Marie Baraër, quilteuse infatigable de Fouesnant

Parmi toutes ces dames quilteuses inspirées de la Cornouaille, l’une d’entre elles se détache par sa production incroyable, la beauté de ses quilts classiques et la gaieté, les perspectives de ses « modernes » : c’est Marie Baraër, de Fouesnant. Cette gentille dame modeste et souriante commença le patchwork en 1992 et ne cesse depuis de coudre et piquer… Elle a plusieurs fois  contribué au succès des expositions de Brouage avec ses appliqués de style Baltimore, ses bicolores rouge et blanc, son magnifique « Route du Rhum » en hommage à cette course de voiliers mythique à laquelle participe régulièrement Philippe Poupon, enfant du pays…

Voyez-vous ici  le petit rond  déplacé ? Au départ, un coup de cutter malencontreux, au résultat le « défaut » nécessaire dans une oeuvre par ailleurs si parfaite…

« Cap Ouest », quilt bicolore dans la tradition américaine, avec sa touche de « celtitude » au point de Palestrina et des paniers fleuris venant d’un quilt japonais, cela vous donne une petite idée des capacités de Marie Baraër ! Ce quilt était exposé à Brouage en 2007.

« Lucie, Fleur du Désert », m’a étonnée par ses attaches si futées : des carrés pliés en deux qu’elle avait découpés en surnombre : récup’ imaginative !… Et puis à droite, « Pompei » et son intrigante perspective.

Enfin, un autre quilt « à en perdre la boule » :

A droite un détail du centre de la boule, tissus Kaffe Fasett et quilting minutieux.

J’ai eu un coup de coeur pour Marie Baraër qui ressemble tant à ma tante Marie-Anne que j’aimais tant, de même que la dame cornouaillaise faisant la publicité de « Tipiak, Pirates! » est le portrait de ma grand-mère. Valeureuses Bretonnes !

 Dans le prochain article, je vous montrerai quelques-uns des quilts venus de tous horizons, présentés à Fouesnant toujours, pour le concours « Bretagne authentique ».

Quilteuses de Cornouaille – Fouesnant 1ère partie

Pourquoi ne pas cumuler les plaisirs ? J’ai pu caler mes vacances chez mes parents en fonction de l’exposition de patchwork de Fouesnant annoncée par France-Patchwork*. Vous le savez bien, les passionnées sont toutes comme ça, mine de rien leurs déplacements sont conditionnés par la présence d’un magasin de tissus ou d’un salon, d’une expo… Donc à l’ouverture du premier jour, j’étais à Fouesnant, dans ce si joli coin de la Cornouaille bretonne, en compagnie de mon Chéri**, toujours d’accord pour m’accompagner aux expos !

Françoise Guilloux nous reçut avec beaucoup de gentillesse. C’est elle qui organise régulièrement cette manifestation réunissant les ouvrages des 7 clubs proches de Fouesnant. Le Finistère est d’ailleurs un des départements où le patchwork s’est le plus développé, sans doute grâce aux liens très étroits des Bretonnes avec le travail du Fil : c’est le pays du lin et du chanvre, des dentelles et du crochet, des broderies et du tissage… N’écoutez pas mon mari qui dit que c’est à cause de la pluie…

Dans ce pays cornouaillais, on s’inspire volontiers des ouvrages du style japonais actuel :

Violettes Blanches de Colette Labarthe est un des très nombreux grands quilts d’inspiration « japonaise-taupe » de cette exposition

Carrés japonais de Marie Jeannes, avec un très beau quilting changeant inspiré de motifs traditionnels japonais

A gauche, Yvette Bontemps nous propose une réalisation très réussie, « J’ai cueilli ces fleurs le long du chemin » avec une alternance de broderies à la laine et au ruban de soie, inspiré d’un modèle de la Fée Pirouette, puis à droite « Migrations » de P.Salou.

Quel plaisir de voir ces quilts ! Nous admirons aussi de nombreux panneaux de taille plus modeste, toujours japonisants :

Les Cornouaillaises ont été nombreuses à reproduire un sampler édité dans un Magic Patch. J’ai beaucoup aimé l’harmonie de celui-ci : Les Dents de la Mer de  Michèle Guiquero.

Mais il n’y a pas que le Japon qui inspire nos amies !

J’ai pu admirer, encore et toujours, de magnifiques Dear Jane (très connu chez les quilteuses du monde entier, d’après un original datant de 1863). Il y en avait trois exposés et d’autres sont en cours pour une prochaine exposition…

Ci-dessous, le seul qui n’est pas « fidèle au modèle » quant au choix des tissus et couleurs :

Autre quilt classique, héritier direct du programme promouvant les artisanats aux USA  lors de la dure crise des années 1930, exposé dans un musée du Massachussetts :

 

De cette Grande Crise économique découla un engouement extraordinaire pour les scrap-quilts, par réaction et par nécessité, et il en résulta une immense créativité. Ces papillons, pourtant maintes fois interprétés, me font de l’oeil depuis des années avec leur allure Art Déco… Cette version d’Anne-Marie Boidot est très gaie ; la mienne sera soit en tissus indigo et imprimés japonais, soit en tissus repro… Une exposition réussie est celle qui vous donne des fourmis dans les doigts, ce qui fut le cas ici !

Bravo aux Cornouaillaises ! Evidemment, ma sélection est partielle et partiale, un grand merci à toutes les exposantes pour leur beau travail et le plaisir qu’elles nous ont procuré.

Le prochain article sera exclusivement consacré à Marie Baraër de Fouesnant, cette dame discrète qui préparait de tout petits carrés rouges et blancs en méthode anglaise pour un prochain quilt bicolore… Elle l’aura fini dans 4 ans m’a-t-elle dit !

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*Exposition du 6 au 15 août 2011 à Fouesnant (Finistère)

**Toujours patient ! A propos, si vous voyez sur des blogs les mystérieuses lettres DH, cela signifie simplement Dear Husband, Cher Mari. Je n’ai pas encore vu CM dans les blogs français… De même, DS pour cher fils (Dear Son), DD pour chère fille (Dear Daughter), etc. Bon à savoir !…

The Quilters’ Beehive

Depuis plusieurs jours, je tentais en vain d’ajouter un système de traduction automatique au blog, afin que mes amies non-francophones puissent avoir une idée de ce qui se trame par ici.

Enfin, une barre Google Translate veut bien s’installer, mais parfois le texte traduit est à pleurer… Pour me faire pardonner de ne pas faire l’effort de traduire moi-même, voici un petit ouvrage que j’ai adoré broder, symbolisant un peu notre communauté de quilteuses sans frontières puisque les textes sont en anglais, mais le modèle est allemand :

D’amusants petits blocs (cliquez sur la photo si vous souhaitez mieux les voir) montés en chaine irlandaise simple.

C’est BEA  de Capricorn Quilts qui proposait en 2008, mois après mois, ces petits blocs amusants sur la vie quotidienne d’une quilteuse et ses petits bonheurs. Bientôt d’autres versions de ce BOM (Block of the Month) quilt, car plusieurs Abeilles travaillent dessus ou l’ont déjà fini comme Martine.

Difficile de choisir entre les blocs, mais celui-ci est peut-être mon préféré… et n’est pas étranger au nom de ce blog ! Il rappelle les réunions dans les villages et hameaux aux Etats-Unis, surtout en fin du XIXe siècle, où les femmes se réunissaient pour quilter ensemble sur un même ouvrage. Cela fait bien sûr référence au travail collectif d’une ruche.

Illustration de Rebecca Barker, voir un article lui étant consacré ici.

Encore un grand merci à Laurence qui m’a gentiment transmis les modèles du BOM !

Trappliqué, art textile

En préparant l’article sur Pénélope et son traboutis, je suis tombée sur une artiste pratiquant le « trappliqué », contraction de trapunto et appliqué. Je pensais que le travail serait similaire à celui de notre Pénélope, copié ou fruit du hasard ; que nenni ! Il s’agit là d’une technique baptisée ainsi par Nina Paley, dont les pièces appliquées sont auparavant quiltées à la machine puis appliquées au point bourdon machine. Rien de commun donc avec le travail si fin et minutieux de Pénélope, entièrement réalisé à la main. Je me souviens que, dans les années 70-80, j’ai fait plusieurs fois fait du « trappliqué » sans le savoir –et je n’étais bien sûr pas la seule — en suivant simplement des explications de modèles dans les 100 Idées* !

La pièce à appliquer est molletonnée et quiltée avant d’être cousue sur le fond à l’aide d’un point de bourdon. Ouvrage effectué entièrement à la machine.

Nina est une artiste qui fait principalement des bandes dessinées, mais elle s’essaie avec succès aussi dans l’art textile. Si le trappliqué vous intéresse, allez sur son blog : http://blog.ninapaley.com/2011/03/02/trapplique/

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* Cent Idées, magazine mensuel français de loisirs créatifs, paru de décembre 1972  à  décembre 1989. Mythique pour beaucoup, dont moi-même qui ai « tout appris » grâce à lui ! Son successeur est Marie-Claire Idées, qui vient de fêter ses 20 ans. Cela ne me rajeunit pas !

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Pénélope Roger nous fera part de ses prochains stages et participations à expos et salons sur ce blog, il y aura sans doute quelques dates dès le mois de septembre !

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Le traboutis de Pénélope

Quelques Pénélope ont un destin hors du commun, mais nulle autre que la femme d’Ulysse ne porte une histoire qui vogue dans tant de mémoires. Tandis que son mari est parti en voyage -20 ans tout de même, les détails dans l’Illiade et l’Odyssée !- la belle Pénélope doit repousser de nombreux prétendants au trône… et dans son lit. La fidèle épouse utilise donc un stratagème pour les faire patienter : elle annonce qu’elle se décidera lorsque le tissage d’une toile (le linceul de son beau-père) sera fini. L’Histoire a retenu une tapisserie, avancée le jour et défaite la nuit afin de ne jamais la terminer.

Pénélope et les prétendants par John William Waterhouse (1912)

Heureusement, une autre Pénélope avance bien ses ouvrages et les termine ! Elle a même innové dans le domaine des ouvrages piqués, bourrés, dont les techniques se confondent pour les non-initiés : boutis, trapunto, piqué de Marseille…

La première innovation de Pénélope Roger est d’avoir osé changer de matière première pour faire un boutis : au lieu de la fine baptiste qui semble bien fragile, elle va choisir pour ses ouvrages une satinette de coton très fine et serrée pour le dessus, alors que le tissu arrière est un sergé de laine lâche, difficile à trouver de nos jours, dont les qualités sont pourtant essentielles pour réussir l’ouvrage.

Tout d’abord, Pénélope dessine ses motifs, souvent inspirés de la nature ou des objets qui l’entourent  ; une fois le tracé dessiné sur le tissu de dessus, les deux tissus bâtis ensemble (sans molleton intermédiaire, c’est un boutis !) Pénélope, inlassablement, suivra les lignes au point de piqûre, ce point arrière, lent à coudre, ayant l’aspect du point machine dessus et formant un point de tige dessous. Regardez ses ouvrages de très près, vous serez étonnées par la régularité des points, c’est d’une perfection époustouflante !… Pour plus de solidité, Pénélope a élu un fil de coton bien épais (le NV 40 de DMC). Toujours le souci d’un travail parfait qui tiendra dans le temps…Vient ensuite le fastidieux remplissage de chaque espace, en écartant minutieusement les fils du sergé de laine à l’arrière pour y glisser de la bourre ou une mèche de coton. Et là, le miracle opère et le tissu prend vie. Devant un boutis, Frédéric Mistral écrivit :

« Cet ouvrage divin qui ressemble à un pré dont le givre broda de blanc les feuilles et les pousses ».

Beauté évidente de la blancheur immaculée… Mais Pénélope aime les couleurs depuis toujours. Elle trouve les boutis bien… blancs. Son autre innovation, qui saute aux yeux et rend son oeuvre unique, est de  donner des couleurs à son ouvrage avec des appliqués très finement cousus :

Parfois plat, d’autres fois bourré, l’appliqué ne fut jamais associé au boutis de cette manière ! C’est cet ensemble de nouveautés qu’elle a protégées sous le nom de « traboutis », contraction de trapunto et boutis.

Quel relief et quelle gaieté ! Je n’ai pas encore rencontré Colette Roger (c’est son vrai nom) mais je l’imagine si gentille et gaie, forcément !… Au cours de nos échanges de mails, elle a eu la gentillesse de me transmettre les photos qui suivent, dont celle-ci de chez elle, avec l’un de ses plus grands ouvrages qui nécessitent environ 2000 heures (!!!) de travail :

Ce chef d’oeuvre -n’ayons pas peur des mots- a notamment été exposé à Brouage en 2009, puis à Sainte-Marie-aux-Mines la même année. J’étais tellement abasourdie par ce travail que j’en avais oublié d’en faire des photos !

Autre style, ce bouquet de fleurs dont chaque pétale est rembourré individuellement, admirez les détails !

Voici le tout dernier, « Méli-Mélo », exposé ce printemps à Brouage, éblouissant ! Le travail central est impressionnant et l’effet de matelassage avec des boutons comme un canapé Chesterfield est une trouvaille. Il ne s’agit pas de boutons mais bien de ronds appliqués et bourrés. La jolie bordure ajoute de la couleur et de la gaieté à l’ensemble.

Pénélope Roger est très heureuse de transmettre son savoir en se déplaçant de club en club, car jusqu’à présent aucun livre n’existe pour expliquer cette technique ; celle-ci est abordée dans plusieurs articles des Nouvelles de France-Patchwork* mais pour un travail aussi perfectionniste, rien ne vaut la démonstration de visu et la transmission des « petits trucs »… Toutes les heureuses quilteuses ayant appris avec elle sont ravies de sa gentillesse, sa patience… et encore plus respectueuses de son travail !

J’espère bien pouvoir faire venir un jour Pénélope dans le club que je vais rejoindre à la rentrée… Si vous aussi souhaitez la faire venir chez vous, n’hésitez pas, écrivez-lui ici : coletteroger@wanadoo.fr . Elle sera heureuse de vous apprendre tout sur le traboutis…

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*France-Patchwork, association loi 1901, www.francepatchwork.com

Encore une petite sieste ?

L’été s’étire encore, il ne fut finalement ni chaud ni sec, nous allons bientôt plonger dans les activités de la Rentrée… Pour commencer en douceur, prolongeons jusqu’au bout des moments de quiétude :

Chez Maïté par une si belle journée, qui ne rêve pas de faire une pause sur ce banc ? Ce quilt s’inspire d’un modèle de Jacqueline Morel paru dans Marie-Claire Idées. Tissus de récupération, bordure en lin ficelle, broderie rouge que vous aurez du mal à trouver dans les encyclopédies car il est le fruit du hasard : après un point de quilting avant qui ne se voyait pas assez, Maïté a eu l’idée de passer un fil rouge sous chaque point. Il en résulte une impression de point de tige bombé du plus bel effet. J’adore quand on sort des sentiers battus !

Commençons cette rentrée avec panache. Bientôt, je vous ferai découvrir le Traboutis de Pénélope, puis viendra la visite d’une bien belle expo en Bretagne !

Dé-thérapie…with Heart & Hands

Tout le monde passe dans sa vie des épreuves de toutes sortes, les quilteuses évidemment ne sont pas épargnées. En revanche, elles ont une manière bien saine d’exprimer leur colère, leur désarroi, leur peine… Elles créent ! Toutes les personnes aimant s’exprimer avec leurs mains et leur coeur : peintre, menuisier, cuisinier, jardinier ou quilteuse (chacun au choix au masculin ou au féminin !) sont finalement très proches. D’ailleurs la frontière entre artiste et artisan  ne m’intéresse pas, le point commun est l’impérieuse envie, le besoin de créer with heart & hands, comme on dit en anglais.

C’est l’occasion de vous annoncer un nouveau concours lancé par France-Patchwork, Un Quilt, Une Vie*, ce thème vous incite à exprimer vos joies… ou vos peines, pour lesquelles le patchwork est aussi efficace que beaucoup d’autres thérapies bien plus longues et onéreuses !  Précisément sur ce thème, je souhaite vous montrer mon dernier bébé que j’ai baptisé « Ma dé-thérapie ». Toutes les Abeilles qui m’entourent connaissent bien l’histoire : un magasin où j’assurais les cours et stages de patchwork a dû fermer en mars dernier, nous laissant sans structure. Ce n’est pas un grand drame de la vie bien sûr, mais nous avons toutes été déboussolées et désolées pour la gérante… et pour nous-mêmes. Personnellement j’ai réagi par une boulimie absolue de coupe de tissus, de couture à la chaine sur ma nouvelle machine… 

Ce quilt est finalement plus grand que prévu ; j’ai tellement aimé le coudre que je ne pouvais plus m’arrêter ! Il mesure 160 x 190cm.

Presque immédiatement, le gabarit du dé à coudre s’est imposé : Supergoof avait déjà commencé le sien, j’avais depuis quelques années le livre qui l’avait inspirée**, je voyais déjà ce bloc fleurir un peu partout***… Le résultat est un patchwork de restes de tissus de toutes sortes, c’est d’ailleurs l’occasion d’utiliser un des fameux dictons de Karine : « On ne peut improviser qu’en ayant fait des provisions« , ah ce bon sens de nos campagnes ! Je l’aime ce dicton, il me correspond autant pour la cuisine que pour le patchwork. Au début, j’ai suivi la palette de couleurs d’Ingrid (Supergoof), puis comme je n’avais pas assez de roses j’ai ajouté des verts, puis des gris… puis inévitablement des bleus, je n’ai pas pu m’en empêcher ! Il en résulte un quilt plein de souvenirs, des tissus de toutes provenances que je n’aurais jamais imaginé pouvoir mettre dans le même ouvrage. Le gabarit suffisamment petit (5 cm de haut) permet ces alliances originales : tissus aux imprimés contemporains, des repros, des japonais, des provençaux, des robes et chemisiers… Un beau méli-mélo à l’image de mon stock !

Puis j’ai eu envie de prendre le temps, pour une fois, de quilter longuement à la main. Le quilting est le fameux « Baptist Fan », ou l’éventail. J’ai opté pour la version décontractée de Bonnie Hunter (la Diva du scrap quilt dont j’adore m’inspirer !) qui correspond si bien à ce que j’avais envie de faire, vous pouvez d’ailleurs voir sa méthode ici,  et j’ai utilisé le fil spécial quilting main YLI 100% coton n° 17 couleur pêche.

Quilt tout de suite adopté pour une sieste dans le verger

Mon patchwork de dés a plu à plusieurs Abeilles qui ont surfé sur la vague : j’en ai déjà parlé dans les articles précédents du 5 mai Des dés, des dés, 24 mai  Les dés, suite et du 4 juilletDes dés encore : Surfons sur la Vague.

Vous pouvez cliquer sur chaque photo pour voir en plus grand !

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*Concours réservé aux adhérentes de l’association (www.france-patchwork.com) – Date limite d’envoi des dossiers le 15 mai 2012.

**Small blocks, Stunning Quilts de Biz Storms et Mary Elizabeth Kinch, Ed. That Patchwork Place, 2008

***Sew Scrappy for Fabric Lovers, Better Homes & Gardens Creative Collection, paru en octobre 2010, avec un « Tumblers Quilt » en couverture. Thimble signifie dé à coudre, alors que tumbler veut dire gobelet, même forme mais taille plus grande que le dé.

Voyage autour du Monde

C’est le nom d’un très beau motif de patchwork, que les Amish préfèrent nommer « Sunshine & Shadow » (Lumière du soleil & Ombre), aux carrés de couleurs courant tout autour du centre, comme ici :

« Trip around the World », à la palette pastel typique datant des années 1920, avec un vol d’oie en bordure extérieure (photo d’un site de vente)

Il existe une méthode plus rapide que le fastidieux découpage de chaque carré à l’aide d’un gabarit : on peut préparer chaque quart assez rapidement en coupant chaque tissu en bandes, en les cousant, recoupant, décousant, redécoupant… bref toute une petite cuisine qu’on retrouve également dans d’autres d’ouvrages, comme les Bargello si à la mode dans les années 1990.

Mais Bonnie Hunter a bousculé cet agencement certes magnifique mais très sage, elle a inventé les « Scrappy Trips around the World » ! J’adore ce modèle qui multiplie les petits Voyages, mais pour qu’ils soient intéressants il faut en aligner  beaucoup… J’ai donc testé cette méthode en faisant un unique Voyage qui m’a menée là :

Seize pavés de 36 carrés, entourés de trois rangées de carrés bleus formant une bordure discrète. Méthode où l’on doit être attentive, mais l’effort reste bien raisonnable.

C’est un ouvrage fait rapidement pour tester la méthode plus que pour obtenir un quilt, mais cet ouvrage trouvera sa place chez une grande voyageuse  : belle correspondance entre la fille et le nom du quilt !

Et si je recommençais le même modèle, que changerais-je ? Je soignerais évidemment bien plus les harmonies de couleurs, celui-ci ayant été fait à l’aveuglette avec les tissus dont je voulais me débarrasser (à part ceux de la bordure bleue). Je mettrais sans doute plus de couleurs chaudes au centre au lieu de les avoir éparpillées.

Je pense d’ailleurs que le prochain ouvrage de ce genre sera plutôt un « Scrappy Bargello« , toujours selon Bonnie Hunter. L’interprétation que je préfère est celle de Bea d’Une Aiguille dans une Botte de Foin, de style amish et aux carrés plus petits encore (voir le 28/07/2010). Elle l’a fait quilter par Nat de Reuil, c’est un duo gagnant !

C’est un magnifique scrappy Bargello de Bea, allez visiter son blog, vous y verrez beaucoup d’autres merveilles !

Et pour en finir avec mes expériences scrappy de l’année dernière avec Bonnie Hunter, j’ai fait pour mon neveu des Scrappy Majestic Mountains, mais à l’époque je n’imaginais pas faire un blog et l’ai donc à peine photographié, la voilà séchant avant l’envoi en Normandie :

Rocky Mountains pour Marc, 10 ans, avec un joyeux mélange de tissus figuratifs (montagne, cailloux, arbres), des batiks et autres…

Je crois que j’ai fini ma période de scraps extrêmes, jamais je ne renoncerai aux scraps mais je préfère me recentrer vers des ouvrages moins multicolores dans les mois qui viennent. Mais… on ne sait jamais quelle mouche peut encore me piquer !

Le voici chez moi, juste avant de l’offrir à Gaëlle, la globe-trotteuse :

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Scrap quilts : ya d’ la joie dans la récup !

A chacune sa façon d’aborder le patchwork. Certaines sont heureuses de suivre un modèle à la lettre,  tout leur art étant de reproduire à l’identique, avec constance et précision, ce qui leur a plu. Pourquoi pas ? La seule limite étant de trouver exactement les mêmes tissus… Vous n’imaginez pas les difficultés des vendeuses-conseilllères, dans un magasin de tissus de patchwork, pour trouver tout un ensemble de tissus collant parfaitement avec un quilt photographié dans un magazine ! D’où finalement le succès des kits proposés par certaines stylistes, avec explications et tissus dans une pochette, ce qui correspond à une demande. Sans oublier celles qui n’ont pas de magasin près de chez elles ni accès à Internet… Mais oui, beaucoup de personnes sont encore concernées.

Si on accepte de lâcher la main, affirmer la personnalisation d’un modèle, c’est déjà un pas de fait. Beaucoup de quilteuses réussissent à interpréter un modèle en utilisant au moins une partie de leur Trésor,  je veux dire leur réserve de tissus accumulés au fil des années… Et quand l’utilisation des restes de toutes sortes devient une jubilation, une fièvre de l’inattendu, le trésor devient le creuset de la création. C’est si drôle de mélanger tous ses souvenirs d’étoffes !

Comme je reste très classique dans mon expression, je me cantonne aux formes traditionnelles du patchwork, il y a déjà tant à faire ! Une fois la géométrie choisie -ici le modèle des dés- je m’amuse ! J’aime beaucoup la simplicité des scrap-quilts avec un seul gabarit. Pour celui-ci, j’ai respecté en général la règle du clair et du foncé en alternance, mais parfois j’ai volontairement cassé l’harmonie. Je ne dirai pas comme d’anciennes quilteuses construisant un bloc avec une erreur appelé « bloc d’humilité », que c’est « parce que seul Dieu est parfait », chez moi c’est juste parce que cela me plaît !

Dans cette partie du quilt, les contrastes sont parfois moins marqués, les répétitions n’ont pas été évitées… Ces imperfections donnent pour moi de l’intérêt à l’ensemble, l’oeil s’attardant sur toutes les particularités.

Me lancer dans un scrap quilt est pour moi une vraie fête, mais attention, il ne faut pas vous risquer alors dans mon atelier, sous peine d’apoplexie. Les tissus sont éparpillés partout, j’ai besoin de tout voir, tout toucher, tout mélanger pour décider ce que je veux faire. Je me plonge sans complexe dans les mélanges improbables mais finalement très sages : n’ai-je pas déjà un jour choisi, élu parmi d’autres, chacun de ces morceaux ?

Ce goût pour la liberté d’association des tissus m’a été insufflée par un formidable livre de Roberta Horton*. J’avais déjà la fascination des associations vues dans des quilts anciens, ainsi que ceux de Will Vidinic dont je conservais toutes les photos publiées dans divers magazines. Ils me parlaient tellement plus que les ouvrages bien sagement symétriques ! Ce livre culte m’ouvrit une autoroute vers le Scrap Quilt et, plus tard, me donna les clés pour mieux conseiller mes élèves dans les choix des tissus.

Au XXIe siècle, nous avons celle que les quilteuses américaines appellent « La Diva du Scrap quilt », Bonnie Hunter. Nous sommes des milliers à lire son blog, suivre ses quilts-mystère, copier ses idées… qu’elle partage si généreusement. Plus que de longs discours, si vous ne la connaissez pas encore, allez visiter :

– son blog, http://quiltville.blogspot.com/, vous suivez en continu ses déplacements, son enthousiasme, ses conférences, ses lectures… Foisonnement d’activités non-stop !

– son site http://quiltville.com/ : ici, c’est la caverne d’Ali-Baba ! vous avez un nombre impressionnant de modèles de scrap-quilts innovants, de multiples trucs et astuces de stockage, de coupe, de montage… J’ai aussi beaucoup appris d’elle, cela m’a souvent aidé à améliorer les stages que j’ai pu proposer.

– ses livres : Adventures with Leaders & Enders, des astuces très futées de prédécoupe des tissus, ou aussi comment coudre 2 tops à la fois… Epoustoufflant ! Et aussi : Scraps & Shirttails, re-use, re-purpose, recycle, the art of quilting green, puis le tome 2 Scraps & Shirttails 2, continuing the art of quilting green, avec des quilts utilisant toutes sortes de restes de tissus, des techniques d’assemblage si futées que vous faites des quilts (presque) en un clin d’oeil.

Si vous n’avez encore jamais tenté de vous lancer dans un scrap-quilt, vous ne connaissez pas encore toutes les joies du patchwork, essayez, vous serez sans doute conquise ! C’est aussi la satisfaction de faire diminuer son stock de tissus parfois envahissant…

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* Scrap Quilts, the Art of Making Do (1998), également en français Scrap Quilts, l’art d’utiliser les chutes de tissus (2000). Ce livre se fait rare sur le marché… Rançon du succès !