Tracy Chevalier, son nouveau livre et autres nouvelles

Lisez-vous beaucoup l’été ?

 

La connivence continue entre Texte et textile… Les quilteuses sont souvent de bonnes lectrices ; depuis le début de ce blog, j’ai le plaisir d’écrire souvent à propos de Tracy Chevalier, romancière-artiste, qui mêle presque toujours ses histoires à des activités artistiques : peinture, tapisserie, cirque, poésie, patchwork, prose… 

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Je crois bien que dernier roman de Tracy Chevalier n’a pas trouvé son public en France. Le Nouveau, transposition du drame d’Othello dans une école de Washington en 1974, traite de sujets toujours brûlants comme la jalousie, le traitement de la différence, le racisme, en l’occurrence un élève noir dans une classe blanche. Malgré une très belle écriture, les détails vintage, je n’ai pas apprécié ce roman à sa valeur sans doute, car je n’ai jamais lu Othello et ne peux donc pas évaluer la transposition, probablement virtuose. Sans ce point-clé, une certaine distance reste entre le lecteur et l’histoire…

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Allons de l’avant : le nouveau roman est prêt, il sortira en anglais en septembre, puis en français en 2020. Violet, une jeune femme pleurant la perte de son fiancé et son frère lors de la Grande Guerre, va assumer son indépendance en s’installant dans la ville de Winchester. Elle entrera dans un groupe de femmes qui brodent des coussins pour la cathédrale. Je n’en sais pas plus, mais que j’ai hâte de le lire !

Des coussins de Winchester Cathedral, photo du site de Tracy Chevalier.

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Sur son site, Tracy Chevalier annonce aussi le thème du livre sur lequel elle travaille : une grande histoire autour de la fabrication et la vente des perles de verre de Murano (près de Venise)… Un autre délice à venir !!

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Autre nouvelle extraordinaire : la création d’un Opéra à Zürich (Suisse) sur l’histoire de la Jeune Fille à la Perle ! La musique, de style avant-gardiste, est signée Stefan Wirth, la Première aura lieu le 24 mai 2020, les autres dates par ici.

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Texte et textile encore : Tracy Chevalier est devenue quilteuse, après avoir voulu simplement se renseigner sur cette activité pour mieux écrire La dernière Fugitive. Mais elle continue ! Toujours cousant à la main, elle aime se reposer des mots en travaillant les tissus. Elle a fait plusieurs quilts elle-même mais elle fait bien plus : organiser des expositions ! A ma connaissance, elle a initié deux événements, l’un avec des quilteuses du Yorkshire, l’autre avec des détenus dans diverses prisons anglaises.

Le quilt des soeurs Brontë est rarement exposé, pour le préserver. Il mesure 187 x 214 cm.

Dans le Yorkshire, c’était  en 2016 la commémoration des 200 ans de la naissance de Charlotte Brontë (son roman le plus connu : Jane Eyre, monument de la littérature britannique). Or, elle et ses sœurs avaient cousu un quilt en soie, taffetas, velours et coton, qu’on imagine venir de leurs propres robes. Bien sûr, la technique est « à l’anglaise » et des papiers (lettres, journaux) restent emprisonnés dans cet ouvrage… qui n’est pas un vrai quilt puisqu’il n’est pas quilté (tout comme celui de Jane Austen, voir ici l’article que je lui ai consacré). Une exposition de mini-quilts sur le thème a été organisée en 2016, mais je n’ai pas trouvé de lien très intéressant fonctionnant encore, juste cette affiche montrant une reproduction de l’ouvrage des trois sœurs Charlotte, Anne et Emily :

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Enfin, texte et textile toujours : dans le cadre d’une exposition sur « ce qu’on fait dans son lit » (naître, dormir, faire l’amour, être malade, mourir), Tracy a, avec l’aide de l’association Fine Cell Work, encouragé des détenus à s’exprimer sur le sommeil et les rêves, avec des consignes : un bloc de 25 cm de côté et une dominante en bleu et blanc. Les blocs sont faits par des experts, car cette association, Fine Cell Work, enseigne les arts de l’aiguille et fait travailler les prisonniers volontaires (une forte majorité d’hommes) contre une rémunération équitable ; cela favorise le goût du travail bien fait, donne une expertise, apprend à acquérir l’estime de soi… Les ouvrages faits par les prisonniers sont en vente ici. Vous pouvez y admirer un remarquable artisanat ! Donc pour le projet de Tracy, un quilt a été fait avec les 63 blocs reçus :

J’ai acheté le livre sur cette expérience : sur un tout petit format (un carré de 14,5 cm seulement), on y lit le contexte de cette aventure mais on voit aussi des détails des blocs, souvent + grands que nature, on apprécie la justesse de la broderie mais aussi, surprise, on voit que le thème est exploré en profondeur. S’y retrouvent naturellement des comptines enfantines, des lunes et des étoiles, mais aussi des versets de la Bible, des mots de Shakespeare, des évocations de tableaux comme le Cri de Munch… Les photos montrent la qualité du travail de ces brodeurs pas comme les autres, et leur envie de s’en sortir dans la vie. Quoi qu’ils aient fait, ils purgent leur peine envers la société et ensuite il faut se réinsérer, s’habituer à travailler, à penser positivement… On ne sait jamais quelle révolution intérieure peut s’enclencher quand on se met à faire de l’art ! Leurs réflexions, en fin de livre, montrent à quel point on peut transférer son agressivité en canalisant son énergie positivement dans le travail manuel. Certains évoquent aussi l’indépendance gagnée en mettant de l’argent de côté, la perspective de trouver un travail en sortant, ou simplement la fierté du travail bien fait.
Les bénéfices du livre vont à Fine Cell Work, l’association qui promeut les arts de l’aiguille en prison. 

Ce n’est pas une expérience unique : on peut rappeler l’histoire du Rajah quilt (1841) mais aussi maintes initiatives de par le monde.

Un excellent article en français (d’une brodeuse suisse) présente également ce livre : https://www.letempsdebroder.com/articles/quilt-sommeil-chevalier/

Tracy Chevalier a dit à propos de cette expérience dans The Guardian :

Cela semble bête de dire que coudre peut aider des gens, mais c’est une action très thérapeutique, très reposante. Et c’est l’occasion pour ces gars de faire quelque chose de beau, d’être félicités et payés pour cela. Certains ont commencé cette activité pour gagner de l’argent, mais la plupart continuent parce qu’ils aiment coudre… Cela semble invraisemblable, mais coudre a bien déclenché quelque chose en eux.

Voici le quilt entier, plein de symboles, d’histoires personnelles, d’espoirs :

Voilà les nouvelles que j’ai pu récolter sur cette femme que j’admire beaucoup !

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Photo Anna Huix, Sunday Times

Quant à son mari que j’ai déjà présenté, Jonathan Drori, son livre est enfin édité en français ; je l’ai offert au mien – de mari – lui qui a planté une centaine d’arbres chez nous, par passion… juste répartition des choses ! Dans la forêt de livres sur les arbres, je vous le recommande chaleureusement, Ce que nous disent les arbres du monde : enchanteur, intelligent, informatif et si poétique… Un merveilleux livre sur la prodigieuse intelligence de la nature ! 

Avec Jonathan Drori, nous faisons un tour du monde sans jamais nous ennuyer, en apprenant à mieux connaître ces compagnons de l’humanité.

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Info finale, en rapport avec le livre ci-dessus : Cosabeth Parriaud nous informe sur Facebook que, jusqu’au 20 novembre, une belle exposition a lieu à Paris sur les arbres, vus par des scientifiques, des philosophes, des artistes. Cela semble très intéressant, mais aussi très salutaire pour tenter de sauver ce qui peut l’être : l’Amazonie est décapitée, la Sibérie brûle (des centaines de milliers d’hectares en ce moment-même), ainsi que l’Alaska et bien d’autres forêts, on a une pensée aussi bien sûr pour nos amis portugais… C’est tout sauf anecdotique, du sauvetage des arbres dépendra notre avenir et peut-être notre survie. J’écoute la jeunesse qui ne regarde pas ailleurs… Notre monde bleu et vert va-t-il survivre ?

Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, Paris 14e

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Petite pause estivale… Prenez soin de vous et de votre environnement, attention à la chaleur, lisez, rêvez les yeux ouverts… à l’ombre !
À bientôt !

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Des Arbres de Vie d’une île paradisiaque

Les Abeilles font un vrai petit village de maisons à offrir aux quilteuses de Paradise, nous nous donnons encore une semaine avant d’expédier le tout à Cécile (Patchwork Inspirations). Kristine, Maïté, Evelyne, Christophe, Eliane, Andrée, Simone et moi avons déjà fait des blocs, d’autres arriveront vendredi prochain ! Toutes sont à 27 cm, c’est l’équerrage des photos qui fait paraître les deux dernières plus grandes 🙂

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Autre idée du paradis, Caohagan, une petite île des Philippines où la vente de quilts joue pour un tiers dans l’économie locale. C’est une histoire racontée sur ce blog il y a plusieurs mois, que j’ai eu envie de raconter de nouveau à l’auditoire attentif des Bouches-du-Rhône la semaine dernière, vous pouvez la retrouver ici.

En relisant l’article, je me suis aperçue que je n’avais jamais publié les quilts promis !

Alors voici ces Arbres de vie que j’ai choisis parmi des dizaines de quilts aux thèmes variés, parce que le symbole me plaît tout simplement. Je ne m’en lasse pas, ils sont intemporels comme les Arts Premiers, gais comme des quilts modernes d’aujourd’hui, spontanés comme des quilts afro-américains… Bref je les aime, les beaux cadeaux de mon mari❤️!

Le premier est fait par NARDA, il a la couleur de l’année en fond principal (voir la nuance corail vivant de Pantone ici).

Sous le doux soleil hivernal les couleurs font bien plus pâles qu’en réalité.

Comme tous les autres quilts, tout est cousu main hormis le biais rouge qui ferme le sandwich. Des broderies au coton perlé enrichissent le dessin, les tissus sont choisis avec beaucoup de liberté. Tous ne me semblent pas être 100% coton, mais l’ensemble est extrêmement harmonieux et très bien fait.

Le second a été créé par AKANG, un des hommes quilteurs de l’île.

Ici le fond principal est jaune pâle. Même si le patchwork est de guingois, élément décoratif sympathique, le quilt est parfaitement équerré et les manchons sont cousus. On a affaire à des connaisseurs !

A l’évidence le quilteur a l’œil artistique, l’harmonie des bandes d’encadrement l’atteste et les appliqués sont vraiment réussis.

Vous le remarquez, tous les quiltings sont faits de la même façon, des lignes parallèles de 1 cm d’écart. C’est justement le nouveau quilting à la mode chez les artistes américaines mais… à la machine à coudre !

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Un Arbre de Vie d’Eliane de Vitrolles

Eliane de Vitrolles était une des enthousiastes participantes à la JA organisée par FP13 samedi dernier. Comme j’avais exposé mon arbre de vie en lisières, elle m’a parlé de son quilt qui représente également un Arbre où elle a aussi utilisé des lisières ! Alors bien sûr je lui ai demandé des photos… Comme vous pouvez le voir, il est magnifique !

Voici un Arbre de Vie aux belles feuilles déployées.
Quelques feuilles sont même bavardes !
Ici le tronc est bien visible, un travail de remplissage à la machine. Il est très bien fait et les couleurs sont très lumineuses. On voir aussi le quilting du fond, une harmonieuse guirlande de feuilles.
Oh surprise, on peut soulever les feuilles !!
Voilà donc une superbe utilisation de lisières, regardez la bordure si décorative !

Bravo Eliane, merci pour ta confiance !

Des Maisons pour Paradise

Des blocs de maisons de 27 cm se construisent avec ardeur un peu partout en France à la suite de l’appel de Cécile (Blog Patchwork Inspirations). Les quilteuses de Paradise en Californie seront extrêmement touchées de cette solidarité au-delà de l’Océan… Vous êtes formidables ! Paradise va se reconstruire, car les bonnes volontés et les ondes positives aident la population à redonner vie à leur petite ville !

 

Western Spirit 4 – Rendons visite aux Patriarches

Avant de rendre visite aux Patriarches au pied du Mont Rainier, je te présente cette montagne qu’on voit de Seattle dès que le temps est clément.

J’opte désormais pour le tutoiement dans la série Western Spirit tous les mardis, car c’est un partage d’idées, d’aventures et d’expériences qu’on partage entre amis !

Skyline (« silhouette urbaine ») de Seattle au coucher du soleil, avec la silhouette du Mont Rainier (photo d’ici)

Le Mont Rainier est ce volcan qui, tel le Mont Fuji pour Tokyo, domine la ville de Seattle du haut de ses 4 392 mètres. Distant de la ville d’une petite centaine de kilomètres, il est considéré comme le volcan le plus dangereux des Etats-Unis (sans compter le Kilauea d’Hawaii, en constante activité…)

Des 26 volcans de la chaîne, le Mont Rainier est l’un des plus dangereux. Non loin, l’éruption de Mont St-Helens en 1980 fit de gros dégâts et surtout 57 morts dans une région peu peuplée.  Le Mont Rainier est le plus haut sommet de la chaîne des Cascades qui s’étale du Canada à la Californie, le long du Pacifique. On sait que la faille San Andreas poursuit plus au sud les risques majeurs de séismes. La Terre est toujours en activité, c’est loin d’être un astre mort !
En suivant ce lien, tu verras que plusieurs villes dans le monde sont menacées par un volcan actif, comme l’est Seattle.

Le Mont Rainier est néanmoins un but de randonnée privilégié, nous avons assisté avec émotion au dévoilement progressif du mastodonte au fil des heures dans la région du Sunrise en étant déjà à environ 2 000 m d’altitude :

Et les Patriarches ?

Ils se trouvent du côté de l’Ohanapecosh River, au pied sud-est du Mont-Rainier. Nous  ne sommes plus qu’à environ 500 m d’altitude. Les Patriarches sont les héros de cette forêt primaire, plusieurs dizaines d’arbres millénaires qu’on peut approcher après avoir traversé un pont suspendu.

Traversée sécurisée de la rivière. On nous conseille de traverser le pont un par un car chaque pas engendre des vibrations. C’est pourtant drôle de s’amuser dessus à plusieurs ! Cela me rappelle des passerelles en lianes en Côte d’Ivoire dans la région de Man quand j’étais toute jeune, bien plus instables :
                               
Les racines spectaculaires de cet arbre tombé en 1970 permettent de photographier des enfants dans le centre de l’arbre, c’est ici le cliché habituel. N’ayant pas d’enfant sous la main, le creux reste vide, on ne se sent donc pas bien compte de l’échelle 😉

Les arbres tombés sont laissés car ils deviennent parfois des arbres-pépinière : les troncs morts en cours de décomposition, pleins d’insectes, de mousses et de champignons servent de support et de nourriture à de jeunes plants. La forêt primaire suit son cours complet.

Les arbres locaux sont des Douglas (appelés ainsi d’après David Douglas, un botaniste écossais qui fit 10 000 km en 1825-26, à pied et en canoë, pour découvrir la flore le long du Pacifique), des tsugas (autres conifères), et des cèdres rouges (thuyas géants). Ces derniers étaient de première importance pour les Indiens, procurant la matière première pour faire notamment des paniers ou même des capes imperméables avec l’écorce qu’on peut tisser. Ce bois quasi-imputrescible se travaille et se fend facilement ; on le creusait pour faire des canoës, on le sculptait pour faire des mâts totémiques*, on le coupait pour faire les maisons… De nos jours, il continue d’être exploité pour couvrir les maisons en bois traditionnellement sous forme de shingles (bardeaux), sert à l’industrie des meubles, repousse naturellement les insectes (en particulier les mites textiles)… et, merveille culinaire découverte chez LeeAnn et cuisinée par son mari, ce bois donne au saumon un goût incomparable quand on pose le poisson sur une planche de cèdre rouge et qu’on le cuit au barbecue !! Dans ces cas-là, j’adore la cuisine américaine !

*Les totems sont sur-représentés dans notre imaginaire sur les Indiens d’Amérique (la faute aux westerns !). En Amérique du Nord, les mâts totémiques n’existaient que chez les peuples qui s’étendaient de l’Alaska à l’Etat de Washington (en passant donc par la partie ouest du Canada), on les nomme les Indiens du Nord-Pacifique. Les mâts totémiques correspondaient, non pas à une religion, mais à un emblème clanique, un blason, un hommage à une personne décédée ou une commémoration (la victoire d’une guerre par exemple). Il y a donc confusion de termes avec d’autres civilisations utilisant des mâts vaguement similaires ayant une symbolique religieuse.
De même, jamais aucun Indien, à part devant les caméras, ne fit whoo-whoo-hoo en battant la main devant la bouche pour partir à la guerre… et je reviendrai un jour sur le mythe des cowboys, attention déceptions en vue !

Un cèdre rouge qui connut de plus beaux jours… mais sa décomposition enrichira le sol.

Une longue passerelle en bois est aménagée pour que nos pas ne tassent pas la terre, ne blessent pas les racines.

Nous découvrons ébahis de vénérables arbres de 1 000 ans, toujours vivants, appelés les Patriarches.

On les appelle les jumeaux Douglas, ils ont mille ans, malgré leur allure alerte seule une couronne d’environ 20 à 25 cm est encore vivante. LeeAnn et moi ne sommes pas jumelles mais nous sommes sœurs de cœur !

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 Quelle émotion de toucher ces arbres… Ils fournissent une force énergétique et je comprends les peuples qui les ont divinisés.

Rappelle-toi Pocahontas, dessin animé de Walt Disney (1995)  où l’héroïne demande conseil à sa « grand-mère feuillage » qui est la voix de la sagesse…

Plus généralement, ce film est une ode à la tolérance entre les peuples ainsi que l’encouragement à écouter et protéger la nature. C’est bien ce que nous enseigne l’étude de la vie des Indiens qui vivaient en symbiose avec la nature il y a encore peu de temps. Nous sommes bien moins sages. Sans bouder des aspects formidables du progrès, il y a urgence à revoir notre mode de fonctionnement, nous reconnecter à la nature dont nous faisons partie et mieux la respecter, c’est tout notre intérêt.

Nous n’avons pas visité la péninsule d’Olympia, au sud-ouest de Seattle. C’est encore là un lieu exceptionnellement préservé, une forêt primaire extraordinaire. Je t’invite à rendre visite à ce blog, l’un de ceux qui m’ont aidée à organiser notre voyage. Il est écrit par un professeur de géographie de l’université d’Orléans. On y voit ici de magnifiques photos de la péninsule.

Au fil de notre périple dans l’Ouest américain, nous nous sommes posé une question : pourquoi, dans notre vieille Europe, n’avons-nous que peu de très grands arbres ? Nous avons des Arbres Remarquables dûment répertoriés, certes, mais justement pas de très vieux arbres en abondance. Malgré la violence des incendies, ouragans ou tornades qui balaient ce pays américain, nous avons vu tant de très vieux arbres à la circonférence étonnante, même au centre de San Francisco ! La réponse est dans l’histoire des hommes.

800px-Défrichements_médiévaux_L’Europe est, depuis bien longtemps, bien plus densément peuplée que l’Amérique. Si à l’origine, les forêts recouvraient la plus grande partie des territoires européens, au 11e siècle (à partir de l’An 1000), une conjonction d’événements changea la donne. Le climat connut un épisode très doux, la population s’accrut, une meilleure stabilité politique s’instaurait en même temps induisant la sécurité, le développement de l’agriculture et de l’élevage et donc un besoin de gagner de la terre. Mais un défrichement massif sans discernement fut effectué, les forêts furent souvent brûlées, comme un reset, une mise à zéro, ce qui fait qu’on a peu d’arbres très anciens, les arbres jeunes adultes étant exploités, depuis lors, au fur et à mesure des besoins. A noter qu’après 3 siècles de relative prospérité, le Moyen-Âge se termina avec un fort déclin de la population européenne au 14e siècle avec la Guerre de Cent Ans, la Grande Famine, la Peste noire… La Renaissance ne permit pas aux forêts de se reconstituer : les arbres étaient des produits de consommation de première nécessité, sans parler des constructions navales et autres industries avides d’énergie. On était à la recherche constante de bois de construction ou de chauffage : le petit peuple n’avait le droit que de glaner les branches, les troncs étant réservés aux propriétaires terriens.

Au 20e et 21e siècle, nous n’avons jamais eu autant de forêts en France, du moins depuis le 11e siècle ! En revanche, elle ne sont que rarement naturelles. Même les flancs de montagnes sont reboisés, ce qui est formidable, mais souvent avec une seule essence et cette politique favorise la propagation des maladies et insectes ravageurs. Ainsi, au printemps dernier, nous avons frémi à la vue de la forêt du Causse Noir à l’est de Millau, reboisé de pins noirs d’Autriche : ils furent ravagés en 2017 par les chenilles processionnaires et il n’y reste que des milliers d’arbres morts…

Photo prise en 2017. https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/aveyron/rodez/millions-chenilles-processionnaires-ont-envahi-causse-noir-aveyron-1358275.html

La dernière forêt primaire d’Europe se trouve en Pologne, près de la Biélorussie, et elle semble menacée par une campagne de défrichement

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Arbres en décomposition dans le parc national de Bialowieza. / Gryf/Stock.adobe.com

En Amérique, c’est une toute autre histoire, les Indiens étaient numériquement très peu nombreux en regard de l’immensité du territoire. Leur prélèvement de bois sur la nature était insignifiant. Et lorsque vinrent les Européens, quels arbres choisirent-ils pour construire leurs maisons (les log cabins), pour élever leurs clôtures, pour brûler dans la cheminée ? Certainement pas les plus grands et les plus vieux, sans doute pour le respect qu’ils inspiraient, mais encore plus certainement parce que les plus jeunes ont des diamètres bien plus pratiques à couper et à transporter !

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Famille dans le Minnesota en 1890 devant leur cabane en rondins. On voit bien que les arbres utilisés ne sont pas très vieux…

C’est donc pour ces raisons qu’on peut voir encore aux USA des régions extraordinairement préservées. Pour retrouver l’ambiance de la découverte des très anciens arbres de l’Ouest américain au 19e siècle, je recommande la lecture du roman de Tracy Chevalier A l’Orée du Verger, maintenant disponible en format de Poche.

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Et pour illustrer cet article avec quelques quilts, en voici que j’aime beaucoup avec des forêts qui me rappellent celles de l’Etat de Washington, ainsi que quelques arbres remarquables :

J’aime ce modèle classique des années 1930 je crois !
Bear in the Wood par Emma Louise, avec l’ours fait en couture sur papier d’après un modèle de Margaret Rolfe.
Uncommon Forest de Debbie de Seattle, probablement inspirée par les belles forêts de son Etat, Washington. Je suis amoureuse de ce quilt aux couleurs différentes de celles d’un Noël traditionnel !
On change d’univers artistique avec Redwoods de Merle Axelrad. Tissus collés puis quiltés. Bluffant de réalisme !
L’érable de Ruth McDowell, si artistique…
La Forêt, oeuvre collective faite dans le Tarn, dirigée par Cécile Milhau, voir l’article de Christophe pour des photos de détails. Cécile Milhau, ancienne déléguée FP du Tarn, est une artiste surprenante, aussi à l’aise dans la broderie, le patchwork que l’art textile mix-media.

Je reviendrai un jour sur des arbres que j’ai découverts en Utah, mais dès mardi prochain nous plongerons ensemble dans une ambiance western !

Until later, porte-toi bien,
Katell

Sylvothérapie

Hier j’ai arpenté les rayonnages d’une librairie toulousaine, Ombres Blanches. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l’envahissement des livres sur la sylvothérapie ! A-t-on besoin de tant de mots, d’encre et de papier pour savoir que se promener en forêt fait un bien fou ? J’ai la grande chance d’habiter à l’orée d’une forêt et c’est une évidence qu’après une balade, sportive ou contemplative, quelle que soit la saison, je rentre heureuse et en paix avec le monde et moi-même.

J’ai une autre sylvothérapie, c’est passer du temps avec mon amie Sylvie, ma Vive qui me donne toujours le sourire, mais c’est une autre histoire…

Bien sûr je me suis précipitée l’année dernière sur le livre-événement d’un garde-forestier allemand qui a détaillé les connections extraordinaires entre les arbres (La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben). J’ai feuilleté récemment celui d’un Japonais qui, sûrement à juste titre, revendique l’art et la science des bains de forêt dans la tradition japonaise, j’ai jeté hier un œil sur tant de livres qui parlent de l’énergie que nous procurent les arbres… Oui, d’accord, mais cela m’est tellement évident que je n’ai acheté aucun de ces ouvrages.

Mais aujourd’hui, c’est différent…

Je fais pleinement confiance à ce monsieur pour me guider à la découverte d’histoires d’arbres et de forêts extraordinaires. Ses expériences professionnelles multiples lui donnent l’expertise pour associer art, science, culture et environnement. J’espère trouver en lui l’émerveillement de la nature tel que je l’ai découvert avec les livres de Jean-Marie Pelt il y a plus de trente ans.

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Son livre est richement illustré par Lucille Clerc :

Alors j’ai commandé ce livre, paru hier en Grande-Bretagne (et aux USA, mais aussi en Allemagne… pas encore en France malheureusement).

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Illustration Lucille Clerc

Pourquoi tant de confiance en ce monsieur ? Eh bien, ça fait un peu midinette (beaucoup ? bon d’accord), mais Jonathan Drori est le mari de ma romancière préférée, Tracy Chevalier ! Alors je fonce, pleine de confiance !

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La page FB de Jon Drori est pleine de photos fabuleuses et d’extraits du livre qui excitent ma curiosité ! Ici la forêt de Sibérie, qui me rappelle mon livre préféré de Sylvain (prénom prédestiné) Tesson, Dans les forêts de Sibérie.

Je vous en donnerai des nouvelles… En attendant, je vous remontre ces quelques quilts sur ce thème, en gardant la certitude qu’on ne perd jamais son temps en faisant du patchwork ou en se promenant en forêt !

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Mon Arbre de Vie Vert reste un de mes quilts préférés…
mais aussi cette forêt automnale déstructurée au clair de lune…
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J’aime les quilts avec des arbres… même en dos de quilt !

La Lune Blanche…

Il est des vers qui demeurent en tête, réminiscences des récitations de l’école ou de chansons maintes fois chantées ou entendues… Ce sont bien celles de l’enfance qui restent gravées à jamais.

Il y a quelque temps j’ai eu le coup de cœur pour un modèle innovant de Crazy Mom Quilts, alias Amanda Jean Nyberg, une vue de troncs d’arbres, des bouleaux, faits de mille mini-morceaux de tissus. C’était fait pour moi, fan de scraps et d’arbres !

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Bright Birch Trees, Amanda Jean Nyberg, 2012. C’est un quilt facile et très agréable à faire. On peut mettre de toutes les couleurs et de tous les styles de tissus dans les troncs d’arbre, les pièces sont si petites qu’elles se fondent dans l’ensemble. Et IL FAUT s’autoriser à mettre des tissus contrastés !

J’aurais pu copier d’après photo, mais je compatis avec la vie des créatrices qui se donnent tant de mal pour nous et ai acheté son PDF d’explications, très bien fait au demeurant. Ce modèle est un immense succès, je ne suis pas la seule à succomber à son charme ! Et depuis, je collectionne les photos de quilts sur le même thème, en voici un florilège :

https://sewfrench.com/2014/01/24/seeing-the-forest-through-the-trees/
Sew French, avec un très beau quilting à la main qui évoque la brise.
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Une belle réussite de KaHolly
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Tisha & Rachel, à voir ici. Rachel a opté pour un « quilt as you go », on voit donc les bandes qui assemblent les blocs quiltés séparément.
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CrispyKristin a fait une forêt en pleine nuit, avec beaucoup d’inventivité dans le quilting de chaque bloc (que vous verrez mieux sur instagram ici).
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La forêt de Lucia Wilke
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Cathy’s Crazy by Design : elle aussi a choisi un fond plus neutre.
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L’inspiration originale est probablement ce quilt d’art, fait par Tall Grass Prairie Studio. Forêt de nuit., 2011.

Et bien sûr, j’ai commencé à faire quelques troncs. Au moment de décider des tissus de fond, j’ai choisi les plus foncés pour évoquer la nuit, qui ajoute un peu de mystère à la forêt. Je n’étais pas satisfaite du résultat, trop sombre (eh de quoi tu te plains ? C’est ce que tu voulais !), sans éclat malgré les couleurs des troncs, jusqu’à ce que me trotte dans la tête :

La lune blanche luit dans les bois…

J’ai donc appliqué une pleine lune et dès lors, j’ai commencé à aimer ce quilt. Des champignons évoquent l’automne que j’aime tant, la recherche des cèpes dans la forêt près de chez moi, avec la famille et les chiennes… j’ai ajouté la bordure de gauche avec ce qui me restait de bandes (j’envisageais une autre rangée de troncs), puis j’ai brodé le vers de Verlaine qui a sauvé ce quilt.

Katell La Ruche des Quilteuses - La lune blanche
Un clic sur la photo pour voir les détails !

 

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Le haut vu de plus près…
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… puis le bas !

l   e   à   s   !

La lune blanche
Luit dans les bois
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…

Ô bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…

C’est l’heure exquise.

Paul Verlaine

L’Arbre de Vie de Catherine

Catherine, fidèle lectrice de ce blog, m’a contactée parce qu’elle aussi a succombé au charme de l’Arbre de Vie. Les Arbres de Vie ont décidément bel et bien leur place dans le monde du patchwork. Si j’ai bien référencé mes articles  – ce qui n’est pas forcément mon fort – vous trouverez tous les articles parus sur la Ruche à ce sujet par ici.

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Catherine fait partie, comme beaucoup d’entre nous, d’une  lignée de couturières (sa grand-mère en faisait son métier), tricoteuses , brodeuses qui nous ont montré l’exemple. Très jeune, elle a donc su utiliser fils, tissus et machine à coudre. Elle a notamment fait beaucoup de crochet, de broderie, de hardanger et même du boutis.

Sa sœur fait du patchwork depuis 15 ans, elle a été à bonne école avec Astri à Bordeaux. C’est donc tout naturellement que, dès le début de sa retraite d’un travail qui lui prenait tout son temps (directrice d’école maternelle), elle s’est penchée sur le monde du patchwork traditionnel. Après 2 années de cours et d’apprentissage, elle est indépendante, choisissant ses modèles et collectionnant de préférence les tissus japonais et de reproduction. Elle coud souvent auprès de son amie Martine Viellard, mais aussi dans des clubs qui l’accueillent au gré de ses séjours dans le Var. Elle aime particulièrement l’accueil chaleureux du club du Beausset où elle tire l’aiguille bien entourée !

Elle a acquis un panneau Den Haan en Wagenmakers  au Salon de Nantes il y a quelques années, chez Petra Prins. Elle a choisi de l’encadrer d’un Jardin de Grand-Mère :

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Quelle réussite ! Le dos montre un travail de quilting traditionnnel parfait :

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Et en guise de signature, une initiale originale :

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Le dos est agrémenté d’une superbe bordure assortie.
Bravo Catherine, c’est une magnifique réalisation que je suis fière de montrer ici !

Un nouvel Arbre de Vie/3

Vendredi dernier à la Ruche, deux Arbres de Vie étaient présentés aux Abeilles, chacun ayant été fini pendant les vacances. Ils sont très différents mais ont tous deux un pied dans l’intemporel, l’autre dans la modernité. Après le mien présenté ici, voici celui de Kristine !
arbre de vie CT 2016 La Ruche des Quilteuses

Kristine a réservé un somptueux habillage au panneau traditionnel de l’Arbre de Vie hollandais (dessiné par  Willem Rudolf den Haan) dans l’esprit des palempores dessiné et teints en Inde pour les Européens.

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Palempore de 1640

Traditionnellement en Hollande, ces panneaux sont encadrés de blocs carrés à 4 carrés-duo (carrés bicolores) formant un moulin. Petra Prins entretient brillamment cette tradition, ce motif étant un vrai trésor de la culture hollandaise :

http://www.petraprinspatchwork.com/a-38090201/quilt-kits-dutch-heritage/tree-of-life/
Arbre de Vie Petra Prins

Kristine a longuement hésité sur la manière d’encadrer le panneau. La décision de suivre cette tradition lui est venue en feuilletant  le dernier livre de Gwen Marston, Free-range Triangle Quilts, qui y présente un quilt avec un palempore antique et plusieurs panneaux qu’elle a faits ainsi… d’où l’idée d’oser une interprétation originale avec des blocs irréguliers, comme certains quilts du livre, contrastant avec le classicisme du centre. Kristine a donc découpé des blocs « moulins » irréguliers ! Il en résulte une mosaïque dense et fascinante, tout en respectant la tradition de la bordure en deux temps, avec deux tailles de blocs et deux gammes de couleurs, pour ajouter de la profondeur.

arbre de vie CT 2016 La Ruche des Quilteuses
Détail de la mosaïque aux blocs irréguliers. Tissus du site L’arbre de Vie (si bien nommé !) mais tout tissu de repro dans les tons, surtout d’héritage hollandais, conviennent.

Voyez-vous le liseré clair près du bord ? Il est un raffinement supplémentaire des finitions.

arbre de vie CT 2016 La Ruche des Quilteuses

Tel un tableau ancien, ce quilt a une étiquette intégrée au cadre, ajoutant du charme et de la singularité au panneau. Fine brodeuse, Kristine a repris le motif des feuilles imprimées en bordure du panneau. La photo ci-dessus a été la première prise et, au vu du résultat, Kristine a souhaité ajouter un petit raffinement, un tour au point de chaînette au fil rouge. Aussitôt dit, aussitôt fait, le vendredi soir ! Résultat probant, cette étiquette s’intégrant bien mieux ainsi :

arbre de vie CT 2016 La Ruche des Quilteuses

arbre de vie CT 2016 La Ruche des Quilteuses
Détail de broderie reprenant les feuilles de bordure du panneau imprimé.

Les photos ne rendent pas le chatoiement des étoffes de chintz, la complexité des jeux de lumières… mais ce quilt sera visible lors de notre exposition de club à Colomiers en septembre prochain !

arbre de vie CT 2016 La Ruche des Quilteuses

Si le sujet des Indiennes vous intéressent, vous pouvez lire les articles de la délégation FP Ariège ici : Les Indiennes/1 et Les Indiennes/2, sous la plume de Babeth Léonard.

Ce panneau tout juste terminé est donc le cadeau que nous fait Kristine aujourd’hui, alors que c’est nous qui devrions lui en faire un car c’est aujourd’hui son anniversaire 😀

(https://www.shabbyfabrics.com/Table-Please-Part-One--P23065.aspx)
(Nancy Halvorsen)

Un autre Arbre de Vie/2

Florence fait depuis de nombreuses années des bottes de Noël, à la manière anglo-saxonne, pour les enfants de sa grande famille et son entourage. Elle essaie toujours de personnaliser les décos en fonction des passions du destinataire. Il y a peu, elle a fait une botte pour une jeune fille éprise de nature et d’oiseaux. Elle s’est donc inspirée d’un Arbre de Vie acheté il y a bien longtemps en Egypte, peint sur un papyrus :

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A partir de ces dessins, elle a fait un très bel appliqué sur la fameuse botte :

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Un très beau cadeau pour la jeune Edwige !

Voilà donc un partage de ma jolie découverte ce matin dans ma boîte-mail ! Merci Florence !

Un nouvel Arbre de Vie/1

Les Arbres de Vie sont des décorations multiséculaires. On ne peut oublier l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal dans le jardin d’Eden, dont le fruit défendu tenta, selon la légende, notre ancêtre Adam… Souvent considéré chez nous comme une pomme, dans d’autres pays ce fruit est plutôt une figue ou une grenade.

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Adam et Eve au Paradis, par Lucas Cranach (1530)

Sans doute l’Arbre de Vie « parle-t-il » à toutes les civilisations ; cet arbre stylisé et symétrique est employé en décoration dès l’Antiquité en Orient. Il a été repris dans l’art médiéval et christianisé pour être accepté ; au Moyen-Âge, les plus aisés faisaient venir d’Inde des panneaux figurant un Arbre de Vie et les tisseurs européens les copièrent, multipliant des tentures à accrocher dans les châteaux remplis de courants d’air ou les lieux sacrés. Il y eut également des peintures sur des murs sur ce thème, trop rarement sauvegardées au fil des ans. Mais voyez ici l’histoire de l’Arbre de Vie de Maïté…

L’Arbre de Vie est pour beaucoup le symbole de l’unité des êtres vivants qui se doivent de vivre en harmonie. Darwin en a fait le schéma de l’origine ancestrale commune, comme un arbre généalogique.

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L’arbre de la vie de Darwin tel qu’il apparaît dans On the Origin of Species by Natural Sélection, 1859. C’était l’unique illustration de l’ouvrage et le texte explicite sa vision de l’évolution de la Vie.

En octobre dernier, je n’ai pu éviter de tomber amoureuse d’un panneau teint et imprimé par Dijanne Cevaal, un Arbre de Vie aux grenades sur fond gris. Il n’est pas bien grand mais la broderie de toutes les feuilles et tous les fruits m’a pris un temps certain !! Cependant j’ai apprécié chaque point. La broderie terminée, j’ai trouvé que les tissus de Neelam étaient parfaitement adaptés au côté artisanal de l’ensemble. J’ai donc coupé des petites bandes irrégulières pour faire le tour. L’arbre est brodé en point de tige, son fond en point avant droit, ainsi que la plupart des bandes de la bordure. Pour ajouter de la couleur, j’ai fait deux tours au point de chaînette, en coton perlé jaune d’or. J’aime beaucoup les imprimés des angles qui font un bel effet.
Et voilà le travail !

Arbre de Vie Katell, la Ruche des Quilteuses
Pas encore de nom définitif pour ce premier ouvrage de l’année 2016 ! (cliquez sur la photo si vous voulez voir des détails).