Nina vocalise

Tandis que j’ai fait un modeste petit doudou à ma Rose chérie, Maïté l’Abeille infatigable a créé un cadeau magnifique pour la naissance de la fille de son prof de chant… car Maïté fait aussi partie d’une chorale, ce qui lui prend autant de temps que le patchwork !

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Admirons la corbeille au tissu « musical » avec une galette de Saint-Michel-Chef-Chef, berceau de la famille paternelle de Nina, et puis une balle, des bonbons et une sucette (qui a donné bien du fil à retordre à Maïté), et encore body et socquettes, bavoir assorti…

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L’extérieur de la corbeille fait un clin d’oeil au pays du papa… et à son engagement dans la musique ! Nina aura sûrement l’occasion de parfaire ses vocalises au fil du temps…

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Je dis à Maïté qu’elle est énervante parfois avec ses doigts magiques 😉 

Bienvenue à Nina, dans un joyeux monde de couleurs et de musique !

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Le premier doudou de Rose

J’ai été très touchée par vos nombreux commentaires à la suite de l’article précédent, à la fois sur le quilt pour Cécile et pour la naissance de Rose, merci infiniment ! Cécile m’a permis, pour vous remercier, de mettre dans cet article quelques photos de son plus précieux trésor… 

ROSE 30/08
Née le jour de la Sainte-Rose de Lima, elle ne pouvait mieux faire !
katell rose
Derrière la porte, apercevez-vous le quilt de Cécile bien à sa place ? J’ai eu le plaisir de voir que tous les visiteurs l’admiraient !  
patch cécile
En poussant la porte, on le voit mieux .

 

La Vie en Rose chez Cécile
Le mur est décoré bien à propos !

En attendant de faire un petit quilt à ma nièce, je lui ai préparé un petit doudou copié de chez Nana Company :

basil Nana company
Voici le modèle, adorablement mis en scène sur ce très joli blog aux couleurs douces. 
lison
Celui de Rose a le corps en velours milleraies coton, les yeux et le museau sont brodés. « Evidemment », il y a des roses imprimées sur ce tissu…
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J’ai fermé le dos avec un cordonnet pour plus de solidité. Comme les points se voient, j’ai ajouté une rangée de broderie dessus pour faire diversion !
Rose
Et voici Rose dormant avec son doudou, petite fleur de six jours… Nous n’avons pas fini de jouer avec ce prénom qui lui va si bien !

 

 

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J’ai quitté Rose à grand peine, si heureuse de pouponner quelques jours… N’est-elle pas craquante ?… Mais le retour à la maison – Home, sweet Home – est bien agréable aussi, avec dans la pile de courrier, de la lecture : 

 

 

 

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Emotion d’y trouver le premier article de la nouvelle rubrique que la rédactrice en chef Monique Lopez-Velasco m’a confiée : De la Tradition vers la Modernité. Les lecteurs, adhérents de France Patchwork, pourront constater la participation active de plusieurs Abeilles de cette Ruche : c’est un bonheur d’avoir préparé ensemble ce petit dossier sur les Mosaïquilts !

Sister… My sister

Sister, you’ve been on my mind
Oh sister, we’re two of a kind
So sister, I’m keeping my eyes on you…

Cécile est ma petite soeur, ma toute petite soeur qui vient de fêter ses… 40 ans. Eh oui, le temps passe pour tout le monde ! Plus de treize ans nous séparent et je me souviens bien quand je jouais à la petite maman quand elle était bébé !

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Rêves d’Ailleurs pour ma petite soeur… Cadeau qui sera offert en retard, mais tout de même la bonne année ! J’ai inclus l’étiquette au dos piécé.

Tradition dont je m’acquitte avec grand plaisir, j’offre à chacune de mes sœurs (j’en ai tout de même trois !) un quilt pour aider à passer chaque dizaine. Nous savons toutes que c’est un passage parfois délicat… Restait à trouver une idée de quilt qui plairait à Cécile avec certitude. Son métier la fait beaucoup voyager et je sais qu’elle préfère chez elle, dans son refuge parisien, une touche asiatique avec un mélange de luxuriance thaïlandaise et de zen japonais. Et, tradition familiale, elle aime le bleu ! J’avais donc la mission secrète de trouver mon coup de cœur pour elle.

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J’aime les scrap quilts, cet assemblage parfois un peu fouillis de multiples restes de tissus qui, finalement, font un tout harmonieux. J’ai plusieurs livres à ce sujet et celui-ci donne de nombreuses idées, certaines étant devenues très utilisées :

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Ce livre de 2001 montre des combinaisons de rectangles très intéressantes. Livre de Judy Turner & Margaret Rolfe.
Bento box
Ce quilt, issu du livre ci-dessus, m’a tapé dans l’oeil ! Il combine rectangles de tissus japonais indigo et imprimés « kimono ». Il s’appelle « Bento box », mot alors inconnu en France, qui depuis est devenu très populaire… et désigne différents blocs cousins des log cabins.

Alors je me suis lancée :

 

PROJet  CECile
Mes premiers essais… Je n’ai pas assez de tissus véritablement japonais pour donner le même effet que l’original, mais le but est aussi de vider un peu mes cartons pleins de tissus !
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Premières rangées complètes, bon d’accord je continue comme ça !
chez Maïté top Ruche des Quilteuses
Toute contente, je montre à mes amies Abeilles début juin le top que je viens juste de terminer !

 

Ma petite recette de cuisine d’assemblage

Si vous souhaitez faire ce modèle très simple mais plein de charme, voici quelques conseils.

– préparez votre gamme de couleurs et faites deux tas qui se départagent nettement. J’imaginerais bien ce modèle en multiples tissus écrus-beige et rouges par exemple ! Ou bien une grosse exubérance avec un stock de tissus Kaffe Fassett… Tout dépend de ce que vous avez dans vos chutes. L’important est d’avoir du contraste (de couleurs, de valeurs) entre les deux sortes. Pour moi, c’était d’une part des bleus majoritairement indigo, d’autre part des tissus chauds et richement imprimés.

– j’ai coupé tous mes tissus avec une règle en inch et choisi de faire mes rectangles de 4 1/2 sur 2 1/2 inches. Cela correspond, en centimètres, à des rectangles à couper de 11,5 x 6,5 cm. On coupe naturellement de longues bandes pour couper vite et bien. Certains tissus étant de petits restes, on essaie d’en tirer le meilleur parti ! A noter que les rectangles sont de la largeur exacte des bandes de Jelly Rolls (2 1/2 inches)… Si vous en avez un sous la main, c’est peut-être le modèle que vous attendiez 😉

– on peut assembler des bandes puis les couper en tronçons, pour plus de rapidité. Mais attention à ne pas avoir trop de blocs identiques ! J’ai aussi, parfois, coupé des carrés de 4 1/2 inch en tissus « chauds » au lieu de rectangles pour faire diversion. Pas trop non plus…

– quelles sont les unités de ce modèle ? Les rectangles sont assemblés 2 par 2 : les tissus bleus bien sûr, puis les tissus variés sont mis 2 par 2 « par affinité ». Le modèle est composé de bandes, alternativement :

  • une bande de 2 bleus + 2 variés + 2 bleus, etc. cousus les uns aux autres  « debout »
  • une bande de 2 bleus + 2 bleus + 2 bleus, etc. cousus « couché » (= à l’horizontale)

 

Bentobox bandes (Ruche des Quilteuses)
Bande du haut : les rectangles sont « debouts », en alternance 2 bleus et 2 variés. On commence néanmoins une bande par un seul pavé bleu (voir plus loin). Bande du bas : il n’y a que des pavés bleus, cousus à l’horizontale (2 rangées).

– il vaut toujours mieux programmer le repassage. J’ai trouvé ce qui, à mon sens, convient le mieux à ce modèle : les blocs « debout » ont leur marge de couture repassée dans le même sens. Les blocs « couchés » sont d’abord assemblés en contrariant chaque couture par rapport à l’autre, puis  repassés dans l’autre sens par rapport à la rangée précédente.

bentobox repassage (Ruche des Quilteuses)
Vous pouvez voir le sens de repassage. Mais attention, contrairement à ce que suggère la photo, le montage ne se fait pas ainsi (voir la suite) : une couture de pavés bleus doit se trouver dans la prolongation de la couture entre les 2 pavés de couleurs !

– une bande complète du quilt de Cécile comporte 40 pavés debout ou 20 pavés allongés. Attention, on commence une bande de pavés debouts par 1 bleu, puis 2 de couleurs variées, puis encore 2 bleus, et on termine par un seul bleu. Regardez comment sont agencés les pavés à partir du début de la rangée :IMG_5766

On peut aussi le faire bloc par bloc (au lieu de ligne par ligne), alors un bloc est ainsi : les 2 pavés de couleur sont entourés d’un pavé bleu à gauche et à droite, puis de deux pavés à l’horizontale en haut puis en bas. 2 pavés de couleurs + 6 pavé bleus font 1 bloc. Le défaut de cette méthode est qu’on risque d’avoir trop de tissus identiques qui se touchent au montage.

Voilà, vous savez tout pour vous lancer dans ce genre de top si le coeur vous en dit !

J’ai mis plus de temps à me décider de faire le quilting, c’est tout de même un grand quilt de 205 x 245 cm… J’ai résisté à l’envie de le faire quilter par une pro, voulant tout faire pour ma petite soeur. Mais la prochaine fois, je crois que je sous-traiterai, ce sera bien plus sophistiqué comme dessin (ici : des lignes sinueuses… bof-bof)

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Sandwich avec du molleton PSR « Super », ma boîte d’épingles à nourrice d’un côté et ma coupelle de Gien (cadeau de ma chère Pénélope !) pour mettre tous les petits fils coupés… En bas, c’est un coussin pour ne pas avoir mal aux genoux !
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Une épingle sur chaque carré de tissus colorés. La prochaine fois, j’essaierai sans doute « l’agrafeuse » de mon club, tout le monde l’adopte peu à peu (pistolet à bâtir « microstitch »)
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Et voilà le quilt bel et bien fini ! Un vrai scrap quilt que j’ai eu du plaisir à faire… et bientôt du plaisir à offrir !
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Bordure finie, il me reste à l’apporter en personne !

Quand vous lirez cet article, je serai en train d’offrir ce quilt à ma petite soeur qui vient de donner vie à une petite Rose, à peine éclose… 2014 est une année inoubliable pour ma Cécile !
Je pouponne et je reviens  bientôt !

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Notre quilt La Trentenaire

Cela ne vous aura pas échappé, France Patchwork célèbre ses 30 ans cette année 🙂

La belle idée de 30 ans, 30 blocs

Edith Bouilly (webmestre de France Patchwork) a eu la bonne idée de nous proposer pendant 30 semaines un bloc qui symbolise chacune de ces 30 années (modèles encore disponibles ici). C’est toujours du patchwork, simple ou un peu compliqué, rapide ou long, grand ou petit… A nous de nous adapter !

Aucune Abeille de la Ruche n’avait le temps de le faire en entier… mais nous avions bien la possibilité de faire quelques blocs chacune ! Callale nous a fait découvrir les délices d’un tableau Doodle où nous nous inscrivions dès que nous choisissions une semaine, nous avions acheté des tissus mis en commun dans une boîte… et en avant l’aventure !

 

la trentenaire
In extremis nous l’avons fini quelques jours avant le 23 mai ! Cela nous a permis de l’accrocher à Balma le jour J. Les blocs ont été agrandis avec du patchwork « spontané »  avec 6 nuances de bleus puis équerrés à 30 cm. Le quilting machine a été assuré par Kristine. Ce quilt nous rappelle beaucoup de bons moments passés ensemble !
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Ce quilt, comme la veste et le sac, ont été faits avec des tissus Neelam.

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Au Pays de Cocagne

Le pays de Cocagne est l’évocation d’un paradis terrestre où règnent la joie et l’abondance, le jeu et la paix, bien loin de la dure réalité de notre monde…

BrueghelLand_of_Cockaignedetail 1567 - Alte Pinakithek München
Le pays de Cocagne, par Pieter Bruegel l’Ancien (1567) – Trois personnages repus, représentant les trois ordres médiévaux (clergé, noblesse d’arme et paysannerie), symbolisent l’aspiration à la paix, la prospérité universelle et l’égalité, dans un pays utopique d’abondance. Tableau actuellement à la Alte Pinakothek, Munich. Ici, par curiosité, vous pouvez voir ce tableau avec ses détails bizarres !

Et le mât de Cocagne ?

mât de cocagne
Le « paradis » était tout en haut !

C’était un jeu qu’on retrouvait dans de nombreux pays européens : un grand mât parfois savonné ou graissé était érigé avec, en son sommet, une roue avec divers lots convoités : des saucissons, des jambons, des pains… Au XIXe siècle, les victuailles furent parfois remplacées par une timbale, ensuite échangée contre un lot… d’où l’expression « décrocher la timbale » ! C’est le même principe que dans les manèges de mon enfance avec le pompon à décrocher pour avoir un tour gratuit. Cela existe-t-il encore ?…

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La Cucaña, de Francisco Goya (1787 – collection particulière)

 

« Un vrai pays de cocagne, où tout est beau, riche, tranquille, honnête ; où le luxe a plaisir à se mirer dans l’ordre ; où la vie est grasse et douce à respirer » BaudelairePetits poèmes en prose, L’Invitation au voyage, 1867

L’expression « pays de Cocagne » est bien ancienne et se retrouve dans plusieurs langues européennes, mais depuis des siècles nous la faisons nôtre dans la région toulousaine !
Elle est effectivement consacrée au « triangle d’or bleu », entre Toulouse, Albi et Carcassonne, en raison de la fortune engendrée par la culture de l’Isatis Tinctoria, cette plante dont les feuilles séchées, stockées en boules appelées coques (coca signifie boule en occitan, d’où le mot cocagne) donnait le bleu divin, avant l’importation des tissus teintés à l’indigo qui cassèrent ce marché. Ce bleu de pastel est à présent un produit redécouvert, aussi bien en teinture qu’en cosmétique… et même depuis peu en pharmacologie. Ne manquez pas de visiter ces jolies boutiques toulousaines : la Fleurée de Pastel et Graine de Pastel (cosmétiques) .

Pour célébrer ces fameuses boules de cocagne, fierté de la région, des Abeilles menées par Martine ont utilisé un modèle ancien, si beau, rare variante de log cabin… C’est sur le chemin du retour de Quilt en Sud, après avoir admiré le quilt de Marie Claude, que ce projet a vu le jour ! Voyez l’inspirateur ici en fin d’article.

La Ruche des Quilteuses - Boules de Cocagne
Le quilt d’Ella Holcombe, le premier connu avec cette technique, fut cousu en soie et satin, celui de Marie Claude également. Nous avons mis en commun nos cotons lumineux pour faire les boules sur des fonds bleu nuit.

La Ruche des Quilteuses - Boules de CocagneDétail La Ruche des Quilteuses - Boules de Cocagne

La Ruche des Quilteuses - Etiquette Boules de Cocagne
L’étiquette est faite avec des bandes de 5 mm et les prénoms des Abeilles ayant participé à ce quilt figurent autour de ce bloc.

Ce quilt sera un lot de Loto à Balma le 23 mai. Qui le gagnera ?…
A bientôt à tous ceux qui prendront la route vers Balma !

Nous vous attendons avec impatience dans notre beau Pays de Cocagne !

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L’envie de transmettre…

Nous sommes 4 Abeilles de cette Ruche (Madeleine, Brigitte, Marie-Jo et moi-même, Katell) à donner des cours tous les lundis à un groupe d’élèves d’une école de Pibrac. Des cours ? Oui, mais de patchwork !
Les enfants sont en CM1, 8 filles et 2 garçons. Hier, ils étaient ravis de partir avec leur premier ouvrage fini :

IMG_5214Chaque chaton est unique !

Notre meilleure récompense est la lumière qui brillait hier dans leurs yeux en partant avec leur précieux chaton…

Si vous souhaitez suivre cette initiative, vous pouvez lire le blog qui leur est consacré : http://miniruche.wordpress.com/

E for Embroidery

Au cours de mes visites aux premiers blogs du Blog Hop consacré aux lettres de l’alphabet, je suis tombée sous le charme de la proposition de Kathy Schmitz et de sa lettre E.E PIC (1)

Fourmillement dans les doigts, petite cogitation rapide, ma toute jeune nièce Emilie va avoir 4 ans et je voulais lui coudre quelques oiseaux (modèle de Spoolsewing) pour son anniversaire en raison de son amour pour tous les oiseaux. Haute comme trois pommes, c’est une fillette virevoltante et gaie comme un pinson qui aime aussi le rose, évidemment, ce qu’elle dit joliment avec son accent chantant toulousain : le rose, elle le dit avec le o prononcé comme dans école. Alors voilà, je me suis offert le plaisir de lui préparer ce tableau, inspiré de Kathy Schmitz :IMG_5152

Tout d’abord, le tableau est ici en début de quilting. Oui tout est à l’envers : le E, ma ligne de quilting en cours de gauche à droite… Je suis gauchère ! Vous voyez mes petits outils : des fils YLI, des aiguilles « between n° 11 » de chez Roxanne (en tube), le porte-aiguille offert par Kristine, et le gros machin est un poids (1,5 kg) qui aide à quilter sans cercle, créé par Yoko Saito. Je le trouve très pratique pour les mini-quilts, trop petits pour entrer dans mon cercle, et les bordures. IMG_5155Pourquoi cette subite envie de faire ce tableau au point de tige ? Je suis sûre que le remarquable article de Martine sur le redwork y est pour quelque chose ! Et comme toujours, il y a l’entraide de la Ruche ; je ne savais pas comment faire mes cerises au passé plat correctement, Kristine m’a donné un bon truc : faire d’abord le tour au point de tige ! Le nid, trop haut, est devenu une corbeille, mais Emilie Jolie ne m’en tiendra sans doute pas trop rigueur !IMG_5153

Et voilà, le E for Embroidery de Kathy Schmitz devient E comme Emilie ! Il ne manque plus que la bordure de finition, le prochain article vous la montrera. Vous ne connaissez peut-être pas cette variante parfois bien pratique, je vais donc la préparer en faisant quelques photos pour vous !

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Le Petit Prince pour Léonie

Chose promise, chose due, voici une autre création de Maïté !

Pour Léonie
DSC00186J’ai réalisé ce Petit Prince en m’efforçant de rester le plus près possible des dessins de Saint Exupéry, pour Léonie la petite-fille d’une amie, dont le Papa est pilote . Il fallait l’avion !DSC00187Techniques utilisées : appliqué et broderie .
Dans ce genre d’ouvrage il faut souvent ruser pour trouver le matériau adéquat .
C’est ainsi que la queue du renard est un morceau d’écharpe en laine bouillie…DSC00185…et que le globe de la rose est taillé dans un sachet de thé .DSC00190J’ai enfin obtenu la transparence recherchée .

DSC00188DSC00189Divers dessins du livre de Saint-Exupéry m’ont inspirée.
J’ai amélioré les moutons de la bordure par rapport à un précédent quilt sur le Petit Prince datant de 2009, en brodant le matelassage du tour des moutons au point de mirliton avec un fil en viscose « Marlit ». Ils sont frisés à souhait .DSC00192DSC00193
Et pour finir l’histoire, maintenant que mon Petit Prince est fini , la grand-mère n’est pas sûre d’arriver à l’offrir à sa fille et petite-fille !DSC00191Pour compléter le cadeau, je me suis amusée :DSC00243DSC00241

Au moins ceci arrivera jusqu’à la petite Léonie 😉

Maïté

Des ouvrages en redwork de Martine

Martine nous a récemment confié son intérêt grandissant pour le redwork, cette broderie traditionnelle rouge aux traits fins, souvent au point de tige ou au point arrière.martine 3

Ce Père Noël à la bonne bouille est un modèle issu du   Simply Vintage N°5 hiver 2012.martine 2

Point de tige, parfois surligné d’un point de matelassage à la main, puis quilting vermicelle à la machine.

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Cette jeune fille, plus élancée que les Sunbonnet-Sue habituelles, raconte sa semaine sur ce très beau chemin de table. Du lundi, jour de lessive, jusqu’au dimanche, jour de promenade, ce semainier a été encadré d’une bordure en patchwork seminole.martine 1

Je sais à quel point Martine a pris du plaisir à préparer cet ouvrage ! Elle a trouvé ces dessins sur internet :  Needlecrafter.com. Mais, hasard des rencontres, Denyse Saint-Arroman propose chaque jour de cette semaine une Sunbonnet jumelle de celle de Martine ! C’est alors le moment de s’y mettre si vous aimez !

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Tous ces ouvrages -avec un quilt en forme d’assiette de Dresde au centre brodé- forment un bel ensemble de décorations festives pour les fêtes de fin d’année… Ils font l’admiration de tous !

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Garance, Andrinople, Carmin, Rubis, Cramoisi…

 OUI, aujourd’hui c’est du ROUGE qu’il s’agit ! Mais NON, on ne parlera pas de la Saint-Valentin… Notre Abeille Martine s’est penchée sur la broderie rouge qui connaît un regain d’intérêt depuis quelques années.

Broderie rouge et Redwork

Dans notre groupe, certaines de nos amies sont de virtuoses brodeuses et maîtrisent cet art avec talent, pour d’autres c’est une découverte. J’aime réaliser des ouvrages avec la broderie rouge et mon intérêt ne se dément pas, en découvrant son histoire passionnante.-anna-simmig-1894-marquoir-rouge-au-point-de-croix

Marquoir Anna Simmig – 1894

La broderie en rouge fut utilisée en Europe à partir du XVIIe siècle notamment pour la réalisation des marquoirs, tableaux faits par les jeunes filles apprenant le point de croix, afin de marquer ensuite le linge (le plus souvent avec les initiales familiales).
On trouvait également, en Alsace et en Allemagne, des dessins purement décoratifs au fil rouge sur le linge de maison réalisés au point de croix mais aussi au point arrière ou 
au point de tige.

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Parmi tant d’autres, une broderie alsacienne au point de tige

Née en Europe, la broderie rouge sous sa forme décorative fut exportée aux Etats-Unis où elle connut un immense succès. Le redwork (= travail en rouge) a vite été associé au patchwork américain, ce qui permet de réaliser des quilts magnifiques. Elle est parfois la marque de reconnaissance de certains artistes.

Pourquoi le fil rouge ?

On ne peut parler de broderie rouge sans évoquer la garance, cette plante tinctoriale avec qui tout a commencé. En effet ses rhizomes desséchés, nettoyés puis réduits en poudre ont produit pendant plusieurs siècles le pigment rouge utilisé dans la teinture des tissus.photo 1

Originaire de Perse et de l’est du bassin méditerranéen, la Rubia Tinctorum était couramment utilisée dans l’antiquité. Elle a également des vertus médicinales.

L’Inde qui la cultive depuis toujours a le monopole de la teinture rouge sur coton jusqu’au XVIIème siècle. Elle est cultivée en France jusqu’au XVIème siècle pour la teinture de la laine ou de la soie puis elle disparaît du fait des guerres. En 1760, la garance des teinturiers est réintroduite en France dans le Vaucluse et en Alsace. Sa culture est à son apogée au XIXème siècle et la qualité de la garance française est supérieure à celle des pays européens notamment de la Hollande, grand pays producteur.

Elle est utilisée pour deux applications essentielles :

– Le drap rouge des uniformes de l’armée française dont les képis et les pantalons des soldats étaient obligatoirement teints en garance (décret royal de Louis Philippe)

– Les cotonnades en « rouge turc » spécialité de Mulhouse.

L’Alsace fait partie des grands régions productrices de garance en Europe avec la région d’Avignon. C’est en Alsace que la recherche du rouge d’Andrinople ou rouge turc, procédé de teinture du coton à base de garance, long et complexe, a été la plus intense. Ces recherches sont à l’origine des progrès réalisés dans la teinture du coton au XIXème siècle.

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Soldat français en 1914 portant un pantalon et un képi rouge garance

La culture de la garance a ainsi joué un rôle important dans l’économie française et européenne dans le domaine du textile jusqu’à la fin du XIXème siècle. Elle contribua à la prospérité des provinces productrices et de leurs populations. Elle sera ensuite concurrencée par la production chimique de l’alizarine, composant de la garance qui permet une production à plus grande échelle et meilleur marché. Lorsque le colorant synthétique rouge fut inventé en 1869 par le chercheur allemand Von Bayer, le gouvernement français va alors offrir des contrats privilégiés aux producteurs de garance parmi lesquels les pantalons rouges des soldats. Fin 1914, le rouge garance, qui faisait des Français des cibles bien trop visibles, fut remplacé par du bleu horizon. La culture de la garance sera abandonnée et finira par disparaître.

En broderie, le rouge garance ou rouge turc a son fil dit « rouge du Rhin » connu aujourd’hui par son numéro 321 chez DMC.

Le livre « Andrinople, le rouge magnifique : De la teinture a l’impression, une cotonnade à la conquête du monde » retrace cette épopée qui est aussi l’histoire de cette couleur rouge.photo 3

Dans le n°70 des Nouvelles du Patchwork, l’article consacré au rouge d’Alsace donne la parole à Georges Klein, ancien conservateur du Musée alsacien. Il nous explique que « le rouge était la couleur liée aux principes de la vie même, du feu, du sang. Synonymes de jeunesse, de santé, d’amour il est associé aux costumes de fête, aux coutumes traditionnelles de printemps, de mariage, de naissance. »

Pas étonnant que le fil rouge à la fois abondant, bon marché, résistant et populaire soit resté dans nos mémoires !

Le Redwork

La tradition européenne qui s’est développée aux Etats-Unis est celle du dessin figuratif brodé avec un fil rouge au point arrière ou au point de tige. Les dessins étaient reproduits grâce à des tampons, des feuilles carbone, et dès 1870 les tranferts au fer à repasser furent inventés.

Selon The Quilt Index, site du Musée de l’Université du Michigan, le Redwork est devenu le style le plus populaire des travaux d’aiguille aux Etats Unis au XIXème siècle. L’exposition du Centenaire de Philadelphie en 1876 avait non seulement fait découvrir aux femmes américaines les travaux d’aiguilles mais ses expositions avaient suscité un véritable engouement et eut une influence profonde sur les styles et la mode. Cette effervescence donna naissance à un mouvement artistique. Des sociétés des Arts Décoratifs furent créées offrant une formation de pointe et des possibilités d’emploi pour les femmes.

Toute une activité –conception et transfert des dessins, catalogue etc….-s’est développée procurant ainsi un revenu aux intéressés. On pouvait donc trouver dans les boutiques des petits carrés de toile sur lesquels étaient reproduits des motifs, les uns destinés aux adultes, les autres aux enfants. A cette époque l’enfant brodait auprès de sa maman. Ces petits carrés de toile qu’on pouvait acheter pour un penny, prirent le nom de « Penny Square »photo 4

Une belle collection de « Penny squares »photo 4-1

Un de ces Penny-squares au motif enfantin décoratif 

Ce coût modeste permit à toutes les personnes, quels que soient leurs moyens, de s’adonner à ce loisir. Les dessins montrent parfois des scènes de la vie quotidienne, faisant du quilt ainsi réalisé le témoin de son époque !

Dans le numéro des Nouvelles du Patchwork cité plus haut, le Redwork est présenté « comme le fil rouge entre l’Europe et l’Amérique ». En effet on nous indique que « l’idée de réaliser un patchwork à partir de ces blocs brodés dut germer tout naturellement dans l’esprit des quilteuses invétérées ». Ces pièces sont devenues rares et très recherchées aujourd’hui. Ces quilts, dont certains blocs étaient brodés parfois malhabilement par un enfant, dégageaient un charme particulier.

photo 6Quilt d’artiste inconnu date création 1890, collection Michigan Musée State University

L’exposition d’un top en Redwork de 1881 de Pennsylvanie, au Mona Bismarck American Center en 2013 lors de l’exposition « Quilt Art – l’Art du Patchwork » nous donna l’opportunité d’en saisir le sens. Ces quilts aux blocs de redwork connurent un véritable engouement vers 1900.photo 5

Quilt de Metta V.Rybolt , création 1950, collection Michigan Musée State University

Certains étaient malgré tout brodés en bleu, mais il n’était pas rare de dire alors « un redwork en bleu » !

Le fil rouge, ce fameux rouge turc, qu’apportèrent les femmes immigrantes européennes porteuses de la tradition du linge de maison brodé au point de tige rouge, contribua à l’essor de la broderie rouge/redwork aux Etats Unis. Ce fameux fil sera importé d’Europe jusqu’en 1920… et les Américaines continuent d’adorer le DMC n° 321 !

Martine

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him and her

Redwork moderne !