Le baptême est pour bientôt ! Déjà avant-hier, Hauts-de-France a été choisi comme nom de la région du nord de la France. Cela doit encore être validé par le Conseil des Ministres le 1er juillet. D’autres nouvelles appellations vont suivre.
Serons-nous les Bas-de-France ? Depuis lundi les suggestions ne tarissent pas.
D’après les sondages locaux, je suis comme la majorité favorable à Occitanie pour ma région agrandie. Tout comme Aquitaine, elle n’aurait pas un tracé historiquement exact, mais gagnerait en identité acceptée et assumée par la majorité. Les politiques oseront-ils faire simple et harmonieux ?
Occitanie, notre région – Katell Renon
J’ai donc terminé ce quilt au nom revendicateur Occitanie, notre région ! Il est constitué de blocs faits avec la méthode si facile et ludique de Sujata Shah avec au milieu une croix occitane appliquée pas trop voyante, comme un graffiti à moitié effacé sur un mur de briques.
Avec d’autres quilts bien plus recherchés que celui-ci, il sera exposé à Roques-sur-Garonne dans 15 jours.
Depuis longtemps j’observe les quilts, devants et dos dès que je peux. De plus en plus, un soin particulier est porté aux étiquettes, ou labels si on garde le nom anglais.
Mais je n’avais encore jamais vu une étiquette de 68 x 46 cm ! Mon bon copain Christophe, nouveau dans le patchwork mais ancien dans la broderie, a fait pour son quilt à exposer à Fibre Occitane une étiquette à nulle autre pareille.
Je garde encore secret le devant du quilt, mais voici une partie fort intéressante du dos :
Mon Cabinet de Curiosités, Christolchuk. Je crois que vous pouvez cliquer pour agrandir ! Notez les symboles de l’année 2015… Cet homme a autant de cœur que de talent !
Vous faites peut-être partie des quilteuses folles de récupération, préservant même les lisières des tissus pour les utiliser ensemble à part entière, comme on le ferait de n’importe quelle bande de récupération.
Mais savez-vous qu’indépendamment du patchwork, les lisières étaient réutilisées dans l’économie ménagère des siècles précédents ?
Auparavant, il n’y avait pas de normes concernant la largeur des tissus, la limite physique était imposée par le métier à tisser. On tissait la largeur juste nécessaire pour faire le linge de maison, du drap au torchon : deux ourlets à faire, c’est mieux que quatre ! Ces bordures droites, ces lisières étaient si possible utilisées aussi en confection, le long des boutonnières par exemple. Et puis on peut même évoquer les rubans, qui sont finalement des tissus d’une largeur variant de quelques centimètres à quelques millimètres, avec leurs deux lisières bien mises en évidence.
A chaque fin de vie de drap, on récupérait les bords (moins usés que le centre) et on conservait toutes les lisières qui étaient restées bien solides. L’usage en était tellement banal qu’il est difficile d’en trouver des traces écrites. Mais les langes de bébé, ces carcans invraisemblables, étaient la plupart du temps des lisières de draps. Seuls les bébés nés dans des familles aisées avaient droit à de la dentelle sur les langes, mais ils étaient tout autant entravés… et rarement changés.
Le futur Louis XIV et sa nourrice, Dame Longuet de La Giraudière. Peinture de C. Beaubrun.Jusqu’au début du 20e siècle, les enfants sont emmaillotés dans les campagnes. Voir ici… Dans plusieurs régions la coutume était de les accrocher à un clou, ou les mettre dans un sac suspendu. JJ Rousseau a longuement traité de l’éducation des enfants dans son livre l’Emile, un traité révolutionnaire sur l’éducation, et recommande notamment de vêtir les bébés de manière plus libre. Comme le monde n’est jamais parfait, ses excellentes visions n’ont pas fait de lui un bon père, mais c’est une autre histoire… Voir le blog les Petites Mains, très documenté sur ce vaste sujet.Emmaillotage d’un bébé – Hiver, de Giuseppe Gambarini, 1721.
Les lisières étroites avaient aussi le rôle de ficelle. Toujours pour les bébés, elles maintenaient le bébé dans le berceau :
On garde en mémoire, dans la littérature ou la peinture, trace de l’utilisation des lisières comme brides pour tenir les enfants en laisse lors de leurs premiers pas.
Tableau de Rubens : sa femme tient leur enfant en lisière, qui porte aussi un bourrelet autour de la tête.
Pour prévenir les dangers d’une chute, on confectionnait également une sorte de casque en chutes de tissus appelé bourrelet.
Emile n’aura ni bourrelets, ni paniers roulants, ni chariots, ni lisières ; ou du moins, dès qu’il commencera de savoir mettre un pied devant l’autre, on ne le soutiendra que sur les lieux pavés, et l’on ne fera qu’y passer en hâte*. Au lieu de le laisser croupir dans sa chambre, qu’on le mène journellement au milieu d’un pré. Là, qu’il coure, qu’il s’ébatte, qu’il tombe cent fois le jour, tant mieux : il en apprendra plutôt (sic) à se relever.
* Il n’y a rien de plus ridicule et de plus mal assuré que la démarche des gens qu’on a trop menés par la lisière étant petits : c’est encore ici une de ces observations triviales à force d’être justes, et qui sont juste en plus d’un sens.
L’Emile, livre II.
La lisière est, de manière figurative, ce qui sert à guider :
Nous sommes de vieux enfants ; nos erreurs sont nos lisières, et les vanités légères nous bercent en cheveux blancs.
Voltaire, Epître 88.
Une expression, « tenir quelqu’un en lisières », signifiait « tenir quelqu’un sous sa coupe ».
Nous avons oublié l’existence des chaussons en lisière, si communs des siècles durant et pourtant encore portés au XXe siècle. Il s’en faisait dans de nombreux ateliers. Il nous en reste juste les espadrilles du pays basque !
Les romans regorgent de citations comme :
Je n’avais que mes chaussons de lisière à mes pauvres pieds.
Eugène Sue, Mystères de Paris II (1842)I
Il distingua soudain un bruit assez difficile à exprimer et qui devait être produit par des hommes en chaussons de lisière montant l’escalier.
Honoré de Balzac, le Père Goriot (1835)
J’ajoute le commentaire que je viens de recevoir :
Ces chaussons étaient traditionnellement tressés dans des ateliers de prison et « tresser des chaussons en lisière » était synonyme, dans l’argot des voleurs, d’être en prison !
Le pis qui pouvait arriver, c’était que Raboliot se fît cueillir par les gendarmes. Alors, il tirerait un mois à Sancerre, chauffé, nourri pour rien, fabriquerait des chaussons de lisière, et reviendrait la mine florissante, avec un pécule dans sa poche.
Genevoix, Raboliot,1925
Illustration Gournay : Vous n’avez pas de chaussures, v’nez par ici… vous allez faire des chaussons de lisière.
… Mais c’était aussi une occupation pour les aliénés ou les aveugles. Louis Braille fut nommé « contremaître de l’atelier de chaussons de lisière et de tresse » à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles de Paris, alors qu’il mettait au point son alphabet, à l’âge de 14 ans… La valeur n’attend pas le nombre des années !
Alors les quilteuses d’aujourd’hui sont les héritières de cette longue tradition ! Si les lisières se réutilisent depuis la nuit des temps, certaines en font vraiment des quilts formidables :
Sauvez vos lisières ! C’est l’appel de Riel Nason qui publie son livre très bientôt ! Ce quilt est vu ici.
Pour en savoir plus, lisez le dossier « Modern Quilt » des Nouvelles n°128, magazine de France Patchwork, qui va arriver dans les boîtes aux lettres des adhérents dans quelques jours ! J’ai essayé de vous inciter à vous amuser avec ces petites bandes de rien du tout…
Quant à l’Arbre de Vie dans la rubrique des Modèles, vous verrez le quilt qui me l’a inspiré, de Karen Griska, par ici!
De nombreuses quilteuses de Haute-Garonne ont bien apprécié découvrir comment utiliser élégamment des tee-shirts en fin de vie, avec une technique popularisée par Natalie Chanin (son entreprise se nomme Alabama Chanin). Comme promis voici quelques photos ! Tout d’abord, j’ai vu les pochettes de Josée de Nadaï et Michèle Morin lors de la très belle exposition de Cazères, puis vous avez celle de Maïté l’Abeille avec des détails montrant bien que toutes les coutures sont « à cru », sans rentré, et enfin celle d’Eliane Géraud, d’une élégante simplicité :
Mention particulière à Florence Bismuth qui a adoré cette technique, vous pouvez voir sa première pochette en fin d’article ici. Elle ne s’est pas arrêté là :
Florence achète deux tee-shirts identiques (sauf la couleur), les superpose, brode au point avant des feuilles ou autres motifs… et coupe le tee-shirt de dessus afin de faire apparaître la couleur du dessous ! Quelques perles et c’est un tee-shirt magnifiquement customisé !
… Et je sais que beaucoup d’autres pochettes ont été terminées et vont faire partie des présents de fin d’année, bravo à toutes !
Rendez-vous avant la Saint-Sylvestre pour une visite virtuelle chez une quilteuse en Floride ! En attendant, de tout cœur passez de très belles fêtes de Noël… Pour moi, ce sera du côté de Toulouse !
Le Pont-Neuf et La Dalbade, Toulouse, peinture d’Henri Martin (1860-1943)
Eh bien celles qui nous intéressent, celles du patchwork dans tous ses états ! Le magazine Les Nouvelles, Patchwork et Création Textile vient de paraître. Vous trouverez ici son sommaire, histoire de vous donner l’eau à la bouche si vous ne le recevez pas… Il y a des reportages sur l’histoire du patchwork, les expositions qui comptent, des rencontres avec des artistes renommées, des inspirations à foison (ne manquez pas le dossier sur les tessellations) et toujours de nombreux modèles…
Superbe couverture ! Contraste, Béatrice Bueche.
Nous sommes en pleine mutation avec la déferlante du Patchwork Moderne, nommé ainsi faute de mieux. Diverses tendances se dessinent, promues par de jeunes stylistes et des tissus imprimés aux nouvelles influences graphiques, des blocs revisités, mais on conserve l’essentiel de ce qui caractérise le patchwork : l’assemblage de tissus pour en faire un bel ouvrage textile matelassé, à utiliser quotidiennement sur un lit ou en jeté de canapé, ou en décoration murale… Rien de révolutionnaire, mais on ne peut ignorer cette évolution somme toute très accessible !
Ce patchwork moderne est différent de ce qu’on appelle en France Art Textile, discipline artistique aux multiples matières et aux volumes libres, souvent plus proche des arts plastiques que du patchwork. Quant au Patchwork Contemporain, c’est une expression clairement artistique, oeuvre d’exposition qui reste de fil et de tissu, sous forme de quilt (= avec 3 épaisseurs) comme celui de la couverture ci-dessus. Mais ce ne sont que des étiquettes et il y a de la place pour tout le monde, à chacun de s’épanouir dans ce qu’il préfère !
Comment se procurer ce magazine? Vous le recevez si vous êtes adhérent France Patchwork (en code 1 : abonnement compris !) ou au stand France Patchwork lors des Salons de France et de Navarre (et parfois aussi bien plus loin).
Cela fait maintenant plus d’un an et demi que je contribue au rédactionnel avec une rubrique de quatre pages consacrée à l’évolution du patchwork. C’est ce qui me tient à cœur : connaître le passé pour mieux apprécier le présent, et la matière est riche en ce qui concerne le patchwork ! Si la préparation d’un dossier trimestriel pour Les Nouvelles est pour moi un plaisir, la recherche d’illustrations en haute définition est la partie la plus stressante… Mais au fil du temps je me rends compte à quel point les conservatrices de musées américains et les quilteuses du monde entier sont gentilles, abordables, arrangeantes et très généreuses.
Cette fois-ci, j’ai fait appel à Denyse Saint-Arroman* (France), Martha Dellasega Grey (USA), Laetitia Brugère (France), Marit Naerheim (Norvège) et last but not least, Kathy Doughty (Australie). Toutes ont cherché dans leurs archives pour m’aider à boucler le dossier et offert leurs belles photos à France Patchwork. Que chacune en soit ici sincèrement remerciée !
Dans ce numéro de décembre 2015, le sujet abordé est celui de l’Assiette de Dresde ( p. 26-29) et je viens de terminer pour ma petite Maman celle que j’avais commencée en faisant les photos pour les explications en pas-à-pas (modèle p. 92-94) :
Mais ce numéro est riche de tant d’autres choses à découvrir !
VU :article de Sirop de Citrouille, qui a eu la gentillesse de m’adresser des photos de son très beau quilt « Sortir du Rang »!
Ce n’est pas un secret : beaucoup de quilts recyclent les étoffes usagées… y compris les tee-shirts. Ils peuvent même devenir de très beaux ouvrages !
Natalie Chanin, fondatrice de Alabama Chanin, maison de couture et accessoires prônant les matériaux écolos, recyclés, ainsi que le travail à la main… La matière première reste le jersey de coton (=maille de tee-shirt)
Au fin fond de l’Alabama, l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis, là même où se trouve le hameau Gee’s Bend, une jeune femme a commencé à utiliser des tee-shirts usagés pour en faire « autre chose ». De fil en aiguille, elle a créé un style à la fois brut et raffiné. C’est la belle Success Story de Natalie Chanin ! Le travail pour réaliser un vêtement (car elle fait des défilés de mode) est souvent énorme, le prix aussi ! Mais elle partage généreusement sa manière de travailler dans ses livres et on comprend la somme de travail que peut représenter une seule pièce… Elle a hérité de l’adresse de ses grand-mères, toutes deux excellentes couturières, et de techniques utilisées durant la Grande Dépression des années 1930. Tout est fait à la main, y compris les longues coutures, les bords sont laissés à cru (le jersey de coton fin ne s’effiloche pas !) et les techniques sont principalement l’appliqué, l’appliqué inversé, ornés de perles ou de broderies, de bordures en maille jersey…
Etonnant, non ?…
Les techniques d’Alabama Chanin sont un peu connues en France : je vous invite à aller voir en particulier Théa Oz et sa superbe robe !
Voici un aperçu des réalisations Alabama Chanin :
Elle garde aussi le goût des quilts, omniprésents dans sa vie. Maintenant elle les conçoit tous en tee-shirts comme ceux-ci :
Natalie Chanin est maintenant très connue aux Etats-Unis, certaines stars de la musique ou du cinéma lui font de la pub en portant ses vêtements, tous faits dans un atelier, en Alabama.
Pour donner l’idée d’utiliser cette matière inhabituelle et pourtant si commune et contribuer à faire connaître Alabama Chanin, nous avons fait un atelier utilisant du jersey de coton vendredi dernier en Journée de l’Amitié France Patchwork 31 à Pibrac (31). C’était l’après-midi, après la présentation de quilts traditionnels faits par Will Vidinic.
Trois livres d’Alabama Chanin étaient à disposition pour donner des idées, ainsi que quelques travaux déjà réalisés. Kristine l’Abeille a conçu une pochette à faire et des stencils pour que chacune dessine « son » dessin sur le jersey. Le travail n’est pas difficile et les résultats ne se sont pas fait attendre !
Découpage de bouts de tee-shirts pour ajouter de la couleur aux jerseys de base distribués en kit.Exemple : une écharpe faite par Kristine. Les bords sont des bandes tortillées et appliquées au point avant.
Merci à toutes les participantes qui ont terminé leur pochette de m’adresser une photo, je les publierai en décembre ! Déjà j’ai reçu celles de Florence, pochette vue recto-verso :
Appliqué inversé coupé laissé « à cru », jolis points avant bien visibles, des perles en déco : c’est tout l’esprit Alabama Chanin, bravo Florence !
La délégation France Patchwork 31 a fait un immense plaisir à ses adhérentes : une matinée entièrement consacrée aux quilts traditionnels ! C’est Will Vidinicqui nous a ouvert ses deux malles aux trésors, avec deux quilts puis d’innombrables tops, tous très différents, nous offrant une grande leçon de liberté ! Cela peut sembler contraire au traditionnel, mais c’est parce que nous méconnaissons souvent en France l’inventivité, le « make-do » (faire avec ce qu’on a) des quilteuses d’antan !
Deux quilts accrochés au mur et plus d’une vingtaine de tops ont été admirés, photographiés, applaudis…
Nous subissons tant de tragédies en ce moment que nous avons d’autant plus apprécié la parenthèse de bonheur procurée par notre invitée. Nous avons déplié et admiré une grosse pile de tops, autant que Will a pu en mettre dans ses deux lourdes valises. Elle nous a transportées dans le monde des tissus anciens, beaucoup de merveilles d’origine hollandaise, française, des reproductions de tissus américains (eux-mêmes issus de traditions européennes : à lire en français Quilts Traditionnels et tissus anciens, Barbara Brackman, Editions de Saxe), étoffes précieuses mais aussi des tissus « de ménage », ces tissus dont on faisait les vêtements usuels et linges de maison.
Deux précieux livres sur l’histoire des tissus et des quilts, dont un a été traduit.
Les quilts et tops de Will sont tels qu’elle les aime, traditionnels aux mille et une inspirations, allant du quilt « country » en pilou, chemises, lainages ou en mouchoirs français jusqu’aux reproductions les plus raffinées de médaillons aux tissus précieux. Souvent ils surprennent par leur non-conformisme, par l’alliance de certaines couleurs, mais on reconnaît que ça fonctionne, ça se met mutuellement en valeur !
C’est ainsi que s’est déroulé le « Show & Tell » (montre et raconte), Kristine et moi tenions les tops tandis que Will les commentait. Ce quilt est mis en valeur par sa bordure bleue inattendue !On ose rarement mettre autant de jaune dans un quilt, n’est-ce pas ? Et pourtant, n’est-il pas éclatant de joie ?Le maître mot de beaucoup d’ouvrages anciens, ainsi que leurs descendants comme celui-ci, est : simplicité. Un bloc tout simple fait des merveilles, ici mis en valeur par un tissu dont personne ne voulait, trop grisâtre, trop fade. C’est pourtant un écrin pour les autres couleurs ! En deux images, nous avons compris l’étendue de notre liberté…Ceci vous semble-t-il bien complexe ? Ce ne sont pourtant que des carrés bicolores !Will sait aussi être virtuose !
Reconnaissez-vous le quilt mystère Quiltmania de Di Ford, transformé par un tout autre choix de couleurs ? Une belle & large bordure encadre le top. C’est ici un tissu de « colonnade » d’une ancienne collection de Barbara Brackman. Le motif est coupé en deux pour mieux encadrer ce superbe médaillon.
En voulez-vous quelques autres ? En voici !
Nous ne nous lassons pas des étoiles !Voici un top bien sage. Mais approchons-nous…Chaque bloc est unique, en tissus de chemises récupérées. Quant au tissu de base, c’est un beau drap !Superbe modèle d’Edyta Sitar
C’est une vue proche d’un top que Will a fait d’après un modèle de Bonnie Hunter (Quiltville). Si vous ne la connaissez pas encore, allez voir son blog ! Un quilt mystère commencera le 27 novembre et à l’onglet Allietare, vous avez les gammes de tissus à préparer. Amusez-vous bien !Ceci a suscité de nombreux commentaires : les hexagones sont suffisamment grands pour avoir été assemblés à l’américaine, au point avant, une découverte pour beaucoup ! L’agencement aléatoire des grands imprimés (de très beaux tissus anciens français) a également ouvert de nouvelles perspectives quand on croit ne pouvoir faire que des rosettes. Quant à la bordure, elle est somptueuse…Nearly Insane, le sampler qui rend presque fou/folle… d’admiration !Ces adorables mini-paniers rappellent à Will les échanges de tissus avec son groupe de copines !Will a choisi d’utiliser un croquet pour faire les anses : futé et joli !
Vous n’avez pas tout vu, les 90 adhérentes présentes ont eu la chance d’en voir à peu près le double, mais j’arrête ici la galerie… Allez voir le blog de Will, Not-so-zen-quilts, pour mieux la connaître !
Après le Show & Tell, chacune a pu poser toutes ses questions à Will, toucher les ouvrages, regarder les dos… Une vraie leçon pour chacune.
Merci à toi Will, tu sais que tu seras toujours la bienvenue dans la Ville Rose !
Et bientôt, nous partagerons le thème de l’atelier de cette JA aux accents très différents, mais ayant un point commun : on fait encore du neuf à partir du vieux ! Recyclage encouragé, encore et toujours…
A bientôt !
Ce n’est sans doute pas un titre qui fait rêver, surtout quand on pratique le patchwork depuis des (dizaines d’) années. Et pourtant, nous nous sommes bien amusées hier à Balma, dans le cadre d’un stage inédit. Quand, comment et par qui a été inventé notre objet familier, le cutter rotatif, comment l’utiliser et même simplement le tenir, c’était le jour pour mettre nos pendules à l’heure et nos connaissances à niveau ! Nous avons bien sûr raconté la belle histoire de la société OLFA, de Marti Michell (oui, celle des gabarits de Nathalie Delarge !) et Mary Ellen Hopkins qui ont lancé ensemble la Révolution du Patchwork…
Cette introduction faite, place aux ateliers pour confirmer la coupe avec une règle puis découvrir le monde de la coupe à main levée. Trois livres illustraient le message du jour :
Auprès d’un mini-quilt de Sujata Shah, voici les livres du jour : Cultural Fusion Quilts (Sujata Shah), Liberated Quiltmaking II (Gwen Marston) et Sunday Morning Quilts (Amanda Jean Nyberg & Cheryl Arkison), trois livres montrant comment utiliser des chutes de tissus et comment se libérer des formes géométriques parfaites, sans nuire à la beauté du quilt.
C’est toute une philosophie du quilting libéré, initié par Gwen Marston et suivi par des quilteuses enthousiastes dont je m’inspire avec ferveur. J’ai été très heureuse de partager pendant toute une journée mon goût de l’imparfait… et les stagiaires ont fait des centaines de superbes blocs tirés ensuite au sort… Trois ateliers, trois gagnantes qui nous montreront un jour le quilt terminé… j’espère !
48 blocs ont été montés, tout en nuances de gris et de rouges, roses et orange.70 blocs inspirés d’un quilt de LeeAnnfigurant dans le livre de Sujata Shah ont été fait en coupant au coup d’œil et à main levée. Une découverte pour la plupart des stagiaires !158 carrés de 8 cm ont été ornés d’un triangle, jamais tout-à-fait les mêmes… Inspiré de Up, Up and Away, dans le livre Sunday Morning Quilts.
Et pour rendre cette journée encore plus festive, nous avions une Valise accrochée, Ombre et Lumière, du département des Yvelines. Les mini-quilts ont bien attiré l’attention des quilteuses, tant par la qualité du travail que la diversité des tableaux. Bravo à toutes les quilteuses qui y ont participé !
Valise France Patchwork 78
C’était un stage de la délégation France Patchwork 31 rendu possible grâce au Club de patchwork de Balma qui nous a accueillies. Devant l’enthousiasme des stagiaires, d’autres thèmes de stages seront proposés à l’avenir !
Bien sûr, Joelle aime le patchwork, elle est même dans la délégation France Patchwork de l’Ariège, secondant Anne-Marie très activement avec Elisabeth. C’est une belle équipe si sympathique ! Mais Joelle a aussi d’autres passions parmi lesquelles le tennis (supportrice officielle de nos champions, elle est tous les ans à Roland-Garros !), le Moyen-Âge… et le point compté.
Il y a un an et demi, elle nous a montré un début de tapisserie sur un long tissu de lin écru. Couleurs chatoyantes mais… un immense blanc par rapport au petit bout brodé ! Et puis au fil des mois sont apparus les personnages, tous plus expressifs les uns que les autres, de beaux arbres en arrière-plan. Et cette merveilleuse bordure !!! Bravo donc à l’artiste qui a composé cette grille, Agnès Spaëth de Orbis Pictura.
Quelle patience et quelle passion développées pour arriver à bout de ce travail… La constance de Joelle nous inspire tant d’admiration ! Cette tapisserie contient aussi des souvenirs communs : notre Kristine polyvalente a aidé Joelle à se sortir d’un casse-tête angoissant, le manque de tissu en bout de tapisserie… Kristine-les-bons-tuyaux lui a montré comment assembler la bande manquante sans que personne ne puisse imaginer le rajout. Les réunions du Patch d’Oc servent aussi à ça !
Ici c’est Godefroy de Bouillon, dont le nom reste dans nos mémoires, chef de la 1ère Croisade, proclamé Roi de Jérusalem en 1100.
Je ne vous fais pas plus languir, voici le chef-d’oeuvre en entier :
Cette fresque est réalisée au point compté d’après une grille originale créée par Orbis Pictura. A la suite de Godefroy nous pouvons admirer des « Preuses » : Delphile, mère de Diomède dans l’Illiade, puis Teuca, reine d’Illyrie (portrait de Marguerite de Roussy, épouse de Thomas III, ancien maître du château), puis Etiope, reine des Amazones, puis Lampétie, autre reine des Amazones, et enfin Tamaris, la cruelle reine des Massagètes. Tous les personnages sont « à la mode contemporaine » du début du XVe siècle.
Pour cette fresque, cinquantes nuances de fils DMC ont été utilisés au cours des quelque 2 500 heures de travail (5 à 6 heures par jour pendant 14 mois 1/2)… Si vous êtes aussi folle (je veux dire passionnée) que Joelle, vous pouvez vous procurer la grille pour la réaliser vous-même par ici.
Mais quelle est l’inspiration de ce tableau ?
Les neuf Preuses, enluminure du début du XVe siècle du manuscrit Le Chevalier Errant.
Castello della Manta, situé près de Saluzzo (Saluces) en Italie. Il appartint notamment à Thomas III, auteur du Chevalier Errant (écrit en 1394-1396), important manuscrit en français du Moyen-Âge, allégorie de la vie à travers le voyage d’un chevalier des mondes d’Amour, de Fortune et de Connaissance (source : wikipedia). Le thème des Neuf Preux, évoqué par cet auteur, est récurrent dans les récits moyenâgeux.
Le château mérite manifestement une visite ! La tapisserie est l’interprétation d’une fresque peinte sur les murs d’une salle du Château de la Manta (piémont italien). Les 18 personnages de la fresque sont les Preux et Preuses, souvent évoqués dans les écrits au cours du Moyen-Âge (voir ici). Egalement présents dans « Le Chevalier Errant » de Thomas III, ils se retrouvent sur ces peintures commandées par le fils de l’auteur et réalisées par un peintre dont on n’a pas gardé trace avec certitude. Ces personnages issus de l’Histoire ou de la Mythologie revêtent l’apparence de personnes contemporaines (comme l’épouse de Thomas III, voir ci-dssus), ce qui à l’époque comprenait sûrement de nombreux sous-entendus ! Voici un montage photos montrant les 9 Preux et les 9 Preuses des murs du château de la Manta :
Salle du château de la Manta peinte au XVe Siècle d’un peintre inconnu. Les personnages se succèdent, grandeur nature : Godefroy de Bouillon côtoie Jules César, Charlemagne et autres « Valeureux », ainsi que les femmes, neuf « Preuses » ou « Héroïnes ». Tous les personnages ont des attributs qui les caractérisent : leur blason, mais aussi des objets tranchants ! Ces personnages sont dans un pré et un bel arbre fruitier ponctue chaque passage d’un personnage à l’autre.
Outre cette fresque, une Fontaine de Jouvence fait partie des curiosités du château aux relents de recherche ésotérique car des alchimistes ont vécu là… et 270 fleurs et plantes peintes sur les murs, parfaitement reproduites, sont comme des pages d’un livre de botanique grand ouvert… Que de trésors du côté de Saluces !
Maintenant, je me réjouis car Joelle va ENFIN avoir le temps de s’adonner au patchwork 😉 !!!
Laissons Violetta à nos Jeunes Pousses et Jeunes Poussent (de France Patchwork) qui ont l’âge de s’y intéresser, même si une Abeille a été particulièrement contaminée par la Violett’Mania :
Une Violetta est née dans la Ruche ! Entre Colette (maman de notre conférencière Hélène Vié) et Maïté l’Abeille, notre Violetta (Brigitte)
En cette année 2015 pendant laquelle nous fêtons notre patrimoine régional, la Journée de l’Amitié France Patchwork 31 du 6 mars dernier avait pour thème la Violette de Toulouse. C’était une journée comme on aime, amicale et chaleureuse, grâce à tous les participants !
Un peu de botanique
La violette qui fleurit en ce moment dans mon jardin est la violette odorante qui fleurit en mars et se resème un peu partout. Elle a 5 pétales, tout comme les pensées qui sont de la même famille. C’est une fleur originaire du nord du bassin méditerranéen, elle est donc chez elle ausi bien en Provence qu’en Italie ou en Grèce, mais dans les coins ombragés, dans le secret des bois ou des zones humides…
Joyeuse colonisation de violettes dans mon jardin sauvage
Ces violettes font partie de la pharmacopée européenne millénaire.
Parmi les centaines de variétés, il y en a une qui fait un pompon de 30 à 50 pétales, délicatement odorante, au feuillage luisant légèrement gaufré : c’est la violette de Toulouse, issue de la violette de Parme. Cette dernière fleurit tout l’hiver.
Devant la fenêtre de ma cuisine, les deux pots violets contiennent des plants de violettes de Toulouse, produits et vendus par Hélène Vié.
La Cité des Violettes
Ces violettes ont une longue histoire d’amour avec Toulouse, devenue la cité des Violettes grâce au travail des maraîchers de St-Jory, Aucamville, Lalande, Launaguet, Castelginest, et Saint Alban, tout un territoire jadis campagnard au nord de la Ville Rose (qui cumule les références florales) où on compta jusqu’à 600 producteurs de violettes ! L’histoire a retenu que vers 1850 un soldat de Napoléon III, rentrant à Saint-Jory d’une campagne d’Italie, rapporta un plant de violettes de Parme à sa bien-aimée, lequel fut multiplié… et un grand commerce naquit. La violette était, au XIXe siècle, la seule fleur « de fleuriste », expédiée en bouquet dans un joli carton ! Grâce à l’aéropostale qui se développait à Toulouse -tout est lié- les bouquets se vendaient dans toute l’Europe jusque dans les années 1950. La culture sous chassis en plein hiver était ardue mais c’est le terrible gel de l’hiver 1956 qui mit fin à cette activité traditionnelle.
D’où vient l’appellation Violette de Parme ? Nous sommes obligés de parler ici de Napoléon 1er ! Si le langage des fleurs correspondant à la violette ne correspond pas du tout au tempérament de l’Empereur, c’est pourtant celle-ci qui jalonne sa vie personnelle. Il eut d’ailleurs le surnom de Père la Violette…
Tout d’abord, à sa première rencontre avec Joséphine de Beauharnais, la belle créole portait un bouquet de violettes élégamment noué à sa ceinture. Dès lors ce fut « leur » fleur, comme tous les amoureux ont « leur » chanson ou « leur » lieu fétiche. Puis son autre grand amour, Marie-Louise d’Autriche (nous en parlions ici) adorait également cette fleur et, à la chute de l’Empire, devint Duchesse de Parme. Elle s’y établit définitivement et demanda de créer une fragrance secrète pour elle à base de la violette cultivée dans les environs… Ainsi est née l’Eau de Parme, ainsi que la diffusion du nom de la couleur, le parme ou violet éclairci, couleur de cette fleur !
Revenons au XXe siècle à Toulouse. Quelques pieds dégénérés de la violette de Parme ont malgré tout subsisté et un ingénieur agronome, Adrien Roucolle, réussit en 1985 à les sauver grâce à une culture in-vitro. C’est pourquoi les Violettes de Toulouse (appellation déposée en 1985) ne sont plus cultivées qu’en pots pour éviter toute nouvelle dégénérescence.
Depuis, la Reine des Violettes de Toulouse est sans conteste Hélène Vié ! Cette dame passionnée et passionnante a eu la grande gentillesse d’accepter de nous raconter le parcours de cette petite fleur et son histoire liée à notre ville. Infatigable, elle fait tout pour promouvoir « notre » violette et des produits dérivés de qualité, fabriqués dans la région toulousaine. Liqueur, bonbon, gâteau, thé, moutarde, une multitude d’expériences gustatives vous sont proposées dans La Maison de la Violette, péniche amarrée le long du canal du Midi au centre de Toulouse (écluse Bayard). Vous y trouvez également mille et un objets sur le même thème !
Depuis l’an 2000, la violette de Toulouse a sa Maison !
Notre Journée de l’Amitié
Le dress code de la journée était autour du violet ! Presque toute l’assistance a joué le jeu, arborant du violet et nous avons eu une très belle exposition éphémère autour de cette couleur.
Les quatre amies du Vent du Sud ont même créé une tenue qui les fait entrer dans le club des Amies de la Violette ! Admirez le sublime quilt d’Any Vieussens en arrière-plan…Raffinement suprême, leurs assiettes étaient de porcelaine peinte main… des violettes bien sûr ! Remarquez que ces dames ont une bonne lecture (si vous ne reconnaissez pas : c’est le dernier numéro des Nouvelles de France Patchwork !)La salle Satgé de Colomiers a un décor qui nous convenait parfaitement, avec un large dessin des bords de la Garonne et des couples dansant en costume folklorique ! Merci au club de patchwork de Colomiers d’y avoir invité France Patchwork !
Cette Journée de l’Amitié nous a permis de découvrir de nombreux produits offerts par Hélène… et tout autant de très beaux ouvrages apportés par les adhérentes.
Merci aux adhérentes d’avoir apporté tant de quilts de qualité !
Des fleurs cristallisées, des bonbons, des gâteaux, des dragées chocolat/violette (sublimes !!) en dégustation libre, devant le quilt « Violettes Impériales » de Cécile Milhau. Hélène Vié au cours de sa passionnante conférence !
L’après-midi, nous avons changé de couleur pour nous consacrer à l’annonce d’un partenariat avec les Blouses Roses de Toulouse(cliquez pour lire un article à ce sujet). Pour Noël, les adhérents de France Patchwork 31 offriront des doudous aux enfants longuement malades à l’hôpital des enfants de Purpan. L’émotion était palpable et nous souhaitons que cette action aura un large succès (des précisions dans le prochain bulletin FP31).
Brigitte, Gisèle, Katell et Christine représentant le club de Balma, les Blouses Roses et France Patchwork 31.
Merci infiniment à Gisèle de nous donner la possibilité, grâce à son réseau, de faire un petit geste pour ces enfants, ainsi qu’aux soeurs Brigitte et Christine qui seront les coordinatrices de cette action !
Journée violette et rose, journée de joies et d’émotions… Grâce à l’association France Patchwork qui nous réunit, que de bons moments passés ensemble !