L’Assiette de Dresde – Aujourd’hui

J’ai eu envie aujourd’hui de faire une Assiette de Dresde ;  j’en ai déjà fait quelques unes dont celle-ci pour le Sampler de Sylvia :

Elle est petite puisqu’elle entre dans un carré de 16 cm.
Les 20 tranches sont arrondies au bout, c’est un bloc de patchwork très classique.

Comme souvent, c’est un bloc aux multiples noms et variantes. Il peut y avoir de 8 à 20 tranches autour du centre. Si vous n’en avez qu’un quart, cela donne un motif d’éventail ! 

C’est le modèle à pointes qui me tente pour une décoration de Noël depuis que j’ai vu, chez Moda Bakeshop, ceci :

Ravissant, n’est-ce pas ?…

Toutes les explications de ce modèle ici . Vous avez aussi ici un excellent tutorial pour une variante très scrappy. Je m’y suis mise ce matin, voici le résultat de ma très scrappy Assiette de Dresde pour les fêtes de fin d’année, quand la maison sera toute rouge et verte :

Je dois encore l’appliquer sur ce fond et faire la bordure, je vous montrerai  cette Assiette de Dresde finie  très bientôt (j’espère…). J’en suis à l’appliqué du cercle central, d’où l’épingle encore au centre.
Ainsi interprétée, on s’éloigne beaucoup du bloc traditionnel, mais c’est un des avantages du monde du patchwork, il est toujours en mouvement !

Mais pourquoi ce bloc a-t-il le nom d’une ville allemande ?… Vous le saurez dans le prochain article !

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Matelassage en éventail baptiste

Dans le domaine du patchwork, certaines personnes déplorent l’emploi de mots anglais. Je compatis avec les quilteuses frustrées de ne pouvoir tout lire dans les livres américains ; il est cependant fastidieux de tout traduire systématiquement…

Coca-Cola at Quilting Bee : on ne peut plus américain !!

Mais dans tout apprentissage on apprend du vocabulaire ! Si vous faites de la voile, certains mots viennent du hollandais, si c’est du karaté vous apprendrez des mots japonais… En patchwork, nous apprenons quelques mots anglais. Certes, nos amies québécoises préfèrent parler de courtepointe plutôt que de quilt, mais par ces quelques illustrations je souhaite vous montrer à quel point quilter est une pratique sociale reconnue aux Etats-Unis. C’est vrai aussi que les Américaines anglophones ne s’offusquent pas lorsqu’elles parlent d’appliqué, mot en français non anglicisé ! Et puis souvenons-nous que le mot latin culcita signifiant matelas, coussin puis couverture, a donné à la fois l’anglais quilt et le français couette…

Tableau de « Grandma Moses », Quilting Bee, peint en 1950

Alors il me semble qu’on peut continuer à employer les mots en anglais puisque cet art a été largement développé aux Etats-Unis et c’est là que les choses ont été nommées : les noms des blocs, les outils, les techniques… On traduit ce qui l’est facilement (bloc pour block) et on peut garder les mots et expressions spécifiques (patchwork, log cabin, cutter et autres…). A chaque domaine sa langue dédiée ! Savez-vous quelle est la langue internationale pour la Poste Universelle ? C’est le français, auquel a été ajouté l’anglais seulement en 1994. Je l’ai appris lorsque ma cousine habitant en Suède m’envoya un « envoi recommandé » (écrit en français, tout comme la mention « par avion ») lorsque j’habitais en Allemagne. De même, en danse classique ou en escrime par exemple, les termes techniques sont en français dans le monde entier.

Quilting Bee – Fred Weaver  (gouache, 1969)

Ecrivant en « premier jet » le titre : Quilting en baptist Fan, dans ce franglais que comprennent quand même beaucoup de quilteuses francophones, je me suis dit que c’était un peu too much, alors je l’ai francisé, mais ce débat est finalement moins intéressant que le sujet lui-même ! Alors je vais continuer à écrire comme je parle…

Tableau de Bob Pettes – En vente en puzzle de 500 pièces !
Ces quelques illustrations de quilting bees montrent leur place dans la vie sociale américaine !

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Le quilting de mon quilt en dés est l’un des modèles les plus populaires de la fin du XIXe/début du XXe siècle aux Etats-Unis. Il fait partie des « overall », dessin qui se répète sur tout le top sans tenir compte du dessin du patchwork ou de l’appliqué. Pour nous, ce modèle a le charme de l’ancien ; pour les quilteuses de ce temps-là, il avait aussi beaucoup d’avantages techniques.

Tout d’abord, le dessin :

Ces cercles concentriques sont faciles à répéter, il en suffit d’un, dessiné par exemple avec une assiette ou un gobelet, qui sera répété en l’agrandissant ou le rapetissant selon un espace constant. Cet espace sera au choix : l’épaisseur du pouce, la longueur d’une phalange, la hauteur du dé à coudre… et puis le coup d’oeil de la quilteuse ! Il faut se souvenir qu’une fois les trois épaisseurs tendues dans le cadre à quilter, on ne l’enlèvera que terminé, on comprend alors que les dessins les plus faciles à suivre avec le minimum de marquage sont les plus populaires !

Ensuite le quilting en arrondi :

A cette époque donc, les femmes quiltaient sur un cadre fixe, souvent à plusieurs, lors des « quilting bees » (réunions d’abeilles quilteuses) et je crois que cela bourdonnait comme dans une ruche ! Ce dessin en quarts de cercles peut se commencer à plusieurs endroits à la fois, il est facilement ajustable et le quilting en ligne arrondie, qui suit le mouvement du bras, est particulièrement agréable.

Pourquoi s’appelle-t-il Baptist Fan ?

A fan est un éventail, bien sûr on comprend tout de suite en voyant le dessin. Baptist est une des branches du protestantisme, parfois on appelle ce modèle aussi  Methodist (autre branche du protestantisme) ou Bishop (évêque), l’appellation des Amish je crois. C’est tout simplement parce que les quilting bees se constituaient la plupart du temps au sein de la congrégation religieuse.

Une bonne raison supplémentaire de choisir ce modèle de quilting :

Avec le recul d’un siècle d’utilisation et d’usure, on se rend compte que les quilts matelassés ainsi restent plus longtemps intacts !! Les quiltings serrés qui ne tiennent pas compte des dessins du top sont les plus efficaces pour préserver les fibres de tissu du déchirement. Autres exemples de quiltings traditionnels conservant longtemps les quilts : les clamshells (motif des coquilles) et les croisillons serrés.

Ma méthode de marquage de ce modèle :

Je n’ai pas fait ce quilting de façon très spontanée, j’ai marqué mes lignes, intimidée sans doute par cet exercice nouveau pour moi. Munie d’un compas et d’un carton, j’ai dessiné ceci :

puis découpé chaque arc de cercle. Je l’ai fait en 2 exemplaires car je craignais l’usure des gabarits ! C’était superflu. J’ai fait cinq arcs comme le conseillait Bonnie Hunter ; un nombre impair dans ce cas est plus futé car on se retrouve du « bon côté » à la fin d’un éventail. Et puis, comme les fleurs dans un bouquet, c’est plus esthétique sans doute !

Photo empruntée à Bonnie Hunter, Quiltville. Son dessin montre comment on avance dans le quilting de ce modèle.

Mon outil de marquage sur le sandwich était le Hera marqueur de Clover, cet outil génial issu de la tradition japonaise. C’est une spatule à bord tranchant comme un couteau. Les authentiques sont en bambou, les nôtres en plastique dur, ils marquent le tissu en faisant un petit creux et en lustrant légèrement le tissu. Cela suffit largement pour ce genre de dessin ! Je marquais 3 ou 4 éventails à la suite, et même après une pause, je retrouvais facilement le dessin .
On peut détourner des objets pour marquer de la même manière : ainsi, un petit couteau à beurre, à la lame arrondie au bout, marque aussi bien le tissu qu’un Hera.  En revanche, les plioirs d’encadrements et de cartonnage n’ont pas la tranche assez affûtée. Une bonne prise en main est importante, le Hera est parfaitement ergonomique et donc imbattable pour cela !

Bien sûr, chacune a ses préférences de traçage (crayon, feutre, savonnette, craie…), je vous signale juste cette possibilité.

Voici une simulation sur mon quilt fini pour vous montrer la progression des éventails. Je n’utilise pas le plus petit gabarit du centre car j’utilise le n° 2 pour dessiner le 1er arc. On fait ces premiers arcs puis on quilte peu à peu l’ensemble.

Fil et aiguille

J’ai surtout quilté ce quilt aux dés avec des aiguilles « between Piecemaker n° 12 », agréables mais j’en ai cassé beaucoup ! Vers la fin de ce quilting, j’ai découvert les « Between Roxane n° 11 », je les préfère. Quant au fil, je prends le YLI (pour faire chic, prononcez ouaille-elle-aïe) 100% coton. Solide et même fibre végétale que le tissu, c’est parfait. J’avais quilté la plupart du temps avec un tambour, parfois sans mais avec un poids comme Yoko Saito… J’ai tout essayé, je trouvais ainsi le temps moins long ! Mais je suis impatiente de quilter avec la technique d’Esther Miller que j’ai apprise grâce à Patricia mais que j’ai encore peu pratiquée, je vous dirai quand je m’y mettrai !

Avancement

Le premier arc de cercle quilté, vous allez au plus près pour commencer un autre : ce sera soit à gauche, soit au-dessus. Puis, lors d’un changement d’aiguillée, vous pouvez entamer une autre direction. Les arcs se succéderont jusqu’au coin en haut à gauche. Variante : tourner tout autour et finir vers le centre comme le dessin de Bonnie Hunter (voir son article en référence ci-dessous). Tout est permis, c’est votre quilt…

Voilà, vous en savez autant que moi !

Références :

Quilting avec Patricia à la manière d’Esther Miller : articles ici et

Articles qui m’ont inspirée pour ce sujet :
http://quiltville.blogspot.fr/2010/05/questions-on-fans.html : évidemment Bonnie Hunter, pour le quilting spontané et la constatation que ce quilting préserve mieux les quilts !
http://minickandsimpson.blogspot.fr/2009/06/fuss-free-hand-quilting.html : Minick & Simpson, pour l’historique.

Vous êtes arrivée au bout de cette longue lecture ? Félicitations ! La prochaine fois que vous devez commencer un quilting, demandez-vous si le Baptist Fan ne serait pas, par hasard, une bonne idée !…

Katell, Quilteuse Forever

Mon activité favorite !

Votre Bébé en dés

Continuons notre avancée vers un quilt en dés.

Vous pouvez voir des quilts de dés faits par mes amies  (cliquez pour retrouver les anciens articles) :

Mini-quilt de Madeleine aux tissus de style repro
Le mini-quilt printanier de Martine
Le quilt « Bord de Mer » en batiks d’Isabelle
le mien, « With Heart & Hands »

Vous voyez ici au centre le quilt de dés bleus cousu par Evelyne, un des superbes lots de tombola de la dernière expo de Colomiers.

Si vous suivez nos styles, vous aurez grosso-modo une alternance de dés clairs et foncés. Comme j’aime m’amuser, j’ai volontairement fait « des erreurs », joué avec les valeurs moyennes, mais le rythme général est quand même respecté. Vous pouvez cependant vous aventurer vers d’autres maquettes, avec tous les dégradés que vous pouvez imaginer…

Vous pouvez détailler toutes mes « erreurs », volontaires ou pas !

En restant dans notre perspective classique, vous avez coupé des dizaines, voire des centaines de dés,  et vous êtes prête à commencer l’assemblage. Commencez par les coudre 2 par 2, un foncé avec un clair, endroit contre endroit, en laissant bien dépasser un petit triangle de la taille de la marge de couture. On commence à coudre pile dans le creux. Cousez des paires à la chaîne,  vous économiserez du fil et du temps. Bien sûr, vous assemblerez ensuite les paires entre elles, et ainsi de suite.

Je me focalise sur les explications à la machine où l’on apprend encore et toujours car mes amies fées quilteuses, celles qui cousent tout à la main, n’ont pas besoin de moi une fois le gabarit donné !

Pour ce top, j’ai deux conseils principaux à vous donner. Si vous les suivez, vous ne saurez jamais à quel point ce sont des conseils d’amie…

Conseil n° 1
Gardez toujours les dés dans le même sens sur votre table : les foncés sont lourds, vous les gardez donc toujours la base large en bas. Les clairs, eux, sont légers, prêts à s’envoler, leur base large est vers le haut.

Conseil n° 2
Chaque rangée aura le même nombre de dés, choisissez-le… impair. Vous éviterez de vous énerver. Vraiment. Cela vous donnera des rangées qui commencent et finissent par soit un clair, soit un foncé. Vous pouvez retourner les bandes (le dé de tête devient le dé de queue), cela n’aura aucune importance, tout sera facilement montable. Le mien avait 42 dés par rangée… que j’ai fini par convertir en 43 !

Puisque vous êtes des lectrices attentives, je vous donne le troisième truc, moins secret mais quand même :

Conseil n° 3
Toutes les rangées qui commencent (et finissent) par un dé foncé seront repassées vers la gauche (n’oubliez pas le conseil n°1), celles menées et terminées par un dé clair (base en l’air, conseil n°1 toujours, qu’on soit à l’endroit ou à l’envers) vers la droite. Ou inversement, mais faites toujours la même chose ! Ainsi, vous aurez un assemblage de rangées très, très facile, les dés s’imbriqueront.

Assemblage
Je ne mets aucune épingle, je prépare intersection après intersection la juxtaposition des marges de couture. Si vous bénéficiez d’une machine à coudre électronique, profitez du progrès en programmant votre aiguille enfoncée automatiquement à l’arrêt. Ne vous inquiétez pas des tissus semblables qui se répètent à proximité, cela ajoute du charme !

Bien sûr, il y a beaucoup de coutures, cet ouvrage nécessite de longues heures en tête à tête avec votre machine, mais c’est un des rares quilts que je garderai toujours pour moi tellement je l’aime ! Le vôtre deviendra peut-être l’un de vos favoris… C’est tout ce que je vous souhaite !

Et bientôt, un article sur le quilting de ce quilt…

Le gabarit d’un dé pour votre Bébé

Inutile d’acheter un gabarit en plexiglas qui coûte sans doute une fortune, le tracé d’un gabarit de dé est tout simple, du moins celui que j’ai fait pour moi. 

Tout d’abord vous choisissez la hauteur du dé (appelé gobelet s’il est grand !) que vous souhaitez. Je coupais mes dés dans des bandes de 6,5 cm (ils mesurent donc 5 cm cousus). J’ai choisi cette taille en raison de quelques bandes de Jelly Rolls (bandes prédécoupées à 2 inch 1/2 de Moda) que j’avais, elles mesurent plutôt 6,35 cm mais cela ne m’a pas gênée. Selon votre patience, vous pouvez choisir un dé  plus grand… ou plus petit ! Sachez tout de même que plus c’est petit, plus c’est mignon, c’est bien connu…

Ensuite, vous pouvez obtenir votre gabarit grâce à un dessin très simple : 2 carrés l’un sur l’autre, chaque carré mesurant la hauteur que vous avez choisie (avec les marges de couture, c’est un gabarit de coupe). Vous cherchez 3 points : les deux angles du bas et le milieu du haut. Vous faites le triangle et voilà, vous avez votre dé dans le carré inférieur :

Ce n’est évidemment pas la seule façon de le dessiner, mais c’est graphiquement la plus parlante ! Veuillez excuser mon écriture de gauchère, cela ne s’arrange pas…

Faites votre gabarit de coupe dans la matière que vous préférez : du rhodoïd, des feuilles plastique de récupération (Florence utilise les intercalaires de classeurs), des feuilles « bristol » ou du carton de récupération…

Il ne vous reste plus qu’à couper d’innombrables bandes de vos tissus, toutes de la hauteur du dé coupé, et utiliser votre gabarit soit directement pour couper, soit pour marquer la ligne de coupe.

Personnellement je n’ai jamais envisagé de coudre cet ouvrage à la main… mais c’est possible ! Dans ce cas, il vous faut un 2e gabarit pour marquer les lignes de couture.

Quels tissus ? Prenez ceux que vous avez déjà chez vous, ainsi ce quilt sera à l’image de ce que vous aimez ! Séparez-les en clairs et foncés. Certains seront moyens et conviendront aux 2 catégories.

Viendra ensuite l’assemblage. Puisque vous êtes nombreuses à vous intéresser à cet ouvrage, je vous donnerai TOUS mes trucs prochainement !

Heureux patchwork à vous, bientôt un nouveau Bébé chez vous…

Un bon Flag

Non, je ne veux pas vous entraîner dans une aventure policière où l’on essaie de prendre les « méchants » en flagrant délit…

Je voulais juste dessiner un drapeau britannique exact et cela n’est pas si facile que cela ! Evidemment, on trouve toutes les variantes possibles dans le monde de la déco et de la mode, mais étant un peu rigide et perfectionniste, je veux partir sur de bonnes bases pour faire un Union Jack, le drapeau (flag) de nos chers voisins 🙂

Je suis tombée sur le bon site et voici donc les proportions officielles de ce fameux drapeau :

http://www.jdawiseman.com/papers/union-jack/union-jack.html

J’ai aussi l’aide précieuse de Lynne (Lily’s Quilts) qui vient d’écrire un article avec une foule de trucs et astuces pour réussir un bon Flag ! A moi maintenant la fantaisie… sur de bonnes bases !

🙂 Yapluka 🙂

Les formules magiques de la quilteuse (1)

Vous êtes-vous bien reposées pendant cet été ? Parce qu’en cette période de rentrée scolaire, vous allez devoir réunir vos neurones pour apprécier ce qui suit si vous n’êtes pas très attirées par les mathématiques !
Non, je plaisante, c’est tout simple 🙂

Nos blocs de patchwork sont faits de formes géométriques qu’on doit apprivoiser !

Cet été, j’ai bien aimé un article écrit par Robin Strobel sur le site des éditions Martingale  récapitulant les formules magiques que toute quilteuse moderne se doit de connaître. Si vous ne travaillez qu’à l’ancienne, avec des gabarits, ceci ne vous concerne pas, mais dès que vous coupez vos tissus directement armée de votre règle et du cutter, vous avez absolument besoin de quelques repères ! Quand je donne des cours de patchwork à des débutantes, je dévoile bloc après bloc différentes « formules magiques » du patchwork ; Robin les a condensées dans cet article, je me permets de m’en inspirer pour vous les récapituler en français et en centimètres.

Certaines d’entre vous connaissent ces notions par coeur, d’autres vont les découvrir. Commençons donc en douceur, par un carré tout simple. Sur le schéma d’un bloc, si c’est écrit 5 cm, c’est que le carré devra mesurer 5 cm cousu-fini. Il faut ajouter des marges de couture tout autour. Nous couperons donc un carré plus grand d’ 1,5 cm (soit 0,75 cm de marges de couture tout autour). Le carré coupé mesurera 6,5 cm sur 6,5 cm. Même chose pour un rectangle !
Si on veut avoir un carré bicolore en diagonale, il faudra ajouter à chaque carré coupé (dans chaque tissu) 2,5 cm. Le cadeau-bonus est qu’on aura assez de triangles pour coudre 2 carrés bicolores identiques !

Et si on veut le couper sur les 2 diagonales,  +3,5 cm seront nécessaires. Même chose, vous pourrez en coudre deux.

Récapitulatif  en dessin :

Ce sont des valeurs approximatives mais généralement suffisantes pour un bon résultat. La couture se fera aisément si vous avez un pied de biche qui mesure 0,7 cm entre l’aiguille et le bord droit. Sinon, il faut écrire ce repère sur votre machine, coller un ruban de scotch ou adopter une autre astuce (déplacer l’aiguille par exemple : voir ici les explications de Nat, à adapter pour 0,7 cm pour travailler en cm).

C’est la théorie pour avoir des marges de couture suffisantes tout autour des pièces. Dans la pratique, il existe de multiples manières de faire des carrés bicolores. Pour ma part, je conseille aux débutantes de se munir d’une petite règle appelée « Quick Quarter »*, elle représente 2 marges de couture accolées d’1/4 d’inch. Pour coudre deux carrés bicolores, je mets les deux carrés (coupés à + 2,5 cm) endroit contre endroit, le plus clair dessus. Regardez comment je positionne ma petite règle sur le carré le plus clair :

Ma règle a une vingtaine d’années, les récentes sont bleues !

Avec un crayon bien taillé, je marque à la fois chaque couture (trait plein) et la coupe (pointillé). Le truc est qu’on coud avant de couper, ainsi on a beaucoup moins de problèmes d’allongement du tissu coupé en diagonale : coudre le long d’une coupe en biais n’est pas du tout stable !

Pour réussir des carrés bicolores, bien d’autres méthodes sont valables également, mais j’ai un faible pour celle-ci…

NB : cette règle mesure des marges de couture en inch ? Oui mais… pour qu’elle soit exacte en inch, il faut coudre à l’intérieur du trait… C’est vrai que si vous utilisez un critérium à mine extra-fine, votre carré fini sera un chouïa trop grand. Avec un crayon gris « normal », ce sera sans doute parfait ! Essayez…

Pour finir cette première partie, vous pouvez visionner ici sur you tube une petite vidéo de démonstration du Quick Quarter.

C’est facile ? Tant mieux ! Dans un prochain article, je vous révèlerai l’utilité du nombre 1,414…

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🙂

*Règle « quick quarter » de Quilter’s Rule, modèle inventé par Betty Gall en 1991. En vente par exemple chez La Couserie Créative, Cotton-Color… Demandez-la aussi dans votre magasin le plus proche !

Cathedral Windows

Juste avant les vacances d’été, des Abeilles de mon groupe me demandaient des idées d’ouvrage à coudre à la main pour l’été… Les hexagones c’est bien, les appliqués c’est parfait, mais, comment dire, parfois on a envie de nouveauté…

Cette « nouveauté » tant désirée, je l’ai dénichée dans mes « vieux » souvenirs des années 80 ! Les vitraux de Cathédrale ont été balayés par une autre technique qui donne presque le même aspect, les « carrés dans les cercles japonais ». Très populaire, un modèle de sac signé Edith Bouilly circulait de club en club il y a une dizaine d’années et ringardisait lesdits vitraux.

J’utilise toujours beaucoup ce sac, il n’a pas vocation à être suspendu ainsi dans le jardin…
Mais en ce matin déjà caniculaire je voulais vous montrer nos grenades… En général elles ne sont pas encore mûres quand arrive le froid.

J’ai donc ressuscité mes essais de plus de 20 ans (devenus alors des couvertures de poupées de mes filles) et expliqué « les trucs à savoir ». Oh la quantité de tissu utilisé fait peur ! Mais il n’y a ni tissu de doublure, ni molleton… Etrange technique de pliage ! Nous avons passé l’après-midi à discuter de cette technique qui rappelle les cocottes en papier de l’enfance mais qui vient sans doute du pays de l’origami… Impossible de trouver des textes formels sur internet.

Quelques jours après cette journée à la Ruche, le Magic Patch sortait avec… un ouvrage avec cette technique détaillée en photos ! J’ai déjà parlé de la synchronicité des idées qui éclosent, je m’en amuse toujours ! Si vous souhaitez vous lancer, procurez-vous ce magazine, les explications sont très claires.

Puis le 15 août à Labastide-Rouairoux, j’ai eu le plaisir de rencontrer une gentille dame du club de la ville, bien avancée dans son ouvrage de vitraux. Je suppose qu’elle a été inspirée par le Magic Patch ; elle le personnalise avec des tissus bien français, de la toile de Jouy pour le fond et des imprimés provençaux pour le remplissage des carrés.

Ravissants, ces vitraux « à la française » !
Admirez la nappe, qui vient de la filature située à dans le même bâtiment que la salle d’expo de patchwork à Labastide-Rouairoux !

J’ai eu ensuite le même jour la -presque- preuve de l’origine asiatique des Cathedral Windows, « presque » car rien n’est simple ni définitif dans les recherches dilettantes…  Au centre du continent asiatique, aux confins de la Birmanie, du Laos, du Vietnam et de la Chine, des femmes cousent depuis « toujours » des… vitraux de cathédrales. Comment les nomment-elles ? J’imagine que ce peut être le nom d’une fleur à quatre pétales par exemple, leur vie est tellement en symbiose avec leur environnement…

Chaque carré mesure moins de 3 cm ! Les intersections sont ornées de fleurettes. A droite, le porte-bébé dans son ensemble, au panneau de mini-vitraux, pour porter le bébé dans le dos.

Sac et pendentif fabriqués par des femmes Yi de Chine.
Une association est née à Toulouse pour aider cette ethnie (voir leur blog ici)

Cependant, rien n’est certain, car leurs cousines Hmongs font de l’appliqué inversé « depuis toujours », d’autres cousines, les Lolos, font des appliqués renversants, ainsi que les Yi de Chine avec leur point de contour unique et leur mini-points de prairie… Ainsi, au fil des siècles ont éclos un peu partout dans le monde des techniques similaires…

Si ces costumes vous intriguent et que la vie de ces femmes vous attire, ce livre vous passionnera :

Successivement édité en 2007 et 2010, ce beau livre se lit comme un roman palpitant !

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La couronne d’apprentissage

Comme souvent, divers éléments convergent pour me donner sur un plateau un thème d’article !

Hier, c’était à mon tour, avec trois autres Abeilles, de m’initier au quilting à la manière d’Esther Miller, grâce à l’infinie patience et gentillesse de Patricia. Elle nous avait fait part de son expérience en écrivant deux articles parfaitement documentés :

https://quilteuseforever.wordpress.com/2012/01/03/quilting-selon-la-technique-amish-premiere-partie/

https://quilteuseforever.wordpress.com/2012/01/26/quilting-selon-la-technique-amish-seconde-partie/

Toute l’année, nous avons grandement apprécié sa présence le vendredi dans la Ruche malgré les quelque 100 kilomètres qui séparent Colomiers de l’Ariège où elle habite. Et puis certains jours, celles qui l’ont souhaité ont pu s’initier, à quatre, au quilting traditionnel sur un métier fixe, fait de tréteaux et de tasseaux ; pas possible de tourner son quilt dans tous les sens, c’est la quilteuse qui doit savoir avancer son aiguille dans quelque direction que ce soit !

Donc hier, c’était au dernier quatuor de l’année, Maïté, Martine, Callale et moi, de nous installer devant ce métier d’environ 2 mètres de long. Nous étions installées en quinconce, deux de chaque côté, quatre couronnes tracées sur le drap blanc préparé pour nous. Le hasard faisant bien les choses, nous étions deux droitières et deux gauchères, face à face nous ne nous sommes donc pas gênées !

Cela a commencé par une nième démonstration de Patricia : grâce à un dé possédant un large rebord, on apprend le geste permettant de faire des points minuscules, réguliers, sans effort. Mais pas de suite !  Les 10 premières minutes sont dévastatrices, chacune réagissant selon son caractère. L’une pense qu’elle n’y arrivera jamais, une autre s’énerve contre une copine qui vient regarder par-dessus son épaule (moi en l’occurrence… pardon !), une autre se rend compte qu’elle a quilté des kilomètres durant sa vie en tenant mal son aiguille… Explosif, pour des quilteuses aguerries, de tout remettre à plat et se sentir si nulles dans un domaine où elles sont normalement expertes… Et puis revient le calme, quelques exclamations de joie « j’ai réussi trois jolis points d’affilée ! » ou « ça y est j’ai compris ! » et « ça va un peu mieux ! »… Nous avons, en deux heures, passé en revue les quatre manières de tenir ses mains et ses dés pour aller dans toutes les directions sur un métier « à l’ancienne ».
Pour ma part, j’avais précédemment essayé, mais trop peu pour arriver à un bon résultat, j’étais contente de persévérer… Quant à Madeleine, ayant déjà fait le stage, elle nous montre régulièrement avec fierté son grand quilt en cours qu’elle quilte avec son dé magique !

Le dé à rebord préféré de Patricia est celui en porcelaine préconisé par Esther Miller (http://www.millersquilting.de/shop/Needle-Gliders), mais nous avons fait l’apprentissage avec un dé bleu en plastique (Marian’s Magic Quilting Thimble), bien moins cher.

C’était un stage-éclair, entre amies, que je ne suis pas prête d’oublier car je suis convaincue de l’utilité de ce fameux rebord sous l’ouvrage. Vous avez peut-être déjà entendu parler du quilting avec une cuillère, ou bien du protège-doigt de Aunt Becky (voir vidéo ici : http://video.google.com/videoplay?docid=-1513631313378451452#docid=3442519466527029261 ), c ‘est strictement le même principe.

Un immense merci à Patricia !

Couronne d’apprentissage, mise ce matin sur mon tambour sur pied.
Patricia a découpé pour chacune notre part afin de poursuivre notre entrainement à la maison !

Le soir-même, surprise, une personne me demande en commentaire d’article où on peut acheter le fameux dé en porcelaine à rebord. Drôle de coïncidence ! J’ai essayé de la renseigner et David a eu la gentillesse d’apporter le soir-même de très précieux renseignements sur le dé en porcelaine de Yoko Saito et sa façon de quilter… A lire attentivement ici en bas de page ! C’est cette coïncidence qui m’a donné l’envie de vous faire part de notre journée d’hier… Je regrette maintenant de ne pas avoir pris de photos de l’installation judicieuse de Patricia ! Pour me faire pardonner, voici des pâtisseries sans calories présentées hier par Maïté :

 Sacrée Maïté, jamais à court d’idées !…

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Et ce matin, je me mets devant mes roses blanches pour poursuivre l’apprentissage :

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Quilting des Moulins de la Ruche en cours…

Ce n’est pas tout de faire un top, objet de toutes nos attentions, il faut ensuite le quilter ! A chaque fois, c’est une nouvelle expérience et peu à peu j’emmagasine quelques idées que j’ai toujours envie de partager avec vous !

Comme je le pensais, le modèle de quilting « Constellation » de Nat pour le quilt de David m’a été d’un grand secours, je l’ai légèrement adapté et voici ce que cela donne :

Fil Aurifil Mako 50 pour la canette (elle dure si longtemps grâce à la finesse du fil !) et Aurifil Mako 40 enfilé dessus, pour éviter que le fil ne craque. Je dois dire que je pensais faire ce matelassage en piqué libre pour lequel le fil doit résister à beaucoup de tiraillements, mais je m’en suis sortie en piquant au contraire avec le double entrainement, ce qui est plus confortable pour un grand quilt avec une machine de dimension normale.

Un mot sur Aurifil : je suis complètement conquise par la qualité de ces fils de coton ! J’utilise le fil très fin mako 50 (bobine orange) pour le patchwork machine, mais aussi la couture main, l’appliqué main… Pour le quilting machine donc, le mako 40 (bobine verte) a l’avantage d’être plus épais, plus solide, plus visible aussi. J’aime aussi leur nuancier aux numéros communs aux différentes catégories. Ainsi, j’ai choisi un beige soutenu presque kaki, qui passe aussi bien sur le marine, le marron que le blanc pour mes MDLR (n° 2370), bobine verte en haut, canette faite avec une bobine orange en bas.

Pour piquer à travers toutes les épaisseurs, j’ai choisi une aiguille robuste : n° 100 spécial denim, mais une 90 universelle aurait sans doute suffit.

Il me reste la bordure à quilter, je cherche des idées (simples !) dans les livres consacrés au quilting qui sont dans ma bibliothèque. Il me faut un modèle d’aspect classique mais qui peut se coudre en ligne continue…

Mes inspirations… Bientôt le résultat de ma recherche !

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Quiltez sans stress !

Le livre  Utility Quilting de Carolyn Forster, quilteuse britannique, rassemble de multiples idées, trucs et astuces pour quilter à la main, tout simplement. Ici, il n’est pas question de records de mini-points mais des diverses possibilités pour réussir un simple quilting rapide et utilitaire… mais beau aussi !

La première partie est technique. Loin des impératifs, ici on nous donne diverses idées pour faire le sandwich, puis choisir son motif de matelassage, le dessiner avec des matériaux simples, décider sa manière de solidariser les trois couches (point avant, nouage, autres points à découvrir), réussir une bande de finition…

La deuxième moitié du livre donne des modèles de quilts très simples aux tissus intemporels. Rien d’extraordinaire, mais cela peut donner des idées pour des quilts vite faits, simples et jolis, qu’on osera utiliser pour le jardin, les pique-nique… Et finalement, ce seront peut-être les quilts les plus aimés de la famille car remplis de souvenirs !

C’est un livre que j’aime bien car il donne des solutions simples et de bon sens, peut décomplexer certaines qui craignent cette étape pourtant indispensable !

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