Les quilts en pomme de pin de Miss Sue & dear Betty

Il est des modèles de quilts dont on connaît l’origine, celui dont on parle aujourd’hui n’est pas facile à retracer avec certitude, d’autant plus qu’on en trouve des variantes aussi bien chez les Indiens d’Amérique qu’au fin fond de la Thaïlande ou de la Chine ! C’est donc une façon d’utiliser le tissu qui est intuitive, ce n’est pas compliqué puisque la base est un simple carré de tissu plié. On le connaît sous le nom de point de prairie quand on l’utilise en bordure ou en accent décoratif.

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Ce quilt Pine Cone de Betty Ford-Smith témoigne d’un savoir-faire presque perdu. Exposé en 2006 à Lake Placid (Floride), il gagna le Prix du Public. C’est le deuxième qu’elle a fait, sous l’oeil bienveillant de Miss Sue.

C’est un Pine burr ou Pine Cone quilt quand l’ouvrage n’est composé QUE de points de prairie disposés en cercles. Son aspect décoratif est très prisé et son origine est revendiquée à plusieurs endroits. C’est devenu le symbole de l’Etat de l’Alabama. Ici une page Pinterest sur ce thème, montrant beaucoup de variantes au fil du temps.

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Ici une fière Indienne pose en costume traditionnel (revisité !) de la tribu Lumbee en Caroline du Nord. Ils utilisent ce motif en tant que modèle d’origine indienne, on les retrouve actuellement en bijoux et autres objets d’inspiration native.
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Les plumes de rapaces étaient communément utilisées en coiffes et en bijoux par les Indiens. Ici une plume de faucon. Quand on les dispose en cercle, je trouve qu’il y a une belle ressemblance avec les quilts Pine Cone !
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Vous comprenez mieux ce que je veux dire ici ! Les Indiens Lumbee s’attribuent l’origine de ces quilts en raison de maints objets et dessins en cercles qui font effectivement penser à ces quilts.
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Mais c’est la pomme de pin comme son nom l’indique, qui est l’inspiration la plus évidente. Cette forme de quilt est en tout cas issue de la Nature !

Dans le Vieux Sud, en Géorgie comme en Caroline du Nord et du Sud, en Floride comme en Louisiane, en Alabama ou au Texas, on fait des quilts en pomme de pin depuis bien plus de cent ans, certains disent même depuis 200 ans. Je vous en avais déjà parlé ici. C’est d’ailleurs grâce à cet article que LeeAnn m’a mise en relation avec Betty… et que Betty a accepté de me faire confiance et de me raconter ses passions.

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Le premier quilt de Betty est ici dans son magasin d’antiquités, Miss Ruby’s Den (baptisé d’après le nom de sa chère maman). On voit aussi des poupées de tissus qui ont attiré mon attention : Betty les a faites en 1980. Ce sont les dernières qui lui restent, elle en avait fait beaucoup quand elle s’occupait d’enfants déficients auditifs. Elle les a appelées « Betty long legs », Betty aux longues jambes !

Vous avez vu les quilts utilitaires très variés de Miss Sue, parallèlement elle faisait aussi des Pine Cone quilts.
Miss Sue
a appris dès son enfance à faire ce genre de quilt, car sa mère, sa grand-mère en cousaient déjà. Les Pine Cone quilts donnaient la possibilité d’utiliser des petits carrés de toutes sortes de tissus qu’on ne peut utiliser ailleurs, c’est l’ultime recyclage. Chez Miss Sue, tous les bouts de textiles pouvaient finir en carrés, mis dans diverses boîtes pour assortir les couleurs. Plus le quilt grandit, plus il faut de tissus du même genre pour pouvoir faire le tour ! Parfois, un quilt restait en plan par manque de tissus. De temps en temps aussi, elle arrêtait pour que ses doigts guérissent, tant la couture de ces carrés en quatre épaisseurs (plus le tissu de fond) est une épreuve ! Les aiguilles finissent par faire des trous dans les doigts, qui n’a pas connu cela en quiltant ?… Sans compter la raideur des épaules, à force de tourner le quilt de plus en plus lourd…

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Miss Sue commence un Pine Cone Quilt. Celui-ci sera très coloré !
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L’ouvrage a bien avancé. Les cartons pleins de petits carrés déjà découpés sont à côté de son fauteuil.
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Ces quilts sont montrés dans les classes en tant que pièces patrimoniales (heritage works), car il ne reste plus grand monde à faire ce genre d’ouvrage !

Par souci de transmission de son savoir tout autant que par plaisir, Miss Sue a donc enseigné à Betty comment faire un quilt en forme de pomme de pin. Betty s’est si bien piquée au jeu qu’elle vient de terminer son troisième, tout vert, que voici !

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Ce quilt est tout est vert, rappelant la Saint-Patrick (fêté le 17 mars un peu partout aux USA). Elle l’a terminé fin novembre, ce qui tombe bien car les couleurs sont parfaites pour Noël aussi !
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J’admire ici comment les tissus sont judicieusement choisis pour faire un magnifique camaieu. Je vois aussi que certains tissus sont de beaux batiks et autres étoffes de belle qualité !

Pourquoi ce genre de quilt a-t-il eu autant de succès ? On a besoin de tant de temps et de tissus !

– Cela permet de ne rien jeter, c’est déjà une excellente raison. Les dimensions des carrés peuvent différer, mais c’est souvent de l’ordre de 3 inch de côté (7,5 cm). On peut cependant choisir une base plus grande ou plus petite.

– L’autre bonne raison est que chaque morceau étant finalement en 4 épaisseurs + la base sur laquelle sont cousus les carrés, ce quilt procure une grande chaleur même en l’absence de molleton (beaucoup d’air est emprisonné, formant une couche isolante). C’est le but premier d’un quilt, donner chaud ! Mais attention au poids final : celui que vient de terminer Betty, vert en l’honneur de la Saint-Patrick et des Vétérans, pèse 13 kg !!! Il mesure tout de même 2,50 x 2,10 m.

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Dès qu’il fut fini (fin novembre de cette année), Betty le posa sur son lit. Si on l’utilise en couverture, on ne se sent pas écrasé comme si un éléphant se posait sur soi car le poids est bien réparti et il diffuse une bonne chaleur réconfortante. C’est pourquoi ce genre de quilt a eu tant de succès dans le Sud où les maisons étaient souvent sans aucun chauffage d’appoint.
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Magnifique en tapis aussi !

 

A présent, maintenant que Miss Sue n’est plus, Betty souhaite ardemment que survive ce savoir-faire. Elle l’a enseigné à son tour à 4 personnes, mais toutes ont laissé tomber, par manque de temps, d’intérêt, de pugnacité. C’est ainsi qu’elle trouva l’article de LeeAnn sur internet qui, elle, en a fait un à la machine à coudre et explique sa méthode ici. LeeAnn est, comme moi, très intéressée par toutes formes de quilts aux formes oubliées afin de leur redonner vie !

Je n’ai pas vocation à faire ici un catalogue de tout ce que Betty peut vendre ou exposer (elle a d’autres collections tout aussi impressionnantes que les drapeaux vaudou, notamment des masques africains), mais si, aux Etats-Unis, quelqu’un est intéressé, n’hésitez pas à la contacter ici : misssue98@yahoo.com (attention, il y a bien 3 s à la suite !) . Le quilt vert, par exemple, est en vente sur ebay, mais comment le faire connaître ? Même de loin, j’espère contribuer à sa vente, qui sait… Sa boutique en ligne montre en tout cas qu’elle est considérée comme une vendeuse exemplaire, cela ne peut que donner confiance à un acheteur éventuel.

Cependant j’aimerais insister sur le livre que Betty vient d’écrire :

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Il est prêt à être imprimé, mais les coûts par exemplaire sont importants. Elle y raconte bien plus que tout ce que j’ai pu vous dire, accompagné de plus de cent photographies. Il y a aussi tous les conseils pour réussir un Pine Cone quilt à la main. Si quelqu’un peut lui donner un coup de pouce pour l’édition, ce sera son plus beau cadeau de Noël ! Même adresse de contact :
misssue98@yahoo.com

C’est avec cette belle histoire d’amitiés entre femmes que je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année, à vous tous qui me lisez fidèlement ! Car il faut parfois du courage pour s’attaquer à mes longs posts, je sais bien !…

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Ici les explications pour faire des pommes de pin en tissu… à défaut d’un quilt pour Noël !

 

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… et à l’année prochaine !

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Des quilts en Floride

Il est des périodes durant lesquelles tout est cadeau. Les si gentils commentaires accompagnant mes posts en font grandement partie, merci aux lecteurs d’ici et d’ailleurs ! Je suis aussi émue par le bel hasard qui vient de me faire gagner un quilt de Sujata, et soyez certains que vous entendrez parler ici des quilts faciles, et aussi des quilts non conventionnels au cours de l’année prochaine… Je viens également de recevoir des mails enchanteurs de Floride, comme un cadeau de Noël, et c’est ce que je vais partager avec vous en cette fin d’année.

Cela me touche infiniment d’entrer en contact avec des personnes très différentes de moi et de sentir une mutuelle bienveillance, une confiance entre nous. C’est ce qui vient de m’arriver grâce à l’intermédiaire de LeeAnn de Seattle, encore et toujours ma bonne étoile ! Mais avant de vous présenter Betty et son amie Miss Sue, des quilteuses bien sûr, passons un moment ensemble dans leur Etat, la Floride.

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De France, nous voyons la Floride au cinéma, à la TV : si vous êtes de ma génération, vous en connaissez Flipper le Dauphin, les Everglades et aussi Disneyworld, Cap Canaveral et la Nasa, les flics aux lunettes de soleil, les belles nanas, les fêtes… Un méli-mélo forcément réducteur !

Boys W/Dolphin In Scene From "Flipper"
Ces jeunes garçons débrouillards aidés par le dauphin Flipper sauvant des personnes en détresse me firent passer de belles heures devant la TV ! J’aimais bien quand les jeunes désobéissaient à leur père… pour la bonne cause ! Les balades en hydroglisseur dans les marécages des Everglades étaient impressionnantes. Je n’ai revu aucun épisode depuis les années 60, je serais peut-être déçue alors je garde mes beaux souvenirs intacts… Autres séries animalières de mon enfance : Daktari, Skippy le kangougou…

Socialement, cet Etat fait le grand écart entre les très riches et les très pauvres, les actifs et les très nombreux retraités en quête de soleil (comme une partie de la région PACA) et d’une fiscalité avantageuse, avec aussi de nombreuses communautés qui se côtoient tant bien que mal…
Cette péninsule, très vite occupée par les Espagnols (nous ne sommes pas loin de là où Christophe Colomb atterrit la première fois, sur l’île de Saint-Domingue/Haïti), continue d’être largement hispanophone avec, en particulier, une grande communauté cubaine.

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En tant que quilteuse, quand je pense à la Floride, je pense bandes seminoles ! Comme leur histoire est plutôt méconnue en France, permettez-moi de vous faire un peu mieux connaître les Creeks.

Le peuple Seminole est issu des tribus CREEKS, originaires du grand sud-est du territoire des actuels Etats-Unis. Après une série de guerres contre les militaires des Etats-Unis (dites « guerres Seminole », au cours desquelles ces Indiens montrèrent une grande bravoure), ils se séparèrent en plus petits groupes. Dans les Everglades, marécages du sud de la Floride où personne d’autre ne voulait vivre, certains se régugièrent mais ne se soumirent jamais au gouvernement US : ils se nomment eux-mêmes « le peuple jamais conquis ». Ils étaient composés principalement d’Indiens, mais aussi de Noirs ayant fui l’esclavage et de quelques Blancs rebelles.

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The Seminole : patchworkers of the Everglades, livre paru en 2000.

 Le mot « seminole », écrit pour la première fois dans un texte officiel en 1771, viendrait du mot espagnol cimarron, signifiant domestiqué revenu à l’état sauvage. Après la dernière guerre seminole en 1858, ils s’installèrent dans une vie familiale proche de la Nature, construisant des cabanes faites de bois de cyprès et de feuilles de palmes appelées chickees, faisant pousser du maïs, de la citrouille, des haricots, chassant les animaux sauvages. Pas de route dans leur pays, ils se déplaçaient en canoës, notamment pour aller vendre des peaux d’alligators et de serpents ainsi que des plumes d’oiseaux afin d’acquérir du sucre de canne, de la farine, des armes, du tissu de coton entre autres…

A chaque voyage pour faire commerce, ils rapportaient notamment du tissu de coton d’une seule couleur (ce qui était disponible ce jour-là). La fois d’après, c’était un autre bain de teinture, une autre plante utilisée… Les femmes conservaient le moindre petit morceau et décoraient les vêtements avec des petits bouts appliqués. C’est une société dans laquelle rien ne se jette ! Donc avant le patchwork de bandes, ces femmes faisaient de l’appliqué, toujours dans un esprit d’utilisation des restes avec l’idée d’embellir.

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Photo des années 1920 – Bibliothèque digitale des Everglades

 

A la fin du 19e siècle, d’après les archives de la célèbre marque SINGER, le marché de la machine à coudre était saturé dans la majeure partie des Etats-Unis (mais oui !!), et donc des vendeurs s’aventuraient vers l’extrême sud pour conquérir de nouveaux clients. C’est ainsi qu’un de leurs meilleurs vendeurs, James Willson, convainquit les Seminoles d’acheter des machines à coudre à manivelle – pas d’électricité dans les Everglades 😉 ! Grâce à ces machines, les femmes ajoutèrent des bandes décoratives sur tous leurs ouvrages, en particulier les vêtements. Très vite, elles devinrent expertes en coupe-couture-recoupe et inventèrent des techniques utilisées de nos jours en patchwork moderne. Ces femmes étaient souvent remarquées par leurs belles coiffures, leurs bijoux… Nul doute qu’elles étaient coquettes et voulaient porter les plus beaux patchworks possibles !

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La première particularité du patchwork seminole est d’être composé de bandes et non de blocs. En général, les tissus utilisés sont unis, contrastés et vifs, coupés en bandes, assemblés puis recoupés à 90°, 45° ou exceptionnellement d’autres angles, et enfin recousus après avoir été décalés et repositionnés. C’est un bon exercice pour les neurones ! Après quelques simples motifs, elles inventèrent d’innombrables dessins, la plupart remplis de symboles.

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Superbe jupe léguée au musée Ah-Tah-Thi-Ki. musée seminole. Couturière anonyme.

 Les bandes piécées sont ensuite très faciles à assembler en pile. Tout au long du 20e siècle, les Seminoles se vêtirent avec ces patchworks : il n’était pas rare, encore dans les années 60, de rencontrer des personnes vêtues en patchwork (des blouses masculines aux larges manches bouffantes, de longues jupes froncées pour les femmes) en plein centre de Miami ! A présent, cela devient plus folklorique et réservé aux lieux touristiques.

Quelques photos issues du State Library and Archives of Florida (archives nationales) :

Robert Billy and his family Deaconess Bedell posing with Miccosukee Indians at their camp Seminole Indians gathered under a chickee

Cette sorte de patchwork reste une grande fierté culturelle et un produit de qualité largement vendu aux touristes. Ces fiers Indiens continuent d’exister en Floride !

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Très beau top seminole d’Isabelle. Ici quelques imprimés se trouvent avec une majorité de tissus unis.

Le graphisme est très moderne pour nous occidentaux, alors que pour les Indiens ce sont des dessins déjà dans leur univers comme sur des poteries, en tissage de fils, de branches ou de perles. N’oublions pas que ce que nous appelons modernisme commença par la reconnaissance des qualités artistiques d’objets « venus d’ailleurs »… Des impressionnistes admiraient l’épure des estampes japonaises, Picasso secoua la vision esthétique avec les Demoiselles d’Avignon, première oeuvre cubiste, aux femmes ayant des visages inspirés de masques africains…

En complément sur les techniques de bandes seminoles, vous pouvez lire l’article de Denyse Saint-Arroman ici.  Elle a aussi fait un livre très précis en français sur l’art du patchwork seminole, la contacter sur son blog si vous souhaitez l’acquérir.

Les bandes faites en technique seminole sont très utiles pour faire des bordures, mais aussi des quilts entiers qui peuvent s’éloigner visuellement du monde des Indiens :

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Extraordinaire utilisation de bandes seminoles par Bartonbaker (photo Pinterest)
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Brenda Gael Smith, quilteuse australienne de grand talent faisant partie du groupe international Twelve by Twelve, a repris l’esprit du patch seminole tout en se référant ici à l’art aborigène et à la puissance des rêves… Superbe réalisation ! (Photo Pinterest)

 Et pour finir, dans un magazine 100 Idées de ma jeunesse, Cosabeth Parriaud avait fait un superbe quilt en technique seminole. Il fut repris par une quilteuse de Haute-Garonne :

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Un vrai sampler de techniques seminoles exposé à Cazères (31) ! Une Centidéaliste retrouvera peut-être ce modèle des années 80 !

Inspiration sans frontière…

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Nous partirons donc en Floride la semaine prochaine à la rencontre de Betty Smith et Miss Sue !  Dépaysement garanti 🙂

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Mise à jour
En complément de cet article, Odile vient de me transmettre ces liens très intéressants sur la présence des machines à coudre chez les Seminoles :

– un texte en anglais, avec de belles références photographiques, sur l’expansion des machines Singer au XIXe siècle : http://www.singermemories.com/cast-characters-singer-salesmen/ (le même lien que dans le texte ci-dessus)

– des photos de Seminoles du passé et du présent, utilisant une machine à coudre :
https://www.floridamemory.com/items/show/63761
https://www.floridamemory.com/items/show/255944
https://www.floridamemory.com/items/show/119555
https://www.floridamemory.com/items/show/123972

Odile, mille mercis !

Marti Michell, le cœur sur la main

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Marti Michell est une adorable dame, toute fraîche et mignonne. Ce n’est pas la personne la plus connue actuellement dans le monde du patchwork, et pourtant nous lui devons tant !! Je vais simplement évoquer ce qui leur revient, à elle et son mari Richard, son compagnon de vie et de travail…

A la fin des années 60, Marti, jeune maman, commença à proposer des cours de couture. Parallèlement, elle aimait faire du patchwork et constata l’intérêt de ses élèves pour ses ouvrages, avec l’idée frémissante qu’après tout le patchwork n’était pas si ringard que ça et que cela faisait du bien de renouer avec les racines des grand-mères ! Très vite, le couple se rendit compte que les personnes cherchaient plus des kits de tissus et de modèles que des cours. Car dans les magasins de tissus, c’était le règne du polyester et des étoffes tricotées (dont on fait les tee-shirts par exemple). C’est donc ce couple qui, à partir des années 70, s’est démené pour offrir de nouveau des tissus de coton à la coupe, puis demander aux fournisseurs du molleton en grande largeur, etc. Tout ce qui nous est disponible et évident de nos jours ne l’était pas alors ! Ils sont devenus connus dans tous les Etats-Unis comme fournisseurs majeurs de matériel et de kits de patchwork aux magasins de détail.

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Marti Michell au stand des Ouvrages de Nat à Sainte-Marie-aux-Mines, en septembre 2014.

Dans le dernier numéro du magazine Les Nouvelles n° 123 de France Patchwork, vous trouverez en page 59 un extrait de ce que m’a appris Marti Michell à SMM en septembre dernier. Rendez-vous compte, c’est elle qui a créé la révolution du patchwork en 1980 en concevant l’utilisation du cutter rotatif avec des règles en plexiglas !

S’ensuivit dans les années 1981-85 l’organisation de cours sur l’utilisation du cutter rotatif tel que conçu par Marti Michell et son amie Mary Ellen Hopkins : ce fut dès lors une formidable effervescence dans le monde du patchwork ! Cette conception de coupe convient pour le travail traditionnel mais surtout suscite de nouvelles techniques, de nouvelles envies… qui ont vite traversé l’Atlantique ! J’ai acheté mon cutter rotatif au Rouvray en 1989, c’est toujours le même que j’utilise. Increvable, mon cutter OLFA ! En janvier prochain, je vous conterai l’histoire de cet objet qui fête ses 35 ans…

Je tiens à remercier très chaleureusement Nathalie Delarge des Ouvrages de Nat qui a rendu cette rencontre possible.

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Photo empruntée à Cerise pourpre : prise à SMM, on voit deux couples au service du patchwork : Nathalie et son mari, Marti et son mari… Un accueil toujours chaleureux nous est réservé par eux quatre !

La passion continue depuis toutes ces années, les quilteuses du monde entier sont toujours à la demande de nouvelles idées… Cela tombe bien, Marti en a ! C’est au service des utilisatrices que Marti et son mari proposent des « facilitateurs » : tous ces objets, ces livres, ces kits qui permettent à chacune de réaliser de beaux quilts ! Ce sont en particulier les gabarits en plexi, extrêmement bien conçus (vous n’aurez plus de vilaines petites oreilles qui dépassent grâce à ces gabarits !), qui rencontrent leur public.

Ici en France, nous avons la chance d’avoir l’ambassadrice de charme de Marti en la personne de Nathalie Delarge. Tout comme Marti, elle est généreuse, patiente, infatigable, intelligente… J’arrête, je la vois rougir d’ici 😉 Et si vous avez des hésitations sur l’utilisation des gabarits ou que vous recherchez des trucs et astuces, courez voir les vidéos de Nathalie : elle vous explique TOUT avec clarté et brio !

Leur rencontre fut un coup de foudre. Leur collaboration est un succès durable. Que j’aime ces success stories ! 

Nat prépare du nouveau pour le mois de janvier : suivez-la sur Facebook et sur son blog pour ne rien rater !

ce n'est pas un mystère
Un des derniers tops de Nat, tout à la machine ! Les gabarits et la technique rendent possibles des assemblages à la machine incroyables !

J’ai gardé de ma rencontre avec Marti Michell un souvenir vif, empreint de respect envers cette dame à qui nous devons tant, mais aussi déjà de l’affection… Et puis elle m’a bien fait rire ! Sa petite blague en conclusion de notre entretien fut :

Le problème avec mes gabarits, c’est qu’ils sont très solides, ils durent une vie entière de quilteuse. Ce n’est pas bon pour le commerce ! Alors la prochaine fois, je me lance dans le commerce du chocolat !

Roderick Kiracofe inspire !

Ce nom vous dit-il quelque chose ? C’est que vous connaissez sans doute ce livre :

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Véritable « bible du patchwork », ce beau livre est une traduction de celui présenté ci-dessous, avec le sous-titre précisant que c’est une histoire (une encyclopédie !) du patchwork de 1750 à 1950 :

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J’ai le livre en anglais et c’est une de mes références fiables quand je veux vérifier que je ne raconte pas n’importe quoi dans mes articles ! Il est si facile de trouver sur internet une info maintes fois reprise… mais fausse. Si vous souhaitez un livre résumant les styles, les courants, les nécessités et les folies du patchwork, c’est celui qu’il vous faut. Avec une grande clarté, on y explique les états d’esprit des quilteuses, leurs sources d’approvisionnement – à la fois les tissus et les modèles. C’est un livre à lire et pas seulement à feuilleter pour ses magnifiques photos de quilts ! Certains sont connus, reconnus, d’autres sont beaucoup plus étonnants et peu académiques. Ce sont souvent ceux que je préfère !

On ne le trouve plus en librairie depuis des années puisqu’il fut édité en français en 1999 par Flammarion, mais il est souvent proposé d’occasion sur divers sites (amazon.fr, leboncoin, priceminister etc.)

Roderick Kiracofe est, vous vous en doutez, quelqu’un de passionné par le patchwork. Artiste, collectionneur, consultant, écrivain, c’est un expert reconnu et respecté. Sa passion remonte à son adolescence en Indiana, il se souvient de son attraction pour les objets trouvés dans les vide-greniers, vestiges des temps passés, chacun racontant son histoire… Déjà, les quilts l’attiraient…

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Non conventionnels et inattendus, les quilts américains passés inaperçus/qu’on ne connaît pas/inconnus du public/… 1950-2000. Quelle serait la meilleure traduction ?…

Son tout nouveau livre est unanimement acclamé comme un événement. L’aventure a commencé voilà douze ans : après une première vie de collectionneur-vendeur de quilts, Roderick a décidé de faire une collection… pour lui-même. Mais il s’est imposé des conditions : il voulait des quilts d’après les années 1940 qui comble son sens de l’esthétique.
Mais qu’y a-t-il donc dans les années 50 ou 60 ? C’est le vide sidéral dans tous les livres de patchwork. On considère que, jusque la réhabilitation des quilts grâce aux expositions de la collection Holstein à NYC en 1971 et à Paris en 1972, plus personne ne quiltait : c’était vieillot, la jeunesse avait bien d’autres choses à faire : consommer, danser sur Elvis Presley, consommer, conduire des voitures fantastiques, consommer, aller au cinéma, consommer… Années idylliques et insouciantes dans la mémoire collective !
Le nouveau livre de R. Kiracofe montre combien nous nous trompons ! J’attendrai 2015 pour vous en parler plus en détails, car tant est à dire ! Sachez cependant que les extraordinaires photos ne seront vraiment intéressantes que si vous comprenez l’anglais à mon avis… Mais c’est vrai que les quilts sont si beaux et parlent d’eux-mêmes… Ce livre comporte 10 essais de personnes très diverses, toutes passionnées par le patchwork, d’une rare richesse informative et affective et on a là une histoire contemporaine du patchwork absolument passionnante.

AVIS AUX EDITEURS FRANCOPHONES !

La collection de Roderick Kiracofe inspire les artistes d’aujourd’hui. Tout comme nous avons toutes ou presque eu envie de copier un quilt du 19e siècle, ma copine de Seattle a eu envie de copier un quilt anonyme -comme la plupart des quilts du livre- trouvé en Louisiane :

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Quilt de la collection de Roderick Kiracofe, bloc unique revisité des Marches du Palais. Quilt trouvé à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Fait en coton et gabardine, assemblé machine, quilté main au fil pourpre. Dimensions : 183 x 170 cm. D’après les tissus, on ne peut qu’estimer sa réalisation qu’entre 1950 et 1975 ! Manifestement, il est fait de vêtements recyclés plus ou moins anciens.

Elle a adoré travailler en « free-form », sans se soucier si sa coupe est bien droite, suivant son inspiration. Son quilt est un hommage à la quilteuse inconnue… et à Roderick Kiracofe !

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Allez voir d’autres photos sur son blog Nifty Quilts. Vous y verrez un détail surprenant pour le quilting à la main, issu d’une habitude pas encore parvenue en France 😉

Bravo LeeAnn, moi j’ !

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Quelques références :

Site Roderick Kiracofe
Okan Arts
– … et d’innombrables blogs américains célébrant chacun leur admiration pour ce livre !

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Sister in Purple and Blues

De Sisters en Oregon qui se trouve au nord-ouest des Etats-Unis, nous plongeons dans le « deep South », le Sud profond dans le sud-est des US,  états séparés puis réunis lors de la guerre de sécession (1861-1865). Cette grande région a en commun une histoire tourmentée et une culture distincte du reste des US.

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J’ai lu ce livre en 1980 alors que j’habitais en Côte d’Ivoire. Il m’a profondément touchée… Alex Haley, Roots (Racines) 1976, prix Pulitzer.

Cette région est marquée dès le début par son activité agricole et l’utilisation d’esclaves en tant que main d’oeuvre. Les premiers Noirs (une vingtaine) furent débarqués dès 1615 à la suite d’un déroutage d’un navire négrier espagnol par des Hollandais. Puis progressivement le honteux commerce triangulaire s’installa alors que les besoins en main d’oeuvre s’intensifiaient dans les champs de tabac, de riz, d’indigo, de canne à sucre ou de café, le coton ne devenant la culture principale qu’en 1790. Au total, 600 000 Africains furent ainsi déportés vers les territoires des Etats-Unis (5 à 6 % de l’ensemble des Noirs venus d’Afrique vers le continent américain). 

A l’orée du XIXe siècle, il n’y avait presque plus de migration de l’Afrique vers les Etats-Unis, les Noirs étaient pour la plupart installés en familles dans les quartiers des esclaves dans de grands domaines, possédés par des maîtres blancs souvent plus récemment américains qu’eux. Ce n’était pas une belle vie, bien sûr que non, mais ils y avaient une famille, des habitudes, une installation, un homeland américain.

Mais alors vint la migration à l’intérieur du territoire avec l’expansion territoriale vers l’Ouest. Entre la révolution américaine (indépendance le 4 juillet 1776) et la guerre de Sécession, des historiens s’accordent à dire que c’est une période absolument tragique pour les Noirs, aussi traumatisante que le déracinement d’Afrique : brutalement séparés de leurs familles et des terres où ils vivaient depuis des générations, extrêmement maltraités par les passeurs et vendeurs puis leurs nouveaux propriétaires, environ un million d’esclaves  furent déracinés pour travailler plus à l’ouest. Cette période très violente fut le ferment  de tous les maux de la ségrégation raciale dans ces pays du sud et de la situation actuelle. J’ai bien sûr en tête l’actualité à Ferguson (Missouri). 

Pour mesurer toute la violence des combats successifs pour la reconnaissance d’une égalité de fait et les difficultés à vivre ensemble, même avec un Président des Etats-Unis métis (article Obama en quilts), on peut lire le livre de Nicole Bacharan Les Noirs américains : Des champs de coton à la Maison Blanche.

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Ce vieux Sud, si violent, est pourtant si attachant, berceau du blues et du jazz, lieu des plus jolies histoires… Laissons-nous porter par cette ambiance à nulle autre pareille…

color-purple-purpleCet été j’ai revu La Couleur Pourpre de Steven Spielberg de 1985, un des films qui réussit à égaler le roman d’origine (La Couleur Pourpre d’Alice Walker, 1982, prix Pulitzer). Steven Spielberg, homme blanc juif, a su capter comme personne l’essence du Vieux Sud et magnifier ces femmes noires chrétiennes, faisant de ce film un enchantement. Complètement invraisemblables sont les critiques essuyées par Spielberg à la sortie du film : que Spielberg ose s’attaquer à ce sujet semblait un affront pour certains, tant les tensions racistes et sexistes demeuraient aux Etats-Unis.
Malheureusement on le sait, ici, là et ailleurs violence et racisme ont la vie dure…

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D’ailleurs, les femmes de ce Sud, blanches ou noires, multiplement rabaissées, avilies, victimes de violences, savent lever la tête et font partie des héroïnes les plus touchantes de la littérature populaire américaine qui font de bons films ! Connaissez-vous Les beignets de tomates vertes, La couleur des sentiments, La vie secrète des Abeilles (Le secret de Lily Owens) ?… Sans parler de Gone with the Wind/Autant en emporte le vent, bien plus ancien et d’un autre temps… Moins féminin mais très instructif sur ce Vieux Sud aux relents toujours violents, le dernier livre de John Grisham (auteur prolifique ayant notamment écrit La Firme et L’Affaire Pélican) m’a tenue en haleine cet été avec L’allée des sycomores.

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C’est principalement dans ce vieux Sud qu’on trouve les quilts « afro-américains » devenus à la mode. Il s’en vend sur internet, parfois estampillés « slave-made », « fait par une esclave » ou autre fantaisie scabreuse… laissant sous-entendre « fait par une descendante d’esclave ». Car la plupart de ces quilts datent du XXe siècle, faits d’ailleurs indifféremment par des Noires ou des Blanches du vieux Sud qui partagent le même genre de vie de femmes malheureusement pauvres…

Attention aux amalgames encore une fois : « l’africanisme » n’est pas tout-à-fait ce qu’on croit. Il est prouvé par de sérieuses historiennes du quilt américain (en tête Leigh Fellner à ce sujet) que les esclaves des états du sud faisaient effectivement des quilts, mais avec les mêmes motifs et les mêmes tissus disponibles que les femmes blanches. Certaines étaient très douées pour manier l’aiguille et l’une d’elles, Lizzie Keckley, devint la couturière attitrée de Mrs. Lincoln, épouse d’Abraham Lincoln. Voir ici un article très complet sur cette dame (en anglais).

Non, tout ce qui est spontané, en bandes, de travers, coloré, rythmé, asymétrique etc., stéréotypes véhiculés par nombre d’études pas assez sérieuses, n’est pas obligatoirement afro-américain ! Toutes ces caractéristiques se trouvent aussi chez des quilteuses blanches (même les Amish, même les Galloises, même les Australiennes…).

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Ce quilt vient probablement de Pennsylvanie et les historiens le datent des années 1890. Il est actuellement au Speed Museum (Louisville, Kentucky), je l’ai vu sur Selvage Blog, blog toujours à la pointe de l’inspiration !


Cela ne remet aucunement en cause le talent de quelque artiste que ce soit, ni l’admiration qu’on peut avoir pour les quilteuses du hameau de Gee’s Bend en Alabama : simplement l’Afrique de leurs ancêtres n’avait pas alors les textiles caractéristiques qu’on lui prête… 

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Magnifique quilt d’Anna Williams de 1998. Cette grande artiste de Louisiane, née en 1927, inspire de nombreuses artistes contemporaines. Je ne suis pas sûre que la couleur de sa peau soit importante… Voir aussi l’article de Barbara Brackman ici sur l’influence déterminante d’Anna Williams dans le monde du quilting contemporain.


En revanche, il est évident que la quête des origines, oh combien compréhensible, mène de nombreuses Afro-Américaines à s’inspirer de l’Afrique des XIX et XXe siècles (qui n’est pas l’Afrique de leurs ancêtres des XVIIe et XVIIIe siècles), où effectivement on trouve les très colorés tissus WAX inspirés des batiks indonésiens.

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Quel chaleureux ensemble de tissus africains ! Photo prise… à Paris, voir ce blog.

Mais après tout, les rêves et les mythes sont parfois aussi importants que la vérité pure et dure… Presque tout le monde regrette que la belle histoire de l’Underground Railroad secret Code soit  fausse !

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Quelques motifs sont dits  « typiquement afro-américains » comme le Pine-Burr (ou Pine-cone) quilt,  présenté ces jours-ci par Karen Griska – Selvage Blog, elle-même inspirée par ma chère LeeAnn, Nifty Quilts. Mais les historiens ne sont pas tous d’accord, j’ai ici un texte sur un blog spécialisé émettant quelques nuances. Il n’en reste pas moins qu’il n’y a rien de tel pour vider les armoires de tous vos petits morceaux ! Attention, le résultat sera lourd, très lourd…

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Superbe Pinecone quilt datant des années 1930 (on voit que c’est la mode des pastels), présenté sur ce blog : Scraps & Threadtales . Il pèse environ 14 kg !

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Revenons à la Couleur Pourpre, le film.

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Whoopi Goldberg (Celie) est ici allongée sur un quilt noué tout simple, fait d’une alternance de carrés foncés et clairs, ouvrage parfaitement en accord avec le milieu social, le lieu et l’époque (état de Georgia, dans les années 1930).

J’y ai réentendu cette merveilleuse chanson de Quincy Jones, Rod Temperton & Lionel Richie : Miss Celie’s Blues (cliquez sur le titre pour 2 minutes 50 de bonheur !) que j’adore…

Sister, you’ve been on my mind
Oh sister, we’re two of a kind
So sister, I’m keeping my eyes on you…

miss celie's blues

J’aime fredonner ce blues (toute seule, car je ne veux pas offenser d’autres oreilles) en pensant à ma petite soeur qui ne s’appelle pas Celie mais Cécile… Vous saurez un peu plus sur ma petite Cécile très prochainement… mais oui, on y parlera patchwork aussi !

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L’esprit d’un quilt

Aujourd’hui, je vais peut-être me faire rabrouer, voulant casser un mythe encore bien ancré en France… auquel j’ai cru moi aussi dur comme fer !

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Ce quilt comporte un bloc « mal » fait sans intention préalable, comme beaucoup de quilts anciens. La symétrie étant rompue, cela se voit si on cherche ! Voyez ici ce qu’en dit la quilteuse

Toute quilteuse a entendu un jour en club ou en atelier, lorsqu’elle a fait une erreur dans un bloc : « soit tu le refais, soit tu dis que c’est ton bloc d’humilité »… et on entend l’histoire bien rodée de l’erreur faite par les quilteuses d’antan, amish ou pas, avec leur humility block placé intentionnellement car Dieu seul étant parfait, une quilteuse ne se permettrait pas de faire un quilt parfait. Mea culpa, je l’ai dit moi-même… et induit en erreur mes amies Abeilles ! Eh oui, ce n’est qu’un mythe à ranger aux oubliettes, désolée…

amish legeretJ’ai eu la puce à l’oreille à plusieurs reprises, notamment en lisant l’excellent livre de Jacques Légeret « Les Amish et leurs Quilts – Passé – Présent » chez Edisud (2005). Interrogeant une Amish dont le Log Cabin comprenait de surprenantes libertés (trois triangles blancs qui attirent le regard : c’est le quilt de la couverture du livre ci-contre), l’auteur entendit la réponse toute simple de la quilteuse : « Je les ai mis pour me faire plaisir« … Aucune référence à une quelconque crainte de Dieu !

Des historiennes américaines ont cherché l’origine de cette histoire de bloc d’humilité si largement répandue dans les livres des années 1980, les premiers de ma bibliothèque. Notre chère Barbara Brackman, l’indispensable référence, a trouvé la première allusion à cette idée de détourner « le mauvais oeil » dans un article datant de 1949. Elle associe cette idée avec les marchands de tapis orientaux qui justifient ainsi depuis des lustres les imperfections de leur marchandise…
Mais nulle part on ne trouve, ni dans des textes religieux, ni dans la tradition orale, ni dans la littérature, l’idée de faire exprès de mal faire pour contenter un Dieu ou calmer un diable… jusqu’aux écrits récents dans des livres et magazines sur le patchwork.

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Cette couverture de berceau montre l’assemblage hétérogène de quelques blocs et les teintes variées des noirs plus ou moins délavés. L’art de la récupération prime devant toute autre considération ! Quilt de la collection F & S Brown – Crib quilt de Pennsylvanie, années 1930.

Bettina Havig, autre historienne très fiable, a souvent questionné des quilteuses amish au sujet de ces blocs intentionnellement ratés ou mis à l’envers ou comportant une autre erreur quelconque… La réponse est en substance : on fait assez d’erreurs comme cela, on ne va quand même pas faire exprès d’en rajouter !! Mais aussi, elles restent très modestes quant à la beauté de leurs oeuvres, l’important pour elles étant de rester conformes à leurs principes de minimalisme et de frugalité –tout en réussissant à se faire plaisir en faisant quelques improvisations !

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Ce très beau quilt non amish est magnifique, avec ses multiples triangles et ses variantes de couleurs… Il fait partie de la collection de quilts anciens (fin XIXe siècle) de Bill Volckening, quilteur en Oregon. 
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Ce quilt comporte un bloc plein de « défauts » qu’on ne remarque pas tout de suite ! Si le carré bicolore du haut a pu être mal cousu sans faire exprès, les carrés avec le tissu gris ne peuvent être là par hasard. Et il manque 2 pommes rouges !… Cela participe très certainement à la joie de faire un clin d’oeil dans un travail aussi soigné et remarquable !

Autre historienne de renom, Leigh Fellner a réuni ici les recherches et arguments à ce sujet : le résultat est sans appel, le humility block est une invention de la 2e moitié du XXe siècle.

A mon avis, l’idée du humility block s’est développée parallèlement à l’intérêt qu’on a porté aux quilts amish. Les mots-clés de leur manière de vivre sont l’Ordnung et la Gelassenheit (lire le livre de Jacques Légeret cité plus haut), ce qui inclut en tout premier lieu l’humilité et la modestie… Il est dès lors facile de faire des amalgames…
Et puis, n
e trouvez-vous pas que c’est bien audacieux et condescendant d’accréditer cette histoire ? Si on est croyant, comment peut-on penser que Dieu pourrait « se faire avoir » ainsi, avec un bloc erroné fait exprès ?…

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Que regardez-vous en premier ?… Quilt de Pennsylvanie, 1880, collection Stella Rubin.

Cependant… Observez un quilt « parfait ». Tous les blocs identiques se succèdent sans variation… ni surprise. On peut admirer cette perfection, mais elle est parfois ennuyeuse ! Vous savez peut-être que je suis une fervente supportrice des scrap quilts pour cette raison essentielle qu’on  peut passer beaucoup de temps à les regarder et toujours trouver de nouveaux détails intéressants…

Et souvent, juste un changement de couleur ou de motif intentionnel quelque part dans un quilt traditionnel devient le focus du quilt. De même, on s’amuse de voir l’imperfection d’un quilt qui comporte un bloc mal assemblé passé inaperçu, ou bien que la quilteuse a vu mais n’a pas jugé utile de défaire et refaire… On brode ainsi une histoire sans jamais pouvoir la vérifier… mais quel plaisir d’imaginer cette quilteuse d’un autre temps !
Quelle qu’en soit la raison, l’erreur donne de l’esprit au quilt…  et on revient finalement à une dimension spirituelle !

don't drink and quilt
Boire ou quilter, il faut choisir ! Logo provocateur de ce blog

Log Cabin Forever

Comment ne pas parler de temps à autres du Log Cabin dans un blog dédié au patchwork ?

Umwälzung
Vous avez peut-être admiré ce quilt « en vrai » lors de la venue de l’artiste à Nantes au salon « Pour l’amour du Fil ». Cette trop pâle photo de livre montre un quilt qui me subjugue. Il est de Shizuko Kuroha, cousu de tissus japonais indigo et sarasa. On a traduit son titre en français par « Convulsions », mais le titre traduit en allemand suggèrerait plutôt « Bouleversement ». Cette oeuvre évoque le monde qui change, avec la chute du Mur de Berlin et la fin de l’URSS. Quilt fini en 1990.

 Alors que je vivais en Allemagne, j’ai vu dans un magazine des photos de quilts qui m’ont subjuguée. Je n’arrivais pas à comprendre comment c’était possible de faire ces log cabins « arrondis », « en volutes », cousus par Shizuko Kuroha au tout début des années 90… Je l’ai compris partiellement grâce à la Couronne de l’Avent.  Mais je ne vous ai encore jamais dit à quel point j’ai aimé trouver tous les secrets de ces blocs expliqués dans un livre français, ou plutôt deux ! Marie-Anne Suzanne (aujourd’hui malheureusement disparue) et Jocelyne Le Roy ont admirablement expliqué, en deux tomes, de nombreuses techniques modernes du patchwork découlant de l’usage du cutter : carrés bicolores, chaînes irlandaises, scrap-quilts en bandes, bargellos, voyages autour du monde… Toutes les bases et bien plus sont consignées dans ces superbes livres ! J’en ai un dans ma bibliothèque et les deux sont dans celle de mon club. Je m’y réfère encore souvent. Titre de ces livres depuis longtemps épuisés (à rechercher d’occasion): Patchwork machine I & II, éditions Flammarion/DMC. 

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Vous êtes sans doute nombreuses à avoir appris beaucoup de choses grâce à ce livre !
livre français
Les deux tomes écrits par Jocelyne Le Roy et Marie-Anne Suzanne sont une formidable encyclopédie du patchwork modernisé grâce au cutter rotatif. C’était la première fois, à ma connaissance, qu’un livre en français expliquait toutes ces formidables techniques. Peu de livres arrivent au niveau de ces grands classiques. Je n’ai que le tome 2, le premier ayant été édité quand j’étais encore en Allemagne… 
convulsions
Qui se ressemble s’assemble, dit-on… Andrée, qui fait partie des Abeilles de la Ruche, a fait ce panneau dans l’esprit de Shizuko Kuroha… Je l’ado-o-ore ! Il fut exposé lors de l’expo bleue de notre club. Très généreusement, Andrée l’offre en lot pour notre Loto de Balma… Qui donc repartira avec ce magnifique quilt le 23 mai ?… L’expo bleue se trouve ici et là.

Le thème du bloc du bloc du Log Cabin incite à évoquer inévitablement la vie des pionniers américains avec leur cabane de rondins. Un tout récent article sur ce sujet se déguste dans le magazine de France Patchwork Les Nouvelles Patchwork et Création Textile n° 120, quatre pages écrites par Christiane Billard qui récapitule avec talent et rigueur l’histoire du bloc. Inévitablement aussi, elle insiste sur le fait que cette esthétique est depuis si longtemps appréciée et utilisée… Lisez, relisez ces articles passionnants ! Ce magazine est réservé aux adhérents de l’association qui choisissent de s’y abonner.

Les chats, dans la Haute-Egypte, furent momifiés dans des bandelettes de lin placées de manière très décorative… qui ressemblent à nos fameux log cabin ! Dans un musée de Vienne, il y a quelques semaines, j’ai vu ceci:

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Kunsthistorisches Museum, Wien – Une momie égyptienne de chat, tout comme on en trouve dans d’autres musées, notamment à Londres.

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Je vous avais déjà parlé ici d’un livre qui est une sorte de « bible du log cabin »… Je peux vous annoncer d’ores et déjà la parution d’un autre ouvrage de référence, écrit en français (youpi !) par Denyse Saint-Arroman :

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Auto-édité, ce livre est de grande qualité, il bénéficie de la pédagogie et de la connaissance profonde de Denyse Saint-Arroman du monde du patchwork traditionnel. Si vous ne savez que demander pour la Fête des Mères…

Les chapitres se succèdent en toute logique, déclinant de manière très complète les techniques et variantes de ce bloc si polyvalent ! Je vous le recommande très chaleureusement. Pour vous le procurer, veuillez contacter Denyse, en attendant qu’il soit distribué plus largement : patchworkperlesbroderies (arobase) orange.fr

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Et puis, si vous souhaitez être « coachée » pour un ouvrage en log cabin,  rendez-vous chez Nathalie Delarge Dionis, c’est son nouveau thème, avec tout un ensemble de règles, de vidéos, un groupe de copines… Et pour faire partie du groupe, c’est par ici : https://www.facebook.com/groups/490697051031140/. Il y a du beau monde, bon amusement !!!

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Perspectives modernes dans le patchwork (3)

C – Des quilts aux blocs simples

Le style dominant de « Modern Quilting », celui qu’on voit fleurir partout  dans les nombreuses guildes de quilts modernes, sont des quilts simples, aux blocs bien définis, issus du patchwork traditionnel avec une touche spéciale, un esprit tonique, un détail amusant… Ils sont éclatants, avec beaucoup de lumière, de contraste, de couleurs franches. Comment vous faire mieux connaître ce mouvement majeur ? Vous pouvez déjà lire l’article d’Odile ici, plein de repères intéressants.

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Simplissime, ce quilt d’Amanda Jean, Up, Up and Away, nous a inspiré le Champ de violettes que vous pouvez voir ici.
neige et couleurs
Neige et Couleurs, de Fabienne Cabrolin, fait la part belle aux ovales, forme si peu exploitée en patchwork. Un quilting innovant au coton perlé, à la manière de Keiko Goke, ajoute la liberté des courbes auprès des tissus rayés. Une hardiesse récompensée par ce résultat très harmonieux ! Modèle dans Quiltmania n° 89 (Pois versus Rayures)

Qu’est-ce qui rend un quilt moderne et attractif pour les jeunes ? C’est la question de toute quilteuse qui a envie de faire plaisir, vraiment, à une personne d’une plus jeune génération. Comment voir dans ses yeux la vraie joie de recevoir cet objet textile que vous aurez mis des dizaines d’heures à préparer ?

zenchic
Très talentueuse, Brigitte Heitland conçoit des lignes de tissus et des modèles superbes. Son style est le moderne-urbain-chic ! Vous reconnaissez évidemment ici le thème du log cabin. Et pour info, le décor actuel du blog (bleu marine et blanc) est un tissu de cette artiste !  
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Outre ses ouvrages comme celui-ci, Brigitte Heitland partage sur Facebook de nombreuses photos de quilts qu’elle trouve au cours de ses balades… Beaucoup de belles découvertes !
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Butterflies Quilt, par Sarah Nishiura (Chicago). En vente $ 850. Le marché existe aux Etats-Unis !

 

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Toujours d’Amanda Jean, ce Log Cabin montre des envies de fantaisie et fait la liaison avec les quilts de la catégorie précédente. Les quilts arc-en-ciel ont eu beaucoup de succès récemment, avec un fond blanc ou gris. 
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Magnifique top de Lee Chappell qui, sur un vaste fond rouge, a appliqué « des cailloux » à la main (modèle de Kathleen Baden), tandis que Ginabean l’a sublimé avec un quilting à la long arm (machine à quilter professionnelle).

 Avec ces ouvrages, vous constatez l’importance des fonds, « les espaces négatifs » comme on les appelle ! Ils sont des surfaces propices pour des quiltings chargés, complémentaires au patchwork et partie intégrante de l’attractivité du quilt, faits à la machine la plupart du temps.

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Ce modèle est en vente ici. C’est une tendance lourde de pouvoir acheter, pour un prix plus ou moins modique, des fiches PDF. Cela permet aux quilteuses de recevoir une petite rémunération pour leur travail.
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Modèle offert par le vendeur des tissus unis de qualité Kona Cottons (Robert Kaukman)

Quant aux tissus… D’abord, sauf exception, oubliez vos chers tissus de reproductions textiles du XIXe siècle, vos japonais taupe… Observez l’aménagement de l’appartement de votre jeune personne : si c’est très IKEA, il faut lui faire un quilt de look… Ikea ! A vous les imprimés des années optimistes (années 50-60-70), les bases blanches (et non pas écrues), des tissus contrastés ou au contraire en sourdine, les imprimés exotiques ou vintage… et ne cherchez pas la difficulté ! Des blocs simples, parfois un seul bloc surdimensionné attirera le regard et l’admiration de votre jeune. La plupart de ces quilts ont des angles bien nets et définis.
Simple ne veut pas dire que vous allez vous ennuyer… Regardez encore ces quelques exemples :

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100 petits carrés par bloc, on ne peut pas dire que ce soit difficile… mais quelle patience tout de même ! Quilt d’Audrey, Colorado. Ici encore l’esprit « arc-en-ciel » !

 

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Cette immense étoile remplit tout le quilt ! Avec son fond beige, c’est une exception dans le monde des quilts modernes. Les tissus proviennent d’une gamme d’influence asiatique (Indie, par Pat Bravo). Pour en savoir plus, cliquez ici. Et voyez la galerie de quilts de cette artisteAmy Smart, typiquement dans le style « quilts simples et toniques »! Observez également le quilting, part intégrante d’un patchwork moderne.
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Wee Animal Quilt, par Dani Miller. Toute quilteuse avertie constate que ce quilt n’est pas très difficile à reproduire… mais quelle bonne idée pour un enfant !
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Flocking chevrons par Natalie Rawli. Beaucoup de jeunes quilteuses aiment la tendance exubérante et exotique, indienne ou bohémienne… Les tissus sont magnifiques ! Et les chevrons sont très à la mode, ils se déclinent souvent avec des tissus blancs, gage de modernité.
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Tout comme les chevrons, les blocs de « briques » sont très à la mode. Ici celui de Rachel, Stitched in Color.

 

 

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Bien que simplissime, on voit ici la tendance de l’arc-en-ciel ainsi que l’esprit « bohème-chic » d’Anna-Maria Horner.
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Ici Anna Maria Horner dans son univers bohème-chic lors d’un salon. 

Je trouve certaines de ces tendances très comparables au phénomène Kaffe Fassett qui commença quelques années avant l’an 2000 : l’utilisation de blocs de patchwork pré-existants mis en valeur par des gammes de tissus très nouvelles.
Il existe une grande inventivité chez quelques têtes de file comme : Brigitte Heitland (Zen Chic), Elizabeth Hartmann (Oh, Fransson!), Kati Spencer (From the Blue Chair),
 Denyse Schmidt, Kathy Doughty (Material Obsession, connue en France grâce à Quiltmania), Rita Hodge (Red Pepper Quilts)… et bien d’autres que vous pourrez découvrir en sautant de blog en blog !

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Quilt de Karen Griska : un seul bloc en format XXL, le tissu de fond étant remplacé par des lisières. J’ai eu un vrai coup de coeur pour l’utilisation des lisières et le département de Haute-Garonne m’a suivie dans l’aventure de la Valisière… A noter que sur ce blog, vous trouvez pour un prix modique de nombreux modèles (en anglais) de quilts créatifs, faciles et amusants !
arbre et glycine
My Green Tree of Life, en lisières. Même principe : un bloc unique de 130 x 140 cm. 

 

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Extrême minimalisme, lointain rappel de quilts amish, ce quilt est en vente par des professionnels.

On ne boude même pas les hexagones, base du patchwork anglais ! Ils sont simplement revisités de maintes manières :

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Très classiques mini-hexagones, mais un thème très à la mode : le drapeau britannique ! Quilt de Everydayyork.

 De nombreuses quilteuses se réjouissent de trouver, enfin, des modèles de quilts qui plaisent aux hommes, jeunes et plus mûrs. A partir de cette tendance de quilts simples mais cousus dans les règles de l’art où la géométrie a son mot à dire, on remarque de plus en plus de scientifiques de carrière se passionnant pour les quilts modernes et géométriques… et bien sûr ils ont tendance à les compliquer !  Il en reste des lignes bien définies comme ici par exemple :

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Ce livre explore 12 domaines des sciences et les illustre chacun par un quilt d’apparence simple mais très significatif pour une personne à l’esprit scientifique ! Alexandra Winston en est l’auteur.
Ali Winston - Heximetry
Encore des hexagones ! On devine qu’ils ont une couture au milieu : tout est cousu à la machine ! Ali Winston, Heximetry, modèle dans le livre ci-dessus.
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Très bel effet d’hélice pour ce quilt à la géométrie un peu complexe en apparence. Son histoire ne peut qu’émouvoir : ce quilt a été conçu par une future mère adoptante pour laisser un souvenir à la mère donnant son enfant à l’adoption… Son histoire ici.
Thom Knauer - Excess
Les quilts ne sont pas simplement décoratifs, ils peuvent exprimer beaucoup de choses. Ce quilt a des dimensions extraordinaires et même dérangeantes : 103 cm x 408 cm… Et pourquoi donc ? Ce quilt atteste l’horreur de certains chiffres : aux Etats-Unis, 1 600 personnes meurent à la suite de violences conjugales chaque année. Chaque bloc est le triste témoignage d’une vie volée. Très symboliquement, les blocs rouges ou orange représentent des femmes, les bleus et verts des hommes. Le créateur de ce quilt est Thomas Knauer dont le premier livre est très remarqué, j’ai d’ailleurs emprunté son titre 😉 Il fait des quilts « avec du sens et du symbole » et trouve dans les quilts modernes le juste moyen d’exprimer à la fois son goût des maths, de l’esthétique et des concepts.

 Les quilts d’apparence simple conviennent donc parfaitement au goût des jeunes, à la fois pour leur faire plaisir et pour les inciter à « faire du patch ». La nouvelle revue « Love for Quilting and Patchwork » leur est entièrement destinée : ce mensuel britannique propose les nouvelles gammes de tissus, des modèles simples, rapides… et tentateurs. Il s’en dégage beaucoup d’enthousiasme et de jeunesse. On a même un petit kit en cadeau mensuel… J’y suis abonnée depuis janvier et je le trouve réellement de qualité !

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Des jeunes Anglaises ont lancé cette revue mensuelle complètement dans l’air du temps : beaucoup de rédactionnel publicitaire, mais aussi de très jolis modèles simples, rapides et jolis, très bien expliqués. Le n° 7 d’avril me plaît beaucoup !  De super-actives femmes participent à ce magazine tout en nourrissant un e-magazine, des stages, des blogs… Voyez aussi Fat Quarterly ici ! 

Il est clair que cette nouvelle tendance booste le commerce !  

Pour être honnête, cet engouement pour ces quilts modernes ad libitum remplit la Toile d’ouvrages de qualités très diverses. Ce n’est pas parce que c’est simple qu’on peut faire n’importe quoi, je suis sûre que vous serez d’accord avec moi ! Souvent l’assemblage est intéressant mais gâché par un quiltiing machine très moyen — difficile à réussir, j’en suis consciente, pour les grandes surfaces ! Dans ce cas, il me semble qu’il ne faut pas oublier qu’il existe des personnes compétentes, avec long arm, pour quilter pour vous. Cela fait partie intégrante des orientations nouvelles. 

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Parmi tous les livres de quilts modernes, j’ai un faible pour « Sunday Morning Quilts ». Le livre central est celui de Thomas Knauer : il est quasi indispensable de comprendre l’anglais pour apprécier ce livre car « tout » est dans la démarche ! Celui de gauche est une tentative de coller aux mouvements artistiques du XXe siècle, ce qui est plutôt intéressant.
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3 derniers livres intéressants eux aussi : Vintage Quilt Revival regorge de modèles classiques modernisés variés, celui du milieu revisite les effets de tranparence par le choix des couleurs. Quant au dernier, c’est une mine de renseignements pour organiser sans trop de galères des quilts en commun avec partage de blocs en groupe créé sur internet. Avis aux amateurs ! Moi, j’ai la chance d’avoir mes copines Abeilles dans ma Ruche…

 – Question : et en France ?  – Réponse : Au Fil d’Emma. Voici quelques tutos gratuits… et en français si vous souhaitez vous familiariser avec le patchwork moderne :

Perspectives modernes dans le patchwork (1)

A – Des coupes rajeunies

Depuis l’invention du cutter rotatif dans les années 80, la coupe a été normalisée, les trucs et astuces se sont multipliés pour faire des carrés bicolores, des vols d’oie rapides, des square dance… Les règles en plexi plus ou moins utiles se sont multipliées… C’était une vraie révolution par rapport à l’utilisation des gabarits et du traçage de toutes les lignes de couture.

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Ann S. Lainhart est spécialisée dans les Bargellos. Ici Midnight Cityscape (2008)

Les quilteuses ont découvert notamment les pavés de bandes à redécouper pour en faire des Bargellos, des étoiles à 8 branches aux multiples losanges, des Voyages autour du monde… et tant d’autres modèles exaltants qui ont fait le bonheur des patcheuses un peu aventurières et des animatrices de club !

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Ce quilt est un bon exemple des coupes astucieuses facilitées par l’utilisation du cutter – Blue Lagoon, Nadia Stumpf, 2006.

Dans ces perspectives modernes, habiles et toujours en mouvement, Nadia Stumpf fait partie de celles qui diffusent le plus en France, par ses stages modernes et structurés, ces genres de patchwork renouvelé. Elle sait tirer des tendances internationales ce qui plaira aux Françaises curieuses de nouveautés. Je pourrais la citer dans chacun des articles sur les perspectives modernes, tant elle touche à tout avec talent ! Son blog : Patchworkrama.

Dans ce premier volet de notre présentation des quilts modernes, place aux coupes innovantes ! Certaines quilteuses ont voulu sortir des techniques strictes et des propositions originales ont émergé il y a déjà une vingtaine d’années. Le patchwork moderne est né avec, principalement, Nancy Crow, avec les coupes courbes à main levée, l’improvisation… Voici deux livres du début des années 2000 qui ont popularisé les coupes « libérées » :

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Ces livres, parmi d’autres, ont enthousiasmé celles qui désiraient jouer avec les tissus dès le début des années 2000. C’est le plaisir des coupes à main levée car oui, on a le droit de couper sans règle ! L’autre bonne idée importante est la superposition de différents tissus et leur permutation avant la couture qui ouvre de nombreuses possibilités amusantes.
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Philippa Naylor fait danser les blocs traditionnels ! Cette baratte est un modèle pour un des stages qu’elle propose. Vous avez beaucoup d’exemples et explications de ce style dans le livre ci-dessus, « Cutting curves from straight lines » (couper des courbes à la place des droites).
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Quel beau quilt aux couleurs de la nature ! Janet Windsor.
Linear Studies #7
Ici encore, les lignes sont souples et donnent de la vie aux formes si simples… Nancy Crow est la première quilteuse à avoir modernisé le patchwork à grande échelle, tout en s’inspirant des bases classiques. Son style favorise le « patchwork improvisé » qu’on verra plus amplement dans le prochain article.
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Vu dans le blog Spotted Stones : un assemblage de blocs de style log cabin. Les 3 premiers morceaux de tissus sont des imprimés de couleur vive, ensuite des couleurs neutres se partagent l’espace restant. L’irrégularité de coupe est discrète, mais on voit bien que le centre n’est pas toujours carré, les bandes n’ont pas la même épaisseur… Est-ce grave docteur ?

Ici c’est le domaine des techniques de coupe plus décontractées, plus tolérantes, plus amusantes. Ce vent de liberté souffle dans de nombreux pays.

Bernadette Mayr, qui m’inspire depuis des années (en fait depuis 2006, date de la parution de son premier livre édité aussi en français), a tiré son inspiration de ce qui se faisait déjà en coupes originales et a développé ce style.

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Voici les 5 livres de Bernadette Mayr, pleins d’idées dont quelques-unes ci-dessous ! Tous ses livres sont  d’abord édités en allemand. Le premier a bénéficié d’une traduction française, quelques autres sont également en anglais. Espérons que le prochain pourra nous être proposé en français aussi !
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Après un premier tableau de coquelicots sur fond noir, proche de l’original, j’ai fait, en duo avec Madeleine, un tableau sur fond gris. Nous avons partagé les tissus, mais nos bordures et nos quiltings diffèrent ! Inspiration du premier livre de B. Mayr (Patchwork fleuri, SAEP). Quilting à la main.

Tableau à sujet unique ou blocs assemblés, tout est possible !

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Quilt fait par des membres du club de patchwork de Balma, d’après les maisons de Bernadette Mayr
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« Petits Poissons », de Kristine pour son petit-fils, est inspiré d’un autre thème de Bernadette Mayr (Wasser Patchwork). Il est entièrement fait en batiks.
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Magnifique quilting machine soulignant les tourbillons aquatiques !
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Voici un coussin fait par Marie-Jo de notre Ruche à partir du bloc des feuilles déjà présenté sur ce blog. Savez-vous trouver la feuille qui n’est pas dans le « bon » sens ?…

Le quilting est le plus souvent effectué à la machine car il s’accorde bien avec ce vent de liberté.

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Le célèbre quilt Manhattan de B. Mayr, primé aux USA, est un amusement avec les couleurs des rectangles réguliers, en contraste avec les fenêtres biscornues en noir et blanc qui rappellent le monde de Hundertwasser, artiste viennois qui disait : « Certains disent que les maisons sont faites de murs. Je dis qu’elles sont faites de fenêtres »…  (photo Alpine Quilters)

Bernadette Mayr n’est évidemment pas la seule à jouer avec des techniques ludiques. Regardez ceci :

Helen Howes - Blue Blaze II
Helen Howes – Blue Blaze II. Les carrés de base avec les bandes irrégulières sont faciles à faire. Tout le chic de ce tableau réside dans le soleil et les silhouettes d’arbres.
Rooflines #4:The Barns , 36×70 © 2012 Colleen Kole
Paysage minimaliste de maisons, ici des granges créées par Colleen Cole, de sa série « Rooflines ». Notez l’asymétrie qui ne fait pas peur aux quilteuses modernes !
ghost plants
Tout aussi talentueuse et plus connue en France, Maryline Collioud-Robert (Suisse) me ravit par son originalité, la qualité de ses recherches de couleurs… Ici la découpe inspirée de l’appliqué inversé laisse découvrir le tissu blanc. Superbe quilt ! Si vous ne la connaissez pas encore, allez voir les facettes de son talent par ici !

Dans ces quilts, on s’amuse avec de nouvelles idées d’organisation (on superpose parfois les tissus, on les interchange, on les laisse à cru parfois) dans cet esprit de renouvellement de coupe et de couture. Comme dans la nature, les lignes sont souvent souples, courbes, les blocs (quand il y en a) ne sont jamais semblables. La technique est rarement difficile et ne requiert qu’un peu d’audace !

Le mot qu’on retrouve souvent pour caractériser ce genre de quilts modernes est wonky. Comment le traduire ? Bancal, branlant, de traviole, donc imparfait… On ne fait pas n’importe quoi mais on considère que l’imperfection n’enlève pas de charme au quilt, au contraire cela lui donne du dynamisme et de la vie ! C’est ce postulat qui mène aux quilts improvisés et libérés, que nous verrons ensemble prochainement, si le coeur vous en dit 🙂

Spotted Stones - Krista
Aucun de ces moulins n’est assemblé académiquement, aucune de ces couleurs n’est mise en place de manière symétrique. Ne trouvez-vous pas que ce quilt mérite pourtant bien un statut d’oeuvre d’art ?… (Krista de Spotted Stones, mouvement Bee Creative)

Quiltmania et moi

logo-quiltmaniaC’est la centième fois que je me précipite fébrilement sur le nouveau bébé, c’est le centième à lire et relire… Le numéro Cent de Quiltmania vient d’arriver dans ma boîte aux lettres. Privilège des abonnés qui le dégustent bien avant l’arrivée en kiosque ! Quiltmania fait partie de ma vie depuis septembre 1997… Mes cent magazines ne sont pas tous en bon état (loin de là !) car je les trimballe avec moi, je les feuillette, je recherche encore parfois des heures durant une photo, une référence… Les premières dizaines de Quiltmania, je peux dire que je les connais par coeur, ils ont affirmé mes connaissances techniques, historiques, esthétiques…

D’une aventure entre copines, dont j’aurais tant aimé faire partie si j’avais habité à Nantes à l’époque, l’entreprise Quiltmania est devenue une institution dont nous pouvons être fières, car c’est une voix française respectée dans le monde international du patchwork.

Et je vais vous confier que c’est grâce à Quiltmania que j’ai rencontré Marie-Claude de la Chambre des Couleurs, car sur un coup de tête j’ai osé lui écrire à la suite du reportage « Quilt et Intérieur de Charme » chez elle… J’étais tellement tombée amoureuse de ses quilts que je voulais le  lui dire ! Ainsi commença une belle amitié. Définitivement, Quiltmania fait partie de ma vie !

Est-ce l’emprise de la nostalgie ? Je n’ai quand même plus le même frisson à l’arrivée d’un nouveau numéro, à la recherche d’un quilt « que j’ai ab-so-lu-ment envie de faire » ; j’ai tant vibré aux quilts de Renée Ferré ou Michèle Beugnon qu’on voit si peu maintenant… Quiltmania s’est mondialisé, les modèles viennent d’artistes internationales que j’aime bien, certes…8 mars 2014

Mais ne boudons pas notre plaisir, je vous laisse pour m’installer au jardin et lire de A à Z les reportages de Quiltmania n° 100 au soleil…