Incroyable, j’ai gagné ! Il y a une demi-heure, lorsque je suis allée faire un tour sur le blog de Sujata The Root Connection, je n’en ai pas cru mes yeux : Katell a gagné le mini-quilt… Comme ce prénom n’est pas commun, j’ai vite compris que c’était bien moi la grande chanceuse !
Oh comme j’aime ce style !
Le livre déjà annoncé sur mon blog devient jour après jour un immense succès aux Etats-Unis, il correspond à ce que beaucoup de quilteuses attendent : des quilts très gais, très faciles à faire, modernes et dans l’esprit des nouveaux quilts non-conventionnels. Ce sera probablement en 2015 un des thèmes favoris de mon blog !
Ici les quilts du livre sont exposés chez Sujata, difficile de décider par lequel je vais commencer ! Car oui, je vais m’inspirer d’elle en 2015 !
Alors mille mercis Sujata, je suis si heureuse d’avoir gagné ce quilt, il aura une place de choix chez moi ! Et encore bravo pour ce superbe livre !
Marti Michell est une adorable dame, toute fraîche et mignonne. Ce n’est pas la personne la plus connue actuellement dans le monde du patchwork, et pourtant nous lui devons tant !! Je vais simplement évoquer ce qui leur revient, à elle et son mari Richard, son compagnon de vie et de travail…
A la fin des années 60, Marti, jeune maman, commença à proposer des cours de couture. Parallèlement, elle aimait faire du patchwork et constata l’intérêt de ses élèves pour ses ouvrages, avec l’idée frémissante qu’après tout le patchwork n’était pas si ringard que ça et que cela faisait du bien de renouer avec les racines des grand-mères ! Très vite, le couple se rendit compte que les personnes cherchaient plus des kits de tissus et de modèles que des cours. Car dans les magasins de tissus, c’était le règne du polyester et des étoffes tricotées (dont on fait les tee-shirts par exemple). C’est donc ce couple qui, à partir des années 70, s’est démené pour offrir de nouveau des tissus de coton à la coupe, puis demander aux fournisseurs du molleton en grande largeur, etc. Tout ce qui nous est disponible et évident de nos jours ne l’était pas alors ! Ils sont devenus connus dans tous les Etats-Unis comme fournisseurs majeurs de matériel et de kits de patchwork aux magasins de détail.
Marti Michell au stand des Ouvrages de Nat à Sainte-Marie-aux-Mines, en septembre 2014.
Dans le dernier numéro du magazine Les Nouvelles n° 123 de France Patchwork, vous trouverez en page 59 un extrait de ce que m’a appris Marti Michell à SMM en septembre dernier. Rendez-vous compte, c’est elle qui a créé la révolution du patchwork en 1980 en concevant l’utilisation du cutter rotatif avec des règles en plexiglas !
S’ensuivit dans les années 1981-85 l’organisation de cours sur l’utilisation du cutter rotatif tel que conçu par Marti Michell et son amie Mary Ellen Hopkins : ce fut dès lors une formidable effervescence dans le monde du patchwork ! Cette conception de coupe convient pour le travail traditionnel mais surtout suscite de nouvelles techniques, de nouvelles envies… qui ont vite traversé l’Atlantique ! J’ai acheté mon cutter rotatif au Rouvray en 1989, c’est toujours le même que j’utilise. Increvable, mon cutter OLFA ! En janvier prochain, je vous conterai l’histoire de cet objet qui fête ses 35 ans…
Photo empruntée à Cerise pourpre : prise à SMM, on voit deux couples au service du patchwork : Nathalie et son mari, Marti et son mari… Un accueil toujours chaleureux nous est réservé par eux quatre !
La passion continue depuis toutes ces années, les quilteuses du monde entier sont toujours à la demande de nouvelles idées… Cela tombe bien, Marti en a ! C’est au service des utilisatrices que Marti et son mari proposent des « facilitateurs » : tous ces objets, ces livres, ces kits qui permettent à chacune de réaliser de beaux quilts ! Ce sont en particulier les gabarits en plexi, extrêmement bien conçus (vous n’aurez plus de vilaines petites oreilles qui dépassent grâce à ces gabarits !), qui rencontrent leur public.
Ici en France, nous avons la chance d’avoir l’ambassadrice de charme de Marti en la personne de Nathalie Delarge. Tout comme Marti, elle est généreuse, patiente, infatigable, intelligente… J’arrête, je la vois rougir d’ici 😉 Et si vous avez des hésitations sur l’utilisation des gabarits ou que vous recherchez des trucs et astuces, courez voir les vidéos de Nathalie : elle vous explique TOUT avec clarté et brio !
Leur rencontre fut un coup de foudre. Leur collaboration est un succès durable. Que j’aime ces success stories !
Nat prépare du nouveau pour le mois de janvier : suivez-la sur Facebook et sur son blog pour ne rien rater !
Un des derniers tops de Nat, tout à la machine ! Les gabarits et la technique rendent possibles des assemblages à la machine incroyables !
J’ai gardé de ma rencontre avec Marti Michell un souvenir vif, empreint de respect envers cette dame à qui nous devons tant, mais aussi déjà de l’affection… Et puis elle m’a bien fait rire ! Sa petite blague en conclusion de notre entretien fut :
Le problème avec mes gabarits, c’est qu’ils sont très solides, ils durent une vie entière de quilteuse. Ce n’est pas bon pour le commerce ! Alors la prochaine fois, je me lance dans le commerce du chocolat !
Ce nom vous dit-il quelque chose ? C’est que vous connaissez sans doute ce livre :
Véritable « bible du patchwork », ce beau livre est une traduction de celui présenté ci-dessous, avec le sous-titre précisant que c’est une histoire (une encyclopédie !) du patchwork de 1750 à 1950 :
J’ai le livre en anglais et c’est une de mes références fiables quand je veux vérifier que je ne raconte pas n’importe quoi dans mes articles ! Il est si facile de trouver sur internet une info maintes fois reprise… mais fausse. Si vous souhaitez un livre résumant les styles, les courants, les nécessités et les folies du patchwork, c’est celui qu’il vous faut. Avec une grande clarté, on y explique les états d’esprit des quilteuses, leurs sources d’approvisionnement – à la fois les tissus et les modèles. C’est un livre à lire et pas seulement à feuilleter pour ses magnifiques photos de quilts ! Certains sont connus, reconnus, d’autres sont beaucoup plus étonnants et peu académiques. Ce sont souvent ceux que je préfère !
On ne le trouve plus en librairie depuis des années puisqu’il fut édité en français en 1999 par Flammarion, mais il est souvent proposé d’occasion sur divers sites (amazon.fr, leboncoin, priceminister etc.)
Roderick Kiracofe est, vous vous en doutez, quelqu’un de passionné par le patchwork. Artiste, collectionneur, consultant, écrivain, c’est un expert reconnu et respecté. Sa passion remonte à son adolescence en Indiana, il se souvient de son attraction pour les objets trouvés dans les vide-greniers, vestiges des temps passés, chacun racontant son histoire… Déjà, les quilts l’attiraient…
Non conventionnels et inattendus, les quilts américains passés inaperçus/qu’on ne connaît pas/inconnus du public/… 1950-2000. Quelle serait la meilleure traduction ?…
Son tout nouveau livre est unanimement acclamé comme un événement. L’aventure a commencé voilà douze ans : après une première vie de collectionneur-vendeur de quilts, Roderick a décidé de faire une collection… pour lui-même. Mais il s’est imposé des conditions : il voulait des quilts d’après les années 1940 qui comble son sens de l’esthétique.
Mais qu’y a-t-il donc dans les années 50 ou 60 ? C’est le vide sidéral dans tous les livres de patchwork. On considère que, jusque la réhabilitation des quilts grâce aux expositions de la collection Holstein à NYC en 1971 et à Paris en 1972, plus personne ne quiltait : c’était vieillot, la jeunesse avait bien d’autres choses à faire : consommer, danser sur Elvis Presley, consommer, conduire des voitures fantastiques, consommer, aller au cinéma, consommer… Années idylliques et insouciantes dans la mémoire collective !
Le nouveau livre de R. Kiracofe montre combien nous nous trompons ! J’attendrai 2015 pour vous en parler plus en détails, car tant est à dire ! Sachez cependant que les extraordinaires photos ne seront vraiment intéressantes que si vous comprenez l’anglais à mon avis… Mais c’est vrai que les quilts sont si beaux et parlent d’eux-mêmes… Ce livre comporte 10 essais de personnes très diverses, toutes passionnées par le patchwork, d’une rare richesse informative et affective et on a là une histoire contemporaine du patchwork absolument passionnante.
AVIS AUX EDITEURS FRANCOPHONES !
La collection de Roderick Kiracofe inspire les artistes d’aujourd’hui. Tout comme nous avons toutes ou presque eu envie de copier un quilt du 19e siècle, ma copine de Seattle a eu envie de copier un quilt anonyme -comme la plupart des quilts du livre- trouvé en Louisiane :
Quilt de la collection de Roderick Kiracofe, bloc unique revisité des Marches du Palais. Quilt trouvé à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Fait en coton et gabardine, assemblé machine, quilté main au fil pourpre. Dimensions : 183 x 170 cm. D’après les tissus, on ne peut qu’estimer sa réalisation qu’entre 1950 et 1975 ! Manifestement, il est fait de vêtements recyclés plus ou moins anciens.
Elle a adoré travailler en « free-form », sans se soucier si sa coupe est bien droite, suivant son inspiration. Son quilt est un hommage à la quilteuse inconnue… et à Roderick Kiracofe !
Allez voir d’autres photos sur son blog Nifty Quilts. Vous y verrez un détail surprenant pour le quilting à la main, issu d’une habitude pas encore parvenue en France 😉
Après 25 ans de bons et loyaux services, le calendrier de l’Avent familial (vous en avez la petite histoire ici) vit chez moi sa dernière année d’activité, car mon fils, aujourd’hui en Terminale, ne sera probablement plus à la maison en décembre prochain. C’est donc ce matin un peu de nostalgie qui m’envahit…
Le voici, avant l’accrochage des petits sacs de tissu vert. La phrase brodée signifie « Chaque jour on approche de Noël » ou plus littéralement « Chaque jour c’est un peu plus Noël ».
J’ai promis ce calendrier pour mon premier petit-enfant. Il deviendra lentement une antiquité pour une nouvelle génération !
Sujata Shah a un style bien à elle, résultant à la fois de ses origines (l’Inde), de son pays d’adoption (les Etats-Unis) mais surtout de sa capacité à apprécier et interpréter les artisanats d’ailleurs qui lui parlent (y compris d’Amérique du Sud et d’Afrique). Ainsi, avec ses quilts, on voyage beaucoup tant ses inspirations viennent d’un peu partout !
Son premier livre est un événement pour elle, mais aussi je crois pour le monde du patchwork. Elle y propose 15 quilts expliqués avec clarté, mais ne croyez pas que vous ferez une copie du sien : chacun sera unique ! Sujata est attirée par l’interprétation libre de blocs classiques en changeant de gammes de tissus (beaucoup de tissus unis aux couleurs chaleureuses rappelant l’Inde, beaucoup de scraps aussi) et en enlevant toute forme de culpabilité : la coupe et l’assemblage se font selon des techniques simples et douces, avec lesquelles un petit défaut n’est pas bien grave et ajoute du charme… C’est une forme de patchwork de plus en plus appréciée, qui colle à la modernisation des goûts en matière esthétique.
Vous avez aussi des choix à faire parmi diverses suggestions de montage ou de quilting à la main ou à la machine.
Oui, ce sont des quilts gais, faciles et modernes que Sujata vous propose, qui vous procurent du plaisir à toutes les étapes de votre création :-). Il y en a donc 15, tous très différents, qui vous réjouiront certainement !
C’est pour moi un coup de foudre, je lis son blog depuis longtemps… et je vais continuer !
Karine, une de nos chères Abeilles de la Ruche, a fait la permanence dans la galerie d’art du Salon de Toulouse en octobre dernier avec sa casquette de membre actif de la délégation France Patchwork 31. Excellente communicatrice, elle a su expliquer au public la démarche de cette exposition et a engagé de longues discussions sur l’art et ses formes, l’expression artistique hors des sentiers battus… J’ai vu de nombreuses personnes enchantées de leur passage à la galerie, alors merci à Karine et à toutes les bénévoles qui ont parfois dû faire le gendarme mais aussi et surtout mettre en lumière le talent des quilteuses exposantes !
Elle nous raconte ici son expérience.
Deux journées ou presque de présence dans notre galerie d’exposition au Salon des Loisirs Créatifs m’ont définitivement convaincue de l’intérêt pour notre association France Patchwork d’être visible.
Avoir un stand et un lieu d’exposition est une formidable opportunité de sortir de l’entre-soi dans lequel nous évoluons bien souvent. C’est avant tout un événement grand public, ouvert, dynamique : il a donc soufflé sur notre exposition une brise revigorante et extrêmement motivante pendant 4 jours.
Etait-ce le thème ou l’exceptionnelle qualité des œuvres ? Il m’est difficile de le dire mais les visiteurs étaient cette année véritablement intéressés, curieux, posant beaucoup de questions pertinentes.
Leur enthousiasme nous a fait un bien fou ! Je dois préciser à nos lectrices et lecteurs qui n’étaient pas présents sur le salon, que par sa variété, l’exposition « dentelles et kimonos » avait pour vocation de toucher un large public. Des œuvres traditionnelles, modernes ou art textile, réalisées à la main ou à la machine, piécées ou appliquées étaient proposées aux visiteurs. Bref, toutes les tendances étaient représentées.
Vous voyez ci-dessus un quilt qui s’appelle « Mais où est le kimono ? » La réponse était en bas à droite, très peu de personnes l’ont découvert… Ou comment mettre un peu d’humour dans ses oeuvres, bravo Sylvie Bedu !
Le format « tableau » a favorisé également la venue de personnes habituellement peu intéressées par les œuvres textiles et je dois le souligner, de nombreux messieurs. Toutes et tous, en tout cas, ont relevé la modernité des œuvres : paroles bien agréables à entendre pour les patcheuses trop souvent jugées avec un brin de condescendance…
Au premier plan, quilt de la talentueuse Christine Mahé. Comme vous le voyez sans doute, l’éclairage artificiel modifie les couleurs malheureusement…
Enfin, signe qui ne trompe pas, de nombreux visiteurs ont exprimé le souhait d’acheter des œuvres exposées ou d’entrer en contact avec les artistes comme ils le feraient pour n’importe quel artiste peintre les intéressant.
En résumé, cette expérience un peu fatigante mais très enrichissante m’a confirmé qu’il existe en France un vrai public pour nos œuvres. Aller à sa rencontre est une mission qui tient à cœur toutes les abeilles de la Ruche des Quilteuses et les membres de FP qui débordent d’idées pour le faire mais n’ont souvent pas assez de 24h par jour pour y arriver !
Karine Favard, Abeille et membre de France Patchwork 31
Un immense bravo à toutes les talentueuses quilteuses de France et du Japon qui ont participé à ce concours !
…car nous allons aujourd’hui bien loin, en Corée du Sud !
Choi So-Young est une artiste coréenne qui vous rappellera Denimu, tous deux utilisent cette même matière première qu’est le pantalon en jean usé pour faire des oeuvres d’art. C’est une jeune génération, Choi étant de 1980 et Ian Berry (Denimu) de 1984. Peu d’autres renseignements filtrent sur internet sur la jeune femme en raison du barrage de la langue. Son inspiration est principalement urbaine, ses tableaux captent les instantanés de Busan, 2e ville coréenne après Séoul, ville dynamique grâce à son port, ses belles plages et son climat clément.
Busan est une ville à l’économie florissante, très moderne et touristique. Cette vue de nuit montre son fameux « Diamond Bridge » de 900 mètres pendant le festival des feux d’artifice (attraction ayant lieu tous les ans en octobre). Voyez ci-dessous l’interprétation de l’artiste !
Sur le blog Moonberry, j’ai trouvé quelques photos étonnantes :
Vue de Busan de nuit, avec le feu d’artifice rebrodé et « emboutonné », photo du blog de Moonberry
Photo de détail venant du même blog (immeuble à droite du tableau précédent). L’artiste utilise absolument toutes les parties des jeans, ici des passants font la façade !
On remarque bien les effets de volumes, la liberté d’interprétation de cette artiste.Autre vue de Busan, tableau de 2005, 84 x 150 cm. Des jeans presque entiers s’intègrent miraculeusement au paysage !
Busan, une des plages touristiquesIl me semble que ce tableau représente le quartier de Gamcheon Culture Village, récemment réhabilité par l’Etat.Naguère le quartier le plus pauvre et insalubre de la ville de Busan, Gamcheon est fait de maisons qui rappellent des Legos et abritent des anciens régugiés, persécutés pendant la guerre de Corée en raison de leur religion (basée sur le symbole du Yin & Yang). Un programme d’aide a fait réparer les bâtiments et a fait des commandes à des artistes pour transformer l’aspect de cet endroit, maintenant visité par des milliers de touristes !
Dans ce blog espagnol, on voit un autre tableau montrant un quartier plus central de Busan :
Fait en 2010, 97 x 97 cm.
Le talent est sans frontière !
Son art est largement reconnu par les professionnels car ce tableau fut vendu… 187 000 euros le 24 mai 2008 à Hong-Kong (Christie’s) ! Il est gigantesque et représente un immense travail puisqu’il mesure 1,50 m de haut pour 3 m de long. Mais je crois que mon tableau préféré parmi ceux trouvés sur internet est celui-ci (100 x 65 cm), bien plus sobre et empreint de poésie ! J’aime cette simplicité…
Ici, en terre de Pastel, nous ne sommes pas rancunières. L’indigo asiatique a fait s’écrouler l’économie régionale au XVIIe siècle, rendant notre teinture bleue issue de l’Isatis Tinctoria trop peu performante, mais nous aimons quand même le blue jean à la folie ! De toute manière, cela fait belle lurette qu’il n’est plus teint à l’indigo…
Nous aimons la récup’ des pantalons fatigués de la famille :
Des sacs en blue jean ont fleuri le 14 novembre dernier lors des 30 ans de France Patchwork ! Nous avons admiré la créativité de chacune…
L’histoire du blue jean est comme un roman d’aventures qui commence à Gênes (jean) et Nîmes (denim), continue au FarWest avec Levi Strauss… et gagne la planète entière au cours de la 2e moitié du XXe siècle. De nos jours, on peut en trouver à très bon marché mais avec quelles matières premières, quels produits chimiques, quel respect des ouvriers ?
Kris l’abeille butineuse m’a appris qu’il existe une jeune société française faisant l’effort de fournir des pantalons blue jean le plus possible « faits en France » ; leur démarche est méritante car le choix de chaque matière première, chaque étape de fabrication est mûrement réfléchie jusqu’au moindre détail, dans un souci à la fois économique et écologique.
Leur nom ? Le voici : 1083, car c’est le nombre de kilomètres à vol d’oiseau sur une carte de France si vous cherchez la plus grande diagonale… Et donc le « fait en France », est né au maximum à 1083 km de chez vous, résident de ce pays ! Un peu d’humour ne fait pas de mal…
En ce qui concerne un pantalon en jean, je suis contente de la transparence des chiffres qui montre que les matières premières : coton (biologique) + les rivets + le bouton coûtent en tout… 3 euros ! Quant à la teinture, elle est sans produit nocif, mais pas à l’indigo ou au pastel qui, j’imagine, ferait grimper en flèche le prix du pantalon !
Je crois que je vais acheter un blue-jean français à mon mari… Il faut patienter, il y a deux mois d’attente ! La rançon du succès sans doute !
Thanksgiving est une fête nord-américaine : on voit parfois au cinéma de grands repas de famille à cette occasion, on lit des romans autour de drames ou de réconciliations, de joies et de peines au cours de cette fête, c’est la vie !
Mais ce n’est pas notre culture ici en France, et donc beaucoup se demandent d’où vient cette fête de Thanksgiving.
En Amérique du Nord, Thanksgiving célèbre dans tous les esprits les premières récoltes faites par les Européens sur le sol américain et la reconnaissance envers Dieu de leur avoir permis de survivre.
Origines de Thanksgiving au Canada
Au Canada, le navigateur anglais Marin Frobisher remercia Dieu de l’avoir préservé d’un terrible voyage au nord du Canada en faisant un grand repas au sud du Groenland en 1578.
Des fêtes plus organisées naquirent avec des Français menés par Samuel de Champlain, né à Brouage. Durant l’hiver 1606-1607, à Port-Royal (île de la Nouvelle-Ecosse), ces Français décidèrent de ne pas se laisser aller à la morosité et Champlain créa l’Ordre de Bon Temps, une sorte de club pour promouvoir de bons repas tout l’hiver ! Voici un extrait de son récit :
Nous passâmes cet hiver fort joyeusement et fîmes bonne chair, par le moyen de l’ordre de bon temps que j’y établis, qu’un chacun trouva utile pour la santé et plus profitable que toutes sortes de médecines, dont on eut pu user. Cet ordre était une chaîne que nous mettions avec quelques petites cérémonies au col d’un de nos gens, lui donnant la charge pour ce jour d’aller chasser : le lendemain on la baillait à un autre et ainsi consécutivement : tous lesquels s’efforçaient à l’envie à qui ferait le mieux et apporterait la plus belle chasse : Nous ne nous en trouvâmes pas mal, ni les Sauvages qui étaient avec nous. Tiré des Voyages […] de Champlain, 1613
Ces repas, souvent partagés avec les autochtones, étaient accompagnés de fêtes, d’animations théâtrales… ou comment passer du bon temps quand il fait froid ! On reconnaît bien l’esprit français qui aime la bonne chère en toutes circonstances… Cet esprit perdura les années suivantes, établissant cette idée de profiter des récoltes, de la chasse, de la pêche… mais Thanksgiving fut officialisé bien plus tard. En raison du climat, Thanksgiving est célébré au Canada le 2e lundi d’octobre, ce qui coïncide avec l’anniversaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (le 12 octobre 1492, fêté chaque 2e lundi d’octobre un peu partout sur le continent américain, malgré quelques contreverses).
Origines de Thanksgiving aux Etats-Unis
En 2020, les festivités seront sûrement immenses pour célébrer les 400 ans du débarquement du Mayflower et des Pères Pélerins, premières personnes s’installant définitivement sur le sol des US. Parmi leurs descendants, 7 sont devenus présidents des USA et un certain nombre de personnalités peuvent aussi s’enorgueillir de compter des Pilgrims parmi leurs ancêtres (listes ici)
Plusieurs textes stipulent des commémorations religieuses de remerciements en Floride (1564) par les Huguenots français, au Texas (1598) par les très catholiques Espagnols… On peut dire que c’était une suite logique à une année qui s’achève dans un monde nouveau !
Carte postale ancienne avec le Mayflower arrivant en Amérique.
Cependant le Thanksgiving célébré de nos jours est clairement lié aux Pilgrims, des Puritains anglais d’abord émigrés en Hollande pour trouver la liberté religieuse, puis espérant jouir de plus de liberté d’entreprise dans le Nouveau Monde. Après 66 jours de traversée très mouvementée, une centaine de personnes débarquèrent du Mayflower le 11 novembre 1620 dans la grande baie du Massachussets. L’implantation fut très difficile pour ces gens démunis de tout : environ la moitié d’entre eux moururent le premier hiver.
Connaissez-vous John Smith ? Oui, celui de Pocahontas !! Il ressemblait plutôt à ceci :
Capitaine John Smith (1580-1631), navigateur anglais. Il fit 2 voyages vers l’Amérique, l’un vers la Virginie (avec l’histoire de Pocahontas) où il resta de 1607 à 1609, puis vers le Maine et la baie du Massachussets en 1614-1615.
Eh bien, indirectement il est le sauveur de ces Anglais du Mayflower en détresse !…
Revenons en 1614-1615, John Smith est en exploration dans une région qu’il baptise lui-même Nouvelle-Angleterre (ce nom est resté et désigne le nord-est des Etats-Unis). Quelques Indiens de cette région furent capturés par des hommes de John Smith afin de les amener en Angleterre en tant qu’esclaves ou « bêtes curieuses ». L’un d’eux réussit à s’échapper et prit un bateau pour retrouver sa tribu. Entre temps, il avait eu le temps d’apprendre l’anglais ! Ce cher Squanto, sans une once de ressentiment, enseigna aux Pilgrims en 1621 comment survivre dans ce monde hostile : il leur montra comment cultiver ce qui est comestible et inconnu alors en Europe : le maïs, la patate douce… et les citrouilles évidemment, et leur montra aussi des baies comme les airelles… Ces immigrants n’étaient pas des paysans mais avaient apporté des semences dans le Mayflower afin de s’installer dans le Nouveau Monde ; malheureusement tout avait moisi et c’est ainsi ils ont dû se mettre à cultiver des plantes locales car sans bonne récolte, c’est la famine !
Puis à l’automne, un grand repas festif réunit les Pilgrims et la tribu de Squanto, apportant pour leur part des dindons et des pigeons sauvages, des coquillages, des poissons et des homards… La fête dura finalement plusieurs jours !
Les familles américaines préparent donc le grand repas familial commémoratif avec les ingrédients supposés du festin d’automne 1621.
Table présentée par Martha Stewart
On doit dire que la tradition ne fut pas ancrée dès lors, car très vite tant de luttes et tant de guerres occupèrent Européens et Indiens dont, malheureusement, les aspirations divergeaient radicalement…
Deux Présidents contribuèrent à asseoir cette fête si typiquement américaine. George Washington décréta peu après l’indépendance des Etats-Unis un jour d’action de grâce, un jour de remerciements à Dieu pour exprimer la reconnaissance d’avoir un si beau pays (en 1789, pendant que la Révolution grondait en France). Puis en pleine guerre de Sécession, pour fédérer le pays à feu et à sang, Lincoln accéda aux demandes répétées de Sarah J. Hale (1788-1879) qui prônait une fête nationale de remerciements. Cette femme, écrivain et éditrice, eut une grande influence sur l’accès des femmes à l’éducation. Ainsi, depuis 1863 aux Etats-Unis il y a cette fête nationale le 4e jeudi de novembre en souvenir de la coopération entre les premiers pélerins et les Indiens.
Sarah Josepha Hale, femme d’influence au XIXe siècle. On la surnomme parfois la marraine de Thanksgiving !Son magazine lui permettait de diffuser largement ses idées, principalement l’accès des femmes aux carrières d’éducation et de médecine.
Thanksgiving aux Etats-Unis de nos jours
Les Américains ont bien moins de jours de congés annuels que nous Européens. Les quatre jours (de ce jeudi au dimanche) sont considérés comme de vraies vacances propices aux déplacements et aux réunions familiales. Ce repas commémoratif reste très ancré dans les habitudes, dans certaines familles c’est même quasiment le seul jour avec Noël où l’on cuisine et où toute la famille se met à table ensemble !
Bientôt Thanksgiving aux US (le 27 novembre 2014) : Mrs Bobbins a bien préparé l’essentiel grâce à une organisation dont elle est fière : une bien belle table avec le chemin de table, les sets, serviettes, dessous de verre… Son mari approuve mais demande : mais où est le repas ? Oh zut, répond Mrs. Bobbins, voilà ce que j’ai oublié ! (dessin trouvé sur Facebook – Mrs. Bobbins est régulièrement sur ce site : Kansas City Star Quilts )
Le menu « obligé » consiste en dinde farcie, sauce aux airelles, patates douces et tarte à la citrouille (stuffed turkey, cranberry sauce, sweet potatoes, and pumpkin pie) ainsi que plein d’autres bonnes choses, au choix des cuisiniers ! Si vous souhaitez faire entrer une tradition américaine chez vous, à vos fourneaux ! Les recettes sont un peu partout sur internet.
Un mot sur les dindes : ces gros volatiles d’ Amérique sont maintenant élevés en batterie et plus de 45 millions de dindes passeront au four jeudi. Je ne vous montrerai pas de photos de ces élevages pour ne pas vous couper l’appétit, mais sachez que la dinde prête à cuire pesait en moyenne moins de 7 kg en 1930, en 1985 moins de 9 kg et maintenant on arrive à des dindes de 13 kg… Des dindes qui ne tiennent plus debout tellement leur poitrine sont hypertrophiées, mais parallèlement les prix ont baissé : on en a plus pour moins d’argent…
Un beau dindon en parade ! Nous appelons dinde ce volatile (poule d’Inde) car ces gallinacées furent importés en Europe par les Conquistadors espagnols qui croyaient encore avoir trouvé l’Inde par l’Ouest. Quant aux Américains, ils l’appellent turkey (comme le pays Turquie) car à sa découverte, elle était confondue avec la pintade de Guinée (appelée Turkey hen), bref un beau méli-mélo géographique pour ces gros oiseaux !
Après cette journée familiale, c’est le Black Friday avec des magasins qui ouvrent parfois dès minuit une minute ! Soldes et promotions incitent à acheter ce jour les premiers cadeaux de Noël. On assiste à une vraie orgie de consommation dont nos soldes ne sont qu’une pâle copie…
C’est la suite directe des décorations d’Halloween en couleurs chaudes : orange, marron, vert, écru etc. Les thèmes préférés sont les potirons évidemment, mais au lieu d’un zeste d’humour typique à Halloween, les quilts sont plus sages et réconfortants, souvent dans le style Primitive Country qui correspond bien à cette fête familiale :
Jolie déco vue ici!Thanksgiving Sampler, vu ici.Magnifique étoile de circonstance vue ici
Autre symbole prisé, la Cornucopia ou Corne d’Abondance, et tous les fruits d’automne :
Magnifique appliqué avec les feuilles en soie laissées libres pour un effet 3D, à voir ici.
S’ajoutent les feuilles d’érable dans leurs plus belles couleurs :
Dieu étant dans la constitution américaine, on n’hésite pas à le remercier avec force. Thanksgiving est une fête laïque, célébrée par tous, mais d’origine religieuse puisqu’on remercie Dieu pour les bonnes récoltes :
Quand on habite à la campagne, on voit mieux la Lune :
Voyez-vous les reflets du clair de lune sur les vagues ?
Nouvelle peinture sur bois de Valériane Leblond aux accents japonais, à la fois par son format et par ses vagues !
Motif japonais depuis plus de mille ans, le seigaiha, « océan aux vagues bleues », avec ses cercles concentriques, est d’une rare élégance. D’abord symbole de la mer sur les anciennes cartes chinoises, il se trouve depuis mille ans au Japon brodé ou imprimé sur les tissus, gravé dans la pierre ou le bois, dessiné sur le papier, la céramique ou encore en mosaïque…
Son graphisme peut aussi suggérer des toits de tuile, des éventails ou des coquillages… Outre-atlantique, on décline ce motif depuis le XIXe siècle à la fois en patchwork, appliqué et quilting. Ce fut aussi un motif très prisé en art déco !
Il m’a inspiré mon logo de blog :
Alors vous comprenez combien j’aime cette nouvelle peinture de Valériane !
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Autre Vague japonaise : dans l’actualité parisienne, l’exposition des estampes d’Hokusai au Grand Palais est bondée, le public se rue sur la fameuse Vague : elle n’est pourtant pas plus grande que les autres estampes, donc à chacun son tour !
La Grande Vague de Kanagawa (1831) a longtemps été accrochée dans ma chambre, je la connais par coeur et l’aime toujours autant ! L’estampe originale surprend par sa modeste taille ( environ 25 cm sur 37 cm), alors qu’on a l’habitude de la voir en grande affiche.
Une estampe est le résultat d’une série de travaux : le dessin sur la matrice (ici du bois), la gravure en suivant le dessin, puis l’encrage et l’impression… Il existe donc plusieurs originaux dont les couleurs diffèrent, les traits sont plus ou moins nets en fonction de l’ordre d’impression… Elles ne sont pourtant pas numérotées comme des lithographies actuelles. La qualité du papier joue une importance primordiale également ; certains spécialistes pensent que près de 5 000 estampes originales de cette Vague furent tirées, dont une est toujours à Giverny, chez Monet ! L’ordre de tirage peut grosso modo être établi par les spécialistes en fonction de la netteté des traits (qui s’estompe avec l’usure de la matrice originale).
Cette première vue du Mont Fuji d’une série de 36 est fascinante et de nombreux essais décortiquent les raisons du succès.
La composition géométrique peut expliquer la beauté de l’oeuvre.
L’exposition ne se limite absoument pas à cette Vague, vous y ferez beaucoup d’autres découvertes si vous avez la chance d’y aller… un jour sans trop d’affluence !
Au Grand Palais à Paris, du 1er octobre au 18 janvier, avec une interruption du 21 au 30 novembre.
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Merci Valériane de nous offrir de si belles vues au clair de Lune :
… des vagues menaçantes portant peut-être un message d’espoir :
Trouvez-vous la bouteille à la mer ?…
… des vagues bien plus douces dans un monde idyllique :
… et tant d’autres scènes de la campagne et du littoral gallois que vous pouvez admirer et vous procurer sur son site ici !