Guérir : être positif et vivre en paix

Stephanie et moi nous sommes rencontrées un beau jour d’été l’année dernière, à Toulouse. Nous avons une très chère amie commune, LeeAnn, ma Sister de l’Ouest américain, cela crée des liens instantanés !

Un quilt de LeeAnn dont je ne me lasse pas, Gratitude, illustration parfaite pour cet article.

Nous avions fait un petit tour dans le centre ville, avec l’incontournable visite à la Maison de la Violette, une péniche unique au monde que j’aime toujours faire découvrir, avec sa sélection d’excellents produits et, toujours en décoration, des quilts (de la maman d’Hélène Vié, sa fondatrice, et/ou de la Ruche des Quilteuses, selon les saisons) :

Et nous avions longuement visité l’exposition de Rieko Koga, place du Capitole.

Peace, une des plus belles oeuvres de Rieko Koga. Un mot si bien choisi…

J’ai découvert une femme très souriante, amusante, parlant très bien français. Elle gardait encore une certaine fatigue de ses traitements, mais elle respirait la joie de vivre ! J’ai été très touchée de recevoir ses confidences et voulais depuis longtemps partager avec vous son courage face à un cancer très agressif – c’est souvent le cas quand on est encore jeune – déjà au stade 4, qui a nécessité d’interminables mois de traitements, chimios puis radiations. Et puis plusieurs récidives tout aussi agressives et inquiétantes. Nombre d’entre nous savons aussi de bien trop près ce dont il s’agit. Stéphanie est guérie et sa victoire est due bien sûr aux traitements, mais aussi sans aucun doute à son état d’esprit. Elle s’est entièrement branchée sur la positivité et l’amour, l’expression d’un océan d’ondes positives, des vagues d’espoir, une houle de gratitude. De la gratitude, oui… Comment entretenir cette force mentale quand on va si mal ? C’est tout un travail sur soi, qui peut parfois se faire en solo mais bien plus souvent avec l’aide de thérapeutes (voir Guérir : les énergies qui soignent). Les docteurs nous le disent bien, les personnes qui ont le moral guérissent mieux.

Ah j’ai oublié de vous dire que Stephanie est une intrépide quilteuse !

Je crois bien que sa technique préférée est l’appliqué collé et quilté, appris et perfectionné avec Freddy Moran, qui lui permet toutes les fantaisies !

 

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A la suite de son premier stage avec Freddy Moran en 2012 à Sisters (Oregon), Stephanie a réalisé ce formidable quilt (photo LeeAnn)

 

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Freddy Moran et Stephanie, photo de LeeAnn.

Stephanie était de nature inquiète, une anxieuse de la vie, malgré un abord très souriant. Elle menait tout sous contrôle et se souciait de mille et une choses qui ne sont jamais arrivées. Et puis ce qu’elle n’imaginait même pas s’est déclaré, un premier cancer bien vilain. L’annonce a été un coup de massue, et en même temps il lui est apparu, clair comme l’eau de roche, qu’elle ne contrôle aucunement sa vie et il est bien temps de cesser de se focaliser sur ce qui n’existe pas ! En dépit de toute la réalité complexe du diagnostic, Stephanie s’est sentie plus légère, plus libre, soulagée et même étourdie, son exact contraire ! Au fur et à mesure que passaient les semaines, elle a redéfini l’essence de sa vie.

Sur une mer déchainée et bien sombre, la barque Hope (Espoir) navigue, l’équipage (Stephanie et son mari) gardant le sourire !

 

Revenant d’une séance de chimio, Stephanie s’est visualisée sur ce beau catamaran, navigant joyeusement vers la guérison.

 

Pendant six mois, probablement interminables, Stephanie a visualisé ces petites fées de la chimio qui nettoient scrupuleusement tout son corps, pour le rendre tout sain.

 

Sur le long chemin de la guérison, elle a retrouvé ses ancêtres ukrainiens (petites poupées du folklore d’Europe de l’Est)

 

Stephanie se visionne heureuse au printemps, dans un champ de fleurs…

 

Quand sont arrivés les 28 jours de rayons, face à l’impressionnante machine bruyante, Stephanie a imaginé qu’on lui envoyait des rayons d’amour.

 

Un poème l’a sauvée, elle l’a appris par cœur pour se le réciter pendant les rayons :

L’être humain est un lieu d’accueil,
Chaque matin un nouvel arrivant.
Une joie, une déprime, une bassesse,
Une prise de conscience momentanée arrivent
Tel un visiteur inattendu.
Accueille-les, divertis-les tous
Même s’il s’agit d’une foule de regrets
Qui d’un seul coup balaye ta maison
Et la vide de tous ses biens.
Chaque hôte, quel qu’il soit, traite-le avec respect,
Peut-être te prépare-t-il
A de nouveaux ravissements.
Les noires pensées, la honte, la malveillance
Rencontre-les à la porte en riant
Et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant envers celui qui arrive
Quel qu’il soit,
Car chacun est envoyé comme un guide de l’au-delà.
Djalâl ad-Dîn Rûmî
1207 – 1273

 

Son illustration du poème de Roumi

Dans le quilting, on lit Let it go, lâche prise

Stephanie va bien à présent, elle est en paix avec la vie, sereine, et continue de s’exprimer avec les fibres et les couleurs.

Une grande et belle jarre illumine ce quilt… plein d’espoir !

Stephanie a longuement combattu avec ses armes, la positivité et sa créativité l’ont accompagnée sur ce chemin difficile. Elle a découvert grâce à sa maladie une nouvelle manière de vivre, plus apaisée, plus lumineuse.

J’ai transcrit ici ce que m’a confié Stephanie, avec son plein accord bien sûr. A ce sujet, il est bon de préciser qu’il y a de nombreuses différences d’attitudes et de culture entre la France et les États-Unis. Parler ouvertement et en détails de sa maladie reste encore rare chez nous, alors qu’une Américaine se confiera volontiers. Est-ce parce que nous sommes un des peuples les plus pessimistes du monde, et parler de la maladie, c’est la concrétiser et risquer de ne pas la vaincre ?

La pensée positive, la loi d’attraction

Justement la méthode Coué, comme la positive attitude, sont souvent raillées en France. Émile Coué sait que nul n’est prophète en son pays Ailleurs, dans des pays moins foncièrement cartésiens, ces méthodes aident à atteindre son objectif. A chacun de choisir sa certitude. Il s’agit de sélectionner une phrase qui correspond à la visualisation de son état meilleur, et se la répéter en pleine conscience, avec intention. Franchement, ce n’est pas sorcier, c’est gratuit et c’est efficace ! Ce n’est pas une prière religieuse mais une affirmation positive au bon moment pour conditionner le cerveau, lui faire croire que ce qu’on veut est réalité. Le principe paraît si enfantin que beaucoup ne veulent pas y croire. C’est pourtant dans l’intention que se cachent les trésors de l’aide à l’auto-guérison.

Fake it till you make it, fais semblant que c’est vrai et ça finira par l’être.
Phrase américaine du 20e siècle

Pour que cela fonctionne, quelques conditions sont requises, comme la persévérance et la formulation de la phrase. Pas de négation comme je ne veux plus fumer (le cerveau se focalisera sur fumer) mais je me libère calmement et avec assurance de la cigarette, pas de je ne veux pas grossir, mais je suis en paix avec la nourriture ou Je prends plaisir à maigrir par exemple. Il est bon de faire une phrase avec un rythme qui vous plaît, des sonorités qui vous conviennent. Ensuite, la formulation de pensées positives est une aide efficace si on se mobilise par ailleurs dans le même but – restons motivés ! 

Quand on décide de choisir son but, gardons à l’esprit la sagesse stoïcienne :

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.

Marc-Aurèle

indochine
J’ai demandé à la Lune et le Soleil ne le sait pas… Indochine

Il faut comprendre cette phrase dans le sens où il est inutile de se charger mentalement de devoirs irréalisables ou, comme le faisait naguère Stephanie et tant d’entre nous, de peurs d’anticipation ou la compulsion du contrôle de tous les aspects de sa vie. Laissons de côté les doutes, les peurs, les craintes, cela diminue les immunités pour rien, ce n’est jamais profitable. Ayons de la gratitude pour ce que nous avons, même si c’est imparfait. MAIS on peut toujours demander la Lune, on n’est pas à l’abri de bonnes surprises

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.
Mark Twain

 

Dans le même esprit, la loi d’attraction ou de l’action/réaction, qui se comprend grâce aux énergies vibratoires de soi et de l’univers, fait que les paroles et pensées que nous avons ont un effet d’aimant et peuvent changer soi-même et le monde. Cela semble utopique, trop beau pour être vrai ou très dangereux, mais sans doute est-ce simplement ainsi que va le monde. On peut apprendre à maîtriser cette loi d’attraction, cela ne tient aucunement du miracle mais d’un protocole qui nous libère des limites qu’on s’impose. Car nous sommes essentiellement limités par nos peurs, nos pensées, nos croyances, bien plus que les limites de nos capacités. Et toujours, ayons de la gratitude pour ce qui arrive.

Ce que tu penses, tu le deviens.
Ce que tu ressens, tu l’attires.
Ce que tu imagines, tu le crées.
Bouddha

De nombreuses fois, on a demandé à Mère Teresa de participer à des manifestations contre la guerre. Elle a toujours refusé. Un jour, on lui a demandé de prendre part à une manifestation pour la paix. Elle accepta et précisa alors que les manifestations contre la guerre font des vibrations négatives et contre-productives, celles pour la paix, elles, peuvent servir ses convictions… (Petite histoire lue, mais non vérifiée. On peut la considérer comme une parabole !)

Mantra brodé par Rieko Koga pour la paix (détail).

Etre dépressif, c’est ruminer le passé.
Etre anxieux, c’est redouter le futur.
Soyons en paix, vivons dans le présent
Et projetons le futur avec espérance.
Ktl

Voici le mur d’expression de Stephanie, chaque tableau lui rappelle un épisode de sa vie, souvent un voyage ! Chacun est un soutien, un souvenir d’amour et de positivité, pour vivre aujourd’hui en paix.

Car, comme le proclamait Frida Kahlo qui a tant lutté elle aussi contre les douleurs et les maladies :

 

 

Texte et textile, le minimalisme spirituel de Rieko Koga

Texte et textile, deux passions… C’est en préparant cet article que je me suis penchée sur la proximité de ces mots, et cela ne tient pas du hasard : au début était textus, mot latin désignant le tissu, se mêlant vite au tissage des mots… On a en français de nombreuses expressions qui en témoignent : suivre le fil d’une conversation… ou le perdre – la trame d’un discours – un tissu de mensonges – une histoire cousue de fil blanc – le fil conducteur d’une idée – au fil du temps – le fil rouge pour ne pas perdre le fil de l’histoire… et tant d’autres !

Une artiste des mots et des tissus a nommé son site Du textile aux textes, c’est Jacqueline Fischer. Écrire, coudre, broder, elle s’exprime depuis des années en exploitant les mots appréhendés par l’intellect et les tissus qui stimulent les sens de la vue et du toucher. Jacqueline développe aussi ses recherches dans son livre :

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Mardi dernier, j’ai rencontré une personne formidable à Toulouse, Stephanie Davis. Elle avait un mot de passe irrésistible : je suis l’amie de LeeAnn (Nifty Quilts)… Très prochainement, je vous présenterai cette belle personne et ses expressions textiles.

Nous avons profité de notre promenade dans ma ville pour aller visiter une exposition d’art textile : Dropping Words, par Rieko Koga. C’est une artiste d’origine japonaise, qui vit à Paris depuis plus de 15 ans.

DDM THIERRY BORDAS  Reiko Koga devant une de ses broderies

Dans cette exposition, on est frappé par l’économie de moyens : un tissu blanc, de lin ou de coton, et du fil noir. Point. Tout comme avec de l’encre sur du papier blanc, l’artiste nous fait méditer sur la beauté de l’écriture (ici japonaise et occidentale) et le lien sacré entre représentation, signification et émotion. Beaucoup à voir, à ressentir au travers de cette visite, mais pour conserver le plaisir de la découverte, je ne parlerai que de deux œuvres.

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PEACE : la paix, mot brodé à la suite des milliers de fois au fil noir, souvent sans espace, un vrai mantra pour une vie en paix…

PEACE, Rieko Koga, 166 x 150 cm, brodé sur du lin blanc en 2016

Cela me rappelle une de mes contributions au projet 70273, mon point d’interrogation fait de 698 duos de croix :

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Un Vœu pour l’éternité : une oeuvre collective dans un sens – et je remarque à chaque fois à quel point ce concept m’intéresse. Reiko a collecté les vœux de 600 personnes, par internet et dans une boite aux lettres des Archives Nationales de Paris ; elle les a ensuite brodés durant deux mois sur du tissu coupé, puis plié et cousu, renfermant un peu de l’air ambiant, comme une enveloppe envoyant un message au futur. Des vœux en plusieurs langues, même si la plupart sont en français. Les vœux ainsi brodés reprennent la forme des ema, prières et vœux gravés sur bois que les Japonais exposent dans les sanctuaires shinto.

Ema au Japon ( photo domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=119877)

Ces 600 vœux vont des plus universels (la paix sur terre, la prise de conscience écologique…) aux plus intimes (demande d’amour, de guérison, de réussite…) en passant par tous les souhaits qu’on peut imaginer. Un concentré d’espoirs de l’humanité… Ils sont disposés sur une structure octogonale* en bois recouverte de lin, sur lesquels de fins rubans blancs sont cousus pour permettre l’accrochage des vœux. C’est une splendeur, on peut passer un temps infini à les lire, espérer que les souhaits se réalisent, imaginer l’histoire derrière le vœu… L’écriture-broderie en bâtons, fine et claire, imprime les espoirs sur tissu, imprégnant l’énergie de Reiko pour qu’ils se réalisent…

*le 8 : symbole de chance en Asie et de l’infini en mathématiques ∞…

Pour voir ces œuvres (et bien d’autres) de Rieko Koga, rendez-vous à l’Espace Écureuil, 3 place du Capitole à Toulouse. L’exposition dure jusqu’au 7 septembre, mais attention, fermeture du 5 au 19 août !

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