Eliane de Vitrolles était une des enthousiastes participantes à la JA organisée par FP13 samedi dernier. Comme j’avais exposé mon arbre de vie en lisières, elle m’a parlé de son quilt qui représente également un Arbre où elle a aussi utilisé des lisières ! Alors bien sûr je lui ai demandé des photos… Comme vous pouvez le voir, il est magnifique !
Voici un Arbre de Vie aux belles feuilles déployées.Quelques feuilles sont même bavardes !Ici le tronc est bien visible, un travail de remplissage à la machine. Il est très bien fait et les couleurs sont très lumineuses. On voir aussi le quilting du fond, une harmonieuse guirlande de feuilles.Oh surprise, on peut soulever les feuilles !!Voilà donc une superbe utilisation de lisières, regardez la bordure si décorative !
Bravo Eliane, merci pour ta confiance !
Des Maisons pour Paradise
Des blocs de maisons de 27 cm se construisent avec ardeur un peu partout en France à la suite de l’appel de Cécile (Blog Patchwork Inspirations). Les quilteuses de Paradise en Californie seront extrêmement touchées de cette solidarité au-delà de l’Océan… Vous êtes formidables ! Paradise va se reconstruire, car les bonnes volontés et les ondes positives aident la population à redonner vie à leur petite ville !
Avant de rendre visite aux Patriarches au pied du Mont Rainier, je te présente cette montagne qu’on voit de Seattle dès que le temps est clément.
J’opte désormais pour le tutoiement dans la série Western Spirit tous les mardis, car c’est un partage d’idées, d’aventures et d’expériences qu’on partage entre amis !
Skyline (« silhouette urbaine ») de Seattle au coucher du soleil, avec la silhouette du Mont Rainier (photo d’ici)
Des 26 volcans de la chaîne, le Mont Rainier est l’un des plus dangereux. Non loin, l’éruption de Mont St-Helens en 1980 fit de gros dégâts et surtout 57 mortsdans une région peu peuplée. Le Mont Rainier est le plus haut sommet de la chaîne des Cascades qui s’étale du Canada à la Californie, le long du Pacifique. On sait que la faille San Andreas poursuit plus au sud les risques majeurs de séismes. La Terre est toujours en activité, c’est loin d’être un astre mort !En suivant ce lien, tu verras que plusieurs villes dans le monde sont menacées par un volcan actif, comme l’est Seattle.
Le Mont Rainier est néanmoins un but de randonnée privilégié, nous avons assisté avec émotion au dévoilement progressif du mastodonte au fil des heures dans la région du Sunrise en étant déjà à environ 2 000 m d’altitude :
Et les Patriarches ?
Ils se trouvent du côté de l’Ohanapecosh River, au pied sud-est du Mont-Rainier. Nous ne sommes plus qu’à environ 500 m d’altitude. Les Patriarches sont les héros de cette forêt primaire, plusieurs dizaines d’arbres millénaires qu’on peut approcher après avoir traversé un pont suspendu.
Traversée sécurisée de la rivière. On nous conseille de traverser le pont un par un car chaque pas engendre des vibrations. C’est pourtant drôle de s’amuser dessus à plusieurs ! Cela me rappelle des passerelles en lianes en Côte d’Ivoire dans la région de Man quand j’étais toute jeune, bien plus instables :Les racines spectaculaires de cet arbre tombé en 1970 permettent de photographier des enfants dans le centre de l’arbre, c’est ici le cliché habituel. N’ayant pas d’enfant sous la main, le creux reste vide, on ne se sent donc pas bien compte de l’échelle 😉
Les arbres tombés sont laissés car ils deviennent parfois des arbres-pépinière : les troncs morts en cours de décomposition, pleins d’insectes, de mousses et de champignons servent de support et de nourriture à de jeunes plants. La forêt primaire suit son cours complet.
Les arbres locaux sont des Douglas (appelés ainsi d’après David Douglas, un botaniste écossais qui fit 10 000 km en 1825-26, à pied et en canoë, pour découvrir la flore le long du Pacifique), des tsugas (autres conifères), et des cèdres rouges (thuyas géants). Ces derniers étaient de première importance pour les Indiens, procurant la matière première pour faire notamment des paniers ou même des capes imperméables avec l’écorce qu’on peut tisser. Ce bois quasi-imputrescible se travaille et se fend facilement ; on le creusait pour faire des canoës, on le sculptait pour faire des mâts totémiques*, on le coupait pour faire les maisons… De nos jours, il continue d’être exploité pour couvrir les maisons en bois traditionnellement sous forme de shingles (bardeaux), sert à l’industrie des meubles, repousse naturellement les insectes (en particulier les mites textiles)… et, merveille culinaire découverte chez LeeAnn et cuisinée par son mari, ce bois donne au saumon un goût incomparable quand on pose le poisson sur une planche de cèdre rouge et qu’on le cuit au barbecue !! Dans ces cas-là, j’adore la cuisine américaine !
*Les totems sont sur-représentés dans notre imaginaire sur les Indiens d’Amérique (la faute aux westerns !). En Amérique du Nord, les mâts totémiques n’existaient que chez les peuples qui s’étendaient de l’Alaska à l’Etat de Washington (en passant donc par la partie ouest du Canada), on les nomme les Indiens du Nord-Pacifique. Les mâts totémiques correspondaient, non pas à une religion, mais à un emblème clanique, un blason, un hommage à une personne décédée ou une commémoration (la victoire d’une guerre par exemple). Il y a donc confusion de termes avec d’autres civilisations utilisant des mâts vaguement similaires ayant une symbolique religieuse.
De même, jamais aucun Indien, à part devant les caméras, ne fit whoo-whoo-hoo en battant la main devant la bouche pour partir à la guerre… et je reviendrai un jour sur le mythe des cowboys, attention déceptions en vue !
Un cèdre rouge qui connut de plus beaux jours… mais sa décomposition enrichira le sol.
Une longue passerelle en bois est aménagée pour que nos pas ne tassent pas la terre, ne blessent pas les racines.
Nous découvrons ébahis de vénérables arbres de 1 000 ans, toujours vivants, appelés les Patriarches.
On les appelle les jumeaux Douglas, ils ont mille ans, malgré leur allure alerte seule une couronne d’environ 20 à 25 cm est encore vivante. LeeAnn et moi ne sommes pas jumelles mais nous sommes sœurs de cœur !
Quelle émotion de toucher ces arbres… Ils fournissent une force énergétique et je comprends les peuples qui les ont divinisés.
Rappelle-toi Pocahontas, dessin animé de Walt Disney (1995) où l’héroïne demande conseil à sa « grand-mère feuillage » qui est la voix de la sagesse…
Plus généralement, ce film est une ode à la tolérance entre les peuples ainsi que l’encouragement à écouter et protéger la nature. C’est bien ce que nous enseigne l’étude de la vie des Indiens qui vivaient en symbiose avec la nature il y a encore peu de temps. Nous sommes bien moins sages. Sans bouder des aspects formidables du progrès, il y a urgence à revoir notre mode de fonctionnement, nous reconnecter à la nature dont nous faisons partie et mieux la respecter, c’est tout notre intérêt.
Nous n’avons pas visité la péninsule d’Olympia, au sud-ouest de Seattle. C’est encore là un lieu exceptionnellement préservé, une forêt primaire extraordinaire. Je t’invite à rendre visite à ce blog, l’un de ceux qui m’ont aidée à organiser notre voyage. Il est écrit par un professeur de géographie de l’université d’Orléans. On y voit ici de magnifiques photos de la péninsule.
Au fil de notre périple dans l’Ouest américain, nous nous sommes posé une question : pourquoi, dans notre vieille Europe, n’avons-nous que peu de très grands arbres ? Nous avons des Arbres Remarquables dûment répertoriés, certes, mais justement pas de très vieux arbres en abondance. Malgré la violence des incendies, ouragans ou tornades qui balaient ce pays américain, nous avons vu tant de très vieux arbres à la circonférence étonnante, même au centre de San Francisco ! La réponse est dans l’histoire des hommes.
L’Europe est, depuis bien longtemps, bien plus densément peuplée que l’Amérique. Si à l’origine, les forêts recouvraient la plus grande partie des territoires européens, au 11e siècle (à partir de l’An 1000), une conjonction d’événements changea la donne. Le climat connut un épisode très doux, la population s’accrut, une meilleure stabilité politique s’instaurait en même temps induisant la sécurité, le développement de l’agriculture et de l’élevage et donc un besoin de gagner de la terre. Mais un défrichement massif sans discernement fut effectué, les forêts furent souvent brûlées, comme un reset, une mise à zéro, ce qui fait qu’on a peu d’arbres très anciens, les arbres jeunes adultes étant exploités, depuis lors, au fur et à mesure des besoins. A noter qu’après 3 siècles de relative prospérité, le Moyen-Âge se termina avec un fort déclin de la population européenne au 14e siècle avec la Guerre de Cent Ans, la Grande Famine, la Peste noire… La Renaissance ne permit pas aux forêts de se reconstituer : les arbres étaient des produits de consommation de première nécessité, sans parler des constructions navales et autres industries avides d’énergie. On était à la recherche constante de bois de construction ou de chauffage : le petit peuple n’avait le droit que de glaner les branches, les troncs étant réservés aux propriétaires terriens.
Au 20e et 21e siècle, nous n’avons jamais eu autant de forêts en France, du moins depuis le 11e siècle ! En revanche, elle ne sont que rarement naturelles. Même les flancs de montagnes sont reboisés, ce qui est formidable, mais souvent avec une seule essence et cette politique favorise la propagation des maladies et insectes ravageurs. Ainsi, au printemps dernier, nous avons frémi à la vue de la forêt du Causse Noir à l’est de Millau, reboisé de pins noirs d’Autriche : ils furent ravagés en 2017 par les chenilles processionnaires et il n’y reste que des milliers d’arbres morts…
En Amérique, c’est une toute autre histoire, les Indiens étaient numériquement très peu nombreux en regard de l’immensité du territoire. Leur prélèvement de bois sur la nature était insignifiant. Et lorsque vinrent les Européens, quels arbres choisirent-ils pour construire leurs maisons (les log cabins), pour élever leurs clôtures, pour brûler dans la cheminée ? Certainement pas les plus grands et les plus vieux, sans doute pour le respect qu’ils inspiraient, mais encore plus certainement parce que les plus jeunes ont des diamètres bien plus pratiques à couper et à transporter !
Famille dans le Minnesota en 1890 devant leur cabane en rondins. On voit bien que les arbres utilisés ne sont pas très vieux…
C’est donc pour ces raisons qu’on peut voir encore aux USA des régions extraordinairement préservées. Pour retrouver l’ambiance de la découverte des très anciens arbres de l’Ouest américain au 19e siècle, je recommande la lecture du roman de Tracy Chevalier A l’Orée du Verger, maintenant disponible en format de Poche.
Et pour illustrer cet article avec quelques quilts, en voici que j’aime beaucoup avec des forêts qui me rappellent celles de l’Etat de Washington, ainsi que quelques arbres remarquables :
J’aime ce modèle classique des années 1930 je crois !Bear in the Wood par Emma Louise, avec l’ours fait en couture sur papier d’après un modèle de Margaret Rolfe.Uncommon Forestde Debbie de Seattle, probablement inspirée par les belles forêts de son Etat, Washington. Je suis amoureuse de ce quilt aux couleurs différentes de celles d’un Noël traditionnel !On change d’univers artistique avec Redwoods de Merle Axelrad. Tissus collés puis quiltés. Bluffant de réalisme !L’érable de Ruth McDowell, si artistique…La Forêt, oeuvre collective faite dans le Tarn, dirigée par Cécile Milhau, voir l’article de Christophe pour des photos de détails. Cécile Milhau, ancienne déléguée FP du Tarn, est une artiste surprenante, aussi à l’aise dans la broderie, le patchwork que l’art textile mix-media.
Je reviendrai un jour sur des arbres que j’ai découverts en Utah, mais dès mardi prochain nous plongerons ensemble dans une ambiance western !
Hier j’ai arpenté les rayonnages d’une librairie toulousaine, Ombres Blanches. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l’envahissement des livres sur la sylvothérapie ! A-t-on besoin de tant de mots, d’encre et de papier pour savoir que se promener en forêt fait un bien fou ? J’ai la grande chance d’habiter à l’orée d’une forêt et c’est une évidence qu’après une balade, sportive ou contemplative, quelle que soit la saison, je rentre heureuse et en paix avec le monde et moi-même.
J’ai une autre sylvothérapie, c’est passer du temps avec mon amie Sylvie, ma Vive qui me donne toujours le sourire, mais c’est une autre histoire…
Bien sûr je me suis précipitée l’année dernière sur le livre-événement d’un garde-forestier allemand qui a détaillé les connections extraordinaires entre les arbres (La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben). J’ai feuilleté récemment celui d’un Japonais qui, sûrement à juste titre, revendique l’art et la science des bains de forêt dans la tradition japonaise, j’ai jeté hier un œil sur tant de livres qui parlent de l’énergie que nous procurent les arbres… Oui, d’accord, mais cela m’est tellement évident que je n’ai acheté aucun de ces ouvrages.
Mais aujourd’hui, c’est différent…
Je fais pleinement confiance à ce monsieur pour me guider à la découverte d’histoires d’arbres et de forêts extraordinaires. Ses expériences professionnelles multiples lui donnent l’expertise pour associer art, science, culture et environnement. J’espère trouver en lui l’émerveillement de la nature tel que je l’ai découvert avec les livres de Jean-Marie Pelt il y a plus de trente ans.
Son livre est richement illustré par Lucille Clerc :
Alors j’ai commandé ce livre, paru hier en Grande-Bretagne (et aux USA, mais aussi en Allemagne… pas encore en France malheureusement).
Illustration Lucille Clerc
Pourquoi tant de confiance en ce monsieur ? Eh bien, ça fait un peu midinette (beaucoup ? bon d’accord), mais Jonathan Drori est le mari de ma romancière préférée, Tracy Chevalier ! Alors je fonce, pleine de confiance !
La page FB de Jon Drori est pleine de photos fabuleuses et d’extraits du livre qui excitent ma curiosité ! Ici la forêt de Sibérie, qui me rappelle mon livre préféré de Sylvain (prénom prédestiné) Tesson, Dans les forêts de Sibérie.
Je vous en donnerai des nouvelles… En attendant, je vous remontre ces quelques quilts sur ce thème, en gardant la certitude qu’on ne perd jamais son temps en faisant du patchwork ou en se promenant en forêt !
Il est des vers qui demeurent en tête, réminiscences des récitations de l’école ou de chansons maintes fois chantées ou entendues… Ce sont bien celles de l’enfance qui restent gravées à jamais.
Il y a quelque temps j’ai eu le coup de cœur pour un modèle innovant de Crazy Mom Quilts, alias Amanda Jean Nyberg, une vue de troncs d’arbres, des bouleaux, faits de mille mini-morceaux de tissus. C’était fait pour moi, fan de scraps et d’arbres !
Bright Birch Trees, Amanda Jean Nyberg, 2012. C’est un quilt facile et très agréable à faire. On peut mettre de toutes les couleurs et de tous les styles de tissus dans les troncs d’arbre, les pièces sont si petites qu’elles se fondent dans l’ensemble. Et IL FAUT s’autoriser à mettre des tissus contrastés !
J’aurais pu copier d’après photo, mais je compatis avec la vie des créatrices qui se donnent tant de mal pour nous et ai acheté son PDF d’explications, très bien fait au demeurant. Ce modèle est un immense succès, je ne suis pas la seule à succomber à son charme ! Et depuis, je collectionne les photos de quilts sur le même thème, en voici un florilège :
Sew French, avec un très beau quilting à la main qui évoque la brise.Une belle réussite de KaHollyTisha & Rachel, à voir ici. Rachel a opté pour un « quilt as you go », on voit donc les bandes qui assemblent les blocs quiltés séparément.CrispyKristin a fait une forêt en pleine nuit, avec beaucoup d’inventivité dans le quilting de chaque bloc (que vous verrez mieux sur instagram ici).La forêt de Lucia WilkeCathy’s Crazy by Design : elle aussi a choisi un fond plus neutre.L’inspiration originale est probablement ce quilt d’art, fait par Tall Grass Prairie Studio. Forêt de nuit., 2011.
Et bien sûr, j’ai commencé à faire quelques troncs. Au moment de décider des tissus de fond, j’ai choisi les plus foncés pour évoquer la nuit, qui ajoute un peu de mystère à la forêt. Je n’étais pas satisfaite du résultat, trop sombre (eh de quoi tu te plains ? C’est ce que tu voulais !), sans éclat malgré les couleurs des troncs, jusqu’à ce que me trotte dans la tête :
La lune blanche luit dans les bois…
J’ai donc appliqué une pleine lune et dès lors, j’ai commencé à aimer ce quilt. Des champignons évoquent l’automne que j’aime tant, la recherche des cèpes dans la forêt près de chez moi, avec la famille et les chiennes… j’ai ajouté la bordure de gauche avec ce qui me restait de bandes (j’envisageais une autre rangée de troncs), puis j’ai brodé le vers de Verlaine qui a sauvé ce quilt.
Un clic sur la photo pour voir les détails !
Le haut vu de plus près…… puis le bas !
B e la u t o m n e à t o u s !
La lune blanche Luit dans les bois De chaque branche Part une voix Sous la ramée…
Ô bien-aimée.
L’étang reflète, Profond miroir, La silhouette Du saule noir Où le vent pleure…
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre Apaisement Semble descendre Du firmament Que l’astre irise…
Catherine, fidèle lectrice de ce blog, m’a contactée parce qu’elle aussi a succombé au charme de l’Arbre de Vie. Les Arbres de Vie ont décidément bel et bien leur place dans le monde du patchwork. Si j’ai bien référencé mes articles – ce qui n’est pas forcément mon fort – vous trouverez tous les articles parus sur la Ruche à ce sujet par ici.
Catherine fait partie, comme beaucoup d’entre nous, d’une lignée de couturières (sa grand-mère en faisait son métier), tricoteuses , brodeuses qui nous ont montré l’exemple. Très jeune, elle a donc su utiliser fils, tissus et machine à coudre. Elle a notamment fait beaucoup de crochet, de broderie, de hardanger et même du boutis.
Sa sœur fait du patchwork depuis 15 ans, elle a été à bonne école avec Astri à Bordeaux. C’est donc tout naturellement que, dès le début de sa retraite d’un travail qui lui prenait tout son temps (directrice d’école maternelle), elle s’est penchée sur le monde du patchwork traditionnel. Après 2 années de cours et d’apprentissage, elle est indépendante, choisissant ses modèles et collectionnant de préférence les tissus japonais et de reproduction. Elle coud souvent auprès de son amie Martine Viellard, mais aussi dans des clubs qui l’accueillent au gré de ses séjours dans le Var. Elle aime particulièrement l’accueil chaleureux du club du Beausset où elle tire l’aiguille bien entourée !
Elle a acquis un panneau Den Haan en Wagenmakers au Salon de Nantes il y a quelques années, chez Petra Prins. Elle a choisi de l’encadrer d’un Jardin de Grand-Mère :
Quelle réussite ! Le dos montre un travail de quilting traditionnnel parfait :
Et en guise de signature, une initiale originale :
Le dos est agrémenté d’une superbe bordure assortie. Bravo Catherine, c’est une magnifique réalisation que je suis fière de montrer ici !
Vendredi dernier à la Ruche, deux Arbres de Vie étaient présentés aux Abeilles, chacun ayant été fini pendant les vacances. Ils sont très différents mais ont tous deux un pied dans l’intemporel, l’autre dans la modernité. Après le mien présenté ici, voici celui de Kristine !
Kristine a réservé un somptueux habillage au panneau traditionnel de l’Arbre de Vie hollandais (dessiné parWillem Rudolf den Haan) dans l’esprit des palempores dessiné et teints en Inde pour les Européens.
Traditionnellement en Hollande, ces panneaux sont encadrés de blocs carrés à 4 carrés-duo (carrés bicolores) formant un moulin. Petra Prins entretient brillamment cette tradition, ce motif étant un vrai trésor de la culture hollandaise :
Kristine a longuement hésité sur la manière d’encadrer le panneau. La décision de suivre cette tradition lui est venue en feuilletant le dernier livre de Gwen Marston, Free-range Triangle Quilts, qui y présente un quilt avec un palempore antique et plusieurs panneaux qu’elle a faits ainsi… d’où l’idée d’oser une interprétation originale avec des blocs irréguliers, comme certains quilts du livre, contrastant avec le classicisme du centre. Kristine a donc découpé des blocs « moulins » irréguliers ! Il en résulte une mosaïque dense et fascinante, tout en respectant la tradition de la bordure en deux temps, avec deux tailles de blocs et deux gammes de couleurs, pour ajouter de la profondeur.
Détail de la mosaïque aux blocs irréguliers. Tissus du site L’arbre de Vie (si bien nommé !) mais tout tissu de repro dans les tons, surtout d’héritage hollandais, conviennent.
Voyez-vous le liseré clair près du bord ? Il est un raffinement supplémentaire des finitions.
Tel un tableau ancien, ce quilt a une étiquette intégrée au cadre, ajoutant du charme et de la singularité au panneau. Fine brodeuse, Kristine a repris le motif des feuilles imprimées en bordure du panneau. La photo ci-dessus a été la première prise et, au vu du résultat, Kristine a souhaité ajouter un petit raffinement, un tour au point de chaînette au fil rouge. Aussitôt dit, aussitôt fait, le vendredi soir ! Résultat probant, cette étiquette s’intégrant bien mieux ainsi :
Détail de broderie reprenant les feuilles de bordure du panneau imprimé.
Les photos ne rendent pas le chatoiement des étoffes de chintz, la complexité des jeux de lumières… mais ce quilt sera visible lors de notre exposition de club à Colomiers en septembre prochain !
Si le sujet des Indiennes vous intéressent, vous pouvez lire les articles de la délégation FP Ariège ici : Les Indiennes/1 et Les Indiennes/2, sous la plume de Babeth Léonard.
Ce panneau tout juste terminé est donc le cadeau que nous fait Kristine aujourd’hui, alors que c’est nous qui devrions lui en faire un car c’est aujourd’hui son anniversaire 😀
Florence fait depuis de nombreuses années des bottes de Noël, à la manière anglo-saxonne, pour les enfants de sa grande famille et son entourage. Elle essaie toujours de personnaliser les décos en fonction des passions du destinataire. Il y a peu, elle a fait une botte pour une jeune fille éprise de nature et d’oiseaux. Elle s’est donc inspirée d’un Arbre de Vie acheté il y a bien longtemps en Egypte, peint sur un papyrus :
A partir de ces dessins, elle a fait un très bel appliqué sur la fameuse botte :
Un très beau cadeau pour la jeune Edwige !
Voilà donc un partage de ma jolie découverte ce matin dans ma boîte-mail ! Merci Florence !
Les Arbres de Vie sont des décorations multiséculaires. On ne peut oublier l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal dans le jardin d’Eden, dont le fruit défendu tenta, selon la légende, notre ancêtre Adam… Souvent considéré chez nous comme une pomme, dans d’autres pays ce fruit est plutôt une figue ou une grenade.
Adam et Eve au Paradis, par Lucas Cranach (1530)
Sans doute l’Arbre de Vie « parle-t-il » à toutes les civilisations ; cet arbre stylisé et symétrique est employé en décoration dès l’Antiquité en Orient. Il a été repris dans l’art médiéval et christianisé pour être accepté ; au Moyen-Âge, les plus aisés faisaient venir d’Inde des panneaux figurant un Arbre de Vie et les tisseurs européens les copièrent, multipliant des tentures à accrocher dans les châteaux remplis de courants d’air ou les lieux sacrés. Il y eut également des peintures sur des murs sur ce thème, trop rarement sauvegardées au fil des ans. Mais voyez ici l’histoire de l’Arbre de Vie de Maïté…
L’Arbre de Vie est pour beaucoup le symbole de l’unité des êtres vivants qui se doivent de vivre en harmonie. Darwin en a fait le schéma de l’origine ancestrale commune, comme un arbre généalogique.
L’arbre de la vie de Darwin tel qu’il apparaît dans On the Origin of Species by Natural Sélection, 1859. C’était l’unique illustration de l’ouvrage et le texte explicite sa vision de l’évolution de la Vie.
En octobre dernier, je n’ai pu éviter de tomber amoureuse d’un panneau teint et imprimé par Dijanne Cevaal, un Arbre de Vie aux grenades sur fond gris. Il n’est pas bien grand mais la broderie de toutes les feuilles et tous les fruits m’a pris un temps certain !! Cependant j’ai apprécié chaque point. La broderie terminée, j’ai trouvé que les tissus de Neelam étaient parfaitement adaptés au côté artisanal de l’ensemble. J’ai donc coupé des petites bandes irrégulières pour faire le tour. L’arbre est brodé en point de tige, son fond en point avant droit, ainsi que la plupart des bandes de la bordure. Pour ajouter de la couleur, j’ai fait deux tours au point de chaînette, en coton perlé jaune d’or. J’aime beaucoup les imprimés des angles qui font un bel effet.
Et voilà le travail !
Pas encore de nom définitif pour ce premier ouvrage de l’année 2016 ! (cliquez sur la photo si vous voulez voir des détails).
Les Arbres de Vie figurent depuis bien longtemps dans l’Art ; je vous en avaisdéjà parlé ici, vous aviez aussi déjà admiré l’Arbre de Vie de Maïté sur cette page. Magnifique témoin du temps passé dont on ne se lasse pas !
Je suis très admirative du travail de ma Bee-Bee Maïté, elle a mûri cet ouvrage dans sa tête des années durant puis soudain, elle a pris confiance en elle et s’est lancée dans ce tableau extraordinaire qui est un jalon important dans sa vie.
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Comme vous l’avez peut-être lu précédemment, je suis très adepte des scrap-quilts, de l’assemblage des bouts de tissus de toutes sortes, en bandes ou confetti, c’est sans doute pour cela que les quilts faits de lisières m’attirent tant. J’ai tout de suite adhéré aux ouvrages de Karen Griska, je vous en avais déjà fait part ici ; de tous ceux que j’ai vus, son Arbre de Vie reste l’un de mes préférés.
Un des modèles-phare du livre* de Karen (120 x 120 cm)
Je viens donc de créer le mien à partir de l’idée formidable de Karen Griska, en vert printemps :
En ce jour venteux et sans soleil, j’ai choisi un écrin divinement parfumé (la sentez-vous ma glycine de Chine ?…) pour vous présenter ma nouvelle fantaisie : My Green Tree of Life.
Quilt au look résolument moderne bien implanté dans le XXIe siècle, qui ne passera sans doute pas aussi bien l’épreuve du temps que celui de Maïté, mais ce fut un grand amusement de le coudre, de choisir des lisières de tissus bleus pour le ciel, d’autres plus colorées pour l’arbre, ajouter quelques vertes et marron au sol… Il mesure 130 x 138 cm, je l’ai quilté à la machine et c’est un drap IKEA, aux pastilles vertes, qui est au dos (ainsi que la bordure de finition). L’oreiller est resté intact, mais la couette est donc partie vers un autre destin…
De près, on a de la lecture !
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* Livre difficile à trouver maintenant à un prix raisonnable : Quilts from the Selvage Edge, Karen Griska, AQS 2008. Je vous rappelle l’adresse de son blog : http://selvageblog.blogspot.fr/
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Actualisation le 2 mai 2012 : j’ai été invitée à présenter mes quilts en lisières dans le blog String Thing Along, où l’on montre ses ouvrages aux autres passionnées de quilts en bandes ! Merci Brenda !
Dans les années 1980, jeune mariée, Maïté vivait dans le Lot dans une maison construite en 3 étapes aux XIe, XIVe et XVIIe siècles. Il y eut maintes rénovations, mais dans la partie la plus ancienne, le mur de pierre surplombant le foyer de la cheminée est précieusement conservé en l’état : un fascinant Arbre de Vie, datant probablement du XVIe siècle, est peint directement sur la pierre ! Il en reste pour Maïté des souvenirs et une photo couleurs, jaunie par le temps, qu’elle regardait parfois avec nostalgie.
Maïté est notre spécialiste du « folk art à la française » et adore l’appliqué. Après de longues années d’hésitation, le désir a été le plus fort et elle s’est décidée à reproduire à l’identique cette peinture de la Renaissance qu’elle a tant admirée. Elle a donc, à partir de la petite photo et après beaucoup de tâtonnements, dessiné cet Arbre de Vie. Avec les encouragements de ses amies Abeilles et les longues recherches des tissus adéquats pour « coller » à l’original, elle a réalisé ce précieux souvenir familial :
Arbre de Vie de Maïté, d’après une peinture de la Renaissance
La symétrie reposante n’est pas absolue, tout comme un arbre naturel. En revanche les trois jarres, d’origine humaine ou divine, sont disposées avec soin.
Vous pouvez noter les anses originales, variantes des « esses » ou spirales utilisées très tôt dans l’art européen ancien (dès le Néolithique !). Elles ont parfois des têtes de dragons sur un corps de serpent, gardiens protecteurs de l’Arbre de Vie. Ici, pas d’animal fabuleux, mais une belle harmonie toute simple.
Les jarres, ou Vases de Vie, contiennent un précieux substrat assurant fertilité, longue vie… et même éternité de l’Arbre. Les plantes sortant de ces Vases s’élancent vers le ciel et l’éternité tandis que les fleurs, promesses de graines et de fertilité, se tournent vers le sol et le monde souterrain pour l’ensemencer.
Fleurs se tournant vers le sol
Quant à la palmette rouge au sommet de l’Arbre, c’est vraisemblablement une fleur de lotus stylisée, symbole oriental de la beauté et la pureté : c’est une plante aquatique dont le pied est dans la boue mais dont la fleur s’élève dans l’air pur.
Cliquez sur les photos pour apprécier les détails : appliqués et broderies fines !
Et le quilting ? Il suit fidèlement chaque contour, chaque feuille… Nous nous sommes amusées à photographier l’Arbre de Vie à contrejour, on devine le matelassage.
Une broderie, au dos de la grande jarre, remplace la traditionnelle étiquette. Clin d’oeil à notre groupe, l’Abeille !