Promenade de Belcastel à Castelnau 😉

Une journée en Occitanie comme j’aime : jeudi dernier, nous avons avalé les kilomètres en faisant une grande boucle, revisité quelques-uns de nos lieux favoris… Voici quelques impressions, en pêle-mêle.

langfr-300px-Flag_of_Occitania.svg

L’Aveyron (12) est connu en tant que département rural, immense, à la gastronomie simple et goûteuse – ah l’aligot, les farçous verts, le gâteau à la broche et le roquefort avec la salade, pour ne citer que quelques mets végétariens !… Deux monuments récents font parler d’eux également : le viaduc de Millau, miracle d’élégance et d’intégration dans le paysage, et le musée Soulages à Rodez, miracle culturel, le noir éclairant désormais la ville. Ce musée était le but principal de notre journée.

J’avoue osciller entre l’admiration et les doutes sur l’ordre des choses dans l’art contemporain. Ce musée est parfait pour s’interroger sur le concept de l’art abstrait : ce qui est intellectuellement intéressant, ce qui émeut… et ce qui sonne creux ! Ces artistes de l’art abstrait sont néanmoins des caractères complexes et intéressants à découvrir.

On reconnaît la majestueuse cathédrale en grès rosé à des kilomètres, alors que le musée, en acier Corten, se fait discret de loin… mais pas de près, suscitant d’incessantes discussions sur le choix du matériau. L’accord est pourtant bluffant avec certaines peintures de Soulages, en noir et brou de noix…
Deux exemples de tableaux en noir brou de noix de Soulages, en parfait accord avec le bâtiment !

Je voulais y retourner pour m’imprégner de nouveau de l’outrenoir de Soulages, mais surtout de l’outremer d’Yves Klein (exposition temporaire), deux monomaniaques de LEUR couleur, l’un qui célébrera ses 100 ans à Noël, l’autre mort si jeune en 1962, à 34 ans.

Des cris bleus, exposition jusqu’en novembre 2019 à Rodez.

Le parcours d’Yves Klein est intrigant comme une étoile filante. Champion de judo, obnubilé par les Quatre Éléments (Eau, Air, Feu, Terre), mystique au point d’avoir conçu sa vision de la Sainte-Trinité dédiée à Sainte Rita (les causes désespérées…) : un artiste bien complexe qui nous frustre d’être parti si tôt. 

rose.png
Ex-voto pour Sainte Rita de Cascia par Yves Klein. Rose pour l’Esprit saint, Bleu pour le Fils et Or pour le Père. Une trinité inspirante !
Ce bleu unique, le bleu Klein, outremer outrepassé par de nouveaux solvants et une nouvelle résine de synthèse, a sans doute ruiné sa santé et causé la crise cardiaque qui l’emporta si jeune. La matière de l’oeuvre ci-dessus est constituée d’éponges naturelles.

Yves Klein apparaît en filigrane dans une histoire étrange, poétique et palpitante, que j’ai lue en début d’année grâce à ma sœur Véronique : Siècle Bleu de Jean-Pierre Goux. Si vous souhaitez découvrir à la fois les restes de l’expérience Biosphère 2, un retour sur la Lune, la beauté chez le peuple Navajo, une énergie du futur, les mensonges d’état, une pensée écologique éclairée (thème majeur) et mille autres sujets passionnants, ce roman en 2 volumes (édition La Mer Salée) est pour vous :

Siècle Bleu m’a fait passer des jours bleus et des nuits blanches !

langfr-300px-Flag_of_Occitania.svg

Le même jour, nous avions fait un grand saut dans le temps, en flânant au marché de Villefranche-de-Rouergue : très beau, très bio, très chaleureux, un de mes marchés préférés, qui me donne des sensations de siècles remontés. Bastide aux rues se coupant à angle droit, ville nouvelle du Moyen-Âge, Ville Franche s’affranchissant des obligations féodales, riche de maisons style Renaissance et d’une place carrée aux puissantes réminiscences de siècles de commerce : je m’y sens bien, comme si les pierres restituaient l’impression de jours heureux et d’opulence. Le marché ici, c’est tous les jeudis matin ! Nous y allons au moins une fois par an.

Nous avons déjeuné entre Villefranche et Rodez, toujours au bord de l’Aveyron, à Belcastel. Un village enchanteur, moi qui cherche inlassablement des signes dans les vieilles pierres. Attention, il a fortement été rénové, mais il garde tout de même son esprit. Nous mangions en terrasse, face au village, quand je me suis soudain rendu compte que les racines d’un des quilts faits pour BeeBook étaient précisément ici ! Pendant sa création, j’avais bien l’idée d’un village grimpant vers le ciel, comme tant d’autres dans la vallée de l’Aveyron (Penne dans le Tarn, Bruniquel dans le Tarn-et-Garonne et bien d’autres) mais ici la ressemblance m’a saisie, tout comme la proximité des noms, Belcastel et Castelnau ! Il a fallu y revenir pour que je me rende compte de l’inspiration précise…

A gauche, un superbe vieux pont qu’on ne voit pas bien 😦 et en face, le village qui grimpe à l’assaut de la colline ; la balade est courte mais fort agréable ! C’est au restaurant du Vieux Pont que Cyril Lignac, natif de Rodez, élève du lycée hôtelier de Villefranche-de-Rouergue, fit son BP de cuisine pendant 2 ans (1998-2000) ; l’enfant du pays a fait son chemin depuis !
castelnau.jpg
Castelnau, mon village rêvé, aux maisons de guingois dans la verdure, où chaque maison est habitée par des amis parmi lesquels de nombreuses quilteuses ! Photo très moyenne avec mon phone, mais vous en avez de meilleures dans BeeBook 🙂

langfr-300px-Flag_of_Occitania.svg

Fin de journée à Albi-la-Belle (81), promenade au bord du Tarn, en admirant les dentelles de buis heureusement sauvés des ravages de la pyrale.

langfr-300px-Flag_of_Occitania.svg

Je viens de lire un livre de Christine Machureau (romancière découverte grâce à Cécile D.), l’Hérétique, Tourmente Cathare (les Éditions du 38*), qui se passe en grande partie au sud d’Albi. On s’attache vite à une jeune fille en plein dans la croisade albigeoise, quand l’Église catholique multiplie les massacres contre des gens qui ont l’audace de vouloir vivre une foi proche des premiers Chrétiens… C’est très bien écrit et documenté, une parfaite lecture estivale !

*Cette maison d’édition se trouve en pleine région cathare et pays de cocagne, à Villefranche-de-Lauragais (31), autre Ville Franche héritée du Moyen-âge. J’aime les coïncidences !

langfr-300px-Flag_of_Occitania.svg

Chez ma sœur Véronique

Chez ma sœur Véronique, il y a des quilts et ouvrages textiles qu’elle apprécie, mais elle n’a aucune envie d’apprendre à en faire. Je fais, elle utilise, cela nous convient ainsi ! A part cette différence nous partageons beaucoup d’intérêts et passions dont je n’ai pas l’habitude de vous parler ici.

dsc03139-e1508830641302
Forêt de Brocéliande, 2009, fait pour Véronique. C’était le sujet de mon 2e article dans la Ruche des Quilteuses, il a été donc lu par bien peu de monde !! Sur cette photo, les couleurs sont plus chaudes que la réalité, mais peu importe ! Je m’étais inspirée d’un modèle paru dans Les Nouvelles n° 97.

Vous savez quand même déjà que j’aime lire, c’est une passion commune, à chaque rencontre Véro et moi échangeons plusieurs livres.
Nous partageons aussi un vif intérêt pour les médecines naturelles. Cela paraît très tendance et parfaitement bobo, c’est pourtant ancré chez nous depuis bien longtemps. Dès le début des années 1980 mon grand-père m’a initiée à l’homéopathie, ce grand-père si proche dans mon cœur. Depuis cet intérêt s’est accru et diversifié pour l’une et l’autre, en particulier pour Véro qui étudie la naturopathie depuis des années. Mais c’est l’ayurveda, qu’on traduit par science de la vie, médecine traditionnelle millénaire pratiquée à l’origine en Inde, qui répond le plus à ses attentes actuelles.

La santé passe par l’alimentation, notamment par les épices.

Intérêt complémentaire, le goût des voyages au long cours. Notre famille est composée de pigeons voyageurs depuis plusieurs générations ! Véro a vécu 4 ans en Côte d’Ivoire, 6 ans en Polynésie, et a souvent voyagé en Asie. Côtoyer des personnes d’autres cultures enrichit tout en nous faisant apprécier encore plus nos racines. Elle se documente inlassablement sur les pratiques médicales naturelles locales, le bien-être, l’esthétique… Riche de tout ce savoir, Véro souhaite partager ses connaissances et peu à peu  l’idée de tenir un blog s’est imposée. Il n’est pas question de se regarder simplement le nombril, mais de se faire du bien tout en restant sur une ligne consciente et responsable. L’écologie, la science des relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et leur environnement, est au cœur de ses préoccupations. Le but est de vivre heureux en harmonie et symbiose avec ce qui nous entoure*, le tout avec bienveillance et sans obsession ni chapelle.

Coussin d’inspiration indienne pour Véro fait il y a… longtemps. Les couleurs du tissu à feuilles sont complètement passés (ah les tissus de patch des années 2000, une catastrophe…). On ne voit pas bien les broderies des 4 angles, celles du bas sont jolies : un cœur et un paon, dans la tradition indienne. Je m’étais inspirée de photos du livre Patchwork Somptueux pour les broderies, et d’un livre de Margaret Rolfe pour l’éléphant cousu avec la méthode sur papier.

Alors je suis très heureuse de vous annoncer que Véro vient d’ouvrir son blog, Green by Véro, lieu privilégié de partage de recettes de bien-être, de conseils culturels et bien d’autres choses, mais toujours avec une vision éthique.

GreenbyVero.com

Et avec ma sœur, je dis : be clean & green** !

Vous pouvez vous inscrire pour recevoir chaque article dès sa parution en cliquant sur le menu figuré par trois barres horizontales en haut à gauche de votre écran d’ordinateur quand vous êtes sur sa page d’accueil.

*Le week-end dernier, on apprenait à la fois qu’en 30 ans, 75 % des insectes volants avaient disparu d’Allemagne (et d’Europe, ici les frontières politiques ne comptent pas) et qu’une partie du Golfe du Mexique, là où se déversent les eaux du Mississipi, est devenu un cloaque dépourvu d’oxygène grand comme deux Belgique… Il est évident que ces deux catastrophes sont les conséquences de pollutions causées par l’homme -plus exactement les produits utilisés dans l’agriculture intensive- et cela va nous sauter à la figure.

**Sois vert et propre : plus joli en anglais n’est-ce pas ?…