Le plus grand pojagi du monde !

Après les belles œuvres raffinées de Maryse Allard, jetons un œil sur un pojagi cousu par plus de 1 700 personnes en quatre mois :

L’effet vitrail est saisissant ! Ce géant fut initié et organisé par Youngmin Lee, spécialiste du pojagi, vivant actuellement en Californie. C’est le plus grand pojagi du monde, validé par le Guinness Book des records. Il mesure plus de 20 mètres carrés…  Il date de 2014, cousu par beaucoup de néophytes, mais l’enthousiasme a permis sa réussite !

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Les débuts, photo Youngmin Lee, artiste de pojagi

J’adore les projets plus grands que nous !
Bonne journée, Katell

 

 

Les Nouvelles du Pojagi

La menaçante Corée du Nord a quitté la une de nos journaux, on souffle un peu, d’autant plus que des pourparlers engagés entre les frères coréens ont abouti ! Dans plusieurs disciplines en effet, les athlètes des deux côtés de la frontière seront réunis sous une bannière commune aux Jeux Olympiques qui ouvrent dans 16 jours. Une grande avancée diplomatique qui rappelle la diplomatie du ping-pong, c’est ainsi qu’on appelle le début du dégel entre la Chine et des USA en 1971-72 réussi lors d’une compétition de tennis de table… Quand le sport est au service de la paix :  une vieille idée qui porte parfois ses fruits !

carte_coreeRévisons un peu d’histoire contemporaine pour aborder le problème coréen. Il y eut une très sanglante guerre à la fin du 19e siècle entre la Chine et le Japon, notamment sur les terres de la péninsule coréenne qui était alors un Empire depuis des siècles. Elle se termina au début du 20e siècle par l’annexion de la Corée par le Japon. Ce fut une domination coloniale cruelle et impitoyable. A l’issue de la seconde guerre mondiale, les armées russes et américaines convinrent d’expulser l’occupant japonais  et de créer en urgence un protectorat nord-sud, partagé autour du 38e parallèle, lors de la conférence de Yalta. Hélas le début de la guerre froide empêcha la création d’un Etat coréen unique ; Corée du Nord et Corée du Sud se créèrent et revendiquèrent chacune l’ensemble de la péninsule. Il s’ensuivit l’abominable Guerre de Corée de 1950 à 1953 qui fit 2,8 millions de victimes et se termina sans vainqueur ni vaincu, avec un peuple toujours séparé par 4 km de no man’s land et des univers diamétralement opposés.

Les JO aideront-ils à pacifier les relations internationales ? Rêvons !

Au Pays du Matin Calme… Photo Maryse Allard

Revenons à nos chers textiles. Nous sommes de plus en plus nombreux en France à avoir rencontré Maryse Allard au détour d’un Salon ou lors d’un stage ou encore une Journée de l’Amitié organisée par des délégations France Patchwork.

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Pojagi dans un lieu si zen ! Photo Maryse Allard

Après 25 ans de pratique du patchwork comme vous et moi, Maryse découvrit par hasard, en 2005, le patchwork coréen dans un livre. La graine était plantée, les étoiles se sont alignées pour diverses rencontres et Maryse Allard est devenue la véritable Ambassadrice européenne du patchwork coréen, ou Pojagi.

Une telle réussite ne se construit pas sans un travail patient et acharné, sans passion, intelligence et finesse. Maryse a d’abord maîtrisé seule une des techniques d’assemblage en s’inspirant d’une photo de pojagi et elle a trouvé dans la transparence et la couleur une émotion qui ne l’a plus quittée. Quand on la rencontre, elle en parle si bien ! Réservée mais aussi chaleureuse, Maryse est en accord intime avec le caractère à la fois jovial et respectueux des Coréennes que j’ai pu rencontrer. 

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Maryse avec Chunghie Lee et une autre amie coréenne à Sainte-Marie-aux-Mines en septembre 2017.

Grâce à l’accueil et l’amitié d’artistes coréennes qui font écho à la qualité d’écoute de Maryse, notre artiste française a acquis de nombreuses connaissances autour du pojagi, son histoire mais aussi l’organisation sociale des femmes, encore bien éloignée de la nôtre. Son récent voyage au Pays du Matin Calme lui a confirmé, s’il en était besoin, la sincérité et la profondeur de son engagement dans cet art.

Quelques photos issues de la page Facebook de Maryse Allard :

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Son livre est de nouveau disponible directement auprès de Maryse Allard, voir son adresse mail ci-dessous.
Ce livre écrit avec Hubert Valeri est toujours disponible également .

Pour partager avec nous l’histoire du pojagi, nous faire connaître l’agenda autour du patchwork coréen, Maryse nous offre un bulletin mensuel nommé Les Nouvelles du Pojagi.
Si la beauté des pojagi vous touche, si cet univers résonne en vous, je vous recommande de vous inscrire à cette newsletter écrite par Maryse. C’est simple, adressez-lui votre demande à :

maryseallard arobase gmail point com.

Pojagi antique exposé à l’International Quilt Study Center & Museum dans le Nebraska, en 2008. Voir la galerie ici.

 

Le Pojagi avec Maryse Allard

Le Pojagi (prononcez-le pojagui), souvent écrit Bojagi en anglais et 보자기 en coréen, est l’art du patchwork en Corée. Notre spécialiste nationale est Maryse Allard. Depuis plus de 10 ans, elle y trouve inspiration et sérénité.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Maryse Allard, entourée de quelques-unes de ses œuvres, le 5 mai dernier à Pibrac.

Nous l’avons sollicitée pour animer une Journée de l’Amitié France Patchwork en Haute-Garonne ; le 5 mai dernier nous avons pu apprendre le contexte historique bien particulier de cet art coréen du quotidien et de l’exception. Il a un riche passé et rejoint le souci du beau, de l’utile, de la protection que je connais un peu dans la société nippone par l’utilisation des Furoshiki ou des Tenugui.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Ce pojagi rappelle le bloc des Marches du Palais. Nous avons pu voir (ou justement ne pas voir !) la finesse des points : ici Maryse a utilisé une autre technique que celle qu’elle enseigne en stage-découverte.

A présent, la renaissance du Pojagi se fait essentiellement dans le domaine de la décoration, faisant de subtils jeux de transparence grâce aux tissus choisis (organdi, ramie, soie etc.) et les techniques de couture employées. Un Pojagi peut se faire de diverses manières, à la main ou à la machine. Celle enseignée par Maryse fait l’unanimité : beauté du résultat, facilité de la technique, que demander de plus ?…

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Voici le travail d’apprentissage pour s’approprier la technique avant de se lancer dans une création.

Si à votre tour vous souhaitez enrer dans le monde du Pojagi, n’hésitez pas à contacter Maryse Allard pour connaître les dates et lieux de ses prochains stages – ou la faire venir pour votre propre groupe. Pour ce faire, allez sur son blog, onglet Contact ou sur Facebook, laissez-lui un message. Sa patience, sa pédagogie vous accompagneront tout au long de votre apprentissage.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Deux Pojagi particuliers de Maryse Allard avec à gauche l’utilisation de soies et à droite la complexité des lignes courbes, la subtilité des appliqués… Du grand art !

 La Ruche des QuilteusesDepuis plusieurs mois, je collecte des photos de pojagi tous azimuts, vous pouvez les consulter sur ce tableau Pinterest avec des exemples du monde entier. A vos tissus et vos aiguilles pour entrer dans ce monde merveilleux ! Si vous ne pouvez pas prendre de cours avec Maryse, je ne peux que vous conseiller de vous procurer son superbe livre : Le Pojagi, art du patchwork coréen, édition Carpentier, ou aussi Boutis de France, La tradition revisitée, édition LTA, écrit en collaboration avec Hubert Valeri (alliance du boutis et du pojagi, de la transparence et de l’opacité, des traditions française et coréenne… Que d’inspirations !)

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Cerise sur le gâteau de certains pojagi : ce tout petit noeud fait avec un carré de tissu de 2 cm ! C’est bien sûr très minutieux et les Coréennes se régalent de ce signe porte-bonheur. Bien sûr, Maïté et Kristine, les doigts d’or de la délégation, l’ont appris pour en mettre dans leurs futurs Pojagi !
Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Séance-photos pour les stars du jour, les pojagi de Maryse Allard.

Un grand merci à Suzy pour toutes ces photos !