Fumiko Nakayama, créatrice de Molas

Vous avez sans doute déjà admiré ces panneaux aux couleurs très vives dans des livres ou magazines ; les molas sont à l’origine des plastrons et dossards, faits par paire, cousus par des femmes indiennes Kuna (vivant sur les îlots au large du Panama).

L’origine en est un peu incertaine ; c’est un peuple qui vivait jadis buste nu, hommes et femmes, mais ces dernières s’ornaient de dessins géométriques à l’aide de teintures naturelles. J’ai lu un jour que des prêtres blancs les forcèrent à se vêtir, et par résistance ces femmes ont commencé à reproduire en tissu les dessins qu’elles faisaient auparavant sur leur peau désormais cachée… Origine vraie ou fausse, le résultat est devenu un art magnifique, glorifiant la Nature, leur vie quotidienne ou leurs croyances à l’aide de tissus vifs et unis. De nombreux livres passionnants ont été consacrés aux Molas, je n’essaierai pas de rivaliser ; sur internet, vous pouvez trouver un dossier francophone intéressant comme celui-ci dans lequel on croit aussi que ce sont des Blancs qui les ont fortement incitées à se vêtir… avec cette conséquence si inattendue !

On a aussi, ici par exemple, des explications  anthropologiques sur l’origine des Molas.

Mola incroyablement belle !

Quelles sont les caractéristiques d’une Mola traditionnelle ?

Elles sont tout d’abord cousues par paire, similaires, mais pas semblables, une pour le devant  (la plus réussie !) l’autre pour le dos de la blouse féminine. Leur dimension est de 30 à 35 par 35 à 40 cm  chacune. Les tissus choisis sont des tissus de coton uni, de couleur éclatante, y compris du noir, mais rarement du blanc et pas de couleurs pastel. Les toutes premières n’étaient que noires, rouges et orange. Les dessins sont symétriques, représentant leur mythologie, leur vie quotidienne, leur environnement ; les techniques utilisées sont principalement l’appliqué inversé, l’appliqué et plus récemment des embellissement en points de broderie (point de tige). Aucun espace n’est laissé libre !  C’est donc un panneau de tissus superposés, plus ou moins épais, jamais molletonné. Le matériel est simple : des cotonnades, du fil assorti, une aiguille fine et de petits ciseaux !

La Mola est donc, dans le monde des arts créatifs, un tableau qui utilise cette technique de superposition de tissus avec découpage, appelée appliqué inversé. Technique qu’on retrouve ailleurs dans le monde (notamment chez les Hmongs du Laos), mais jamais aussi coloré, aussi dense, aussi épais : cela peut devenir une vraie scupture avec 7 ou 8 tissus superposés ! Les Molas sont devenues objets de collection et souvenirs de vacances ! On peut trouver maintenant dans cet archipel des articles éloignés de la tradition, attention donc à vos choix ! Le travail est toujours bien cousu, mais le goût des jeunes couturières va parfois vers le synthétique, le lurex… Il faut souligner que ce revenu est vital pour leur économie locale et contribue souvent à l’indépendance financière des femmes, tandis que les hommes sont souvent pêcheurs.

J’avais déjà été émerveillée par les Molas présentées dans un 100 Idées de mon adolescence (n° 50), puis d’autres articles, des livres nous ont enseigné la technique pour reproduire  soi-même une Mola.

Puis un jour, un reportage dans le Quiltmania n° 60 éveille mon intérêt : une Japonaise fait des molas extraordinaires ! Il s’agit de Fumiko Nakayama, très connue au Japon. Elle fait des Molas depuis 40 ans maintenant et conserve des liens étroits avec des familles de cette partie du monde (cliquez sur ces deux photos ci-dessous pour agrandir)

 Elle a bien sûr commencé par des oeuvres très proches de celles du peuple Kuna, gardant les thèmes de la Nature tropicale, puis a diversifié peu à peu ses thèmes… et considérablement agrandi la taille de ses panneaux ! C’est sur Flickr sans doute que vous pourrez admirer le plus grand nombre de ses oeuvres récentes : elle expose en effet tous les ans au Festival International du Quilt à Tokyo et chaque année on peut admirer les albums-photos de Jan (son blog : be*mused) ou d’autres… Voici quelques références sur lesquelles vous pouvez cliquer :

Flowers of ForestTwinkling NowHappy Faces around the WorldWind of Mayet encore un… : photos de Jan, qui est également collectionneuse de Molas authentiques . A noter : pour éviter le pillage sans référencement des photos, Flickr permet de mettre des liens, mais plus de copier les photos. Prenez donc quand même le temps de découvrir ces merveilles ! Vous verrez l’évolution de son art, les derniers datant de 2011-2012.

Mais un chef-d’oeuvre trop peu connu de Fumiko Nakayama est une immense composition de 2 mètres sur 4 mètres :

Il fut offert par l’artiste en 2005  pour un centre chrétien de Londres, St Ethelburga (ici une meilleure photo sur Flickr : clic). Il est, paraît-il, en soie (à vérifier !), composé de 40 panneaux montrant 40 peuples du monde. J’aimerais tant le voir en détails ! Qui va bientôt à Londres pour nous faire de belles photos de cette tapisserie ?…

Fumiko Nakayama a écrit plusieurs livres sur son art ; l’un d’eux, édité la première fois en 2002, est actuellement disponible à la Couserie Créative. De nombreuses photos décrivent comment faire, mais comme le texte est en japonais il faut déjà avoir quelques notions de cette technique pour bien profiter des schémas ! On y trouve beaucoup de petits modèles, des coussins comme sur la couverture, des sacs, pochettes, tableaux… Mon modèle préféré est peut-être celui des trois femmes aux dominantes turquoise et chocolat car j’aime ces couleurs… mais tout est beau !

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Au Jardin du Curé…

… Vous pourrez aller voir début juin une exposition de quilts, dont 15 de la Guilde Danoise, dans la campagne tarnaise tout près de Graulhet :

Cette affiche très originale, en tissu indien artisanal, a été imprimée d’un motif traditionnel grâce à une technique que vous pourrez apprendre sur place avec Jamie Malden (voir son site Colouricious). Mais attention, pour faire ce stage gratuit vous devez vous inscrire pour réserver votre place ! Sur le site www.lejardinducure.com/, cliquez sur « exhibition » puis sur le drapeau français pour pouvoir remplir un formulaire de réservation en français. Toul le matériel vous sera prêté (tampons et encre), vous pouvez venir avec votre tissu ou votre tee-shirt pour le customiser. Ensuite, libre à vous de broder, embellir votre oeuvre personnelle : cela peut être pour vous un premier pas vers l’art textile contemporain. N’hésitez pas à contacter Penny Roberts pour plus de renseignements !

A noter qu’à la place d’un droit d’entrée, on vous proposera un ticket de loterie (5€) qui vous permettra peut-être de gagner un des lots !

Pentagone

Dans le monde des blocs de patchwork, la géométrie est au service de la représentation de la Nature ou de symboles… mais le choix est raisonné par l’accessibilité du dessin. Les angles droits et à 45° font partie du quotidien de la quilteuse et se dessinent sur un simple papier quadrillé. Le « monde de l’hexagone », avec ses angles à 60°, ses losanges à 30° pour monter des cubes ou des étoiles à six branches, sont également connus.

En revanche, même si la grande majorité des fleurs que nous cotoyons sont à 5 pétales*, elles ne figurent que rarement en bloc piécé.  C’est pourtant spontanément le nombre de pétales qu’un enfant dessine souvent pour une fleur, son cerveau ayant probablement enregistré cette harmonie dans la Nature. C’est d’ailleurs bientôt la Fête du Printemps au Japon, célébrée chaque année au moment de l’éclosion des pruniers ornementaux (Sakura) à cinq pétales.

Dans les blocs de patchwork traditionnels, sont privilégiées des fleurs qui ne sont pas liées au nombre 5, comme le cornouiller et ses quatre pétales, les tulipes stylisées…

De même, les étoiles à cinq branches, si prisées en politique, religion ou décoration, se font rares en patchwork !

Quilt avec des étoiles à 5 branches, dans le pur style country, photographié dans ce livre de Laurie Simpson. C’est un modèle relativement rare. Les étoiles piécées en patchwork sont plus souvent à 4, 6 ou 8 branches.

Ce désamour vient bien sûr des difficultés géométriques. En s’intéressant aux figures géométriques à cinq branches ou angles, on se plonge dans les recherches séculaires du Nombre d’Or et de l’Harmonie comme l’exprimèrent Vitruve puis Leonard de Vinci dans cette représentation de l’Homme inscrit dans un pentacle (étoile à 5 branches dans un cercle) :

Avec sa racine grecque pent- qui dévoile le chiffre cinq, le pentagone est un polygone à 5 côtés. Si on veut imbriquer des pentagones, il faut qu’ils soient irréguliers avec 2 angles droits, cela donne par exemple « le pavage du Caire ».

 Et si on pose à plat des pentagones aux côtés égaux, il y a des trous comblés par des triangles :

Mosaïque dans la Mosquée du Vendredi à Ispahan.

A moins de réunir des pentagones côté par côté, quoiqu’il advienne, cela donne alors… une balle ! Magie de la géométrie…

Balle du Printemps, avec des décos encourageant le printemps à arriver bien vite !

Pour faire une balle, vous aurez besoin de 12 pentagones (en rouge). Pour le plaisir, remarquez que le centre de l’étoile est aussi un pentagone dans lequel on pourrait bien redessiner une autre étoile…

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*les Rosacées : la plupart de nos arbres fruitiers, de très nombreux arbustes d’ornement, et nos roses issues de l’églantier, voir ici ainsi que d’autres fleurs à 5 pétales ici.

Crazy Confetti

Vous connaissez peut-être cette petite technique et vous l’appelez autrement ? C’est en tout cas Confetti qu’on appelle à Toulouse cette variante de crazy entièrement cousu à la machine.

D’où vient cette folie d’assembler ces minuscules carrés ou rectangles ? Il faut remonter au temps où internet n’existait pas… Les magasins de tissus expédiaient des échantillons de leurs tissus en vente sous forme de mini-morceaux découpés aux ciseaux cranteurs. On finissait par en avoir de pleins tiroirs ! Certaines quilteuses, adeptes du vrai esprit de recyclage du patchwork, ont minutieusement assemblé ces pièces avec un point zig-zag. Le résultat étonnamment esthétique fait que la technique a survécu aux échantillons ! J’ai fait plus d’une dizaine de pochettes comme celle ci-dessous, elles ont toutes été offertes… J’ai vite photographié celle-ci au moment du passage de ma fille à la maison ! Elle l’utilise tous les jours et je remarque avec grand plaisir que celles qui en ont autour de moi s’en servent aussi ! C’est ma meilleure récompense..

A défaut d’échantillons, on utilise ses restes de tissus de toutes tailles, y compris les minuscules.

Le procédé est facile : prenez des chutes, toutes coupées à angle droit (bandes, carrés, rectangles), assemblez deux pièces endroit sur endroit et couper ce qui dépasse si les deux pièces ne sont pas de la même taille. Ouvrez la couture à l’ongle et, sur cette couture ouverte, faites un point de zig-zag. Puis recommencez… C’est addictif et met beaucoup de bazar, mais c’est si amusant… On peut avancer avec la technique du log cabin : on tourne autour d’un centre, et pour éviter des bandes trop longues on les prépare en plusieurs morceaux. On fait de multiples petits blocs qu’on assemble entre eux. Autre technique, à mixer avec la précédente : on prépare des bandes qu’on assemble puis recoupe dans l’autre sens. Bref, on fait comme on veut pour agrandir notre tissu de petites pièces !

Vous avez ici un tissu confetti en cours : à droite, des morceaux déjà assemblés, à gauche une préparation en bandes. Je vais agrandir mon confetti en assemblant les deux puis  en recoupant à « la bonne dimension ». On passe son temps à coudre et découper, et peu à peu émerge un tissu unique ! Ici, le fil choisi est vert foncé : le choix de sa couleur donne une cohérence à l’ensemble.

Ce tissu de confetti a donc la particularité d’être assez raide car les multiples zig-zags agissent comme une armature et rigidifient le tissu. Ensuite faites-en ce que voulez !

On peut donc faire (presque) n’importe quoi après avoir préparé ce tissu de confetti, le couper pour en faire une pochette, un sac… ou une bordure de patchwork !

Et puis, l’imagination n’ayant pas de limite, une Abeille m’a offert ceci après avoir appris cette technique :

Merci Marie-Jo, je l’utilise tout le temps !

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Quilting selon la technique Amish – Seconde partie

Patricia, notre Abeille Argentine Ariégeoise, nous a déjà relaté son expérience de quilting avec Esther Miller. Voici ci-dessous des précisions techniques et des photos montrant, le plus fidèlement possible, comment on peut quilter dans tous les sens et ainsi pouvoir utiliser un métier à quilter, même le plus rustique avec quatre planches, comme les quilteuses du XIXe siècle. Il est évidemment presque impossible de tout apprendre juste avec les informations trouvées dans cet article, mais Patricia a fait ici de son mieux pour vous transmettre son savoir-faire en quelques lignes et photos. Sachez que vous retrouverez Patricia avec Esther Miller à Saine-Marie-aux-Mines en septembre prochain et que Patricia peut vous organiser un stage : dans le sud-ouest, ce sera facile, plus loin vous pouvez quand même lui poser la question ! Laissez un commentaire, je lui transfèrerai votre requête et votre adresse mail.

Katell

Texte en français, anglais et espagnol à la suite, avec quelques photos descriptives en fin d’article. Merci Patricia !

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Comme nous l’avions promis, voici la suite. Malgré les possibles difficultés à s’habituer au changement et aux nouvelles habitudes, apprendre c’est toujours une aventure gratifiante ! La technique traditionnelle Amish nous permet de quilter dans tous les sens, et les outils modernes nous permettent d’éviter les doigts piqués ! Esther nous a montré ce qu’elle a découvert dans le domaine des outils au fil des années, ça ne veut pas dire que les Amish utilisent ces dés actuellement.

Les outils pour quilter : le métier ou le tambour et 3 dés ! L’avantage du métier est qu’on n’a pas besoin de bâtir. La difficulté : on ne peut pas changer le patchwork ‘en route’, il faut le finir avant de l’enlever du métier. L’autre souci, la place que ça peut prendre dans la maison. Il était fréquent, dans les maisons américaines, d’avoir un système de poulies pour monter le métier avec son quilt au plafond ! Le quilt que vous voyez sur la photo est bâti parce que je l’ai commencé avant mon stage avec Esther Miller.

Les dés : pour le doigt majeur (main droite pour les droitiers), j’utilise le ‘dé à quilter ouvert’ de Clover, c’est réglable et mon doigt ne transpire pas. Pour moi, le plus important en tant que ‘découverte’ c’est le dé pour le pouce pour quilter vers le haut (sans se faire mal !). J’ai un ‘dé bague’ ouvert et réglable de Clover aussi. Il y a aussi le ‘Thumb Thimble’ de Ted Storm, pour quilter vers le haut, en s’éloignant de soi, sans se blesser le pouce. L’autre découverte, c’est le 3° dé, celui du dessous, (main gauche) qui pousse les tissus vers le haut, et me permet de faire de très petits points. L’aiguille ‘plonge’ contre le bord du dé, et pas contre mon doigt, et puis ‘remonte’ pendant que le dé glisse sous le tissu. (pas évident la description du mouvement !) J’ai un dé en porcelaine que j’adore (voir site d’Esther Miller); mais il y a aussi un dé en plastique (Marian’s Magic Thimble, vendu par Cotton & Color), l’aiguille accroche et marque un peu le plastique, mais ça marche aussi.

Le fil, un élément très important. J’avais essayé plusieurs marques et dans le stage d’Esther Miller, elle nous a fait travailler avec les fils YLI ; depuis, c’est celui que j’utilise. La fibre du coton utilisée est longue et grâce à ça on peut faire des aiguillées plus longues sans avoir un fil usé ou entortillé.

Les aiguilles : j’ai découvert pendant le stage, les aiguilles Roxanne (les Between n° 11) ; elles sont plus grosses et en conséquence plus solides que les autres et quand il s’agit de piquer à travers les 3 épaisseurs et aller contre un dé en porcelaine, on a besoin d’une aiguille de bonne qualité. N’hésitez pas à jeter à la poubelle les aiguilles abîmées ou tordues !

Début et fin de l’aiguillée : pour commencer, on fait un nœud qu’on va cacher entre les trois épaisseurs comme d’habitude. Mais pour finir, Esther nous a montré comment s’assurer que le fil ne va pas ‘sortir’ du quilt, sans avoir fait de nœud. On va faire un zig zag avec l’aiguille, en passant le fil d’un côté et l’autre de la ligne quilté, comme si on tissait le fil de l’aiguille et le fil du quilt.

Les pauses : pour moi c’est important de prendre de petites pauses quand je quilte. A peu près une heure et quart de quilting et 5 à 10 minutes pour m’étirer ou marcher un peu. C’est important de ne pas se fatiguer. Personnellement, dès que je commence à me fatiguer, je le vois dans la longueur de mes points.

La lumière : C’est important de travailler avec une bonne lumière, soit naturelle ou artificielle.

J’espère que vous profiterez de ces images et n’oubliez pas : prenez plaisir à essayer cette technique !

Bon quilting !

Patricia

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QUILTING ACCORDING TO THE AMISH TECHNIQUE (Part Two)

As promised, here is the second part. In spite of the possible difficulties of getting used to changes and new practices, to learn is always a gratifying adventure! The traditional Amish technique allows us to quilt in all directions, and the modern tools enable us to avoid the hurt fingers! Esther had showed us what she has discovered regarding tools over the years, that doesn’t mean that Amish employ these thimbles today.

Tools for quilting: the frame or the standing hoop and 3 thimbles! The advantage of the frame is that the quilt doesn’t need to be basted. The difficulty: we cannot change the patchwork ‘while quilting’; it should be finished before removing it from the frame. The other concern: the place that it can take in the house. Frequently, in the American houses, they have a system of pulleys to elevate the frame with the quilt to the ceiling! The quilt you can see on the pictures is basted because I had already started it before my training course with Esther Miller.

Thimbles: for the middle finger (right hand for right-handed people), I use the ‘Open Sided thimble’ from Clover; it is adjustable and my finger doesn’t perspire. For me, the most important new discovery is the thimble for the thumb. I have the ‘Adjustable ring thimble’, from Clover. There is another one ‘Thumb Thimble’ from Ted Storm, to quilt away from myself, without hurting myself. The other discovery is the 3rd thimble: it’s still ‘under the fabric’, it pushes fabrics upwards and allows to make very small stitches; the needle ‘dives’ against the edge of the thimble, and not against my finger, and then `goes up’ while the thimble slips under the fabric. (it’s not easy to describe this motion!). I have a porcelain thimble that I love (see Esther Miller’s website), but there is also a plastic thimble (Marian’s Magic Thimble, sold by Cotton & Color), the needle catches and scratches a little bit, but it works anyway.

The thread, a very important element. I had tested several brands but during the training course with Esther Miller, she had us work with the YLI’s threads; since then this is the one I use. The fibre of cotton is long and that is why we can make longer the length of thread without having a worn or twisted thread.

Needles: I discovered during the training course, Roxane’s needles (Between n°11); they are thicker and consequently more solid than the others, and when we go through the 3 fabric layers and against the porcelain thimble, we need a good quality of needles. Do not hesitate to throw the damaged or twisted needles in the garbage can!

Beginning and end of the quilting line: to start, we make a knot which will be hidden in the middle of the three layers as usual. But to finish, Esther showed us a technique to keep the thread between the layers without making a knot. We will make a zigzag with the thread from one side to the other of the quilted line, as if the thread of the needle and the thread of the quilt were woven.

Pauses: for me, it is important to have small breaks when I quilt. About an hour and fifteen minutes quilting and 5 to 10 minutes to stretch or walk for a little while. It is important not to get tired. Personally, as soon as I start feeling tired, I can see my stitches getting longer.

Light: it’s important to work with a good lighting, be it natural or artificial.

I hope you will enjoy looking at these images and don’t forget: have fun testing this technique!

Happy Quilting!

Patricia

Many thanks to Anne-Marie, our Bee from Colorado, who helps us with the English text!

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QUILTING CON LA TÉCNICA AMISH (segunda parte)

Tal como habíamos prometido, aquí está la segunda parte. ¡A pesar de las posibles dificultades para acostumbrarse al cambio y a las nuevas técnicas, aprender es siempre una aventura gratificante! ¡La técnica tradicional Amish nos permite hacer el acolchado en todas las direcciones, y los útiles modernos nos evitan los dedos pinchados! Esther nos mostró lo que ella descubrió con respecto a los útiles a lo largo de los años,  pero eso no quiere decir que los Amish utilicen estos dedales actualmente.

 Las útiles para acolchar: el bastidor del tamaño del quilt (o sobre caballetes) o el bastidor sobre pie y 3 dedales! La ventaja del bastidor es que no necesitamos hilvanar el quilt. La dificultad: no se puede cambiar el quilt que estamos haciendo, es necesario terminarlo antes de retirarlo del bastidor. Otra dificultad, el lugar que puede ocupar en la casa. Antiguamente, era frecuente ver en las casas americanas un sistema de roldanas para subir el bastidor hasta el cielorraso! El quilt que ven en las fotografías está hilvanado porque lo comencé antes de mi aprendizaje con Esther Miller. 

Los dedales: para el dedo mayor (mano derecha para los diestros), yo utilizo el ‘dedal abierto para quilt’ de Clover, es ajustable y mi dedo no transpira. Personalmente como novedad, el dedal más importante es el dedal para el dedo pulgar,  para acolchar hacia arriba (sin hacerse mal!). Yo tengo un ‘dedal anillo’ abierto y ajustable también de Clover. Hay otro dedal para el pulgar, el ‘Thumb Thimble’ de Ted Storm para acolchar alejándose de uno mismo sin lastimarse el pulgar. La otra novedad es el 3° dedal, que utilizo por debajo del quilt (mano izquierda) y empuja el quilt hacia arriba; esto me permite hacer puntadas muy pequeñas. La aguja ‘se hunde’ atravesando los tres espesores del quilt contra el borde del dedal y no contra mi dedo, y luego ‘sube’ de nuevo mientras que el dedal se desliza  por debajo del quilt (no es muy fácil la descripción del movimiento!). Yo tengo un dedal en porcelana que adoro (ver pagina web de Esther Millar), pero hay también un dedal de plástico (Marian’s Magic Thimble, se vende en Cotton & Color), la aguja se engancha un poco y raya el plástico, pero de todas maneras funciona.

El hilo, un elemento muy importante. Yo había utilizado varias marcas y durante el curso, Esther Millar nos hizo trabajar con los hilos YLI; a partir de ese momento, es el hilo que utilizo. La fibra del algodón utilizada es larga y gracias a eso se pueden hacer hebras largas sin tener un hilo gastado o enroscado.

Las agujas: en el curso descubrí las agujas Roxana (Between n°11); son más gruesas y en consecuencia mas sólidas que las otras  y cuando se trata de pinchar a través de  3 telas y de ir contra el dedal en porcelana, se necesita una aguja de buena calidad. ¡No olviden de tirar a la basura las agujas dañadas o torcidas!

Principio y terminación de las hebras: para comenzar, se hace un nudo que se va a ocultar entre los tres espesores como siempre. Pero para terminar, Esther nos mostró cómo garantizar que el hilo no ‘se escape’ del quilt sin hacer nudos. Vamos a hacer un zig zag con la aguja, pasando el hilo de un lado y del otro de la línea que acabamos de hacer en el matelaseado, como un entretejido entre el hilo de la aguja y el hilo del quilt.

Las pausas: para mi es importante tomar pequeñas pausas cuando hago un acolchado. Alrededor de una hora y cuarto de quilting y 5 a 10 minutos para estirarme o caminar un poco. Es importante no cansarse. Personalmente, en cuanto comienzo a cansarme, veo que mis puntadas son cada vez mas largas.

La luz: es importante trabajar con una buena luz natural o artificial.

Espero que disfruten de las imágenes y no lo olviden: disfruten practicando está técnica!

Buen quilting!

Patricia

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Illustrations de Patricia

1 Dé pour le doigt majeur (de Clover) Il y a un autre modèle chez Roxanne.

2 Dé pour l’index en porcelaine (pour la main qui est par-dessous du patch, vendu dans le site d’Esther). Il y a un autre modèle, en plastique : Marian’s Magic Thimble.

3 Dé pour le pouce Clover (c’est celui que j’utilise)

4 Dé pour le pouce (Ted Storm Thumb Thimble, photo prise pendant le stage avec E. Miller)

5 Esther Miller en train de montrer une des positions des mains pour quilter selon la technique Amish
6 Chez moi, avec le tambour Hinterberg
7 vers la gauche (position traditionnelle… pour les droitiers. Pour les gauchers, il n’y a aucun problème, il suffit de voir les images ‘en miroir’)
8 vertical, vers moi
9 vers le bas, à droite.
10 vers le haut, à gauche (même position pour faire vers le haut tout droit, vertical)
11 vers le haut, à droite
12 Métier à quilter fait maison
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Liens pour vous renseigner et  trouver les fournitures
Video démonstration : http://www.youtube.com/watch?v=ZeSSyueipPw&feature=related (youtube Hand’s quilting avec Aunt’s Becky  protecteur du doigt de dessous)
Et voilà ! N’hésitez pas à poser des questions à Patricia qui se fera un plaisir de vous renseigner, elle est si heureuse de partager cette passion avec nous toutes !
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Amazonia vue de plus près

Ceci est la suite de l’article Amazonia, la forêt d’émeraude.

Ce quilt d’apparence « crazy-moderne », de style « crumb quilt » en anglais, a été vite fait car on ne s’embarrasse pas d’exactitude et, pour ce top, j’ai donc renoncé à défaire quoi que ce soit. Même si les coutures sont nombreuses, tout se fait rapidement !

Par exemple, le papillon qui attire le regard est le résultat d’une erreur. Je voulais en faire un symétrique, tenant dans mon carré de 16 cm. J’ai donc préparé du papier de soie à la taille des ailes… et zut, un papier était du mauvais côté et j’ai fait 2 ailes droites postérieures ! Pas envie de recommencer. Du coup, le papillon devenait plus grand que les 16 cm, d’où son occupation finale sur 4 carrés.

Le papillon de droite, du coup, semble bien sage à côté du grand frère. Les papillons ont une grande place dans cette évocation de l’Amazonie car ma fille a été étonnée par leur nombre et leur variété ; cela m’a bien inspirée !

Les étoiles sont des « Maverick Stars » à la manière de Bonnie Hunter et autres quilteuses « libérées » : on ne se soucie aucunement des branches trop petites ou trop grandes, et finalement on reconnaît que c’est une étoile quand même…

Autre particularité : je n’ai pas voulu faire d’appliqué dans ce quilt, les formes sont donc un peu « brutes ». J’ai quand même adouci quelques formes qui le méritaient en cousant des coutures courbes pour les hamacs, quelques vagues du fleuve et quelques feuilles.

Ici, vous avez un des quatre coins avec un tissu imprimé de papillons, ainsi qu’une feuille faite de bandes puis piécée aux tissus de fond. Je n’ai pas réussi à faire une photo correcte du quilting des bordures vertes avec des mots, mais si vous agrandissez celle-ci, vous voyez le début de « La selva esmeralda » écrite en vert sur vert.

Et puis j’ai interprété des photos avec toutes ces petites embarcations le long du fleuve Amazone, les maisons souvent peintes en turquoise : certains bateaux sont presque réalistes, d’autres deviennent plutôt des vols d’oie « mal faits » !

Je voudrais finir cette présentation avec les lettres écrites au piéçage intuitif, à la manière de Tonya Ricucci

On peut voir dans le bloc central du haut un très maladroit AMOR, très bancal mais amusant, c’était mon premier essai.

On y voit aussi une baratte avec des restes de tissus divers, une version libre de Log Cabin qui démarre avec un hexagone, une autre forme de coeur, lui aussi inspiré du Log Cabin… J’ai laissé vagabonder mon imagination et mon intuition.

En agrandissant les photos, vous verrez bien que mes points sont grands… et irréguliers. Grands parce que j’ai utilisé pour la première fois du coton perlé n°8, irréguliers parce que j’ai quilté de façon très décontractée, sans ambition d’exposition, et que certaines coutures superposées ne facilitaient pas la tâche ! Soyez donc indulgentes, c’est un cadeau pour ma fille et non une oeuvre pour concours ! 

Puis vous avez ici le titre, bien plus lisible heureusement que mon premier mot piécé : 

Voilà donc quelques photos et explications qui, j’espère, vous donneront l’envie d’exprimer librement vos envies, émotions, tout en utilisant les restes, les miettes, de vos ouvrages précédents .

Quilting selon la technique Amish – Première partie

Dès la naissance de ce blog, une charmante Patricia nous laissait de gentils commentaires… Je me suis vite rendu compte qu’elle habitait le département voisin et, en septembre, elle a souhaité s’inscrire au Club où sévissent les Abeilles. Intégration très rapide de cette Abeille Voyageuse, Argentine d’origine et Ariégeoise d’adoption (elle a le triple A), qui préfère plus que tout assembler et quilter à la main. Elle nous fait le plaisir de nous raconter une expérience marquante toute récente.

NB : texte en français, anglais et espagnol à la suite, Google traduction va être en vacances !

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Quand j’ai lu l’article sur Mme Esther Miller dans « Les Nouvelles, Patchwork et Création Textile » (n°105, Juin 2010)*, je me suis dit : « Je veux rencontrer cette dame : une ex-fille Amish, habitant en Allemagne  depuis plus de 40 ans et qui donne des cours en France…  je n’aurai pas trop d’opportunités comme celle-ci. » J’ai dû attendre le 17° Carrefour Européen à Sainte Marie aux Mines, Alsace, en septembre 2011, pour pouvoir la rencontrer et suivre un stage de deux jours avec elle. Ça a été un de mes plus beaux cadeaux d’anniversaire !

Je dois vous dire que j’adore quilter à la main, c’est presque comme une méditation (quand je suis seule) et un plaisir à partager quand je suis en groupe de quilteuses.

Quilter à la main à la manière Amish, c’est-à-dire avec un métier et dans toutes les directions sans bouger le quilt, était une des choses que je voulais vraiment apprendre. Dans le stage, nous étions douze femmes, six autour de chaque métier, comme dans les ‘quilting bees’ (les groupes de femmes qui se réunissent pour quilter ensemble) mais dans ce cas là, chacune travaillait sur son propre carré.

L’enseignement a été clair et orné d’histoires sur la vie Amish et le ‘pourquoi et comment’ ils font leurs quilts de cette manière.

Une belle rencontre ! Esther est très ouverte, sa pédagogie et sa patience pour enseigner m’ont touchée et le plaisir et la joie de travailler sur mon carré ont été immenses. Bien sûr, je ne vous cacherai pas que le début n’a pas été très évident. Apprendre une nouvelle technique (surtout pour quilter vers le haut)  demande toujours de l’ouverture, l’envie et beaucoup de patience envers soi-même, alors quand mes points n’étaient pas beaux…. je souriais, je respirais profond et je recommençais.

J’ai fini le quilting de mon carré chez moi, avec un tambour sur pied (Homestead quilting hoop, Hinterberg Design, acheté au Petit Comptoir à Toulouse). Je suis ravie de travailler avec ce tambour ; c’est reposant pour mon dos, ça me permet d’avoir la bonne tension du quilt et c’est beau à voir dans mon salon.

La suite de cet article bientôt sur ce blog : quelques astuces et les outils que j’ai appris à utiliser pendant le stage d’Esther Miller.

Patricia

                                           

(photo du site Carrefour Européen 2011)

Photo : pendant le stage, autour des métiers…/During the workshop, around the frames…/Durante el curso, alrededor de los bastidores…

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Quilting according to the Amish technique

When I read the article of Mrs. Esther Miller in `Les Nouvelles, Patchwork et Création Textile’ (n°105, June 2010)*, I said to myself: “I want to meet this lady : a former Amish-girl, living in Germany for more than 40 years who gives workshops in France… I will not have too many opportunities like this one. ” I had to wait until the 17th European Patchwork Meeting, in Sainte Marie aux Mines, Alsace, in September 2011, to be able to meet her and follow a two-day workshop. That was one of my beautiful birthday’s gifts!

I have to tell you, I love hand quilting, it is almost as a meditation (when I am alone) and a pleasure to share when I am in group of quilters.

Hand quilting in the Amish way, meaning, with a frame and in all the directions without moving the quilt, was one of the things I really wanted to learn. In the workshop, we were twelve women, six around each frame, as in the `quilting bees’ (a women meeting to quilt together) but in this case, each one worked on its own square.

Teachings were clear and highlighted with stories about Amish’s life and the `why and how’ they make their quilts like that.

A beautiful meeting! Esther is very open, her pedagogy and her patience to teach touched me and the pleasure and the joy of working on my square were immense. Of course, I will not hide you that, at that beginning, it wasn’t easy. To learn a new technique (especially for quilting upwards) is always asking for opening, the desire and a lot of patience towards oneself, so then when my stitches weren’t beautiful…. I smiled, I breathed deeply and I started again.

I finished the quilting of my square at home, with a standing hoop (Homestead quilting hoop, Hinterberg Design, bought at Le Petit Comptoir, Toulouse). I am delighted to work with this hoop ; it is resting for my back, that enables me to have the good tension in my quilt and it looks beautiful in my living room.

Following article: some tips and the tools I learned to use during the master classes with Esther Miller.

Patricia

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Quilting (Alcolchar) con la tecnica Amish.

Cuando leí el articulo de la señora Esther Miller en la revista ‘Les Nouvelles, Patchwork et Création Textile’ (n°105, Junio 2010)* me dije: “Yo quiero conocer a esta mujer. Una ex niña Amish que vive en Alemania desde hace mas de 40 años y que da cursos en Francia… no tendré muchas oportunidades como esta” Tuve que esperar al 17° Carrefour Europeo en Sainte Marie aux Mines, Alsacia, en Septiembre 2011,  para poder conocerla y tomar un curso de dos días con ella. Fue uno de mis mejores regalos de cumpleaños! 

Debo decir que me encanta ‘quilter’ (hacer acolchado) a mano, es casi como una meditación (cuando estoy sola) y un placer compartido cuando estoy con un grupo de quilteuses.

Acolchar a mano, como los Amish, es decir, con un bastidor y en todas las direcciones sin mover el quilt, era una de las cosas que yo mas quería aprender. En el curso, éramos doce mujeres, seis alrededor de cada bastidor, como en los ‘quilting bees’ (los grupos de mujeres que se reúnen para acolchar juntas) pero en este curso, cada una trabajo sobre con su propio cuadrado.

La enseñanza fue clara y  enriquecida con historias y los ‘por qué y como” los Amish trabajan de está manera.

Un hermoso encuentro! Esther es muy abierta, su pedagogía y su paciencia para enseñar me marcaron mucho y fue un placer y una alegría inmensa trabajar sobre mi propio cuadrado. Claro que no voy a negar, al principio no fue fácil. Aprender una nueva técnica (sobre todo para acolchar hacia arriba)  necesita que estemos abiertos, tener ganas y  mucha paciencia consigo mismo, entonces cuando mis puntos no eran muy bonitos…yo sonreía, respiraba profundo y comenzaba de nuevo.

Terminé el acolchado de mi cuadrado en mi casa, con un bastidor sobre pie (Homestead quilting hoop, Hinterberg Design, comprado en Le Petit Comptoir, Toulouse). Estoy muy feliz con mi bastidor, me permite descansar mi espalda, tener la tensión justa en el patchwork para hacer el acolchado et se vé bonito en mi salón.

La continuación de este artículo: algunos consejos y los útiles que aprendí a utilizar durante el curso de Esther Miller.

Patricia

Mon carré fini (35 cm x 35 cm – 14″ x 14″) – My square finished – Mi cuadrado terminado

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* Publié par/published by/publicado por : France-Patchwork

 Site d’Esther Miller : http://www.millersquilting.de/

Site du Carrefour Européen du Patchwork : http://www.patchwork-europe.com/?lang=en

Blog de Patricia : http://spiritualartandbeauty.blogspot.com/

Tradition chérie, expression libérée

Que de styles différents au sein de notre communauté de quilteuses ! Il suffit de naviguer un peu de blog en blog pour en mesurer la diversité : quelle chance nous avons ! N’oublions pas de nous déplacer voir les expositions, discuter, échanger… Cela nous enrichit infiniment.

Certaines s’épanouissent dans un seul style, ce qui leur permet de devenir expertes dans leur domaine, d’autres, dont je fais partie, sont passionnées par toute l’histoire des quilts et des femmes qui les ont créés. C’est ainsi que je m’intéresse particulièrement aux quilteuses qui ont allègrement balancé aux orties les règles de base du patchwork traditionnel comme la concordance des coutures, les angles bien respectés… Mais surprise, ces femmes ayant lancé le populaire mouvement du Liberated Quiltmaking ont de solides bases classiques, un amour de la tradition et une fine connaissance de divers mouvements artistiques.

Liberated Log Cabin Medaillon, de Gwen Marston (2009). Admirez les couleurs et le minutieux quilting à la main, témoins de son attirance infinie pour les quilts Amish.

Ainsi la première, Gwen Marston, s’est d’abord investie dans les quilts anciens mais remarqua vite que ses préférés étaient ceux de tendance populaire, souvent très scrappy, qui accrochaient le regard avec leurs « défauts » de construction, leurs couleurs réparties bizarrement,  bref l’audace d’oser se moquer des règles établies. C’étaient souvent des contraintes qui menaient à ces audaces, comme un manque de tissu ou la redécoupe d’un quilt dans un précédent partiellement usagé, non une attitude artistique volontaire. Mais quel charme dans ces ouvrages ! De plus, la redécouverte et la valorisation des quilts Amish dans les années 1980 mit à jour non seulement les plus académiques, mais aussi beaucoup de quilts follement modernes. Enfin, la plus récente influence vient des quilts de la mouvance des Gee’s Bend, quilts réalisés par les plus pauvres Afro-Américaines d’Alabama, avec les restes de nos vêtements modernes (aussi bien des chemises en polyester que des jeans). L’inventivité de ces femmes actuelles, avec simplement ce qu’elles ont de disponible, éclaire sur la longue histoire cachée des quilts « spontanés » tout au long des siècles derniers, en particulier dans les campagnes. On constate que, d’une façon générale, les personnes oppressées survivent grâce à leur inventivité, et moins dramatiquement que le manque engendre la créativité ; c’est ce qui a eu lieu, aussi bien chez les femmes blanches avançant vers l’Ouest américain que chez les femmes noires, d’abord esclaves puis en situation à peine plus enviable pour la plupart dans les états du Sud.

Quilts de la communauté des Gee’s Bend, Alabama, avec un souci d’économie et de beauté.

Ainsi, à côté des quilts traditionnels à la beauté intemporelle, j’aime aussi ces quilts touchants au style informel. Les plus nombreux sont les quilts de bandes, faciles à monter (parfois sur un tissu de base). C’est en ce moment très tendance mais nullement récent !

Voyez ici l’article de Tonya Ricucci à propos de cette étoile faite de petites bandes de récupération ! Celui-ci ne fait pas partie des quilts à bandes les plus « faciles »…

Et ici, une étoile Amish de la collection Brown, date probable vers 1920, belle parenté :

Dans le mouvement du « liberated quiltmaking » ou des « unruly quilters »*, les quilteuses ne font pas tout-à-fait n’importe quoi quand même, sinon elles n’auraient pas cet impact durable. Evidemment elles ne découdront pas une couture qui a « mangé » un angle, oseront ajouter une pièce au bout d’une bande trop courte, mais regardez objectivement leurs ouvrages : les plus réussis sont harmonieux malgré leur côté bancal, une vraie expression artistique s’en dégage. Et pour cause ! Quand on décide de faire un quilt sans règles (double sens aussi bien en anglais qu’en français, avec la liberté qu’on s’accorde et la possibilité de laisser nos instruments de mesure au placard) chaque avancée se fait après réflexion puisqu’il n’y a aucun plan à suivre. Il s’ensuit parfois du découragement quand rien ne marche, mais d’autres fois un drôle de sentiment d’exaltation et de vrai bonheur, une impression d’expression jubilatoire ! Je dois avouer par exemple que mon crumb quilt en cours me donne mille satisfactions, et tant pis si le résultat est bizarre, j’aurai passé grâce à lui des journées formidables !

* quilteuses sans règles

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Si cette orientation vous intéresse, voici deux artistes pour commencer vos recherches :

http://niftyquilts.blogspot.com/

http://lazygalquilting.blogspot.com/

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Noeuds pap’ de choc

Il y a presque une dizaine d’années, dans mon club, nous nous sommes passionnées pour des noeuds papillon très chics, au carré central plié et pris dans les coutures pour faire un joli centre sous lequel on peut glisser son doigt… Modèle trouvé dans un livre japonais traduit en français. Mon fils étant alors tout petit, je ne quiltais pas beaucoup mais là tout de même je ne pouvais résister ! Cette couverture fut prête en un clin d’oeil avec cette technique. Trainé partout, y compris en vacances, ce quilt sera un souvenir lié à son enfance.

Après avoir longtemps servi de tapis de jeu, les noeuds pap accompagnent encore mon fils le soir devant la TV, en voiture, à la plage même ! Vous remarquerez le quilting plus que succinct (j’ai presque honte), mais grâce au molleton PSR Nuage tout reste en place, même après des dizaines de lavages. Les tissus blanc et rouge sont des draps, quelques tissus de patchwork mais pas en majorité.

Ensuite, j’ai régulièrement enseigné cette méthode qui m’épate toujours ! A chaque fois je disais à mes élèves : « Cette fois-ci, pas de feuille car je suis incapable de bien l’expliquer par écrit ! ». Un jour,  mes deux Abeilles les plus éloignées de la Ruche, les soeurs de Carcassonne, m’ont fait le grand cadeau d’une explication écrite avec photos à l’appui… les voici rien que pour vous :

[Noeuds pap en volume expliqués par Annik & Eliane], merci les filles !

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A présent circule sur le Net « l’autre » version de pliage que j’avais déjà vue sur un magazine Burda mais que j’aime un peu moins (l’habitude sans doute), et aussi des variantes, un livre… Bref les « 3D bow ties » sont à la mode, profitez-en, c’est amusant !

* Explications très claires de l’autre méthode, plus facile à mettre en images : http://bearcreekquilter.wordpress.com/2008/05/23/3d-bow-tie-tutorial-and-more/

* Vidéo bien utile pour comprendre le système de pliage : http://www.youtube.com/watch?v=sgAZ3_xdkGw

* Le livre écrit par la quilteuse de la vidéo ci-dessus, avec cette intéressante variante de pliage des bordures :

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Des mots doux, des mots fous…

…des mots sur nos quilts !

Au dos des quilts, on peut généralement lire quelques renseignements sur l’ouvrage : le titre, l’année de création, le nom de la quilteuse et parfois plus, souvent écrits au feutre indélébile ou, mieux, brodés. Les plus belles que je connaisse sont celles de France Aubert et de Maïté, abeille de mon groupe : toutes deux brodent avec soin et composent toujours sur l’étiquette un gracieux rappel du thème du quilt.

Sur le devant des quilts, ce sont en général des lettres appliquées qu’on trouve, le plus souvent sur des Folk Country Quilts on peut lire des mots d’actualité saisonnière (Halloween, Christmas, Spring…), des mots d’espoir, d’idéal ou de souhaits (hope, love, peace, best wishes…), ou autres petites locutions évocatrices de confort et de joie (Home sweet Home…). Les Anglophones sont très fans de ces petites locutions, inscrites un peu partout dans les maisons « cosy ». Nous, Francophones, avons également un trésor de maximes et d’expressions mais elles sont, malheureusement de nos jours, considérées comme ringardes !

Et puis, dans l’excitation de la découverte du patchwork libéré avec Gwen Marston en l’an 2000, Tonya Ricucci inventa l’alphabet libéré. Imaginez des mots piécés (et non appliqués), dansant au beau milieu du quilt, ou en ribambelle sur la bordure… Si vous voulez en voir quelques uns, c’est ici : Word Play Quilts.

J’avais une petite idée, en voyant les photos, du principe de la technique, mais j’ai tout de même acheté LE livre de référence :

C’est une jubilation d’imaginer, sur mon futur Crumb Quilt, une bordure évoquant le thème que j’ai choisi !… Mais au-delà de la technique –fort simple– du piéçage des lettres, j’apprécie beaucoup la page d’introduction écrite par Gwen Marston. Ce sera l’occasion de vous parler un peu plus du mouvement du Liberated Quiltmaking… dans quelques jours !

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Autre alphabet piécé disponible sur le livre « Motifs de Patchwork », de Yoko Saito, édition Quiltmania (2006) : le look des lettres est assez similaire mais pas la technique. Dans ce livre-ci, les blocs sont dessinés précisément, alors que Tonya Ricucci donne un processus, une méthode, pas un modèle.