Après vous avoir présenté le ravissant panier de Kristine, si raffiné, voici le mien qui va vous paraître bien terne. J’ai une excuse ! Je rêve depuis longtemps de faire Welsh inspired quilt, un quilt à la manière galloise, en chutes de vêtements, donc la plupart du temps sombres. En voici quelques exemples, des antiquités bien souvent sauvées in extremis de la poubelle (photos Pinterest) :
Je suis particulièrement amoureuse de ce quilt, c’est lui qui m’inspire :
Alors mon centre de médaillon est dans des tons sourds, mélangeant des tissus repro, des tissus indiens imprimés au tampon (de chez Neelam), quelques tissus modernes… C’est mon melting pot à moi ! Je verrai au fur et à mesure jusqu’où « je peux aller trop loin »… Mais ayant cousu ce que je voulais, j’ai été assaillie de doutes… Beau, laid ? Potable, intéressant ?…
Je l’ai soumis à quelques amies avant de l’accepter tel qu’il est. Elles m’ont dit de le garder, et je leur fais confiance. Et puis Gwen Marston aussi fait parfois des centres très traditionnels, pour ensuite exprimer sa liberté dans les bordures… et c’est bien ce que faisaient beaucoup de quilteuses de jadis, donc je vais conserver mon petit panier d’inspiration galloise, puis le faire grandir au fil de l’été grâce à ce groupe si sympathique :
Encore une info concernant ce département d’Occitanie que je ne me lasse pas de visiter !
Tous les ans autour du 15 août, c’est la Fête du Fil à Labastide-Rouairoux (81), aux portes de l’Hérault (34) et au cœur du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. Riche d’une longue tradition textile, des passionnés font revivre cette vallée de communication, où passait déjà la voie romaine entre Nîmes et Toulouse, puis un chemin de St Jacques de Compostelle (la voie d’Arles).
Les activités séculaires tournent autour des ressources des bois, de la fabrication du verre, de l’exploitation du fer, des ardoises, de l’eau (force hydraulique notamment)… et surtout, en ce qui nous concerne, de la laine. Toute la chaîne de production se trouve dans la région : élevage des moutons, préparation des toisons, filage, teinture, tissage etc. D’ici sortaient au XXe siècle des tweeds utilisés par Coco Chanel pour ses petits tailleurs par exemple. Le Musée Départemental du Textile de Labastide-Rouairoux est passionnant ! De toute cette activité, il ne reste qu’une filature, Les Toiles de la Montagne Noire. Leurs toiles sont de très haute qualité, tout au long de l’année je profite des nappes et torchons achetés chez eux.
Parmi les incontournables de la Fête du Fil, il y a tous les ans l’exposition des cartes textiles reçues sur un thème donné. Cette année, le Japon est à l’honneur ! Pour participer, voici les conditions (à lire aussi sur le site) :
N’hésitez pas à participer et poster vos cartes… et peut-être envisager un tour du côté du Tarn cet été !
Le Tarn est au cœur du Pays de Cocagne, le saviez-vous ? Deux lieux prestigieux de ce département vont accueillir l’exposition Fibre Occitane cet été, cette fois-ci c’est donc la délégation France Patchwork 81 qui reçoit, avec l’aide active de plusieurs clubs et personnalités.
A partir de dimanche prochain et jusqu’au milieu du mois de juillet, Fibre Occitane sera exposée sur les murs du Château de Lacaze, à l’est du département. Des personnes obstinées ont réussi à rénover ce château Renaissance laissé en ruine depuis le XIXe siècle, incendié, pillé puis abandonné aux ronces. Dix années ont été nécessaires pour lui rendre belle allure et maintenant ce bel édifice est un centre d’échanges et de créations artistiques. Encore un bel écrin pour les quilts réalisés par des adhérents d’Occitanie !
Dimanche 26 juin, ce sera jour de fête avec, outre Fibre Occitane, des Puces des Couturières, du Street Art avec des quilts en plein air et des platanes déjà décorés :
Voici le platane adopté par FP31, le top en feuilles d’érable cousu par des adhérents de France Patchwork 31 vient d’être mis en place.
Quelle chance ont ces valeureux platanes, drapés de fils & fibres avec amour, avec humour… Voyez par ici les photos de l’installation de toutes les décorations bon enfant pour cette fête à venir. Cela ne risque rien, le beau temps est annoncé toute la semaine ! Bravo à Cécile, ses copines et l’équipe des Amis du Château de Lacaze.
Quelques quilts retardataires enrichissent l’exposition inaugurale de Roques, nous sommes très heureuses d’exposer à présent 70 quilts !
Puis, en septembre, Fibre Occitane sera à Albi. Nous vous en parlerons en temps voulu…
Kristine est la première de notre groupe à avoir terminé son panier à la manière de Gwennie, c’est-à-dire de la façon la plus libre qui soit ! De belles broderies familiales découpées, des restes de belles étoffes, un bout de raphia tissé (modification : de la rabane, merci Fabienne !) et voici une fenêtre ouverte sur une brassée de fleurs dans un panier :
Marre de tout ? Marre des attentats, des hooligans, de toute l’actualité ?
Pour cet été je me prépare des pauses bénéfiques : commencer un quilt, rencontrer mes (vrais) amis, continuer mon quilt, voyager, terminer mon quilt, et lire, lire… Pour les voyages et les amis, je n’en dirai pas plus, pour le quilt, ce sera le QAL, pour la lecture… eh bien j’ai déjà commencé mon programme-détente-évasion ! Quilteuse forever, mais aussi lectrice forever, que ferais-je sans mes yeux ?
Voici mes dernières lectures, quelles sont les vôtres ?
Découvrir un classique de la littérature en alternance avec des livres contemporains, cela fait un bien fou ! Je lis en ce moment Jane Eyre de Charlotte Brontë,roman aux larges plages autobiographiques, cheminement d’une femme intelligente et moderne au cœur de l’époque victorienne du XIXe siècle. Les grands sentiments font du bien ! C’est Tracy Chevalier qui m’a directement incitée à lire ce roman, afin d’apprécier ensuite la compilation de nouvelles écrites par 20 romancières autour de ce roman (à l’initiative de Tracy Chevalier) Reader, I married him.
Je viens de terminer le roman de la vie d’une autre femme : l’Arracheuse de dents, de F-O Giesbert. Quelle réjouissante femme que Lucile, si peu recommandable à ses heures, qui « balance » sur tant d’hommes connus et parfois adulés, femme avant tout libre et amoureuse ! L’auteur prétexte la longue vie de son héroïne (99 ans) pour donner sa vision de la Révolution française au massacre des Indiens en passant par la guerre civile américaine… Le roman est écrit avec facétie, avec humour, avec parti-pris. J’y ai retrouvé les Quakers, la Société des Amis déjà rencontrée dans la Dernière Fugitive de Tracy Chevalier (tiens !), adeptes d’une religion restant dans la sphère privée, d’une vie simple, active, égalitaire (entre hommes et femmes… déjà au 18e siècle) et engagée pour un monde pacifique…
Joan Baez : tous les engagements, toutes les luttes de sa vie sont en accord avec son appartenance à la Société des Amis.
Lire un livre qui redonne quelque peu confiance dans l’avenir quand tout est si noir, c’est l’effet que m’a fait Changer d’altitude de Bertrand Piccard. Fils et petit-fils de pionniers de l’aventure humaine et technologique, il continue dans la lancée de l’impossible réalisé.
Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait, disait Mark Twain. Pour les Piccard, c’est plutôt : on leur disait que c’était impossible, alors ils l’ont fait.
Il est bizarre, Piccard, son livre est touche-à-tout mais éminemment cohérent. Par son éducation et le modèle des siens, par sa profession (psychiatre), il est touché par le génie de savoir penser autrement. Pour notre avenir, il a la vision d’un monde protégeant l’humanité par de bonnes décisions à long terme en matière d’économie, d’écologie, de politique. Les schémas du XXe siècle sont obsolètes et il faut inventer notre avenir. Il s’y emploie en démontrant que, contrairement à toute attente, on peut faire le tour du monde en avion utilisant pour tout carburant l’énergie solaire…
Ces livres aux inspirations disparates sont autant de portes ouvertes pour élargir nos champs des possibles, en connaissant mieux le passé on se prépare mieux à l’avenir…
Un peu de patchwork pour terminer ! Tournons-nous vers l’Etoile de l’Ohio, appelée aussi l’Etoile de l’Espoir, avec cette variante assez peu connue de l’Etoile partagée (Split Ohio Star). En jouant avec des blocs de ce modèle, on peut les agencer avec autant de variantes que les log cabin !
Valerie habite depuis un peu plus d’un an dans notre région, elle vient d’Angleterre et pratique le patchwork depuis bien longtemps ! Hier vendredi, elle nous a apporté un quilt tout doux, fait pour un nouveau-né. Il a suscité toute notre admiration :
Le quilting machine est très harmonieux et les carrés pastel complètent si bien les tons de gris ! En haut, les centres sont en tissu britannique, des petites maisons dessinées absolument adorables :
Quant à la bordure, faite de deux tissus, elle donne l’impression d’un passepoil plat :
Valerie perfectionne son français en faisant du patch avec nous. L’immersion totale, avec une passion commune, est la meilleure manière de faire des progrès !
Grâce à Cécile du blog Patchwork Inspirations, j’ai eu connaissance d’un QAL international sur le thème d’un « Médaillon à la manière de Gwennie ».
Décryptons ceci ensemble ! Un QAL est un Quilt-ALong, c’est-à-dire que nous sommes invité(e)s à avancer un quilt de concert selon les règles édictées par l’organisateur/trice. « Quiltons ensemble » pourrions-nous traduire. Mais qui est Gwennie ? C’est une grande dame du patchwork qui porte ce prénom celtique, Gwen (Blanche en français) Marston, une des inspiratrices principales de mes amies LeeAnn et Sujata. Alors comment laisser cette occasion de s’amuser toutes ensemble sur un thème qui me plaît tant ?
Après quelques jours d’hésitation, je me lance ! Tant pis, le reste attendra… La semaine prochaine, je cheminerai vers ma première étape, le centre de top qui doit être un panier… à la manière de Gwennie ! Pour plus de renseignements, vous pouvez lire les blogs des Américaines organisatrices, listées sur le blog de Cécile. Il n’est pas trop tard pour nous rejoindre ! Ce challenge nous occupera tout l’été puisqu’il se terminera en septembre.
Merci Cécile !
Et si l’anglais ne vous pose aucun problème, LeeAnn (Nifty Quilts) annonce des cours « en ligne » sur internet de Gwen Marston. Comme elle prend sa retraite à la fin de l’année, nous avons peu de chances de pouvoir assister à un de ses stages en direct, alors pourquoi ne pas profiter de cette possibilité ?
Aujourd’hui, c’est la Journée Mondiale de l’Océan, continent bleu indispensable à notre survie et pourtant bien malade : acidifié, pollué, il peine à ingurgiter toutes les cochonneries qu’y déversent les hommes.
Sur le thème de l’eau et des poissons, mon livre de patchwork moderne préféré est celui de Bernadette Mayr :
Vous y trouverez de nombreuses techniques innovantes et tant de beaux quilts pour s’en inspirer ! Livre (en allemand) encore disponible… Les schémas sont nombreux pour comprendre les techniques si vous ne comprenez pas la langue de Goethe.
Unforgettable, inoubliable, c’est le nom donné à l’exposition cuvée 2016 de quilts historiques au Welsh Quilt Center (le Centre des Quilts Gallois) créé et toujours dirigé par Jen Jones. Cette exposition est à voir à Lampeter du 5 mars au 5 novembre, du mardi au samedi (11 h – 16 h 30 sauf jours fériés).
Pour mémoire : le Pays de Galles (Wales) est une partie du Royaume-Uni, ici avec un dessin de dame au chapeau haut. Ce territoire conserve beaucoup de particularités celtiques, comme sa langue gaélique encore vivace de nos jours. Lampeter est du côté du S de Wales !
D’inoubliables quilts anciens gallois, souvent récupérés au fin fond des granges et des étables, sont exposés et montrent des couvertures finement matelassées.
Le quilting très complexe, fort décoratif qui ne suit pas les dessins faits par le patchwork sont typiques de cette terre celtique. (photo)
Je ne peux m’empêcher de me rappeler que plusieurs spécialistes, parmi lesquels Jen Jones, soupçonnent que ce sont ces quilts gallois qui inspirèrent le style Amish… J’avais déjà évoqué ces fortes présomptions ici et mon amour des quilts gallois par là.
Parfois parfaitement piécés, souvent de guingois comme tant de quilts anciens, ils sont tous quiltés étroitement pour contenir le remplissage fait de chutes de laine : nous sommes dans un pays riche en moutons et on utilise ce qu’on a sous la main !
Peinture de Valériane Leblond qui évoque la proximité des moutons et des quilts au Pays de Galles. Comme à l’accoutumée, Valériane a peint un quilt de la collection de Jen Jones ! Valériane fut la première artiste à exposer temporairement cette année, d’autres se succèdent tout au long de l’été.Paysage automnal aux moutons, Valériane LeblondL’heure de la tonte, Valériane Leblond.
Les tableaux disponibles de Valériane Leblond se trouvent dans sa galerie.
Richesse des scrap-quilts… Il arrive que ces quilts soient assemblés à la machine à coudre, mais ils sont toujours quiltés à la main (photo)
Cette exposition inoubliable fait le lien du savoir-faire gallois en matière textile, montrant également une collection de costumes anciens, souvent faits des mêmes tissus que les quilts, ainsi que des chapeaux, marque distinctive de la femme galloise du XIXe siècle.
Documents montrant des femmes du Pays de Galles avec leur chapeau si caractéristique.
Pourquoi ces chapeaux ? Le spécialiste Michael Freeman convient que son origine reste quelque peu mystérieuse. Ce chapeau de feutre faisait partie des vêtements de sortie ou du dimanche et sa forme était peut-être copiée des chapeaux hauts portés par les cavalières fortunées, mais pourquoi ?… Il n’en reste pas moins que le chapeau gallois féminin reste très populaire dans les mémoires, symbole de fierté et d’appartenance au pays. Sa production est limitée dans le temps, apparemment des années 1830 aux années 1880. Ensuite, le port du chapeau s’est limité à des manifestations exceptionnelles et ils étaient donc précieusement conservés.
Les jupes, les tabliers, les châles à carreaux ou à rayures, couronnés du fameux chapeau, constituent le costume traditionnel du XIXe siècle du Pays de Galles. (photo)Femmes filant la laine et prenant le théLes sœurs Modryb en 1872 (Martha, Nelly et Gwenno). Nous notons la présence d’un bonnet blanc sous le chapeau.Nous voyons bien ici l’association des rayures, des carreaux, des imprimés fleuris… base de quilts à venir !Photo du site Welsh Quilt Center
Des stages, ainsi que des œuvres d’artistes contemporains complètent cette exposition inoubliable :
Bedtime Blues, détail, Wendy Greene, une exposante parmi beaucoup d’autres !
Le Challenge Jen Jones 2016 : faire un quilt inspiré d’un de ceux de la collection de Jen Jones… C’est faire un peu comme Valériane Leblond, prolonger la beauté des quilts créés naguère en leur donnant une autre vie ! Tout renseignement complémentaire par ici . Vous serez peut-être tenté(e), à votre tour, de faire un quilt inoubliable…
Notre précieuse Liliane Buda a récidivé : nous avons droit à un nouveau diaporama de l’exposition Fibre Occitane (ici le précédent, en fin d’article) qui était accrochée dans un superbe lieu historique la semaine dernière à Montauban. Comme vous le verrez en début de présentation, Montauban est une très belle ville toute de briques vêtue et abrite en particulier le Musée Ingres.
Cette fois-ci, vous verrez des détails de quilts, nous en sommes toutes friandes ! La variété des thèmes traités est ainsi encore plus visible.
Mettez le son et admirez le travail des adhérents de Patch d’Oc (France Patchwork Midi-Pyrénées) :
SOS Tissu : une amie bordelaise recherche un bout de ce tissu Kaffe Fassett ancien pour terminer un quilt… Si vous en avez, laissez un commentaire et je vous mettrai en relation, merci à vous !