Claude Nougaro, la fibre toulousaine

Les plus belles villes du monde sont immortalisées par des chansons : New York, Paris, Amsterdam, Bruxelles (chanson de Dick Annegarn récemment redécouverte dans de terribles circonstances) et quelques autres…

Nous avons déjà évoqué Gabriel Fauré ; le Sud-Ouest occitan a ses chants traditionnels occitans, son « countryman » Francis Cabrel, ses tendres amuseurs Les Chevaliers du Fiel et tant d’autres talents de la scène, mais Toulouse a son troubadour pour toujours : Claude Nougaro. Il offrit en 1967 un hymne d’amour à sa ville :

Ô Toulouse

Ô Toulouse, Kristine Toufflet
Quilt de Kristine, avec tout le texte de la chanson quilté en piqué libre puis chaque point rebrodé à la main… Des symboles toulousains parsèment le quilt : des violettes, des croix occitanes, des feuilles de pastel…  A droite on a une vue aérienne de la Garonne à Toulouse sur une évocation de briques et de galets, typiques de l’architecture locale.

détail ô Toulouse, Kristine Toufflet

Toujours de Kristine, nous pouvions aussi voir ce tableau à Fibre Occitane, une pincée de tuiles comme le chantait Nougaro dans la chanson précédente :

Ma Pincée de Tuiles, Kristine Toufflet
Tableau de 60 cm de côté : les cercles se chevauchent pour évoquer un toit de tuiles. Sur le tour s’égrènent les noms de tuile canal, toulousaine, romane…

Dans d’autres quilts encore, vous pouviez trouver trace de l’empreinte de Nougaro :

Fibre Occitane 13
Ce quilt du club de Balma au charme fou n’oublie pas d’évoquer Nougaro, en haut à droite !
Les Couleurs de Midi-Pyrénées, Florence Bismuth, la Ruche des Quilteuses
Parmi les plus admirés, ce quilt « Les couleurs de Midi-Pyrénées » de Florence Bismuth montre notamment la pochette d’un disque de Nougaro datant de 1977, enregistrement d’un concert à l’Olympia (Barclay)

Il n’est pas trop tard pour admirer ces quilts puisqu’ils vont voyager deux années grâce à France Patchwork… Nous vous donnerons les lieux & dates ici au fur et à mesure !

J’aime, je n’aime pas…

Un nouveau magazine s’est glissé, sans tambour ni trompette, dans nos kiosques. Parmi les jeunes magazines nous faisant connaître les tendances créatives comme Mollie Makes, j’ai remarqué un qui m’a fait tout drôle, car j’y ai été abonnée pendant 2 ans… en anglais, Love Patchwork & Quilting. Je vous en ai touché quelques mots par ici. Ce magazine a comme particularité de nous donner envie d’acheter toujours plus de nouveaux tissus, nous incitant à utiliser les collections de jeunes créatrices avec des modèles les mettant habilement en lumière. Une des techniques favorites de cette jeune génération est la couture sur papier, mais aussi la couture à l’anglaise (hexagones et autres). Les quilts sont graphiques et souvent beaux, les jeunes mamans trouvent de petits objets à faire pour les enfants, la parole est donnée à des femmes qui fourmillent d’idées, de trucs et astuces…

Love Patchwork & Quilting est un phénomène outre-Manche, en quelques numéros il est devenu n° 1 des ventes dans son secteur. En anglais, c’est un mensuel. En français, rien n’indique encore la future périodicité. 

J’aime l’idée qu’il pourrait faire venir au patchwork une nouvelle génération de femmes aimant déjà le DIY (le Do-it-yourself, le fait-maison), avec toutes les caractéristiques citées ci-dessus.

Je n’aime pas son titre en français qui crée la confusion avec les parutions de Quiltmania (Simply Vintage, dont le numéro 1 parut en 2011, Simply Moderne qui va fêter ses 1 an), puisqu’il s’appelle : Simply Patchwork. Ont-elles finalement si peu d’imagination pour oser ce titre copié-collé ? A leur décharge, ce groupe édite Simply Sewing en anglais (depuis janvier 2015), mais quand même…

Simply Patchwork

L’avez-vous lu ? L’avez-vous vu ? Qu’en pensez-vous ? Nous avons tellement l’habitude, en France, de magazines de très haute qualité que je ne sais pas quel accueil lui sera réservé…

Gabriel Fauré, illlustre Ariégeois

Une quilteuse ariégeoise, Anne-Marie Esteban, n’a pas oublié de rendre hommage à un illustre musicien de son beau pays pyrénéen :

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Au Pays de Gabriel Fauré, A-M Esteban

Le voici, peint par John Singer Sargent en 1889, l’époque de la création de La Pavane :800px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Fauré

La Pavane est une musique aérienne composée pour célébrer la grande beauté de la Comtesse Elisabeth Greffuhle, sa muse, « Madame la Fée », une femme au cœur de la vie artistique européenne durant sa longue vie (1860 – 1952).

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Photographie Paul Nadar, Elisabeth à l’âge de 35 ans (1895).

Pour entendre cette divine musique… et voir de bien belles choses, allez visionner le cadeau que nous fait Liliane Buda (descendez, cliquez sur diaporama Fibre Occitane… et montez le son).

On ne touche pas !!! à Fibre Occitane

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Fibre Occitane est exposée dans quatre salles successives… un lieu serein, bel écrin des quilts brique & pastel.

C’est toujours difficile de faire comprendre que, si tout le monde touche aux quilts exposés, ils finiront par devenir sales. Mais non, je suis propre ! nous rétorque-t-on. Je suis tellement tactile avec les tissus… dit une autre. Oui mais, c’est interdit, même à vous.

A Fibre Occitane, nous avons donc accroché ces panneaux qui attirent l’œil :

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Efficace à 99 % 🙂  Pas mal pour une exposition de quilts !!

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On les remarque bien, accrochés par des lisières (oui , elles deviendront quilt plus tard)

Encore une semaine d’exposition à Roques… mais vous êtes prévenus, on ne touche pas.
Un excellent accueil vous sera réservé quand même 😉

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Alice au Pays des Kiwis/2

Après cet article qui vous a tant plu, en voici un autre d’Alice sur les tissus néo-zélandais.

Bonjour, je m’appelle Alice et je suis une quilteuse française qui vit actuellement en Nouvelle-Zélande. Le monde du patchwork est très dynamique ici et je voulais vous faire découvrir un aspect particulier: les tissus Kiwiana. « Kiwiana » est un terme qui regroupe tous les objets en relation avec l’imagerie et les symboles de la Nouvelle-Zélande. Par exemple, pour la France, il s’agirait sûrement de la tour Eiffel, du coq, d’une baguette, etc. Pouvez vous penser à un symbole de la Nouvelle-Zélande? Je vous laisse réfléchir quelques secondes…

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Les plus communs sont: les moutons (on dit souvent qu’il y a plus de moutons que d’habitants en NZ), le petit Kiwi (un petit oiseau en voie de disparition qui ne peut pas voler) et la fougère (comme le logo de l’équipe de rugby les « All Blacks »). La « fougère argentée » est un symbole très repandu dans le pays. Elle permettait jadis aux Maoris de se déplacer dans les forêts de nuit. De nombreuses équipes de sport l’utilisent actuellement, ainsi que les entreprises locales dans leurs logos. Les papiers officiels (comme l’acte de naissance de notre fille) sont également décorés d’un en-tête avec cette fougère argentée.

Le pays a récemment eu recours à un grand référendum national pour juger le débat sur le changement du drapeau national. C’est une décision vraiment importante pour un pays. Beaucoup de Néo-zélandais souhaitent s’émanciper de l’influence Britannique et choisir un nouveau drapeau (tout comme le Canada en 1965). Les Néo-zélandais ont, dans un premier temps, choisi un drapeau parmi toutes les nouvelles propositions. Puis, lors d’un second référendum, choisi entre la proposition gagnante et l’ancien drapeau. La nouvelle proposition (à gauche sur la photo) avait cette fameuse fougère argentée.

NZ flags

C’est un débat très récent et, malheureusement, la nation a voté contre ce nouveau drapeau. J’aimais bien le nouveau drapeau mais je suis étrangère, et je n’ai évidemment pas eu le droit de vote sur cette question.

Il y a une collection de tissu « Kiwiana » importante et j’ai choisi quelques tissus pour réaliser un quilt. Je vais vous présenter ce quilt.

Kiwiana blocs

J’ai choisi un patron de quilt bien particulier: le quilt que ma collègue Shirley enseigne pour les débutants voulant s’initier au patchwork. Il s’agit d’une répétition de deux blocs simples: un carré de tissu et un carré entouré de petits carrés. J’ai vu de nombreuse versions de ce quilt grâce à ses élèves. Chaque version avait un charme particulier et mettait vraiment en valeur les tissus choisis. Je me suis dit que ce serait parfait pour mon quilt Kiwiana.

J’ai découpé tous les tissus et assemblé les blocs au fur et à mesure en choisissant l’emplacement sur mon « design wall » (un molleton accroché au mur).

Kiwiana design wall

Le quilt a été rapide à assembler. J’ai achevé le quilt-top en un week-end. C’est très satisfaisant d’avoir des projets comme ça de temps en temps. J’ai choisi d’ajouter un bord bleu pour rehausser les couleurs plutôt sombres du quilt. Ce tissu bleu représente les couleurs des « Paua » (ormeaux) qui sont très courants en NZ (mon mari part souvent à la pêche et nous mangeons des beignets d’ormeaux régulièrement).

Kiwiana quilt top

La faune et la flore sont très spécifiques en Nouvelle-Zélande, il y a beaucoup d’espèces endémiques (notamment des oiseaux). Beaucoup de ces espèces ont malheureusement été décimées par l’arrivée de mammifères (dont les humains!). Avant le XIIIe siècle, il n’y avait pas de présence humaine sur cette terre. Les Maoris (peuple polynésien) sont arrivés par la mer il y a environ 800 ans. Les hommes ne venant jamais seuls, le rat polynésien (« kiore ») s’est infiltré dans le pays en faisant de grands ravages. L’arrivée des Européens (pendant le XVIIe siècle) a accentué la destruction des espèces endémiques en introduisant de nouveaux mammifères: le furet, le chat, le rat sont tous des redoutables prédateurs pour les oiseaux locaux.

Pour le tissu arrière, j’ai choisi un tissu qui regroupe plusieurs éléments « Kiwiana ». A la méthode de « Où est Charlie? », vous pouvez apercevoir:

Un « Fantail », c’est un oiseau qui a la queue en forme d’éventail
Un « Pukeko », c’est un oiseau qui ressemble à une grosse poule bleue
Un « Kiwi », le petit oiseau (qui ressemble à un gros poussin) qui ne peut pas voler
Un « Kea », c’est une espèce de perroquet avec un corps gris-maron et des reflets verts sur les ailes
La crosse d’une fougère
Un « Tui », il a un pompon blanc sous le cou et son chant est très particulier
Le mont Taranaki
Des motifs Maoris
La plante « Harakeke » qui a des fleurs rouges puis noires
Les fleurs de l’arbre « Pohutukawa », communément appelé « le sapin de Noël Néo-zélandais » car il fleurit avec de grosses boules rouges vers le mois de Décembre.
Kiwiana tissu arriere

Vous les avez tous trouvés ? Bravo!

Un mot d’espoir pour ces espèces d’oiseaux en disparition: une réserve naturelle a été créée à coté de Wellington (ville ou je réside actuellement). Cette réserve a pour but d’offrir aux oiseaux un endroit sans prédateurs. Ces prédateurs ayant été introduits récemment, ils ne font pas partie de l’écosystème de espèces endémiques et ces espèces ne sont pas aptes à se défendre, d’où leur extinction. Il y a une grande barrière pour éviter que les prédateurs pénètrent dans la réserve mais il n’y a pas de filet. Les oiseaux sont donc libres de circuler où ils veulent et de sortir de la réserve. Cette réserve se visite (Zelandia) et même si je ne suis pas une amatrice d’ornithologie, j’ai trouvé la visite et la balade dans cette réserve très sympa.

Une fois mon quilt top achevé, je l’ai emmené chez ma long-arm quilteuse locale. Je lui ai demandé de faire un motif de fougère pour rester dans le thème du quilt.

Kiwiana biais noir

J’ai choisi un biais noir (avec des petits motifs de fougères). Je voulais un biais qui définisse bien la fin du quilt. L’intérieur du quilt étant assez chargé, il me fallait un biais avec un fort contraste pour que l’œil ne s’échappe pas. Et voici le résultat:

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J’espère que vous avez aimé l’histoire de mon quilt et la découverte des espèces endémiques de Nouvelle-Zélande et des motifs « Kiwiana ». Si jamais vous venez en Nouvelle-Zélande, sachez que les règles sont très strictes à l’aéroport: vous ne pouvez pas apporter d’objets contenant du bois (masque africains par exemple) ou tout élément biologique (comme une pomme). Vous comprenez désormais que ces règles sont nécessaires pour la protection des espèces endémiques car les parasites d’un autre écosystème pourraient détruire davantage la faune et la flore locale.

Vous pouvez allez voir mon blog pour une petite surprise: http://www.blossomquiltetcraft.fr

Les Petites Filles Modèles à Fibre Occitane

Voyons aujourd’hui un thème particulier de Fibre Occitane…

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Bien sûr, comme vous je suis une ancienne petite fille modèle. Quoi ? Vous ne me croyez pas?… Vous avez sans doute raison alors.
En tout cas, nombre de Françaises ont lu enfant Les Petites Filles Modèles de la Comtesse de Ségur, née Ros-top-chine, comme on le déchiffrait avec délectation quand nous étions petites.

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Pour ma part, j’ai lu et relu Les Petites Filles Modèles dans cette édition, même si je préférais Le Club des Cinq et l’intrépide Claude, qui était tout moi – dans mes rêves, bien sûr !

Maïté a consacré de nombreuses heures à peaufiner deux reproductions d’illustrations d’une édition ancienne de ce livre. 

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Cette édition est de 1937, avec des illustrations de Matéja.
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Autre édition, celle-ci de 1952, illustrations de Matéja (alias Marie-Thérèse Jallon)

Maïté choisit deux pages évocatrices de ce livre et les interpréta en fil et en tissu.

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La réalisation de Maïté est remarquable, de loin comme ici comme de près… une perfection incroyable ! Vous pouvez cliquer et recliquer cette photo pour voir les détails.

Quel rapport avec Fibre Occitane, dédié au patrimoine régional ? Eh bien, loin d’être oeuvre de fiction, les petites filles modèles Camille et Madeleine étaient les petites-filles bien réelles de la Comtesse. Et, plus précisément, elles vivaient à Verfeil à l’est de Toulouse, au cœur du Lauragais. Pas de champs de pastel* autour de leur château éternellement en construction, mais des vignes, du blé et des prairies pour le bétail. Leur vie fut finalement bien moins belle qu’on pourrait s’y attendre ; vous pouvez en savoir un peu plus par ici.

Et dans le quilt du club de Balma, tellement admiré lui aussi, nous retrouvons l’évocation de ces petites demoiselles :

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Photo de Carole – Blog Mousseron

*C’est dans le Lauragais que poussèrent les plants de pastel (Isatis Tinctoria) au cours de nombreux siècles, principalement du 13e au 17e. Ensuite, cette culture qui procurait le bleu de teinture fut ensuite totalement éclipsée par l’indigo, bien moins cher. La plante de pastel sort de l’oubli complet depuis une vingtaine d’années. Pour ma part, je suis bluffée par les qualités cosmétiques de l’huile de pastel !

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Fibre du patrimoine, Fibre Occitane

Depuis vendredi dernier, Fibre Occitane expose ses 65 quilts à Roques-sur-Garonne.

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Les salles d’exposition se trouvent au 2e étage de ce magnifique moulin à eau rénové et dédié à la culture. La Garonne est à quelques mètres et des moutons tondent la prairie des filtres, manière bien écologique d’entretenir l’espace herbeux. 

Cette exposition est l’expression de nombreuses quilteuses et d’un quilteur membres de France Patchwork et de la région Patch d’Oc (Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne), à l’initiative de FP31. Lors du lancement de ce projet, nous avons proposé un ensemble de critères pour obtenir cette douce harmonie, de l’élégance dans l’expression et un thème fédérateur : le patrimoine « de chez nous », la douceur de vivre du Pays de Cocagne et des pays environnants, l’héritage que nous sommes si heureux de mettre aujourd’hui en lumière.

Quatre salles en enfilade sont l’écrin de ces quilts écocateurs de tant de lieux, de personnes, de particularités naturelles ou culturelles de notre région ! C’est un livre ouvert sur les beautés de Midi-Pyrénées (bientôt l’Occitanie 😉 ?) et une invitation à la balade.

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Des livres de patchwork, arts textiles et patrimoine sont consultables sur place, mis à disposition par la médiathèque du 1er étage.
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A l’image de ce quilt, la plupart des ouvrages racontent en couleurs brique & pastel, en patchwork, appliqué et broderie, des morceaux choisis du patrimoine culturel ou naturel de leur petit coin de paradis.
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Tous les quilts sont superbes, certains ont la chance de bénéficier de niches en briques et galets typiques de l’architecture locale.
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Au premier plan, le quilt « Cabinet de Curiosités » de Christophe mesure 1,80 m de côté, il est fait entièrement à la main et présente de multiples facettes du Museum d’Histoire Naturelle de Toulouse. En arrière-plan, un quilt fait par une centaine d’adhérents de FP31 lors d’une JA, sur fond de blue jean et de soie blanche.
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Evelyne, toute souriante devant son évocation personnelle des Pyrénées, avec un beau travail textile innovant, quelques vers d’Edmond Rostand et des exemples de la flore locale.
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Kristine dans l’espace Violettes de Toulouse, devant ses œuvres.

 

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Le quatuor du sud-31, Mireille, Yolande, Nelly et Hélène, ont réalisé ce délicat sampler très raffiné sur nos belles Pyrénées… Ce sont mes chères amies, les Filles du Vent du Sud…

Pour plus de photos, plus de commentaires, vous pouvez aller sur les blogs de Christophe et Murielle… d’autres suivront peut-être. Mais bien sûr ici dans la Ruche, ce n’est que le début des présentations !

Edit : voir aussi le blog de Carole, puis Fil de Garonne 

Ouverture du mardi au vendredi de 10 h à 18 h, le samedi de 10 à 13 h, du 1er au 16 avril.

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A 20 mn de là, n’oubliez pas, jusqu’à mercredi, l’exposition du club de Balma : elle vaut le détour avec ses quilts aux multiples influences parfaitement réalisés, l’accueil chaleureux… et la merveilleuse décoration de Françoise 😀

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Ces entreprises qui travaillent pour nous : visite d’une rubanerie en Belgique

Aujourd’hui, c’est Frédérique, quilteuse investie dans la délégation France Patchwork de l’Hérault, qui s’exprime ici aujourd’hui ! Suivons-la pas-à-pas pour visiter une rubanerie…

CAM07583A la limite de la France et de la Belgique se trouve la petite ville de Comines. Une rivière partage la ville de chaque côté de la frontière.
Dès le Moyen Âge, Comines acquiert un précieux savoir faire textile puis s’y installe une manufacture de rubans sur la rive droite de la Lys.

Au début du XXème, Comines devient même la capitale du ruban utilitaire mais la guerre de 14-18 détruira les usines.
CAM07594Aujourd’hui, il reste quelques fabricants de rubans de haute technologie mais aussi un musée qui retrace toute cette évolution de plus de 800 ans, avec des métiers et des machines en état de marche. On y est très bien reçu, le personnel fait l’ effort de parler dans différentes langues et n’ hésite pas à faire fonctionner les machines pour bien expliquer.
Ce soir, je pense à cette gentille dame, à ce monsieur passionné mais aussi à tous ceux que je connais en Belgique. J’ai envie de partager cette petite rubrique pour dire qu’à travers le temps et l’espace des gens sont capables de vivre ensemble malgré leurs différences, leur langue, et de partager .

CAM07570Tout d’abord le ruban est un tissage de quelques millimètres à 30 cm maximum, au delà c’est du tissu. Le tissage consiste à croiser deux types de fils : ceux de la chaîne, dans la longueur et ceux de la trame qui passent à l’ aide des navettes. La navette est une pièce de bois pointue qui contient une bobine de fil. Elle se déplace d’une lisière à l’ autre alternativement.
CAM07580Les côtés d’une fermeture éclair, les ceintures de sécurité, les élastiques des chaussettes, les marques tissées avec ou sans dessins, la laisse du chien, la gaine des fils électriques, le câble d’amarrage du porte avions Charles-de-Gaulle… sont des rubans.

CAM07602Loin des métiers du Néolithique, dont une maquette montre le fonctionnement avec les poids constitués de gros cailloux, les premiers métiers manuels fonctionnent avec une simple barre de bois qui soulève les fils de chaîne.
En 1200, c’ est le début du tissage en Flandres, mais la ville d’Ypres arrive à éliminer Comines de cette production. Comines organise alors la production du ruban. A l’époque on travaille avec du lin et de la laine anglaise, c’est toujours la même personne qui produit. On appelait alors la Lys la Golden river car en permettant le rouissage du lin, elle prenait une couleur jaune doré. Dans un bruit d’ enfer, d’autant que les métiers étaient dans les maisons, commence alors la danse des navettes.

CAM07575Puis vers 1719 arrive un métier à tisser 5 rubans simultanément, c’est un métier à barre. Il fallait une heure pour fabriquer 20 cm de ruban. Pour toucher 20 sous, il fallait 5 rubans de 30 m,  en comparaison à l’époque, un pain valait 2 sous ! Les métiers sont alors regroupés dans des manufactures.

Ensuite, avec la révolution liée à la machine à vapeur, les tisserands intègrent les usines et travaillent à côté de plusieurs dizaines d’autres.

CAM07593J’ai découvert une chaudière qui faisait fonctionner un métier à vapeur. Sous l’énorme porte noire par laquelle on enfournait le charbon, il y a un tuyau, brûlant, bien sûr. Les enfants se glissaient dedans pour nettoyer la chaudière. Je frémis en pensant à la terreur qu’ ils devaient ressentir à devoir se glisser là-dedans…

Arrive en 1900, un nouveau métier, le « progrès » permettait à un ouvrier de gérer 5 métiers à tisser. C’est à ce moment que Comines est considérée comme la capitale mondiale du ruban utilitaire (à Lyon ou à St-Etienne c’est le ruban fantaisie). Pendant la 1ère Guerre Mondiale, la ligne de front est dans la ville, les usines servent de dortoirs, les métiers sont démontés ou détruits.
Les usines seront reconstruites et les navettes tisseront à nouveau !
CAM07598En 1933, le métier en demi-lune permet alors de tisser 20 rubans à la fois. Le nom vient d’une pièce en bois sur laquelle le ruban se déroule qui est en forme de poignée. Ce système de propulsion des navettes sera breveté mais surtout permettra à la ville de se relever après les destructions de la guerre. Il permet en effet de tisser deux fois plus de rubans sur la même surface d’usine car la course horizontale de la navette est remplacée un mouvement semi circulaire ( en demi lune).
CAM07606Puis vers 1950, les métiers porteront 2 étages de navettes, une personne sera alors responsable de 25 métiers. Dans cette machine, on utilise le nœud du tisserand , très fin.
Vers 1970, les métiers en bois disparaissent au profit des métiers à aiguilles, plus compacts et surtout plus rapides : on produit 2 mètres à la minute.

CAM07651Dans ce musée on peut aussi voir quelques représentations de personnages locaux : le géant Simon le rubanier et Luc, le marmouset. Des machines : ourdissoirs, canetières, tresseuses. On découvre un « piano » pour créer les cartons Jacquard comme ceux utilisés pour la dentelle, un baudet, machine permettant la mise sur carton du ruban pour la vente. On peut aussi découvrir ce qui se cache dans la fermeture éclair. Une jeep bâchée montre les premières fermetures éclairs, métalliques et énormes, arrivées avec les américains à la 2ème guerre mondiale !

Aujourd’hui à Comines, a été créé un ruban médical pour suppléer les carences osseuses de vertèbres. Le ruban remplace et consolide la partie osseuse malade.

Voilà, c’était ma façon de montrer ma solidarité à ce pays touché à son tour si durement,

Frédérique Proust

Comment est le nouveau roman de Tracy Chevalier ?

montesquieuMontesquieu a écrit : « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dispersé ». Dans le même ordre d’idées, il a écrit également : « Aimer lire, c’est faire un échange des heures d’ennui contre des heures délicieuses ». à vos livres – ou à vos tissus 😉 – pour échapper momentanément à la tristesse du monde…
At the Edge oh the Orchard, Tracy Chevalier, 2016.
Couverture américaine du dernier livre de Tracy Chavalier
Couverture américaine du dernier livre de Tracy Chavalier

Si vous cherchez une lecture enchanteresse sur l’épopée de la vie des pionniers, passez votre chemin. Dans son nouveau roman, Tracy Chevalier nous plonge avec rudesse -et beaucoup de recherches historiques- dans la vie quotidienne d’une famille installée au nord de l’Ohio, dans un marécage où sévit une boue noire collante ainsi que des moustiques, rendant la vie quotidienne extrêmement pénible … Malgré tout le chef de famille réussit à faire survivre sa famille en plantant des pommiers. Son amour des arbres, sa compréhension intime des rythmes de la nature sont palpables.
Mais quelle famille ! Le couple se dispute pour quelle variété de pommes favoriser – des pommes à croquer ou des pommes à cidre ?
Ah, le goût de la pomme reinette !!! Oh, le calva-maison qui permet d’oublier momentanément ses soucis…
Vous apprendrez des détails de la vie dans une Log Cabin, les affres de la solitude d’une famille sans lien social, esseulée les longs mois d’hiver… Des dix enfants nés, cinq succomberont au paludisme. Père et mère se battent, et battent leurs enfants ; on ne sait s’il y eut un jour de l’amour entre eux. Tantôt l’un ou l’autre trouve quand même un peu grâce à nos yeux, mais non, nous ne les aimons pas. La tension monte, le drame couve. Au fil du roman, nous saurons ce que deviennent les survivants avec leurs lourds secrets.

Puis, sans connaître le drame, nous suivrons les traces du plus jeune, Robert, parti sur les routes. Je vous laisse découvrir la suite…

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Antique 9-patch quilt du début du 20e siècle, quilt utilitaire. En vente chez Laura Fisher.

Parle-t-on de quilts ? Oui, bien sûr ! Le couple installé en Ohio utilise quotidiennement un nine-patch fait avant leur départ du Connecticut, réunissant des morceaux de vêtements de la famille qu’ils ne reverront jamais plus ; le mari, à un moment, plongera dans ses souvenirs en le regardant. C’est un quilt multi-usages, qu’on rapetasse autant de fois que possible. Le quilt sert pour dormir au chaud l’hiver, il sert aussi quand on grelotte en plein été à cause du paludisme… Au fil du roman on constatera sa présence en voyage, pour les naissances comme pour les morts… Un vrai quilt de famille, un quilt de vie.
La femme aère les quilts quand le temps le permet, mais leur fabrication fait simplement partie des corvées ménagères… Quand je vous disais qu’elle n’était pas sympa !!

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Couverture de l’édition britannique.

Le fil conducteur du livre est l’amour des arbres. Des pommiers aux séquoias, de la graine au fruit, de la plantation à l’abattage, j’ai senti la sève de la nature nourrir la vie de ces personnages. Certains ont d’ailleurs réellement existé (un point commun avec le roman d’Elizabeth Gilbert, l’Empreinte de Toute Chose) et une carte des USA des années 1850 nous permet de suivre géographiquement les protagonistes : on voyage aussi dans cet immense pays en construction, dans les déserts comme dans les villes, avec Robert on devient de grands nomades visitant l’immensité et la variété de ce territoire. C’est aussi  un hommage aux Américains anonymes qui ont tant souffert pour édifier leur patrie. Venus d’Europe, leur vécu les a profondément changés et ces différences perdurent jusqu’à nos jours.

800px-Giant_sequoia_exhibitionismL’évocation des séquoias est passionnante. C’est en 1852-53 que commence l’exploitation sans retenue de ces arbres-mammouths, les plus volumineux pins du monde. En général, les arbres n’étaient considérés que comme matière première, abattus pour la construction de tout bâtiment et de tout meuble, de routes (voir plus bas), du chemin de fer, pour le chauffage et la cuisine, etc. On les considérait uniquement à la disposition des hommes. Scientifiques et exploitants forestiers ont des vues divergentes et ces arbres extraordinaires ne seront protégés qu’un siècle plus tard. Dans ce livre on côtoie quelques amoureux des arbres, chacun à sa manière. Et à présent, même si on connaît leur rôle de « poumon de notre Terre », même si leurs défenseurs se battent, des forêts continuent d’être massacrées sans discernement. Les antagonismes durent donc depuis des siècles mais bientôt, il sera trop tard…

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Une association que je soutiens, Sauvons la forêt. Et pour compléter, vous pouvez voir ici 16 photos d’arbres spectaculaires.

Ce livre est riche mais rude, les gens comme la nature ne sont pas toujours aimables ! Je suis ravie d’avoir lu des livres de jardinage en anglais, sinon j’aurais été perdue par le vocabulaire spécifique du début ! Et je me demande bien comment seront traduits le récit de la femme puis les lettres de Robert, écrits par l’auteur dans un anglais bien écorché ! Je suis sûre que le traducteur ou la traductrice s’en sortira avec talent. CorduroyroadJ’ai quand même découvert les corduroy roads, « les routes de velours côtelé »… qui sont des routes faites de rondins comme ci-contre !

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Et voici l’édition en français qui sortira le 11 mai (cadeau pour la fête des mères ? Moi je l’offrirai à la mienne en tout cas !)

Il y a bien de ténues ressemblances avec le livre L’Empreinte de toute Chose, particulièrement cet amour des plantes et l’évocation des nombreux échanges botaniques entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, mais l’histoire, le milieu et l’ambiance sont fort différents, vous pourrez lire l’un et l’autre sans vous lasser !

Ce nouveau roman fait à la fois penser à La Dernière Fugitive et aux Prodigieuses Créatures du même auteur. J’adorais aussi ses premiers romans, déjà empreints de reconstitutions historiques, mais plus dédiés au monde de l’art. Le point commun de chacun est la passion d’une vie, toujours… Dès le premier livre et sans doute pour toujours, quel que soit le thème qu’elle aborde, tous les livres de Tracy Chevalier me captivent !

Katell, quilteuse forever

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Belgique : hommage de quelques dessinateurs

Pendant la conquête de l’Ouest, bien sûr les gens se battaient entre eux pour avoir le meilleur territoire et aussi pour chasser les Indiens… Beaucoup de violences condamnables. Mais le plus souvent ils se battaient contre la Nature rude et hostile, pour leur survie. Demain, je vous parlerai d’un livre à ce sujet.

Mais que dire de notre monde actuel ? Chez nous on se bat rarement contre la Nature, nos ennemis sont des gosses délinquants qui ont très, très mal tourné… Toute ma compassion aux ami(e)s belges et tous ceux qui sont directement touchés par les tragiques événements d’hier.

Place à ceux qui ont un crayon pour arme, parce qu’ils ont une vue acérée sur l’actualité, un dessin valant mille mots…

Tintin et le Manneken Piss sont des ambassadeurs de la peine ou la rage de tous.

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Dessin original Hergé
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Dessin original Hergé
Castelbajac
Castelbajac
Klairemac
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Sfar
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Chaunu

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Sfar
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Helmer67

Et puis aussi :

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Vidberg
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Plantu
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Smaranda Bourgery

Ce sont quelques hommages parmi tant d’autres…