J’aime tant les quilts gallois !

Irrésistiblement, je suis attirée par les quilts gallois. Il y a une dizaine d’années (déjà !), le magazine Quiltmania nous faisaitquilts gallois -welsh découvrir Jen Jones avec son musée et centre culturel consacré aux trésors patchés et quiltés du Pays de Galles. Ce livre, fruit de leur collaboration, est toujours disponible sur le site Quiltmania.

Admirable travail de mise en valeur de ces quilts du quotidien qui nous restituent cet art populaire! Ces quilts furent sauvés de l’usure totale, de la poubelle, des greniers, des granges, des fauteuils de tracteurs ou des pattes des chiens dans la campagne galloise. Ils étaient réalisés avec les moyens du bord, c’est-à-dire tous les bouts de tissus disponibles, avec comme rembourrage les restes des tontes des moutons.

Ces quilts font partie du patrimoine gallois ; on y peut distinguer plusieurs styles. Les plus prisés étaient ceux des familles assez aisées au tissu d’un seul tenant, ou cousus de longues bandes, en satin de coton acheté à cet effet. Ils sont également plus récents et donc mieux connus. Pour les plus modestes, on partait la plupart du temps des restes de tissus de laine  et on cousait un centre décoratif , puis on ajoutait des pavés de tissus formant des bandes tout autour de manière non calculée, avec parfois des triangles qui ajoutaient un peu de fantaisie. Les angles étaient néanmoins souvent bien marqués d’une couleur contrastée. Cette forme de patchwork s’appelle un médaillon, il peut être rustique ou très sophistiqué et reste très prisé de nos jours ! Le quilt de Martine, Cannelle, en est un bel exemple.

Avec l’apparition du coton américain importé en Angleterre pour être tissé et imprimé, sont cousus également au Pays de Galles nombre de médaillons en chintz, en tissus écossais et rayés, en imprimé cachemire, etc.


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Les marchands de coton à la Nouvelle-Orléans – 1873

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Un bureau de coton à la Nouvelle-Orléans, – 1873

Deux tableaux d’Edgar Degas témoignent du commerce du coton de la Nouvelle-Orléans, avant d’être expédié en Angleterre principalement pour filage et impression. Puis le nord des Etats-Unis se chargera de plus en plus de cette industrie.

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Quilt récent de style gallois, avec de superbes tissus majoritairement rouges, de Mary Jenkins. Il reprend le style de médaillon au patchwork simple et au quilting raffiné. Explications de ce quilt dans l’e-book de l’auteur (voir sur son blog ou sur Amazon)

Si certaines personnes, comme l’héroïne de The Last Runaway, traversaient l’océan Atlantique une fois pour toutes, d’autres firent au XIXe siècle de nombreux aller et retour majoritairement pour des raisons commerciales, mais les idées circulaient ainsi également ! Dans le domaine du patchwork, le style gallois a très certainement inspiré les Amish du continent américain, mais réciproquement des blocs américains se trouvent dans les quilts du Pays de Galles du début du XXe siècle. En voici un bel exemple :

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Bloc de l’ananas cousu en lainages, quilt gallois de 1905, collection de Jen Jones. Photo du livre « Making Welsh Quilts », de Mary Jenkins et Clare Claridge. Excellent livre ! Ce bloc ne fait évidemment pas partie du patrimoine gallois…

Vous connaissez mon affection pour les tableaux de Valériane Leblond, sur lesquels elle peint des quilts toujours existants, soit dans sa propre famille, soit visible au Musée de Jen Jones. Voici sa mise en scène du quilt ci-dessus :

Gwyddau

Déjà montré dans ce blog, mais je ne m’en lasse pas ! 

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Ici, un quilt victorien en médaillon de la collection de Jen Jones a inspiré cette scène délicate à Valériane. Regardez les pavés irréguliers de tissus en bordure sur le quilt original, ils ne nuisent aucunement à la beauté du centre.

Une immense différence avec les Américaines est que, dans la campagne galloise, il était rare que chaque femme du foyer fasse ses quilts, et encore plus qu’elle se réunisse avec les voisines en quilting bee. Non, au Pays de Galles, il existait des quilteuses professionnelles qui travaillaient parfois chez elles ou bien allaient de famille en famille, le temps de coudre un quilt. Cette vie itinérante est similaire à celle des brodeurs bretons du XIXe siècle !

Ce dont je ne vous ai pas encore parlé mais qui est si important, c’est la qualité du quilting gallois. Il est dense, très dense même, jamais plus d’un inch carré (2,5 cm2) laissé sans matelassage pour contenir les matières calorifères en place… qui n’ont rien à voir avec nos molletons ! Plumes, foin ou anciennes couvertures, mais surtout les restes de tonte des moutons… on prenait ce qu’on trouvait et les quilts sont parfois extrêmement lourds. Malgré tout, le quilting est souvent très raffiné, varié, figuratif… beaucoup de similitude avec les quilts amish, une fois de plus.

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Quilt américain contemporain d’inspiration galloise/amish, créé par Cassiana en 2002

Dans le Pays de Galles on n’y trouve pas les célèbres « feathers », les guirlandes américaines qui proviennent d’une autre région de l’Angleterre (Durham). La tradition celtique prime avec toutes sortes de feuilles, de coeurs, de volutes et de bordures à la différence esthétique facile à repérer !

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Exemple de quilting gallois sur du satin de coton. Pour de nombreux beaux exemples, allez voir ces blogs : Welsh Quilts, et aussi Little welsh quilts and other traditions, ce sont des passionnées !

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Quilt de bandes piécées, au matelassage typiquement gallois (du blog Welsh Quilts)

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Ici une superbe exposition de petits quilts de Mary Jenkins, dans la pure tradition galloise. On voit notamment que les bords ne sont pas finis par une bande de finition comme nous avons l’habitude de le faire ; les tissus de devant et de dos sont rentrés vers le centre. Certaines quilteuses françaises appellent cette finition « toi et moi ».

Dans un article précédent, je vous parlais de mon envie de faire un quilt d’inspiration galloise. L’harmonie des couleurs me parlait tant ! Puis je me suis rendu compte que j’avais dans un carton des blocs en attente, justement dans cette harmonie de couleurs. Alors le quilt gallois attendra, mon club de patchwork de Colomiers expose dans un mois, je vais mettre les bouchées doubles pour le terminer !! Vous le verrez, bien sûr, sur ce blog… Vite, je vais me replonger dans ces couleurs de brique et de pastel ! 

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Vie paisible dans la campagne galloise, peinture sur bois de Valériane Leblond, mai 2011

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Une Abeille à l’honneur !

J’ai enfin pu me procurer le dernier Quilt Country, très tardivement distribué en librairie par rapport aux abonnées… De quoi me faire piaffer d’impatience ! J’avais déjà eu l’eau à la bouche en lisant l’article d’Un Atelier à la Montagne, toujours agréablement écrit par Sylvie. L’orientation de ce magazine me plaît car, depuis le début, tout en nous faisant mieux connaître des artistes de tous pays, il fait la part belle aux stylistes françaises, ancrées dans une tradition française que nous envient les quilteuses d’ailleurs.  Cela fait plaisir de voir des « copines de blog » comme Jubama (alias Pascale Piète) ou Barbara Gendre y signer des créations, bravo à elles !

Si vous voulez un avant-goût du printemps, jetez-vous sur Quilt Country n°30 !

Le bonus qui m’a fait tant plaisir est la page consacrée à une lectrice en fin de magazine. Oui, c’est Martine de la Ruche des Quilteuses qui est à l’honneur avec Cannelle, le quilt décrit ici en janvier dernier ! Dans l’article, vous apprendrez un peu à mieux connaître mon amie…

Martine!

Un quilt de robes présidentielles ?

Tandis que le dernier roman de Jennifer Chiaverini fait découvrir au grand public l’amitié qui liait Mrs. Lincoln à sa couturière, les articles sur les blogs fleurissent outre-atlantique sur ces deux dames. J’ai donc découvert ce quilt :

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Quilt en forme de médaillon sur le thème de la Liberté (aigle du panneau central et mot Liberty en fils métalliques), ce qui est particulièrement adéquat pour une ex-esclave ! Quilt rarement exposé en raison de sa fragilité.

Il est quasiment établi que ce quilt fut réalisé à partir des restes de tissus des robes de la Première Dame ! Il mêle comme souvent au XIXe siècle la présentation en forme de Médaillon, des assemblages à l’anglaise (les hexagones), des appliqués vraisemblablement découpés dans des chintz : un cadre de goût pour une liberté de construction de la quilteuse qui, toujours à l’époque, créait ses ouvrages.

Comme toujours, bien avant cet engouement, l’historienne Barbara Brackman signalait déjà ce quilt, voir ici.

La Saint-Valentin d’une quilteuse

valentine bobbins

« Une boîte de fils assortis ! Merci Chéri ! »
La Saint-Valentin d’une quilteuse.

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J’aime l’humour bon enfant de la dessinatrice  Julia Icenogle, créatrice de Mrs. Bobbins… Vous pouvez lire les aventures de cette petite bonne femme quilteuse sur Pickledish. La dessinatrice n’étant pas quilteuse elle-même, elle tire son inspiration de sa tante !

Si vous souhaitez admirer un quilt de coeurs, mon préféré reste celui de mon amie Maïté l’Abeille :

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… que vous pouvez revoir ici dans son atelier !

Joyeux Saint-Valentin à vous qui lisez la Ruche des Quilteuses !

coeur de fleurs

Quilts gallois

Il est possible que les quilts gallois soient la base de l’inspiration Amish au moment où ces femmes ont décidé de faire des quilts, les ressemblances sont en tout cas parfois probantes et plusieurs livres répertorient les ressemblances :

am we welsh amish

Certains quilts ont un air de famille vraiment troublant ! La grande expo annuelle de l’année dernière au Centre Gallois du Quilt était sur cette connection et avait pour beau titre  » A Quilted Bridge » (un pont quilté). Regardez par exemple celui qui a été peint par ma jeune copine peintre, galloise d’adoption, Valériane Leblond :

valeriane leblond campagne galloise

On pourrait le croire Amish ! Ces quilts leur sont souvent antérieurs ; de là à penser que les femmes galloises émigrées en Pennsylvanie ont montré la voie aux Amish, il n’y a qu’un tout petit pas !

Dans ses peintures en cours qui seront en vente parallèlement à la grande expo de Kaffe Fassett à Lampeter, il y a un quilt qui me fait particulièrement de l’oeil :

quilt gallois

Valériane m’a dit que c’était la copie d’un « vrai ancien », de la collection de Jen Jones… J’ai une vraie envie de m’en inspirer, sa simplicité, et surtout sa palette de couleurs, me font si envie ! J’ai même retrouvé une photo de l’original :

WELSH

C’est bien lui !…

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Gwyddau

Pour le plaisir, voici un autre tableau de Valériane !

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Le mariage Quaker

En plein vote pour une nouvelle législation dans notre pays, la question du mariage pour tous a suscité maints débats. J’étais en plein décalage, plongée dans la lecture du dernier livre de Tracy Chevalier, c’est la conception quaker du mariage qui a piqué ma curiosité…

Du mariage arrangé au mariage par amour, la littérature et le cinéma nous font vivre et revivre toutes les variantes possible de ces unions. Nous voyageons dans le temps et dans l’espace grâce à ces arts…

En ce qui concerne mariage et religion dans notre Europe, on peut aborder le sujet avec Henry VIII qui, pour des histoires de coeur (pour rester polie ;-)) fonda une nouvelle religion : le Pape n’était pas démissionnaire, le roi d’Angleterre l’a donc démissionné ! J’ai lu plusieurs romans historiques sur cette incroyable période mais, vive le cinéma, on peut vivre cette histoire avec ce film :

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Période-clé de l’histoire de l’Angleterre : une envie de mariage bouleverse le statut d’une royauté et mène à la création d’une nouvelle religion…

En France, le clergé catholique a géré tout l’état civil jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Après un premier pas de Louis XVI en 1787 vers la reconnaissance du droit à l’état civil pour les non-catholiques et le droit au mariage pour tous (ce qui veut dire alors : aussi pour les Protestants et les Juifs), c’est à la suite de la Révolution Française qu’a changé radicalement la conception sur le mariage (séparation entre contrat et sacrement), avec la signature à la Mairie ainsi que la création du droit au divorce… tout contrat pouvant être rompu ! Cela donne la trame de ce film aux péripéties amusantes, mais avec un solide fond historique :

les-maries-de-l-an-iiUne excellente comédie à voir ou revoir !

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Mais quelles étaient les règles du mariage quaker du temps de l’héroïne de Tracy Chevalier ? Autour de cet évènement, une scène choc est incomprise par de nombreux lecteurs américains (critiques sur le site Amazon.com), alors que je crois qu’elle est dans le droit fil de la religion quaker : il n’y a aucun intermédiaire entre Dieu et chaque Quaker qui agit avec simplicité et intégrité…

Ce thème du mariage est troublant dans le livre The Last Runaway, si différent de ce à quoi on s’attend… Un mariage dans un roman suscite forcément quelques pages de rires, de pleurs, de recueillement, de félicitations, de ripailles, de cadeaux, de disputes, de musique… Un tourbillon autour des mariés !

Là, le silence de la protagoniste nous instruit de manière singulière comment est considéré le mariage chez les Quakers de cette époque. Ce n’est pas un sacrement religieux ; c’est une décision des premiers intéressés, scellé par les familles par un accord oral. Les promis déclarent leur union simplement lors de leur réunion religieuse, annoncée sans tambour ni trompette. De même, si un désaccord insurmontable survient, la séparation est déclarée sans autre forme de procès.

Autres temps, autres moeurs… Nous sommes si loin de la simplicité de fonctionnement de cette religion hyper-sobre… Mes recherches sur les Quakers me rappellent ma fascination du « Less is More » également prôné par Dominique Loreau dans ses livres : L’Art de la simplicité, l’Art de l’essentiel, l’Art de la frugalité et de la volupté… Les très gros tirages de ces livres prouvent que je ne suis pas la seule à trouver un attrait et du bon sens à tous ces conseils… même si je n’arrive pas à les mettre en pratique !

wedding quilt

Vous serez sans doute amusées par la nature de la dot demandée lors d’un mariage quaker… à découvrir dans le livre The Last Runaway ! En attendant, voici un ravissant exemple de quilt de mariage (bloc des anneaux de mariage), fait par Kumiko Minami.

Vous trouverez aussi de très nombreuses déclinaisons de ce bloc des anneaux de mariage sur le blog Quilt Inspiration, à partir du 28/01/2013. Quelle infinie variété  !

A la découverte des Quakers

En attendant la traduction française de « The Last Runaway » que je ne manquerai pas de vous signaler, j’ai envie de vous parler des Quakers tels que je les ai découverts dans ce livre. Mais promis, je ne déflorerai pas l’histoire de ce livre formidablement bien écrit, à l’écriture simple et dense. L’expression qui guide Tracy Chevalier en matière de style est « Less is More », « moins c’est plus », expression du célèbre architecte allemand L. Mies van der Rohe.

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Chaise d’une simplicité confondante, signée Mies van der Rohe, devenu un des symboles du design du XXe Siècle.

J’espère que vous n’aurez pas trop d’idée préconçue façonnée par la pub quand vous le lirez, car ce n’est pas qu’un livre sur la traque des esclaves en fuite, ainsi qu’il est abusivement vendu aux Etats-Unis ; ce n’est pas non plus qu’un livre « sur le patchwork »… Vous seriez déçue dans votre attente, alors que ce livre c’est beaucoup plus… Vous lirez plutôt la vie d’une jeune femme qui veut vivre en accord avec ses convictions dans un monde neuf et âpre… Je ne vous en dirai pas plus, sinon qu’elle est Quaker, univers que j’ai cherché à mieux connaître.

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Henry VIII en 1539/1540, peint par Holbein-le-Jeune

Vous savez peut-être qu’après une grosse colère d’Henry VIII contre le Pape qui ne voulait annuler son premier mariage, l’Anglicanisme voit le jour. Tout mouvement en entraînant d’autres, un bon siècle plus tard les Quakers se forment pour vivre une foi plus proche des Chrétiens primitifs, sans hiérarchie ni clergé, ni même aucun sacrement… sujet du prochain article !

Naissance Pennsylvanie

William Penn (1644-1718), Quaker persécuté en Angleterre,  fonda Philadelphia,  havre pour tous les persécutés et pépinière de l’économie libérale,  et écrivit la base de la Constitution américaine. Ci-dessus, signature de la fondation de la province de Pennsylvanie.

La religion est pour le Quaker une affaire personnelle, chacun cultive « sa lumière intérieure » qui le guide dans la vie. Contrairement aux Protestants qui se basent d’abord sur les écrits de la Bible, les Quakers se fondent sur les paroles de Jésus pour une religion humaniste, implantée dans la vie quotidienne, sociale et politique.

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Mosaïque dans le Jardin de la Paix de Bristol (GB), avec les thèmes directeurs de la foi Quaker :
Paix, Egalité, Simplicité, Vérité

Ces mots  ne vous rappellent-t-ils pas les Amish ? Ceux-ci sont effectivement de lointains neveux. Mais les Amish vivent volontairement retirés alors que les Quakers sont pleinement intégrés dans le monde. Par exemple, des femmes Quakers jouèrent un grand rôle pour l’obtention du droit de vote des femmes aux USA. Plus étonnant, des ONG comme Amnesty International, OXFAM ou Greenpeace furent fondés par des Quakers !

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Tout comme l’axiome de T. Chevalier pour son style d’écriture, pour un Quaker, Less is More. Peu de paroles pendant les réunions religieuses, mais des phrases qui sortent du coeur,  guidées par la Lumière Intérieure, que chacun peut énoncer. Peu de fioritures et de couleurs dans les vêtements, mais du bon basique. J’ai aussi découvert dans le roman que les Quakers d’alors n’utilisaient ni le nom de nos mois, ni celui des jours de la semaine, en raison de leurs références aux dieux ou empereurs romains (jeudi, mars,  juillet) ; de même, par souci d’égalitarisme, le tutoiement archaïque anglais est utilisé (deuxième personne du singulier, thee), ce qui est déroutant au début en anglais mais ne sera pas aussi bizarre en traduction française…

Les quilts quakers ont moins de particularités criantes que les Amish puisque les femmes sont intégrées dans la société ; vous pouvez néanmoins vous renseigner sur ce blog : Quaker Quilts.

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Quilt de Rebecca Scattergood Savery fait à Philadelphia en 1827.
Tout comme les Amish, les quilteuses quakers osent la couleur et la complication… uniquement dans leurs quilts !

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Quilt quaker réalisé dans les années 1840 en Pennsylvanie. Il a certainement été monté à la manière anglaise, méthode chère aux Quakers (chaque pièce de tissu est préparée sur son propre gabarit en papier). On n’oublie pas une technique de patchwork apprise dans sa jeunesse !

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Préparez vos mouchoirs

Une Valise de France-Patchwork

Nous continuons nos références cinématographiques :

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Film de Bertrand Blier qui fleure bon les années 70 !

Ce film plus récent met aussi les mouchoirs au devant de la scène :

Mise en page 1Film réalisé par Guillaume Canet en 2010.

Ces deux films évoquent surtout l’utilisation des mouchoirs pour essuyer les larmes !

Dans la collection de Maïté, nous avons pu admirer quantité de mouchoirs, tous plus raffinés les uns que les autres, avec des broderies incroyablement fines et parfois des reprises époustouflantes.

Après l’expo-valise de l’Eure, nous voulons vous donner envie de voir en entier l’autre Valise exposée lors de notre Journée consacrée au linge ancien : « Les Mouchoirs » de nos chères voisines et amies du Tarn !

Joyeuse variété, car les mouchoirs peuvent être brodés, ornés de dentelle, uni ou à carreaux, rustiques ou raffinés… Sans oublier les expressions avec lesquelles on peut jouer : « tenir dans un mouchoir de poche », « faire un noeud à son mouchoir » (… « pour ne pas oublier que j’existe », écrivit A. Arnoux), et bien d’autres !

De la Valise du Tarn, je vous montre quelques pépites :

Nicole Farenc

Vu d’en haut, de Nicole Farenc. Broderies superbes au coton perlé sur un mouchoir à carreaux, évocation de l’Empire State Building ?

modern & retro

Modernes en haut (MC Serres et F. Arnal), rétros en bas (M. Mazas et M. Dallons), les mouchoirs sont de sortie, toujours sur un ton raffiné, embellis, rebrodés…

plissés

Plissés, perlés, pailletés… Une nouvelle vie pour les beaux mouchoirs brodés par la grand-mère de MJ Ousteau-Vallon

Cécile M.

Etiquettes marque-linge que nous avons connues dans notre enfance, artistiquement mises en scène par Cécile Milhau. Points de noeud et points de feston s’accordent parfaitement avec les carreaux et écritures…

C’était donc un aperçu de la Valise France-Patchwork du Tarn, d’autres très belles surprises vous y attendent ! J’espère qu’elle vous donne aussi envie de farfouiller dans vos armoires, tant de trésors s’y cachent…

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Arsenic et Vieilles Dentelles

Une Valise France-Patchwork

Parfois on ne sait plus trop d’où vient une expression…
En référence à de lointains souvenirs, nous avions baptisé notre récente Journée de l’Amitié France-Patchwork 31 « Amitiés et Vieilles Dentelles », après avoir d’abord pensé à « Vieilles Dentelles sans Arsenic ». Maïté et Christine avaient tant de beau linge et vieilles dentelles à nous faire admirer, d’innombrables bonnets et bas, culottes fendues et tabliers, robes de baptême et chemises de nuit, mouchoirs et bavoirs…
Arsenic et vieilles dentelles… Mais oui, c’est bien ça :

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Film de Frank Capra de 1944, comédie mythique avec Cary Grant, « Arsenic et Vieilles Dentelles »

Notre thème était l’occasion rêvée pour faire venir une Valise intitulée « Les Dentelles », n’est-ce pas ? Dans le jargon de France-Patchwork, une Valise est une expo itinérante de mini-quilts créés sur un thème par les adhérentes d’un département.

C’est le département de l’Eure qui, sous la houlette de Laurence Le Houerou, propose cette série de quilts dont le thème a suscité la création d’ouvrages très délicats avec des fleurs-dentelles, des fenêtres aux rideaux, mais aussi une vue sous-marine… et même un très spectaculaire hibou de dentelles ! Je vous souhaite d’admirer cette Valise un jour. Rien que pour vous, en voici deux parmi la trentaine d’ouvrages :

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« Dentellière, Dentelle d’hier », Laurence Le Houerou

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« Arsenic et Vieilles Dentelles », Ginette Gardien
Voici notre thème bien illustré 🙂

Bravo à toutes les participantes à cette Valise qui a beaucoup plu en Haute-Garonne !

Le prochain article vous fera découvrir une autre Valise France-Patchwork… A bientôt !

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Brodeurs bretons et autres artistes celtiques

Si on vous parle de brodeur breton, vous penserez peut-être à Pascal Jaouen, une des personnes qui renouvelle la broderie bretonne et sait intéresser les nouvelles générations. A partir des matières premières, des couleurs, des points traditionnels, il fait des tableaux innovants dont s’inspirent de nombreuses brodeuses actuelles.

broderie bretonne

Pascal Jaouen fait aussi des robes absolument remarquables pour les fées celtiques comme Nolwenn Leroy (beau prénom !)… J’ai trouvé un bon article d’introduction ici, ainsi qu’un article sur son magasin de prêt-à-porter de Quimper, géré par sa fille Katell (autre beau prénom ;-)). Ce que j’y ai vu l’été dernier n’avait aucune broderie, mais les formes étaient réellement innovantes et les matières nobles. Ces vêtements sont originaux et made in France, à soutenir donc ! Une nouvelle collection est en préparation pour 2014.

brodeur-bleu

Le Brodeur Bleu, ce titre fait écho au « pays glazig » du côté de Quimper. C’est un livre qui présente tout l’art innovant de Pascal Jaouen. Le mot breton « glaz » ou « glazig », traduit par bleu et petit bleu, souvent signifie plutôt une couleur de la Nature indéfinie, qui va du bleu au vert plus ou moins grisé, couleurs du paysage et surtout de la mer sous le soleil ou les embruns… Le Breton est une langue poétique ! Cette même imprécision existe avec le mot glas en gallois et autres langues celtiques, ce qui m’a été confirmé par la peintre Valériane Leblond qui habite dans le Pays de Galles.

tableau glazig v leblond

Palette glazig pour ce tableau  en cours de Valériane Leblond (photo FB)

couple de pêcheurs gallois

Couple gallois dans un décor glazig ; homme et femme tirent l’aiguille !
Peinture sur bois de Valériane Leblond.

Dans le passé breton, le kemener, tailleur-brodeur, avait un statut bien étonnant. Avant la Révolution Française, seuls les Nobles et les plus riches avaient accès aux dentelles et broderies, mais au cours du XIXe siècle, ces artisans tailleurs brodeurs itinérants ont développé leur art de bourg en bourg, particularisé les costumes par région… Méprisé par les autres hommes, le brodeur souffrait d’une place inférieure dans la société ; parfois un problème physique quelconque l’empêchait de participer aux durs travaux des champs ou de la pêche. Par nécessité donc, il apprenait à tailler et broder… puis passait beaucoup de temps à discuter avec les femmes du foyer en l’absence des hommes !… Alors, vous imaginez les soupçons, d’autant plus que le brodeur, plus raffiné, plaisait bien aux femmes… C’était lui aussi qui colportait les nouvelles de famille en famille, il était également habile négociateur et entremetteur pour les mariages !* Puis, avec l’arrivée de la machine à coudre, les brodeurs se sont sédentarisés,  certains sont devenus des entrepreneurs respectés… Croissance qui s’achèvera avec le prêt-à-porter de la 2e moitié du XXe siècle.

Un des points de broderie spécifiquement bretons que j’aime est le point de Neudé, un point issu du point de chaînette. On ne le trouve nulle part dans les encyclopédies françaises anciennes, mais il apparaît ailleurs dans le monde, on l’appelle alors souvent le point de chaînette-échelle. Un livret vient d’être édité sur ce point en particulier**  et je suis fan de leurs explications, à la fois pour droitiers et pour gauchers ! Je me sens moins rejetée (pour rire). Le Neud en breton est simplement le fil, la fibre. De façon générale on « neudait » quand on brodait ! Ce point de Cornouailles figure surtout brodé en blanc (ou jaune safran) sur les coiffes de deuil. Qu’elles sont belles et sobres ! Alors, pour offrir un kit original en Journée de l’Amitié de France-Patchwork 31 hier, Christine l’Abeille s’en est inspirée pour créer ce porte-aiguilles :

CT Ruche Quilteuses

Coeur brodé en point de chaînette avec passé plat, branche en point de tige et feuilles en point de neudé.
Perles de rocailles autour de l’ouverture. On dirait presque un coquillage !

coiffe neudé

Coiffe à plat aux broderies traditionnelles en neudé (toutes les longues feuilles allongées), passé plat (pois) et feston (roues).

Même en Bretagne, ce point n’existe pas partout, il est typique de la broderie bigoudène, en particulier sur les coiffes de deuil brodées par les femmes, en ton sur ton blanc ou safran.

*Le statut du brodeur est développé dans le livre « Broderies en Bretagne » de Hélène Cario et Viviane Helias (Coop Breizh), excellent livre riche en histoire et en technique !

** Cahier de broderie n°1,Le Neudé, OdileLe Goïc-Le Guyader – Confédération War’l Leur

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Actualité de Pascal Jaouen : cet artiste-enseignant sera à « L’Aiguille en Fête » pour notre plus grand plaisir !

kit broderie pascal jaouen

Pascal Jaouen a créé cette Bretonne à la manière du peintre Mik Jegou, son ami.

Actualité de Valériane Leblond : elle peint sans relâche afin de proposer de nombreux tableaux au Centre du Quilt Gallois à Lampeter, parallèlement à la grande exposition de Kaffe Fassett, autre homme dans ce monde féminin… Je rêve de trouver un moment pour y aller !…

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Affiche de l’évènement

valeriane leblond campagne galloise

« Dans le jardin de Mrs. Jones », au coeur du Pays de Galles… Peinture de Valériane Leblond.

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