Route 66 Quilt

Route 66 – Étape 2, vers Springfield, IL

Le convoi se met en route, les copines de la Route 66 ont de la bonne humeur à revendre, un brin de gourmandise (ah les pancakes du matin !), du swing dans les baskets…

Pour celles qui me lisent depuis peu, je rappelle que je me suis inscrite à un groupe Facebook où les participantes, des quilteuses, vont à la fois vivre un voyage virtuel sur la Route 66, de Chicago à Santa Barbara, et faire un quilt. Ici, j’écris des impressions de voyage, parfois inspirée par les copines,  et je partage l’avancée de mon ouvrage pour faire un petit patchwork d’histoires qui fleure bon l’Amérique d’antan. 
Une joyeuse nostalgie baigne dans ce groupe, tout pour nous faire oublier la vie quotidienne.
En route !

Nous étions, fin août, au point de départ, Chicago.

Entre Chicago et Springfield, capitale de l’État de l’Illinois, la Route 66 a parfois été abandonnée au profit des autoroutes et la nature se l’approprie :

Photo prise dans l’État de l’Illinois (lien)

Mais ailleurs, l’heureux temps passé s’affiche en petits et grands musées, en panneaux et divers objets qui rappellent la joie et l’insouciance, particulièrement des années 1950-60. Et tant pis si c’est rouillé, ne le sommes-nous pas aussi parfois ? Nous sommes joyeusement vintage nous aussi !

A Springfield, ancienne station service de la Route 66 devenue un temps musée (lien)

En passant par Decatur…

Une des routes pour arriver à Springfield passe par la petite ville de Decatur. Si vous avez ce livre (Le Guide visuel du patchwork, Ellen Pahl, les Éditions de Saxe), cela vous dit peut-être quelque chose ! Il s’agit d’un point de croix noué en son centre, qui peut servir de nouage de quilting, sans fils qui traînent. 

Voici un nouage traditionnel :

Voici comment faire un nœud Decatur (pages 86-87 de mon édition de 1999) :

On commence comme un point de croix, en prenant bien toutes les épaisseurs du quilt. Ici j’ai marqué les points A – B – C, et au lieu de piquer directement à D (non écrit sur le tissu), je commence à faire une boucle au centre. Ici je triche, ce n’est qu’un tissu et pas un sandwich. 

 

Je termine ma boucle au centre, qui va devenir un petit nœud.

 

Puis on fait glisser l’aiguille entre les épaisseurs, sans couper le fil, pour faire le prochain nœud Decatur (ici, prochain nœud plus bas). Malin, discret, facile, rapide…

Pourquoi donc s’appelle-t-il nœud Decatur ? C’est l’auteure de ce chapitre, Caroline Reardon, qui a vu ce nouage sur un quilt exposé à Decatur… C’est ainsi que ce font certains baptêmes, tout simplement ! Si vous le cherchez sur internet, cela s’appelle Decatur Knot en anglais.

Quand on arrive à Springfield…

Les fans de TV ne peuvent s’empêcher de penser à la famille la plus connue de la ville, les Simpson !

La capitale de l’Illinois est une ville qui semble très agréable à vivre, pas trop grande, tournée vers la bonne chère et la culture, célébrant Abraham Lincoln et… la Route 66 !

La Route 66 est née à Springfield, même si le tracé commence officiellement à Chicago. On s’y réunit pour le fun, tous les engins motorisés sont admis pour célébrer la vieille dame, la Route 66 !

Des terres fertiles

Comme l’Illinois est en pleine région agricole, le Midwest, nommé Corn Belt (la ceinture de maïs) ou le grenier des USA, je profite de notre halte dans cet État pour vous parler des céréales pour le petit-déjeuner. Un clin d’œil tout d’abord aux flocons d’avoine de marque Quaker dans l’article sur le Rajah quilt, créées par des fermiers de l’Ohio, même pas quakers !

La compagnie Kellogg’s au nom mondialement connu est une des grandes réussites américaines, mais savez-vous qui créa les corn flakes ? Ils arrivèrent en France en 1968, mais furent inventés à la fin du 19e siècle…

Un petit-déjeuner hygiénique

A partir de 1830 aux USA, des médecins hygiénistes voulurent améliorer l’espérance de vie en favorisant le végétarisme, l’exercice, la pensée positive et l’abandon du tabac, du café, du thé anglais, de l’alcool… Ils étaient bien en avance sur leur temps ! Cette mouvance restait très minoritaire, mais respectée.
John Harvey Kellogg (1852-1943) naquit dans le Michigan, au sein d’une famille de 16 enfants. Cette famille rallia la religion des Adventistes du 7e Jour dès sa création en 1860. Les Adventistes reprennent dans leur profession de foi la plupart des idées des médecins hygiénistes.

 La maladie est un effort de la nature pour libérer l’organisme des conditions résultant de la violation des lois de la santé…
L’air pur, la lumière du soleil, la tempérance, le repos, l’exercice, la nutrition, l’eau et la confiance en la puissance divine,
tels sont les vrais remèdes.
Ellen White, co-créatrice de l’EAJS, les 8 remèdes naturels

Jeune homme, John Kellogg fut encouragé par son Église à faire des études de médecine réformatrice à Chicago. Avec son frère Will, il dirigea ensuite le premier sanitarium (pas un sanatorium) de l’Église, un centre de bien-être où sont suivies les 8 préconisations de bonne santé. Il appelle cela la vie biologique. Un jour un peu par hasard, il crée des pétales de blé, puis fait de même avec du maïs et les sert au petit-déjeuner dans son établissement. Cette nourriture insipide est bonne contre… la masturbation, dit-il, et les idées de sexe plus généralement, qui sont attisées par les nourritures épicées

Dans le même but de bonne santé conforme à ses principes, c’est lui aussi qui invente le cultissime beurre de cacahuètes !

De la gymnastique au sanitarium de Battle Creek, vers 1900.

Pour nous, au 21e siècle, leurs principes de santé et de prévention des maladies ne sont globalement que du bon sens, mais la plupart des conseils allaient à l’encontre des habitudes de l’époque. Par exemple, se laver tous les jours !

Le bon docteur John Kellogg eut une vie pleine de réussites, avec une vision naturelle de la santé qui reste actuelle sauf… pour les relations sexuelles ! (Mal) guidé par le conservatisme religieux, ses discours à ce sujet sont ahurissants. En revanche, il n’eut jamais une once de racisme et il défendit toute sa vie la cause des Noirs. Il en forma des dizaines, médecins et autres professionnels de santé.

Et la marque Kellogg’s ? Dès le début, les frères Kellogg ne sont pas d’accord sur l’ajout du sucre. Le frère de John, Will, vise plus le succès commercial que la bonne santé ; le goût du public gagne, les corn flakes sont vendus sucrés et le frère fait carrière dans l’agroéconomie. L’ajout de vitamines en fait un aliment qui a aidé le peuple américain en temps de crise (1929, guerres mondiales).  Les pétales de maïs et leurs produits dérivés se vendent dans le monde entier, employant 37 000 personnes. A présent, on critique leur ajout de sucre, de sel, on se méfie de leur contribution à l’obésité (indice glycémique)… Mais quand on a été élevé avec des céréales du matin, elles restent souvent un doudou alimentaire à vie !

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Un film raconte son histoire, très romancée. Je ne l’ai pas vu, et vous ?

Mon projet Route 66 : la carte des États-Unis

La première quinzaine d’octobre, chacune a déjà fait son étiquette, on a réuni ses tissus, on sait où on va et on va bel et bien commencer l’ouvrage. Beaucoup de mes copines de route ont déjà fait plusieurs blocs. Pour moi, ce sera ce week-end la préparation de la carte en papier, en suivant les instructions de mon modèle. J’ai enfin reçu mon tissu de fond !

Sur le tissu de fond choisi pour ma carte (Grunge étoilé), voici les feuilles de la carte à télécharger gratuitement ici (merci Flamingotoes.com) puis je découperai les États, en veillant bien à y marquer leur nom en abréviation de deux lettres. En France, nous avons les numéros de départements ; aux USA, on écrit IL pour Illinois par exemple. Après cette petite corvée viendra le grand plaisir de choisir un tissu par État ! 

                               Roule Jeunesse !

A très vite pour le point mensuel des quilts météo.
De nombreux quilts sont encore postés ce mois-ci, quelle diversité !

Katell 

30 réflexions au sujet de “Route 66 – Étape 2, vers Springfield, IL”

  1. Bon , encore un article très intéressant qui me fait déjà regretté de n’être pas partie sur la route 66…🤔
    Merci Katell

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      1. T’inquiète, chacune s’est déjà fait piéger !

        Le convoi est jeune dans sa tête, une vraie bouffée d’oxygène ! Pour que le groupe ne devienne pas impersonnel, les inscriptions sont closes, nous sommes 80. Mais Patou Pat organisera sûrement d’autres voyages !

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  2. Projet très sympa. Est il encore possible de s’inscrire ? Mon mari qui a vécu aux Etats-Unis et qui est fan de sports américains voudrait que je lui fasse un patch avec ces thèmes et faire partie d’un projet comme celui-ci me motiverait sur le long terme.

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  3. Bonjour,
    Je suis francaise et quilteuse qui habite en californie et la route 66 passe a ma porte. Si vous souhaiter faire un coucou faites mois signe!
    Brigitte

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  4. Quel plaisir de suivre cette nouvelle aventure textile, sur la route 66 !
    Ce WE, sans ce vilain et fâcheux virus, nous aurions eu le plaisir de faire connaissance à Charleville-Mézières, grâce à l’initiative d’Annie Labruyère … et de partager une belle aventure textile toutes ensemble … mais tout n’est que partie remise … il nous faudra être patientes ! Bon dimanche !

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    1. Oh oui, nous avions prévu deux journées de stage pour nous amuser dans l’improvisation, sur plusieurs thèmes… Je serai tellement heureuse, sincèrement, de rencontrer de nouveau les quilteuses de France quand les risques seront écartés.
      Dans chaque coin de France, l’ambiance est différente, mais toujours bienveillante. On se rencontre avec plaisir, et on se quitte amies. Nous visons non pas la Lune, mais l’automne prochain ! En attendant, je continuerai de divertir sur le blog. A bientôt Monique !

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  5. Bonjour à toutes
    Les photos me rappellent la route 66 (j’ai les mêmes!) et ma visite à Springfiel!
    Ah comme j’ai aimé cette route 66.

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  6. Super comme idée , un voyage virtuel en ces temps de covid rien de mieux pour dégourdir les doigts , cultiver l’amitié et se plonger dans les paysages traversés par la route 66.

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    1. J’ai de la place dans ma Buick avec chauffeur (Elvis, le King himself), nous pouvons nous serrer comme des sardines (pas de ceinture…) et chanter à tue-tête !null

      Et bien sûr, tu verras l’avancée lors de nos rencontres d’Abeilles Masquées !

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