Aujourd’hui, j’entame ma cinquième année de blogueuse. Et c’est pour annoncer du nouveau en France !
Oui, ceci est bien un gâteau d’anniversaire au chocolat !! Il est mis en scène d’une manière incroyable… Je me l’octroie aujourd’hui, mais il vient de ce blog.
Je vous avoue ici avoir personnellement contacté Carol Veillon (Quiltmania) et Viviane Rousset (Editions de Saxe) pour tenter de faire éditer en français les livres de mes amies Sujata Shah et Bernadette Mayr dont je vous parle si souvent, qui font des quilts différents de ceux qu’on voit en France. Les réponses sont chaleureuses, j’espère que cela aboutira chez l’une ou l’autre… Mais j’ai senti un petit flou dans la réponse de Carol, comme si elle me cachait quelque chose… Aujourd’hui, je comprends pourquoi ! Je ne suis pourtant pas à Nantes au Salon de Pour l’Amour du fil (malheureusement) mais j’ai acheté ceci, où j’ai découvert le pot aux roses :
L’édito de Carol Veillon est clair ! Après la création de Simply Vintage qui célèbre le country, un Simply Moderne va voir le jour. Ce sera un magazine fait pour attirer la jeune génération avec « leurs » tissus, « leurs » stylistes, « leurs » inspirations issues du traditionnel, mais chut, les jeunes croient que tout est nouveau ! La réussite éclatante du patchwork pour les jeunes est bien visible ailleurs, en Angleterre notamment. Je suis abonnée au mensuel britannique (oui, mensuel, je ne me trompe pas !!) Love Patchwork & Quilting, il est devenu le n° 1 des ventes de magazines de patchwork après 6 mois d’existence ! A un an et demi maintenant, il est incontournable, il fait la mode, il ne se bat pas contre les blogs mais s’appuie sur eux. C’est frais, c’est sympa, j’y trouve de l’inspiration pour les ateliers d’enfants ou des quilts pour des jeunes… et je désespérais de ne rien voir venir en France.
Quelques modèles montrent le changement en douceur dans ce magazine de transition, dernier des hors-séries saisonniers :
Alors longue vie à Simply Moderne, futur magazine qui, j’espère, attirera la nouvelle génération de Françaises -et bien d’autres- vers le patchwork!
De nos jours, nous sommes nombreux à lutter contre l’encombrement, le trop-plein de nos armoires et nos étagères… Pas vous ? Alors, grande lectrice, j’achète beaucoup de lectures sur ma tablette, ainsi que ma fille aînée (voir cet article).
Enfant, je me souviens qu’on faisait des jaquettes pour protéger les belles couvertures. C’est ce que nous avons fait le mois dernier pour des carnets en Journée de l’Amitié France patchwork 31. Il en est résulté beaucoup de petites merveilles ! J’ai reçu celles-ci en photos venant des 4 coins du département :
Carnet de Suzanne, du club de Cazères. L’attache est une languette de cannette de boisson, vive le recyclage ! Tout en douceur et romantisme, carnet d’Annick du club de Balma.Carnets des Filles du Vent du Sud, les amies de l’extrême-sud du département (dont une habite en Hautes-Pyrénées)
Trop souvent aussi maintenant, je trouve que les couvertures manquent de souffle, de beauté, d’inspiration. Est-ce si difficile d’illustrer un livre ?… Des éditeurs étrangers ont fait appel à des brodeuses pour faire leur couverture : idée bien maligne, les femmes étant les plus grandes lectrices, brodeuses, quilteuses… et que c’est beau !
Bien sûr, les broderies originales sont photographiées avec soin. Qui va oser s’en inspirer en France ? Nous avons bien assez de talents hexagonaux pour fournir des ouvrages pour remplir des bibliothèques entières !
Ces trois premiers livres font partie de la littérature classique anglophone, couvertures brodées par Jillian Tamaki, édition Penguin Books – Threads DeLuxe Classics. En voici d’autres, brodés par Rachel Sumpter :
Le titre français est : Les Quatre Filles du Docteur March
… et les 4e de couverture sont des prolongations des broderies du devant ! Les voici avec les rabats déployés :En Suède aussi, un éditeur a fait appel au talent de la brodeuse suédoise Karin Holmberg :J’aimerais tant que cette tendance arrive en France !
Nous avons été quelques unes à contribuer au financement de la parution du livre de l’artiste australienne Dijanna Cevaal, souvenez-vous…
Il ne saurait tarder à arriver dans nos boîtes aux lettres ! Le travail de préparation des paquets, avec les diverses options possibles, a dû être un vrai casse-tête. Il me tarde de le lire !
Si vous souhaitez vous assurer que vous êtes bien dans la liste des destinataires, voyez la liste sur le blog de Dijanne. Et si vous devenez accro à son style, le prochain livre sera sur l’Italie !
Sujata Shah a un style bien à elle, résultant à la fois de ses origines (l’Inde), de son pays d’adoption (les Etats-Unis) mais surtout de sa capacité à apprécier et interpréter les artisanats d’ailleurs qui lui parlent (y compris d’Amérique du Sud et d’Afrique). Ainsi, avec ses quilts, on voyage beaucoup tant ses inspirations viennent d’un peu partout !
Son premier livre est un événement pour elle, mais aussi je crois pour le monde du patchwork. Elle y propose 15 quilts expliqués avec clarté, mais ne croyez pas que vous ferez une copie du sien : chacun sera unique ! Sujata est attirée par l’interprétation libre de blocs classiques en changeant de gammes de tissus (beaucoup de tissus unis aux couleurs chaleureuses rappelant l’Inde, beaucoup de scraps aussi) et en enlevant toute forme de culpabilité : la coupe et l’assemblage se font selon des techniques simples et douces, avec lesquelles un petit défaut n’est pas bien grave et ajoute du charme… C’est une forme de patchwork de plus en plus appréciée, qui colle à la modernisation des goûts en matière esthétique.
Vous avez aussi des choix à faire parmi diverses suggestions de montage ou de quilting à la main ou à la machine.
Oui, ce sont des quilts gais, faciles et modernes que Sujata vous propose, qui vous procurent du plaisir à toutes les étapes de votre création :-). Il y en a donc 15, tous très différents, qui vous réjouiront certainement !
C’est pour moi un coup de foudre, je lis son blog depuis longtemps… et je vais continuer !
Le bimestriel Magic Patch est le tout premier des magazines français de patchwork à sortir après les quatre jours de Sainte-Marie-aux-Mines, je l’ai trouvé en kiosque hier. J’ai particulièrement apprécié le rédactionnel 🙂
Il y avait beaucoup de quilts merveilleux à la Villa Burrus et celui qui m’avait le plus impressionnée est en pleine page (Flowerly and Lightly, de Mitsuko Kinoshita).
Petit détail de cet extraordinaire quilt Flowerly & Lightly de Mitsuko KinoshitaJ’ai été fascinée par ce quilt ! Mon petit appareil photo ne donne pas une bonne vue d’ensemble, je me console donc avec ces détails…
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Un article du Magic Patch est aussi consacré à Olivia Uffer. Olivia fait des tableaux où la maison est omniprésente, dans un style qui me rappelle un peu le peintre Autrichien Hundertwasser, avec beaucoup de liberté, d’inventivité, d’humour ! Quelle exaltante exposition elle nous a offerte en septembre dernier !
Tout comme Rosina Wachtmeister peint inlassablement des chats, Olivia Uffer peint, quilt et brode des maisons ! Je ne sais trop pourquoi je les rapproche ici – sans doute pour des palettes de couleurs, des styles de dessins voisins, Pour chacune son sujet de prédilection symbolise aussi l’amour, l’amitié, l’attachement… Ici Amsterdam.Peinture et textile se marient comme souvent dans ses tableaux, avec ici des effets de transparence, de profondeur, de matière. Parfois même s’ajoute de la céramique, autre discipline dans laquelle excelle l’artiste.Il était un village tout en rond…Détail inattendu, composition fantaisiste, palette vibrante font partie intégrante du charme des oeuvres d’Olivia Uffer.Admirons de près la broderie à la machine donnant du relief aux tissus !
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Dans la partie rédactionnelle de ce magazine, il y a aussi la présentation du blog… de la Ruche des Quilteuses. Vous y apprendrez comment il est né, vous saurez un peu plus sur nous toutes, Abeilles de cette Ruche si particulière… Courez donc à la page 15 !
Savez-vous que le magazine français Quiltmania s’exporte avec succès ? Outre la version française, il existe à présent en hollandais et en anglais, preuve d’une belle santé. Bravo à cette équipe passionnée qui commença en1997 la grande aventure de Quiltmania… C’est le même magazine traduit, à part naturellement les annonces publicitaires ciblées et quelques pages « locales » comme par exemple la présentation des blogs… Justement je le regrette aujourd’hui, car je guettais l’article sur LeeAnn, contactée pour présenter son blog « Nifty Quilts »… mais le voici, youpi, envoyé par mon amie de Seattle :
On voit bien sur cette double page de présentation que LeeAnn favorise le rouge, ce qui rend ses quilts si chaleureux ! Les contrastes sont forts, les blocs dynamiques et les quilts sont tous tellement gais ! (cliquez sur la photo pour agrandir) – Edition de septembre 2014 en anglais.
Bravo LeeAnn ! Elle y évoque ses inspirations, notamment ce qu’elle apprend des quilts traditionnels, ses surprises de créatrice, ses belles histoires d’amitié liées au blog, ainsi que son projet de venir l’année prochaine à Paris… Je ferai mon possible pour aller la rencontrer… malgré le bac de mon fils à la même date… Mais pourquoi donc c’est tout en même temps ?…
Vous pouvez lui rendre virtuellement visite ici : Nifty Quilts. Personnellement, j’adore sa démarche, je me nourris de ses quilts et de ses orientations, même si mes ouvrages ne sont pas souvent dans la même gamme de couleurs qu’elle ! J’admire d’autant plus que je ne sais pas utiliser ces gammes de couleurs vibrantes…
Lire est, depuis ma petite enfance, une activité vitale pour moi. Enfant, j’étais inscrite à plusieurs bibliothèques à la fois car je voulais tant lire que j’explosais le nombre d’emprunts autorisés ! Avec internet, j’ai encore plus de tentations qu’en librairie ou en bibliothèque, car je lorgne aussi sur la littérature écrite en anglais et en allemand… Après moultes hésitations, j’ai donc demandé, en janvier, une liseuse en cadeau d’anniversaire.
Nous trouvions naguère des modèles de petits gilets ou mini-capes qu’on appelait des liseuses, idéales pour lire au chaud. Ils reviennent périodiquement à la mode sous d’autres appellations !
Ma liseuse n’est pas le châle ou gilet qu’on mettait naguère sur les épaules pour lire au chaud (j’ai pour cela le choix parmi mes quilts !) mais une petite tablette électronique dans laquelle on télécharge des livres. J’ai choisi une d’Amazon pour son immense catalogue en anglais qui, en plus, a un écran auto-éclairé. Je l’adore !
Mes hésitations préalables étaient à la fois le confort de lecture et ma vénération pour l’objet-livre. J’ai complètement oublié ces réticences ! Ma tablette me suit partout avec des polars que je ne lis qu’une fois, mais aussi des petits bijoux à lire et à relire… Mais évidemment, je continue à acheter mes livres de patchwork en papier car cette liseuse est en noir & blanc !
Mon premier livre téléchargé a été « La Couleur des Sentiments » de Kathryn Stockett, en français. Le titre original, « The Help » (la bonne), a été très poétiquement traduit en français, pour cette histoire de femmes du Mississipi dans les années 1960 : on mesure la dure ségrégation qui existait alors dans les Etats du Sud et le chemin parcouru en 45 ans jusqu’à l’élection du Président métis Barack Obama !Nous en avions parlé récemment.
Et vous, avez-vous franchi le pas de la tablette dédiée à la lecture de livres ?…
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Visite à Paris quelques jours voir la jolie Rose à peine éclose, la petite de ma soeur ; je savais que j’allais habiter chez ma fille et nous avions envie, mon mari et moi, de lui faire un joli cadeau… Nous nous voyons trop peu, vous savez peut-être ce que c’est, les enfants peu à peu quittent leur nid !… Elle aussi est une grande lectrice (… et adore les écrans !), alors même « punition », elle a reçu une Kindle ! Pour la touche perso, je lui ai préparé une pochette dont j’ai trouvé le patron par ici : Noodlehead
La pochette de Marie-Anne est plus haute de 3 cm afin de pouvoir y mettre la liseuse :
Juste la bonne taille et bien moletonnée, cette pochette sera bien protectrice.Pochette recto…… et verso ! Le tissu est le même que celui de la bordure du quilt de ma soeur.L’intérieur comporte une séparation, pour ajouter quelques papiers… ou des clés !Tant que j’y suis, j’y ajoute un porte-clés assorti, fait avec un petit kit offert par mon nouveau mensuel préféré : Love Patchwork & Quilting (n° 11). L’attache et la feutrine étaient offertes, j’ai juste changé le tissu !
Avant de vous présenter le quilt que je viens de terminer pour ma soeur – je vous l’ai promis à mots couverts au terme de l’article précédent 🙂 – permettez-moi de relayer un appel, celui d’Emma, pour aider à faire paraître un livre inspiré du patrimoine français vu par Dijanne Cevaal, artiste australienne. Il promet d’être passionnant et sera édité en bilingue, anglais et français :
Mieux que je ne saurais le faire, Emma vous explique le principe et la marche à suivre. Il ne reste plus que 7 jours pour arriver à la somme nécessaire, lisez bien l’article d’Emma, vous verrez le descriptif de ce gros livre (+ DVD), ce serait vraiment dommage que ce projet n’aboutisse pas…
De Sisters en Oregon qui se trouve au nord-ouest des Etats-Unis, nous plongeons dans le « deep South », le Sud profond dans le sud-est des US, états séparés puis réunis lors de la guerre de sécession (1861-1865). Cette grande région a en commun une histoire tourmentée et une culture distincte du reste des US.
J’ai lu ce livre en 1980 alors que j’habitais en Côte d’Ivoire. Il m’a profondément touchée… Alex Haley, Roots (Racines) 1976, prix Pulitzer.
Cette région est marquée dès le début par son activité agricole et l’utilisation d’esclaves en tant que main d’oeuvre. Les premiers Noirs (une vingtaine) furent débarqués dès 1615 à la suite d’un déroutage d’un navire négrier espagnol par des Hollandais. Puis progressivement le honteux commerce triangulaire s’installa alors que les besoins en main d’oeuvre s’intensifiaient dans les champs de tabac, de riz, d’indigo, de canne à sucre ou de café, le coton ne devenant la culture principale qu’en 1790. Au total, 600 000 Africains furent ainsi déportés vers les territoires des Etats-Unis (5 à 6 % de l’ensemble des Noirs venus d’Afrique vers le continent américain).
A l’orée du XIXe siècle, il n’y avait presque plus de migration de l’Afrique vers les Etats-Unis, les Noirs étaient pour la plupart installés en familles dans les quartiers des esclaves dans de grands domaines, possédés par des maîtres blancs souvent plus récemment américains qu’eux. Ce n’était pas une belle vie, bien sûr que non, mais ils y avaient une famille, des habitudes, une installation, un homeland américain.
Mais alors vint la migration à l’intérieur du territoire avec l’expansion territoriale vers l’Ouest. Entre la révolution américaine (indépendance le 4 juillet 1776) et la guerre de Sécession, des historiens s’accordent à dire que c’est une période absolument tragique pour les Noirs, aussi traumatisante que le déracinement d’Afrique : brutalement séparés de leurs familles et des terres où ils vivaient depuis des générations, extrêmement maltraités par les passeurs et vendeurs puis leurs nouveaux propriétaires, environ un million d’esclaves furent déracinés pour travailler plus à l’ouest. Cette période très violente fut le ferment de tous les maux de la ségrégation raciale dans ces pays du sud et de la situation actuelle. J’ai bien sûr en tête l’actualité à Ferguson (Missouri).
Ce vieux Sud, si violent, est pourtant si attachant, berceau du blues et du jazz, lieu des plus jolies histoires… Laissons-nous porter par cette ambiance à nulle autre pareille…
Cet été j’ai revu La Couleur Pourpre de Steven Spielberg de 1985, un des films qui réussit à égaler le roman d’origine (La Couleur Pourpre d’Alice Walker, 1982, prix Pulitzer). Steven Spielberg, homme blanc juif, a su capter comme personne l’essence du Vieux Sud et magnifier ces femmes noires chrétiennes, faisant de ce film un enchantement. Complètement invraisemblables sont les critiques essuyées par Spielberg à la sortie du film : que Spielberg ose s’attaquer à ce sujet semblait un affront pour certains, tant les tensions racistes et sexistes demeuraient aux Etats-Unis.
Malheureusement on le sait, ici, là et ailleurs violence et racisme ont la vie dure…
D’ailleurs, les femmes de ce Sud, blanches ou noires, multiplement rabaissées, avilies, victimes de violences, savent lever la tête et font partie des héroïnes les plus touchantes de la littérature populaire américaine qui font de bons films ! Connaissez-vous Les beignets de tomates vertes, La couleur des sentiments, La vie secrète des Abeilles (Le secret de Lily Owens) ?… Sans parler de Gone with the Wind/Autant en emporte le vent, bien plus ancien et d’un autre temps… Moins féminin mais très instructif sur ce Vieux Sud aux relents toujours violents, le dernier livre de John Grisham (auteur prolifique ayant notamment écrit La Firme et L’Affaire Pélican) m’a tenue en haleine cet été avec L’allée des sycomores.
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C’est principalement dans ce vieux Sud qu’on trouve les quilts « afro-américains » devenus à la mode. Il s’en vend sur internet, parfois estampillés « slave-made », « fait par une esclave » ou autre fantaisie scabreuse… laissant sous-entendre « fait par une descendante d’esclave ». Car la plupart de ces quilts datent du XXe siècle, faits d’ailleurs indifféremment par des Noires ou des Blanches du vieux Sud qui partagent le même genre de vie de femmes malheureusement pauvres…
Attention aux amalgames encore une fois : « l’africanisme » n’est pas tout-à-fait ce qu’on croit. Il est prouvé par de sérieuses historiennes du quilt américain (en tête Leigh Fellner à ce sujet) que les esclaves des états du sud faisaient effectivement des quilts, mais avec les mêmes motifs et les mêmes tissus disponibles que les femmes blanches. Certaines étaient très douées pour manier l’aiguille et l’une d’elles, Lizzie Keckley, devint la couturière attitrée de Mrs. Lincoln, épouse d’Abraham Lincoln. Voir ici un article très complet sur cette dame (en anglais).
Non, tout ce qui est spontané, en bandes, de travers, coloré, rythmé, asymétrique etc., stéréotypes véhiculés par nombre d’études pas assez sérieuses, n’est pas obligatoirement afro-américain ! Toutes ces caractéristiques se trouvent aussi chez des quilteuses blanches (même les Amish, même les Galloises, même les Australiennes…).
Ce quilt vient probablement de Pennsylvanie et les historiens le datent des années 1890. Il est actuellement au Speed Museum (Louisville, Kentucky), je l’ai vu sur Selvage Blog, blog toujours à la pointe de l’inspiration !
Cela ne remet aucunement en cause le talent de quelque artiste que ce soit, ni l’admiration qu’on peut avoir pour les quilteuses du hameau de Gee’s Bend en Alabama : simplement l’Afrique de leurs ancêtres n’avait pas alors les textiles caractéristiques qu’on lui prête…
Magnifique quilt d’Anna Williams de 1998. Cette grande artiste de Louisiane, née en 1927, inspire de nombreuses artistes contemporaines. Je ne suis pas sûre que la couleur de sa peau soit importante… Voir aussi l’article de Barbara Brackman ici sur l’influence déterminante d’Anna Williams dans le monde du quilting contemporain.
En revanche, il est évident que la quête des origines, oh combien compréhensible, mène de nombreuses Afro-Américaines à s’inspirer de l’Afrique des XIX et XXe siècles (qui n’est pas l’Afrique de leurs ancêtres des XVIIe et XVIIIe siècles), où effectivement on trouve les très colorés tissus WAX inspirés des batiks indonésiens.
Quel chaleureux ensemble de tissus africains ! Photo prise… à Paris, voir ce blog.
Quelques motifs sont dits « typiquement afro-américains » comme le Pine-Burr (ou Pine-cone) quilt, présenté ces jours-ci par Karen Griska – Selvage Blog, elle-même inspirée par ma chère LeeAnn, Nifty Quilts. Mais les historiens ne sont pas tous d’accord, j’ai ici un texte sur un blog spécialisé émettant quelques nuances. Il n’en reste pas moins qu’il n’y a rien de tel pour vider les armoires de tous vos petits morceaux ! Attention, le résultat sera lourd, très lourd…
Superbe Pinecone quilt datant des années 1930 (on voit que c’est la mode des pastels), présenté sur ce blog : Scraps & Threadtales . Il pèse environ 14 kg !
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Revenons à la Couleur Pourpre, le film.
Whoopi Goldberg (Celie) est ici allongée sur un quilt noué tout simple, fait d’une alternance de carrés foncés et clairs, ouvrage parfaitement en accord avec le milieu social, le lieu et l’époque (état de Georgia, dans les années 1930).
J’y ai réentendu cette merveilleuse chanson de Quincy Jones, Rod Temperton & Lionel Richie :Miss Celie’s Blues(cliquez sur le titre pour 2 minutes 50 de bonheur !) que j’adore…
Sister, you’ve been on my mind
Oh sister, we’re two of a kind
So sister, I’m keeping my eyes on you…
J’aime fredonner ce blues (toute seule, car je ne veux pas offenser d’autres oreilles) en pensant à ma petite soeur qui ne s’appelle pas Celie mais Cécile… Vous saurez un peu plus sur ma petite Cécile très prochainement… mais oui, on y parlera patchwork aussi !
Quand j’étais enfant, une collection de livres à jaquette blanche ornait une étagère de la bibliothèque de mes parents… Très jeune donc, vers 10 ou 11 ans, j’ai lu plusieurs de ces livres à la belle couverture de tissu ivoire et aux dessins choisis (collection Club de la Femme). Celui qui m’a le plus durablement impressionnée est « La Dame Blanche des Habsbourg » de Paul Morand, un curieux document historique parlant… d’un fantôme, ou plutôt d’un spectre d’allure féminine qui aurait hanté des siècles durant la dynastie des Habsbourg. Nous ne sommes pourtant pas en Ecosse !
Napoléon François Joseph Charles, prince français, Roi de Rome, Prince de Parme, puis de Duc de Reichstadt avant que sa mort prématurée le fasse entrer dans la légende sous le nom de l’Aiglon… Credit: The Art Archive / Museo del Risorgimento Milan / Gianni Dagli Orti
C’était sans doute le premier livre historique que je lisais et ma mémoire a retenu deux personnages : Napoléon II, fils de Napoléon et de Marie-Louise (Autrichienne), dont la destinée est poignante et Elisabeth, plus connue sous le nom de Sissi…
Elisabeth, impératrice d’Autriche et de Hongrie, « la plus belle femme d’Europe », ici en 1867.
La Dame Blanche apparaît avant chaque mort violente ou révoltante des membres de cette grande famille. C’est le signe imparable de la fatalité qui marqua les Habsbourg, jusqu’à l’assassinat de l’héritier à Sarajevo en 1914, avec les conséquences que l’on sait… L’auteur raconte ainsi 200 ans de règne des Habsbourg. Contrairement aux Cours de France et d’Angleterre, les souverains autrichiens apparaissent comme très sérieux, travailleurs, vertueux… mais poursuivis par la fatalité.
Si, lors d’un vide-grenier, vous tombez sur ce livre, prenez-le, le talent et l’érudition de l’auteur vous feront passer un étrange moment mêlant Histoire et surnaturel au coeur de l’Europe !
Rendez-vous prochainement ici avec des Dames de habsbourg, qui elles ont incontestablement existé et marqué l’Europe. Elles ne faisaient pas de patchwork mais participèrent, de par leur rang et leur éclat, à l’évolution des arts européens…