Patchwork, Pavages et Tessellations

Tout comme Willyne Hammerstein qui a dédié la Passacaglia au mathématicien Roger Penrose, vous êtes peut-être fascinée par les formes géométriques qui s’épousent, s’emboîtent et se complètent. C’est d’ailleurs la base même du patchwork !
A la suite de l’article précédent, Pascale Genevée a très opportunément cité en commentaire le Néerlandais Maurits Escher, connu pour tant de dessins extraordinaires, des visions impossibles de maisons aux escaliers dans tous les sens, des imbrications de formes, et tout particulièrement d’animaux, qu’on appelle tessellations… De très nombreuses quilteuses s’en sont inspirées, en voici un très bel exemple :

Sky and Water II - Artist: M.C. Escher Completion Date: 1938 Style: Op Art Genre: tessellation
Sky and Water II – Dessin d’Escher, 1938
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Escher quilt, 1997, par Ineke Poort (compatriote d’Escher !). Voyez-vous les oiseaux et les poissons qui s’imbriquent ? C’est fascinant !

D’après la conception de son ami Roger Penrose, Escher a dessiné le triangle de Penrose, figure « impossible », repris avec brio notamment ici en tissus :

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Triangle de Penrose (dans le lien, erreur d’attribution, ce n’est pas le triangle de Möbius)
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Trina de Karen Combs, 2000.

La même Karen Combs a fait un livre sur les illusions d’optique que j’aime beaucoup :

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Edité en 1997, il est encore disponible d’occasion à un prix raisonnable sur Amazon.fr.

Si ce thème vous intéresse, France Patchwork publie sur plusieurs numéros un passionnant dossier sur les pavages de toutes sortes, écrit de manière très pédagogique. Tout d’abord, on regarde d’un autre œil des blocs très traditionnels qui s’imbriquent, se répondent et forment des figures géométriques secondaires : de petits efforts pour de grands effets ! Puis, peu à peu, s’appuyant sur des mathématiciens comme Penrose, Nicole Dewitz et Monique Lopez-Velasco donnent des idées plus singulières, des dessins avec lesquels on peut jouer à l’infini… C’est la rencontre du travail traditionnel* et le plaisir de la nouveauté. Et par la magie des couleurs et des valeurs, dans ces puzzles apparaissent un cerf-volant,  un masque africain, des parterres de fleurs, le cosmos plein d’étoiles… Comme dans les taches de Rorschach, on y voit ce qu’on veut ! Ne manquez pas les superbes créations de Michelle Braun expliquées dans chacun de ces numéros, qui illustrent parfaitement le dossier. Ils vous donnent le goût de cette aventure dans la géométrie des pavages, avec de nombreuses possibilités de déclinaisons. Le dossier sur les pavages a commencé dans le n° 125 (été 2015), se poursuit dans le n° 126… Que nous réserve le prochain numéro ? Sans doute encore d’autres belles surprises !

Si vous n’êtes pas abonné(e), les revues sont disponibles uniquement lors de Salons, au stand France Patchwork. Il n’est jamais trop tard pour adhérer ! Sur le site France Patchwork, cliquez sur l’onglet « L’adhésion » pour tout renseignement. Ne vous trompez pas, prenez bien l’adhésion code 1 incluant l’abonnement, sinon vous manqueriez les magazines Les Nouvelles… Ce serait trop dommage !

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Memories of the Titanic (Pamela Quilts, 2000), allie deux motifs traditionnels qui forment des dessins secondaires : Storm at Sea et Snail Trail.

*Rappelons ici les deux grandes catégories de l’art du patchwork traditionnel :

Le patchwork à l’anglaise, avec autant de gabarits de papier que de pièces. Les tissus sont « emballés » autour du papier et maintenus par un faufil ; les pièces sont ensuite assemblées par point de surjet. Cette technique de patchwork a été créée pour utiliser la moindre chute des précieux tissus (des soies en général) qui faisaient les beaux vêtements des nobles et bourgeois. C’était un loisir de femme de la haute société. 

 

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C’est le plus ancien patchwork daté d’Angleterre, fait de soies assemblées à l’anglaise (1718). Voir aussi ici et dans Les Nouvelles n° 126.

Le patchwork à l’américaine : un seul gabarit par forme. Avec lui, on trace sur l’envers du tissu les lignes de couture et on assemble au point avant ou arrière. Il s’est développé aux Etats-Unis, avec la création de milliers de blocs !

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Un magnifique ouvrage réalisé « à l’ancienne », faisant partie des Quilts de Légende cuvée 2013 : 1865 Passion Sampler, de France Aubert.

Il a toujours existé cependant le patchwork utilitaire, sans doute dans le monde entier, assemblage des pièces de tissus moins usagées pour la réutilisation, pièces coupées et assemblées sans gabarit ni règle. Les mesures étaient -et sont toujours parfois- à l’œil ou avec le pouce, le doigt, la main, la coudée… N’oublions pas l’appliqué (ou rapiéçage), ajout d’une pièce sur un endroit troué, loin du raffinement qu’on connaît aujourd’hui. Mais le goût du beau menait bien souvent les femmes à faire de leur mieux, créant ainsi sûrement mille et un ouvrages magnifiques tombés depuis en miettes…

Trois quilteurs émérites

Avez-vous remarqué que, depuis quelque temps, je parle souvent de quilteurs au lieu de quilteuses afin d’inclure les hommes ? Ils restent minoritaires, mais ceux qui ont la même passion que nous suscitent notre entière admiration car ils sont hyper-doués ! En voici trois, des amis quilteurs français de styles différents, mais chacun excelle dans son domaine.

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J’ai déjà parlé de Michel de la région bordelaise, Mimi du Tac.

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Photo Carrément Crazy !

Je ne suis pas la seule à le connaître, ce bel homme jovial aux gilets-maison qui arpente les expositions et les salons ! C’est un fou du patchwork minutieux, des blocs minuscules, des appliqués Baltimore incroyables… mais ses œuvres sont gigantesques ! A lui le Sampler de Sylvia, le Dear Jane, le sampler de la femme du fermier… Et en ce moment, il coud  le Quilted Diamond de Linda Franz :106463014

Vous pouvez le suivre sur son blog, Le Mimi du Tac. Ne manquez pas ses vidéos sur son compte You Tube présentant les principales expositions de France et de Navarre !

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DSC_0881Plus confidentiel, David du Gers est mon voisin, 15 km à peine nous séparent. Nous avons peu d’occasions pour nous rencontrer cependant mais nous avons, je crois, un respect mutuel et beaucoup de points communs. Le goût des belles rencontres, de la qualité de vie, celle que nous procure notre belle région… Il préfère le patchwork country, les appliqués de Yoko Saito ou Reiko Kato, les points de croix… Tout un univers artisanal et raffiné ! Je crois qu’il trouve beaucoup de bien-être à quilter à la main, tranquillement. Le bonheur est dans le Gers !

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Un des ouvrages de David, tout en nuances, un magnifique top en gris taupe et rouge. C’est un modèle 2013 de l’Atelier Perdu.
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Centre de médaillon en broderie perse, modèle de Di Ford présenté dans Quiltmania, réalisation de David.

Si vous vous demandez pourquoi son blog est en anglais, c’est parce qu’il a beaucoup d’amis anglophones qui le lisent et l’anglais lui vient facilement puisqu’il est prof d’anglais ! Pour ses ouvrages, pour ses photos toujours si bien choisies, pour son univers sensible et raffiné, allez voir son blog : David’s Cottage down the Hill.

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Christophe, c’est le plus jeune du trio. Il ne fait du patchwork que depuis 2 ou 3 ans mais a une longue expérience de la broderie (depuis 2008). Le point de croix est une de ses grandes détentes, mais également le Hardanger et autres finesses… Les spécialistes apprécieront !

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Création Ticoeur, réalisation Christolchuk.

o_c8979d99bcd710df_001Lui aussi s’est lancé tout de go dans un Dear Jane. Mais depuis presque un an il se consacre, parallèlement à d’autres ouvrages, à la création d’un quilt pour le projet régional France Patchwork, Fibre Occitane. Il y a des contraintes de sujet, de couleurs, de dimensions, mais Christophe y a trouvé un espace de liberté insoupçonné. Il est devenu le créateur qui m’étonne et me fait rire !

Parmi tous les thèmes possibles dans le Patrimoine régional, Christophe a choisi le Museum d’Histoire Naturelle, situé près du Grand-Rond à Toulouse. Après dix années de fermeture, les Toulousains ont à présent un magnifique espace dédié à la découverte de notre monde, présenté d’une manière fondamentalement nouvelle.
Christophe a mis en avant tout ce qui singularise ce lieu, en broderie et en patchwork. A chaque rencontre dans notre club, c’étaient des cris d’admiration devant les broderies… et quelques fous rires quand nous tentions de trouver la signification de certains blocs !

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Il est beau notre Museum, alliant tradition et modernité, rigueur et fantaisie !

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De la fantaisie, je vous dis !

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Préparation des blocs de broderie, qui seront mis en alternance avec des blocs de patchwork (vous pouvez cliquer-gauche sur la photo pour voir de plus près).

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La partie la plus ardue est le patchwork pour Christophe. Tous les blocs sont créés, montrant la diversité des merveilles de la Terre : des cristaux de minéraux, des palmiers, des volcans en éruption, et quelques dessins mystérieux dont vous connaîtrez la signification en venant à une de nos expositions !

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Le top est en cours de montage, les bordures encore à inventer… Le quilting sera intensif ces prochains mois pour qu’il puisse être exposé en 2016 !

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C’est le bon moment pour des ananas/1

Pour la dégustation, nous attendrons l’hiver, quand nos réserves de fruits locaux s’épuiseront… Regardez, il faut les laisser encore un peu mûrir :

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Champ d’ananas au Bénin (Afrique de l’Ouest). Le climat de cette région, tout comme en Asie tropicale, est propice à de belles récoltes, même si cette plante poussait d’abord à l’état sauvage en Amérique centrale, Caraïbes et nord du Brésil principalement.

L’ananas est un délice originaire d’Amérique et découvert pour notre monde par Christophe Colomb. Les Indiens de cette région le nommaient nanà nanà, signifiant « parfum des parfums ». Tout un programme !

Christophe Colomb décrivit ce fruit découvert en Guadeloupe lors de son deuxième voyage (1493): « Il a la forme d’une pomme de pin, mais il est deux fois plus gros, et son goût est excellent. On peut le couper à l’aide d’un couteau, comme un navet, et il paraît très sain. » (source Wikipedia). Les ananas rapportés en Europe eurent de suite un succès phénoménal auprès des puissants et on n’eut de cesse de s’en procurer. On les cultiva donc partout où le climat s’y prêtait, d’abord en Inde et Java grâce aux Portugais, puis dans d’autres colonies ou terres tropicales connues… mais il fallut presque deux siècles d’essais pour en réussir la culture dans des serres chauffées en Hollande puis en Angleterre !  

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Charles II, roi d’Angleterre, se fait offrir un précieux ananas, le premier cultivé dans les serres anglaises par ce jardinier, John Rose (tableau de Hendrick Danckerts, 1675). En raison de sa forme rappelant le pomme de pin, les anglophones le nomment pine apple, littéralement pomme de pin (laquelle se dit pine cone, cône de pin)

Actuellement, le développement des transports fait qu’on peut facilement acheter un ananas, cultivé dans les pays au climat approprié. Ce fruit frais, ici rare et cher quand j’étais enfant, est devenu produit de consommation presque courante. J’ai un faible pour ceux qui viennent de Côte d’Ivoire, car ils me rappellent tant de bons souvenirs dans ce pays !

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Scène d la vie quotidienne, les femmes vendent des ananas absolument partout… après les avoir transportés sur la tête ! Combien de dizaines de kilos peuvent-elles porter ?… Photo d’ici.

Avez-vous remarqué, dans certains magazines américains de décoration, le goût développé pour les centres de table ? Dans les temps coloniaux,  pour combler des manques culturels ou le mal du pays, l’art de la réception se développa grandement avec l’envie d’exposer une maison à la fois luxueuse et chaleureuse ; l’ananas trônait souvent pour faire honneur aux invités. La décoration opulente devint même une compétition entre femmes !

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Tout comme les couronnes, l’ananas est devenu un fort symbole de l’hospitalité :

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… et l’ananas est devenu un élément décoratif très prisé !pineapple_503y_266x300

 Il fut donc inévitable que l’ananas inspirât les quilteuses :

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Quilt des années 1850 
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Quilt traditionnel. Vous pouvez aller lire ce post très intéressant de Tim Latimer sur le sujet et y voir de nombreux exemples de l’ananas-mania. Cela lui a donné l’envie de faire lui-même un quilt « ananas appliqué ».
Détail d'une superbe quilt fait par Tim Latimer.
Détail d’un superbe quilt fait par Tim Latimer.

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http://thedreamstress.com/2009/09/finished-project-a-hawaiian-quilt/
Quilt carré de style hawaïen, l’île US où poussent si bien les ananas !
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Bienvenue, modèle en couture sur papier.

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Il est un bloc très connu des quilteuses qui porte également le nom de ce divin fruit, bloc de la famille des log cabin.  C’est celui que nous verrons très bientôt ensemble !

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Les barrières de bois

194824 Les barrières en bois font partie du paysage… eh bien, de moins en moins en France et ailleurs, remplacées progressivement par des grillages, efficaces mais oh combien moins esthétiques. Aux Etats-Unis, elles restent mythiques, probablement parce qu’elles symbolisent l’installation d’une famille dans le Wild, Wild West – le Farwest – découvert au fur et à mesure des interminables marches vers l’Ouest. Un jour, un convoi décide de s’arrêter, fait sa cabine de rondins et l’entoure d’un enclos… et une nouvelle vie commence.

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Ingéniosité des cow-boys : les barrières en zigzag permettent une construction sans clou ! Ils n’en avaient effectivement sans doute pas facilement…

Les clôtures en forme de zigzag sont les plus construites dans les régions riches en bois : il faut de la matière première (… du bois !) mais presque aucun autre outil qu’une hache : ces barrières se montent et se démontent, se réparent aisément, ne nécessitent aucun trou ni poteau, c’est idéal en pays rocheux ou en terre sèche… Leur défaut ? Elles prennent de la place ! Mais ce n’est pas ce qui manque dans ce pays américain en cours de découverte. Par commodité, les troncs d’arbre étaient débités en tronçons d’environ 3 à 3,5 mètres, fendus dans la longueur autant de fois que le permettait le diamètre du tronc. Ensuite on construisait la barrière en zigzag, en empilant les rondins fendus. Avec des morceaux de bois de 3 m environ mis en zigzag, on savait qu’un zig + un zag mesuraient environ 5 mètres. On pouvait ainsi vite estimer la taille de la propriété.

P1070290http://eerie-indiana.blogspot.fr/2014/04/george-rogers-clark-homesite-cabin.html

Naturellement on trouve de nombreuses variantes de construction. Certaines barrières demandent plus de matériel pour les construire, mais moins de bois. Il faut s’adapter ! Voici pêle-mêle quelques clôtures de bois :

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Evidemment, ces barrières omniprésentes pour délimiter la propriété, garder les bêtes dans l’enclos, se protéger des dangers extérieurs est source d’inspiration pour les femmes. Tout comme ces barrières simples et ingénieuses, faites de « ce qu’on a à portée de main », les blocs Rail Fence se sont longtemps faits de restes de tissus, coupés « à l’arrache », littéralement déchirés dans le droit fil, assemblés vite fait… mais avec, comme toujours, un souci de simple harmonie. A présent, les jeunes quilteuses adorent toutes les variations de ce modèle !

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Quilt pour une petite fille, blog Red Pepper Quilts
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Toujours de Red Pepper Quilts, un modèle voisin multicolore, avec du blanc placé qui fait toute la différence !
https://www.pinterest.com/pin/405675878906135349/
Plus ancien, quilt « vintage » trouvé sur Pinterest
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Un look ancien mais un quilting en vermicelle trahit discrètement sa jeunesse pour ce quilt en « homespun fabrics », ce qui signifie à l’origine » tissus aux fils filés à la maison ». Pinterest

 

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Voici un top jamais fini, toujours sur Pinterest...
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D’une grande beauté, cet Art Quilt inspiré d’une ancienne porte de grange montre comment on peut moderniser avec succès un bloc tout simple. Les tissus utilisés sont issus d’une série de faux-vieux tissus (Grunge de Moda), parfaits ici. Allez voir l’histoire de ce quilt sur le blog The Silly BooDilly. Victoria Gertenbach habite en Pennsylvanie rurale, elle est donc sans doute « habitée » par l’influence Amish que je devine ici… mais aussi par la simplicité japonaise qu’elle revendique plus clairement dans son blog.

Les variations sont infinies !

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Sujata Shah, préférant aussi les blocs simples aux coupes et coutures souples avec un peps moderne, a suggéré à ses lectrices de faire chacune sa propre version du bloc Rail Fence présenté dans son livre. Malgré des tas d’autres ouvrages en cours, je m’y suis mise : aucun bloc ne va plus vite qu’avec la méthode de Sujata décrite dans son livre, je vous assure ! Rendez-vous très bientôt pour ma version…

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Le livre de Sujata montre en couverture sa version d’un zigzag rail fence. C’est un « look » déjà vu ces dernières années (notamment chez Kathy Doughty) mais la version de Sujata est la plus rapide.

Si vous souhaitez voir les différentes versions des amies de Sujata, allez voir sur le blog spécialement ouvert à cet effet : Cultural Fusion Quilts.

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Des quilts en Inde, des traces d’universalité

Le point avant, le point universel… non seulement pour l’assemblage invisible de deux pièces, couture basique, mais aussi pour la consolidation d’un tissu ou de plusieurs couches de textiles, en matelassage ou quilting, appelez-le comme vous voulez ! Les quilts bosniaques dont on parlait au début des années 2000, le boutis comme le trapunto, le kantha bengalais, le sashiko japonais… Tous ont pour base le point avant, le point qui court, running stitch en anglais, que je trouve si imagé que je le présente ainsi aux enfants ! Point indispensable, rapide, à la fois utile et décoratif.

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Bosna quilt, quilt d’exposition reprenant les codes des quilts utilitaires du pays.

 

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Sampler de motifs de sashiko
boutis modèle Nicole Astier-fait par Danyl
Extraordinaire boutis, vu en transparence. Je ne sais pas si Danyl l’a fait au point avant, point traditionnel, ou de piqûre, plus solide. Art raffiné à la Française…

On appelle kantha une broderie au point avant, faite à l’origine pour maintenir ensemble des morceaux de tissus de toutes sortes sur plusieurs épaisseurs. On peut penser à une similitude avec les Boros du Japon, dont on a longuement fait état les années précédentes. Cette année à l’Aiguille en Fête, il y avait, parmi de nombreuses autres merveilles d’Orient, des Kanthas récents qui étaient tous à vendre. Ici plusieurs formes de formes de broderies kantha, faites pour l’exportation, sont réalisées sur un grand panneau textile :

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Beau motif de coquilles sur un tissu teint en bandes verticales roses et vertes.
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Tissu uni clair, entièrement décoré de points avant. Certains remplissent les espaces, donnant un effet d’impression du tissu.
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Trois couleurs de fils pour un effet géométrique

Même couleur de fil pour un mélange géométrique et figuratif qui doit être très amusant à inventer au fur et à mesure :

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IMG_7044Les kanthas peuvent aussi être ainsi :

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Motif figuratif élaboré aux belles couleurs !

 Grâce à des associations, le kantha est un savoir-faire qui est actuellement sauvé de l’oubli. A l’origine humble piquage d’étoffes usagées cousues ensemble pour protéger et embellir les personnes et les objets, les qualités décoratives de ces textiles les érigent en objets de collection. Vous en saurez sans doute plus, très prochainement, dans la presse spécialisée ! 

Si le kantha provient du Bengale, vaste territoire partagé entre l’Inde et le Bengladesh, on trouve ailleurs en Inde, plus à l’ouest, des patchworks quiltés. Il y a un air de famille en raison des points avant omniprésents, ainsi que l’origine indienne. Des différences aussi, mais on peut trouver toutes les variantes qui font que toutes ces pratiques ne sont pas éloignées ! Quelques patchworks indiens étaient exposés l’année dernière, toujours à l’Aiguille en Fête, mais aussi en Alsace en 2013 à l’occasion de la sortie du livre de Geeta Khandelwal :

Livre bilingue Godharis, nous faisant voyager dans l'Inde centre-ouest.
Livre bilingue Godharis (Quiltmania), nous faisant voyager dans l’Inde centre-ouest. A côté, mes jolis tissus Neelam, des unis tissés-teints aux couleurs naturelles. Il me tarde de commencer quelque chose avec eux !

Comme un carnet de voyage, Geeta nous raconte un périple dans un monde rural varié, aux femmes qui confectionnent des godharis, des quilts en bon français ;-). Jamais ces quilts ne sortent du village, ce sont des objets utilitaires. Ils sont faits principalement de restes de saris, coupés sans ciseaux (le tissu est entamé par une lame de rasoir, puis déchiré), mesurés à l’aune du doigt, de la main, de la coudée… Alors évidemment on ne peut attendre un piécé absolument rectiligne. Mais qui s’en soucie ? Les godharis sont là pour tenir chaud, un point c’est tout ! Certaines nuits, même au coeur de l’Inde, il peut faire bien frais.

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Geeta Khandelwal, auteur du livre Godharis.

Pour maintenir les couches textiles entre elles, le quilting est soutenu, avec des points avant qui courent parallèlement puis changent de sens, juste pour suivre un motif ou pour le plaisir :

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On aperçoit l’assemblage du même tissu, quilté avec des fils changeant parfois de couleur… et de direction ! Photo Sujata Shah en Inde.

Un motif dessiné, cousu, montré plusieurs fois dans ce livre me rappelle un modèle de quilt qui fit grand bruit il y a quelques années dans Quiltmania, dont un bloc de patchwork était en forme de svastika… d’ailleurs pas vraiment, mais le quilt était nommé ainsi (Quiltmania n° 52). Dans le numéro suivant, des excuses étaient présentées. C’est toujours en Inde un signe extrêment bénéfique, ainsi que dans le boudhisme et de nombreuses civilisations passées ou actuelles (dès le néolithique, et aussi notamment chez les Navajos, les Kunas, etc.). De ce beau symbole universel, notre plus sombre histoire du 20e siècle en a fait un signe honni, ce qui a pour conséquence qu’en Occident on ne peut plus se permettre de l’utiliser…

Vous découvrirez dans le livre certains Godharis extrêmement proches de quilts américains. Peut-on imaginer des quilts ayant voyagé, ou des quilteuses d’un pays ou l’autre ayant transmis ses connaissances ? L’auteur pense plutôt à l’universalité de certains motifs, vérifié maintes et maintes fois…

Universalité des choses, c’est ce qui m’a traversé l’esprit en lisant ce livre sur les femmes en Inde peu après celui de Roderick Kiracofe qui raconte un peu la même histoire dans les Etats-Unis ruraux. Universalité de la géométrie et de l’esthétique, quand j’ai vu des photos de godharis qui ressemblent un peu au quilt fait pour ma fille :

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Katell Renon
Petit air de ressemblance, n’est-ce pas ?… 10 ans de lavages l’ont rendu moins flamboyant qu’à l’origine. Il est quilté à gros points au coton perlé, il n’a pas de nom mais je l’appellerais bien Godhari maintenant !

Un coucou à Sujata Shah, actuellement en voyage en Inde, qui a eu la chance de rencontrer Geeta Khandelwal la semaine dernière. Voyez son article ici, avec de très belles photos. Elle se sent tellement liée aux deux pays qu’elle peut résumer ses influences ainsi :

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Les Etoiles à remonter le temps de Barbara

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STARS IN A TIME WARP

Il n’est pas trop tard pour rejoindre le challenge de Barbara Brackman de cette année : faire une étoile, toujours sur le modèle de l’Etoile Variable, pour découvrir tous les secrets des tissus anciens, semaine après semaine. Etoile facile et si polyvalente, d’où son nom « variable » ! Ici les explications pour ce bloc.

Dans l’article précédent, j’évoquais ces deux livres pour mieux connaître les tissus au fil du temps :

Livres Barbara Brackman

En suivant le blog de Civil War Quilts tout au long de 2015, vous aurez des cours particuliers de Barbara sur les couleurs aussi mystérieuses que le vert poison, le cheddar ou le double rose, des idées d’agencements de blocs conçus par les quilteuses au fil du temps… Les Anglophones sont encore une fois favorisé(e)s !

Cela vaut la peine de rechercher des logiciels de traduction si vous ne maîtrisez pas la langue. Evidemment, les résultats sont parfois absurdes, mais c’est mieux que rien ! Pour des vérifications rapides quand j’écris un texte en langue étrangère, j’apprécie le site reverso. Pour des blogs en langue étrangère que je ne connais pas, je me laisse porter par les suggestions de mon navigateur…

J’avoue ne pas coudre les étoiles mais je ne manque aucun article paraissant le mercredi, c’est passionnant !

Chère Barbara

MUG_barbara_brackmanBarbara Brackman est une des femmes que je vénère dans le monde du patchwork. L’accès à internet m’a fait connaître ses formidables livres, ses blogs, ses thèmes autour de samplers à suivre toute une année… et elle m’a complètement « contaminée » ! Je suis devenue accro à l’histoire du patchwork telle qu’elle me l’a fait découvrir, tenant compte du contexte économique et social, des disponibilités des tissus et des modèles, et surtout en pensant à la vie de ces femmes américaines participant à la création, puis l’essor de leur pays. Son blog principal, très éclectique, s’appelle Material Culture. Les quilts du présent et du passé s’y succèdent, présentés parfois avec une pointe d’humour inimitable… 

Lorsque Barbara entreprend de traiter un thème, un blog spécifique est créé pour proposer un sampler dont chaque bloc sera lié à un aspect de ce thème. J’ai suivi avec elle le monde de l’esclavage, la Guerre Civile, l’émancipation des femmes, la vie de Jane Austen… Le sérieux, le dramatique succèdent au frivole, à l’inattendu… Ces thèmes donnent souvent lieu à des livres. Mais là encore, il faut comprendre l’anglais ! A ma connaissance, un seul livre de Barbara Brackman a été traduit en français :

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Les Editions de Saxe ont édité ce livre signé Barbara Brackman. C’est en fait le 1er tome de son Histoire des quilts américains : il s’arrête en 1890. Le tome 2, édité uniquement en anglais, évoque des thèmes qui lui sont particulièrement chers : l’Art Nouveau et le mouvement Arts & Crafts avec William Morris, puis le modernisme, jusqu’aux quilts créatifs du monde rural qui annoncent les quilts contemporains « libérés ».

Loin de se cantonner à l’histoire des quilts antiques et à la conception de gammes de tissus de reproduction (ce qui est déjà beaucoup !), Barbara s’intéresse aussi à d’autres formes artistiques, en particulier le design qui concerne tout l’environnement domestique : les vêtements bien sûr, mais aussi la vaisselle, le mobilier, l’architecture, etc. L’été dernier, elle a visité à Paris le Musée des Arts Décoratifs, ce qui n’est pas le tout premier auquel on pourrait penser ! Cette facette moins connue d’elle est dévoilée dans son blog Historically Modern.

Cerise sur le gâteau, Barbara est attentive aux autres. Elle n’est pas  enfermée dans sa tour d’ivoire, s’intéresse à l’évolution du patchwork actuel.  Elle sait donner le coup de pouce décisif pour faire connaître un événement, une quilteuse, avec une telle gentillesse… J’ai eu la chance d’en bénéficier plusieurs fois, lors de la recherche d’une illustration ou d’une précision historique, puis récemment pour faire connaître le blog Crayon & Pencil… Chère Barbara, merci encore !couv-105-fr

Alors j’ai été vraiment ravie de lire son interview en tête du dernier Quiltmania : pour moi aussi, elle est mon Paul Mc Cartney du patchwork !

Et enfin ! Notre cher magazine renoue avec des modèles plus variés ! Il y en a pour tous les goûts : de l’appliqué, du traditionnel, du moderne, BRAVO! Et j’applaudis aussi au quilt mystère français, profitons des talents de notre pays…

J’ai cité Barbara des dizaines de fois dans ce blog, mais nous l’avons déjà présentée il y a quelque temps sous la plume de Martine :
https://quilteuseforever.wordpress.com/2011/05/23/patchwork-et-histoire-histoire-de-patchwork/
Je regrette de ne pas avoir terminé mon sampler pourtant bien commencé, sous le signe de Grandmother’s Choice :
https://quilteuseforever.wordpress.com/tag/grandmothers-choice/ … Un jour peut-être !

A bientôt après une petite pause !

Ah les coquilles !

Metal_movable_typeLe monde de l’imprimerie les déteste, tout autant que les lecteurs. De nos jours chaque blogueur se doit aussi de traquer ces erreurs involontaires d’écriture. Pas facile, j’en sais quelque chose ! On peut lire et relire un texte, mais parfois seul un œil neuf trouvera le détail qui cloche…
Pourquoi les nomme-t-on coquilles ? L’origine est incertaine, mais cela date naturellement de l’imprimerie traditionnelle, avec les caractères de plomb ou de fonte indépendants. Les coquilles provenaient en général d’une erreur de rangement dans les cassetins, ces petites cases de séparation :

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Je ne résiste pas à l’envie de vous inviter à lire, dans le blog Projet Voltaire, la synthèse des hypothèses de l’origine de la coquille d’impression : certaines sont savoureuses !

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Naissance de Vénus, par S. Botticelli, 1485-85. Symbole de la féminité, une coquille est ici le berceau d’une Vénus née adulte dans toute sa splendeur.

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Dès le Moyen-Age, après une succession de miracles, les pèlerins européens affluèrent vers un port de Galice (Espagne) où, d’après une légende, un des Apôtres de Jésus (Jacques le Majeur) y fut enterré. Arrivés au but, les pèlerins « jacquets » se régalaient sur la plage de la nourriture offerte et gardaient en souvenir une coquille, preuve de leur but atteint, pour leur retour. Puis la coquille devint le signe-même du pèlerin, même à l’aller (!) et la marque des chemins et hébergements tout au long du chemin. Les chemins vers Compostelle sont de nouveau balisés depuis le regain d’attrait pour ce long périple qui séduit tant de marcheurs occasionnels ou acharnés, en quête spirituelle ou sportive. C’est un Brésilien, Paulo Coelho, qui donna envie à des milliers de personnes de marcher sur ces routes anciennes (livres Le Pélerin de Compostelle, 1987 en portugais, l’Alchimiste, 1988 en portugais et 1994 en français). Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ce livre de J-C Rufin : Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi (2013).

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Tous les chemins mènent-ils à Rome ? Ceux-ci vont vers le Finis Terrae espagnol, Saint-Jacques de Compostelle. Toulouse est une étape bien connue, puis un chemin passe près de chez moi, quelques kilomètres plus à l’ouest ! Vous pouvez aussi lire ici un article sur l’étape de Conques en Aveyron.

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Dans le monde du patchwork, le motif de la coquille ne cache pas son origine : sa forme évoque de suite la fameuse coquille Saint-Jacques, elle-même populaire à la fois en gastronomie (sa noix !) et en signe religieux ou culturel, en particulier pour le fameux pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle. En anglais, ce modèle s’appelle shell (coquille) ou clam (coque, palourde)… ou clamshell !

Astérix et les Normands / Goscinny & Uderzo
Autre coquille, celle de l’huître… dont je ne mange que l’intérieur, contrairement à Obélix (Astérix et les Normands page 12, Texte de René Goscinny, Dessin d’Albert Uderzo)

 Ce motif est universel, j’avais déjà évoqué le seigaiha dans cet article. Je n’essaierai pas d’être exhaustive au sujet des coquilles en patchwork, car on trouve de nombreuses manières de les préparer, de les assembler… On pourrait écrire un livre entier ! Un quilt en coquilles, c’est beau comme ça :

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Photo des pages 32-33 de Marie-Claire Idées n° 33 (juin 1999). Un quilt de rêve qui évoque le bonheur d’un pique-nique à la campagne…

Au hasard des publications dans les magazines et les blogs, on a envie de s’y mettre ! La Châtaigne qui pique a lancé ce thème dans son club avec succès, vous en voyez des résultats ici. Le principe est de préparer un gabarit et d’appliquer, ligne après ligne, les coquilles qui se chevauchent.

Espace ou pas d’espace entre les coquilles ? Comment faire les préparatifs pour les rentrés ? Comment coudre et sur quel support ?… Je n’ai pas de réponse unique à toutes ces questions, tout est histoire de choix personnels ! Il faut bien y réfléchir car ce sont ces multiples petits problèmes potentiels qui font que ces ouvrages sont souvent abandonnés. 

51TM9MVEVPLJ’ai cependant un truc peu connu. Je peux chaleureusement vous conseiller d’essayer le point d’échelle invisible. Qu’es acò ? me demanderaient mes amies occitanes. Eh bien c’est simplement le point qu’on fait un peu instinctivement quand on ferme un coussin, un point qui va d’un bord à l’autre et qu’on serre ensuite. Adapté à l’appliqué, ce point a des atouts indéniables : il est absolument invisible et permet de coudre en suivant le trait dessiné à la fois sur le fond et sur la pièce. Ami Simms l’a « inventé », l’a développé dans ce petit livre (dont un chapitre est justement consacré aux coquilles). Nathalie Delarge fit une petite vidéo de présentation de ce point pour l’appliqué il y a quelques années : c’est ici. On se sent un peu maladroite au début, mais le résultat est particulièrement parfait, surtout pour les coquilles (pour lesquelles on n’a aucun besoin de faire les incisions du tissu de fond).

Cette technique de couture réduit le travail de préparation : ni faufilage, ni colle, ni rentré au fer à repasser, ni même emprisonnement du tissu autour du gabarit à l’aide d’un papier aluminium… (Oui, ceci est une possibilité ! Son avantage est que l’arrondi est mieux qu’avec un faufil, voyez ici comment faire chez Poppy Makes.)

Si vous voulez faire un quilt de coquilles en utilisant ce point d’échelle, il vous suffit de marquer au crayon fin votre gabarit sur chaque tissu, sur le devant. Vous suivez parallèlement les deux lignes, en suivant bien les conseils de Nathalie Delarge et cela va tout seul, je vous l’assure ! Le gabarit se fait tout simplement dans un carton ou un rhodoïd, à l’aide d’un compas. Si ce n’est pas clair, je vous ferai un petit tuto en mars !

Quels que soient vos choix techniques, vous aimerez peut-être comme moi ces réalisations qui vous donneront des envies de coquilles :

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Antiquité visible au Victoria & Albert Museum à Londres, présenté par Kaffe Fassett dans un de ses livres. La bordure verte, très sophistiquée, rythme la masse de coquilles.  Il est presque aussi ancien que ce quilt, le plus ancien d’Angleterre, puisque celui-ci date de 1730-1750.
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Ce coussin a été édité dans un de mes magazines préférés, Love Patchwork & Quilting (n° 4). On y  préconise la feuille alu pour obtenir de belles coquilles !
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Anne, des Avalon Quilters, nous donne envie de sortir nos tissus provençaux…

 

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Molly Flanders a essayé plusieurs techniques de préparation, donc celle de l’assemblage à l’anglaise. Sa préférée est finalement à l’aide de colle. J’aime beaucoup son quilting noir à la main !

 

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Matilda Quilt, par Heidi Pridemore. Beaucoup d’élégance !

 

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Diane Stanley et son Clam Bake quilt.

 

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Extraordinaire panneau de Blue Mountain Daisy, fait de cercles de blue jeans, bordés, décorés, brodés, appliqués avec jubilation !

Ici vous avez un article très complet, montrant en particulier ce quilt moderne :

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Glam Clams, Latifah Saafir

 

Si vous lisez l’anglais et que vous souhaitez faire un « quilt-along » (un quilt fait par vous et pour vous, en suivant la dynamique d’un groupe)  sur le thème des coquilles, rejoignez Rachel dans Stitched in Color, cela commence tout juste en ce moment !!

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Et pour terminer, voici les coquilles mal élevées, les renéguates qui n’ont même pas fait rentrer leurs marges de couture. C’est encore Rachel qui montre le chemin :

Stitched in Color
Un ravissant panier décoré de cercles donnant l’illusion de coquilles… Il s’ébouriffera avec le temps !

 Kristine l’Abeille s’en est inspirée pour faire chanter les couleurs brique et évoquer un toit toulousain tout en tuiles :

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Il sera exposé lors des expositions du Patrimoine, préparées par les délégations France Patchwork du patch d’Oc. Comme la trousse de Rachel, les tuiles sont des disques qui se chevauchent, fixés à la machine… Il faut bien la maîtriser pour un beau résultat comme ici ! Son étiquette, au dos, comporte un crayon du souvenir :

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Conférence à Toulouse

Le crazy quilt américain, nécessité et création

Conférencière : Denise Saint-Arroman, artiste quilteuse brodeuse
Date : 26 février 2015, de 17h30 à 19h00
Lieu : Archives départementales – Toulouse

Renseignements : Conseil général – Archives départementales – 11 bd Griffoul Dorval 31400 Toulouse.
Tél : 05 34 31 19 70

Entrée libre et gratuite

Depuis des siècles les femmes américaines cousent des quilts (patchworks). Cette technique dont l’origine se perd dans la nuit des temps est devenue le symbole de l’Amérique et un art à part entière accueilli par les musées.

Mais il témoigcrazyne aussi de la vie des femmes qui les ont réalisés. Simples ou sophistiqués, maladroits ou inspirés , il se sont transmis de génération en génération. C’est un art vivant qui nous émeut justement parce qu’il évoque la vie familiale, la chaleur du foyer.

A travers quelques exemples de « crazy » victorien nous allons plonger dans l’histoire de ces femmes , ressentir comment elles ont exprimé leur besoin de création et d’évasion en réalisant ces objets utilitaires indispensables à la survie de leur famille.

Je note date et heure dans mon agenda et espère pouvoir y aller !

Le dessus-de-lit anglais de 1718

Susan Briscoe est une femme talentueuse et engagée, vivant la plupart du temps en Ecosse mais aussi comme en ce moment parfois au Japon, pays qu’elle chérit et qui l’inspire depuis longtemps. Elle a notamment écrit et conçu ces superbes livres :

Quelques livres de Susan Briscoe, vous en connaissez sans doute certains même si la couverture n’est pas la même ! 

Attention, plusieurs de ses livres ont été publiés en Angleterre et aux Etats-Unis avec différentes couvertures ! Certains sont traduits en français, je vous laisse farfouiller dans votre librairie en dur ou en ligne préférée…

Elle a travaillé ces dernières années sur le plus ancien patchwork anglais connu :

1718 original

Quelle beauté ! Il date, rendez-vous compte, de 1718… Son histoire complète, ainsi que les blocs, sont dans ce livre :

1718 Cover

Je ne l’ai pas encore en ma possession (le livre…), mais je sais que le patchwork original a été assemblé selon la fameuse méthode « à l’anglaise » (tout comme des hexagones : chaque morceau de tissu est bâti sur un gabarit, puis assemblé aux autres par un point de surjet) et il reste quelques papiers coincés au dos : des bouts de factures, des lettres… ainsi que les brouillons dessinés de quelques blocs du quilt ! Le patchwork en mosaïque, tel qu’on l’appelle aussi, était justifié en raison de l’utilisation de soieries et autres tissus si difficiles à travailler. Susan a fait une réplique de ce beau vétéran, cherchant longuement des tissus convenant au plus près. Elle a, par exemple, sélectionné un ancien Yukata (tissu japonais) pour mettre à la place d’un tissu de soie rayé. Elle conseille aussi de chercher du côté de certains batiks pour faire l’illusion de certains damassés. Passionnante recherche !

Les tissus sont majoritairement issus de robes usagées avec plus de 120 tissus différents, dont un morceau est certifié datant de 1640 ! Ce « coverlet* » est une ode à la récup ! J’en aime particulièrement les couleurs, toutes issues de teintures naturelles (évidemment, vu la date) et cela me fait penser à ma copine d’Ariège, spécialiste médiévale, qui nous écrira prochainement dans la Ruche. Surprise !!

Je crois comprendre que, dans ce livre, plusieurs propositions d’assemblage plus modernes et rapides sont expliquées, et je dois vous dire que de nombreuses quilteuses britanniques s’y sont mises !

Une artiste céramiste a même fait quelques plaques inspirées de ce patch :

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ceramic blocks

 

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 Cette céramiste, qui semble dédiée au monde du patchwork, a son site ici : Cathy Daniel.

Cet ouvrage vous tente-t-il ?  Bien sûr, vous pourrez y mettre un crayon ! La merveilleuse idée d’un crayon sur vos quilts millésime 2015 se répand vite, même jusqu’aux Etats-Unis.

 *Coverlet signifie que le top est doublé mais non quilté.