Le Pastel en Pays d’Oc

pastel pays ocSi vous avez apprécié l’article précédent et souhaitez en savoir plus sur l’or bleu de Toulouse, n’hésitez pas à vous offrir ce livre très instructif, entièrement en bilingue (français-anglais).

Le livre est très complet et les illustrations de qualité, tant pour les documents historiques que les photos récentes. On y évoque notamment le dur labeur des paysans et des teinturiers, l’âpreté du négoce européen, les caractéristiques botaniques de l’isatis… Passionnant !

Avec un brin de nostalgie, je me suis promenée hier en Pays de Cocagne, dans ce Tarn où vécurent naguère mes grands-parents. Sur la route entre Lavaur et Toulouse, on a traversé Verfeil (en Haute-Garonne), au cœur du pays de Cocagne : savez-vous que les Petites Filles Modèles Camille et Madeleine y vécurent « pour de vrai » ? Elles étaient les petites-filles de Sofia Fiodorovna Rostoptchina, mariée au Comte Eugène de Ségur, plus connue sous le nom de Comtesse de Ségur…220px-Sophie_de_Ségur

C’est bien ici que vint à la Comtesse l’inspiration de plusieurs de ses histoires, si désuètes qu’elles n’intéressent plus du tout les nouvelles générations. C’est pourtant une mine d’informations sur la vie au milieu du XIXe siècle, car la romancière s’appliquait cet adage :  « N’écris que ce que tu as vu »… Ainsi les châtiments corporels sont ceux qu’elle subit malheureusement lors de son enfance… et les bêtises de Sophie (dans « Les malheurs de Sophie ») sont celles qu’elle fit elle-même !

Louis Hachette créa la célébrissime Bibliothèque Rose en 1855 pour publier les premières histoires dont Eugène de Ségur lui fit l’éloge, avec le succès qu’on sait!

La Comtesse de Ségur (1799-1874)

Sur ce blog « Mes Yeux« [attention, ce lien semble maintenant corrompu/ 1er août 2014] est développé l’histoire de la Comtesse et ses petites-filles, avec de nombreuses photos.
Vous pouvez maintenant lire le résumé de leurs tristes vies ici :

Dans les livres de leur grand-mère la comtesse de Ségur, Camille et Madeleine sont deux petites filles modèles, curieuses et bien élevées, bienveillantes avec les pauvres et leur cousine de malheur, Sophie. La comtesse qui écrit de gracieux petits contes imagés et moralisateurs, voit son audience augmenter lorsqu’elle est éditée, à partir de l’âge de 57 ans, par Louis Hachette.

Nées en 1848 et 1849 entre Rome (Camille) et Toulouse (Madeleine), les deux fillettes de Malaret, du nom de leur père Paul, diplomate en disgrâce qui se replie sur les vieilles terres de sa famille, connaissent une enfance heureuse, parfois éloignée de leurs parents.

On les voit d’abord au château du village d’Ayguevives, en Haute-Garonne (aujourd’hui la mairie) puis près du chantier de construction du château de leur père… Il ne sera jamais terminé et servira de grange jusqu’à la fin du XXe siècle. Mais l’argent n’est pas un sujet de conversation et les petites en sont tenues à l’écart.

«Camille est ma préférée, c’était la plus jolie, la plus pétillante aussi, mais elle n’a pas eu la vie facile !», affirme Marie-Chantal Guilmin qui prépare une biographie de l’aînée des filles modèles… «Elle avait été séduite par un bon à rien, Léon Ladureau de Belot, qui une fois marié, la battait et la trompait».

Le couple a un fils et vit à Paris, mais souffrant de phtisie, Camille redescend à Verfeil où elle meurt à l’âge de 35 ans. Son fils Paul, lui aussi malade, ne lui survivra que quatre ans. Camille, à qui était dédié «François le bossu» de la comtesse de Ségur, apparaît aussi sous les traits de Natacha du «Général Dourakine», de Mina, de «La fortune de Gaspard» et de Geneviève d’ «Après la pluie le beau temps».

Quant à Madeleine, elle resta auprès de ses parents et s’occupa également de sa grand-mère : après la vente de son château en Normandie, la vieille femme de lettres passa un hiver, malade et désargentée, chez les Malaret.

Madeleine ne se maria jamais et mourut dans un couvent de Toulouse en 1930, Petite Vieille Modèle âgée de 80 ans.

La Dépêche, 27/10/2013

Je suis allée voir l’enclos séparé du cimetière de l’église  Saint-Sernin-des-Rais, sur une colline à 2 km du bourg de Verfeil. Quatre tombes sont le souvenir des personnes connues au-delà de leur région, grâce au succès littéraire de la Comtesse de Ségur :

petites filles modèles

Des livres sur les quilts gallois

Comme beaucoup d’entre vous avez témoigné un réel intérêt pour les quilts gallois traditionnels, permettez-moi de vous présenter ces quelques livres :

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Les voici présentés ci-dessous :

Das Quiltbuch, Michelle Walker (1986)

J’ai ce livre en allemand mais l’original est en anglais. L’auteur, quilteuse britannique, fait la part belle au renouveau de l’art du patchwork tout en montrant de belles pièces anciennes. En ce qui concerne les quilts gallois, je vous montre en particulier ceux-ci :

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Ici un quilt en laine dont le centre a d’abord été fait en petits rectangles, puis la bordure est réalisée en plus gros morceaux. C’est le principe du Médaillon, si commun en Pays de Galles. Comme pour les quilts Amish*, j’y trouve un singulier sens des couleurs, un avant-goût de l’art abstrait à la Paul Klee… Le quilting, typiquement en spirales, était sans aucun doute fait point par point, en raison de l’épaisseur du quilt.

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Ce quilt au tissu Cachemire (un jour je vous parlerai de « la poire galloise »… oui cela a un rapport avec le Cachemire !) est admirablement quilté ; d’ailleurs, le dos uni, où le quilting était bien visible, était souvent plus prisé que le côté en patchwork !

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Et voici un singulier Médaillon, dont le centre est… une vache que la fermière est en train de traire, brodée au point de Gobelin. Autour, les pièces de lainages variés, brodés au point d’épine, rappellent les « crazy » alors à la mode en Angleterre. Le centre est rempli de différents tissus très usagés (couvertures et vêtements…), d’où le quilting très rustique également. L’ensemble témoigne de la liberté que s’octroie chaque quilteuse qui fait avec ce qu’elle a sous la main mais conserve l’envie de faire joli : regardez ce large cadre rouge !

Great quilting techniques, from Threads (1994)

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Ce livre est un recueil des meilleurs articles de la revue américaine Threads. Cinq pages, écrites par Martha Waterman, traitent des dessins de quilting issus de la symbolique celtique, ainsi que des conseils pour réussir son propre dessin « à la galloise ».

The essential Quilter, Barbara Chainey (1993)

Infatigable quilteuse britannique, Barabara Chainey a écrit ce livre plein de conseils pour bien quilter à la main. On retrouve son influence anglaise dans ses nombreux exemples, avec des chapitres sur d’autres manières de quilter comme le sashiko, peu connu en occident à l’époque. Voici son blog ici : http://barbarachaineyquilts.wordpress.com/

Les Quilts, Diana Lodge (1995)

Principalement axé sur le matelassage, ce livre britannique nous enseigne l’évolution du quilting en Grande-Bretagne et en Amérique en nous présentant de nombreux quilts anciens, avec les explications pour les reproduire. Diana Lodge présente un seul quilt gallois, en satin de coton uni et au savant quilting, mais l’historique du début du livre explique un peu plus plus largement les caractéristiques des quilts de cette région.  Livre édité en France par Armand Colin / DMC.

Les quilts gallois/Welsh Quilts, Jen Jones (2005)

Editée en version bilingue par Quiltmania en 2005, Jen Jones présente ici sa collection de quilts. Le texte est passionnant, les photos très belles… Depuis, son trésor s’est encore étoffé et vous pouvez admirer sur son site le Centre créé en plein Pays de Galles. Cette année, de mars à novembre, une grande exposition Kaffe Fassett s’y tiendra… avec aussi des tableaux de Valériane Leblond en vente 🙂

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Un livre aux photos superbes et au texte fort intéressant !

Making Welsh Quilts, Mary Jenkins et Clare Claridge (2005)

C’est un livre thématique formidable. On a ici les différentes tendances des quilts gallois, traitées par deux artistes aux goûts différents. L’une préfère le style qui s’approche des quilts amish* avec l’utilisation de lainages, l’autre préfère utiliser les imprimés anglais (Laura Ashley, Liberty of London…).

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Ce livre donne les explications d’une dizaine de quilts créés par les auteures à la manière des quilts traditionnels. Vous trouverez ici une mine de dessins de quilting dans la pure tradition celtique !

Little Welsh Quilts made the traditional way, Mary Jenkins (2011)

Attention, c’est un e-book !!! Donc on le lit sur un ordi… qui possède un lecteur de CD. Je n’aime pas trop ceci car je passe suffisamment de temps devant l’écran 😉 mais l’avantage est qu’on peut visionner des vidéos explicatives, les photos sont en haute définition qu’on peut imprimer… ainsi que les gabarits, c’est vraiment le point fort de ce support ! Les quilts à faire sont petits et ravissants.

Si vous préférez lire en français, offrez-vous sans hésiter le livre de Jen Jones. Sinon, c’est le livre de Mary Jenkins et de Clare Claridge qui aura peut-être votre préférence !

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Photo extraite du livre « Making Welsh Quilts »

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am we* Cécile Denis, je réponds ici à une de tes judicieuses remarques : oui, certains quilts amish  ressemblent incroyablement aux quilts gallois et il est probable que les femmes galloises émigrant en Pennsylvanie ont largement influencé les Amish… J’ai tous les livres ci-dessus où on suggère parfois cette parenté, mais il existe un livre que je n’ai pas acheté qui semble développer cette idée, le voici ci-contre !

Bonnes lectures à toutes !

Une Abeille à l’honneur !

J’ai enfin pu me procurer le dernier Quilt Country, très tardivement distribué en librairie par rapport aux abonnées… De quoi me faire piaffer d’impatience ! J’avais déjà eu l’eau à la bouche en lisant l’article d’Un Atelier à la Montagne, toujours agréablement écrit par Sylvie. L’orientation de ce magazine me plaît car, depuis le début, tout en nous faisant mieux connaître des artistes de tous pays, il fait la part belle aux stylistes françaises, ancrées dans une tradition française que nous envient les quilteuses d’ailleurs.  Cela fait plaisir de voir des « copines de blog » comme Jubama (alias Pascale Piète) ou Barbara Gendre y signer des créations, bravo à elles !

Si vous voulez un avant-goût du printemps, jetez-vous sur Quilt Country n°30 !

Le bonus qui m’a fait tant plaisir est la page consacrée à une lectrice en fin de magazine. Oui, c’est Martine de la Ruche des Quilteuses qui est à l’honneur avec Cannelle, le quilt décrit ici en janvier dernier ! Dans l’article, vous apprendrez un peu à mieux connaître mon amie…

Martine!

Un quilt de robes présidentielles ?

Tandis que le dernier roman de Jennifer Chiaverini fait découvrir au grand public l’amitié qui liait Mrs. Lincoln à sa couturière, les articles sur les blogs fleurissent outre-atlantique sur ces deux dames. J’ai donc découvert ce quilt :

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Quilt en forme de médaillon sur le thème de la Liberté (aigle du panneau central et mot Liberty en fils métalliques), ce qui est particulièrement adéquat pour une ex-esclave ! Quilt rarement exposé en raison de sa fragilité.

Il est quasiment établi que ce quilt fut réalisé à partir des restes de tissus des robes de la Première Dame ! Il mêle comme souvent au XIXe siècle la présentation en forme de Médaillon, des assemblages à l’anglaise (les hexagones), des appliqués vraisemblablement découpés dans des chintz : un cadre de goût pour une liberté de construction de la quilteuse qui, toujours à l’époque, créait ses ouvrages.

Comme toujours, bien avant cet engouement, l’historienne Barbara Brackman signalait déjà ce quilt, voir ici.

A la découverte des Quakers

En attendant la traduction française de « The Last Runaway » que je ne manquerai pas de vous signaler, j’ai envie de vous parler des Quakers tels que je les ai découverts dans ce livre. Mais promis, je ne déflorerai pas l’histoire de ce livre formidablement bien écrit, à l’écriture simple et dense. L’expression qui guide Tracy Chevalier en matière de style est « Less is More », « moins c’est plus », expression du célèbre architecte allemand L. Mies van der Rohe.

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Chaise d’une simplicité confondante, signée Mies van der Rohe, devenu un des symboles du design du XXe Siècle.

J’espère que vous n’aurez pas trop d’idée préconçue façonnée par la pub quand vous le lirez, car ce n’est pas qu’un livre sur la traque des esclaves en fuite, ainsi qu’il est abusivement vendu aux Etats-Unis ; ce n’est pas non plus qu’un livre « sur le patchwork »… Vous seriez déçue dans votre attente, alors que ce livre c’est beaucoup plus… Vous lirez plutôt la vie d’une jeune femme qui veut vivre en accord avec ses convictions dans un monde neuf et âpre… Je ne vous en dirai pas plus, sinon qu’elle est Quaker, univers que j’ai cherché à mieux connaître.

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Henry VIII en 1539/1540, peint par Holbein-le-Jeune

Vous savez peut-être qu’après une grosse colère d’Henry VIII contre le Pape qui ne voulait annuler son premier mariage, l’Anglicanisme voit le jour. Tout mouvement en entraînant d’autres, un bon siècle plus tard les Quakers se forment pour vivre une foi plus proche des Chrétiens primitifs, sans hiérarchie ni clergé, ni même aucun sacrement… sujet du prochain article !

Naissance Pennsylvanie

William Penn (1644-1718), Quaker persécuté en Angleterre,  fonda Philadelphia,  havre pour tous les persécutés et pépinière de l’économie libérale,  et écrivit la base de la Constitution américaine. Ci-dessus, signature de la fondation de la province de Pennsylvanie.

La religion est pour le Quaker une affaire personnelle, chacun cultive « sa lumière intérieure » qui le guide dans la vie. Contrairement aux Protestants qui se basent d’abord sur les écrits de la Bible, les Quakers se fondent sur les paroles de Jésus pour une religion humaniste, implantée dans la vie quotidienne, sociale et politique.

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Mosaïque dans le Jardin de la Paix de Bristol (GB), avec les thèmes directeurs de la foi Quaker :
Paix, Egalité, Simplicité, Vérité

Ces mots  ne vous rappellent-t-ils pas les Amish ? Ceux-ci sont effectivement de lointains neveux. Mais les Amish vivent volontairement retirés alors que les Quakers sont pleinement intégrés dans le monde. Par exemple, des femmes Quakers jouèrent un grand rôle pour l’obtention du droit de vote des femmes aux USA. Plus étonnant, des ONG comme Amnesty International, OXFAM ou Greenpeace furent fondés par des Quakers !

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Tout comme l’axiome de T. Chevalier pour son style d’écriture, pour un Quaker, Less is More. Peu de paroles pendant les réunions religieuses, mais des phrases qui sortent du coeur,  guidées par la Lumière Intérieure, que chacun peut énoncer. Peu de fioritures et de couleurs dans les vêtements, mais du bon basique. J’ai aussi découvert dans le roman que les Quakers d’alors n’utilisaient ni le nom de nos mois, ni celui des jours de la semaine, en raison de leurs références aux dieux ou empereurs romains (jeudi, mars,  juillet) ; de même, par souci d’égalitarisme, le tutoiement archaïque anglais est utilisé (deuxième personne du singulier, thee), ce qui est déroutant au début en anglais mais ne sera pas aussi bizarre en traduction française…

Les quilts quakers ont moins de particularités criantes que les Amish puisque les femmes sont intégrées dans la société ; vous pouvez néanmoins vous renseigner sur ce blog : Quaker Quilts.

Rebecca Scattergood Savery

Quilt de Rebecca Scattergood Savery fait à Philadelphia en 1827.
Tout comme les Amish, les quilteuses quakers osent la couleur et la complication… uniquement dans leurs quilts !

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Quilt quaker réalisé dans les années 1840 en Pennsylvanie. Il a certainement été monté à la manière anglaise, méthode chère aux Quakers (chaque pièce de tissu est préparée sur son propre gabarit en papier). On n’oublie pas une technique de patchwork apprise dans sa jeunesse !

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La Couturière de Mrs. Lincoln

Le 30 janvier, c’est-à-dire mercredi prochain, sortira en France un film de Steven Spielberg sur les derniers mois du président des Etats-Unis Abraham Lincoln, assassiné après la Guerre de Sécession. Ce film ne cesse de recevoir de multiples récompenses, à nous bientôt de nous en faire une opinion ! 

Lincoln Movie

Parallèlement, un livre vient de sortir le 15 janvier aux USA sur la complicité qui liait la Première Dame Mary Todd Lincoln et Elizabeth “Lizzie” Keckley, ex-esclave d’abord choisie pour son remarquable talent de modiste et couturière, laquelle deviendra l’amie et confidente de l’épouse du Président. Jennifer Chiaverini a écrit cette biographie romancée, traçant le portrait de ces deux femmes au passé si différent, réunies pendant les quatre années troublées de la Guerre Civile*. Quelle belle tentation de lecture encore !

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Ce livre aura peut-être enfin la chance d’être publié en français !?… 

Ici l’article précédent vous présentant Jennifer Chiaverini, cette grande romancière historienne, liant la grande Histoire à la vie des femmes… souvent quilteuses !

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Pour l’histoire exhaustive d’Elizabeth Keckley,  on peut lire son autobiographie Behind the Scenes, thirty years a slave and four years in the White House, traduit en espagnol mais jamais en français… Désolée !

En France, le froid arrive…

… et j’ai trouvé sur Facebook un quilt qui illustre l’hiver à merveille :

felisa quilt : Minka in Invierno

« Minka Houses in Winter » : Felisa Nakawasa a dessiné ce modèle réalisé par Shisuyo Tuchihashi. Felisa fait régulièrement éditer ses modèles dans les magazines de patchwork japonais les plus réputés et a reçu maintes récompenses.

Les « Minka » sont au Japon des maisons traditionnelles, généralement les habitations modestes des paysans, pêcheurs, artisans et marchands. Leur style varie grandement selon la région mais les plus connues sont au centre du Japon où quelques villages, inscrits par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité, sont préservés :

Village historique au centre du Japon

(photo du site de l’UNESCO)

Les toits de ces Minka sont extrêmement pentus car l’hiver, la neige tombe fortement dans cette région. Certains descendent presque jusqu’au sol et cette architecture est appelée « gassho-sukuri », c’est-à-dire en forme de mains jointes. Les toits pentus sont à la fois utiles à l’extérieur (intempéries) et à l’intérieur (fonction de cheminée !). Je vous recommande la lecture du blog de Jacques Perrin à ce sujet.

gassho_zukuri

Maison Minka… ou le charme de la couleur taupe

Cette représentation de la Maison est, pour le peuple japonais, une image traditionnelle ancrée dans les esprits. On peut rapprocher cette image culturelle à celle de la « petite école rouge » aux Etats-Unis. Il faut peut-être trouver ici l’inspiration des tissus japonais taupe pour le patchwork, car c’est bien dans cette gamme de couleurs qu’apparaissent ces maisons en bois au toit de chaume !…

houses yoko saito

Ce livre, au succès fou amplement justifié (traduit du japonais par Osamu & Marie-Claude Tsuruya) comporte de nombreuses maisons de style « Minka », ces maisons habitées par les « gens du peuple » ruraux ou citadins.

Dans le sud du Japon, les Minka n’ont pas les mêmes caractéristiques car elles sont adaptées au climat ; les toits sont moins pentus et elles sont souvent construites sur pilotis pour favoriser la ventilation… mais aussi, tout comme plus au nord, en raison des séismes…

architecture traditionnelle sur pilotis

Ces habitats traditionnels ont été massivement démolis au XXe siècle mais de nombreuses personnes et associations les protègent et les reconstruisent actuellement. Leur charme opère… et après tout, en plus de leur valeur historique, ce sont de parfaites maisons écologiques ! 

Pour le regard unique d’une Française quilteuse connaissant le Japon de l’intérieur, allez sur le blog de Marie-Claude Tsuruya La Chambre des Couleurs.

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Estampe de Hiroshige, Sur la route du Tokaïdo, Kambara
« Neige de nuit » – Des maisons Minka sous la neige. Je crois presque entendre la neige crisser sous les pas…

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At Last !

Devinez ce qui est arrivé aujourd’hui en courrier express grâce à mes soeurs qui prennent si bien soin de moi ?

THE LAST RUNAWAY

Sorti avant-hier aux Etats-Unis, je suis si heureuse de pouvoir commencer à le lire dès ce soir… Voulez-vous en savoir plus sur ce livre avant de le lire ? Voyez donc ici. Le livre traduit en français devrait bientôt suivre, je vous tiendrai informées !

Merci petites soeurs, vous êtes adorables !

Désobéissance positive !

Que cette nouvelle année soit active, festive, attractive, expressive, imaginative, intuitive, créative… en un mot : positive !

abeille +++

Avez-vous lu ou entendu qu’un site et une radio ne diffusent plus que des nouvelles positives en Grèce ? Loin du déni des problèmes, il s’agit plutôt d’offrir de l’énergie positive à ce peuple en grande difficulté. Son nom ? Ola Kala (signifiant tout va bien), qui est d’ailleurs une des origines possibles du OK américain. Cette initiative tend à redonner le moral, instruire gaiement… à ne pas confondre avec des media « Good News » prosélytiques.

Chaque nouvelle année commence souvent par des bilans et des résolutions… qu’on se hâtera d’oublier la plupart du temps. Les quilteuses se font un programme de rangement, d’optimisation des stocks de tissus, de délais pour finir des quilts… Ne soyons pas trop sérieuse et sévère avec nous-même, car aimer jouer avec les tissus, les toucher, les couper, les assembler, etc. est bien plus qu’un passe-temps, nous le savons bien :

SEWING HEALS

« Je suis en thérapie et coudre est moins cher que le psychiatre »
… Une des petites sentences américaines qui circulent en ce moment !

Si vous appréciez le blog communautaire de la Ruche des Quilteuses, vous aimez à coup sûr le livre « Le Patchwork ou la désobéissance » (Syros Alternatives). Il est ancien –pile 20 ans !– mais lors de sa parution j’habitais en Allemagne et je n’avais jamais eu l’occasion de le lire. Christine vient de me le prêter et je suis toute remuée par le plaisir qu’il m’a procuré ainsi que la résonance de mes propres convictions. C’est un livre écrit par Claude Fauque, journaliste renommée dans l’art du fil, et Marie-Noëlle Bayard*. L’accent est mis sur l’évotution du patchwork à travers les inspirations, les motivations, l’histoire sociale des femmes. Je me rends compte que l’esprit de ce livre a façonné de nombreuses quilteuses françaises, a inspiré beaucoup d’articles passionnants (principalement dans Les Nouvelles du Patchwork) qui m’ont marquée… et qui, par ricochet, inspire le style de ce blog !

syros

J’aime leurs phrases sur le plaisir quasi-divin de recopier des blocs classiques qui ont une histoire, mais aussi l’exaltation de la création qui commence déjà par le choix des tissus mais peut nous mener bien plus loin. La tendance à la rébellion contre les règles établies, la fameuse désobéissance, est quantitativement peu abordée dans ce livre malgré son titre, je dirais plutôt que les auteures en ont bien senti l’esprit pionnier ainsi qu’une nouvelle émergence au travers des artistes françaises qu’elles ont côtoyées. Cette fameuse prise de risque ou d’indépendance est revendiquée de nos jours de maintes manières, notamment par les disciples de Gwen Marston (vous pouvez trouver ici un article à ce sujet). Même si mes activités actuelles ne me laissent pas toujours l’esprit assez libre pour me lancer à fond dans cette direction, je sais que j’y trouverai là un jour un plaisir infini ! Si vous avez la curiosité de mieux connaître ce mouvement qui symbolise bien « la désobéissance » chère à Claude Fauque, voici une courte sélection de personnes qui m’inspirent particulièrement (pardon aux autres quilteuses tout aussi rebelles…) :

Aux Etats-Unis :
Lee Ann : Nifty Quilts
Sujatah : The Root Connection
Tonya : Lazy Gal Quilting
Victoria, ses blogs, son livre

En Australie :
Kathy : Material Obsession

En Tunisie :
Nadia : Multicolored Pieces

… et tant d’autres bien sûr…

Chacune trouve un jour ou l’autre le style qui lui convient le mieux pour s’exprimer, car n’est-ce pas finalement ce qui nous pousse à consacrer tant d’heures aux fils et aux aiguilles ? Faisons ce qui nous plaît, ce seront autant d’heures positives de joie et de sérénité gagnées dans notre vie !

GOOD FRIENDS

Une pensée à mes amies Abeilles autour de moi, inspiratrices de nombreux articles de ce blog. Nous formons une communauté chaleureuse, et comme le souligne cette illustration trouvée sur Facebook : « Les bons amis sont comme les quilts : ils vieillissent avec vous mais ne perdent jamais leur chaleur ».
Cultivons cette amitié en 2013 !

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*ah ! les modèles « 100 Idées », « Prima », Modes & Travaux » signés par cette dame !… J’ai perfectionné le tricot, le crochet, la broderie avec Marie-Noëlle Bayard !

 

L’Assiette de Dresde – Constructions et perspectives

Les premières Assiettes de Dresde qui ont attiré mon regard sont celles-ci,  avec des bords en coquilles :

Dresde Boisseau

Photo tirée du livre « Patchwork et Boutis » de Nicole Boisseau :

Nicole Boisseau

Cette collection de livres  écrits par Nicole Boisseau montre la richesse du patchwork traditionnel américain, le dernier volume y ajoutant la tradition provençale du boutis et du trapunto. Ces trois livres ont été la base d’apprentissage pour nombre d’entre nous, avec leurs explications en français ! Les Assiettes de Dresde piécées en Liberty ont été maintes fois copiées avec bonheur, mais la plupart du temps sans le boutis qui l’orne merveilleusement. Il est presque inutile de préciser que ce travail est exclusivement cousu à la main.

Depuis quelques années, on constate un regain d’intérêt pour les Assiettes, parfois classiquement réinterprétées en tissus taupe pour un nouveau look, plus souvent « réaménagées » et cousues à la machine. Il existe un livre de référence sur ce bloc modernisé de maintes façons :

Anelie Belden

Je vais reprendre ici différents paramètres sur lesquels vous pouvez jouer afin de personnaliser votre maquette : le nombre de tranches et comment dessiner le gabarit, le centre, les bouts de tranches, le piéçage des tranches… et enfin une petite galerie de quilts récents. Tout ceci vous semblera peut-être fastidieux, mais j’essaie de répondre au mieux à vos interrogations !

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 1 – Combien de tranches dans une Assiette de Dresde ?

Selon le modèle, le nombre de tranches varie, les assiettes les plus vues ont 6, 8, 10, 12,16 ou 20 tranches. C’est votre première décision ! Actuellement, le nombre préféré est 20 alors que les antiquités sont plutôt de 16 tranches. Moins de tranches? On privilégie un style plus simple, parfois naïf, associé par exemple dans un sampler avec des Sunbonnet.

Dresden by Deborah

Le côté naïf des Assiettes à 8 tranches est ici largement contredit par l’extraordinaire quilting à la machine de Deborah Poole de Shelley, Idaho !

2 – Comment dessiner soi-même un gabarit pour faire une Assiette de Dresde ?

Comment faire pour préparer son gabarit sans acheter de nouvelles règles ? Pour le dessiner, il suffit d’avoir un rapporteur pour marquer précisément un angle. Je m’explique : un cercle fait 360°. Il faut le partager en parts égales. Si vous voulez le partager en 4, cela fait 4 angles à 90°. Partagez en 8, les tranches feront 45°, et ainsi de suite. La multiplication doit toujours faire 360 ! 

Assiette à 6 tranches => angle à 60° (6 x 60 = 360)Assiette à 12 tranches
8 tranches => 45° (8 x 45 = 360)
10 tranches => 36° (10 x 36 = 360)
12 tranches => 30° (12 x 30 = 360)
16 tranches => 22,5° ( 16 x 22,5 = 360)
20 tranches => 18° (20 x 18 = 360)

 

Exemple pour dessiner un gabarit de tranche d’assiette de Dresde de 12 parts : 360° divisé par 12 donne 30, nous allons donc construire un triangle de 30°. Le schéma de droite est pour vous indiquer ce qu’on veut avoir, mais inutile de dessiner la roue entière.

A partir d’une droite et d’un point-cible marqué vers la droite de votre feuille, on positionne la cible du rapporteur sur ce point. Marquer l’angle choisi (ici 30°) et tirer une droite qui passe par le « point-cible » et « le point 30° ». Vous avez presque votre tranche !

Ensuite, vous pouvez les faire de la longueur que vous voulez tout en gardant le même angle : plus vous allongez ces deux traits, plus votre assiette sera grande. Veillez à avoir la même longueur des deux côtés et tracez une droite pour fermer ce triangle.

point-ciblemarquage 30°traçage 2e droitetraçage triangle

Vous avez ainsi le gabarit pour une assiette de Dresde à pointes (un tuto parmi d’autres ici). Cela remplace cette règle du commerce (celle-ci est pour 20 tranches et donc à 18°, c’est le nombre le mieux adapté aux pointes) :

Easy Dresden

On coupe la tranche, on plie l’extrémité large en deux endroit contre endroit, on coud, on coupe le petit triangle afin de mieux retourner… Une pointe est prête (un tuto ici) ! A faire à la chaîne, cela va si vite ainsi !

Remarquez qu’on peut enlever la partie la plus proche du point-cible car ce sera recouvert par le centre appliqué (voir plus bas).
Si vous voulez un gabarit traditionnel avec les extrémités arrondies, prenez un compas et dessinez un arc de cercle plus ou moins écrasé, selon que vous mettrez la pointe sèche plus ou moins à l’intérieur du triangle (mais toujours sur la ligne médiane tracée).

arrondi "bombé"arrondi "aplati"

La pointe du compas est toujours sur la ligne médiane pour dessiner un arc de cercle.

Cela remplace cette règle du commerce :

règle dresden plate

Règle pour faire des Assiettes à 10, 12 ou 20 tranches. Gabarits avec et sans marges de couture, tranches de diverses longueurs.

Attention, la précision est la clé de votre réussite. Un demi-degré de décalage (répété de 6 à 20 fois !) et votre assiette ne sera pas plate. C’est pourquoi les règles du commerce ont leurs avantages : en plus de leur transparence et leur épaisseur, elles sont fabriquées avec grande précision.

 

3 – Les extrémités des tranches

Dans les années 80-90, je ne connaissais que la finition arrondie des Assiettes (voir première photo). Nous avons vu comment faire le gabarit. En tissu, ces arrondis se préparent à la main, en bâtissant un petit ourlet avant d’appliquer sur le fond, toujours à la main. Ce modèle faisait fureur aux Etats-Unis dans les années 1920-30, avec les nouveaux tissus pastel et/ou avec les sacs de tissus imprimés (feed sacks) :

dresden feed sack

Il y a aussi les bouts de tranches en pointes, nouvellement en vogue car elles se font facilement à la machine, je vous recommande ici un excellent tuto pour faire des tranches en pointes. Rappelez-vous que vous pouvez remplacer la règle par votre propre gabarit (voir ci-dessus).

On peut aussi préparer des fleurs :

dresden minisfleur de dresde

Photos de Nana Company : adorables petits dessous de tasses faits par une talentueuse jeune styliste. A droite, l’arrondi a été préparé sur trois tranches pour faire une fleur.

Enfin, on peut « lisser » l’ensemble, le bloc s’appelle alors « wagon wheel » ou roue de chariot. C’est ce bloc qui est le plus utilisé pour les quilts modernes (voir ci-dessous).

4 – Le centre

C’est un cercle appliqué qui se met à la fin. Il est là pour cacher le départ des tranches ; on peut l’imaginer aussi en forme de fleur, de coeur… Son diamètre peut être minime, sa couleur discrète, ou bien jouer un plus grand rôle comme dans les exemples ci-dessous :

lion

Voici un joli petit lion fait par Lizzie.

Sunflower babyDans le même esprit, Sunflower Baby by Darcy Ashton

yankee quilter

Un coussin classique pour Noël fait par Yankee Quilter , avec une grande broderie centrale

dresden sun

Fun in the Sun de Carla, Lollyquiltz : l’imprimé central est mis en valeur.

Tout en conservant l’angle déterminé en fonction du nombre de tranches, vous utilisez uniquement la partie la plus large de la tranche (= la plus éloignée du point-cible) pour avoir un grand cercle central.

5 – Piéçage des tranches

Et ce n’est pas fini ! Ces fameuses tranches d’assiette, on peut aussi les modifier, les partager dans le sens de la longueur par exemple :

dresden halloween fig tree

Quilt pour Halloween de Fresh Figs. On peut utiliser un gabarit pour chaque pièce ou bien tailler dans deux bandes de tissus pré-assemblées, au choix.

Ou bien les couper dans le sens de la largeur ; c’est ce que j’ai fait, ainsi que Christine (voir article précédent).

Ou encore utiliser le tissu de fond une fois sur deux pour transformer l’Assiette en moulin :

dresden fans

Quilt réalisé par Geta Grama de Roumanie. Elle fourmille d’idées !

6 – Utiliser des portions d’Assiette de Dresde

FANS

Très connus, les éventails sont des quarts d’assiette. Ce livre (Fans de Jean Wells, C&T, 1987) est assez kitsch (d’inspiration victorienne) mais techniquement intéressant, il montre de multiples finitions possibles pour un éventail… et donc aussi pour les assiettes de Dresde : petits arrondis, pointes au milieu, pointes asymétriques, etc. Livre posé sur un quilt d’éventails que j’ai fait pour ma fille il y a plus de 15 ans.

De ces tranches d’assiette, on peut faire aussi des papillons :

Butterfly quilt 2 - The LindseysButterfly quilt blockmanique-papillon

Butterfly Quilt

Plus sophistiquée, l’ interprétation de France Aubert (Passion Patchwork) d’un quilt de blocs-papillons des années 1920 construits également à partir de l’assiette de Dresde (cliquez pour voir ici). Elle a aussi fait une manique de ce magnifique bloc (voir aussi ici).

On peut même faire des paons ! Voyez ici la création d’Hélène Vispé, éditée dans Les Nouvelles n° 114 (magazine réservé aux adhérentes de l’association France-patchwork) :

Paons Hélène

 

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GALERIE DE QUILTS INSPIRES PAR L’ASSIETTE DE DRESDE

Fin des explications techniques (ouf ! direz-vous), voici maintenant une petite galerie de quelques merveilleux quilts récents avec Assiette de Dresde ou Wagon Wheel trouvés au cours de mes recherches ; comme vous allez le voir, la tendance est vers la grande assiette complexe. Régalez-vous !

 

THE BLUE CHAIR

From The Blue Chair

lollipops fig tree

Fresh Fig Tree, Lollipops

ferris fandango larene smith

Ferris Fandango, de Larene Smith (modèle en vente aux USA)

deb geyer

Deb Geyer (sur son blog ici)

hanginglanterns,Sarah Kielke

Hanging Lanterns, de Sarah Kielke (explications dans son livre « Quiting from Little Things »)

romance -Blue Mointain Daisy

Whirlwind Romance Quilt, de Rachel Daisy

wheel quilt

Exaltant modèle de Rachel de Stitched in Color  , patron en vente ici.

Peppermint Pinwheel

Peppermint Pinwheels a fait ce quilt très graphique, ainsi que le suivant :

carnival quilt by Peppermint Pinwheels at flickr.com

Peppermint Pinwheels a fait ce quilt en soie d’après un modèle de Norah McMeeking, de Bella Bella Quilts

spring field Akiko

Spring Field by Akiko Kawata

Promise of Joy

Dans ce livre, vous trouverez de nombreux modèles aux Assiettes de Dresde revisitées. Edition Quiltmania, bilingue English-Français. Kathy Doughty est une quilteuse australienne enthousiasmante !

Vous pouvez aller voir ici la galerie de Dresden Plate tops de Linda Rotz Miller, à l’impressionnante production en vente sur son site.

Et pour finir, ce quilt, un jeunot de quatre-vingt-dix ans :

01-96 B1071 Final.indd

Ce quilt impressionne par sa modernité  (Collection Nancy Ray)

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C’est à nous de faire vivre et évoluer le patchwork, son avenir n’est pas écrit !

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Articles précédents écrits sur les Assiettes de Dresde  :

– L’Assiette de Dresde – Aujourd’hui
L’Assiette de Dresde – Les origines
Des Assiettes de Dresde pour Noël

Merci d’avoir lu jusqu’au bout !

Katell, Quilteuse Forever

Un clin d’oeil à la période de l’Avent :

dresden santa

« Santa All Around » by Pearl Louise Krush (from The Quilter’s Quilting for Christmas Holiday 2012 issue)

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