Comment est le nouveau roman de Tracy Chevalier ?

montesquieuMontesquieu a écrit : « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dispersé ». Dans le même ordre d’idées, il a écrit également : « Aimer lire, c’est faire un échange des heures d’ennui contre des heures délicieuses ». à vos livres – ou à vos tissus 😉 – pour échapper momentanément à la tristesse du monde…
At the Edge oh the Orchard, Tracy Chevalier, 2016.
Couverture américaine du dernier livre de Tracy Chavalier
Couverture américaine du dernier livre de Tracy Chavalier

Si vous cherchez une lecture enchanteresse sur l’épopée de la vie des pionniers, passez votre chemin. Dans son nouveau roman, Tracy Chevalier nous plonge avec rudesse -et beaucoup de recherches historiques- dans la vie quotidienne d’une famille installée au nord de l’Ohio, dans un marécage où sévit une boue noire collante ainsi que des moustiques, rendant la vie quotidienne extrêmement pénible … Malgré tout le chef de famille réussit à faire survivre sa famille en plantant des pommiers. Son amour des arbres, sa compréhension intime des rythmes de la nature sont palpables.
Mais quelle famille ! Le couple se dispute pour quelle variété de pommes favoriser – des pommes à croquer ou des pommes à cidre ?
Ah, le goût de la pomme reinette !!! Oh, le calva-maison qui permet d’oublier momentanément ses soucis…
Vous apprendrez des détails de la vie dans une Log Cabin, les affres de la solitude d’une famille sans lien social, esseulée les longs mois d’hiver… Des dix enfants nés, cinq succomberont au paludisme. Père et mère se battent, et battent leurs enfants ; on ne sait s’il y eut un jour de l’amour entre eux. Tantôt l’un ou l’autre trouve quand même un peu grâce à nos yeux, mais non, nous ne les aimons pas. La tension monte, le drame couve. Au fil du roman, nous saurons ce que deviennent les survivants avec leurs lourds secrets.

Puis, sans connaître le drame, nous suivrons les traces du plus jeune, Robert, parti sur les routes. Je vous laisse découvrir la suite…

antique 9 patch quilt
Antique 9-patch quilt du début du 20e siècle, quilt utilitaire. En vente chez Laura Fisher.

Parle-t-on de quilts ? Oui, bien sûr ! Le couple installé en Ohio utilise quotidiennement un nine-patch fait avant leur départ du Connecticut, réunissant des morceaux de vêtements de la famille qu’ils ne reverront jamais plus ; le mari, à un moment, plongera dans ses souvenirs en le regardant. C’est un quilt multi-usages, qu’on rapetasse autant de fois que possible. Le quilt sert pour dormir au chaud l’hiver, il sert aussi quand on grelotte en plein été à cause du paludisme… Au fil du roman on constatera sa présence en voyage, pour les naissances comme pour les morts… Un vrai quilt de famille, un quilt de vie.
La femme aère les quilts quand le temps le permet, mais leur fabrication fait simplement partie des corvées ménagères… Quand je vous disais qu’elle n’était pas sympa !!

516ncwGr5gL._SX342_BO1,204,203,200_
Couverture de l’édition britannique.

Le fil conducteur du livre est l’amour des arbres. Des pommiers aux séquoias, de la graine au fruit, de la plantation à l’abattage, j’ai senti la sève de la nature nourrir la vie de ces personnages. Certains ont d’ailleurs réellement existé (un point commun avec le roman d’Elizabeth Gilbert, l’Empreinte de Toute Chose) et une carte des USA des années 1850 nous permet de suivre géographiquement les protagonistes : on voyage aussi dans cet immense pays en construction, dans les déserts comme dans les villes, avec Robert on devient de grands nomades visitant l’immensité et la variété de ce territoire. C’est aussi  un hommage aux Américains anonymes qui ont tant souffert pour édifier leur patrie. Venus d’Europe, leur vécu les a profondément changés et ces différences perdurent jusqu’à nos jours.

800px-Giant_sequoia_exhibitionismL’évocation des séquoias est passionnante. C’est en 1852-53 que commence l’exploitation sans retenue de ces arbres-mammouths, les plus volumineux pins du monde. En général, les arbres n’étaient considérés que comme matière première, abattus pour la construction de tout bâtiment et de tout meuble, de routes (voir plus bas), du chemin de fer, pour le chauffage et la cuisine, etc. On les considérait uniquement à la disposition des hommes. Scientifiques et exploitants forestiers ont des vues divergentes et ces arbres extraordinaires ne seront protégés qu’un siècle plus tard. Dans ce livre on côtoie quelques amoureux des arbres, chacun à sa manière. Et à présent, même si on connaît leur rôle de « poumon de notre Terre », même si leurs défenseurs se battent, des forêts continuent d’être massacrées sans discernement. Les antagonismes durent donc depuis des siècles mais bientôt, il sera trop tard…

rdr-logo
Une association que je soutiens, Sauvons la forêt. Et pour compléter, vous pouvez voir ici 16 photos d’arbres spectaculaires.

Ce livre est riche mais rude, les gens comme la nature ne sont pas toujours aimables ! Je suis ravie d’avoir lu des livres de jardinage en anglais, sinon j’aurais été perdue par le vocabulaire spécifique du début ! Et je me demande bien comment seront traduits le récit de la femme puis les lettres de Robert, écrits par l’auteur dans un anglais bien écorché ! Je suis sûre que le traducteur ou la traductrice s’en sortira avec talent. CorduroyroadJ’ai quand même découvert les corduroy roads, « les routes de velours côtelé »… qui sont des routes faites de rondins comme ci-contre !

arton22181
Et voici l’édition en français qui sortira le 11 mai (cadeau pour la fête des mères ? Moi je l’offrirai à la mienne en tout cas !)

Il y a bien de ténues ressemblances avec le livre L’Empreinte de toute Chose, particulièrement cet amour des plantes et l’évocation des nombreux échanges botaniques entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, mais l’histoire, le milieu et l’ambiance sont fort différents, vous pourrez lire l’un et l’autre sans vous lasser !

Ce nouveau roman fait à la fois penser à La Dernière Fugitive et aux Prodigieuses Créatures du même auteur. J’adorais aussi ses premiers romans, déjà empreints de reconstitutions historiques, mais plus dédiés au monde de l’art. Le point commun de chacun est la passion d’une vie, toujours… Dès le premier livre et sans doute pour toujours, quel que soit le thème qu’elle aborde, tous les livres de Tracy Chevalier me captivent !

Katell, quilteuse forever

10e09e8cbc1bb5415b6a2dca8cf6bc9f_h1

Belgique : hommage de quelques dessinateurs

Pendant la conquête de l’Ouest, bien sûr les gens se battaient entre eux pour avoir le meilleur territoire et aussi pour chasser les Indiens… Beaucoup de violences condamnables. Mais le plus souvent ils se battaient contre la Nature rude et hostile, pour leur survie. Demain, je vous parlerai d’un livre à ce sujet.

Mais que dire de notre monde actuel ? Chez nous on se bat rarement contre la Nature, nos ennemis sont des gosses délinquants qui ont très, très mal tourné… Toute ma compassion aux ami(e)s belges et tous ceux qui sont directement touchés par les tragiques événements d’hier.

Place à ceux qui ont un crayon pour arme, parce qu’ils ont une vue acérée sur l’actualité, un dessin valant mille mots…

Tintin et le Manneken Piss sont des ambassadeurs de la peine ou la rage de tous.

CeJAH7WWAAAK5Is
Dessin original Hergé
CeJ_GVMWwAAh4U-
Dessin original Hergé
Castelbajac
Castelbajac
Klairemac
Klairemac94
5
Sfar
slide_483350_6630018_free bidu
Bidu
slide_483350_6630170_free
Chaunu

slide_483350_6629884_free

slide_483350_6630240_free SFAR
Sfar
slide_483350_6630248_free
Helmer67

Et puis aussi :

972112_1301554176538466_7456156506797714744_n

3345438-3347291-g-jpg_3448514_1000x667

slide_483350_6630708_free
Vidberg
slide_483350_6629856_free
Plantu
11181095_1138692669496318_5879730412753231279_n
Smaranda Bourgery

Ce sont quelques hommages parmi tant d’autres…

Que faire avec des lisières pour préparer Pâques ?

eggs selvage riel nasonFaites comme Riel Nason : des œufs ! Ses explications sont sur son blog : elle a vidé des œufs (des vrais de poule !) et a collé des lisières coupées à ras avec un pinceau et de la colle acrylique blanche qui devient transparente au séchage.
Une autre année, Riel a fait un méga-œuf de lisières à accrocher au mur : bonne ambiance assurée ! Il a été cousu ligne après ligne sur du papier journal et mesure environ 70 cm de haut. Ensuite le rectangle a été découpé en forme d’œuf, quilté, et bordé. Hop c’est fini !

egg done_1
On pourrait aussi en imaginer en set de table !

Que lire pour d’autres idées à faire avec des lisières ?

61SpqZbceOL

Son livre !

Si vous souhaitez avoir un livre pour vous accompagner dans l’utilisation des lisières (et que vous comprenez l’anglais), ce livre est pour vous ! Les conseils techniques sont parfaits et il est rempli d’ouvrages à réaliser : des quilts bien sûr, mais aussi des coussins, des ornements pour Noël, des centres de table et même des petits rideaux… De plus, son talent de romancière à succès saute aux yeux dès l’introduction, son humour vous surprend au détour d’une explication… Mais pourquoi se prendre au sérieux parce qu’on explique comment faire ?

Son médaillon final est particulièrement magnifique :

11124_082__80693.1453748558.1104.1280

91qnyQxmx-LRomancière, avez-vous dit romancière ? Oui, mais toujours en anglais :

Son premier roman sorti en 2011 a été un franc succès, autant célébré par les critiques que par les lecteurs. Je ne l’ai pas encore lu, un jour sans doute !

Et pour beaucoup d’autres quilts en lisières, certains carrément hilarants, allez aussi voir son blog !

Equinoxe : c’est le printemps !

Quand j’étais jeune, on apprenait que le printemps arrivait invariablement le 21 mars. Aujourd’hui, nous tenons compte du moment exact de l’équinoxe où sont égales, partout sur terre et dans les deux hémisphères,  les durées de la nuit et du jour. Cette année, heure de Paris, c’était aujourd’hui à 5 h 30 (et 11 secondes et des poussières de temps). Vous trouverez toutes les explications par ici !

Le printemps est une renaissance de la nature, l’éclosion des fleurs parmi lesquelles la pivoine en est l’impératrice :

peony danny amazonas
Quilt virtuose présentant une pivoine, réalisé par Danny Amazonas.  Reconnaissez-vous certains tissus de Kaffe Fassett ?… Même si vous ne comprenez pas l’anglais, vous pouvez regarder les nombreux quilts de ce grand artiste ici (video you tube). Plus facile, allez voir chez Emma !

Nous avons proposé aux adhérents de France Patchwork 31, il y a plus d’un an, de faire des blocs inhabituels ; il en résulte deux quilts appelés respectivement Fleurs d’Antan et Fleurs Occitanes. C’est le jour idéal pour vous les présenter, n’est-ce pas ?

Fleurs d’Antan
Nous voulions rendre hommage à nos aïeules qui, pour beaucoup d’entre nous, nous ont transmis le goût de l’aiguille et du fil. Alors, sur un tissu ancien, chacun a brodé le prénom de cette dame chère à notre cœur. Ces femmes de notre passé, de notre patrimoine intime et personnel, sont réunies sur ce quilt en hommage collectif. Certaines ont des prénoms de fleurs (Rose, Marguerite, Violette, Hortense…) mais toutes sont des fleurs éternelles dans nos cœurs.

Fleurs d'Antan - Adhérents France Patchwork 31
Il est très difficile de faire une photo d’un ouvrage blanc. La lumière sera bien meilleure dans la salle d’exposition, heureusement ! Certaines broderies méritent un petit clic d’agrandissement…

Fleurs occitanes
Plus actuelles mais tout autant poétiques, les fleurs occitanes sont sur fond de blue jean récupéré et brodé sur de la soie blanche offerte par Annick Subra, adhérente FP qui possédait naguère un grand magasin de tissus prestigieux en plein centre de Toulouse. Chacun a laissé libre cours à son imagination pour broder son petit carré ! J’avais donné comme idée de départ la fabuleuse Traveler’s blanket de Dijanne Cevaal, faite de broderies doodleAgrémenté de boutons anciens de nacre, le résultat est enthousiasmant !

Fibre Occitane 16
Fleurs Occitanes – Adhérents France Patchwork 31 – Cliquez, agrandissez !

affiche_fibreoccitane_RoquesPour chacun de ces ouvrages, les couleurs brique et pastel, associées au blanc ou écru, étaient prescrites, c’est le fil conducteur de cette exposition.

Joyeux printemps à tous !

 

La journée mondiale du patchwork

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du patchwork !!

WWQD2016_wwwheader2

Vous n’en avez pas entendu parler ? Normal si vous habitez en Europe, qui préfère faire bande à part en juin. Juin, pour les femmes ayant de jeunes enfants c’est le 2e mois le plus chargé après décembre : les fêtes d’école, les galas, les rencontres sportives, les courses aux écoles et aux inscriptions, et parfois les communions ou autres… Pour mois, juin n’est pas du tout un mois propice aux rencontres de patchwork. Je reconnais que cela fut choisi pour la possibilité de faire du patchwork dans des endroits publics ensoleillés et que c’est parfois une réussite… mais je regrette d’être privée de cette appartenance mondiale à la grande fête du patchwork.

C’est la journée nationale du quilting aux USA qui est devenue internationale. Les magasins proposent des soldes, des animations, des challenges, les musées ne sont pas en reste :

logo-1NQD banner-1

Entre la fête de la Saint-Patrick et cette journée nationale, la 3e semaine de mars est une super-semaine aux USA.

Bonne journée quand même en France et en Europe !

Celtic Day

Bretonne par ma mère, j’aime l’esprit celtique et j’ai découvert quelques pépites pour aujourd’hui, la Saint-Patrick, journée nationale en Irlande et journée de multiples festivités aux Etats-Unis.

_MIK9899
Celtic Puzzle, 3 660 carrés assemblés par Kim et Valli. Vous pouvez visiter leur blog ici.
Celtic_Spiral
Oeuvre de Larkin Jean Van Horn, artiste très attachée à la spiritualité. Cette oeuvre est faite de piqué libre et de perles. Voir son site ici.
celtic spiral blue
La même artiste a décliné la spirale celtique en plusieurs couleurs – ici de beaux bleu-vert… Celtic Spiral,  Larkin Jean Van Horn.
celtic suilt in hot colors
Ces couleurs ensoleillées pour des noeuds celtiques, c’est rare ! Vu ici chez Merry Mama.
celtic quilt final
Mary du Colorado a fait ce magnifique panneau !
Maze quilt by Gyongyi Varadi seen at Hungarian Patchwork
Merveilleux labyrinthe de la Hongroise Gyongyi Varadi
2996469669_783fde8dd2_b
Mon coup de coeur reste pour Gyöngyi Váradi, comme des années précédentes ! J’adore son quilt en arrière-plan… et TOUT ce que fait cette Hongroise qui aime tant l’Irlande !

 

Le baptême de notre région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Le baptême est pour bientôt ! Déjà avant-hier, Hauts-de-France a été choisi comme nom de la région du nord de la France. Cela doit encore être validé par le Conseil des Ministres le 1er juillet. D’autres nouvelles appellations vont suivre.

4882458_6_2a4b_la-carte-des-13-regions-adoptee-par_faef330d073cfdf05481e72c09403f9f

Serons-nous les Bas-de-France ? Depuis lundi les suggestions ne tarissent pas.

régions
Pour sourire : http://www.topito.com/top-cartes-france-insolites-region-finito

D’après les sondages locaux, je suis comme la majorité favorable à Occitanie pour ma région agrandie. Tout comme Aquitaine, elle n’aurait pas un tracé historiquement exact, mais gagnerait en identité acceptée et assumée par la majorité. Les politiques oseront-ils faire simple et harmonieux ?

Occitanie, notre région - Katell Renon
Occitanie, notre région – Katell Renon

J’ai donc terminé ce quilt au nom revendicateur Occitanie, notre région ! Il est constitué de blocs faits avec la méthode si facile et ludique de Sujata Shah avec au milieu une croix occitane appliquée pas trop voyante, comme un graffiti à moitié effacé sur un mur de briques.

Avec d’autres quilts bien plus recherchés que celui-ci, il sera exposé à Roques-sur-Garonne dans 15 jours.

affiche_fibreoccitane_Roques

Label : du jamais-vu !

affiche_fibreoccitane_RoquesDepuis longtemps j’observe les quilts, devants et dos dès que je peux. De plus en plus, un soin particulier est porté aux étiquettes, ou labels si on garde le nom anglais.

Mais je n’avais encore jamais vu une étiquette de 68 x 46 cm ! Mon bon copain Christophe, nouveau dans le patchwork mais ancien dans la broderie, a fait pour son quilt à exposer à Fibre Occitane une étiquette à nulle autre pareille.
Je garde encore secret le devant du quilt, mais voici une partie fort intéressante du dos :

Mon Cabinet de Curiosités, Christolchuk
Mon Cabinet de Curiosités, Christolchuk. Je crois que vous pouvez cliquer pour agrandir ! Notez les symboles de l’année 2015… Cet homme a autant de cœur que de talent !

Son blog : Christolchuk
Vous pouvez également lire ou relire : Trois quilteurs émérites

Ces entreprises qui travaillent pour nous : YLI et Marti Michell

Souvenez-vous… Dans l’histoire du cutter rotatif, nous en étions restés avec l’invention géniale de Yoshio Okada, pour les couturières… Il est temps de connaître la suite !

large-1410907812Faisons d’abord un tour du côté d’une firme peu connue en France. YLI est née en Californie à la fin des années 70 si Peace & Love… Alors je ne peux m’empêcher de penser que cette société  fit un clin d’oeil à un autre acronyme ILY, I Love You, lors de leur création !

YLI se dit en anglais ouaille-elle-aille, et signifie bien plus sérieusement Yarn Loft International (le Grenier du Fil International). Dès le début, ils eurent des liens privilégiés avec le Japon car leur produit phare était un fil de haute qualité en cônes pour les surjeteuses, made in Japan.

Avec l’évolution du marché, la société a proposé de multiples autres produits. YLI fut le premier à proposer des rubans en soie pour la broderie par exemple. YLI continue de se fournir au Japon pour, notamment, des fils de soie de haute qualité ou la teinture de certains cotons.YLSLK252

Le produit que je connais est le fil à quilter 100 % coton dont j’adore les teintes subtiles, la solidité et, je l’avoue… la bobine en bois ! Je l’ai vu pour la première fois sur le blog de Supergoof, la talentueuse quilteuse Néerlandaise, puis j’en ai acheté régulièrement au Petit Comptoir de Toulouse jusqu’à la fermeture de ce magasin. J’ai mon stock, mais je ne sais qui en vend en France maintenant, pour ceux qui souhaiteraient s’approvisionner…

Ruchedesquilteuses
Sur un mini-quilt (modèle Kathy Tracy), quelques bobines YLI. Je les maltraite un peu, ayant l’habitude de planter mes petits ciseaux au milieu… Sacrilège !!

Très curieusement, nous devons à YLI beaucoup plus que l’approvisionnement de fils de qualité, car c’est par cette société que le cutter rotatif OLFA japonais est entré aux USA. Par la petite porte, certes. En 1980, parmi les bobines de fil importées, il y avait ce curieux instrument destiné aux couturières, à faire connaître… La représentante YLI en avait quelques-uns qu’elle offrit au cours de sa tournée et Marti Michell fut l’une d’elles. J’ai raconté dans Les Nouvelles n° 123 (p 59) comment Marti eut subitement l’illumination de sa vie : utiliser cette roulette coupante en dormance dans son tiroir pour couper le tissu en plusieurs épaisseurs avec les barres de plastique de Mary Ellen Hopkins… La révolution du patchwork commença ce jour-là !

logo
Le logo de l’entreprise de Marti Michell. Vous pouvez en savoir plus dans cet article et bien sûr chez Les Ouvrages de Nat !

Alice au pays des… kiwis

Bonjour, je m’appelle Alice et je vis en Nouvelle-Zélande avec mon mari et ma fille de 5 mois. Nous avons également vécu en Australie et en Angleterre, c’est là où j’ai découvert une nouvelle tendance pour le patchwork, plus frais, plus vibrant. La Nouvelle-Zélande est un pays qui aime le patchwork et il y a de nombreux clubs et magasins spécialisés dans tout le pays. A Wellington, dans la ville où j’habite il y a deux clubs: Wellington Quilter’s Guild et Capital Quilters. Je vais vous raconter aujourd’hui comment se déroule une réunion dans le club Capital Quilter, qui ne compte pas moins de 200 membres.

J’assiste à la réunion en tant que visiteuse. La réunion se déroule un samedi en journée et commence comme prévu à 15H30. Plus de 120 membres sont présents ainsi que quelques visiteurs qui sont chaleureusement accueillis par un petit mot de la présidente.

1003509_627538410614094_95024749_n
(Facebook Griet Lombard)

Le club invite à chacune de ses réunions un artiste textile pour parler de ses projets et présenter ses travaux et sa démarche. Cette fois-ci, Griet Lombard, une artiste originaire d’Afrique du Sud, présente ses quilts.

Cette dame nous parle de l’histoire et de son inspiration derrière chacun de ses ouvrages. Elle parle de son installation en Nouvelle-Zélande et de son sentiment de « déracinement » vis-à-vis de son pays natal. Cette dame est venue s’installer en Nouvelle-Zélande après l’âge de la retraite pour pouvoir profiter de ses petits-enfants immigrés en Nouvelle-Zélande. Elle raconte la difficulté de quitter tous ses amis mais aussi l’attachement émotionnel qu’elle a envers sa terre natale, la faune et la flore étant si spécifique à l’Afrique du Sud.

photo 1
Son premier ouvrage représente la pluie en Afrique du Sud. Elle nous raconte l’odeur de la pluie, et le fleurissement de nombreuses fleurs après cette pluie salvatrice.

photo 2
Le deuxième quilt représente les amis qu’elle a laissés derrière elle. Griet a cousu des sachets de thé entre chaque ligne de personnage et a écrit par dessus pour représenter toutes les longues conversations autour d’une tasse de thé qu’elle a eues avec ses amis.

photo 3
Son troisième quilt représente l’effort qu’elle doit faire pour se reconstruire un « chez soi » où elle se sente bien. Il n’y a pas de personnages dans ce quilt car il est difficile de se faire un nouveau cercle d’amis dans un pays si différent du sien.

photo 4
Le quatrième ouvrage qu’elle nous présente est très émouvant. En effet, Griet est tombée en dépression car elle se sentait si seule dans ce pays isolé. Elle a décidé d’entamer un ouvrage minutieux pour combler le vide qui l’entourait. Elle dit qu’à la fin de son ouvrage, elle se sentait déjà beaucoup mieux. La thérapie par l’aiguille, la texture et les belles couleurs. Son histoire et son partage m’ont beaucoup touchée car je suis également une « déracinée » tout comme elle. Malgré la différence d’âge et d’origine, les sentiments sont en effet, bien similaires.

Si vous voulez voir plus de projets de Griet et lui laisser un petit mot, vous pouvez aller voir sa page Facebook.

Suite à ce partage généreux riche en émotions, la réunion suit son cours et enchaîne sur le « Show & Tell » des membres du club. Le principe est simple : chaque membre qui le souhaite montre un ouvrage fini (ou parfois en cours) et raconte l’histoire. Car il y a toujours une histoire derrière l’élaboration d’un quilt n’est ce pas?

photo 5

La présidente mentionne sa surprise de voir aussi peu de quilts à présenter. L’assistance répond qu’il fait bien trop chaud en ce moment pour coudre des quilts (nous sommes en ce moment en été dans l’hémisphère Sud). Quant à moi, je suis déjà impressionnée de voir la file de personnes faisant la queue pour présenter leurs quilts.

5k

Voici l’ouvrage (non quilté) de Wendy. C’est le modèle « My Small World » paru dans un Quiltmania (hors-série printemps 2015).

photo 7
Ce bloc est le logo du club. Le club fêtant sa 30 ème année cette année, les membres étaient invités à réaliser un quilt avec ce bloc. Une vingtaine de personnes ont joué le jeu. Les quilts, une fois présentés par leur auteur, sont accrochés un à un tout autour de la pièce de réunion.

A la fin de la présentation, la présidente annonce une petite pause. C’est l’occasion de rencontrer l’invitée et d’échanger quelques mots ou d’admirer ses œuvres, les quilts des membres, prendre un thé ou discuter avec les copines. C’est également l’occasion de faire un tour dans la bibliothèque qui comporte plus de 800 titres de livres tous dédiés au patchwork et de nombreux magazines. Je sens que je vais faire des jalouses en France…

photo 8
La pause s’achève, la réunion continue avec la séance du Bloc du Mois. Le principe est simple, chaque mois, Adrianne présente un bloc et offre les instructions. Chacun est libre de participer ou non. Les personnes qui participent offrent leur bloc à la prochaine réunion. Chaque bloc réalisé donne une chance de gagner la totalité des blocs.

photo 9Voici le bloc du mois précédent utilisant des tissu batik. De nombreux membres ayant participé, la totalité des blocs est divisée en deux lots et deux gagnantes sont tirées au sort.

Les instructions pour le bloc suivant sont expliquées à l’assistance. Il s’agit d’une variation de bloc « Log cabin ». Les membres sont invités à respecter le code couleur: rouge pour le centre, bleu marine avec une touche de blanc et blanc avec une touche de bleu marine. Assez spécifique, n’est ce pas? Mais le résultat est vraiment sympa. Adrianne demande toujours à quelques volontaires de bien vouloir coudre un bloc en avance pour que l’on puisse se rendre compte du motif secondaire.
photo 10
La réunion s’achève avec quelques petites annonces présentées par la présidente: les expositions à venir, les ateliers patchwork dans la région, etc. Il y a également le tirage au sort d’une tombola. Les clubs de patchwork raffolent de tombolas. Il y a évidemment des tissus à gagner. Puis la présidente offre un lot de consolation à toute personne ayant eu sa machine à coudre cassée ou hors service ce mois ci. Je trouve ce geste vraiment sympa.

J’espère que vous avez apprécié mon récit et que ça donnera peut être des idées pour des clubs Français. Je ne sais pas si vos réunions se déroulent de la même manière. Vous pouvez lire un autre récit de réunion de ce club dans mon blog: Réunion d’une guilde de Quilt.

Un grand merci à Katell d’avoir bien voulu partager mon récit sur son blog.

Alice Kreyder

Rendez-vous chez Alice qui tient un blog jeune et moderne que j’aime beaucoup !