Une connaissance m’a montré des tissus japonais achetés, ne sachant comment les mettre en valeur. Son envie était d’avoir un plaid pour couvrir un fauteuil fatigué. Avec mes nombreux projets – dont un quilt à faire pour le mariage de l’amie d’enfance de mon aînée – je n’avais aucune intention de me charger d’un ouvrage supplémentaire. Mais ces tissus m’ont parlé, je n’ai pas su refuser !
Le challenge était de faire quelque chose de ces trois tissus. Les deux dessus sont des tissus japonais tissés pour en faire des kimonos d’été (Yukata), ils ont donc, de lisière à lisière, la largeur de 35-36 cm. Il y en a 120 cm de chaque. Le tissu de dessous est, lui aussi, un coton teint à l’indigo de manière artisanale. Ses parties blanches comportent par endroits encore des restes de la cire posée pour que la teinture ne se fasse pas à cet endroit (technique de la réserve). J’en ai un peu plus : 2 mètres en 90 cm de large. Que faire pour ne pas dénaturer ces tissus beaux par eux-mêmes et plutôt rares et précieux ?
J’ai acheté du tissu marine pour compléter, ainsi que du blanc naturel pour le dos. J’ai lavé tous les tissus, ouf aucun indigo ne déteint ! Les résidus de cire ne sont pas entièrement partis, je laisse ainsi. Après quelques recherches dans les livres qui pouvaient m’aider, j’ai décidé de faire en centre un bloc présenté dans un livre de Susan Briscoe, idéogramme d’origine chinoise je crois pour dire « Bonne chance » !

Voici le mien, avec des bandes ajoutées afin d’arriver à 35 cm de côté (largeur du tissu imprimé) :
Puis j’ai continué avec des bandes de tissu en coton marine intercalées pour mettre en valeur chaque imprimé et quelques variantes de montage pour faire ce top :

Et voilà le top ! Il faut encore que je le quilte puis je rendrai ces tissus, quelque peu mis en scène, à leur propriétaire !
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En prenant la photo du top ci-dessus dehors, je n’ai pas résisté à l’envie de photographier aussi une des fiertés de mon jardin : une pivoine arbustive à l’histoire passionnante (pour moi en tout cas).

Un botaniste américain d’origine autrichienne, Joseph Francis Rock, a découvert en 1925 dans une lamasserie de l’ouest tibétain une pivoine à nulle autre pareille, blanche au coeur pourpre, à l’envoûtant parfum. C’est une pivoine sauvage venant d’une vallée retirée dans la région de Ganzu (Chine), lui disent les Lamas. Malgré tous ses efforts, ses expéditions, ses recherches, il n’en trouvera aucune autre trace, ni lui ni personne. Toutes les pivoines Rockii du monde descendent des graines de cette unique plante ! Nous avons acheté la nôtre dans le Gers (La Pivoine Bleue). Une pivoine Rockii était rare voilà quelques années encore, maintenant on peut en trouver facilement.
Cet homme n’était pas seulement botaniste, c’était un incroyable aventurier qui a à la fois parcouru tous les dangers et vécu en Dandy, excentrique et génie scientifique, extrêmement doué et roublard, errant de par le monde, botaniste, journaliste, espion, explorateur, sorcier… Sa vie est un roman palpitant qui a inspiré à la fois cinéastes et romanciers :

Connaissez-vous le Shangri-La, ce nom qu’on voit maintenant un peu partout pour évoquer un lieu serein ? C’est dans Lost Horizon, roman de J. Hilton, que ce lieu utopique fut inventé à la suite des récits de ce fameux Joseph Rock !
En France, Irène Frain, notre Bretonne amoureuse de l’Inde, de l’Asie et des aventuriers, a aussi écrit deux livres sur l’homme sauveur de pivoine :
Alors je regarde ma pivoine arbustive avec beaucoup de bonheur, pensant aux mille péripéties du botaniste-aventurier…

Parmi les nombreux sites consacrés à cet homme à la vie si intense et mystérieuse, il y en a un en français : http://josephfrancisrock.free.fr/josephfrancisrock_accueil.html
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