Tant qu’on n’a pas participé à une Valise France Patchwork, on ne sait pas trop ce que c’est. On en voit exposées en JA (Journée de l’Amitié, Quilt Day) surtout, en exposition départementale ou en Salon parfois… Nous avons exposé deux Valises à Toulouse. Comme toujours, elles ont dévoilé des trésors de minutie, de création, des petites merveilles à montrer le plus possible !
L’éclairage a ruiné mes photos des Valises… A gauche, les Cercles et Cie du Puy-de-Dôme, à droite Récup’ Jeans des Landes avec le quilt d’Hélène au centre (les saxos, faits en blue jeans et Wax africains). Ces deux Valises sont extraordinaires ! Je n’ai jamais été déçue par la qualité des Valises, bravo à tous les adhérents FP qui y participent.
France Patchwork
Les Valises
…
Les Valises France Patchwork sont des expositions itinérantes. A l’initiative d’une Délégation départementale France Patchwork, un thème est proposé aux adhérents du même département ; à eux de créer leur quilt en suivant toutes les consignes. Les quilts sont de taille réduite pour faciliter leur transport et leur exposition.
Pendant deux ans, la Valise sera à la disposition des autres délégations et voyagera dans toute la France, ainsi qu’en Belgique et en Suisse.
Nous avons aujourd’hui la chance d’exposer une sélection de deux Valises, des Landes (Récup’ Jeans) et du Puy-de-Dôme (Le Cercle et Cie).
Voici la suite des fiches accrochées au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse, à améliorer et à utiliser !
Pourquoi adhérer à France Patchwork
Beaucoup nous demandent : France Patchwork m’apporterait quoi de plus que mon club ? Question fort légitime quand on se sent bien dans son club, avec les magazines et livres qui entrent régulièrement dans la bibliothèque. Que demander de plus ?
Autre question : je suis autodidacte, peut-on apprendre plus avec France Patchwork ? Ou bien : il n’y a pas de délégation dans mon département, cela vaut-il quand même la peine d’adhérer ?
Pour toutes ces situations et facettes autour de ce que nous apporte France Patchwork, j’ai juste un peu condensé ce que j’ai trouvé sur le site FP, vous y trouvez l’inspiration pour bien répondre !
Trois quilts déjà présentés dans La Ruche encadrent la fiche Pourquoi adhérer à France Patchwork : à gauche un quilt fait par les Abeilles pour notre amie Evelyne, modèle expliqué dans Les Nouvelles n° 124 sous le nom de La Ruche de l’Amitié, au centre le tableau de Chantal et à droite la forêt faite par Evelyne sur un modèle de notre styliste chouchou Bernadette Mayr.
France Patchwork : Pourquoi adhérer ? …
Pour une quilteuse, un quilteur débutant ou confirmé, simple amateur ou passionné, l’adhésion à France Patchwork procure de nombreux avantages.
Recevoir la revue trimestrielle Les Nouvelles – Patchwork et Création Textile : revue associative, rédigée par des bénévoles, réservée aux adhérents et de ce fait, indépendante du circuit commercial de la Presse.
Participer aux Journées de l’Amitié réservées aux adhérents organisées dans les départements, les régions et au niveau national une fois par an.
Participer aux concours organisés par France Patchwork.
Lors des manifestations et des salons de loisirs créatifs où l’association est présente, se faire connaître et être reconnue en tant que membre : on n’est plus un visiteur anonyme.
Fréquenter l’Espace, siège de l’association à Paris (initiation au patchwork gratuite, bibliothèque, ateliers…)
Participer à des échanges culturels, des débats, des rencontres tels que les cafés-patch.
Accéder au dossier du Quilt Mystère proposé sur le site.
Assister aux conférences, aux stages et aux cours organisés par les délégations.
Bénéficier d’une initiation gratuite à différentes techniques lors d’interventions de membres de la délégation.
Bénéficier d’une assurance gratuite pour 4 quilts par personne lors d’expositions nationales ou départementales.
Bénéficier d’une assurance gratuite pour 10 quilts lors d’exposition personnelle.
Bénéficier d’informations concernant le monde du patchwork et du textile en général.
D’une manière générale, adhérer vous permet de participer à toutes les activités proposées par l’association, de nouer des contacts, de faire des rencontres dans votre département mais aussi à l’étranger grâce à EQA, la guilde européenne, grâce également aux forums de discussions de France Patchwork.
La semaine dernière se tenait le Salon des Loisirs Créatifs à Toulouse, rendez-vous commercial important pour toute une région à l’heure où les magasins intéressants disparaissent les uns après les autres.
En tant que Délégation France Patchwork , mes amies et moi avons tenu un Stand et une Galerie. L’occasion était belle pour montrer diverses facettes de notre Association qui est souvent mal connue, en dépit de leur dynamisme. Je me suis donc permis de faire quelques panneaux explicatifs. Bien sûr, à côté de beaux quilts, les écrits n’ont que peu d’intérêt et sont peu lus, alors en quelques jours je vais vous les montrer ici ; ce n’est pas une vision exhaustive de l’Association, juste quelques aspects illustrés la semaine dernière.
Vue de notre stand. Maïté montre un Livre Textile en appliqué traditionnel qu’elle a fait sur les Fables de La Fontaine, j’aurai l’occasion de vous le présenter un autre jour. Sur le mur à droite, un quilt traditionnel et cependant modernisé de Madeleine.
Notre exemple de quilt traditionnel est Bouquets d’Hiver de Madeleine. Il est traditionnel par sa symétrie, son rappel du style Baltimore, sa réalisation entièrement à la main ; il est revisité par d’autres couleurs que les traditionnels rouges et verts vifs, par la taille surdimensionnée des blocs. C’est un modèle de Blackbird Designs et vous pouvez trouver l’histoire de ce quilt par ici. Je l’adore et tenais à l’accrocher pour notre dernier Salon !
Voici notre fiche sur les quilts traditionnels, forcément perfectible. Je me suis largement inspirée de la présentation du site France Patchwork.
France Patchwork et la passion du patchwork traditionnel
…
Au départ étaient les courtepointes, aussi décoratives qu’utiles pour tenir sa famille au chaud. Cette tradition européenne traversa l’Atlantique par vagues successives de migration. Mais c’est aux Etats-Unis que les quilts se diversifient et deviennent un art populaire majeur.
De nombreuses quilteuses continuent de créer des dessus-de-lit pour leur esthétique et leur forte valeur symbolique. France Patchwork favorise la conservation du patrimoine et de la qualité du travail traditionnel, notamment par sa section Quilts de Légende.
Le traditionnel, c’est le patchwork tel que l’ont pratiqué les pionnières.
Les quilts, ces petits morceaux de tissus différents assemblés et cousus à la main en d’audacieuses géométries colorées, font partie de l’histoire de l’art Nord-américain.
A l’origine, simples courtepointes confectionnées à partir de récupération de tissus et de matelassages, les émigrantes vers le nouveau monde ont su faire évoluer leurs traditions par une nouvelle manière de faire. Au fil du temps, ces femmes ont imaginé, dessiné, assemblé de nombreux motifs auxquels elles donnaient un nom. Véritable espace de liberté pour ces femmes déracinées, le quilting mêle à la fois valeurs familiales, mémoires d’une communauté, expression d’une actualité politique et sociale, au-delà de la simple valorisation du travail féminin domestique….
Et aujourd’hui ?
Faire du patchwork traditionnel ne veut pas dire forcément recopier des ouvrages anciens. On peut utiliser un motif créé par une de ces femmes américaines, en connaître la symbolique ou son histoire, et se le réapproprier pour exprimer des sentiments ou des moments de vie comme ces femmes l’ont fait bien avant nous. Le patchwork peut être aussi un moyen d’expression artistique et, à partir de motifs traditionnels et de réflexions personnelles, nous inventons alors des compositions originales directement inspirées de nos émotions ou d’évènements de la vie, véritables œuvres d’art ayant perdu toute trace d’utilité comme dans les ouvrages traditionnels.
Au cœur des quilts, du chemin de l’émigration… au chemin de la création, Dominique Herbay
Quilteuses et quilteurs ont raison d’aimer les couleurs et, en retour, elles nous offrent tant de bonheur, tant de messages !
Pour échapper au gris-noir de l’actualité, pour apprécier un monde multicolore à sa juste valeur, je vous conseille une lecture érudite et facétieuse :
Depuis quand sommes-nous amies, Chantal et moi ? Depuis bien 15 ans… Je l’ai rencontrée alors qu’elle était Chef de Chœur d’une chorale d’enfants de notre petite ville Pibrac (31), mon fils y était inscrit. Bien vite nous avons découvert notre passion commune qui n’avait rien à voir avec le chant : le patchwork.
Je vous ai déjà montré des ouvrages de Chantal, ils sont réunis sous l’étiquette Bee Chantal.
Je l’ai revue chez elle cette semaine et j’ai eu un coup de foudre pour une de ses récentes créations. Elle s’est inspirée du peintre néerlandais contemporain le plus populaire depuis des années, Ton Schulten.
Entre les Arbres, Ton Schulten
Paysage en couleurs, Ton SchultenEté, Ton SchultenHiver, Ton SchultenTwente sous la lumière du Soleil, Ton SchultenVille-mosaïque, Ton Schulten. Ce tableau me rappelle un quilt à succès présenté dans Quiltmania hors-série du printemps 2015, Mon petit Monde !My Small World, Mon Petit Monde, de Jen Kingwell, sans doute réinterprété des milliers de fois depuis sa parution ! Ici le top de cette quilteuse.Manhattan, Ton Schulten
Ton Schulten a un style bien à lui, qu’il partage avec une poignée d’autres artistes comme Lony Wing. Lony Wing, natif de Bali, évoque tout autant des paysages européens qu’indonésiens.
Le nom de ce mouvement est indigeste, je l’ai vu traduit par consensisme et consensité en français, venant de consensisme en néerlandais ou Konsensismus en allemand. Son origine est latine, consentio, qui nous donne par exemple consensus. Tout ça pour qualifier un art axé sur des paysages d’une beauté paisible, reposante mais aussi cohérente et harmonieuse. Le thème principal est l’harmonie dans la Nature où l’homme n’est pas absent, mais discret et intégré avec ses maisons, ses champs cultivés, ses bateaux ou statues… L’invitée vedette de ce style est la lumière qui s’invite dans le paysage par sections. En découvrant ce style, on peut se rappeler Toffoli et ses transparences, et plus avant le cubisme.
A juste titre, Chantal a trouvé que ces peintures pouvaient bien s’interpréter en patchwork. Voici sa première tentative, déjà si belle :
Un Pays Tranquille, Chantal Bommier. Monté sur châssis, à la demande de son amie qui lui avait simplement demandé un tableau textile avec un peu de rouge !!
Nous nous le sommes promis, Chantal et moi allons explorer l’univers des quilts du consensisme, déjà aimé par les quilteuses néerlandaises et allemandes principalement, mais nous n’utiliserons sans doute pas ce mot…
Quilt de Gerlinde Reissig (Autrichienne)Summertine, Ineke Berlyn (NL). Une rétrospective de cette artiste a été exposée à Birmingham cet été.Pieced landscapes, Ineke Berlyn, une magnifique interprétation. Cette artiste a malheureusement perdu sa lutte contre le cancer du sein le 4 février dernier.
Edit : si vous souhaitez vous initier à cette technique, le modèle d’Anne-Marie Guéganic « Coin de Campagne » dans les Nouvelles n° 134 est exactement dans ce style !
Vous pourrez voir le tableau textile de Chantal au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse. Venez nombreux !
J’aimais bien certains quilts proposés par le magazine Burda Patchwork Quilts & Appliqués (depuis l’automne 2014 Burda Patchwork) qui nous faisaient découvrir de beaux tableaux textiles de Beatrix Laufens — quelle poésie ! — et souvent des quilts aux techniques sortant de l’ordinaire. Au fil du temps cependant, la revue perdait de son attrait. La qualité moyenne du papier ne jouait pas en sa faveur, car nous sommes difficiles en France, avec nos superbes revues qu’on nous envie à l’étranger ! Malgré ses qualités, les ventes ont sans doute baissé, il était temps de réagir.
En plein été est sorti le Burda Patchwork n° 54. A vrai dire, je l’ai reçu en cadeau, pour m’inciter à vous dire ce que j’en pense. L’été est vite passé avec mon blog au repos – et moi en détox digitale. Mais j’ai lu, relu, ce nouveau magazine qui n’a plus rien de commun avec la formule précédente. Le gros titre le proclame :21projetsmodernes&lumineux ! C’est bien cela, on en a plein les yeux avec des couleurs vitaminées, des quilts rythmés, spectaculaires, pile dans la tendance des quilts modernes. Le papier mat, comme pour Les Nouvelles (magazine de France Patchwork) lui donne un autre cachet.
Les raisons de ce changement ? Les explications sont dans l’éditorial. Burda et F+W Media sont liés financièrement depuis 2014 et dorénavant le magazine Burda Patchwork est fait d’après Modern Patchwork, magazine populaire américain du même groupe. C’est bien sûr dommage pour les créatrices allemandes et françaises qui y collaboraient, remplacées par des américaines. La concurrence est rude et les frais doivent être réduits…
Le résultat pour un lecteur ou une lectrice qui aime le quilt moderne, c’est tout de même la jubilation devant une parution pleine d’idées sympathiques ! Certains quilts sont simplissimes, avec juste une touche qui attire l’œil, d’autres sont plus impressionnants mais pas forcément difficiles. Rares sont les ouvrages vraiment durs à faire. Tout pour attirer la jeune génération et les moins jeunes, heureuses de se renouveler dans l’air du temps !
Vendredi dernier, lors de la réunion à la Ruche, j’ai montré les Burda Patchwork n° 54 et 55 à mes Amies Abeilles. C’est l’unanimité pour approuver ce changement, bravo Burda ! Celui que nous préférons est sur la couverture du Burda actuellement en kiosque, avec un quilt dans le style de la Française Cosabeth Parriaud :
… Mais de nombreux autres quilts nous séduisent aussi !
Comme nous sommes connectées, nous pouvons aussi télécharger un patron (signalé par un point d’exclamation rouge), sans doute pour limiter la pagination. Bonne ou mauvaise idée, je n’ai pas encore d’avis.
Cerise sur le gâteau et en l’occurrence, cherry on the cake, Burda Patchwork propose des reportages intéressants. Drôle de coïncidence – ou pas, le monde est petit – sur le dernier vous y verrez Ian Berry et Sara Faughnan avec notamment son quilt Pomme de Pin moderne ! Que du beau monde…
Alors oui sans hésitation je suis pour cette nouvelle parution qui pourra amener de nouvelles personnes vers le patchwork graphique & moderne et séduire les jeunes !
La redécouverte des pine cone quilts n’en finit pas d’inspirer. Le Pine Cone Quilt, c’est au départ la fascination du scrap quilt, fait de restes de tissus de vêtements ou de literie dans le Vieux Sud des Etats-Unis, avec un effet de volume intéressant. Cet artisanat traditionnel prend des galons dans le monde coloré des quilteuses modernes !
C’est tout d’abord Rachael Daisy d’Australie qui s’amuse avec toutes les variantes qu’elle invente, et elle ne manque pas d’imagination ! Son tout dernier qui vient d’être exposé à Adelaïde, il a la force des unis vifs, des formes rondes et triangulaires qui se répondent et la fantaisie d’un sampler de modèles :
Zap Zing Zowie, de Rachael Daisy. C’est un triptyque, ici posé sur fond noir.
Une autre artiste travaille sur ce thème du « petit carré plié » depuis quelques années, c’est Tara Faughnan. Elle utilise uniquement des tissus unis mais ne manque pas d’inspiration ! Allez voir sa galerie de quilts, vous y trouverez forcément de l’inspiration.
Pine Burr Quilt fait en 2015, exposé au QuiltCon 2016. On voit de joyeuses ruptures de lignes qui rappellent les scrap quilts anciens. Et pourtant, quelle modernité !
Ce quilt est entièrement réalisé à la machine. On devine que les carrés sont pliés différemment et disposés non pas en cercles comme pour la plupart des Pine Cone traditionnels, mais en ligne, ce qui ouvre bien d’autres perspectives esthétiques. D’ailleurs, il nous reste quelques quilts témoins de cette option qui n’avait pas échappé à des quilteuses d’antan :
Quilt trouvé au Texas, fait de 5 bandes juxtaposées, en vente chez Laura Fischer QuiltsMême style, mais on voit un tissu de fond, cela s’apparente alors au Prairie Point. Les unités sont plus larges que le précédent (en deux morceaux). Laura Fischer QuiltsPour celui-ci, on parle de Prairie Point, car les triangles ne sont pas imbriqués d’une rangée à l’autre. Voir chez Bill Volkening des détails sur ce quilt. Il date des années 1960 et intéresse les collectionneurs !
Voyons maintenant un autre quilt de la Californienne Tara Faughnan sur le même thème du carré plié, Bazaar Quilt :
Ici les pliages forment des languettes et font penser à certaines décos faites de post-it !! Mais c’est tellement plus beau en tissus, n’est-ce pas 🙂Bazaar Quilt (détail) Tara Faughnan
Pour compléter les possibilités autour de la pomme de pin, voiciun tuto de Maryline Collioud-Robertinspiré d’une Japonaise ; l’idée est un peu similaire mais le travail encore différent !
-o-
Je ne peux vous quitter aujourd’hui sans vous donner des nouvelles de Betty, notre amie de Floride qui fait renaître le Pine Cone Quilt traditionnel dans le Vieux Sud. Elle a été pleinement impactée par l’ouragan Irma et a passé avec son mari plusieurs heures calfeutrée dans leur salle de bain. Elle était très nerveuse, terrifiée à l’idée de tout perdre de nouveau, comme lorsque son toit s’était envolé il y a 25 ans lors de l’ouragan Andrew. Jusqu’à la fin de charge de la batterie de ton téléphone, elle a communiqué, puis c’était le black-out. Elle a passé 8 jours sans eau courante ni électricité dans la chaleur et la moiteur, de l’eau infiltrée et des dégâts un peu partout… Un cauchemar, surtout pour ces personnes à la santé fluctuante. Il faut maintenant déblayer, jeter, réparer ce qui peut l’être, nettoyer, tout comme des dizaines de milliers d’autres sinistrés. Ils s’y attellent avec courage mais il faudra de longs mois pour retrouver une vie normale.
Quand les éléments se déchaînent comme cette année, on se sent tellement impuissants… Mes pensées à toutes ces victimes, et l’espoir que la série noire est enfin finie.
Pour terminer sur une note plus gaie, sachez que son quilt a gagné le 3e Prix dans sa catégorie lors de l’exposition qui se termine ce week-end au Museum of Florida History à Tallahassee !
Je n’ai pas eu la chance de pouvoir aller à Sainte-Marie-aux-Mines cette année, et pourtant j’ai été tellement tentée ! Deux hommes m’y attiraient – mais oui ! – l’Américain Luke Haynes et le Britannique Ian Berry.
De Luke, je ne dirai pas grand chose,j’avaisécrit un article quand j’avais découvert son expo de log cabins sur internet. Comme vous le savez, je suis fan des tissus de récup’ ! Il me tarde un jour de pouvoir me rendre à une de ses expos et de pouvoir mieux en parler !
De Ianen revanche, je peux en parler et comprendre la vague de superlatifs qui déferle sur Facebook depuis une semaine : fantastique, génial, extraordinaire ! Oui, ce jeune homme fascine. Sa gentillesse, sa patience nous séduisent évidemment, mais ce sont ses œuvres qui donnent de l’épaisseur à ces compliments. Alors je vous propose de lire ou relire des articles montrant des étapes de sa carrière déjà si remplie. Désolée, cela va vous prendre du temps, installez-vous confortablement !
Commençons par ses premiers tableaux publics, encore empreints d’enfance. Qui n’a jamais rêvé avec des dessins animés de Walt Disney ? Voyageons dans ce monde enchanté avec Ian, qui avait alors pris un pseudo, Denimu, par timidité je crois… Je me souviens de mon éblouissement en découvrant ces tableaux le matin de mon anniversaire, j’avais passé la journée à préparer cet article paru le lendemain ! Un beau cadeau que cette découverte 🙂 https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/01/13/inspiration-denim-denimu/
Un tableau a définitivement mis Ian tout en haut des jeunes talents artistiques, c’est le portrait d’Ayrton Senna. Un beau livre est entièrement consacré à cet événement et Ian a pensé mettre la Ruche des Quilteuses et mon article dans la liste de références internationales. Thank you so much Ian! https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/11/07/ayrton-senna-vu-par-denimu/
D’autres artistes que Ian sont fascinés par les infinies possibilités du blue jean, parmi lesquelles une Coréenne. Choi So-Young est fort talentueuse, mais elle reste dans l’appliqué-collé, alors que Ian explore les profondeurs, les mises en plans successifs qui rendent ses tableaux aussi extraordinaires. https://quilteuseforever.wordpress.com/2014/11/25/le-blue-jean-ailleurs/
Je n’oublie jamais d’évoquer Ian Berry, même si ses tableaux ne sont pas des quilts. C’est une ouverture naturelle puisqu’il s’agit de textiles ! Ici Marylin Monroe sous tous ses angles, notamment en denim donc : https://quilteuseforever.wordpress.com/2015/03/18/poo-poo-pi-doo/
Puis quand j’ai lu la programmation de Quilt en Sud en mars pour le mois de mai de cette année, j’ai sauté de joie ! Je sais que plusieurs personnes se sont déplacées exprès pour Ian Berry. Bravo aux organisatrices ! https://quilteuseforever.wordpress.com/2017/03/31/ian-et-sheila-a-quilt-en-sud/ Curieusement je n’ai pas fait d’article après ma rencontre avec Ian, sans doute parce que je savais que Dominique allait publier un reportage dans Les Nouvelles n° 134 (tout juste publié), je ne voulais pas empiéter sur ce qui allait être écrit dans mon magazine préféré !
De cette journée magique, je garde l’assurance de son immense talent et le bonheur de son amitié. Alors voici quelques photos de cette si belle journée à Biarritz, prise par des amies ou moi-même :
En début de journée, Ian met la dernière main sur quelques détails de sa laverie… Oui, c’est un décor en 3D, impressionnant de réalisme et plein de surprises ! Au salon, tout est en denim… même les plantes en pot !Peut-être le tableau le plus incroyable de Ian Berry. Le réalisme est tel qu’on n’imagine pas, en voyant cette photo, tous les détails du travail intensif pour capter les jeux de lumière (admirez le carrelage), les moulures en passants de pantalon, et toute l’histoire qu’on peut imaginer autour de cette femme seule en haut de l’escalier, toute triste… Ne le jugez pas à la photo, il FAUT le voir en vrai ! Je sais que Ian a « souffert » en créant ce tableau, mais cela en valait la peine !
Ian Berry jouant le mannequin pour une créatrice qui fait des vêtements à partir de tapisseries au petit point. Sur lui, c’est sublime !Ian avec Suzy et moi-même. On attend que nos lessives soient prêtes !
Et voilà donc quelques photos souvenir de Biarritz, mieux vaut tard que jamais ! A présent, guettez d’autres blogs et magazines à la suite de son exposition à SMM, nous pourrons lire et voir encore bien d’autres choses sur Ian Berry qui n’a pas fini de nous enchanter.
Son actualité : dans la boutique Pepe Jeans de Londres dans la sélecte Regent Street, vous pouvez admirer une mise en scène de Ian Berry :
Comme un poste de contrôle montrant divers endroits surveillés par caméras, cet ensemble de tableaux (chacun une merveille de précision) est dans la boutique Pepe Jeans de Londres.Photo d’ici.
Ses projets le tournent à présent vers la Big Apple, New-York. Je suis impatiente de voir comment il nous présentera cette ville que j’aime tant, car je sais que son œil nous la montrera d’une manière unique !
Ian ne manque pas de matière première pour la suite…
Bonjour ☀,
Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Voici la suite et fin de mon exposé sur deux mouvements artistiques qui s’articulent autour de la Première Guerre Mondiale.
Le style arrondi, féminin, alangui de l’Art Nouveau a vécu. Après le traumatisme de la Grande Guerre, on voulait tourner la page et aller vers du neuf, du différent, du moderne en mouvement. Le monde a un désir d’ordre, de sobriété, de symétrie. Des prémices de cette orientation se voyaient déjà dès 1910 mais c’est vers 1925 qu’explose cette esthétique, d’où son nom Art 1925 jusque dans les années 1960. Ensuite on commence à dire Art Déco. L’Art Déco est masculin, qui va d’une sobriété élégante à l’étalement d’un luxe affiché.
Contrairement à l’Art Nouveau, l’Art Déco aime les lignes droites et la symétrie ! Intersections, triangles, octogones (carrés aux angles coupés) sont les figures géométriques typiques de l’époque.
Nos villes françaises sont riches en exemples architecturaux, car on a beaucoup construit pendant les Années Folles. Je ne résiste cependant pas à vous montrer comme exemple Art Déco le building Chrysler de Manhattan :
Malgré tout ce que je viens de vous dire, les arrondis existaient bien dans l’esthétique des années folles (les années 20), et surtout dans les années 30. Souvent les maisons ont des fenêtres-hublots, les immeubles sont des proues à l’angle de deux rues : c’est l’esprit-paquebot. Nous sommes au temps où on traversait l’Atlantique non seulement pour l’émigration définitive ou le commerce, mais aussi pour le plaisir… mais pas encore en avion de ligne !
Avant sa déportation, Simone Veil habita ce grand bâtiment blanc de Marseille construit en 1931.L’arrondi rappelle la proue d’un paquebot, les balcons évoquent les coursives (voir ce blog)
Les affiches de spectacles sont Art Déco ou cubistes, montrant le dynamisme de ces Années Folles, l’envie de profiter de la vie moderne sous le signe du mouvement :
Après avoir voulu caractériser l’Art Déco, je ne peux m’empêcher de nuancer tout cela. L’Art Déco c’est aussi et surtout un état d’esprit. Tout comme pendant l’Art Nouveau, l’Art Déco était l’expression des jeunes artistes qui bouillonnaient d’idées novatrices. Ils étaient farouchement contre le « modernisme » de l’époque… Difficile de suivre presque 100 ans plus tard ! Le mouvement moderniste (terme très ambigu qui peut se mettre à toutes les sauces) valorise dans l’entre-deux guerres tout ce qui est fait par la machine, « ingéniérisé », en un mot fonctionnel. Pas du tout glamour, dit comme ça ! On l’appelle aussi le Mouvement International en matière architecturale. Pourtant ce modernisme était l’affaire d’architectes féconds et géniaux comme Le Corbusier, du Bauhaus en Allemagne et d’avant-gardistes comme Mies van der Rohe, déjà cité dans la Ruche ici. En littérature, le modernisme c’est le refus des conventions, le scepticisme, l’existentialisme, un grand pan de notre littérature du XXe siècle.
Pendant ce temps, l’inquiétude grandit avec la montée du national-nationalisme allemand. Art Déco et Art Moderniste sont mis dans le même panier par Hitler qui parle d’art dégénéré. Il n’a sans doute jamais digéré son éviction de l’Ecole des Beaux-Arts de Vienne (voir le roman d’Eric-Emmanuel Schmidt La part de l’Autre).
On ne peut évoquer cette période sans parler de la crise économique qui fait suite au Jeudi Noir, le krach de la bourse new-yorkaise le 29 octobre 1929. L’insouciance, le faste des années folles est coupée net aux USA et impacte l’Europe également. J’en avais parlé à propos de l’Exposition Universelle de Chicago en 1933.
Les femmes et l’Art Déco
Pendant cette période, la plupart des pays donnent le droit de vote aux femmes. La France est notoirement en retard.
Un duo de femmes, Marguerite Mareuse et Odette Siko, participent en 1930 aux 24 Heures du Mans et finissent 7e avec une Bugatti Type 40. Même sans droit de vote, les femmes grignotent les prérogatives naguère masculines.
La mode est la grande affaire de l’entre-deux-guerres ! Paul Poiret, Jean Patou, Gabrielle Chanel et d’autres contribuent à libérer la femme de leur corset-carcan, de leurs robes longues jusqu’aux pieds, les cheveux sont coupés… Certaines jouent à la garçonne. La femme s’émancipe tous azimuts, mais il faut reconnaître que ce sont surtout les citadines.
La femme s’affirme et devient aussi une cible publicitaire ; elle travaille souvent, a un pouvoir d’achat… Dans la période Art Nouveau, la femme n’était encore qu’un faire-valoir décoratif et le message était destiné aux hommes.
Bérénice Béjo dans The Artist (film français de 2011)
Les motifs textiles ou de papier peint sont très graphiques, parfois japonisants.
Les bijoux Art Déco sont rarement discrets ; ils rappellent parfois l’Egypte ancienne ou d’autres civilisations disparues. Quand le moderne rappelle l’antique…
Et les quilts ? Pendant cette période, on faisait beaucoup de quilts parmi lesquels les assiettes de Dresde, les éventails qui rappellent ce mouvement artistique, sans s’en revendiquer clairement. Les quilts Art Déco sont peut-être plus nombreux de nos jours ! Cependant il y en avait de superbes lors de l’exposition de Chicago en 1933 ; malheureusement, c’est un « moche » qui a gagné le grand prix !
Voici quelques quilts dans l’air du temps, en 1933, exposés à Chicago :
L’indispensable livre pour tout connaître de cette Exposition Universelle, fait par M. Waldvogel et Barbara Brackman.
Et voici des quilts de style Art Déco faits après cette période :
Quilt des années 1980, Laura Barnes (Quilt Study, Nebraska)Déco par Lee Vause, 2015, Australie (vu ici)Bloc qu’on dit traditionnel à présent (= d’avant la seconde guerre mondiale), très représentatif de l’Art Déco. Exposé la semaine dernière en Suisse.Ce livre de Don Linn peut vous aider à faire vous-même un quilt Art Déco !
La mouvance des Quilts Modernes favorise la création de quilts de style Art Déco, l’esthétique s’y prête. C’était d’ailleurs un thème proposé aux quilteuses en Suisse cette année. Je vous convie à découvrir chez Luna Love Quilts les quilts Art Déco faites par nos amies helvétiques, à voir en fin d’article (clic).
Opalescence, de Sophie Zaugg.A vrai dire, j’ai tellement aimé ce quilt et le thème de l’exposition que c’est ce qui m’a incité à écrire ces deux articles ! Art nouveau et Art déco étant souvent confondus, c’était l’occasion…Ce logo n’est-il pas à la fois moderne et Art Déco 🙂 ?…
Cette incursion dans les arts du passé vous donnera peut-être envie de revisiter ces styles en quilt ! A très bientôt, Katell🐝
Bonjour ☀ et bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Une belle partie des quilts exposés à Lacaze sont partis dans le Kent avec Lucy pour faire vivre le Projet et contribuer à convaincre les décideurs d’octroyer des lieux d’exposition ; ce fut fait hier à Rochester, avant-goût d’une grande exposition qui aura lieu au premier trimestre 2018, avec de nombreux quilts en cours de fabrication en Angleterre.
En raison de la catastrophe humaine et économique dûs à Harvey, je ne sais pas si le Quilt-Festival de Houston aura lieu cet automne. Nous saurons prochainement si cet événement, le plus important du monde du patchwork, pourra avoir lieu. Dans ce cas, une exposition de 30 quilts du Projet 70273 (parmi lesquels plusieurs de Lacaze) est programmée, c’est une formidable consécration pour le projet initié par Jeanne Hewell-Chambers !
Gente Dame à Rochester. Merci à Lucy Iles Horner pour ces belles photos !
J’ai reçu beaucoup de témoignages positifs concernant l’article paru dans le magazine Les Nouvelles (France Patchwork), merci à toutes celles qui ont rendu cette parution possible. Rappelons que c’est Chantal Baquin qui rassemble les blocs à présent.
Vous pourrez déposer vos quilts, middlings ou blocs à l’accueil à Sainte-Marie-aux-Mines dès demain.
Middling de Vivianne Paupert réunissant 331 paires de croix.
Tous les détails de ce Projet se trouvent sur les pages de ce blog, à cliquer ci-contre ou au-dessus de la photo d’accueil ou encore ici.