Dé-thérapie…with Heart & Hands

Tout le monde passe dans sa vie des épreuves de toutes sortes, les quilteuses évidemment ne sont pas épargnées. En revanche, elles ont une manière bien saine d’exprimer leur colère, leur désarroi, leur peine… Elles créent ! Toutes les personnes aimant s’exprimer avec leurs mains et leur coeur : peintre, menuisier, cuisinier, jardinier ou quilteuse (chacun au choix au masculin ou au féminin !) sont finalement très proches. D’ailleurs la frontière entre artiste et artisan  ne m’intéresse pas, le point commun est l’impérieuse envie, le besoin de créer with heart & hands, comme on dit en anglais.

C’est l’occasion de vous annoncer un nouveau concours lancé par France-Patchwork, Un Quilt, Une Vie*, ce thème vous incite à exprimer vos joies… ou vos peines, pour lesquelles le patchwork est aussi efficace que beaucoup d’autres thérapies bien plus longues et onéreuses !  Précisément sur ce thème, je souhaite vous montrer mon dernier bébé que j’ai baptisé « Ma dé-thérapie ». Toutes les Abeilles qui m’entourent connaissent bien l’histoire : un magasin où j’assurais les cours et stages de patchwork a dû fermer en mars dernier, nous laissant sans structure. Ce n’est pas un grand drame de la vie bien sûr, mais nous avons toutes été déboussolées et désolées pour la gérante… et pour nous-mêmes. Personnellement j’ai réagi par une boulimie absolue de coupe de tissus, de couture à la chaine sur ma nouvelle machine… 

Ce quilt est finalement plus grand que prévu ; j’ai tellement aimé le coudre que je ne pouvais plus m’arrêter ! Il mesure 160 x 190cm.

Presque immédiatement, le gabarit du dé à coudre s’est imposé : Supergoof avait déjà commencé le sien, j’avais depuis quelques années le livre qui l’avait inspirée**, je voyais déjà ce bloc fleurir un peu partout***… Le résultat est un patchwork de restes de tissus de toutes sortes, c’est d’ailleurs l’occasion d’utiliser un des fameux dictons de Karine : « On ne peut improviser qu’en ayant fait des provisions« , ah ce bon sens de nos campagnes ! Je l’aime ce dicton, il me correspond autant pour la cuisine que pour le patchwork. Au début, j’ai suivi la palette de couleurs d’Ingrid (Supergoof), puis comme je n’avais pas assez de roses j’ai ajouté des verts, puis des gris… puis inévitablement des bleus, je n’ai pas pu m’en empêcher ! Il en résulte un quilt plein de souvenirs, des tissus de toutes provenances que je n’aurais jamais imaginé pouvoir mettre dans le même ouvrage. Le gabarit suffisamment petit (5 cm de haut) permet ces alliances originales : tissus aux imprimés contemporains, des repros, des japonais, des provençaux, des robes et chemisiers… Un beau méli-mélo à l’image de mon stock !

Puis j’ai eu envie de prendre le temps, pour une fois, de quilter longuement à la main. Le quilting est le fameux « Baptist Fan », ou l’éventail. J’ai opté pour la version décontractée de Bonnie Hunter (la Diva du scrap quilt dont j’adore m’inspirer !) qui correspond si bien à ce que j’avais envie de faire, vous pouvez d’ailleurs voir sa méthode ici,  et j’ai utilisé le fil spécial quilting main YLI 100% coton n° 17 couleur pêche.

Quilt tout de suite adopté pour une sieste dans le verger

Mon patchwork de dés a plu à plusieurs Abeilles qui ont surfé sur la vague : j’en ai déjà parlé dans les articles précédents du 5 mai Des dés, des dés, 24 mai  Les dés, suite et du 4 juilletDes dés encore : Surfons sur la Vague.

Vous pouvez cliquer sur chaque photo pour voir en plus grand !

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*Concours réservé aux adhérentes de l’association (www.france-patchwork.com) – Date limite d’envoi des dossiers le 15 mai 2012.

**Small blocks, Stunning Quilts de Biz Storms et Mary Elizabeth Kinch, Ed. That Patchwork Place, 2008

***Sew Scrappy for Fabric Lovers, Better Homes & Gardens Creative Collection, paru en octobre 2010, avec un « Tumblers Quilt » en couverture. Thimble signifie dé à coudre, alors que tumbler veut dire gobelet, même forme mais taille plus grande que le dé.

Voyage autour du Monde

C’est le nom d’un très beau motif de patchwork, que les Amish préfèrent nommer « Sunshine & Shadow » (Lumière du soleil & Ombre), aux carrés de couleurs courant tout autour du centre, comme ici :

« Trip around the World », à la palette pastel typique datant des années 1920, avec un vol d’oie en bordure extérieure (photo d’un site de vente)

Il existe une méthode plus rapide que le fastidieux découpage de chaque carré à l’aide d’un gabarit : on peut préparer chaque quart assez rapidement en coupant chaque tissu en bandes, en les cousant, recoupant, décousant, redécoupant… bref toute une petite cuisine qu’on retrouve également dans d’autres d’ouvrages, comme les Bargello si à la mode dans les années 1990.

Mais Bonnie Hunter a bousculé cet agencement certes magnifique mais très sage, elle a inventé les « Scrappy Trips around the World » ! J’adore ce modèle qui multiplie les petits Voyages, mais pour qu’ils soient intéressants il faut en aligner  beaucoup… J’ai donc testé cette méthode en faisant un unique Voyage qui m’a menée là :

Seize pavés de 36 carrés, entourés de trois rangées de carrés bleus formant une bordure discrète. Méthode où l’on doit être attentive, mais l’effort reste bien raisonnable.

C’est un ouvrage fait rapidement pour tester la méthode plus que pour obtenir un quilt, mais cet ouvrage trouvera sa place chez une grande voyageuse  : belle correspondance entre la fille et le nom du quilt !

Et si je recommençais le même modèle, que changerais-je ? Je soignerais évidemment bien plus les harmonies de couleurs, celui-ci ayant été fait à l’aveuglette avec les tissus dont je voulais me débarrasser (à part ceux de la bordure bleue). Je mettrais sans doute plus de couleurs chaudes au centre au lieu de les avoir éparpillées.

Je pense d’ailleurs que le prochain ouvrage de ce genre sera plutôt un « Scrappy Bargello« , toujours selon Bonnie Hunter. L’interprétation que je préfère est celle de Bea d’Une Aiguille dans une Botte de Foin, de style amish et aux carrés plus petits encore (voir le 28/07/2010). Elle l’a fait quilter par Nat de Reuil, c’est un duo gagnant !

C’est un magnifique scrappy Bargello de Bea, allez visiter son blog, vous y verrez beaucoup d’autres merveilles !

Et pour en finir avec mes expériences scrappy de l’année dernière avec Bonnie Hunter, j’ai fait pour mon neveu des Scrappy Majestic Mountains, mais à l’époque je n’imaginais pas faire un blog et l’ai donc à peine photographié, la voilà séchant avant l’envoi en Normandie :

Rocky Mountains pour Marc, 10 ans, avec un joyeux mélange de tissus figuratifs (montagne, cailloux, arbres), des batiks et autres…

Je crois que j’ai fini ma période de scraps extrêmes, jamais je ne renoncerai aux scraps mais je préfère me recentrer vers des ouvrages moins multicolores dans les mois qui viennent. Mais… on ne sait jamais quelle mouche peut encore me piquer !

Le voici chez moi, juste avant de l’offrir à Gaëlle, la globe-trotteuse :

voyage-pour-gaelle1

La Ronde des Pétales

J’aime beaucoup le style de Kathleen Tracy, certes nostalgique, tourné vers le glorieux passé du patchwork traditionnel aux Etats-Unis, mais toujours harmonieux et attachant, il suffit de voir l’immense succès de ses livres, de son blog et de son groupe virtuel consacré aux mini-quilts traditionnels ! J’avoue trouver beaucoup de plaisir à participer aux discussions avec elle et ses fans.

Mais, contrairement à Kathy, je ne m’épanouis pas vraiment dans les mini-quilts, j’ai toujours envie d’ajouter des rangées, continuer le piéçage de peur sans doute que mon travail semble trop étriqué… Alors, j’aime copier Kathy en agrandissant ses belles idées !

J’avais commencé à coudre des Orange Peels* de taille mini, puis j’ai été séduite par un échange sur internet proposant ce même modèle en plus grand. L’aubaine pour étendre la variété de tissus ! Le modèle choisi est en couverture d’un des livres à succès de Kathy Tracy :

Ce mini-quilt est fascinant à la fois grâce aux arrondis qui se répondent, les nombreux tissus utilisés, la bordure à l’imprimé « vagues », un concentré de réussite !

48 blocs faits, expédiés, puis 48 blocs reçus d’autres quilteuses, puis un large complément rapidement cousus pour arriver à 100 Orange Peels, et voici mon top tout juste assemblé :

Le modèle de Kathy étant tellement joli, j’ai cherché à m’en approcher et ai trouvé un tissu lui aussi en forme de vagues qui complétait bien le centre. Puis j’ai ajouté des tulipes aux coins, ces fleurs si parfaites graphiquement qu’elles sont sans doute les favorites dans le monde du patchwork et de l’appliqué !

Je n’imaginais pas pouvoir trouver de temps pour le quilter à la main, j’ai donc fait confiance à ma nouvelle machine à coudre et me suis lancée. Résultat mitigé : les bordures sont très réussies mais le centre, c’est-à-dire le principal, aurait pu être bien mieux !

Vous avez ici un détail de la bordure ainsi que le dos fait de tissus bleus de tous horizons !

La Ronde des Pétales, un quilt idéal pour lire tranquillement dans un coin retiré du jardin, quand l’herbe de la prairie n’est plus que paillasse…

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*Orange Peel est le nom d’une famille de blocs rappelant un morceau de peau d’une orange découpée au couteau, comme si l’on suivait les méridiens du globe terrestre. Pour la petite histoire, ce bloc est aussi lié au Marquis de Lafayette qui, habitué aux bonnes manières à la Cour de France, épata un ensemble de notables à Philadelphia en coupant ainsi son orange à la fin d’un banquet en son honneur. Une jeune femme récupéra les quatre morceaux d’écorce et en fit un bloc à la gloire de ce grand homme !

Dans l’atelier de Maïté il y a…

… Une déclaration d’amour !

Au patchwork ? Sans doute un peu, mais bon ce sera sa décoration annuelle pour la Saint-Valentin, alors…

Cent coeurs avec cent tissus rouges et cent tissus beige différents, ce quilt est donc aussi un souvenir des Abeilles ayant participé à la recherche des tissus, assisté à la progression minutieuse du montage et de la broderie. Une belle création, un Charm Quilt très représentatif de Maïté au style campagne chic !

Quelques coeurs : beaucoup de variété de près pour une belle unité finale de plus loin !

Toujours la campagne…

… avec ces Poules dans tous leurs états ! Maïté s’est inspirée de sa styliste favorite, Jacqueline Morel* qui, des années durant, nous offrit tant de joies dans les Marie-Claire Idées.

Une Poule sur un Mur, par Maïté.

Jacqueline Morel et Maïté partagent le même goût pour les appliqués avec des tissus récupérés qui ont chacun leur histoire. On y retrouve tous ces tissus dits humbles, des parties de vêtements moins usées ou des restes de linges de maison anciens, mis en valeur par une technique irréprochable, des broderies fines… et souvent un zeste d’humour ! Ah ! Les histoires de Maïté nous font passer de bons moments !

Chez Maïté, le moindre recoin est tout-à-fait charmant, ici Nounours se repose.

Tout comme Jacqueline Morel, son thème de prédilection est le Country quilt à la Française, avec nos petits Vichy, les mouchoirs de Cholet, le lin « ficelle », de ce gris-beige si chic qui va avec tout… Vous découvrirez bientôt d’autres quilts de Maïté  au fil des articles dans La Ruche des Quilteuses.

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* J. Morel a dessiné la plupart des patchworks « à succès » du magazine pendant de nombreuses années. Vous pouvez trouver quelques-uns de ses ouvrages, dont beaucoup d’inédits, dans le livre édité par Quiltmania : Le Petit Monde de Jacqueline Morel.

Le Bonheur est dans le Pré…

… pour toutes ces drôles de vaches appliquées et brodées par Martine, une décoration idéale pour la chambre d’un enfant !

C’est un modèle de la Savoyarde Marie-Hélène Baud, édité dans  Quilt Country n° 14. Martine a choisi ses propres couleurs, ajouté de jolies broderies et quilté chaque bloc avec une grille d’un centimètre, dans la tradition du piqué-coton. 

Martine m’a confié son plaisir de réaliser ce genre de petits tableaux enfantins en alternance avec de plus grands ouvrages, ainsi que la grande joie d’offrir un cadeau fait main !

Un quilt au charme fou

En visite chez Maïté l’Abeille, j’ai de nouveau admiré dans son salon un quilt qu’elle a fait bien avant notre rencontre ; elle habitait alors à Nantes et avait la grande chance d’avoir Renée Ferré* comme professeur.

Dès le premier regard, ce quilt enchante par ses fondus de couleurs, des tons frais et changeants. Puis vous écoutez les précisions données par Maïté : « Ceci est un Charm Quilt. Idéalement, il devrait se composer de 999 pièces, je n’ai pas réussi à atteindre le nombre magique puisque le mien en comporte 1024. » Puis elle explique que, comme tout Charm Quilt qui se respecte, aucun tissu ne se répète et donc qu’on a ici 1024 tissus différents !

Dans les années 1990, quelques quilteuses françaises  redonnèrent une nouvelle jeunesse à cet exploit jadis à la mode (fin du XIXe siècle, puis années 1920-1930 aux Etats-Unis). La règle du jeu est simple… mais pas si facile à suivre en totalité ! Le quilt doit :

– comporter un seul gabarit (carré, losange, hexagone…)                                                              

– utiliser chaque tissu une seule fois dans l’ouvrage                                                                       

– aucun tissu ne doit avoir été acheté mais récupéré, offert, échangé                                         

– le quilt aura idéalement 999 pièces…

Rarement sont réunies ces quatre conditions, mais certaines y arrivent quand même ! L’important toutefois est de s’amuser, c’est un exercice de coloriste passionnant que je vais peut-être lancer l’année prochaine chez les Abeilles. Si vous souhaitez vous aussi approfondir ce challenge, admirer d’autres Charm Quilts extraordinaires réalisés en France dans les années 90, essayez de vous procurer un des livres de Smaranda Bourgery :

Ne passez pas l’introduction, elle comporte de forts bons conseils.

Et pourquoi donc ce nom de Charm Quilt ? C’est une jolie ambiguïté des langues anglaise et française, car lorsque nous sommes charmés, enchantés, ce peut être justifié par quelque chose (ou quelqu’un !) de joli, ravissant, charmant, ou bien plus mystérieusement le résultat d’un sortilège, de la magie, d’un charme, d’un enchantement… Et quoi de plus enchanteur qu’un quilt au charme évident… et aux charmes cachés ?

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*Nous sommes nombreuses à admirer ses modèles présentés dans Quiltmania, elle fait partie de la brillante équipe depuis le tout début !

Dés encore : Surfons sur la Vague !

La famille d’Isabelle est pleine de passions, entre autres pour le Pays basque et le surf qu’on peut si bien pratiquer sur la Côte. Preuve qu’on peut laisser transparaître tant de choses dans le choix de ses tissus ou du matelassage, voyez comment Isa a tiré profit de ma suggestion de faire un quilt de dés :

« Les Couleurs de la Vie »  d’Isabelle (170 x 130 cm). Les dés ont été coupés à partir de bandes de tissus de 2 inch 1/2. C’est un magnifique assortiment de batiks avec de beaux contrastes, ce qui rend le quilt bien « scrappy » et intéressant !

Matelassage machine avec un point évoquant les vagues de l’Océan

Magnifique et si évocateur de vacances au bord de la mer ! Et si je vous dis que c’est son premier quilt terminé, me croirez-vous ?… Elle a commencé le patchwork il y a moins d’un an avec les Abeilles et s’est vite lancée dans plusieurs ouvrages avec la boulimie d’une passionnée. La vie professionnelle la réclamant, nous la suivrons grâce au blog qu’elle est sur le point d’ouvrir.

Bon vent Isabelle, que ton surf te mène encore parfois du côté de la Ruche des Abeilles ! 

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Articles précédents sur le thème des quilts en dés : Des dés, des dés, puis Des dés  – Suite.

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Première à avoir commencé… dernière à le terminer, un jour prochain je vous présenterai mon quilt de dés enfin fini !

Katell, quilteuse forever

Bouquet d’antan

Quiltmania est un magazine que je ne me lasse pas de feuilleter. Depuis le premier numéro, je les achète, les lis, rêve sur tout ce que je pourrais faire comme quilts si j’avais 10 vies (je me contenterais bien de 9 comme les chats !). Quand je m’y replonge, je me rends compte de l’extrême richesse de cette revue française. Cocorico ! Les Abeilles autour de moi sont tout aussi fans…

Madeleine a choisi ce très beau tableau inspiré d’un modèle du XIXe siècle dans un ancien numéro. La bordure qui reprend les fleurs du bouquet ne vient pas de Quiltmania, mais de photos vues sur internet, à la fois des USA et de France. Qui s’est inspiré de qui ? Eternelle question, nous n’avons pas fait d’enquête, notre Abeille a juste mis tout son coeur pour réussir cet appliqué très soigné aux couleurs éclatantes !

Bouquet d’Antan, réalisé par Madeleine, d’après un modèle Quiltmania (n° 17)          Quelle harmonie reposante !

OK CORRAL

CORRAL : nom hispano-américain désignant un enclos pour chevaux ou bovins.

Madeleine et moi avons un jour décidé de nous lancer dans un quilt-tableau avec des chevaux, nous avions craqué pour le quilt de Joan Colvin « Dusty Circles in the Corral »*. Tout de suite ce titre m’évoqua l’expression « OK Corral », ancien souvenir d’un western de mon enfance, Règlement de comptes à OK Corral (1957) avec Kirk Douglas et Burt Lancaster. La même histoire est brillamment reconstituée dans Wyatt Earp (1994) avec Kevin Costner, Denis Quaid et aussi Mark Harmon tout jeune, le futur séduisant « patron » de l’équipe de NCIS !

OK CORRAL évoque une célébrissime fusillade ayant eu lieu à Tombstone (sud de l’Arizona) en 1881, qui symbolise pour les Américains la lutte contre les brigands « sans foi ni loi » sévissant alors dans ces petites villes de la Frontière Ouest. OK CORRAL était simplement un établissement en bois au milieu de la ville, un lieu pour mettre en pension les chevaux ou en louer, comprenant une petite cour intérieure faisant office d’écurie. C’est dans cette cour -ou bien au carrefour d’à côté, les versions diffèrent- que les huit « bons et méchants » échangèrent 17 coups de feu en à peine 30 secondes. Trois morts, trois blessés et l’entrée pour tous dans la grande légende du Far West !

Autre souvenir cinématographique, le corral dans lequel Robert Redford tente d’approcher le cheval blessé dans L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998)… Corral, ce mot a décidément le don de m’évoquer de bien beaux acteurs.

On est donc bien loin du quilt que Madeleine et moi voulions faire ! Revenons à nos chevaux. Nous avons préparé nos ouvrages ensemble, choisi les tissus d’un commun accord, préparé les gabarits… Nous sommes restées assez fidèles au modèle qui nous plaisait tant, avec quelques modifications toutefois. Par exemple, les chevaux ont trois gabarits : les plus grands sont vers le bas en premier plan, les moyens au milieu et les plus petits en haut, afin de donner une légère perspective. Et pour personnaliser nos ouvrages, nous avons chacune fait une bordure différente, Madeleine tout-à-fait dans l’esprit « Corral » :

Le Haras (2008), offert par Madeleine à son petit-fils

Tout comme le modèle, les chevaux sont appliqués, les queues sont des fils de coton DMC tressés et cousus partiellement.

Pour le mien, j’avais l’idée de faire une bordure visuellement forte, pour évoquer cet animal domestiqué depuis des millénaires mais toujours sauvage de nature. J’avais en tête des images de « Navajo rugs », les couvertures ou tapis tissés dans ce sud-ouest américain.

Onze chevaux pour célébrer les onze ans de mon fils !

Cet ouvrage reste un très beau souvenir de partage de notre passion !

Une question que je me pose toujours quelques mois après la réalisation d’un quilt : que changerais-je si je le refaisais maintenant ? Eh bien, je complèterais le quilting trop discret (il y a quelques herbes, quelques marques de poussière qui volète…) et cela mériterait plus de  mouvements et de tourbillons de poussière. Je le ferai peut-être un jour… Autre modification éventuelle : je crois que je ferais une bordure dans le même esprit mais plus sophistiquée, pour approcher encore plus l’aspect des tissages des couvertures indiennes du peuple Navajo.

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Dans la chaleur et la poussière d’un corral tournent sans fin les chevaux…

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* Livre « Quilts from Nature » de Joan Colvin, rempli de quilts magnifiques, édité par Martingale & Co (That Patchwork Place, 1993).