Un jour, Evelyne m’a montré la photo d’un quilt publié dans le magazine japonais Tsushin (N° 97 – août 2000). Je le connaissais, j’avais déjà remarqué les délicats dégradés indigo, la subtilité du bloc… mais jamais, au grand jamais, je n’aurais osé m’attaquer à un tel monument ! Evelyne, si. Avec sa tranquillité habituelle, elle savait que « quand on veut, on peut ». Cela faisait déjà des années qu’elle collectait dans ce but des tissus japonais magnifiques, d’autres différents mais assortis… Un jour donc elle a décidé que c’était le moment de s’y attaquer ! Toute seule, elle a compris comment ajuster chaque morceau qui ressemble au « trognon de pomme » (Apple core) mais légèrement asymétrique pour accueillir un mini carré central. Difficulté assurée ! En revanche, elle a fait appel à moi pour affiner l’emplacement de ses tissus. Quel bonheur de partager ces heures de recherche !
C’est un jardin merveilleux, entièrement assemblé et quilté à la main.
Evelyne a commencé quelques fleurs sans avoir trouvé les tissus unis. On pensait fortement à des tissus teints au pastel mais finalement d’autres tissus teints artisanalement ont fait l’affaire… mais c’est de la percale, au tissage donc très dense, si difficile à piquer ! Et puis il a manqué de ce tissu blanc aux pivoines rouges… Françoise, du « Petit comptoir » de Toulouse, a accepté pour cet ouvrage d’exception de se séparer du coupon mis de côté pour elle-même… Une fois de plus la fabrication de ce quilt est tissée de belles histoires d’amitié ! Depuis, Evelyne et moi avons beaucoup de complicité, nous avons partagé tant de bons moments à réinventer le modèle…
Le résultat en vaut la peine, n’est-ce pas ? La photo n’est pas très fidèle en raison des spots mais vous en avez une idée… Il est à mes yeux finalement plus beau que l’original ! Evelyne l’a offert à sa soeur qui y tient comme à la prunelle de ses yeux, comme on la comprend !
Il est exposé à Colomiers (31) jusqu’au 28 mars, salle Gascogne.
Après vous avoir fait admirer des chefs-d’oeuvre de mes copines (et vous en verrez d’autres ces prochains jours), je vous fais entrer à petits pas dans un autre domaine, le monde du scrap, dans lequel je m’épanouis.
Le quilt que je viens de terminer comporte de nombreux tissus très divers : quelques japonais, beaucoup de petites fleurs, quelques cachemire, des « repros » du XIXe américain et d’autres inspirés du XVIIIe français (French General), d’autres plus intemporels… tout un méli-mélo de tissus que j’aime et qui miraculeusement vont bien ensemble. Est-ce un hasard, je suis la plupart du temps habillée dans ces couleurs, beaucoup de ces tissus pourraient être des chutes de mes chemisiers !
J’avais hérité des beaux restes de tissus du quilt « Bouquets d’Hiver » de ma chère Madeleine car nous avions mis en commun tous ceux qui pouvaient lui servir dans la réalisation de ses appliqués. On avait quasiment oublié lesquels étaient à elle, lesquels à moi ! J’étais contente de les utiliser à mon tour et j’avais l’intention de faire des « petits tours du monde scrappy » à la manière de Bonnie Hunter. Puis en pleine confusion, j’ai tout mis en attente, car je ne savais plus comment le monter, ni même si je voulais le terminer… C’est ce que je vous racontais ici.
Vint au mois dernier le coup de cœur du quilt gallois dessiné par Valériane, ce qui me rappela que j’avais ces blocs de carrés scrappy en attente, précisément dans ces couleurs ! J’ai donc rouvert ce carton et cherché à donner une touche personnelle. J’ai voulu m’approcher de la tradition du Médaillon à la galloise en créant un petit centre… et voici la petite maison qui sera au milieu de mon tour du monde :
Elle est vraiment faite de bric et de broc, elle ne tombait jamais juste car je travaillais hors de mon atelier, en papotant avec les Abeilles, très (trop) décontractée… Ce sera donc le centre de mon médaillon, un peu à la manière des Galloises.
Puis le top a pris de l’ampleur, j’ai complété mes premiers « carrés scrappy » par une dizaine d’autres et j’ai aimé inventer ces coins aux « étoiles de l’amitié » imbriquées dans la bordure. Sur la photo, vous apercevez le dos qui, tout comme les Bouquets d’Hiver, est un drap de La Redoute aux motifs de toile de Jouy :
Un psy se régalerait d’analyser un Tour du Monde entouré d’Etoiles de l’Amitié avec une maison en son centre, m’a fait remarquer Martine. Oui, j’assume ! Comme je vous l’avais expliqué précédemment, les couleurs choisies sont celles de mon environnement, le rouge rosé des briques toulousaines et le bleu pastel qui l’accompagne si bien… Bref, c’est une expression très personnelle !
Il restait à matelasser ce top. Le temps filant si vite, je l’ai quilté à la machine mais j’ai tenu à y mettre encore un peu de l’esprit gallois en quiltant le centre de manière indépendante du motif en patchwork. J’ai beaucoup aimé partir du dessin central qui déborde du médaillon piécé, comme le font les Galloises. Un grand cœur sur la maison, allô le psy !
Ensuite, j’ai continué l’improvisation avec une aiguille double pour suivre le mouvement « voyage autour du monde », puis j’ai remis le piqué libre pour faire une guirlande de fleurs sur les carrés bleus. De l’improvisation et de l’amusement, vous disais-je !
J’ai l’habitude de quilter des lignes avec le double entraînement de ma Pfaff, mais en piqué libre, c’est un de mes premiers essais. C’est un quilt destiné à rester chez moi pour être, sauf l’été, quotidiennement sur mon lit ; ce n’est pas une bête de concours mais un quilt qui vivra de longues années avec nous ! J’ai râlé la semaine dernière contre mon inexpérience du quilting machine et les multiples imperfections, mais il faut bien s’entraîner quelque part pour s’améliorer, n’est-ce pas ? D’ailleurs, pour avoir les conseils avisés d’une pro, je viens de m’offrir le DVD préparé pour nous sur le quilting machine par Nathalie Delarge. Bientôt dans ma boite aux lettres, alors le prochain sera donc forcément mieux !! Mais je dois avouer que je suis heureuse du rendu des couleurs et des dessins, il me correspond bien.
Tout juste lavé (à la machine à 30°, cycle synthétique, essorage doux, avec du savon noir liquide à la place de la lessive) il sèche à plat, lentement…
Le voici prêt à être accroché à l’exposition du club de Colomiers*! Ouf, je doutais d’y arriver…
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* A Colomiers, ouest de Toulouse (à 12 km de la Place du Capitole) : exposition jusqu’au 28 mars de 10 h à 18 h, salle Gascogne (de la N 124, sortie n° 5), du Club de Patchwork Léo Lagrange de Colomiers qui fête ses 20 ans.
En septembre 2009, les Abeilles quilteuses de sortie à SMM sont tombées en arrêt devant un sampler reprenant les carrés du livre « Motifs de patchwork – 156 blocs originaux » – édition Quiltmania. Depuis, l’idée leur trottait dans la tête…
C’est en septembre 2012 que Martine et Maïté se décidèrent à mener cette aventure de concert. Elles réunirent leurs tissus convenant à leur palette choisie, firent aussi appel aux autres Abeilles pour compléter leur gamme, puis décidèrent de la taille des blocs… Ce qui est petit est mignon, mais les blocs de Yoko Saito de 9 cm de côté étaient vraiment trop petits, elles ont donc opté pour 15 cm, ce qui conserve cet « esprit petit et mignon » tout en facilitant sensiblement l’assemblage. Nous avons admiré, semaine après semaine, l’avancée des deux samplers mais Maïté a tenu à exposer le sien pour l’exposition de Colomiers*, elle a donc forcé l’allure et le voici fraîchement terminé !
Toujours perfectionniste, Maïté a non seulement copié des blocs de Yoko, mais aussi en a inventé une grande partie. Comme ce sampler est destiné à la chambre de ses petits-enfants, de nombreux blocs sont figuratifs pour plaire à la petite Lucie pour qui les blocs non-figuratifs ne sont pas « des vrais » dessins ! Les bandes intermédiaires ont bénéficié de la patience de Maïté, avec près de 1 500 points de nœud colonial…
Ce sampler mérite qu’on s’en approche :
Cliquez sur les photos (désolée pour la présentation) pour agrandir et admirer les détails ! Mais rien ne vaut de le voir en vrai, naturellement…
Encore une très belle étiquette, habile recyclage d’un bloc trop grand :
Même l’aiguille est brodée, on s’y tromperait…
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* Colomiers, ouest de Toulouse : exposition du 22 au 28 mars de 10 h à 18 h, salle Gascogne (de la N 124, sortie n° 5), du Club de Patchwork Léo Lagrange de Colomiers qui fête ses 20 ans.
Un angle en trompe-l’œil, qui donne son titre au quilt…
Martine fait partie de la Ruche des Quilteuses, c’est elle qui a fait Cannelle ! Aujourd’hui, elle vous présente un de ses premiers quilts.
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J’aime beaucoup la rubrique « Quilts et intérieurs de charme » de la revue Quiltmania. En septembre 2009, le n°73 du magazine présentait l’intérieur d’Isabeau Reinders Folmer, quilteuse d’Amsterdam :
L’inspiration est venue de cette photo éditée dans Quiltmania (à droite).
Parmi les quilts exposés, plus beaux les uns que les autres, j’ai eu un coup cœur pour l’un d’entre eux. Un quilt en cours très grand, négligemment posé sur un canapé, un médaillon avec une multitude de tissus rouges, bleus, écrus. Dès lors je n’ai eu qu’une envie, réaliser ce quilt dont bien sûr le modèle n’était pas fourni. Je ne compte pas le temps que j’ai passé à le regarder, à étudier les détails, à examiner la belle étoile du centre qui me paraissait inaccessible.
« Mémoire » de Martine Roigt, 2010 – Couleurs douces à dominante rose et bordeaux, tissus japonais majoritaires
Malgré ma petite expérience (2 ans à peine) je me suis enhardie et n’ai pas hésité à le réinterpréter en commençant par simplifier l’étoile du centre puis j’ai commencé un tour et ainsi de suite. L’été qui a suivi , bloquée par la rédaction d’un dossier, je m’accordais des pauses l’après-midi pour avancer. Il faut dire que j’ai mis en pratique tous les cours de couture rapide que nous avait donnés Katell pendant l’année ; le top était réalisé en décembre . Il est piécé à la machine, comporte plus de 1500 morceaux de 27 tissus différents.
C’était mon premier grand quilt destiné à être un panneau mural, je l’ai donc quilté à la main en suivant les conseils avisés de mes amies : « s’obliger à quilter avec les deux dés tous les jours pendants 5 à 10 mm ». Une fois cette phase d’apprentissage du matelassage passée, j’ai pu entreprendre le quilting du panneau (plus de 100 heures de quilting) car j’aime les ouvrages très quiltés.
J’ai pu ainsi participer à l’expo départementale de France Patchwork Haute-Garonne en février 2011. Depuis il trône dans mon salon en attendant d’être remplacé par un autre plus abouti car en effet je peux constater, tous les jours, tous ses défauts mais je lui garde une affection particulière.
Avant que n’arrive la date officielle du printemps, je suis extrêmement heureuse de vous présenter un quilt d’exception réalisé par Madeleine, une de nos Abeilles, qu’elle a baptisé Bouquets d’Hiver… En vraie Capricorne, Madeleine ne craint pas cette saison !
Madeleine a conservé l’esprit des créatrices de Blackbird Designs, Barb Adams et Alma Allen, qui ont ici dessiné des plantes accompagnant l’hiver de leurs plus beaux atours, réinterprétant à leur manière le style Baltimore, ces quilts aux blocs figuratifs si travaillés. Je vous présenterai celui-ci bloc par bloc quand il sera exposé* car les photos que j’ai prises ne rendent pas justice au quilt, je les recommencerai donc… En attendant voici une photo faite à l’extérieur vendredi dernier, trois copines perchées sur un banc :
Bouquets d’Hiver, Madeleine Fillola, 2013 (230 cm x 230 cm)
Réalisation traditionnelle « dans les règles de l’art » avec un superbe appliqué, un quilting dense parfait, une bordure originale en vagues et maxi-croquet … Bientôt des photos de détails ! Entièrement réalisé à la main… Je suis si admirative !
Couleurs brique et pastel… Nous avons utilisé les mêmes tissus pour des résultats fort différents, vous pourrez bientôt le constater 🙂
Ce quilt est pour nous un symbole de notre amitié au cœur de la Ruche. Si j’ai un peu conseillé Madeleine pour choisir les tissus, chaque Abeille a admiré la progression de l’ouvrage, étape par étape, aidant notre amie à conserver sa motivation, Patricia lui a enseigné le matelassage « à la Amish », ce qui a grandement aidé Madeleine (il fut entièrement quilté avec les deux dés conseillés ici, sur un tambour sur pied Hinterberg acheté au Petit Comptoir), Martine et Christine ont bien aidé pour l’ajustement du croquet en bordure… et Christine a mis tout son talent au service d’une étiquette qui reprend exactement le modèle de deux fleurs, la forme des vases, le rappel du matelassage en grille et le croquet de bordure :
L’étiquette reprend les caractéristiques de ce merveilleux quilt.
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* A Colomiers, ouest de Toulouse : exposition du 22 au 28 mars de 10 h à 18 h, salle Gascogne (de la N 124, sortie n° 5), du Club de Patchwork Léo Lagrange de Colomiers qui fête ses 20 ans. Venez nombreux !
J’aime les poires. Je n’aimerais cependant pas être prise pour une poire, alors que dans ma famille je suis déjà la reine des tartes (salées, sucrées, au choix !).
Avez-vous remarqué que les poires ont tendance à pencher la tête d’un côté ? Ce détail explique la poire galloise, vous allez vite comprendre !
Loin de chez nous, en Asie, un motif décoratif, le boteh, évoque selon les pays un bouquet de fleurs, un cyprès ou une larme de Bouddha, mais l’origine est vraisemblablement une interprétation du symbole chinois du yin et du yang. Pour beaucoup, ce motif symbolise l’amour.
Le Boteh se retrouve de façon récurrente dans les tapis persans aussi bien que sur toutes sortes de tissus, tissés comme ici à droite ou imprimés, traditionnellement à l’aide d’un tampon de bois :
Avec l’arrivée des tissus de la Compagnie des Indes en Europe, ce motif devint très populaire en Occident, copié dans les motifs des nouvelles cotonnades provençales tout d’abord, pour répondre à l’immense demande européenne. Puis on découvrit les châles appelés en France des « Cachemires », du nom d’une région aux confins de l’Inde, du Pakistan et de la Chine. Le Cachemire signifie en français à la fois la matière issue du poil d’une variété de chèvre et les motifs traditionnels de ces châles, des botehs principalement.
En Angleterre, l’imprimé « cachemire » est appelé… Paisley*, du nom d’une ville écossaise où étaient tissés de superbes châles à la manière indienne ! Ils copièrent d’abord les carrés en provenance de l’Inde, puis la modernisation des métiers à tisser au XIXe siècle leur permit de tisser des châles jusqu’à 15 couleurs, enfin les Ecossais proposèrent des carrés imprimés, toujours avec une prédominance de botehs… Vous avez à droite la photo d’un couple gallois au XIXe siècle, la femme arbore un châle aux dessins de cachemire.
L’autre centre européen d’impression de tissus « cachemire » est l’Alsace. Sur le sujet du cachemire, je vous recommande de consulter cet article de blog, très complet !
La version frustre de ces carrés imprimés de botehs sera le bandana, carré de coton initialement utilisé par les cow-boys pour se protéger de la poussière… ou n’est-ce qu’une légende ? Il paraît qu’il existe tout un langage codé sur le port des bandanas codifiant des appartenances à des groupes plus ou moins secrets…
Revenons donc à nos poires. Vous avez évidemment compris la similitude de forme entre ce fruit et le boteh, c’est sans doute ce qui a frappé les quilteuses galloises pragmatiques ! Ce motif imprimé en Ecosse fut intégré dans le répertoire classique des motifs de quilting gallois sous le nom de « welsh pear »… Il faut dire que ces poires galloises vont si bien avec les volutes celtiques…
Inspiration !
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*En cette période d’attente du printemps et d’espoir de beau temps, notre amie Mrs. Bobbins commence à semer… Maintenant que vous connaissez la signification du mot Paisley (si proche du Parsley, le persil !!) vous apprécierez d’autant plus :
Mais avant l’arrivée officielle du printemps, je serai très heureuse de vous présenter des Bouquets d’Hiver époustouflants…
Depuis quelques mois, de nombreuses quilteuses américaines s’affolent autour d’un modèle dela Reine du Scrap Bonnie Hunter, qui date pourtant de 2005 déjà. Il s’agit de « Scrappy* Trips around the World » qui moi aussi m’enthousiasme ! Ses explications sont lumineuses avec ses multiples photos. Si vous souhaitez vous lancer en centimètres, les bandes à découper sont de 6,5 cm x 40 cm (39 + 1 cm d’ajustement). Surtout ne négligez pas le sens de repassage des bandes, c’est LE truc qui vous permettra de réussir un superbe quilt !
Tandis que les « petits voyages », faits de 4 blocs, rivalisent de beauté, certaines quilteuses préfèrent disposer ces blocs de manière différente, soit très traditionnelle, soit plus personnelle. LeeAnn, de Nifty Quilts, en a récemment terminé un, disposé « à l’ancienne », c’est-à-dire avec un centre unique :
C’est cette option que j’avais aussi préférée pour le quiltfait pour la colocataire de ma fille :
J’ai bien aimé faire un grand centre très coloré pour finir avec des bleus en bordure.
Ensuite, LeeAnn de Nifty Quilts a succombé au plaisir d’en faire un aux multiples centres, tout en rouge :
J’adore ce quilt tout rouge de LeeAnn !
Moi aussi j’ai préparé des carrés pour faire ce modèle mais je me perdais dans les infinies possibilités que vous pouvez voir ici. Tout a été rangé dans un carton jusqu’à ce que, récemment, l’envie me prit de ressortir ces carrés aux couleurs de brique et de pastel… toujours en préparation, mais je n’ai jamais été aussi proche de la fin 🙂
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*Scrappy se réfère dans le monde du patchwork au principe d’utiliser un maximum de tissus, le plus souvent des restes d’autres quilts ou de la récupération. Pourtant dans l’anglais courant, il peut se traduire par « décousu », « brouillon », « incomplet »… D’un mot péjoratif les quilteuses en font fait une notion enthousiasmante !
Si vous avez apprécié l’article précédent et souhaitez en savoir plus sur l’or bleu de Toulouse, n’hésitez pas à vous offrir ce livre très instructif, entièrement en bilingue (français-anglais).
Le livre est très complet et les illustrations de qualité, tant pour les documents historiques que les photos récentes. On y évoque notamment le dur labeur des paysans et des teinturiers, l’âpreté du négoce européen, les caractéristiques botaniques de l’isatis… Passionnant !
Avec un brin de nostalgie, je me suis promenée hier en Pays de Cocagne, dans ce Tarn où vécurent naguère mes grands-parents. Sur la route entre Lavaur et Toulouse, on a traversé Verfeil (en Haute-Garonne), au cœur du pays de Cocagne : savez-vous que les Petites Filles Modèles Camille et Madeleine y vécurent « pour de vrai » ? Elles étaient les petites-filles de Sofia Fiodorovna Rostoptchina, mariée au Comte Eugène de Ségur, plus connue sous le nom de Comtesse de Ségur…
C’est bien ici que vint à la Comtesse l’inspiration de plusieurs de ses histoires, si désuètes qu’elles n’intéressent plus du tout les nouvelles générations. C’est pourtant une mine d’informations sur la vie au milieu du XIXe siècle, car la romancière s’appliquait cet adage : « N’écris que ce que tu as vu »… Ainsi les châtiments corporels sont ceux qu’elle subit malheureusement lors de son enfance… et les bêtises de Sophie (dans « Les malheurs de Sophie ») sont celles qu’elle fit elle-même !
Louis Hachette créa la célébrissime Bibliothèque Rose en 1855 pour publier les premières histoires dont Eugène de Ségur lui fit l’éloge, avec le succès qu’on sait!
La Comtesse de Ségur (1799-1874)
Sur ce blog « Mes Yeux« [attention, ce lien semble maintenant corrompu/ 1er août 2014] est développé l’histoire de la Comtesse et ses petites-filles, avec de nombreuses photos.
Vous pouvez maintenant lire le résumé de leurs tristes vies ici :
Dans les livres de leur grand-mère la comtesse de Ségur, Camille et Madeleine sont deux petites filles modèles, curieuses et bien élevées, bienveillantes avec les pauvres et leur cousine de malheur, Sophie. La comtesse qui écrit de gracieux petits contes imagés et moralisateurs, voit son audience augmenter lorsqu’elle est éditée, à partir de l’âge de 57 ans, par Louis Hachette.
Nées en 1848 et 1849 entre Rome (Camille) et Toulouse (Madeleine), les deux fillettes de Malaret, du nom de leur père Paul, diplomate en disgrâce qui se replie sur les vieilles terres de sa famille, connaissent une enfance heureuse, parfois éloignée de leurs parents.
On les voit d’abord au château du village d’Ayguevives, en Haute-Garonne (aujourd’hui la mairie) puis près du chantier de construction du château de leur père… Il ne sera jamais terminé et servira de grange jusqu’à la fin du XXe siècle. Mais l’argent n’est pas un sujet de conversation et les petites en sont tenues à l’écart.
«Camille est ma préférée, c’était la plus jolie, la plus pétillante aussi, mais elle n’a pas eu la vie facile !», affirme Marie-Chantal Guilmin qui prépare une biographie de l’aînée des filles modèles… «Elle avait été séduite par un bon à rien, Léon Ladureau de Belot, qui une fois marié, la battait et la trompait».
Le couple a un fils et vit à Paris, mais souffrant de phtisie, Camille redescend à Verfeil où elle meurt à l’âge de 35 ans. Son fils Paul, lui aussi malade, ne lui survivra que quatre ans. Camille, à qui était dédié «François le bossu» de la comtesse de Ségur, apparaît aussi sous les traits de Natacha du «Général Dourakine», de Mina, de «La fortune de Gaspard» et de Geneviève d’ «Après la pluie le beau temps».
Quant à Madeleine, elle resta auprès de ses parents et s’occupa également de sa grand-mère : après la vente de son château en Normandie, la vieille femme de lettres passa un hiver, malade et désargentée, chez les Malaret.
Madeleine ne se maria jamais et mourut dans un couvent de Toulouse en 1930, Petite Vieille Modèle âgée de 80 ans.
Je suis allée voir l’enclos séparé du cimetière de l’église Saint-Sernin-des-Rais, sur une colline à 2 km du bourg de Verfeil. Quatre tombes sont le souvenir des personnes connues au-delà de leur région, grâce au succès littéraire de la Comtesse de Ségur :
Aujourd’hui je lance un clin d’œil à Toulouse ma ville natale (oui, je suis mi-bretonne, mi-cathare ;-)), à la couleur de brique rose et à sa fortune faite grâce au Pastel, alias Isatis tinctoria…
Toulouse, ô Toulouse… Au bord de la Garonne
C’est une ville construite avec la terre argileuse de la région, ce qui donne ces briques rosées si belles. La terre d’ici continue d’être cuite, notamment à 5 km de chez moi, en briques traditionnelles. On les appelle ici « briques foraines », cuites au four, en opposition avec les briques de terre crue. Son complément naturel est, pour les toits, la tuile « canal », composée de la même matière première. Ces couleurs naturelles donnent à ma ville une nuance rose le matin, rouge sous le soleil de midi et pourpre aux derniers feux du soir… Quelle harmonie !
Les nombreux hôtels particuliers qui contribuent à la beauté de la ville sont redevables des fortunes amassées grâce au pastel, plante tinctoriale qui pousse si bien dans la région voisine du Lauragais, dans le triangle d’or formé par Toulouse à l’ouest, Albi au nord et Carcassonne au sud. La plante pousse facilement partout ou presque, mais c’est ici que les conditions (climatiques, géologiques) sont réunies pour obtenir le plus beau bleu !
Cette teinture est utilisée depuis des temps immémoriaux. Savez-vous que des Ecossais (le peuple Picte, qui a vraiment existé), du temps du Roi Arthur et de Merlin l’Enchanteur, se badigeonnaient de teinture de guède (autre nom de l’isatis) pour devenir bleus et effrayer leurs ennemis anglais… qui en avaient une peur bleue ? Cette teinture servait aussi à teindre la barbe blanchissante de certains hommes en Europe, d’où sans doute l’origine de Barbe Bleue, celui qui fait si peur…
Du Capitole aux maisons modestes, des hôtels particuliers aux maisons de banlieue, le bleu pastel s’impose de plus en plus en compagnie de la brique.
Le déclin de la fortune de la région toulousaine vint avec l’importation d’Asie de tissus teints à l’indigo à partir du milieu du XVIe siècle, plante qui contient une plus grande concentration du fameux pigment « indigotine ». Mais depuis la fin du XXe siècle, avec la mondialisation, on s’attache de nouveau aux particularités régionales. Tout comme la violette (fleur emblématique de Toulouse), le bleu pastel revient en force ! Aux pigments naturels ou en peinture industrielle, le bleuest maintenant la couleur majoritairement utilisée pour les boiseries et les ferronneries des immeubles en briques dans tout Toulouse. C’est si beau ainsi !
Dans le fameux jardin de Monet à Giverny (aux portes de la Normandie), on apprécie ce nuage de fleurs jaune d’or, les isatis, qu’on appelle aussi guède ou pastel des teinturiers. On nomme cette plante ainsi car, à la suite d’un savant processus, on peut extraire des feuilles le pigment de l’indigotine, seule source de teinture bleue en occident pendant des siècles. Selon la concentration, le bleu sera pastel, ou bien plus dense.
Champ de pastel dans le bas Lauragais (on dirait du colza, c’est de la même famille), avec vue sur les Pyrénées ! (photo d’ici). Savez-vous que c’est ici le fameux Pays de Cocagne ? Cette expression provient des boules de feuilles broyées, appelées coques, qu’on moulait à la main pour stocker cette matière en vue de la teinture en bleu, la fortune de la région… l’Or du Pastel !
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Paule de Viguier, née en 1518 à Toulouse, est une figure emblématique de l’imaginaire toulousain. Cette dame de la famille Lancefoc, pastelliers fortunés, fut louée pour sa beauté par François 1er en visite à Toulouse et devint une icône de la ville. Alors que des troubles secouaient le peuple toulousain, les Capitouls (magistrats de la ville) demandèrent à la Belle Paule de se montrer régulièrement à la foule du haut d’un balcon… et ainsi l’apaiser momentanément ! Une vraie star !… Paule profita de sa fortune et de sa réputation pour mettre en valeur les artistes dans cette époque encore très frustre et contribua ainsi à l’éveil de la culture dans la ville. Contrairement à Clémence Isaure, l’autre égérie de Toulouse, la Belle Paule a bel et bien existé.
Aucun portrait réel de la Belle Paule n’existe, mais elle a inspiré notamment Henri Rachou (1855-1944)
Cette belle Dame est toujours représentée habillée en bleu pastel, conformément à l’origine de sa fortune. Aujourd’hui, son nom est attaché à l’hôpital de la Mère et de l’Enfant, au sein du CHU de Purpan.
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Largement planté depuis le XIIe Siècle dans le Lauragais, le désamour du pastel à partir du XVIe Siècle plongea la région dans un certain marasme. Du côté de Lavaur dans le Tarn se trouve le Musée du Pastel au Château Magrin qui évoque grandeur et décadence de l’Or Bleu. Coïncidence, mes parents se marièrent à cet endroit !
Le pastel, woad pour les anglophones, connaît depuis une quinzaine d’années un renouveau fracassant grâce tout d’abord à un couple belge installé à Lectoure dans le Gers. Parallèlement, d’autres jeunes sociétés ont vu le jour pour tirer profit des immenses qualités cosmétiques de la graine de cette plante, comme par exemple Graine de Pasteldont j’adore les produits bleus !
Ambiance « Bleu de Lectoure », vues du site de l’ancienne tannerie transformée par la famille Lambert en magasin et atelier. Même leur vieille Jaguar est peinte en bleu !
Si vous souhaitez plonger dans une journée de teinture au pastel, vous pouvez contacter Annette Hardoin !
Il n’est pas étonnant que ce bleu divin inspire les artistes de la région… Cécile Milhau, artiste peintre-quilteuse-brodeuse(…) habitant dans le Tarn, dans le fameux triangle historique du pastel, initia en 2002 un travail collectif avec ses amies quilteuses : sur ce grand panneau textile se trouvent différents symboles des pasteliers, on devine des bâtisses, des horizons, des paysages, la plante aux fleurs d’or… Cerise sur le gâteau, des tissus sont teints artisanalement au pastel !
« Le Pastel », quilt créé par Cécile Milhau, réalisation collective, 220 cm x 220 cm, 2002
De surcroît, on a des chances d’entendre encore plus parler de l’isatis tinctoria dans les prochaines années car le principe anti-cancéreux du broccoli est dans cette plante en concentration vingt fois supérieure ! Elle fait partie de la famille des brassicacées, comme les choux… Bientôt la soupe au pastel des teinturiers ???
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Bien plus modestement que Cécile Milhau mais néanmoins inspirée par mon environnement de brique et de pastel, le nom de mon ouvrage en cours s’est imposé à moi… J’y travaille et je vous le présenterai bientôt !
Comme beaucoup d’entre vous avez témoigné un réel intérêt pour les quilts gallois traditionnels, permettez-moi de vous présenter ces quelques livres :
Les voici présentés ci-dessous :
Das Quiltbuch, Michelle Walker (1986)
J’ai ce livre en allemand mais l’original est en anglais. L’auteur, quilteuse britannique, fait la part belle au renouveau de l’art du patchwork tout en montrant de belles pièces anciennes. En ce qui concerne les quilts gallois, je vous montre en particulier ceux-ci :
Ici un quilt en laine dont le centre a d’abord été fait en petits rectangles, puis la bordure est réalisée en plus gros morceaux. C’est le principe du Médaillon, si commun en Pays de Galles. Comme pour les quilts Amish*, j’y trouve un singulier sens des couleurs, un avant-goût de l’art abstrait à la Paul Klee… Le quilting, typiquement en spirales, était sans aucun doute fait point par point, en raison de l’épaisseur du quilt.
Ce quilt au tissu Cachemire (un jour je vous parlerai de « la poire galloise »… oui cela a un rapport avec le Cachemire !) est admirablement quilté ; d’ailleurs, le dos uni, où le quilting était bien visible, était souvent plus prisé que le côté en patchwork !
Et voici un singulier Médaillon, dont le centre est… une vache que la fermière est en train de traire, brodée au point de Gobelin. Autour, les pièces de lainages variés, brodés au point d’épine, rappellent les « crazy » alors à la mode en Angleterre. Le centre est rempli de différents tissus très usagés (couvertures et vêtements…), d’où le quilting très rustique également. L’ensemble témoigne de la liberté que s’octroie chaque quilteuse qui fait avec ce qu’elle a sous la main mais conserve l’envie de faire joli : regardez ce large cadre rouge !
Great quilting techniques, from Threads (1994)
Ce livre est un recueil des meilleurs articles de la revue américaine Threads. Cinq pages, écrites par Martha Waterman, traitent des dessins de quilting issus de la symbolique celtique, ainsi que des conseils pour réussir son propre dessin « à la galloise ».
The essential Quilter, Barbara Chainey (1993)
Infatigable quilteuse britannique, Barabara Chainey a écrit ce livre plein de conseils pour bien quilter à la main. On retrouve son influence anglaise dans ses nombreux exemples, avec des chapitres sur d’autres manières de quilter comme le sashiko, peu connu en occident à l’époque. Voici son blog ici : http://barbarachaineyquilts.wordpress.com/
Les Quilts, Diana Lodge (1995)
Principalement axé sur le matelassage, ce livre britannique nous enseigne l’évolution du quilting en Grande-Bretagne et en Amérique en nous présentant de nombreux quilts anciens, avec les explications pour les reproduire. Diana Lodge présente un seul quilt gallois, en satin de coton uni et au savant quilting, mais l’historique du début du livre explique un peu plus plus largement les caractéristiques des quilts de cette région. Livre édité en France par Armand Colin / DMC.
Les quilts gallois/Welsh Quilts, Jen Jones (2005)
Editée en version bilingue par Quiltmania en 2005, Jen Jones présente ici sa collection de quilts. Le texte est passionnant, les photos très belles… Depuis, son trésor s’est encore étoffé et vous pouvez admirer sur son site le Centre créé en plein Pays de Galles. Cette année, de mars à novembre, une grande exposition Kaffe Fassett s’y tiendra… avec aussi des tableaux de Valériane Leblond en vente 🙂
Un livre aux photos superbes et au texte fort intéressant !
Making Welsh Quilts, Mary Jenkins et Clare Claridge (2005)
C’est un livre thématique formidable. On a ici les différentes tendances des quilts gallois, traitées par deux artistes aux goûts différents. L’une préfère le style qui s’approche des quilts amish* avec l’utilisation de lainages, l’autre préfère utiliser les imprimés anglais (Laura Ashley, Liberty of London…).
Ce livre donne les explications d’une dizaine de quilts créés par les auteures à la manière des quilts traditionnels. Vous trouverez ici une mine de dessins de quilting dans la pure tradition celtique !
Little Welsh Quilts made the traditional way, Mary Jenkins (2011)
Attention, c’est un e-book !!! Donc on le lit sur un ordi… qui possède un lecteur de CD. Je n’aime pas trop ceci car je passe suffisamment de temps devant l’écran 😉 mais l’avantage est qu’on peut visionner des vidéos explicatives, les photos sont en haute définition qu’on peut imprimer… ainsi que les gabarits, c’est vraiment le point fort de ce support ! Les quilts à faire sont petits et ravissants.
Si vous préférez lire en français, offrez-vous sans hésiter le livre de Jen Jones. Sinon, c’est le livre de Mary Jenkins et de Clare Claridge qui aura peut-être votre préférence !
Photo extraite du livre « Making Welsh Quilts »
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* Cécile Denis, je réponds ici à une de tes judicieuses remarques : oui, certains quilts amish ressemblent incroyablement aux quilts gallois et il est probable que les femmes galloises émigrant en Pennsylvanie ont largement influencé les Amish… J’ai tous les livres ci-dessus où on suggère parfois cette parenté, mais il existe un livre que je n’ai pas acheté qui semble développer cette idée, le voici ci-contre !