Un bon Flag

Non, je ne veux pas vous entraîner dans une aventure policière où l’on essaie de prendre les « méchants » en flagrant délit…

Je voulais juste dessiner un drapeau britannique exact et cela n’est pas si facile que cela ! Evidemment, on trouve toutes les variantes possibles dans le monde de la déco et de la mode, mais étant un peu rigide et perfectionniste, je veux partir sur de bonnes bases pour faire un Union Jack, le drapeau (flag) de nos chers voisins 🙂

Je suis tombée sur le bon site et voici donc les proportions officielles de ce fameux drapeau :

http://www.jdawiseman.com/papers/union-jack/union-jack.html

J’ai aussi l’aide précieuse de Lynne (Lily’s Quilts) qui vient d’écrire un article avec une foule de trucs et astuces pour réussir un bon Flag ! A moi maintenant la fantaisie… sur de bonnes bases !

🙂 Yapluka 🙂

A Gênes, Donata Gervasi

Si vous êtes dans la région du sud-est de la France, ou du nord-ouest de l’Italie, vous avez beaucoup de chance ! Surtout ne manquez pas l’exposition de Donata Gervasi à Nervi (à l’est de Gênes) :


J’ai eu le coup de foudre pour les tableaux textiles de Donata lors du Festival du Quilt en Irlande, je vous en avais déjà fait l’éloge ici. Avec nos techniques traditionnelles de patchwork ou d’appliqué et parfois quelques innovations, Donata sait évoquer, avec une palette très lumineuse, ce qui la touche dans l’art -la peinture bien sûr, mais aussi l’architecture ou la littérature- ainsi que des scènes toujours sereines ou réjouissantes.

Donata s’épanouit dans les petits formats ; vue de l’exposition

Autre aperçu de quelques oeuvres parmi les 58 exposées.

Dépêchez-vous, plus que quatre jours d’exposition dans ce lieu enchanteur !

Photos de l’album FB de Donata Gervasi.

Les formules magiques de la quilteuse (1)

Vous êtes-vous bien reposées pendant cet été ? Parce qu’en cette période de rentrée scolaire, vous allez devoir réunir vos neurones pour apprécier ce qui suit si vous n’êtes pas très attirées par les mathématiques !
Non, je plaisante, c’est tout simple 🙂

Nos blocs de patchwork sont faits de formes géométriques qu’on doit apprivoiser !

Cet été, j’ai bien aimé un article écrit par Robin Strobel sur le site des éditions Martingale  récapitulant les formules magiques que toute quilteuse moderne se doit de connaître. Si vous ne travaillez qu’à l’ancienne, avec des gabarits, ceci ne vous concerne pas, mais dès que vous coupez vos tissus directement armée de votre règle et du cutter, vous avez absolument besoin de quelques repères ! Quand je donne des cours de patchwork à des débutantes, je dévoile bloc après bloc différentes « formules magiques » du patchwork ; Robin les a condensées dans cet article, je me permets de m’en inspirer pour vous les récapituler en français et en centimètres.

Certaines d’entre vous connaissent ces notions par coeur, d’autres vont les découvrir. Commençons donc en douceur, par un carré tout simple. Sur le schéma d’un bloc, si c’est écrit 5 cm, c’est que le carré devra mesurer 5 cm cousu-fini. Il faut ajouter des marges de couture tout autour. Nous couperons donc un carré plus grand d’ 1,5 cm (soit 0,75 cm de marges de couture tout autour). Le carré coupé mesurera 6,5 cm sur 6,5 cm. Même chose pour un rectangle !
Si on veut avoir un carré bicolore en diagonale, il faudra ajouter à chaque carré coupé (dans chaque tissu) 2,5 cm. Le cadeau-bonus est qu’on aura assez de triangles pour coudre 2 carrés bicolores identiques !

Et si on veut le couper sur les 2 diagonales,  +3,5 cm seront nécessaires. Même chose, vous pourrez en coudre deux.

Récapitulatif  en dessin :

Ce sont des valeurs approximatives mais généralement suffisantes pour un bon résultat. La couture se fera aisément si vous avez un pied de biche qui mesure 0,7 cm entre l’aiguille et le bord droit. Sinon, il faut écrire ce repère sur votre machine, coller un ruban de scotch ou adopter une autre astuce (déplacer l’aiguille par exemple : voir ici les explications de Nat, à adapter pour 0,7 cm pour travailler en cm).

C’est la théorie pour avoir des marges de couture suffisantes tout autour des pièces. Dans la pratique, il existe de multiples manières de faire des carrés bicolores. Pour ma part, je conseille aux débutantes de se munir d’une petite règle appelée « Quick Quarter »*, elle représente 2 marges de couture accolées d’1/4 d’inch. Pour coudre deux carrés bicolores, je mets les deux carrés (coupés à + 2,5 cm) endroit contre endroit, le plus clair dessus. Regardez comment je positionne ma petite règle sur le carré le plus clair :

Ma règle a une vingtaine d’années, les récentes sont bleues !

Avec un crayon bien taillé, je marque à la fois chaque couture (trait plein) et la coupe (pointillé). Le truc est qu’on coud avant de couper, ainsi on a beaucoup moins de problèmes d’allongement du tissu coupé en diagonale : coudre le long d’une coupe en biais n’est pas du tout stable !

Pour réussir des carrés bicolores, bien d’autres méthodes sont valables également, mais j’ai un faible pour celle-ci…

NB : cette règle mesure des marges de couture en inch ? Oui mais… pour qu’elle soit exacte en inch, il faut coudre à l’intérieur du trait… C’est vrai que si vous utilisez un critérium à mine extra-fine, votre carré fini sera un chouïa trop grand. Avec un crayon gris « normal », ce sera sans doute parfait ! Essayez…

Pour finir cette première partie, vous pouvez visionner ici sur you tube une petite vidéo de démonstration du Quick Quarter.

C’est facile ? Tant mieux ! Dans un prochain article, je vous révèlerai l’utilité du nombre 1,414…

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🙂

*Règle « quick quarter » de Quilter’s Rule, modèle inventé par Betty Gall en 1991. En vente par exemple chez La Couserie Créative, Cotton-Color… Demandez-la aussi dans votre magasin le plus proche !

La folie Union Jack

On nous avait prévenus et elle est bien arrivée : cette année, c’est la folie Britain Mania, qui se concrétise par des drapeaux de la Grande-Bretagne… partout. J’ai vu de tout : du cartable au tee-shirt, du fauteuil aux baskets, du caleçon à la voiture, etc., tous customisés avec plus ou moins de bonheur de cette familière croix en forme d’astérisque tricolore.

Il faut dire que l’actualité de la Grande-Bretagne est flamboyante : le Jubilé de la Reine, les Jeux Olympiques sous un soleil bienveillant, l’espoir d’une naissance, et aussi le souvenir nostalgique de Diana, partie il y a 15 ans…

Alors bien sûr, le monde du tissu n’a pas failli à suivre la mode… Plus intéressants encore, les modèles de drapeaux aux couleurs changeantes et pourtant toujours reconnaissables, tant le graphisme est unique. Mon coup de cœur parmi tant d’autres est celui-ci :

Modèle édité sur Moda Bake Shop, offert par Lily’s Quilts

Avez-vous remarqué que les bandes diagonales blanches ne sont pas de la même épaisseur ? C’est à cause de la Croix de St-André et de St-Patrick ! Mieux expliqué : ce drapeau est la superposition de trois drapeaux, ajoutés au fil du temps pour symboliser cette Grande-Bretagne aux territoires ajoutés au fil des siècles et on a gardé la légère dissymétrie des croix. Attention ! La large bande blanche doit se trouver en haut à gauche, un drapeau à l’envers étant insultant….

Un grand absent dans ce symbole, le Pays de Galles, déjà intégré à l’Angleterre lors de la première union de drapeaux. Il existe bien sûr des revendications à ce sujet !
Plus d’infos ici sur la formation de ce drapeau.

Dans un livre britannique récent, on peut même voir ce drapeau en hexagones :

Photo extraite du livre Hexa-Go-Go, qui fait redécouvrir les délices de la méthode anglaise de patchwork.

Si vous succombez vous aussi aux charmes de l’Union Jack, vous pouvez suivre le nouveau challenge proposé par Lily’s Quilts, à voir sur son blog à partir du 25 août… Bientôt la première partie pour réaliser un couvre-lit !

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Et pour finir, so sweet :

Son modèle ici : http://www.canevas.com/A-51181-union-jack.aspx

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Vitrail en coquilles

En l’an 2000, la délégation France-Patchwork de l’Eure avait organisé une exposition sur le thème du Bleu de Chartres, ce bleu si lumineux qu’on retrouve de manière récurrente sur les vitraux  de  la cathédrale.

Christine, qui vient de rejoindre notre groupe d’Abeilles, avait participé à cette exposition avec cet étonnant panneau :

Elle nous l’a apporté lors de notre dernière rencontre en raison de l’article sur Conques et les coquilles ! Mes photos ne rendent absolument pas justice à ce bel ouvrage, alors laissez-moi vous le décrire un peu.

Chaque coquille est cernée d’un biais gris plomb qui rappelle bien l’art du vitrail ; les coquilles du ciel sont en organza bleu et laissent passer la lumière, alors que les champs de blé -cette riche Beauce- sont en tissu opaque jaune imprimé d’épis de blé ! La Cathédrale, qu’on aperçoit de si loin quand on approche de la ville, était le premier transfert photographique de Christine.

Le panneau n’est évidemment pas quilté, mais chaque biais est soigneusement doublé au dos pour enfermer les coquilles de tissu. Beau travail ! Mais douze ans après, on voit déjà l’outrage du temps -surtout de la lumière- fait à la couleur « Bleu de Chartres » utilisée par Christine, qui est devenu un simple bleu  clair… Il faut dire que ce panneau fut longtemps mis près d’une fenêtre, les jeux de lumières étaient si beaux !

Si vous voulez visiter virtuellement la Cathédrale de Chartres, allez dans la Chambre des Couleurs, Marie-Claude l’a visitée l’année dernière… C’est une vraie merveille de notre patrimoine !

Christine m’a précisé qu’en ce moment la cathédrale vit de belles heures de rénovation, car on vient de découvrir les badigeons d’origine sous l’épaisse couche de saletés et de suies ! Toutes les précisions sur ces travaux en cours ici :  http://www.cathedrale-chartres.org/fr/mecenat-les-travaux,10.html

Dans le jardin, on apprécie mieux la transparence…

Merci Christine de nous avoir fait découvrir encore de nouvelles choses, tes dix doigts si agiles, toujours en action, nous réservent encore d’autres surprises 🙂 Alors à bientôt !

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Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux…

Toute sa vie, du moins depuis ma naissance, ma grand-mère de Bretagne avait dans la cuisine deux perruches, une verte et une bleue. Qu’elles étaient mignonnes ! J’y étais très attachée, pendant les vacances c’était moi qui leur remplissais le réservoir d’eau, mettais de longs épis de millet à grignoter, rapportais de la plage des os de seiche pour qu’elles s’y frottent le bec… Leur cage possédait deux balançoires, c’était fort décoratif, très mignon…

Volière à perruches ondulées

Malgré leur longévité, il arrivait que l’une meure, alors ma grand-mère remplaçait la manquante avant mon arrivée par une nouvelle quasi-identique, mais je devinais la substitution !

Et puis il y a eu la chanson de Pierre Perret (paroles iciqui me mit un doute sur le bien-fondé de cette cage aux oiseaux de la cuisine de ma grand-mère. Oui, les pauvres oiseaux en cage… Mais je les aimais tant ! Je me souviens d’une émission de radio racontant que plusieurs enfants avaient suivi le conseil de Pierre Perret, donnant la liberté aux oiseaux… ce qui n’était pas une bonne idée, puisque ceux-ci étaient incapables de trouver seuls à manger, ni de survivre à l’hiver de nos latitudes…

Ma grand-mère disparue, ma tante s’est occupée des perruches mais ne les a jamais remplacées, leur fin venue. Et moi, malgré la tentation, je n’ai jamais voulu avoir une cage aux oiseaux chez moi…

C’est probablement pour cela que, cet été, j’ai tant aimé préparer ces petits oiseaux qui ne souffriront aucunement :

J’attends l’automne pour couper dans le jardin les branches qui leur serviront de support ! La majorité des tissus sont de la gamme qui me servira pour le Sampler Grandmother’s Choice. Cela tombe bien, ma grand-mère était une sacrée Bretonne qui illustrait bien la force du matriarcat dans cette région !

Les Droits de la Femme

Nous sommes déjà de nombreuses Françaises à avoir décidé de suivre pendant une année des épisodes d’Histoire des Droits de la Femme, distillés samedi après samedi par la grande historienne du Quilt Barbara Brackman. Cet hebdo-blog ne nous laissera pas inactives puisqu’à chaque page d’histoire correspondra un bloc à coudre.
  Toutes celles qui vont se lancer dans ce joyeux travail cherchent leur gamme de tissus, fouillent dans leurs tiroirs, rendent visite à leurs magasins préférés… Et puis il faut finir par se décider !
  Après moultes hésitations, je vais faire ce sampler avec des tissus qui ne rappellent aucunement le début du XXe siècle, maintes quilteuses s’en acquitteront bien mieux que moi. Honneur aux jeunes femmes de la maison, je vais faire plaisir à mes filles en utilisant des tissus plutôt modernes, plutôt ethniques…  Inspiration des tissus achetés au printemps dernier sur un vrai coup de foudre pour la styliste Dear Stella (gammes Indochine et Maasai Mara principalement) :

En France, nous n’avons eu le droit de vote qu’en 1944, ce sera donc avec l’achèvement de ce quilt en 2014, une manière de fêter les 70 ans de cette avancée (tardive !) de la condition féminine française.

Illustration trouvée dans le blog 1-Jour

Ces tissus d’inspirations diverses me rappelleront aussi, tout au long du Sampler, qu’encore et toujours il y a beaucoup à faire pour la dignité des femmes dans le monde.

Certains tissus disparaitront peut-être de la pile, d’autres les rejoindront certainement, notamment des tissus japonais, ikats ou indigo…  A voir où l’inspiration me portera !

Rendez-vous donc sur le blog Grandmother’s Choice dès le 1er septembre pour découvrir la première histoire choisie par Barbara Brackman…et le bloc qu’elle nous propose of course !

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Vous pouvez lire ici le premier article paru dans la Ruche des Quilteuses à ce sujet. Je ne suis pas du genre à crier cocorico à tout-va, mais je suis très heureuse de voir que plusieurs Françaises sont aussi partantes pour ce BOW (Block Of the Week, autrement dit un bloc par semaine) :

France : http://passionpatchwork.wordpress.com/
Mamifleur : http://mamifleur.canalblog.com/
Céline : http://lespetitsbonheursdeceline.over-blog.com/
Aline : http://www.alinepassionpatchwork.com/
Joséphine : http://newsdelaferme.canalblog.com/
Claudine : http://papillonvole.canalblog.com/
Domy : http://robertetdomy.canalblog.com/

Badiane (Marie-Christine)
Cathybon
Patchie13
Ma sans Pa (Américaine en France ?)

J’ai établi cette liste à partir des inscrites sur Flickr, si vous le souhaitez nous pouvons continuer à nous « repérer » mutuellement grâce à nos noms, pseudos… et notre langue ! Quoique l’usage de l’anglais est, dans ce groupe, tout de même bienvenu… Alors ensemble, suivons les épopées des Droits de la Femme avec Barbara Brackman dès samedi 1er septembre !

Le dé curieux de Conques (Aveyron)

A Conques

A Conques, un des plus beaux villages de France, Nature, Architecture et Culture se conjuguent pour évoquer des coquillages. C’est en effet dans un méandre de rivière ressemblant à un coquillage qu’est bâti le village, d’où son nom (Concha en latin, conca en occitan). C’est aussi une halte célèbre du chemin de Compostelle pour les pélerins ornant leur sac d’une coquille St-Jacques, même si la logique voudrait, comme à l’origine, qu’ils n’en aient une qu’au retour de St-Jacques de Compostelle ! Quoi qu’il en soit, on en trouve un peu partout dans le village :

Et puis admirez les toits de lauzes (schistes taillés) :

Ne dirait-on pas le motif de patchwork « les coquilles » ? J’aime bien cette carte postale de Rebecca Barker qui évoque avec talent le patchwork et les vaguelettes de la mer :

Oui, je sais, je vois des motifs de patchwork partout, me dit-on, mais parfois comme ici c’est vraiment évident :-)… et je sais que je ne suis pas la seule affectée par cette obsession, vous aussi peut-être ?

L’abbatiale romane de Conques est superbe et a conservé son incroyable tympan du Jugement Dernier (vous pouvez trouver de nombreux détails ici) ; quatorze anges, nommés les Curieux, surplombent cette pièce de théâtre sur le bandeau  juste au-dessus :

Très curieux :

En souvenir de cette belle visite et pour agrandir ma collection d’un élément exceptionnel, mon mari m’a offert ce dé en argent aux signes distinctifs de Conques :

Sur une boîte peinte par mon amie Huguette, le dé au Curieux.

Un petit dernier…

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Eloge de la Curiosité

Si ces petits anges facétieux nous font sourire, leur nom me rappelle une expression contre laquelle je m’insurge : « la curiosité est un vilain défaut ». On la confond simplement avec l’indiscrétion ! Moi qui suis depuis toujours curieuse de tout, je ne m’en suis jamais mordu les doigts, j’aime apprendre, comprendre et transmettre, d’où mon plaisir d’écrire ce blog 🙂

La curiosité met en état constant de réflexion et de recherche. C’est effectivement le moteur des chercheurs, savants de toutes les disciplines. Pas étonnant que le robot extrêmement sophistiqué qui a récemment « amarsi » ait été baptisé Curiosity !

Alors, continuons à être curieuses, à explorer de nouvelles techniques, de nouveaux styles, même s’il ne s’agit que de fil et de tissu ! Mais, entre nous, nous savons bien qu’il s’agit de choses bien plus importantes qu’il n’y paraît…

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Les quilts des aide-jardiniers (Irlande)

Lors de mon séjour en Irlande en juin dernier, j’ai visité Kylemore Castle :

Au coeur du Connemara, ce château de conte de fées fleure le romantisme européen du XIXe siècle et a une histoire bien touchante. Imaginez un homme dont le père fit fortune en important du coton brut des US vers l’Angleterre puis revendant les tissus imprimés… dont certains finiront en quilts 🙂 Homme bienveillant qui, par amour pour sa femme, fit construire ce château sur le lieu de leur voyage de Noces. Ce grand chantier sauvera des centaines de familles irlandaises, dramatiquement touchées par la Grande Famine (due à la maladie de la pomme de terre). Mr. Mitchell Henry était reconnu pour son soin à améliorer les conditions de vie des ouvriers. De même, ce château bénéficiera de toutes les innovations modernes accordant plus de confort : eau courante à tous les étages, éclairage au gaz, monte-charges, etc.

Depuis 1920, cette propriété appartient aux Bénédictines, d’où le nom d’Abbaye. Ce fut un collège de jeunes filles renommé jusqu’en 2010 et reste chambre d’hôtes pour des retraites, ainsi que pour les activités méditatives ou actives des nonnes. Elles fabriquent notamment des cakes, confitures, bougies, ainsi que de charmantes poteries aux fuschias :

Poteries aux fuchsias dans une serre du jardin victorien.

A un mile (1,6 km) du château se trouve un splendide jardin, à la fois prestigieux (promenade) et utilitaire (potager, serres). Les jardins à la Française côtoient un ensemble de serres chauffées par un système de tuyaux rappelant nos modernes chauffages au sol ! Ce système permettait de servir des melons, des bananes, du raisin pour agrémenter les repas de la famille et des invités.

Dans la serre poussent des bananiers, des raisins le long de la vitre. La serre est orientée plein sud et le chauffage au sol aide à la maturation des fruits… quand d’aventure le soleil vient à manquer !

En le visitant, on comprend bien l’organisation de cette vie quasi-autarcique avec l’immense potager et verger qui fournissent nourriture et matières premières pour les confitures à vendre. En pleine terre on voit le quotidien de la table irlandaise : surtout des choux, des pommes de terre, beaucoup de rhubarbes, de petits fruits rouges… et, pour se soigner, un coin d’herbes médicinales.

Tout ce qui est en bois ou en fer est peint de la même couleur turquoise, mais il semble que cette couleur sera progressivement remplacée par du gris 😦

Cette belle maison était celle du Jardinier en Chef ( le premier était Français, James Garnier) :

Dans ces bâtiments vivaient des aide-jardiniers :

Et oh surprise, sur leurs lits étroits sont posés des quilts :

Vus de plus près, on remarque que l’un est usé, quilt naguère utilisé, avec quelques taches qui persistent malgré le lavage :

Voyez le point faible principal d’un quilt utilisé : la bordure ! C’est pour cela que l’on conseille soit un biais (l’usure est répartie sur tous les fils) soit une bande double. Cette finition en vis-à-vis est particulièrement vulnérable.

Faute d’un autre quilt authentique pour le second lit, on a cousu avec des restes de chemises actuelles un dessus de lit volontairement « mal fait », aux coutures parfois décousues, non quilté. La bordure, ici, ne dévoile aucune usure.

A la fin de cette visite, rien ne vaut une petite halte au Salon de Thé :

Salon de thé très agréable, où l’on retrouve la fameuse poterie fabriquée à quelques centaines de mètres.

Les enfants ne sont pas oubliés, regardez ces jeux très couleur locale !

Bien sûr, on peut visiter une (petite) partie du château qui retrace en détails l’histoire de cette propriété et montre de belles pièces richement meublées, ainsi que son église.

J’ai la nostalgie de l’Irlande…

Le Textile à Labastide-Rouairoux (Tarn)

Dans cette petite ville tournée principalement vers l’industrie textile se trouve un musée dans une ancienne filature dédiée aux tissus luxueux de la haute-couture française ; Chanel, Dior et bien d’autres étaient leurs clients !

Le bâtiment est au bord de la rivière qui fournit à la fois sa force hydraulique et l’eau nécessaire à la teinture. Plutôt que de longues explications, je vous laisse rêver au fil des clichés…

La spécialité de cette filature était le fil cardé. On y voit d’imposantes machines, mais aussi celle-ci toute simple, remplie de cardères naturelles ! Le cardage de la laine donnera des étoffes feutrées, duveuteuses…

Un coin de l’atelier de teinture…

Et maintenant, place au tissage !

Un très bel atelier à la lumière naturelle grâce aux grandes baies vitrées

Les navettes font, comme leur nom l’indique, les aller-retour sur le métier à tisser et font la trame des tissus. Les machines montrent toute l’ingéniosité consacrée à la fabrication des tissus, j’aime voir « comment ça marche » et dans cette filature tout est visible ! C’était ainsi avant la fabrication des tissus assistés par ordinateurs, là où l’électronique nous cache les rouages du fonctionnement…

Dans un coin de l’atelier de tissage se trouve ce métier rustique : je rêvais d’en avoir un lorsque j’étais adolescente…

Si vous passez dans la Montagne Noire, ancien massif au sud-est du Tarn, ne manquez pas cette visite, elle est passionnante.

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Mais heureusement, toutes les filatures ne sont pas devenues musées, il en existe encore en activité à Labastide-Rouairoux ! L’une d’entre elles vend une partie de sa production sur place dans un magasin à l’ambiance désuette :

On vend dans ce grand magasin les toiles tissées 200 m plus loin ! C’est aussi un mini-musée, avec ses tampons-imprimeurs, ses navettes, ses bobines…

Ces fils teints au Bleu de Lectoure sont tissés ici !

Quel plaisir de trouver encore du tissu traditionnel, entièrement fabriqué en France sans aucun produit chimique…

Soin du linge à l’ancienne…
Je vous avoue préférer mon fer à repasser quand même !

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