Sylvothérapie

Hier j’ai arpenté les rayonnages d’une librairie toulousaine, Ombres Blanches. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l’envahissement des livres sur la sylvothérapie ! A-t-on besoin de tant de mots, d’encre et de papier pour savoir que se promener en forêt fait un bien fou ? J’ai la grande chance d’habiter à l’orée d’une forêt et c’est une évidence qu’après une balade, sportive ou contemplative, quelle que soit la saison, je rentre heureuse et en paix avec le monde et moi-même.

J’ai une autre sylvothérapie, c’est passer du temps avec mon amie Sylvie, ma Vive qui me donne toujours le sourire, mais c’est une autre histoire…

Bien sûr je me suis précipitée l’année dernière sur le livre-événement d’un garde-forestier allemand qui a détaillé les connections extraordinaires entre les arbres (La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben). J’ai feuilleté récemment celui d’un Japonais qui, sûrement à juste titre, revendique l’art et la science des bains de forêt dans la tradition japonaise, j’ai jeté hier un œil sur tant de livres qui parlent de l’énergie que nous procurent les arbres… Oui, d’accord, mais cela m’est tellement évident que je n’ai acheté aucun de ces ouvrages.

Mais aujourd’hui, c’est différent…

Je fais pleinement confiance à ce monsieur pour me guider à la découverte d’histoires d’arbres et de forêts extraordinaires. Ses expériences professionnelles multiples lui donnent l’expertise pour associer art, science, culture et environnement. J’espère trouver en lui l’émerveillement de la nature tel que je l’ai découvert avec les livres de Jean-Marie Pelt il y a plus de trente ans.

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Son livre est richement illustré par Lucille Clerc :

Alors j’ai commandé ce livre, paru hier en Grande-Bretagne (et aux USA, mais aussi en Allemagne… pas encore en France malheureusement).

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Illustration Lucille Clerc

Pourquoi tant de confiance en ce monsieur ? Eh bien, ça fait un peu midinette (beaucoup ? bon d’accord), mais Jonathan Drori est le mari de ma romancière préférée, Tracy Chevalier ! Alors je fonce, pleine de confiance !

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La page FB de Jon Drori est pleine de photos fabuleuses et d’extraits du livre qui excitent ma curiosité ! Ici la forêt de Sibérie, qui me rappelle mon livre préféré de Sylvain (prénom prédestiné) Tesson, Dans les forêts de Sibérie.

Je vous en donnerai des nouvelles… En attendant, je vous remontre ces quelques quilts sur ce thème, en gardant la certitude qu’on ne perd jamais son temps en faisant du patchwork ou en se promenant en forêt !

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Mon Arbre de Vie Vert reste un de mes quilts préférés…
mais aussi cette forêt automnale déstructurée au clair de lune…
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J’aime les quilts avec des arbres… même en dos de quilt !

Tartans de Highlander

Mary Stuart (1542-1587) par François Clouet, vers 1560.

Une longue amitié lie les Écossais et les Français et nous partageons de nombreuses pages d’histoire comme celle de Mary Stuart. Depuis plus de quatre siècles cette femme inspire les artistes. On la voit incarnée au cinéma dans d’innombrables films et séries (si on voit Elizabeth 1ère, Mary Stuart n’est jamais loin), poètes et musiciens la vénèrent, historiens et écrivains ont écrit de touchantes biographies (comme Stefan Sweig)… Et bien sûr les romanciers font la part belle à la fascinante Mary Stuart au destin tragique, la seule qui fut reine de France et d’Ecosse. Mini-sélection : le court roman de Didier Decoin La Dernière Nuit (1978) et le gros pavé de Ken Follett, Une Colonne de Feu (2017). Si touchante, la petite Mary.

Dans les hautes terres du nord de l’Ecosse, les Highlands, J. K. Rowling y a situé la mythique Ecole de Poudlard (Harry Potter), poursuivant ainsi la tradition de légendes et de magie qui collent à ce pays.

Parmi tant d’autres, Outlander, saga écrite par Diana Gabaldon (aussi en série TV), nous plonge aussi dans un univers fascinant, après le fameux Highlander (film de 1986) avec Christophe Lambert.

Bien sûr les montagnards d’Ecosse, les Highlanders, sont célèbres pour leurs kilts ! Nous parlions vendredi dernier de nos souvenirs d’enfance, quand nos mères aimaient nous vêtir de ces jupes alors à la mode.
Le plus célèbre représentant de la fierté highlander est Sean Connery :

0430 SOCIAL Tartan...Library file, dated 5/7/00. Actor Sir Sean Connery, donning full Highland dress and wearing his medal after he was formally knighted by the Queen during a investiture ceremony, at the Palace of Holyroodhouse in Edinburgh: One of Scotland's leading actors, Sir Sean Connery is today, Saturday 6th April 2002, set to join 10,000 drummers and bagpipers in New York for the biggest ever Tartan Day parade. The blockbuster movie star is expected to help the musicians take part in what organisers hope will result in the world's biggest-ever pipe band march. See PA 0430 SOCIAL Tartan. PA Photos

 Kilts, quilts, les mots prêtent parfois à confusion en France… Rappelons que les kilts sont des jupes dont le tissage spécifique, aux lignes de couleurs entrecroisées, est appelé tartan en anglais, écossais en français. Chaque clan (famille) possède son propre dessin précis depuis le 19e siècle (seulement, dirais-je !), c’était auparavant plutôt lié à la localité. Les kilts étaient au début un lé de tissu de 5 mètres de long enroulé autour de la taille puis le pan restant était relevé sur l’épaule et épinglé.

En Ecosse, ce sont les hommes qui portent le kilt… et la femme le pantalon ? 😉 Plus sérieusement, des tribunes se posent la question des normes vestimentaires (par exemple ici  ici ou ). Prendre du recul, voir ce qui se passe ailleurs ou avant, c’est intéressant !

 

Edit : lire aussi cet article sur les kilts et tartans : https://sylectures.wordpress.com/2017/03/01/kilts-et-tartans/

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Les tartans ont inspiré une quilteuse qui fait des kilts en quilts (vous me suivez ?) et vient de publier ce livre :

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Avec des techniques modernes et de bons petits trucs et astuces, Kathy Allen nous convie à réaliser des tartans de 7 clans mais aussi de s’en inspirer pour créer le sien, si on le souhaite !

Outre une intéressante introduction historique, Kathy Allen réinterprète donc des tartans comme ceux-ci :

Elle joue habilement avec les effets de transparence qui me rappellent certains quilts de Bill Kerr et Weeks Ringle, pionniers des quilts modernes :

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En France, Cosabeth Parriaud anime des stages sur les transparences, c’est un thème toujours intéressant car il exerce l’œil à analyser les nuances et jouer avec la lumière.

Des impressions d’écossais, de carreaux, de signes + sont explorées par des artistes contemporaines. Ces techniques sont simples, amusantes, mais longues tout de même ! En quilt moderne, le but est de ne pas copier mais découvrir, à partir d’inspirations, de nouveaux horizons…

Voyons tout d’abord une infime partie des quilts d’Eleanor McCain sur ce thème, elle est parmi les premières à  avoir fait une série de quilts avec des grilles qui donnent parfois des idées de tartan :

 

Eleanor Mc Cain, Variation on a theme, 2010, Private Collection of Bain Consulting
Double square grid, Eleanor McCain, 2000, collection privée
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Gray Green Grid Study with Red 2007, 47″ x 47″ Private Collection of Allen and Laura McCain

Autre artiste, Maria Shell, qui fait partie de la nouvelle génération des modern quilters :

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To Agnes Martin with color, de Maria Shell.
Tribe, toujours de Maria Shell, garde comme thème le simple + qui mène aux impressions de tissage.

Curieuse de quilts modernes ? Procurez-vous son livre :

Et que pensez-vous de celui-ci ?

Non, ce n’est pas l’ouvrage d’une quilteuse moderne mais celui de Magdalene Wilson, une quilteuse de Gee’s Bend… Il date de 1950 !

Southwest Modern : du rêve, des souvenirs, des projets…

Cela fait plusieurs années que je suis attirée par ses beaux quilts modernes, si épurés et toniques à la fois. Je me souviens forcément bien d’elle, nous partageons la même initiale et elle l’utilise en titre de blog : Initial K. Bref, quand j’ai appris que Kristi Schroeder préparait  un livre pour septembre 2017, je m’en suis réjouie et l’ai marqué sur mon agenda ! Il a fallu finalement patienter jusqu’à début janvier pour qu’il paraisse, mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas…

Ce livre se lit comme un guide de voyage, les photos sont absolument superbes et font tant de bien au creux de l’hiver, avec les jeux d’ombre et de lumière éblouissante, un vrai dépaysement ! On y trouve même de bonnes adresses, si d’aventure nous passons dans cette région aux grands espaces… Le sous-titre est explicite, on voyage de Marfa au Nouveau-Mexique.

Le Nouveau-Mexique, j’y suis allée il y a quelques décennies, à 19 ans… On est, comme en Arizona ou en Utah, en plein dans les westerns de notre jeunesse. Mon coup de cœur absolu fut pour Santa Fe, j’ai même envisagé m’y installer ! A l’époque un couple de Marseillais y vendaient des croissants au centre de la ville, leur boulangerie de désemplissait pas, preuve qu’avec de l’audace on arrive à tout. Je m’imaginais y donner des cours de français tout en faisant des quilts inspirés des couvertures Navajo… Ma vie prit un autre chemin, mais c’est de ce court séjour que me reste la passion du et de la turquoise — étudiante, je n’avais pas l’argent pour m’offrir des bijoux en pierre turquoise, je me suis rattrapée depuis, tant en bijoux qu’en tissus de cette couleur ! J’aurai peut-être la chance de retourner bientôt à Santa Fe… mais on m’a dit que, 38 ans après, c’était devenu « chic & cher », un peu trop mis en scène, un peu trop commercial, un peu trop ville-musée… Dans son livre, Kristi en retient le meilleur, les turquoises bien sûr (quilt Zia p 92), les merveilleuses couleurs de la terre et des habitations en adobe, les poteries Zuni en noir & blanc…

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Sandia Quilt de Kristi Schroeder, en accord avec les habitations traditionnelles
A l’ombre, sur la place du Palais des Gouverneurs, se trouve l’Indian Market avec ses turquoises serties d’argent, des poteries, des couvertures tissées localement, tout un artisanat qui me faisait rêver !

Marfa en revanche ne me disait rien, alors que les photos du livre de Kristi sont sublimes. Marfa est un ex-village fantôme de l’ouest du Texas, à 7 heures de route de Santa Fe plein sud, au milieu du désert caillouteux de Chihuahua. Son histoire est extravagante, à commencer par son nom trouvé dans un roman ; on lit habituellement que c’est d’après un des personnages des Frères Karamazov (un roman de Dostoïevski), à moins que ce ne fut d’après Marfa Strogoff, la mère russe énergique imaginée par Jules Verne… On ne le saura jamais ! Pour faire court, ce lieu désolé est devenu l’antre de Donald Judd, le roi du minimalisme en sculpture, puis celui d’autres artistes modernes de toutes disciplines. Les magazines de décoration intérieure parlent du Marfa Style, un mélange de minimalisme, de post-industriel, de rustique, d’artisanal… En tout cas, pas une once de plastique, les matières premières sont brutes et nobles. Et les cactus rappellent que le désert est ici.

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Un coin de l’hôtel Cosmico à Marfa : on peut y dormir dans un tipi, une tente barnum ou un trail… Marfa, c’est l’aventure ! Un carrelage turquoise, je n’y aurais jamais pensé…
Au Capri à Marfa, ambiance conviviale pour une cuisine très recherchée ! Ici aussi, du turquoise…
La déco peut être aussi plus chaleureuse, avec du bois et des éléments rustiques… avec une touche de turquoise ! Photo Mark Cunningham
Marfa est vraiment au milieu de nulle part…

Marfa est également connue pour ses lumières mystérieuses que beaucoup expliquent avec leurs certitudes, mais le débat reste ouvert. Distorsion des lumières de phares d’une lointaine autoroute ? Activité extra-terrestre ? Fantômes en balade ? Ces étoiles dansantes continuent de faire parler et ont inspiré également un quilt du livre !
Et c’est à Marfa que fut tourné Giant, l’ultime film de James Dean en 1955…

Un grand film sur le développement du Texas grâce au pétrole, préfigurant la série Dallas, mais montrant aussi le racisme contre les hispaniques, la place de la femme dans les années 1950… A voir ou revoir !
Pendant une pause à Marfa, entre deux prises… Photo attendrissante d’une étoile montante à la vie stoppée net dans un accident de voiture, quelques semaines plus tard.

Kristi Schroeder me fait voyager grâce à son livre ! Elle me fait aussi rêver avec ses quilts, riches de la culture de ces lieux enchanteurs. Ils sont tous en tissus unis, c’est la tendance actuelle et c’est ici pleinement justifié car elle approche ainsi le style des tissages des Indiens (des Native Americans, dans la langue politiquement correcte) avec leur géométrie si reconnaissable. C’est une vraie amoureuse du design et de la couleur tout autant que du voyage, mais elle sait aussi inventer des blocs surprenants ! Les explications sont riches en schémas très bien faits qui vous permettront de suivre facilement les étapes.

Ce livre montre 18 quilts, 18 rêves d’évasion :

 

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Et j’aime beaucoup la mise en scène de cette belle artiste qu’on voit plusieurs fois dans le livre. Nous l’apercevons aussi sur cette trop courte vidéo de promotion du livre : video southwest quilts. Quilts et paysages se partagent la vedette !

J’ai eu quelques contacts avec Kristi, elle est aussi sympa que talentueuse !

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Quand l’Est rencontre l’Ouest…

Encore un livre à vous recommander ! Les éditions américaines nous gâtent encore, ici Abrams, avec un livre rempli de l’esprit de cette créatrice. Les quilts improvisés se diversifient et prennent leur place dans notre petit monde du patchwork moderne.

Quand L’Est rencontre l’Ouest, c’est le thème d’un tout nouveau livre de quilts, quand les tissus et l’esprit japonais sont interprétés par une Américaine infiniment passionnée par le Pays du Soleil Levant. Patricia Belyea vit à Seattle et de cette ville côtière de l’Océan Pacifique, quand elle regarde vers le large son esprit voyage sans doute tout droit, vers le Japon, pays qui la fait rêver depuis son enfance… Le petit paradoxe est que le Japon est pour elle plein Ouest !

Rêve devenu réalité, elle travaille maintenant dans ce domaine qu’elle aime tant. Patricia est maintenant connue pour son commerce de tissus Yukata, destinés normalement à la confection de légers kimonos d’été. Les tissus sont originalement larges de 14 inch de large (35,5 cm), typiquement pour faire des kimonos, et sont vendus au yard chez Patricia. Elle collectionne à la fois ces tissus anciens, vintage et quelques plus modernes et les vend en dispensant généreusement ses connaissances. Parallèlement, elle apprit les règles du patchwork et comprit bien vite que c’était le côté moderne et improvisé qui l’épanouissait.

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Oui les tendances sont têtues, les quilts improvisés remplissent les nouveaux livres pour mon plus grand bonheur !

Les quilts de Patricia sont simples, leur raffinement vient de la qualité des tissus. J’aime son idée de départ, choisir le chiffre-chance japonais, le 8, hachi qui signifie à la fois huit et chance, croissance, prospérité. 8 donc comme 8 inch (20 cm), la dimension idéale pour ses blocs. Les larges imprimés japonais ont assez de place pour s’exprimer.

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De très belles finitions originales comme du sashiko rendent les quilts plus sophistiqués, les grandes bordures sont omniprésentes, contrairement aux quilts modernes standard, même si on utilise aussi le facing comme finition !

C’est donc un livre que je recommande chaleureusement si vous aimez l’esthétique japonaise, ses couleurs vives, tranchées, contrastées et un design épuré, simplement moderne.

Son site : https://okanarts.com/

 

Rayna la Reine de l’Impro

Le Quilt Festival Houston ferme ses portes demain soir. Déjà les rendez-vous se prennent pour l’année prochaine.
La grande maison d’édition C&T Publishing y présente tous ses derniers succès de librairie sur les quilts modernes comme celui de Victoria Findlay Wolfe trop rapidement présenté ici.


Parmi ceux présentés ci-dessus, celui-ci vient tout juste de sortir et on se l’est arraché sur le stand :

A Houston, les nombreuses séances de dédicaces permettent de rencontrer les auteurs. Ici Rayna Gillman, qui a vite manqué de livres à dédicacer !

Les quilts improvisés intimident, et pourtant de plus en plus de quilteuses me disent avoir envie de se lancer. C’est une démarche bien différente quand on choisit un modèle et on s’astreint à le reproduire fidèlement. 

Ce tout nouveau livre, Create your own Improv’ Quilts de Rayna Gilman, peut vous aider à franchir le pas. Après une introduction libératrice (quels tissus choisir…), nous « écoutons » Rayna qui nous explique, nous la bonne copine que nous devenons au fil de la lecture, ses principes et surtout ses non-principes.

Rayna présente son livre non pas comme un recueil de recettes mais un générateur d’idées. La créativité se provoque puis s’entretient !

Mais pour réussir un quilt improvisé, tout ne devient pas beau et harmonieux d’un coup de baguette magique ou d’un coup de cutter, loin de là. Rayna nous fait progresser à partir de ses propres hésitations, ses erreurs et la résolution des problèmes.

Il n’était pas du tout prévu que ces blocs deviennent un centre en forme de médaillon, nous voyons les diverses options page précédente. Mais Rayna nous explique pourquoi c’est son choix final et on se range à son avis, c’est le meilleur !

Comme je baigne dans l’improvisation depuis des années, j’apprécie grandement la quantité et qualité des trucs et astuces que Rayna nous offre dans ce livre. Et j’ai appris une chose évidente à laquelle je n’avais pas encore pensé : la couture sur papier improvisée. Ces deux notions paraissent antinomiques, pourtant c’est d’une évidence simplissime et son truc qui évite trop de coutures prises dans le papier est formidable ! D’autres chapitres font le point sur des techniques aussi diverses que le fusing (utilisation d’un thermocollant double face) ou les bandes irrégulières… 

Avec un quilt improvisé, votre ouvrage ne sera jamais le même que celui montré au départ. Il vous viendra sans doute aussi d’autres idées en chemin… C’est ce qui est exaltant dans cette démarche !

Bien sûr ce livre est en anglais et il est peu probable qu’il soit un jour traduit en français. Mais j’ai pour vous une belle solution : Rayna Gillman parle couramment français et sera en Bretagne fin août 2018, comme l’année dernière, pour dispenser un stage ! Pour tout renseignement, veuillez vous adresser à Anne sur le site du clos de Lande Vallée.

Voici le site de Rayna Gillman : https://www.studio78.net/.
Les deux premières photos viennent de Facebook/Rayna Gillman.

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Comme annoncé dans un article précédent, nous avons maintenant des photos du Festival de Houston ouvert au public (après le Salon réservé aux Professionnels).
Ici vous avez textes & photos de l’émouvante galerie du Projet 70273 sur plusieurs articles (début novembre). Nous reconnaissons plusieurs quilts exposés à Lacaze (81).
Ne manquez pas les photos de la galerie France Patchwork à Houston ici. Les quilts du concours de la Dernière Fugitive sont si beaux !

Burda Patchwork, Quilts Modernes

J’aimais bien certains quilts proposés par le magazine Burda Patchwork Quilts & Appliqués (depuis l’automne 2014 Burda Patchwork) qui nous faisaient découvrir de beaux tableaux textiles de Beatrix Laufens — quelle poésie ! — et souvent des quilts aux techniques sortant de l’ordinaire. Au fil du temps cependant, la revue perdait de son attrait. La qualité moyenne du papier ne jouait pas en sa faveur, car nous sommes difficiles en France, avec nos superbes revues qu’on nous envie à l’étranger ! Malgré ses qualités, les ventes ont sans doute baissé, il était temps de réagir.

En plein été est sorti le Burda Patchwork n° 54. A vrai dire, je l’ai reçu en cadeau, pour m’inciter à vous dire ce que j’en pense. L’été est vite passé avec mon blog au repos – et moi en détox digitale. Mais j’ai lu, relu, ce nouveau magazine qui n’a plus rien de commun avec la formule précédente. Le gros titre le proclame : 21 projets modernes & lumineux ! C’est bien cela, on en a plein les yeux avec des couleurs vitaminées, des quilts rythmés, spectaculaires, pile dans la tendance des quilts modernes. Le papier mat, comme pour Les Nouvelles (magazine de France Patchwork) lui donne un autre cachet.

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Les raisons de ce changement ?
Les explications sont dans l’éditorial. Burda et F+W Media sont liés financièrement depuis 2014 et dorénavant le magazine Burda Patchwork est fait d’après Modern Patchwork, magazine populaire américain du même groupe. C’est bien sûr dommage pour les créatrices allemandes et françaises qui y collaboraient, remplacées par des américaines. La concurrence est rude et les frais doivent être réduits…

Le résultat pour un lecteur ou une lectrice qui aime le quilt moderne, c’est tout de même la jubilation devant une parution pleine d’idées sympathiques ! Certains quilts sont simplissimes, avec juste une touche qui attire l’œil, d’autres sont plus impressionnants mais pas forcément difficiles. Rares sont les ouvrages vraiment durs à faire. Tout pour attirer la jeune génération et les moins jeunes, heureuses de se renouveler dans l’air du temps !

Vendredi dernier, lors de la réunion à la Ruche, j’ai montré les Burda Patchwork n° 54 et 55 à mes Amies Abeilles. C’est l’unanimité pour approuver ce changement, bravo Burda ! Celui que nous préférons est sur la couverture du Burda actuellement en kiosque, avec un quilt dans le style de la Française Cosabeth Parriaud :

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… Mais de nombreux autres quilts nous séduisent aussi !

Comme nous sommes connectées, nous pouvons aussi télécharger un patron (signalé par un point d’exclamation rouge), sans doute pour limiter la pagination. Bonne ou mauvaise idée, je n’ai pas encore d’avis.

Cerise sur le gâteau et en l’occurrence, cherry on the cake, Burda Patchwork propose des reportages intéressants. Drôle de coïncidence – ou pas, le monde est petit – sur le dernier vous y verrez Ian Berry et Sara Faughnan avec notamment son quilt Pomme de Pin moderne ! Que du beau monde…

Alors oui sans hésitation je suis pour cette nouvelle parution qui pourra amener de nouvelles personnes vers le patchwork graphique & moderne et séduire les jeunes !

 

 

 

 

La Tresse

Bonjour ☀ et bienvenue dans la Ruche des Quilteuses 🐝 !

Mon roman de l’été

Pour passer la rentrée en douceur, quoi de mieux qu’une belle histoire ? Si vous n’avez pas lu ce livre cet été, rattrapez-vous !

C’est beau une tresse. Trois brins s’entrelacent pour s’unir et être ainsi plus forts. C’est le titre et le symbole de mon roman de l’été dans lequel trois femmes courageuses changent chacune le cours de leur vie et celle de leurs proches pour un avenir meilleur. Leurs décisions leur tressent une nouvelle vie et les unissent. Trois femmes sur trois continents qui a priori n’ont aucun lien, si ce n’est une tresse…

En lisant ce roman, cette photo hantait mon esprit. Prise en 1972 à Madras (Inde) par Edouard Boubat, un de nos grands photographes du 20e siècle.

Rapide et plaisant à lire, ne manquez pas ces quelques heures d’émotions… si ce n’est déjà fait, car ce roman a le succès qu’il mérite ! Premier livre d’une romancière à suivre…

Laetitia Colombani

Tressage, nattage, tissage…

Entrelacs, arabesques et nœuds sans fin se retrouvent dans maintes civilisations (celtique, chinoise, tibétaine, japonaise, musulmane, etc.). Ces figures m’apportent beaucoup de sérénité et c’est depuis longtemps une infinie inspiration pour les quilteuses ! En voici un aperçu, forcément partiel.

Le nœud sans fin, ou nœud d’éternité, est un des emblèmes du bouddhisme :

Ce nœud sans fin est une des huit figures bénéfiques dans le bouddhisme, symbolisant l’interdépendance de toutes choses, l’union de la sagesse et de la compassion. Ici : Gateway to Mongolia, Maggie Ball.
Le style Art Nouveau, au tournant du XXe Siècle, s’inspirait largement de la Nature dont les volutes, les entrelacs rappellent parfois le style celtique.

Collier fait par Kristine avec un noeud celtique.
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La chaîne irlandaise est une version éloignée des entrelacs celtiques. Ici, les centres sont judicieusement ornés de nœuds celtiques faits au biais thermocollant. Fait par Karen.
Art celtique contemporain de la talentueuse Gyongi Varadi. Quilt intitulé « Jours de semaine chargés » !
Viking longship quilt, Quiltocalypse.
La spirale n’est pas dans le registre des nœuds et tresses, mais il les rejoint par sa forme arrondie. Le bateau d’Oseberg, fait en l’an 817, est magistralement représenté ici par Ruth Mc Dowell. Un de mes quilts préférés ! Ce bateau a, de plus, des ornements très proches des entrelacs celtiques sur une grande partie de sa proue :
Ce bateau Viking -qu’on nomme à tort drakkar, mot fantaisiste français- est sculpté d’entrelacs qui ressemblent furieusement aux décorations celtiques d’Irlande !

Autre technique qui rappelle encore plus directement le tissage, le meshwork.

J’ai fait ce mini-quilt en meshwork, L’étoffe de mes rêves, avec des lisières et des tissus unis.

Un fil dessus, un fil dessous, un fil à gauche un fil à droite, toutes ces combinaisons sont les bases du cordage, du macramé, du vannage, du tissage, gestes multi-millénaires. En patchwork on s’approche de ce visuel dans ces quelques exemples.

Les chevrons imbriqués donnent une impression de tressage :

Top qui, avec la lumière dans le dos, fait un effet de vitrail. Les colonnes sont assemblées en ligne droite.

Autres chevrons plus modernes, avec un espace blanc qui fait respirer le motif :

Plus difficile, plus lent, le motif aux chevrons qui s’imbriquent tous et nécessitent de multiples coutures partielles :

Superbe quilt de Victoria Findlay Wolfe, avec un très beau travail de chevrons imbriqués !

Ce quilt et bien d’autres sont expliqués dans son tout nouveau livre qui sort ce mois-ci, je devrais le recevoir demain (youpi !!) :

Plus facile, la French Braid – la natte française – est très populaire depuis la parution d’un livre (de 2006) qui donne beaucoup d’idées, faisant des chevrons avec un carré central formant une chaîne. C’est facile et permet des effets spectaculaires de dégradés !

Quilt de la couverture du livre French Braid Quilts de Jane Hardy Miller. S’ensuivront d’autres livres sur le même thème.

Tout simple mais si beau, comme le sont les meilleurs quilts modernes, voici un quilt de Pat Bravo :

Il y a aussi les impressions de tissage :

Une jolie technique à trouver ici !

Même idée, avec un résultat très moderne :

Modèle issu de Love Patchwork & Quilting n° 51, août 2017.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui… Heureuse de vous retrouver ici en ce jour de rentrée, à très bientôt !
Katell

De nouveaux tissus en sourdine

Dans ma tentative de tout traduire en français – alors que je n’ai pas encore réussi à traduire correctement patchwork, c’est dire, sauf si vous êtes prêtes à parler de mosaïques de tissus – j’avais évoqué il y a quelque temps la mode des quilts en sourdine. C’est aussi bizarre en français qu’en anglais, je vous rassure ! Articles ici, ici et.

OHHH ! De nouveaux tissus en sourdine ! (photo Zen Chic)

J’ai présenté ce mouvement un peu différemment dans Les Nouvelles n° 125 en montrant des quilts urbains avec des tissus low-volume, avec une belle galerie de quilts de Sarah Sharp, maintenant très connue. Low-volume, c’est mettre le son bas, le mettre en sourdine.

C’est la talentueuse Malka Dubrawsky qui inventa le vocable low volume appliqué aux couleurs de tissus dans un article de Quilting Arts (Avril 2009). Elle se disait momentanément fatiguée des couleurs saturées et intenses (encore des références aux sons pour des couleurs) et voulait se reposer avec des tissus à base blanche ou claire, avec cependant des impressions en couleurs non-dominantes mais présentes quand même.

Quelle différence avec le style shabby chic ? Le shabby est du vintage clair, alors que le low-volume est du moderne clair. Je vous donne cette définition à l’emporte-pièce, mais c’est assez juste je crois.

Cette idée lumineuse des tissus clairs de couleurs pour faire des fonds semblait se tarir, laissant place aux blancs ou gris en Quilt Moderne. Faute de tissus adéquats ?

Nouveau tissus Zen Chic

Alors réjouissons-nous, Brigitte Heitland a pensé à nous ! Elle vient tout juste de recevoir les premiers tissus de sa collection que nous pourrons acheter en février 2018. Ils sont parfaits pour des tissus de fond, à assembler par exemple avec des unis qui claquent. Voici ses premiers essais via son logiciel, qui n’attendent qu’à devenir en tissus :

Que d’enthousiasmantes perspectives ! En attendant leur venue, d’autres tissus de Brigitte nous attendent. Sa nouvelle gamme est bleue :

True Blue de Zen Chic, un assortiment très doux de bleus et gris avec des touches orange qui donnent des accents chaleureux à l’ensemble. Disponible Au Fil d’Emma notamment.

Celle-ci sera disponible en automne, elle est dans ces tons chauds et froids, très inspirants également :

De quoi vous inspirer de nouveaux quilts pour la rentrée !

Pour mieux connaître cette formidable créatrice, lisez l’article qui lui est consacré dans Simply Moderne #9 et l’interview qu’elle a eu la gentillesse de m’accorder dans Les Nouvelles n° 133 (juin 2017). En plus d’être créative et intelligente, elle est si sympathique ! Ce fut un immense plaisir de partager quelques heures avec elle. Danke Dir meine liebe Brigitte!

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Dans Les Nouvelles il y a…

… beaucoup de jolies choses !

Bien entendu il s’agit des Nouvelles, Patchwork & Création Textile. Vous ne le trouverez pas en kiosque puisque c’est le magazine des membres de l’association France Patchwork, dont je suis fière de faire partie depuis… des décennies.

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Le nouveau magazine est arrivé en plein black-out de ma Box internet, mais il n’est pas trop tard d’en raconter des bribes d’histoires, car si vous n’êtes pas abonnée vous pourrez l’acheter sur le stand France Patchwork de la plupart des grandes manifestations de patchwork de France (prochainement par exemple à Quilt en Sud et Quilt en Luberon).

Je participe avec joie à la rédaction de ce magazine, écrivant quelques pages sur des aspects méconnus du monde du patchwork. Cette fois-ci j’y ai développé la technique du Pine Cone, la Pomme de Pin. On la connaît un peu pour faire une pomme de pin de Noël en piquant les triangles sur un œuf de polystyrène ou pour faire des maniques épaisses et donc isolantes. C’est en fait un pliage universel, vu à la fois à Madagascar et en Thaïlande, en France et en Grèce, en Afrique et aux Etats-Unis. Dans ce dernier pays, on manque de littérature à ce sujet mais il semble établi que les quilts faits de triangles de tissus de récupération remontent au temps des esclaves.

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Le Pine Burr Quilt de LeeAnn est fait de tissus de récupération, dans la plus pure tradition.

Le temps a passé et cette technique intéressante resurgit parfois sporadiquement. Mais depuis le quilt fait par LeeAnn et grâce à internet, les Pine Cone (ou Pine Burr) quilts regagnent l’attention des quilteuses ! C’est pourquoi vous trouverez l’interview de Betty Smith  et celle de Rachael Daisy, l’une suivant la tradition avec patience et passion, l’autre la renouvelant avec peps et talent. Pour compléter le sujet, vous trouverez les explications de cette technique dans la rubrique des Modèles.

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Voici un nouveau Pine Cone fait par Betty. Elle est devenue la personne incontournable, la référente pour ces quilts de tradition du Vieux Sud.
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Des cours sont donnés de plus en plus souvent pour refaire vivre cette technique. Ici à la Folk School du Musée Maritime de Floride. L’apprentissage se fait comme avant, à la main.

En même temps, de l’autre côté du monde en Australie, Rachael Daisy donne elle aussi des cours de Pine Cone Quilts ! 

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Cours de Rachael Daisy avec les premiers résultats des stagiaires qui apprennent cette technique à la machine.

Autre sujet que j’ai abordé dans ce magazine de mars 2017, le Modern Quilt. C’est le présent et l’avenir de notre activité. Il ne faut pas en avoir peur, ce style se construit avec nous, utilisant des tissus différents, des techniques souvent simples, des maquettes graphiques, des expressions personnelles… On le confond souvent avec les Artextures, cela méritait un éclaircissement !

Luna Love Quilts
Mini quilt de Sophie (Lunalovequilts) qui a récemment participé à un challenge Log Cabin moderne sur internet.

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