La petite école rouge

Cette semaine, Barbara Brackman nous donne à faire le bloc de « La Petite Ecole Rouge », un de ces adorables blocs du patrimoine américain, pour continuer notre Sampler sur les Droits de la Femme. Elle lie  à ce symbole de l’instruction aux Etats-Unis au XIXe et début du XXe siècle la lutte de  Lucy Stone pour pouvoir accéder à l’enseignement supérieur. Irrésistiblement, cette histoire me fait penser à la série américaine Dr. Quinn, Femme médecin, qui nous plonge dans la vie de la petite ville de Colorado Springs (Colorado) dans les années 1870, là où une femme « ne devrait pas » exercer un tel métier… Dans cette série tout comme dans La Petite Maison dans la Prairie, j’ai trouvé  de quoi nourrir mon goût pour l’Histoire… et je traquais toujours les images montrant de beaux quilts ! On peut critiquer l’embellissement de cette vie de pionniers par les scénaristes, mais on voyait bien malgré tout comment s’organisait la vie dans ces villages, et en particulier l’éducation des enfants.

Dans un village tout juste né, on construisait une école constituée d’une seule pièce, qui avait aussi souvent la fonction d’église le dimanche, de salle de réunion communale, de salle des fêtes, parfois même de lieu de justice… Bref c’était souvent le seul bâtiment public.

Il se pouvait aussi que des écoles rurales se trouvent « au milieu de nulle part » de manière à ce que le plus possible  d’enfants de fermiers alentour puissent venir quotidiennement à pied, avec leur repas (réchauffé l’hiver sur le poêle). L’école portait habituellement le nom du donateur du terrain.

Exemple d’une école rurale, avec son petit clocher pour sonner l’école… et le dimanche le début  de l’office religieux. Dans l’Utah, les arbres sont assez rares, l’école est donc construite en briques rouges.

Dans ce jeune pays américain qui avançait vers le Far West, l’enseignement permettait d’intégrer les enfants des nouveaux immigrants qui parlaient de nombreuses différentes langues européennes. Les écoles, constituées d’une seule salle, réunissaient tous les enfants, garçons et filles. Souvent, il y avait même plus de filles car les garçons aidaient très jeunes dans les champs. Et qui enseignait ? C’était toujours une jeune fille, souvent à peine plus âgée que les plus grands élèves. Dès qu’elle se mariait, elle ne pouvait plus enseigner et une autre jeune prenait sa place. Cette organisation est très bien présentée dans La Petite Maison dans la Prairie ! Ces particularités sont conservées par les Amish traditionnels à l’heure actuelle où les enfants, garçons et filles réunis, reçoivent un enseignement basique jusqu’à 14 ans par une jeune fille…

Si vous comprenez l’anglais, vous aurez du plaisir à lire le témoignage de la grand-mère d’une blogueuse qui fit sa scolarité dans cette école :

Une petite école dans le Vermont

La plupart de ces écoles ont disparu (il y en avait peut-être 200 000 !), certaines cependant ont plus de chance. Des associations se créent parfois pour sauvegarder un de ces bâtiments, si chers au coeur des Américains. Ainsi, la semaine dernière, on a fait déménager une vieille école de quelques kilomètres afin de la préserver :

Avant le déménagement, la petite école de St-George, Vermont.

Construite en 1852, ce bâtiment ne pouvait être restauré sur place (terrain n’appartenant pas à la Mairie). Voir les diaporamas du déménagement du 7 novembre dernier ici ! Notez le placement des couleurs, on voit bien les barres verticales blanches qui correspondent si bien au bloc traditionnel…

The little Red Shoolhouse est devenu un symbole fort des Etats-Unis, même si la plupart d’entre elles étaient plutôt peintes en blanc ou gris. Cela dépend de l’endroit, car pour faire de la peinture rouge il faut des scories de mine de cuivre ou de fer. La recette est ancestrale, originaire d’une province de Suède, la Dalécarlie.

Ces écoles à la salle unique véhiculent notamment un fort sentiment nostalgique des communautés villageoises « à l’ancienne », quand tout le monde se connaissait et s’entraidait. Maintes variantes de blocs ont été dessinées, à l’image des diverses constructions d’écoles.

Livre sur ce symbole américain!

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Voici donc le bloc que j’ai fait cette semaine ; comme je n’ai pas de rouge dans ma palette, je me suis permis toutes les audaces. J’ai suggéré la fonction d’église en choisissant ce tissu en coquilles pour les ouvertures, ce qui suggère un peu des vitraux. J’ai surtout eu le plaisir de pouvoir utiliser pour le toit un des tissus offert par Marie-Claude Tsuruya, un tissu tissé et teint artisanalement dans le nord du Japon, là où vit sa belle-famille. Ce sampler dédié aux droits des femmes rend ainsi hommage à une de mes amies aussi !

Toujours, la galerie Flickr avec les blocs des participants à ce sampler : http://www.flickr.com/groups/grandmotherschoice/

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Croire au Père Noël… et autres histoires

C’est l’histoire du dernier Magic Patch, le n° 101.

Je savais que Pascale, alias Jubama, nous préparait encore un de ses jolis modèles. « Chut ! », nous dit-elle quand, en plein mois de juillet, elle planchait sur l’ambiance feutrée et cosy de Noël.
Son univers, avec sa maison remplie de petits-enfants, ses poules au poulailler de luxe près du potager, l’ont bien inspirée cet été !

Poulailler chez Jubama, photo de son blog. Inspiré des granges américaines !

Croire au Père Noël, tel est le thème choisi.  On y trouve notamment un quilt de style country comme j’aime, aux couleurs douces et pimpantes, des dessins mignons comme tout, un inévitable mouton avec le Père Noël… Mais oui, les moutons sont une des marottes de notre créatrice ! La gamme de tissus choisis est parfaitement adaptée et de petites broderies donnent une touche de raffinement supplémentaire.

Je dois dire que j’ai une petite réserve : la photo principale de présentation… Au lieu de bien nous montrer le quilt, on a un grand ours que je ne trouve pas du meilleur goût. Il faut aller dans les pages d’explications pour apprécier l’ensemble de l’ouvrage… Et pour le voir sur une belle photo, je vous conseille de vous adresser directement à Jubama ici  ! Bon, c’est juste une petite remarque de présentation à l’intention du magazine, j’aime voir les quilts en entier !!

Et Pascale nous propose aussi un sac à cadeaux, j’en retiens l’idée… Moi aussi je finirai bien par être une mamie !… Et j’aime beaucoup le manteau de cheminée, il faut d’ailleurs que j’en fasse un, pourquoi pas un comme celui-ci ? En m’y prenant maintenant, il sera fini pour les fêtes… Ah Pascale la tentatrice !!

Un Père Noël avec un joli mouton, détail du quilt « Croire au Père Noël » de Pascale Piète.

Beaucoup d’autres jolis modèles dans ce Magic Patch, à vous de découvrir ce que les créatrices nous ont réservé ! 

Je voudrais aussi attirer votre attention sur l’histoire de l’Hermione (pages 42-43). C’est le bateau qui mena le marquis de La Fayette — personnage presque oublié en France mais fort célébré aux USA– vers cette colonie britannique qui souhaitait ardemment son indépendance… Un club de patchwork de Poitiers a fait un quilt collectif de toute beauté à la gloire de la Fayette et de l’Hermione. Histoire à lire ! Je vous engage aussi à aller sur leur blog Quilt pictave. Vous y verrez notamment des photos de la visite d’un chantier naval : des passionnées ont entrepris la reconstruction à l’identique de cette frégate (en vrai !)… Un chantier que vous pouvez retrouver ici : http://www.hermione.com/

Quilt sur le thème de l’Hermione, superbe frégate qui mena le Marquis de La Fayette en Amérique en 1780.

Pour finir avec ce numéro décidément éclectique, ce que j’apprécie grandement, lisez le portrait d’Inge Hueber, la quilteuse qui met tout à l’envers… Je m’explique : fascinée par les couleurs, Inge teint tous ses tissus elle-même, ce qui lui permet d’obtenir de fabuleux dégradés. Ses recherches l’ont conduite à coudre des quilts de bandes aux coutures visibles, elle obtient ainsi un volume et un velouté incroyables. Son site : http://www.ingehueber.de/.

Détail de Sunset/Broadstairs, voir le quilt dans son ensemble ci-dessous. De loin, on ne voit pas les coutures et les couleurs se fondent l’une dans l’autre…

Impressionnant, non ?…

Vive le patchwork dans toute sa diversité !

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Obama en quilts

Les quilts sont un moyen d’expression artistique à part entière, vous le savez bien chers lecteurs ! C’est aussi un moyen d’expression politique bien établi aux Etats-Unis. Alors pour le plaisir, voici un petit florilège collant à l’actualité de ce jour !

Quilt de Corinna Weir

Hier abondaient sur les blogs américains des appels au vote, certains de façon neutre, mais une grande partie prenait position, comme dans cet article posté hier ici sur un des blogs de Victoria Findley Wolfe. C’est le symbole du parti démocrate que vous y voyez en mini-quilt . Afficher fièrement ses préférences politiques par un quilt, c’est bien une attitude américaine ! Déjà, en 2008, ce quilt ci-dessous fait en blue-jeans et velours de récupération avait été mis aux enchères pour aider au financement de la campagne Obama, avec ce même logo :

Voir le blog « Daily Kos »

Il y avait aussi ce superbe quilt fait par Denyse Schmidt, également en vente aux enchères pour la première campagne :

Depuis 2008, des centaines de quilts ont été faits en l’honneur de ce président hors normes. Voici par exemple un quilt en l’honneur d’Obama Président (la Maison Blanche figure en toile de fond, le sigle démocrate suggéré), où l’on n’oublie pas d’y faire figurer ses origines multiples : Chicago et l’Illinois, l’Afrique, le Kenya, Hawaï… et sa passion pour le basket-ball ! Moi qui aime tant l’Irlande, j’aurais ajouté un petit trèfle pour rappeler l’origine de sa mère 🙂

En voulez-vous d’autres ? Voici quelques uns de mes préférés :

Debra Gabel et son quilt. Ci-dessous, un détail de ce travail incroyable :

Quilt d’Allyson Allen, commémorant le Prix Nobel de la Paix obtenu par Obama en 2009.
Vous savez sans doute que j’aime beaucoup ce bloc que j’ai rebaptisé « les Moulins de la Ruche » ! 

Comme il en existe des centaines, je vais m’arrêter ici… Sachez que je n’aurais pu faire ce même genre d’article si la partie adverse avait gagné, car je n’en ai trouvé qu’un seul pour Romney :

Finissons par ce livre paru en 2010 sur les quilts consacrés à Obama, une compilation faite par une quilteuse afro-américaine de renom, Carolyn Mazloomi :

Toujours en vente sur Amazon !

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Sampler en cours

Je me réjouis, chaque samedi après-midi, de découvrir le Bloc de la Semaine du Sampler Grandmother’s Choice  – To recall the Fight for Women’s Rights (Le choix de Grand-Mère – Pour se souvenir du combat pour les Droits des Femmes).

A quelques jours d’un vote majeur aux Etats-Unis, c’est le moment de se souvenir du combat des suffragettes pour que les femmes soient reconnues citoyennes à part entière. Et j’en profite pour faire un petit récapitulatif des premiers blocs de mon Sampler fait en très bonne compagnie virtuelle (voir ici la galerie Flickr du Groupe, nous sommes actuellement 296 inscrits) :

Je suis contente de cette gamme originale de tissus majoritairement issus de collections de Dear Stella, avec quelques japonais et autres tissus asiatiques. J’ai souvent la tentation d’ajouter des rouges (bordeaux ou rouille) mais je n’ai trouvé aucun tissu qui me convienne et je crains de casser cette harmonie un peu singulière. Ces blocs seront encadrés de bandes blanc cassé (tissu uni Kona Snow).

Plus que 40 blocs 😉

Je dois dire que depuis quelques jours, il règne sur le groupe Flickr un calme inhabituel ; de très nombreuses quilteuses vivent dans la partie nord-est des Etats-Unis, là même où règne encore le chaos à la suite du passage de la terrible tempête Sandy. Les Américains, l’esprit toujours pionnier et combatif, se retroussent les manches pour réparer au plus vite les outrages. Je suis de tout coeur avec vous les amis.

De nombreuses Françaises suivent ce projet. N’hésitez pas à nous rejoindre, vous avez tous les blocs expliqués des semaines précédentes –avec une page d’histoire sur les Droits de la Femme– sur le blog créé par Barbara Brackman :  http://grandmotherschoice.blogspot.fr/

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Easy Street

Route facile ? Je ne sais trop comment traduire cette locution, mais je sais qu’elle va fleurir dans de nombreux blogs de patchwork les prochaines semaines ! Au vu du contexte, on peut le traduire librement par notre expression « On va se la couler douce » ou « Trop facile ! », puisque Bonnie Hunter de Quiltville nous promet un quilt mystère qui réclamera bien moins de travail que les précédents… Ce sera pourtant encore un gros bébé, puisque sans bordure ce quilt carré fera 84 inch de côté sans bordures optionnelles (96 inch avec !!).


Bonnie Hunter va donner les premières instructions le 23 novembre sur son blog Quiltville. Vous avez tout juste le temps de rechercher les tissus ! Cinq groupes de couleurs sont requis :

– des verts acides
– des turquoises
– des violets
– des gris
– des imprimés blancs/noirs style shirtings, ces tissus de chemises à petits motifs.

C’est sa gamme, mais chacune peut s’aventurer vers d’autres harmonies ! Pour plus de renseignements, voyez son article ici, vous y trouverez tous les détails pour vous tenter furieusement !

Des potirons pour Halloween

Cela fait maintenant six ans que j’ai fêté Halloween à New York City avec ma famille, c’était bien dépaysant ! Quelle débauche de costumes, de rires et de fantaisie ! Les Américains adorent cette fête, héritage des traditions celtiques d’Irlande et d’ailleurs, pendant laquelle on aime se moquer un peu de notre crainte de la mort, afin de mieux la supporter…

Combien de millions de « pumpkins » américains sont-ils récoltés chaque année pour fêter Halloween ?…

Malheureusement, cette année, l’ouragan Sandy balaie cette fête des enfants, petits et grands… Tant de travail est nécessaire pour se remettre de ce terrible accident climatique qui dévaste cette partie si peuplée… Je suis de tout coeur avec vous, amis américains, ce qui vous atteint me touche personnellement.

Aujourd’hui, c’est la Pennsylvanie qui va voir passer le gros de cette tempête. Même si des Amish vivent dans de nombreux Etats, c’est là qu’est leur berceau américain. A noter que les Amish, fidèles à leurs spécificités, ne fêtent pas Halloween, tout au plus décorent-ils leur intérieur de quelques potirons  (non creusés) qui attendent d’être consommés… Ces cultivateurs, souvent bios ou presque, fournissent les fameuses boules orange à des milliers de familles ! Leur propre cuisine automnale est également bien riche en soupes, cakes et tourtes au potiron… Pour savoir un peu comment se nourrissent les Amish, vous pouvez lire ce petit article. Leur nourriture est proche de la cuisine campagnarde allemande, très riche… mais ils se dépensent physiquement toute la journée, d’où une surcharge pondérale quasi inexistante chez eux ! En tout cas, le potiron est excellent pour la santé…

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En Europe continentale, en France en particulier, nous avons maintenant un certain rejet pour cette fête car elle a été accompagnée dans les années 90 d’une débauche de petits objets parfois de très mauvais goût et d’un pâle copié-collé des traditions américaines dont la greffe n’a pas pris.

Idée de jolie décoration pour Halloween (Google)

Il n’en reste pas moins que l’on peut se réjouir de célébrer le milieu de l’automne avec de belles décorations, des bouquets de feuilles aux couleurs chaudes, des marrons, des pommes de pin… et des potirons !  A l’origine, les Irlandais utilisaient des navets ou des rutabagas pour faire des lanternes* ; les émigrants ont profité de ce merveilleux gros ballon orange, découvert sur place en Amérique, pour adapter leurs traditions du vieux continent.

Moi j’aime retrouver des décorations saisonnières, vous aussi peut-être ? Je vous propose donc deux modèles de potirons que vous pourrez sortir avec joie tous les ans ! La famille orange pourra même s’agrandir d’année en année…

En premier plan, le potiron inspiré du modèle Quiltmania. Et parmi les vrais potimarrons du jardin, vous avez une « citrouille de Cendrillon », aux côtes plus marquées.

1. Le potiron Quiltmania

Dans un très ancien Quiltmania (le n°7, automne 1998), vous avez un superbe modèle de potiron aux tranches habituellement marquées par une ficelle. Pour ma part, j’ai cherché plusieurs coloris pour faire une petite fantaisie, à vous de choisir ! Le modèle est signé Marie-Thérèse Bazin. Ce numéro étant épuisé depuis longtemps, j’espère ne froisser personne en vous photographiant cette double page explicative :

Les tranches ne sont pas tout-à-fait symétriques. Agrandissez en cliquant pour recopier !

2. La citrouille de Cendrillon

Il y a quelques années, Maïté recherchait désespérément un modèle de grosse citrouille avec les côtes saillantes. C’est dans un ancien Burda allemand des années 80 que j’ai trouvé ce modèle provenant directement des Etats-Unis. Pour toutes les Abeilles, j’en avais alors fait une fiche, en voici la copie et les gabarits. 

Le Bon Potiron pour Maïté

Fournitures :

Tissu  couleur potiron : 20 cm en 140 cm
Tissu vert : carré de 16 cm
Fil machine (orange si vous avez, sinon gris ou beige foncé)
Fil solide (à quilter par exemple) vert et roux pour la couture à la main
Ouatine de rembourrage
Facultatif : ciseaux cranteurs

 

Ce gabarit mesure, de pointe à pointe de croissant (en ligne droite) 18 cm environ. Vous pouvez à volonté agrandir le modèle pour faire des citrouilles géantes !

A – Avec le tissu potiron

Plier le tissu en deux, endroit à l’intérieur, afin de pouvoir dessiner 8 fois le gabarit A (en croissant de lune) en séparant chacun d’1,5 cm minimum. Ne pas oublier de marquer aussi le repère du milieu.

Ensuite, dans l’ordre que vous préférez : découpage des croissants (en laissant mini 8 mm autour en marge de couture) puis piquage de chaque courbe interne ou bien : couture des courbes internes puis découpage (ce que je préfère, c’est plus rapide, le tissu ne glisse pas). Chaque couture doit commencer et finir par un point d’arrêt, sans empiéter dans les marges. Réglez bien votre machine, la tension doit être forte pour qu’on ne devine pas trop les points quand vous rembourrerez ; de même réglez la longueur de point à 2 maximum. Si vous avez des ciseaux cranteurs, profitez-en !

Marquez les milieux de croissant, simplement en pinçant les deux épaisseurs au niveau de la marque. On va maintenant assembler les courbes extérieures en épinglant juste au niveau du centre.

A la dernière couture, laissez un espace d’une dizaine de cm (pas à une extrémité) pour pouvoir retourner et remplir le potiron, mais auparavant fermez chaque extrémité avec une « couture sauvage » qui sera cachée ultérieurement.

Retourner, puis bourrez de ouatine ; si vous faites un très gros potiron, n’hésitez pas à remplir le centre de restes de coupes de tissus, de fils divers, de collants filés, de bouts de molletons… Refermez l’ouverture au fil roux.

B – Avec le tissu vert

Avec le gabarit B, découpez le tissu pour faire la tige. Plier le tissu endroit contre endroit, coudre la couture droite et le sommet à la machine. Bourrez souplement et appliquez au fil vert au sommet du potiron : cela cachera la jonction des 16 coutures ! 
Et pour cacher la base, coupez un rond d’environ 4 cm de diamètre dans le reste de tissu vert, faire à la main un rentré de 5 mm tout autour et appliquez sur la base du potiron.

HAPPY HALLOWEEN  !

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*Pour en savoir plus sur les origines d’Halloween, vous pouvez lire ces deux articles de guide-irlande.com :
Samain : la fête celtique
Jack o’ Lantern : le conte de la lanterne

A pois ou à rayures

En juillet dernier à Bourg Dun, lors du Festival du Lin, il y eut le vote pour le concours France-Patchwork « A pois ou à rayures ? ». Le thème était l’utilisation de tissus en lin imprimés à pois et à rayures, rouge et écru, de fabrication française. Quelle bonne idée ! Nous sommes effectivement les premiers producteurs de lin au monde (même si on l’exporte souvent en Chine pour le tisser et le teindre…) et c’est une plante qui pousse si facilement qu’on n’a pas besoin d’arroser les plantes de pesticides. Et puis, les champs en fleur sont divins !

Champ de lin en juin en pays de Caux

C’est notamment en Normandie que le lin trouve son environnement idéal : terres riches et profondes, hygrométrie importante… Les tiges sont si ligneuses qu’on les arrache plutôt que de les couper ; elles auraient vite raison des lames les plus tranchantes ! On compte habituellement 100 jours entre le semis et l’arrachage ; pour plus de renseignements, cliquez ici !

Lors du Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse, nous avons eu la chance d’avoir pu exposer une quinzaine d’oeuvres tirées de ce concours. Cet aspect des Arts Textiles a plu à tout le monde ! Ce plébiscite est bien compréhensible, chaque ouvrage était très soigné, inventif, racontait son histoire… Cela changeait des ouvrages de facture traditionnelle tout en plaisant aux amatrices de classique.

Sur le blog de France-Patchwork 31, mon amie Callale a mis en ligne les photos de tous les ouvrages exposés à Toulouse. En ce qui me concerne, je prends le parti de vous présenter seulement trois ouvrages, je sais que c’est dommage pour les autres, mais j’assume !

Voici tout d’abord celui qui passionnait les enfants (mais pas que) :

Et mille et autres choses, Brigitte MARCO

En voilà une belle manière d’exposer les mille utilités du lin ! Quand des enfants se présentaient, je les prenais parfois à part (le temps que les parents profitent de l’expo) et je leur présentais certains quilts. Celui-ci captivait l’attention ! Ensuite on recherchait dans chaque oeuvre un bout de tissu à pois et à rayures, puis chacun apprenait ce nouveau mot : hexagone…

Des hexagones se trouvaient en effet dans deux quilts, dont celui-ci :

De lin à l’autre, Dominique Briet

C’est le quilt qui attirait le plus l’attention des adultes, quilteuses ou non, hommes et femmes, alors qu’il n’a pas eu la chance d’obtenir un Prix. J’avance l’explication qu’au Concours, les quilts étaient présentés sur un mur blanc alors que le noir met particulièrement en valeur celui-ci, avec sa toile de jute lâche et ses petits boutons… Ce sont des mini-quilts reliés par des bandes, un Sampler de facture moderne présentant des idées de pliages et de techniques diverses fort inspirantes !

Ci-dessus, quelques détails, photographiés sur fond blanc… C’est très beau quand même !!

Laissez-moi maintenant vous présenter mon préféré :

 Palmyrus Linus écarlate, Christine Mahé. Je suppose que le titre, apparemment savant, est totalement fantaisiste, je connais le palmier chanvre (Trachycarpus, j’en ai deux dans mon jardin, et il est très commun en Gascogne)  mais pas le palmier lin !!  En attente de confirmation… Invention pure de l’artiste sans doute !

Je n’ai encore jamais rencontré Christine Mahé, mais c’est la deuxième fois que je tombe sur un de ses tableaux qui me ravit (voir ici une autre oeuvre de cette artiste). Que dire, sinon mon admiration devant cette technique parfaite, l’alliance inattendue de tissus japonais avec nos lins français, l’humour dans certains détails de quilting… Bravo Christine !

Pour le plaisir, voici un détail du quilting machine parfait, vu de dos :

Si on détaille le matelassage, on trouve des grenouilles, des oiseaux… On croit voir une oeuvre « sérieuse » mais elle est pleine de fantaisie !

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En petit dessert, pour les utilisatrices de lisières, voici un détail de L’Un et L’Autre :

Bandes coupées à cru, qui peuvent s’effilocher, mêlées à des lisières, une frangée, l’autre aux pastilles de couleurs.
On dirait ainsi une boule de Noël !
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Ici la Galerie de tous les quilts ayant concouru : Le Bourg Dun, Concours 2012. Un immense bravo à toutes les participantes !

Un bloc spécial pour le sampler sur les Droits de la Femme

La semaine dernière, les Abeilles et moi-même étions fort occupées au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse. Quel plaisir de partager avec les visiteurs la magnifique exposition « A pois ou à rayures » ! Je vous en reparlerai bientôt, vous pouvez en voir déjà  de belles photos ici par exemple.

Stand France-Patchwork au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse (18-21 octobre 2012)

Un autre stand, juste à l’entrée, a particulièrement retenu l’attention : l’expo-vente des broderies afghanes par l’association créée par Pascale Goldenberg, tenu avec brio par Françoise Rouppert et des bénévoles de la Haute-Garonne. En bref, il s’agit d’aider des femmes d’Afghanistan à acquérir une petite indépendance financière et favoriser la scolarisation des filles tout en conservant une très belle tradition de broderie. Pascale et ses amies récoltent des broderies (souvent carrées, mais de nouveaux formats sont maintenant disponibles), les paient et les revendent, principalement en France et en Allemagne via leur Association  DAI. Les résultats sont là, ces femmes peuvent ainsi obtenir un petit pécule pour payer le médecin ou autres dépenses vitales. Des femmes aident d’autres femmes, c’est le sens de cette initiative.

Les lecteurs anglophones trouveront un dossier explicatif ici. English readers can find  here a file about this association.

Je me suis offert plusieurs carrés, ainsi que cette belle frise !
(La brodeuse s’appelle Fatuba)

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En plein dans mon aventure avec les quilteurs (oui, des hommes font aussi cet ouvrage !) qui suivent le sampler proposé par Barbara Brackman et au vu de mes tissus volontairement « ethniques », je ne pouvais que soutenir concrètement l’initiative de Pascale ! Le bloc de cette semaine est donc dédié aux femmes afghanes, dont la condition est certes moins catastrophique que du temps des Talibans au pouvoir, mais toujours très difficile.

Le bloc d’origine s’appelle « Rocky Road to Kansas », la route rocailleuse -pleine d’embûches ?- vers le Kansas. Il évoque aujourd’hui pour moi la difficile route des femmes afghanes (et aussi tant d’autres malheureusement) vers l’éducation, la considération… bref une place digne dans leur pays. Alors je rebaptise exceptionnellement ce bloc « Rocky Road to Kabul »
La brodeuse de ce carré s’appelle Benapha.

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Vous pouvez voir ici mon album de blocs « Grandmother’s Choice ».

Marie et Michel

C’est l’histoire de Marie qui, après des années de réunions hebdomadaires de « patch & tchatche » autour d’une tasse de thé, décide d’ouvrir avec une amie un magasin dédié au patchwork faisant également salon de thé. Ainsi est né « Le Thé à Coudre » à Mérignac, du côté de Bordeaux, lieu de rendez-vous incontournable pour de nombreuses passionnées de la région.

C’est aussi l’histoire de Michel, son mari, qui décide d’essayer de coudre lui aussi un bloc après sa visite à Ste-Marie-aux-Mines en 2009 ; il en a envie à force d’admirer tant de quilts et de voir toutes ces femmes tirer l’aiguille dans la bonne humeur ! S’ensuit son implication dans le magasin en remplacement de la partenaire de Marie et la décision de commencer fort : il s’attaque au Sylvia’s Bridal Sampler*, un grand quilt imaginé à partir de la saga de Jennifer Chiaverini** ! On lui prédit un abandon rapide, mais c’est sans connaître la pugnacité de Michel et le plaisir authentique qu’il prend à la couture à la main… Sitôt fini, c’est sur le mythique « Dear Jane » qu’il jette son dévolu… Il suit le plus fidèlement possible les couleurs de l’original, travaille seul ou en groupe au Thé à coudre… Son top, presque fini, l’a suivi jusqu’à Toulouse la semaine dernière :

Voici le couple sur leur stand avec le Dear Jane en cours de Michel. Je l’ai regardé très attentivement (le top ;-)), il est vraiment très bien cousu !

Merci à vous deux pour votre accueil, à l’année prochaine au Salon de Toulouse… ou peut-être bien avant, qui sait ?

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* Livre en français, avec les explications des 140 blocs, édité aux Editions de Saxe.

** Série de romans, voir ici.

Nous sommes au Salon des Loisirs Créatifs à Toulouse

Ce blog va faire une petite pause, car les Abeilles vont butiner du côté de :

Nous vous accueillerons avec grand plaisir sur le stand France-Patchwork ainsi que dans la Grande Galerie : vous y admirerez  une sélection de quilts issus du concours de juillet dernier « A Pois ou à Rayures ». Quilteuses, tricoteuses, cocheteuses, bricoleuses de Midi-Pyrénées, venez y faire un tour !

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