Même si une partie de la Grande-Bretagne souffre encore d’intempéries dramatiques comme sur notre côte ouest française, il est permis de croire que c’est le dernier assaut de l’année… Et enfin, on va pouvoir dire : après la pluie, le beau temps !
A l’ouest,Valériane Leblond reste inspirée par les temps changeants…
Du côté de Londres, l’Américaine Tracy Chevalier reste en relation proche avec le monde des quilts. Dans cette interview que m’a très gentiment signalée une lectrice, l’écrivain parle de son habitude de s’immerger dans le monde de ses personnages et que cela l’enrichit toujours. Ainsi, elle continue à quilter pour le plaisir de la détente que cela lui procure et décrit bien également les bienfaits des réunions d’Abeilles : »C’est relaxant. Quand je travaille avec des copines quilteuses nous parlons de nos vies et de ce qui se passe dans le monde. Parfois nous restons juste assises à coudre ensemble en silence, cela dépend de notre état d’esprit du moment ».
Dans le Kent (sud-est de la Grande-Bretagne) se trouve un château, Danson House, dans lequel ouvre le mois prochain une exposition sous l’égide de Tracy Chevalier. Ma romancière préférée attise la curiosité avec ce thème : « Things we Do in Bed », les choses que nous faisons au lit… Larges perspectives ! Mais il s’agit justement d’une exposition de quilts, sous lesquels nous dormons et passons un tiers de notre vie…
Et Tracy Chevalier assurera une conférence le 2 avril sur les raisons de cette exposition. Gageons qu’un des quilts dont elle parlera le plus sera celui-ci :
Ce quilt est le résultat d’une commande de l’auteur. Une association (Fine Cell Work) enseigne les travaux d’aiguille auprès de détenus et les vend à des fins caritatives ; avec elle, Tracy Chevalier a demandé la création de carrés dans lesquels les prisonniers expriment leurs relations avec le sommeil. Expression de leurs angoisses, leurs insomnies, leur culpabilité, leurs espoirs, ce quilt, résultat de cette requête, est poignant. Vous pouvez lire le reportage de Tracy Chevalier sur son site officiel (mars 2014). Même si vous ne lisez pas l’anglais, vous verrez des détails photographiés de cet ouvrage.
Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec ce que d’autres femmes Quakers firent au XIXe siècle… Tracy Chevalier, amie des valeurs Quaker, assure la perennité de cette aide aux plus rejetés…
…Threads of Memory, une nouvelle aventure historique, culturelle et artistique proposée par Barbara Brackman, a commencé samedi dernier ! Alors que le défi « Austen Family » annoncé ici sera un rendez-vous hebdomadaire, les Fils (pour coudre, non les fils de leur maman !) de la Mémoire proposent un bloc mensuel tout au long de l’année 2014.
Avec cette grande historienne, chaque bloc présenté est associé à une histoire, un lieu, une personne, en lien avec le thème général. Ses présentations historiques sont fouillées et aboutissent souvent à la publication d’un livre, dans lequel sont présentés les Samplers faits par des quilteuses du monde entier. Les Françaises sont en très bonne place ! Nous avons la réputation de très bien travailler.
Ce film, actuellement en salles, est complètement dans le thème de ce sampler.
Que nous réservent les Fils de la Mémoire ? Nous plongerons dans le thème des esclaves du Sud des Etats-Unis fuyant leur condition, cherchant à rejoindre le Nord, vers la liberté. Ce qu’on appelle l’Underground Railroad est un réseau de chemins avec des personnes aidant les fugitifs au péril de leur propre vie. Barbara Brackman nous promet « des histoires vraies », car depuis le début des années 90 sont apparues, sur la foi d’un récit transmis oralement, un mythe sur des signes cachés dans les quilts pour aider les esclaves à trouver leur chemin. J’attends justement les résultats des dernières recherches de BB à ce sujet ! Aux dernières nouvelles, ce n’est qu’une belle histoire inventée qui, à force d’être racontée, fait presque partie du patrimoine américain…
Concrètement, le Sampler « Threads of Memory » sera composé de 12 blocs (un par mois) de 12 inches, chacun sera une étoile. Une dimension généreuse qui facilite la patchwork, accessible aux moins expérimentées. Certaines redessineront certainement les blocs à une autre échelle !
Un nouveau bloc paraît sur ce blog tous les derniers samedis du mois. Le premier bloc est déjà en ligne ici.Bloc Star of Portsmouth par Jean Stanclift
Et pour celles qui ne l’ont pas encore lu, « La Dernière Fugitive » de Tracy Chevalier est un roman qui évoque ce thème de l’aide très risquée des fugitifs noirs. Et vient la lancinante question : et moi, qu’aurais-je fait ?
Les romans de Jane Austen, parfois fort mal traduits en français, ont souvent relégué cette immense écrivaine (j’ai encore du mal à féminiser ce mot, pourtant je ne suis pas contre, et vous ?) dans la catégorie des romans à l’eau de rose, occultant ainsi la finesse psychologique et l’humour qui les caractérisent.
L’historienne Barbara Brackman a décidé de se plonger dans l’époque du tournant du XIXe siècle en Angleterre, proposant chaque semaine à partir d’avril 2014 un aspect de la vie de Jane Austen et un bloc de 12 inches (environ 30 cm)… Encore une folle tentation !
Plusieurs de nos pays européens s’enorgueillissent de cathédrales gothiques, merveilles architecturales, qui prirent pour moi corps et chair en lisant « Les Piliers de la Terre » et « Un Monde sans Fin » de Ken Follett. Des Maîtres Verriers avaient leur part de travail presque magique ou divin pour faire entrer la lumière à travers des images translucides aux couleurs inouïes. L’une des cathédrales les plus abouties est celle de Chartres, si visible de loin quand on se promène dans la riche plaine céréalière beauceronne. Le bleu de Chartres fut le thème d’une grande exposition de quilts, organisée par France-Patchwork 28, en l’an 2000. Notre Abeille Christine participa à ce concours, nous en avions déjà parlé ici.
Vous voyez ci-contre le vitrail du zodiaque, une des merveilles de cette cathédrale, alliant les douze signes zodiacaux aux travaux des champs, visitant ainsi les labeurs de toute l’année. Parmi toutes les couleurs, le fameux bleu illumine les motifs d’une lumière magnifique.
Le bloc de patchwork que nous connaissons sous le terme de « Cathedral Windows », ou Fenêtres de Cathédrale, a une origine asiatique évidente. C’est une directe cousine des origamis et autres pliages de papier. J’ai rencontré par hasard l’utilisation de cette technique ancestrale sur un vêtement traditionnel exposé en août 2012 à Labastide Rouairoux :
Porte-bébé fait en Asie, XXe siècle. Le modèle est ancien mais la fabrication contemporaine. Les minuscules dessins sont des « Cathedral Windows » avec toutes sortes de tissus, y compris synthétiques, utilisés en accents de couleurs. Les intersections sont ornées par des « fleurs » en tissu. Il faut dire que c’est vraiment minuscule !
Toutes les sources américaines s’accordent à dire que le succès du Cathedral Windows en tant qu’ouvrage occidental a commencé juste après l’exposition internationale de Chicago en 1933. Mais quel ouvrage, quel quilt fut-il exposé pour susciter ensuite un tel engouement ? Je n’en ai trouvé nulle trace. Vous savez maintenant pourquoi j’ai fait des recherches sur l’exposition universelle de Chicago et son exposition de quilts ! Ce n’est qu’après cette date que les Cathedral Windows « quilts » fleurissent aux Etats-Unis. Le mot quilt est impropre puisque l’ouvrage n’est pas molletonné ni matelassé, mais par convention nous le maintenons :
Ci-dessus, quilt ancien exposé en Virginie avec lumière en contre-jour.
Quilt contemporainphotographié avec la même envie de faire ressortir l’effet vitrail.
Au début des années 90, ce fut la folie des fenêtres de cathédrales remaniées, allongées, sous l’impulsion de Lynne Edwards. Un autre livre est plus récemment paru, toujours sur le même thème. Les tissus qu’elle utilise -soies, batiks…- donnent un effet saisissant, contemporain et très recherché.
Puis vint le temps des « faux » vitraux, les carrés japonais à base de cercles. Amusants à faire, mais on s’en lasse aussi…
Variante très sophistiquée des « carrés japonais », appelés aussi Atarashii dans ce livre :
Et voilà que revient ensuite l’envie du traditionnel ! Comme ce travail est long à la main, de nombreux blogs montrent comment faire des vitraux de style classique à la machine. Le résultat est souvent approximatif, je préfère la précision de la couture à la main pour un résultat parfait comme ici par exemple :
Tissu écru uni et imprimé japonais contemporain fleuri se complètent merveilleusement. Allez voir les autres photos de ce magnifique ouvrage par ici : Mishellsoup
Autre ouvrage très attirant : mettez en scène les napperons, broderies, dentelles d’antan ! Voyez ci-dessous cet exemple si joliment fleuri :
Cela me fait irrésistiblement penser au challenge d’Emma l’année dernière ! Au lieu de conserver vos trésors dans les tiroirs, vous pouvez, si vous osez, les remettre au goût du jour…
Pour finir ce petit tour des vitraux classiques, en voici un beau scrappy, très « années 40 », dont le succès ne se dément pas aux Etats-Unis :
Détail d’un quilt exposé en 2011 (Utah Quilt show). Désuet peut-être, mais toujours charmant et très agréable à coudre car on peut transporter, aussi facilement que des hexagones, des bouts de cet ouvrage à coudre n’importe où !
Si cet article vous donne envie de commencer un tel ouvrage, surtout ne vous en privez pas, comme tout travail à la main, le processus est gratifiant. Le plus difficile est de faire le pliage au fer sans déformer le tissu. Mon petit truc est d’utiliser une bombe d’aide au repassage (amidon ou autre) pour rigidifier temporairement le tissu. Ici un tuto pour les adeptes du travail à la main : http://patchworkdelights.blogspot.fr/2010/08/cathedral-windows-tutorial.html . Amusez-vous bien !
Sears Roebuck Company, l’une des plus grandes chaines de distribution de détail du monde, est un des fleurons de l’économie de Chicago. Pour l’exposition universelle de 1933, ils se devaient de faire une manifestation d’envergure pour toucher le grand public féminin, cible principale de leur commerce. Ils ont donc lancé dans tout le pays une collecte de quilts pour faire une grande exposition-concours. Le succès a été phénoménal puisque, peut-on l’imaginer, 25 000 quilts furent enregistrés !!! Après différentes sélections locales puis régionales, 30 quilts seulement finirent à l’Exposition Universelle… et le choix fut largement contesté.
Voici une infime part des quilts proposés :
Quels sont les ingrédients de ce succès ? Dans cette période noire de crise économique majeure, ce concours était fort attractif : le premier prix serait doté de 1 000 $ et de nombreux autres prix, régionaux ou nationaux, se partageraient la somme fabuleuse de 6 500 $… Beaucoup de gagnants car de nombreux lots ne se sont élevés qu’à 2 ou 5 $ ! De quoi faire rêver les Américaines dans le besoin et parfois même la misère, d’autant plus que les calculs d’estimation donnent un pouvoir d’achat de 10 dollars actuels pour 1 dollar de 1933… Le premier prix est donc d’à peu près 10 000 dollars ou 7 500 euros, pour vous donner une idée !!!
Les conditions d’entrée d’un quilt étaient simplement d’avoir été créé récemment et jamais encore exposé : les organisateurs voulaient une expo de nouveautés et non une rétrospective de quilts anciens. Sears se chargeait aussi, dans ses magasins et catalogues, de donner des conseils pour les néophytes. La société organisatrice souhaitait faire consommer mais aussi voulait que cette exposition soit la vitrine de l’air du temps. Alors très vite l’engouement pour la fabrication de quilts dans tout le pays s’est propagé, de très nombreuses femmes ont fait leur premier ouvrage dans l’espoir de gagner une part du gros gâteau offert par Sears ! La joie de quilter redonna de l’entrain, l’espoir de gagner insuffla de la joie, et toutes furent fières de participer… C’est ainsi que des milliers de quilts furent faits au cœur de la Grande Dépression.
Concours lancé en janvier 1933, délai de dépôt à la mi-mai : pas une minute à perdre !
Arrivée des quilts – ouverture par les employés de Sears
Barbara Brackman et Merikay Waldvogel racontent dans le livre ci-dessous leur longue enquête sur l’organisation de cet événement majeur pour les quilteuses de l’entre-deux guerres et leur recherche des quilts gagnants*.
Elles évoquent aussi les conditions de travail de ces quilteuses, leurs inspirations… Savez-vous par exemple qu’en raison de la cherté des tissus en période de crise, certaines femmes ne cousaient qu’avec 1/8e d’inch (3 à 4 mm) de marge de couture ? Avec très peu de moyens, elles ont pourtant cousu d’époustouflants compas de mariniers et tant d’autres merveilles…
On imagine donc que le premier prix serait un quilt absolument extraordinaire! Barbara Brackman exprime clairement sa déception au vu des photos du quilt gagnant :
Margaret Rogers Caden de Lexington (Kentucky), a gagné le grand prix tant convoité avec son quilt intitulé « Star of Bluegrass » (environ 180 x 230 cm), ouvrage aux blocs piécés parfois appelés « Harvest Star », « étoile de la moisson ». La dominante verte (vert nil) très à la mode en tissus unis de la collection de Sears, a peut-être influencé le jury, mais aussi les très fins petits points de quilting et, plus sûrement encore, le trapunto qui rehaussait les feuilles ou plumes du matelassage. Mais par rapport à tant d’autres quilts présentés, celui-ci fait quand même bien pâle figure… Est-ce un choix par défaut, faute de consensus ?…Les juges de Sears examinent le quilt ayant remporté le Premier Prix.
Comme prévu, le quilt grand gagnant est offert à la Première Dame Eleanor Roosevelt. Exposé pour la seconde saison en 1934, le quilt a ensuite disparu.
On peut se dire simplement « tant mieux pour cette dame qui a gagné, même si on n’aurait pas personnellement voté pour elle ». Oui mais… Le scandale est ailleurs. Cette dame tenait avec sa sœur un magasin de tissus dans sa ville et elle mit sur pied une quilting bee de quatre personnes (Ida Rohrer, Allie et Ruth Price, Mattie Black), les rétribuant, certes, mais si peu. Elle créa le modèle, les dirigea, mais n’en fit aucun point, alors qu’elle certifie par écrit, à l’inscription du quilt, que cet ouvrage fut entièrement fait par elle seule ! De nombreux quilts proposés au concours étaient officiellement cousus à plusieurs mains, mais Margaret Caden a choisi d’évincer ses Bees qui ne verront pas un cent des 1 000 $…
Dans le journal local, on fait état de l’éclatante victoire du « génie du Kentucky », avec la photo du chèque. Qu’est devenue cette dame après avoir encaissé le pactole ? Peut-être partie en retraite dorée en Floride, là où elle avait déjà des liens. Une des « bees » a dénoncé le scandale quelques années plus tard, montrant des preuves de sa participation au quilt (des morceaux de tissus, des essais de trapunto)
Barabara Brackman ne perd pas l’espoir de retrouver ce fameux quilt, même si les inventaires de la Maison Blanche ont vite perdu trace de l’ouvrage gagnant. Le modèle de ce quilt a été ultérieurement vendu sous le nom de « Mountain Mist Pattern n° 100 Star of Bluegrass », on en a donc plusieurs copies. On doit dire aussi que le trapunto connut ses années de gloire aux Etats-Unis à la suite de ce prix, mais l’indélicatesse flagrante de la gagnante entache toute l’histoire.
Quilt fait à partir du modèle publié en 1948 (quilteuse inconnue) copié du quilt imaginé par Margaret Caden.
*A noter l’extraordinaire travail d’historiennes mené par Merikay Waldvogel et Barbara Brackman. On peut trouver dans www.quiltindex.org des fiches extrêmement complètes sur les quilts exposés, leurs créateurs (quelques hommes!), leur propriétaire actuel… Fiches tellement précises (origine sociale, ethnique, religieuse…) qu’on n’aurait pas le droit de les faire en France !
Scherenschnitt : derrière ce mot indigeste si on ne le comprend pas se cache un passe-temps ancien érigé parfois en art : la découpe de papier aux ciseaux. Comme souvent, la Chine pratique cet art depuis plus d’un millénaire ! Il semblerait que les débuts soient liés à l’idée de faire des pochoirs pour décorer la porcelaine. Le mot consacré à ces petits tableaux de papier noir est allemand (Scheren : ciseaux, Schnitt : coupe) car cet art est devenu très prisé en Suisse et en Allemagne :
Quelle folle dextérité ! Notez la belle symétrie du tableau. Les thèmes sont infinis et les émigrés européens ont fait suivre cette activité en Amérique, principalement en Pennsylvanie. On soupçonne donc que les motifs d’appliqué Baltimore proviennent de Shrerenschnitte, les premiers blocs ayant cette symétrie « en flocon de neige » (nos pliages et découpages de maternelle améliorés !) :
Appliqué de style Baltimore datant de 1845 (Maryland)
Cet art du Scherenschnitt, maintenant internationalisé et traduit « papercut » en anglais (« kirigami » en japonais !), connaît un regain d’intérêt dans le monde des arts créatifs.
Plus communes mais si populaires pendant les siècles derniers sont les silhouettes, découpées elles aussi dans du papier noir :
Etienne de Silhouette (1709-1767) fut en 1759 le contrôleur général des impôts de la royauté française sous Louis XV. Très impopulaire dans un monde en crise, son nom fut raillé et utilisé pour, notamment, des dessins d’un trait en ombre chinoise, bien meilleur marché qu’un portrait en couleurs :
Et voilà que ce monsieur si décrié laisse pour la postérité son nom devenu commun !
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Claire Storrer, quilteuse alsacienne, a repris cette tradition de la silhouette… en appliqué, avec ce joyeux couple d’enfants alsaciens à la manière du dessinateurHansi :
On devine de joyeux enfants un peu délurés et si sympathiques ! L’encadrement est en dentelle ancienne et en tissu kelsch, typique de l’Alsace.
Autre tableau reprenant cette tradition :Karin Weiss a mis en scène ce joli couple à la manière d’un chromo d’antan avec un cœur de houblon très minutieusement fait. La bande blanche en tulle représente-t-elle le voile de mariée ?*
Ces magnifiques petits quilts font partie de la Valise France-Patchwork 67 (La Bière d’Alsace). Callale l’Abeille, Alsacienne de cœur, nous a décrypté quelques autres références culturelles et symboliques lors d’un stage de l’amitié hier en Haute-Garonne. Bientôt elle nous en fera ici un article !
(photos des quilts : Callale)
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* J’ai été nulle ici : les copines alsaciennes m’ont amicalement fait remarquer que la bande blanche symbolise la mousse de bière, l’ouvrage est quilté avec des bulles qu’on voit bien sur l’ambre de la bière… Mes excuses à Madame Weiss !
Pour beaucoup de quilteuses, le Log Cabin est la quintessence du patchwork, LE bloc qui a donné envie un jour de se lancer dans ce loisir qui peut devenir une passion, une expression artistique…
Les Editions de Saxe nous gâtent avec ce numéro spécial sur ce bloc dans son aspect le plus pur et dans de multiples formes revisitées. C’est dans la série des trimestriels en collaboration avec Quilts Japan.
Je le feuillette depuis hier. Les quilts sont ici réunis mais beaucoup ont déjà été publiés, exposés, récompensés… On a ici « le meilleur » du log cabin à la Japonaise. Les photos superbes donnent tellement envie de se lancer de nouveau dans ce motif ! Déjà, vendredi lors de notre rencontre entre Abeilles, Martine nous a montré son Log Cabin en cours… Il sera cozy, chaleureux, il a fait l’unanimité !!
Dans ce numéro donc, nous voyons de nombreux ouvrages de Japonaises, la plupart très connues. Shizuko Kuroha, érigée en « trésor national » au Japon (la seule quilteuse ayant eu ce titre très honorifique*), est bien sûr représentée, mais vous en saurez bien plus si vous vous procurez ces livres :
Celui de gauche est en édition allemande mais est aussi édité par Quiltmania en français et anglais (« Indigo et Sarasa »). Celui de droite est épuisé depuis longtemps…
Fan de bleu et blanc, j’aime énormément le modèle de Felisa Nakazawa, devenu « le modèle des petits bateaux » en France. Il est l’un des exemples de Log Cabin à partir d’un centre non carré.
Ce quilt est fait de nombreux tissus de récupération en lin ou coton. Felisa fait de très nombreux modèles à succès dans les revues japonaises et organise de nombreux stages. Je vous avais déjà montré un de ses quilts ici.
Et puis je vous laisse découvrir tout le reste ! Attention, si c’est écrit « Galerie », cela signifie que vous n’avez pas les explications dans le magazine. L’éditeur a fait un effort de présentation pour ne pas décevoir celles qui trouvaient dans les numéros précédents que trop de quilts présentés n’étaient pas expliqués.
Concomitance, hasard ou air du temps, Denyse Saint-Arroman préparait depuis quelques mois, à la demande de ses élèves, un petit recueil sur le Log Cabin… qui devient finalement un livre ! Ah ce thème inspire à l’infini ! Auto-édités, les livres de cette artiste commencent à être vendus sur Amazon : pensez à vos commandes pour Noël !
* fausse info que j’ai lue dans la presse française… Voir les commentaires !
Même si les tournesols de l’année sont à présent séchés et récoltés, j’ai envie de vous parler aujourd’hui de ces soleils des jardins. Enfant citadine, je ne connaissais des tournesols que les peintures de Van Gogh qui ornaient parfois des boîtes de chocolat ou de gâteaux. Culture naguère confidentielle dans notre pays, nous nous réjouissons de voir maintenant ces champs radieux… en espérant que ce sont des cultures respectueuses de la terre nourricière et des insectes butineurs.
Si la culture du tournesol (pour l’huile) ne s’est étendue en France qu’à partir des années 1970, ces fleurs monumentales attirent depuis longtemps les jardiniers et Claude Monet ne pouvait y rester sensible : à Giverny il en poussait chaque année, et déjà à Vétheuil, dans son jardin précédent, il y en avait des rangées entières :
Le jaune orangé des fleurs est idéalement complété par le bleu du ciel, des ombres et des poteries chinoises (« Jardin de l’artiste à Vétheuil », 1880)
Encore bien plus connus sont les tournesols en vase de Van Gogh, série de tableaux répartis dans plusieurs musées et chez de rares collectionneurs particuliers. On peut parfois jouer au jeu des différences tellement certains se ressemblent ! Mais la peinture vigoureuse de Van Gogh éloigne ces natures mortes des simples représentations décoratives, on peut deviner avec ses fleurs à tous les stades de maturité une allégorie de la vie…
Découvrons aussi aujourd’hui une artiste qui a rendu hommage à Van Gogh à sa manière : Faith Ringgold.
Faith Ringgold, née à Harlem (New-York) en 1930, a toujours voulu faire passer ses idées via ses peintures et quilts.
Femme très connue aux Etats-Unis, elle fit partie de tous les combats des années soixante/soixante-dix pour l’émancipation des femmes et contre le racisme. Elle a également contribué à ce que l’art du quilt sorte des arts mineurs et soit considéré aussi comme une oeuvre artistique à part entière digne des plus grandes galeries.
Dans les années 90, Faith Ringgold a beaucoup ironisé sur le paradoxe de l’art moderne, en particulier le cubisme, parti de l’art « primitif » africain pour en faire de l’art « civilisé » occidental. Elle a fait aussi des mélanges de genres, utilisant des thèmes de peintres mondialement connus pour faire passer des messages propres à ses causes. Ainsi, les tournesols de Van Gogh sont-ils interprétés dans ce quilt :
Cette « quilting Bee » dans un champ d’Arles (on reconnaît des maisons peintes par Van Gogh) réunit les grandes figures du combat des femmes afro-américaines sous l’œil bienveillant du peintre. Les couleurs de peau des visages répondent aux couleurs des tournesols. Quilt majoritairement peint mais aussi piécé.
Thème similaire, celui-ci inclut tournesols (encore assimilés aux visages) et champ de coton, symbole de l’esclavage… et de la matière première du quilt.
Cette artiste est très connue des enfants car elle a édité des livres pour eux et ses tableaux/quilts sont souvent étudiés en classe tant pour leur technique que pour l’histoire qu’ils racontent.
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Les tournesols, plantes d’origine américaine, ont leur juste place dans les quilts. Ils poussent si bien dans les grandes plaines centrales du Canada et des Etats-Unis ! Le bloc traditionnel est le suivant :
Bloc interprété par Becky Brown
Il fut proposé par Barbara Brackman en bloc du Grandmother’s Choice Sampler quilt, voyez ici l’article à ce sujet. Je l’avais interprété ainsi :
Difficile à piécer ! Dans l’Encyclopédie des blocs piécés de Barbara Brackman*, il existe beaucoup d’idées de tournesols, parfois proches d’une assiette de Dresde ou d’une roue. Pour symboliser les tournesols, on peut aussi choisir un autre bloc, plus facile et néanmoins spectaculaire, comme cette variante de « the wheel of fortune » :
Ce livre comporte plusieurs interprétations du bloc de la Roue de la Fortune, on en voit une sur la couverture en bas à droite.
Avec des couleurs ensoleillées on peut en faire un tournesol ! Qu’en pensez-vous ?
Pour finir, une belle réussite d’art classico-contemporain :
Les quilteuses ont souvent une certaine connaissance du mouvement religieux Amish grâce à l’esthétique particulière de leurs quilts, souvent reconnaissables au premier coup d’œil, probablement inspirés des quilts gallois.
Ces familles d’origine européenne ont codifié leur manière de vivre à l’écart de la société occidentale avec leur propre langue, leur système d’éducation, leur codes vestimentaires, leurs croyances… Pour bien plus de renseignements, vous pouvez lire par exemple les livres de Jacques Légeret (en français).
Bien moins connus du grand public français, les Quakers sont faussement assimilés à une célèbre marque de flocons d’avoine ! Ce sont à l’origine deux fermiers de l’Ohio (même pas quakers!) qui décidèrent de vendre leur meilleure avoine en petits paquets au lieu de grands barils. Comme ils prônaient la haute qualité de leurs céréales, leur honnêteté et leur rigueur dans leur travail, ils choisirent le mot « quaker » pour véhiculer toutes ces valeurs.
Les Quakers attirent mon attention depuis que j’ai lu le livre de Tracy Chevalier « The Last Runaway » (dont la traduction, « La dernière Fugitive », paraîtra le 17 octobre). Si les Quakers américains sont généralement, tout comme les Amish, descendants d’émigrants européens souhaitant vivre leur religion sans entrave, ils sont, eux, pleinement intégrés et acteurs dans la vie sociale et économique de leur pays.Ici vous trouverez un articletrès intéressant de Sébastien Fath, chercheur au CNRS, sur les Quakers.
En effet, les Quakers sont réputés pour leur honnêteté, leur simplicité vestimentaire, leur égalitarisme et surtout leur idéologie pacifiste. Toutes ces caractéristiques mènent les Quakers à être souvent très actifs au niveau social et à créer de grandes ONG (voir un article ici).
Un exemple remarquable de ces activités humanitaires avant la lettre est la vie d’Elizabeth Fry. Née en 1780 dans une famille quaker britannique aisée, mariée à un non moins riche Quaker, cette femme aux onze enfants aurait pu rester confinée dans la vie confortable mais tristounette que lui réservait son niveau social à l’époque pré-victorienne. Mais ses convictions religieuses la mènent à s’occuper très tôt des pauvres, des malades, des prisonniers. Elle réussira notamment à améliorer les conditions de (sur)vie des femmes et de leurs enfants détenus et ouvrira la voie vers l’éveil des femmes, notamment les Suffragettes.
Hormis la Reine, rares sont les femmes à avoir l’honneur d’être sur un billet de banque anglais. Elizabeth Fry sera progressivement remplacée par une autre anglaise, Jane Austen, à partir de 2017.
Un exemple parmi d’autres, ses idées de dons pour la protection des prisonnières anglaises envoyées en Australie. Savez-vous que des milliers de détenus furent déportés vers ce nouveau continent pour désengorger les prisons londoniennes… et peupler ces terres du bout du monde ? Beaucoup d’hommes, bien moins de femmes. Il en fallait quand même… Alors des femmes de tous âges, souvent inculpées pour de petits larcins, étaient déportées et enduraient d’extrêmes conditions de vie qui les menaient souvent à la prostitution, pour leur propre survie. Elizabeth Fry, avec son association « The Quaker Group », faisait distribuer aux malheureuses exilées en partance forcée tout le matériel pour fabriquer un quilt pendant leur long voyage : des aiguilles, du fil, des tissus, des ciseaux… Elles avaient ainsi une occupation dévoreuse de temps et, à leur arrivée, un bien à vendre (leur propre quilt) pour partir sur de meilleures bases. Il reste peu de témoignages de ces quilts faits entre l’Angleterre et ses colonies, hormis un ouvrage connu sous le nom de Rajah Quilt.
Un beau voilier commercial baptisé le Rajah fit un seul voyage d’Angleterre vers la Terre de Van Diemen (devenue par la suite Tasmanie, île faisant partie de l’Australie actuelle) en 1841 en tant que transporteur de prisonniers, 180 femmes en l’occurrence (avec 10 enfants), dont la liste est connue. Parmi toutes ces femmes, vingt à trente d’entre elles firent un quilt en commun dans la pure tradition britannique d’alors avec un médaillon central, du patchwork, des applications, de la broderie perse (applications de chintz), diverses broderies parmi lesquelles un médaillon brodé pour la postérité :
Fine broderie au fil de soie qui se trouve sur la dernière bordure du quilt.
La traversée dura 15 semaines et à l’arrivée le quilt fut offert à la femme du gouverneur local qui admira la qualité du travail. Puis c’est le trou noir ; le quilt a mystérieusement été redécouvert dans un grenier en Ecosse en 1987 et acquis par la National Gallery of Australia dès 1989.
C’est un immense ouvrage (325 sur 337 cm) et on constate par la différence des points que des femmes très expérimentées tout comme des néophytes ont participé à sa réalisation. Kezia Hayer, qui s’occupait déjà en Angleterre des femmes incarcérées, fut mandatée par Elizabeth Fry pour superviser à bord les conditions de vie des prisonnières et les aider à créer un quilt en commun… La belle histoire est que Kezia épousera 2 ans plus tard le capitaine du Rajah, Charles Ferguson ! Ils eurent 7 enfants, tous nés en Australie.
Le capitaine Charles Ferguson et Frezia Hayter se marièrent à Hobart, alors encore colonie pénitentiaire, qui est aujourd’hui la ville la plus peuplée de Tasmanie.
Voici donc le Rajah Quilt dans toute sa splendeur :
J’aime également un blog tenu par une généalogiste amateur, quilteuse de surcroît, fière de son arrière-arrière-arrière grand-mère (7e génération) qui était à bord du Rajah. Elle se plaît à croire que son aïeule participa à ce quilt-témoignage. Voici le lien vers ce blog : http://www.rajahsgranddaughter.blogspot.com.au/
En 2010, ce quilt a été exposé au Victoria & Albert Museum de Londres et a suscité une grande émotion, ranimant des pans de l’histoire anglaise et australienne. Le Rajah quilt est devenu un symbole pour ces deux pays, témoignage à la fois de cette immigration contrainte, des belles actions des Quakers et tout particulièrement Elizabeth Fry.
Voici la couverture du livre reprenant une exposition majeure qui a eu lieu en 2010 à Londres. A cette occasion, le Rajah Quilt refit le long voyage qui le vit naître…
(Merci à Odile qui a suscité ma curiosité au sujet du Rajah Quilt !)
Ecriture de Jane Austen, écrivain britannique (1775-1817)
J’emprunte le titre d’un film (pas encore diffusé en France) pour vous parler d’un pilier de la littérature anglaise : Jane Austen. En juillet dernier, Arte a eu la belle idée de rediffuser des films de la BBC inspirés de ses romans, ces trésors aux histoires pleines d’amour, de légèreté et de finesse, d’ironie parfois mordante, d’humour pétillant… et une représentation unique d’une certaine société anglaise au tournant du XIXe siècle. Telle une historienne du quotidien de la vie britannique d’alors, Jane Austen nous fait vivre dans les principes de son temps, tout en critiquant finement grâce à des héroïnes souvent brillantes, fortes et attachantes. Naturellement, j’ai voulu rafraîchir la mémoire de l’ex-étudiante en anglais que je suis et j’ai découvert sur le Net un engouement insoupçonné pour cet écrivain !
Des Etats-Unis à l’Australie, du Canada à l’Angleterre (of course) et même en France, de nombreux blogs ne traitent que du petit monde de Jane Austen : sa vie, ses romans, les adaptations, les influences… Elle est même l’objet d’un vrai culte et d’une économie florissante autour de voyages organisés, d’objets dérivés multiples… Moi qui croyais que l’idée de P.D. James était très originale en écrivant « La Mort s’invite à Pemberley« , suite d' »Orgueils et Préjugés » ! Pour ne pas me disperser, je me suis concentrée sur le très joli blog, bien écrit et illustré, d’Alice : Jane Austen is my Wonderland… Contrairement au titre, le blog est en français ! Vous y trouverez de nombreux articles et des liens pour butiner si le sujet vous intéresse.
Comme toutes les femmes de l’époque, Jane Austen (1775 – 1817) brodait, cousait… et pour son plaisir, elle a fait, en compagnie de sa mère et de sa sœur Cassandra, un patchwork ! Ah voilà que je vous intéresse encore plus !… Cet ouvrage est remarquable à plusieurs titres. Décortiquons ensemble ses particularités, si vous voulez bien faire un petit tour dans le passé avec moi.
Nous sommes en Angleterre, au début du XIXe siècle. Les trois Dames Austen collectent les tissus afin de continuer leur ouvrage, en témoigne la lettre datée de 1811 de Jane à sa sœur : « As-tu pensé à récupérer des tissus pour le patchwork ? Nous sommes bloquées » (très librement traduit de “Have you remembered to collect pieces for the patchwork… we are at a standstill”). Leur ouvrage fait en commun est piécé dans la tradition anglaise, avec des morceaux de carton ou papier soigneusement découpés en gabarits, eux-mêmes enveloppés de tissus, puis assemblés au petit point de surjet. C’est ce qu’on appelle encore la méthode à l’Anglaise.
Portrait de Jane Austen
Le patron est absolument unique, inventé par ces Dames. Si le médaillon (grande pièce centrale) est figure commune de ce temps-là, l’assemblage de losanges est alors inédit : autour du centre en forme de grand losange, un ensemble de losanges de taille moyenne, avec des bandes intermédiaires forment la plus grande partie du top, puis viennent de très petits losanges (environ 2 400 !) en bordure.
Ces losanges ont donné bien du fil à retordre aux quilteuses des siècles suivants ! Il faut dire que la plupart ont travaillé avec des photos plus ou moins bonnes de l’ouvrage et il est donc difficile de le reproduire ; pensez au luxe d’avoir eu le livre de Brenda Papadakis pour copier le Dear Jane ! Même si l’ouvrage des Austen Ladies n’est pas aussi complexe que le sampler de l’Autre Jane, ce n’est pas tâche facile que d’estimer de loin la taille des losanges. Les quilteuses modernes optent instinctivement pour des angles à 120° et 60°, mais cela donne alors un top bien trop long et trop étroit. Ce ne sont pas les bonnes proportions ! Pourquoi avoir « fait compliqué » ? C’est parce que Jane, Cassandra et leur mère n’ont rien mesuré comme nous ! Sans certitude, on peut seulement imaginer que, partant de leur chintz imprimé central, les Dames Austen ont simplement choisi la taille de leur losange pour cadrer au mieux le pot de fleurs. Il en résulte une forme plus dodue, avec des angles d’approximativement 110° et 70°. Tous les autres losanges auront donc cette même forme, par répercussion.
Malgré une soigneuse rénovation récente, les tissus choisis initialement sont difficiles à imaginer neufs car les teintures ont forcément passé et évolué. On sait que les floraux sont principalement en chintz (coton raidi au toucher soyeux, généralement pour l’ameublement, originaires d’Inde), les bandes intermédiaires en tissu de coton ivoire à petits points ; les losanges sont variés (peut-être 64 différents tissus) soigneusement coupés et centrés. Quant aux petits losanges de bordure (1/9e de la taille des losanges moyens), ils sont de tissus globalement plus foncés que les autres.
Rosalee Clark, une de ces quilteuses passionnées dont je m’inspire largement pour cet article, a découvert une autre particularité de cet ouvrage : si on partage le top en deux dans le sens de la hauteur à partir du milieu, les tissus sont tous disposés en image miroir… oui, même les minuscules losanges !… Elle a soigneusement fait une réplique de l’original qu’elle n’a jamais vu (elle habite en Australie, « un peu » loin de la maison-musée de Chawton Cottage, Hampshire, qui abrite le chef d’oeuvre des Austen Ladies !) :
Différent de l’original mais ravissant !
Une précision encore, l’ouvrage des Austen est un patchwork (assemblage de morceaux) mais pas un quilt (ouvrage matelassé) !! Il est pourtant bel et bien fini, doublé et maintenu par des petits points çà et là, ce qui n’était pas rare en Angleterre à l’orée du XIXe siècle. En anglais on parle alors de « coverlet », en français jeté de lit ou couverture légère.
Chawton Cottage, où vécut la famille Austen à partir de 1809. On peut visiter cette maison dans laquelle on voit le jeté de lit dans la chambre de Jane Austen. Le tout est maintenant protégé par une vitre.
Si vous aussi vous souhaitez réaliser « votre » Austen à losanges, je ne peux que vous engager à vous procurer le livre de Linda Franz (ici) :
Elle vous propose un livre de 48 pages sur ce patchwork, les gabarits exacts et la possibilité de télécharger les modèles pour travailler avec sa méthode « Inklingo » (impression des gabarits directement sur vos tissus avec votre imprimante). Beaucoup de temps gagné ainsi !!
Signalons aussi ce magnifique livre de Linda Franz toujours (en option : 2 DVD), qui a combiné deux chefs-d’oeuvre faits par deux Jane : Linda a conçu un quilt-sampler, inspiré du Dear Jane de Jane Stickle, en… losanges, comme celui de Jane Austen !
Superbe « Love & Friendship » de Linda Franz
Ce qui me plaît le plus dans ce livre, ce n’est pas tant le quilt proposé que toutes les explications très détaillées pour un travail à la main parfait, ainsi que les innombrables citations sorties des six romans de Jane Austen… Un délice que je lis et relis avec la délectation d’une abeille butinant un épi de lavande !
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Pour celles qui trouvent un peu de temps pour faire aussi du point de croix, ce blog montre de charmants petits ouvrages avec des phrases écrites par notre chère JA comme :
Modèles en vente à Sampler Girl – Désolée, j’enlève le lien qui est corrompu…
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Une nouvelle est tombée cet été qui enthousiasme les fans de Jane Austen : le billet de £10 sur lequel figure Darwin sera progressivement remplacé à partir de 2017 (pile 200 ans après sa disparition) par notre chère romancière-couturière !
Petite phrase de Jane Austen qui me réjouit grandement : « Je déclare qu’il n’y a rien de plus agréable que la lecture. » … et le patchwork, ajouterais-je !