècle. De nos jours, on peut en trouver à très bon marché mais avec quelles matières premières, quels produits chimiques, quel respect des ouvriers ?
Kris l’abeille butineuse m’a appris qu’il existe une jeune société française faisant l’effort de fournir des pantalons blue jean le plus possible « faits en France » ; leur démarche est méritante car le choix de chaque matière première, chaque étape de fabrication est mûrement réfléchie jusqu’au moindre détail, dans un souci à la fois économique et écologique.
Leur nom ? Le voici : 1083, car c’est le nombre de kilomètres à vol d’oiseau sur une carte de France si vous cherchez la plus grande diagonale… Et donc le « fait en France », est né au maximum à 1083 km de chez vous, résident de ce pays ! Un peu d’humour ne fait pas de mal…
En ce qui concerne un pantalon en jean, je suis contente de la transparence des chiffres qui montre que les matières premières : coton (biologique) + les rivets + le bouton coûtent en tout… 3 euros ! Quant à la teinture, elle est sans produit nocif, mais pas à l’indigo ou au pastel qui, j’imagine, ferait grimper en flèche le prix du pantalon !
Je crois que je vais acheter un blue-jean français à mon mari… Il faut patienter, il y a deux mois d’attente ! La rançon du succès sans doute !