Si vous étiez à la Journée de l’Amitié France Patchwork à Balma le 17 novembre dernier, vous avez sûrement vu notre amie Maïté déguisée… en sapin de Noël :
Sa couronne en patchwork a fait sensation, beaucoup lui ont demandé les explications. Edit de l’après-midi : C’est un modèle de Marie-Clémence Duguet paru dans Florilège de Patchwork, volume de Noël qui est le tome 2 sur 5 parus, édition l’Inédite. Merci à toutes celles qui m’ont renseignée et Marie-Clémence en particulier !
La couronne est identique recto-verso.
Voici les gabarits à redessiner d’après les cotes de ce dessin, ou à agrandir pour avoir les droites qui mesurent 4 cm afin d’obtenir une couronne de la même taille que Maïté :
Cliquez sur la photo pour agrandir.Le gabarit où figure l’angle 110° est ici en tissu blanc, à couper 24 fois (les pointes de la couronne) et l’autre gabarit est alternativement coupé en rouge et vert, 12 de chaque. Ajouter les marges de couture. Maïté l’a cousue « à l’américaine » mais vous pouvez aussi la faire « à l’anglaise », méthode où l’on bâtit chaque pièce sur un gabarit (comme pour les hexagones). A l’américaine : assembler les pièces formant le recto, puis le verso de la couronne, en laissant ouverte une seule couture entre un rouge et un vert. Ensuite assembler l’extérieur de la couronne endroit contre endroit (les pointes blanches) en faisant coïncider les deux ouvertures et finir par l’assemblage de l’intérieur de la couronne toujours endroit contre endroit ; retourner par l’ouverture, bourrer de ouatine par l’ouverture et fermer à points glissés.Une bien jolie couronne !
En bonus, Maïté nous ouvre sa porte, les décorations sont prêtes pour la venue des nombreux petits-enfants et une chaleureuse fête familiale !
Les lutins sont de retour !Les sabots sont déjà au pied du sapin…Sur le mur, le si beau quilt créé par la regrettée Jacqueline Morel, paru dans Marie-Claire Idées.
DALA, ces quatre lettres symbolisent la Suède ! C’est ainsi qu’on appelle le cheval de bois coloré et peint artisanalement au cœur de la Suède, qu’on voit souvent en décoration de Noël version scandinave.
Illustration Aina Stenberg-MasOlle (1885-1975). God Jul signifie Joyeux Noël !
Pendant des siècles les bûcherons suédois profitèrent de l’inactivité hivernale pour travailler à l’intérieur et sculpter notamment des jouets.
Le cheval de trait étant l’animal le plus précieux pour les transports des choses et des personnes, pour la traction dans les champs, ils fabriquaient des chevaux simplifiés en bois brut. La peinture rouge traditionnelle des maisons servait aussi pour les jouets… Le petit cheval de la région de Dalarna (Dalécarlie en français) était né ! Au XIXe siècle on l’ornait déjà de pointillés et d’arabesques pour le rendre plus mignon, on en voit deux sur cette peinture du peintre Carl Larsson :
En voici un, artistiquement peint par un enfant selon le modèle devenu classique :
Dans la région de Dalarna, ce cheval est la star locale :
Les Dala se déclinent en bois, en biscuit, en tissu, en fil… La simplicité de la forme est typique d’une philosophie du juste ce qu’il faut typiquement suédois, qui nous arrive en déferlante cette année sous le nom de Lagom (voir quelques livres par ici).
Bienvenue !Superbe quilt de Yoko Saito qui apprécie particulièrement la Suède. Lagom et esthétique japonaise ont de nombreux points communs !Des tissus Kaffe Fassett pour un beau bloc, cheval appliqué.
Kristine , dans une autre vie, créait des grilles de point de croix. Elle vous offre ce modèle :
A consommer sans modération ! Faites des ouvrages Dala de toutes sortes, adressez-moi les photos à quilteuseforever(arobase)orange(point) fr, je les publierai pendant l’Avent 2018 !
C’est une bien longue histoire que le Underground Railroad, ce réseau de chemins de terre qu’empruntaient clandestinement des esclaves fuyant leur condition et voulant se réfugier dans le Nord non-esclavagiste, si possible au Canada. C’était un chemin d’espoir, de liberté qui hélas devenait bien souvent un chemin de souffrances et de déceptions. Ils étaient pourtant bien aidés par des personnes de bonne volonté, principalement Quakers, ces protestants tellement évolués, libres dans leur tête et leur vie et qui étaient les principaux Abolitionnistes. Pour ce Chemin de Fer souterrain fictif on avait un vocabulaire rappelant le réseau ferré avec ses gares (les lieux sûrs) et les chefs de gare qui aidaient sur le chemin. Le Underground Railroad eut cours durant des décennies, jusqu’à la Guerre de Sécession (1861-65).
Cette année, un roman prend une place considérable dans le rappel de cette époque d’esclavage (qu’on aimerait tant être uniquement un drame du passé). Il s’appelle simplement Underground Railroad. Ce roman a raflé plusieurs Prix littéraires prestigieux, grâce à son écriture visuelle et son héroïne tellement touchante. L’originalité est que l’auteur New-yorkais imagine un VRAI chemin de fer souterrain pour passer plusieurs endroits difficiles… Ce roman risque fort de transformer l’imaginaire américain et cette fiction deviendra peut-être, pour beaucoup, une réalité du passé !
Connaissez-vous les quilts codés ?
A la fin des années 1990, les magazines de quilting, puis les actualités généralistes, et enfin des livres d’Histoire du niveau Collège racontaient que des quilts mis dehors, comme s’ils étaient aérés sur le fil d’étendage, cachaient des messages codés pour aider les fugitifs à passer les obstacles. Beaucoup veulent encore y croire même si les plus sérieuses historiennes, comme Barbara Brackman ou Christiane Billard en France, sont d’accord pour assurer qu’il n’y a absolument aucune trace de quilt, aucun écrit et surtout que c’était irréaliste, ne serait-ce que parce que certains blocs n’existaient pas encore, mais aussi parce qu’il aurait été bien difficile de faire circuler les infos sur la signification des blocs sans attirer l’attention… Franchement, cette histoire a été crue car elle est très belle et correspond aussi à l’imaginaire américain, on aurait aimé qu’elle fût vraie ! Cette belle histoire, racontée par une femme soutenant qu’elle la tenait de tradition orale de sa famille sur plusieurs générations, provient bien plus probablement de souvenirs de livres d’enfants des années 1980 et en particulier le très mignon Sweet Clara and the Freedom Quilt.
Un quilt d’apparence normale, un nine-patch, cache des informations cartographiques pour préparer le voyage des fugitifs. Sweet Clara est un très joli livre et on a envie de croire que cette idée a bien existé…
Au début des années 2000 d’innombrables quilts ont été faits d’après un livre d’Eleanor Burns et Sue Bouchard, un manuel pour réaliser un Sampler donnant les clés des codes. Il raconte la rencontre avec Ozella Williams sur un marché, heureuse d’avoir l’oreille attentive d’une femme quilteuse historienne. L’histoire fait rêver certes, mais il est clairement écrit d’une manière que je dirais légère, pour être gentille. Cet immense succès de librairie manque cruellement de justifications historiques. Il n’en reste pas moins que le sampler est très harmonieux et c’est l’occasion de raconter la jolie fable des quilts codés. Mais l’exploitation de cette histoire donnée alors pour vraie par des spécialistes du patchwork traditionnel me laisse un goût amer. C’est un grand succès de librairie, certes. Il suffisait de dire que c’était un jeu, une fable ou un mythe, et tout allait bien !
Exposition dans une bibliothèque en Oklahoma : l’histoire des quilts codés est instruite comme une certitude historique (voir ici)
De cette histoire controversée est née une très belle idée chez Denyse Saint-Arroman : à partir des noms si riches et variés des blocs de patchwork, pourrait-on délivrer un message codé ? Oh que cette possibilité est excitante ! Denyse a préparé ce projet, l’a soumis à son groupe de quilteuses parmi lesquelles deux vraies débutantes.
Le grand bonheur, c’est que j’en suis la très heureuse destinataire !
Superbe Sampler traditionnel quilté à la main. Les couleurs sont harmonieuses, les bleus sont réchauffés par quelques touches vives.
La dominante bleue, c’est pour me faire plaisir car ce n’est pas la couleur favorite de Denyse 😉 Bravo à chacune (surtout les débutantes !) pour ces beaux blocs qui cachent donc un message qui me fait un plaisir fou… et un peu rougir, à chaque fois que je le lis :
Cette Journée de l’Amitié (Friendship Star) marque la fin de notre route ensemble (End of the Road). Notre groupe de couturières (Sewing Circle) s’est réuni pour te dire au revoir (Good Cheer). Nous sommes tristes de te perdre (Bleeding Heart). Avec l’aide de tes abeilles (Honey Bee) tu as été la meilleure déléguée qu’on pouvait souhaiter (Best of All) et nous ne t’oublierons jamais (Forget me Not). Tu as fait de ton mieux pour resserrer les liens d’amitié (Links of Friendship) entre les membres de France Patchwork et tu as encouragé avec impartialité (Fair Play) toutes les quilteuses. Nous t’offrons donc ce bouquet (Friendship Bouquet) pour te remercier de tout ce que tu as fait pour nous. Nous te prenons dans nos bras (Hug Block) pour t’embrasser très affectueusement (Kiss Block) et nous te souhaitons chance (Lucky Clover) et prospérité (Prosperity) dans tes activités à venir.
Les blocs du sampler sont dans l’ordre de ce beau message et entre parenthèses vous avez les noms des blocs. Mais n’oublions pas que plusieurs blocs peuvent avoir le même nom, et inversement un bloc pouvait être nommé de maintes façons ! C’était la liberté des quilteuses d’antan…
Mille mercis à chacune et surtout à toi Denyse, ce quilt est plein de douceur et d’ondes positives, il m’enchante chaque jour !
Toujours à Balma le 17 novembre dernier, Florence a préparé pour chacune de la délégation un très joli cadeau bien gai et utile. Il était présenté dans cette grande corbeille à couvercle…
Chaque quilteuse de la délégation a plusieurs points communs, parmi lesquels le goût immodéré pour la lecture… et Florence le sait bien ! Voici donc ce que chacune a reçu de Florence (qui nous régale souvent d’ouvrages superbes) :
Nous sommes une grande délégation… Quel travail !! Vous pouvez apercevoir les regards facétieux des cocottes…
Chacune a maintenant sa cocotte marque-page à « ses » couleurs : de la gaieté et de la bonne humeur nous accompagnent désormais, même si nous lisons le plus noir des polars… Alors je vais bientôt lire le nouveau Maxime Chattam ou encore un polar suédois, avec ma cocotte je ne crains rien…
Vendredi dernier à Balma on pouvait voir un drôle de quilt moderne fait par Karine. En voici l’histoire !
Panneau admiré lors de la JA FP31 de Balma vendredi dernier. On ne voyait pas que c’était un coussin !
Depuis quelque temps, j’ai en tête un cadeau que je souhaite réaliser pour une jeune fille qui va fêter ses 18 ans. En quête d’inspiration, je suis sa maman dans sa chambre refaite à neuf et admire le superbe jaune avec lequel les murs ont été peints. J’aime cette couleur puissante : elle dynamise cette chambre aux lignes simples et droites et en réchauffe l’ambiance contemporaine. Deux pans de mur gris clairs et deux pans jaunes : un équilibre parfait.
Sachant que cette jeune fille se prépare au métier d’orthophoniste, je visualise immédiatement un modèle paru dans le livre Zen chic inspired de Brigitte Heitland qui m’avait beaucoup plu. Je viens de trouver exactement ce que je cherchais !
Enthousiaste, je démarre immédiatement et décide de réaliser un coussin qui devrait trouver naturellement sa place sur le grand lit laqué blanc et donner un peu de peps à la parure de lit blanche et grise. Kristine appelée à la rescousse, comble illico mes manques en tons de jaune et gris et me donne quelques conseils techniques. Je réalise et quilte rapidement à la machine le top qui servira de base. Ce modèle a en effet une particularité : le top doit être terminé et quilté avant qu’on y pratique la partie appliquée.
Je choisis ensuite une police de caractères, détermine la taille requise pour les lettres et l’imprime sur papier. Sur les conseils de Kristine, je veille à décalquer les lettres à l’envers sur mon papier collant double face afin d’éviter l’effet miroir (je décalque les lettres au verso de la feuille imprimée : les lettres papier sont donc à l’envers au début du processus).
Je les applique sur le tissu gris anthracite et les découpe soigneusement au cutter rotatif et aux ciseaux pour les finitions. L’exercice demande du soin et de la concentration : les lettres sont souvent courbes ou avec des angles rentrants.
Je dispose et applique les lettres sur le top et les fixe alors d’un coup de fer à repasser. J’ai fait quelques essais auparavant et ai choisi pour l’appliqué, un fil anthracite ton sur ton et un point de feston adapté. Je pourrai en faire varier la taille, ce qui devrait me faciliter la tâche dans les coutures courbes.
Je démarre l’appliqué machine et veille à soigner les angles très nombreux des différentes lettres : pas toujours facile mais j’aime beaucoup le résultat ! Le montage du patch en coussin est ensuite très simple (même pour moi qui suis une piètre couturière). Je le complète d’une courte étiquette brodée et le tour est joué.
Karine
L’apprentie orthophoniste va être comblée avec ce superbe coussin !
Vous pouvez retrouver des détails sur le livre très riche en modèles originaux par ici.
Dimanche 5 novembre 2017, à Sorèze dans le Tarn,
Exposition de livres Art Textile !
Ce dimanche, les Fables de La Fontaine seront à l’honneur. Ce ne sera pas à Houston et pourtant quelle qualité et quelle créativité attendent les visiteurs de l’Abbaye-Ecole de Sorèze ! Cette exposition aura lieu dans le cadre de la Fête du Livre :
Pour vous donner un aperçu, j’ai demandé à mon amie Maïté de m’adresser quelques photos de son livre textile, car c’est bien ce genre sous-exploité qui sera exposé.
Cette couverture en lin rouge montre l’emblème de Maïté, une des Abeilles de cette Ruche ! Elle n’a pas voulu écrire « Les Fables de La Fontaine » car le sien en offre six et non un recueil complet.
Maïté a interprété des illustrations d’un livre ancien. Son expertise en appliqué est bluffante ! Notons qu’Anne A. l’a aidée pour faire une reliure professionnelle en textile que les visiteurs pourront aussi admirer. En voici deux illustrations, les autres… eh bien, rendez-vous à Sorèze 🙂
Le Loup et l’AgneauLa Cigale et la Fourmi
Vous pourrez admirer de nombreuses autres interprétations, modernes comme traditionnelles, je crois que nous aurons près de 30 ouvrages à découvrir ! Cécile Milhau est à l’origine de ce thème d’exposition et de nombreuses quilteuses d’Occitanie ont travaillé avec passion – et parfois découragement, la tâche étant rude… – pour arriver à des résultats remarquables !
Voici la suite des fiches accrochées au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse, à améliorer et à utiliser !
Pourquoi adhérer à France Patchwork
Beaucoup nous demandent : France Patchwork m’apporterait quoi de plus que mon club ? Question fort légitime quand on se sent bien dans son club, avec les magazines et livres qui entrent régulièrement dans la bibliothèque. Que demander de plus ?
Autre question : je suis autodidacte, peut-on apprendre plus avec France Patchwork ? Ou bien : il n’y a pas de délégation dans mon département, cela vaut-il quand même la peine d’adhérer ?
Pour toutes ces situations et facettes autour de ce que nous apporte France Patchwork, j’ai juste un peu condensé ce que j’ai trouvé sur le site FP, vous y trouvez l’inspiration pour bien répondre !
Trois quilts déjà présentés dans La Ruche encadrent la fiche Pourquoi adhérer à France Patchwork : à gauche un quilt fait par les Abeilles pour notre amie Evelyne, modèle expliqué dans Les Nouvelles n° 124 sous le nom de La Ruche de l’Amitié, au centre le tableau de Chantal et à droite la forêt faite par Evelyne sur un modèle de notre styliste chouchou Bernadette Mayr.
France Patchwork : Pourquoi adhérer ? …
Pour une quilteuse, un quilteur débutant ou confirmé, simple amateur ou passionné, l’adhésion à France Patchwork procure de nombreux avantages.
Recevoir la revue trimestrielle Les Nouvelles – Patchwork et Création Textile : revue associative, rédigée par des bénévoles, réservée aux adhérents et de ce fait, indépendante du circuit commercial de la Presse.
Participer aux Journées de l’Amitié réservées aux adhérents organisées dans les départements, les régions et au niveau national une fois par an.
Participer aux concours organisés par France Patchwork.
Lors des manifestations et des salons de loisirs créatifs où l’association est présente, se faire connaître et être reconnue en tant que membre : on n’est plus un visiteur anonyme.
Fréquenter l’Espace, siège de l’association à Paris (initiation au patchwork gratuite, bibliothèque, ateliers…)
Participer à des échanges culturels, des débats, des rencontres tels que les cafés-patch.
Accéder au dossier du Quilt Mystère proposé sur le site.
Assister aux conférences, aux stages et aux cours organisés par les délégations.
Bénéficier d’une initiation gratuite à différentes techniques lors d’interventions de membres de la délégation.
Bénéficier d’une assurance gratuite pour 4 quilts par personne lors d’expositions nationales ou départementales.
Bénéficier d’une assurance gratuite pour 10 quilts lors d’exposition personnelle.
Bénéficier d’informations concernant le monde du patchwork et du textile en général.
D’une manière générale, adhérer vous permet de participer à toutes les activités proposées par l’association, de nouer des contacts, de faire des rencontres dans votre département mais aussi à l’étranger grâce à EQA, la guilde européenne, grâce également aux forums de discussions de France Patchwork.
La semaine dernière se tenait le Salon des Loisirs Créatifs à Toulouse, rendez-vous commercial important pour toute une région à l’heure où les magasins intéressants disparaissent les uns après les autres.
En tant que Délégation France Patchwork , mes amies et moi avons tenu un Stand et une Galerie. L’occasion était belle pour montrer diverses facettes de notre Association qui est souvent mal connue, en dépit de leur dynamisme. Je me suis donc permis de faire quelques panneaux explicatifs. Bien sûr, à côté de beaux quilts, les écrits n’ont que peu d’intérêt et sont peu lus, alors en quelques jours je vais vous les montrer ici ; ce n’est pas une vision exhaustive de l’Association, juste quelques aspects illustrés la semaine dernière.
Vue de notre stand. Maïté montre un Livre Textile en appliqué traditionnel qu’elle a fait sur les Fables de La Fontaine, j’aurai l’occasion de vous le présenter un autre jour. Sur le mur à droite, un quilt traditionnel et cependant modernisé de Madeleine.
Notre exemple de quilt traditionnel est Bouquets d’Hiver de Madeleine. Il est traditionnel par sa symétrie, son rappel du style Baltimore, sa réalisation entièrement à la main ; il est revisité par d’autres couleurs que les traditionnels rouges et verts vifs, par la taille surdimensionnée des blocs. C’est un modèle de Blackbird Designs et vous pouvez trouver l’histoire de ce quilt par ici. Je l’adore et tenais à l’accrocher pour notre dernier Salon !
Voici notre fiche sur les quilts traditionnels, forcément perfectible. Je me suis largement inspirée de la présentation du site France Patchwork.
France Patchwork et la passion du patchwork traditionnel
…
Au départ étaient les courtepointes, aussi décoratives qu’utiles pour tenir sa famille au chaud. Cette tradition européenne traversa l’Atlantique par vagues successives de migration. Mais c’est aux Etats-Unis que les quilts se diversifient et deviennent un art populaire majeur.
De nombreuses quilteuses continuent de créer des dessus-de-lit pour leur esthétique et leur forte valeur symbolique. France Patchwork favorise la conservation du patrimoine et de la qualité du travail traditionnel, notamment par sa section Quilts de Légende.
Le traditionnel, c’est le patchwork tel que l’ont pratiqué les pionnières.
Les quilts, ces petits morceaux de tissus différents assemblés et cousus à la main en d’audacieuses géométries colorées, font partie de l’histoire de l’art Nord-américain.
A l’origine, simples courtepointes confectionnées à partir de récupération de tissus et de matelassages, les émigrantes vers le nouveau monde ont su faire évoluer leurs traditions par une nouvelle manière de faire. Au fil du temps, ces femmes ont imaginé, dessiné, assemblé de nombreux motifs auxquels elles donnaient un nom. Véritable espace de liberté pour ces femmes déracinées, le quilting mêle à la fois valeurs familiales, mémoires d’une communauté, expression d’une actualité politique et sociale, au-delà de la simple valorisation du travail féminin domestique….
Et aujourd’hui ?
Faire du patchwork traditionnel ne veut pas dire forcément recopier des ouvrages anciens. On peut utiliser un motif créé par une de ces femmes américaines, en connaître la symbolique ou son histoire, et se le réapproprier pour exprimer des sentiments ou des moments de vie comme ces femmes l’ont fait bien avant nous. Le patchwork peut être aussi un moyen d’expression artistique et, à partir de motifs traditionnels et de réflexions personnelles, nous inventons alors des compositions originales directement inspirées de nos émotions ou d’évènements de la vie, véritables œuvres d’art ayant perdu toute trace d’utilité comme dans les ouvrages traditionnels.
Au cœur des quilts, du chemin de l’émigration… au chemin de la création, Dominique Herbay
Depuis quand sommes-nous amies, Chantal et moi ? Depuis bien 15 ans… Je l’ai rencontrée alors qu’elle était Chef de Chœur d’une chorale d’enfants de notre petite ville Pibrac (31), mon fils y était inscrit. Bien vite nous avons découvert notre passion commune qui n’avait rien à voir avec le chant : le patchwork.
Je vous ai déjà montré des ouvrages de Chantal, ils sont réunis sous l’étiquette Bee Chantal.
Je l’ai revue chez elle cette semaine et j’ai eu un coup de foudre pour une de ses récentes créations. Elle s’est inspirée du peintre néerlandais contemporain le plus populaire depuis des années, Ton Schulten.
Entre les Arbres, Ton Schulten
Paysage en couleurs, Ton SchultenEté, Ton SchultenHiver, Ton SchultenTwente sous la lumière du Soleil, Ton SchultenVille-mosaïque, Ton Schulten. Ce tableau me rappelle un quilt à succès présenté dans Quiltmania hors-série du printemps 2015, Mon petit Monde !My Small World, Mon Petit Monde, de Jen Kingwell, sans doute réinterprété des milliers de fois depuis sa parution ! Ici le top de cette quilteuse.Manhattan, Ton Schulten
Ton Schulten a un style bien à lui, qu’il partage avec une poignée d’autres artistes comme Lony Wing. Lony Wing, natif de Bali, évoque tout autant des paysages européens qu’indonésiens.
Le nom de ce mouvement est indigeste, je l’ai vu traduit par consensisme et consensité en français, venant de consensisme en néerlandais ou Konsensismus en allemand. Son origine est latine, consentio, qui nous donne par exemple consensus. Tout ça pour qualifier un art axé sur des paysages d’une beauté paisible, reposante mais aussi cohérente et harmonieuse. Le thème principal est l’harmonie dans la Nature où l’homme n’est pas absent, mais discret et intégré avec ses maisons, ses champs cultivés, ses bateaux ou statues… L’invitée vedette de ce style est la lumière qui s’invite dans le paysage par sections. En découvrant ce style, on peut se rappeler Toffoli et ses transparences, et plus avant le cubisme.
A juste titre, Chantal a trouvé que ces peintures pouvaient bien s’interpréter en patchwork. Voici sa première tentative, déjà si belle :
Un Pays Tranquille, Chantal Bommier. Monté sur châssis, à la demande de son amie qui lui avait simplement demandé un tableau textile avec un peu de rouge !!
Nous nous le sommes promis, Chantal et moi allons explorer l’univers des quilts du consensisme, déjà aimé par les quilteuses néerlandaises et allemandes principalement, mais nous n’utiliserons sans doute pas ce mot…
Quilt de Gerlinde Reissig (Autrichienne)Summertine, Ineke Berlyn (NL). Une rétrospective de cette artiste a été exposée à Birmingham cet été.Pieced landscapes, Ineke Berlyn, une magnifique interprétation. Cette artiste a malheureusement perdu sa lutte contre le cancer du sein le 4 février dernier.
Edit : si vous souhaitez vous initier à cette technique, le modèle d’Anne-Marie Guéganic « Coin de Campagne » dans les Nouvelles n° 134 est exactement dans ce style !
Vous pourrez voir le tableau textile de Chantal au Salon des Loisirs Créatifs de Toulouse. Venez nombreux !
Bonjour ☀,
Bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !
Au cœur de l’été, nous fûmes conviés à une fête champêtre chez nos meilleurs amis à une encablure de Lacaze(dans la vallée suivante qui se trouve non plus dans le Tarn mais dans l’Aveyron).
Elle fête ses 60 ans, il célèbre le début de sa retraite. Pour un tel événement, je me devais de leur faire un petit souvenir ! Une chanson m’a alors trotté dans la tête :
On vous souhaite tout le bonheur du monde Pour aujourd’hui comme pour demain Que votre soleil éclaircisse l’ombre Qu’il brille d’amour au quotidien. (chanson de Sinsemilia)
Je connais leurs goûts et leur intérieur, alors j’ai opté pour un panneau de ce livre de deux femmes qui m’ont beaucoup appris, Jocelyne Le Roy et la regrettée Marie-Anne Suzanne :
Le modèle choisi est sur la couverture, en haut à droite et en bas à gauche, quatre cercles qui se chevauchent pour ne faire qu’une entité. Beau symbole pour une famille unie formée d’un couple et deux enfants ! Mille mercis, Jocelyne Le Roy, pour ce livre qui a confirmé ma vocation de quilteuse forever !
Ce livre est formidable, il m’a beaucoup appris sur le patchwork machine fait vite & bien. Attention cependant, nous en étions aux balbutiements des méthodes modernes et en ce temps-là, au milieu des années 1990, les marges de couture n’étaient que de 5 mm. J’ai donc préféré convertir les explications avec 7 mm de marge, par sécurité. On peut aussi dessiner les blocs sur fondation, à vous de choisir.
C’étaient les deuxièmes log cabins arrondis que je voyais, aprèsla Couronne en log cabin vue dans un magazine allemand mais issue des USA. A savoir que nous sommes redevables à Marti Michell pour tous ces bouleversements initiés par l’utilisation du cutter rotatif (lire son histoire ici etle rôle de Marti Michell ici). Elle écrivit d’ailleurs un livre récapitulatif des courbes en log cabin en 1997, Creating curves with Log Cabins, une petite Bible qui n’en finit pas d’inspirer les quilteuses d’aujourd’hui.
J’ai suivi le modèle après avoir choisi quatre tissus de mes tiroirs – dont un qui vient d’une robe que je portais encore en juin (le tissu le plus rouge). Oh encore du brique et pastel ! C’est un hasard cette fois, mais force est de constater que je suis durablement influencée par cette exposition itinérante qui termine sa vie ces mois-ci. Des quilts Fibre Occitane sont en ce moment-même en Lettonie, j’en aurai bientôt des photos.
La bordure colorée du quilt pour Maïté & Serge est en bandes de tissus assemblés de manière irrégulière, dans les mêmes tons, avec des ajouts de divers gris. A ce sujet, tout comme Debbie de Seattle cet été, Francine Rog vous propose sur Facebook un challenge de quilts en bandes irrégulières. Les résultats sont bluffants, rejoignez-nous sur ce groupe FB !
Le quilting est à la machine, mais il m’a fait tant hésiter que je crois que j’aurais plus vite fait à la main… Mais j’aime le rendu final, c’est la touche moderne de ce modèle devenu classique.
Le coin du tas de bois convient bien à une présentation de log cabin qui désigne à l’origine la cabane de rondins.
Le quilting, vu de plus près :
J’ai déjà fait à plusieurs reprises des bordures en bandes irrégulières, j’aime les faire… et j’aime leur rendu !
Ce quilt trouvera sa place dans la Bergerie, cette grande bâtisse rénovée depuis des années par nos amis à côté de la maison familiale, lieu de nos rendez-vous amicaux depuis 20 ans !
Le lendemain de cette fête, nous plongeâmes dans le temps en visitant près de Millau une série de villages tous plus beaux les uns que les autres, terre des Templiers et des Hospitaliers, et plus récemment terre des pacifistes écolos, les Causses du Larzac. La France est si riche d’Histoire, je ne m’en lasse pas ! De cette belle journée, je partage ici un détail très graphique :
Soleil des herbes, symbole du Larzac, la cardabelle, chardon de la flore méditerranéenne, est cloutée sur les portes en guise de porte-bonheur. Son cœur est comestible (comme un artichaut, c’est la même famille botanique), les feuilles servent à carder la laine. La racine de cette plante possède des vertus médicinales intéressantes… Riche nature !
Un cœur sur le cœur de la fleur… Inspiration pour un quilt ?…
Autre sujet du jour : je vous présente un nouveau blog de notre région Occitanie par iciet souhaite à Frédérique autant de bonheur que j’en ai pour la tenue de son blog ! Frédérique habite l’Hérault, dynamique département où vit justement Jocelyne Le Roy (voir le livre présenté ci-dessus).
Que votre journée soit belle et créative ! Katell 🐝