Au Val d’Argent, Carrefour Européen du Patchwork 2022/1

D’emblée, j’annonce la couleur : cette édition était extraordinaire ! Elle était justement très colorée et joyeuse, avec pléthore d’artiste hispanophones. Le Covid était aux oubliettes… Nous n’avions aucunement envie de nous souvenir des pass sanitaires de l’année dernière ! Comme avant, nous entendions parler toutes les langues européennes, nous retrouvions au hasard des expos des amies de France et d’ailleurs. Je sais que j’ai « loupé » beaucoup de connaissances, mais le temps a passé bien trop vite.

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Croisière et arts textiles

J’ai des amies qui, loin de l’actualité des gilets jaunes, ont pris la mer hier. Une croisière en Méditerranée, pendant laquelle elles ne risquent pas de s’ennuyer puisqu’elles vont assouvir leur passion des arts textiles ! Très banale aux Etats-Unis, cette proposition l’est beaucoup moins en France, c’est pourtant une idée de dépaysement très sympathique, surtout avec des animatrices comme Sheila Frampton-Cooper, Maryse Allard, Ina Statescu et Gabrielle Paquin que, chacune, je connais et admire, ainsi que Cyriaque. Que la croisière s’amuse !

Hier soir : embarquement immédiat ! Photo de Frédérique Proust, heureuse participante de la croisière (photo Facebook)

Cet événement est organisé par Pascale Bebronne et son équipe. Beaucoup d’entre nous connaissent cette femme volontaire et énergique, qui participe activement à l’animation du monde du patchwork en France.

Son nom vous dit quelque chose sans savoir d’où ça vient ? Je vous aide : vous lisez son nom dans le magazine La Pratique du Patchwork. Ce magazine (à présent édité en version à mi-chemin entre le magazine et le livre) a indéniablement sa patte, sa culture et son énergie. Les explications de modèles, avec de nombreux pas-à-pas photographiés, sont faciles à appréhender. Quant aux dossiers, ils sont toujours complets, comme dans le dernier numéro (La Pratique + n°2) avec le quilting machine, qui répond à toutes vos questions sous la plume de la spécialiste Chantal Baquin, ou des perspectives historiques (La 1ère Guerre Mondiale et les hexagones) écrites par ma fidèle amie haute-garonnaise Denyse Saint-Arroman. Et bien sûr de nombreux portraits d’artistes viennent compléter la revue de 146 pages. Dans celui-ci, le fabuleux Ian Berry, rencontré de nouveau l’été dernier à Labastide-Rouairoux, est minutieusement portraituré par Pascale Bebronne. D’habitude, c’est lui le portraitiste, ici il en est le sujet. Son succès mondial ne lui fait pas la grosse tête, il reste si amical, accessible, humble… Il est toujours mon chouchou, un mot qui le fait toujours rire aux éclats !

Avec Les Nouvelles, Patchwork & Création Textile, unique en son genre puisque fait pour et par les adhérents de France Patchwork, les éditions de Quiltmania, celles d’Editions de Saxe, celles de Burda avec divers magazines d’Outre-Rhin traduits en français (Sabrina, Elena) et La Pratique du Patchwork +, nous quilteuses et quilteurs francophones avons une chance inouïe !

Soutenons nos associations et éditions sur le patchwork et arts textiles, elles sont de grande qualité !

Les Nouvelles du Pojagi

La menaçante Corée du Nord a quitté la une de nos journaux, on souffle un peu, d’autant plus que des pourparlers engagés entre les frères coréens ont abouti ! Dans plusieurs disciplines en effet, les athlètes des deux côtés de la frontière seront réunis sous une bannière commune aux Jeux Olympiques qui ouvrent dans 16 jours. Une grande avancée diplomatique qui rappelle la diplomatie du ping-pong, c’est ainsi qu’on appelle le début du dégel entre la Chine et des USA en 1971-72 réussi lors d’une compétition de tennis de table… Quand le sport est au service de la paix :  une vieille idée qui porte parfois ses fruits !

carte_coreeRévisons un peu d’histoire contemporaine pour aborder le problème coréen. Il y eut une très sanglante guerre à la fin du 19e siècle entre la Chine et le Japon, notamment sur les terres de la péninsule coréenne qui était alors un Empire depuis des siècles. Elle se termina au début du 20e siècle par l’annexion de la Corée par le Japon. Ce fut une domination coloniale cruelle et impitoyable. A l’issue de la seconde guerre mondiale, les armées russes et américaines convinrent d’expulser l’occupant japonais  et de créer en urgence un protectorat nord-sud, partagé autour du 38e parallèle, lors de la conférence de Yalta. Hélas le début de la guerre froide empêcha la création d’un Etat coréen unique ; Corée du Nord et Corée du Sud se créèrent et revendiquèrent chacune l’ensemble de la péninsule. Il s’ensuivit l’abominable Guerre de Corée de 1950 à 1953 qui fit 2,8 millions de victimes et se termina sans vainqueur ni vaincu, avec un peuple toujours séparé par 4 km de no man’s land et des univers diamétralement opposés.

Les JO aideront-ils à pacifier les relations internationales ? Rêvons !

Au Pays du Matin Calme… Photo Maryse Allard

Revenons à nos chers textiles. Nous sommes de plus en plus nombreux en France à avoir rencontré Maryse Allard au détour d’un Salon ou lors d’un stage ou encore une Journée de l’Amitié organisée par des délégations France Patchwork.

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Pojagi dans un lieu si zen ! Photo Maryse Allard

Après 25 ans de pratique du patchwork comme vous et moi, Maryse découvrit par hasard, en 2005, le patchwork coréen dans un livre. La graine était plantée, les étoiles se sont alignées pour diverses rencontres et Maryse Allard est devenue la véritable Ambassadrice européenne du patchwork coréen, ou Pojagi.

Une telle réussite ne se construit pas sans un travail patient et acharné, sans passion, intelligence et finesse. Maryse a d’abord maîtrisé seule une des techniques d’assemblage en s’inspirant d’une photo de pojagi et elle a trouvé dans la transparence et la couleur une émotion qui ne l’a plus quittée. Quand on la rencontre, elle en parle si bien ! Réservée mais aussi chaleureuse, Maryse est en accord intime avec le caractère à la fois jovial et respectueux des Coréennes que j’ai pu rencontrer. 

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Maryse avec Chunghie Lee et une autre amie coréenne à Sainte-Marie-aux-Mines en septembre 2017.

Grâce à l’accueil et l’amitié d’artistes coréennes qui font écho à la qualité d’écoute de Maryse, notre artiste française a acquis de nombreuses connaissances autour du pojagi, son histoire mais aussi l’organisation sociale des femmes, encore bien éloignée de la nôtre. Son récent voyage au Pays du Matin Calme lui a confirmé, s’il en était besoin, la sincérité et la profondeur de son engagement dans cet art.

Quelques photos issues de la page Facebook de Maryse Allard :

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Son livre est de nouveau disponible directement auprès de Maryse Allard, voir son adresse mail ci-dessous.

Ce livre écrit avec Hubert Valeri est toujours disponible également .

Pour partager avec nous l’histoire du pojagi, nous faire connaître l’agenda autour du patchwork coréen, Maryse nous offre un bulletin mensuel nommé Les Nouvelles du Pojagi.
Si la beauté des pojagi vous touche, si cet univers résonne en vous, je vous recommande de vous inscrire à cette newsletter écrite par Maryse. C’est simple, adressez-lui votre demande à :

maryseallard arobase gmail point com.

Pojagi antique exposé à l’International Quilt Study Center & Museum dans le Nebraska, en 2008. Voir la galerie ici.

 

Le Pojagi avec Maryse Allard

Le Pojagi (prononcez-le pojagui), souvent écrit Bojagi en anglais et 보자기 en coréen, est l’art du patchwork en Corée. Notre spécialiste nationale est Maryse Allard. Depuis plus de 10 ans, elle y trouve inspiration et sérénité.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Maryse Allard, entourée de quelques-unes de ses œuvres, le 5 mai dernier à Pibrac.

Nous l’avons sollicitée pour animer une Journée de l’Amitié France Patchwork en Haute-Garonne ; le 5 mai dernier nous avons pu apprendre le contexte historique bien particulier de cet art coréen du quotidien et de l’exception. Il a un riche passé et rejoint le souci du beau, de l’utile, de la protection que je connais un peu dans la société nippone par l’utilisation des Furoshiki ou des Tenugui.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Ce pojagi rappelle le bloc des Marches du Palais. Nous avons pu voir (ou justement ne pas voir !) la finesse des points : ici Maryse a utilisé une autre technique que celle qu’elle enseigne en stage-découverte.

A présent, la renaissance du Pojagi se fait essentiellement dans le domaine de la décoration, faisant de subtils jeux de transparence grâce aux tissus choisis (organdi, ramie, soie etc.) et les techniques de couture employées. Un Pojagi peut se faire de diverses manières, à la main ou à la machine. Celle enseignée par Maryse fait l’unanimité : beauté du résultat, facilité de la technique, que demander de plus ?…

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Voici le travail d’apprentissage pour s’approprier la technique avant de se lancer dans une création.

Si à votre tour vous souhaitez enrer dans le monde du Pojagi, n’hésitez pas à contacter Maryse Allard pour connaître les dates et lieux de ses prochains stages – ou la faire venir pour votre propre groupe. Pour ce faire, allez sur son blog, onglet Contact ou sur Facebook, laissez-lui un message. Sa patience, sa pédagogie vous accompagneront tout au long de votre apprentissage.

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Deux Pojagi particuliers de Maryse Allard avec à gauche l’utilisation de soies et à droite la complexité des lignes courbes, la subtilité des appliqués… Du grand art !

 La Ruche des QuilteusesDepuis plusieurs mois, je collecte des photos de pojagi tous azimuts, vous pouvez les consulter sur ce tableau Pinterest avec des exemples du monde entier. A vos tissus et vos aiguilles pour entrer dans ce monde merveilleux ! Si vous ne pouvez pas prendre de cours avec Maryse, je ne peux que vous conseiller de vous procurer son superbe livre : Le Pojagi, art du patchwork coréen, édition Carpentier, ou aussi Boutis de France, La tradition revisitée, édition LTA, écrit en collaboration avec Hubert Valeri (alliance du boutis et du pojagi, de la transparence et de l’opacité, des traditions française et coréenne… Que d’inspirations !)

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Cerise sur le gâteau de certains pojagi : ce tout petit noeud fait avec un carré de tissu de 2 cm ! C’est bien sûr très minutieux et les Coréennes se régalent de ce signe porte-bonheur. Bien sûr, Maïté et Kristine, les doigts d’or de la délégation, l’ont appris pour en mettre dans leurs futurs Pojagi !

Maryse Allard La Ruche des Quilteuses
Séance-photos pour les stars du jour, les pojagi de Maryse Allard.

Un grand merci à Suzy pour toutes ces photos !