Y Cwilt

Certains livres pour enfants ont un charme qui vit longtemps en nous, comme une mélodie souvent fredonnée. C’est ce qui m’arrive avec ce livre :

Je regrette de ne pas pouvoir le lire en gallois, la version originale… J’ai bien sûr choisi la version anglaise :

C’est Valériane Leblond qui raconte l’histoire d’une petite Galloise au tournant du XXe siècle. La vie est simple et rude, mais la famille y vit depuis toujours, en symbiose avec la nature.

C’est l’automne en Pays de Galles, c’est ici que commence l’histoire de la fillette. (photo facebook Valériane Leblond)

L’hiver au coin du feu, le père sculpte des objets dans du vieux bois, la mère taille des bouts de flanelle de laine noire et rouge pour en faire un cwilt. Mais un hiver plus difficile rend la faim tenace et les parents décident de quitter leur pays, un seul ballot en main : le quilt rouge et noir… La petite fille découvre une ville, un port, un bateau, un long voyage en mer. Dans la chaleur du quilt, elle trouve la consolation du déchirement de l’émigration. 

Dans ce nouveau pays jamais cité, dans une nature différente mais généreuse, avec le travail acharné des parents, la famille crée son nouveau foyer, sa nouvelle vie, son nouveau chez-eux, avec le fameux quilt rouge et noir qui rappelle la vie d’avant…

Faire de ses rêves une réalité plus douce, c’est la réussite de cette famille.

La fillette observe et comprend à sa manière les changements dans leur vie, se rassure en voyant les hirondelles du printemps, symbole de la résilience. La finesse des dessins souligne la justesse de l’histoire, vécue par des millions de migrants quittant l’Europe pour une vie meilleure aux États-Unis.

La grande ville d’où part le bateau se reconnaît à sa skyline (sa ligne d’horizon), c’est Liverpool (photo Facebook Valériane Leblond).

Dans ce livre, au Pays de Galles comme en Amérique, le ciel et la mer ne sont jamais bleus, mais des mille nuances glaz qui sont comme la vie, changeantes.

Le quilt, fait de la flanelle noire des costumes du père, de la flanelle rouge des robes de la mère, est assemblé point par point avec amour, la mère décorant avec fantaisie au fil rouge la rigueur du patchwork. Cela rappelle l’intuition de plusieurs historiennes, pensant que les femmes Amish, à la fin du 19e siècle, se sont inspirées des quilts gallois lorsqu’elles ont décidé de remplacer leurs couettes par des quilts (lire aussi : De la couette au quilt et les autres articles sur les Amish).

Vous l’avez donc deviné, ce tout petit livre est un coup de cœur ! J’imagine que toute quilteuse américaine au sang gallois offrira ce livre à ses enfants ou petits-enfants pour Noël. 

Il est en vente pour environ 7 € en anglais ou en gallois. Il reste à savoir si, un jour, il sera publié en français… 

Pour passer l’année prochaine avec la poésie de Valériane, le calendrier 2021 est disponible dans sa boutique ETSY. Attention, il est en gallois !

L’auteure nous offre sa belle histoire, et elle a fait son chemin, sans y réfléchir une suite a pris forme en moi, tout en jouant avec mes tissus. Cette fillette galloise, je lui ai donné un prénom, Gwen, que porte mon aînée en second prénom et qui rappelle aux quilteuses la reine des quilts libérés, Gwen Marston. C’est en pensant à cette petite Gwen que j’ai fait, ces derniers jours, un top que je vous présenterai prochainement. Je vous raconterai comment, même en suivant un modèle, j’ai rêvé à la petite Gwen…

Pour garder le moral, jouons avec nos tissus, rêvons… et aimons la vie simple, riche des beautés de la nature,
Katell

Lumière d’automne (par une belle journée comme aujourd’hui) Valériane Leblond

 

 

 

Frida Kahlo, icône féminine

¡Viva la Vida!

Connaissez-vous Frida Kahlo ? Sans doute savez-vous qu’elle fut une peintre mexicaine à l’oeuvre marquée par ses autoportraits. Cet exercice, se peindre, existe depuis la Renaissance (avec la disponibilité de miroirs). L’artiste est-il désespérément amoureux de son reflet, comme Narcisse ?  C’est bien plus souvent un exercice d’introspection. Voici donc une évocation de Frida Kahlo (1907-1954) avec quelques peintures, mais aussi des photos et des extraits de son journal intime ou sa correspondance.

Autoportrait aux papillons, Frida Kahlo.

Je me peins moi-même parce que je suis la personne que je connais le mieux.
Je suis ma propre muse. Je suis la personne que je veux améliorer.
Frida

Frida peignit 55 autoportraits sur 143 tableaux, exprimant la quête de soi, sa lutte contre la souffrance et, bien présente, son identité mexicaine (vêtement, faune, flore, couleurs). 

On peut voir cet autoportrait très coloré, daté de 1938, au Centre Pompidou à Paris.

Je peins des fleurs afin qu’elles ne meurent pas.
Frida

En Europe, hormis les admiratrices inconditionnelles, toujours plus nombreuses, on connaît mal Frida Kahlo, sauf si on a vu le film de sa vie, inoubliable, interprété et produit par Salma Hayek…

Née au Mexique comme Frida, l’actrice Salma Hayek portait en elle le projet de ce film depuis longtemps. Il est sorti en 2002. C’est seulement lors de l’explosion de #MeToo en 2017 que Salma osa dévoiler les turpitudes de Harvey Weinstein à son égard : il tenta notamment de faire planter le film parce qu’elle refusa ses avances…

Admiratrice de Frida et amoureuse du Mexique, mon amie Suzy Bignau m’a prêté le DVD il y a quelque temps déjà, j’ai alors compris pourquoi on pouvait tant s’intéresser à Frida Kahlo. A mon tour, je me suis mise à l’aimer, cette femme belle, intelligente, passionnée.

Photo credit: Nickolas Muray

 

Expression de ses souffrances

Dans le film, il est clairement montré que son art l’aidait à supporter ses souffrances. Elle peignait pour exprimer la violence de ses émotions, ses sensations, d’où de trop nombreux tableaux difficiles à supporter… Pauvre Frida, au corps martyrisé. Elle eut une vie de douleurs, à la suite d’une poliomyélite à l’âge de 6 ans, puis d’un accident de bus à 18 ans, dont elle gardera les graves séquelles à vie.

Je ne peins jamais mes rêves ou mes cauchemars. Je peins ma propre réalité.
Frida

La colonne brisée, 1944, 40 x 35 cm. Frida représente sa colonne vertébrale par une colonne grecque, sectionnée en 6 endroits. Les 56 clous symbolisent l’infinie douleur qu’elle endure, conséquence d’un accident à ses 18 ans (elle fut très gravement blessée lors d’une collision entre un bus et un tramway, à Mexico).

 Je ne suis pas malade. Je suis brisée.
Mais je me sens heureuse de continuer à vivre,
tant qu’il me sera possible de peindre.
Frida

Frida-Kahlo-Henry-Ford-Hospital-1932
L’hôpital Henry Ford, 1932, 32 x 40 cm. Frida sait, sur son lit d’hôpital, qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant. Lors de l’accident, elle fut littéralement transpercée par une tige métallique, de l’abdomen au vagin. Un tableau qui rappelle Dali, même si elle affirme ne pas aimer le surréalisme.

Je ne saurais dire si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu’ils sont la plus franche expression de moi-même, sans jamais tenir compte des jugements et des préjugés de quiconque.
Frida

Sans espoir, 1945, 28 x 36 cm. Frida était devenue si maigre qu’on la forçait à manger.

J’ai essayé de noyer mes peines, mais elles ont appris à nager les bougres.
Frida

Son histoire est résumée sur ce blog par exemple, mais je vous encourage à voir le film Frida, tourné dans sa maison, la Casa Azul, devenue musée.

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Une icône de la mode 

Frida ne s’habillait que très rarement à l’occidentale.

En visite à New-York, 1933 © Lucienne Bloch
Rare portrait de Frida vêtue en femme occidentale du XXe siècle, photo de Gisèle Freund en 1951.
Toute jeune, elle a déjà le goût de la tenue des femmes mexicaines de la campagne. Quel chic ! Elle adopte les robes longues pour cacher son pied déformé par la polio et la différence de longueur de ses jambes. Photo Imogen Cunningham, 1931.
Sa mère Matilda était descendante de généraux espagnols par sa mère et d’un photographe indien de Morelia (Mexique) par son père ; son père Karl Wilhem (devenu Guillermo) Kahlo était d’origine allemande.

A la fois pour rendre hommage à la culture mexicaine et pour masquer par de l’ampleur, des plis, des couleurs, son corps martyrisé, Frida a développé une garde-robe unique.

Sa maison natale, où elle a vécu presque toute sa vie, est devenu le musée Frida Kahlo. On peut y admirer quelques unes de ses tenues « indiennes ».

Les tenues traditionnelles Tehuana lui permettaient d’affirmer son héritage. La région de Tehuantepec a, en outre, la particularité d’être matriarcale, les femmes y sont à la fois féminines et puissantes. En s’habillant de leur manière,  Frida fait avec son corps, exprime sa différence et rend hommage à la mexicanité, son identité culturelle. Et partout en Amérique centrale, on porte encore des huilpils, ces hauts à forme très simple, auxquels elle donne des lettres de noblesse. Les broderies, les couleurs, les dessins, concentrés sur la partie supérieure, invitent les personnes à ne pas regarder le bas de son corps déformé.

Photos de Nickolas Muray (de gauche à droite : 1946, 1939, 1939)
La styliste Alice&Co a conçu deux patrons de huilpil pour se mettre à la mode Frida, l’un à encolure ronde, l’autre à encolure carrée : patrons à charger dans les liens de cet article.
1939_Nickolas-Muray_Frida
Photo de 1939, par Nickolas Muray, un de ses fidèles amis.

On la voit presque toujours avec des ongles manucurés, des bijoux volumineux ethniques, et souvent, comme ci-dessus, un élégant châle savamment noué : encore un héritage mexicain, le fameux rebozo. Elle continue d’inspirer les femmes, ainsi que les couturiers comme Jean-Paul Gaultier (ses corsets…).

On admire la richesse de sa garde-robe, ses bijoux, ses coiffures… Ici un large ruban est tressé avec ses cheveux. « L’art de Frida Kahlo de Rivera est un ruban autour d’une bombe », a dit André Breton. Photo Nickolas Muray en 1939.
Et, la plupart du temps, des fleurs fraîches piquées dans sa coiffure…

 

Engagement politique et liberté assumée

Généreux et utopistes, Frida et son mari Diego Rivera voulaient changer le monde ! A l’époque, le marxisme semblait être la solution contre le monde belliqueux en place qui broyait les pauvres. Pour Frida, c’était avant tout pour faire avancer la condition des femmes dans un monde machiste. Épisode rocambolesque, le couple abrita Léon Trotski et sa femme, chassés de l’URSS par Staline,  pendant deux ans dans la Casa Azul, de 1937 à 1939. Léon Trotski sera assassiné l’année suivante, dans le même quartier où il continuait d’habiter après avoir été viré par Diego.

Frida Kahlo_Entre las cortinas_para Trotski
Ce tableau, plus grand que la plupart des autres peintures de Frida (87 cm x 70 cm) s’appelle Entre les rideaux, pour Léon Trotsky (1937). Elle s’est faite bien jolie, maquillée, confiante et séductrice. La mise en scène, entre deux rideaux blancs, rappelle les retables mexicains en triptyque. La lettre qu’elle tient dans la main est la dédicace : Pour Leon Trotski, avec toute mon affection, je dédie cette peinture le 07 novembre 1937 – Frida Kahlo à San Angel, Mexico. C’est elle qui se lassera du grand homme et lui, amoureux comme un adolescent, lui écrivit qu’elle fut « sa seule et authentique Révolution… »
Son mari Diego Rivera, peintre célèbre plus âgé qu’elle, fut l’homme de sa vie, même s’il commença rapidement à la tromper… Elle ne fut pas de reste, elle eut de nombreux amants et quelques amantes. Les invités témoignaient des disputes épiques, des assiettes qui volaient… 

Amour de la vie :
Frida
s’entourait de plantes et d’animaux,
Frida aimait la vie, même si elle lui en faisait baver… 

Il y en a qui naissent avec une étoile qui brille haut et d’autres comme des étoiles tombées par terre, écrasées, pleines de coups, et même si vous ne le croyez pas, je fais partie de celles qui sont bien tombées par terre.
Frida

Frida avec son singe Fulang Chang,1944, Mexico City,  © Bettmann/CORBIS
Frida et son faon en 1940, photo Nickolas Muray
Frida avec ses chiens, photo Gisèle Freund
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Frida nourrissant ses canards dans son jardin de la Casa Azul, photo de Gisèle Freund – 1948

Bien trop souvent allongée sur un lit de douleurs, elle s’imagine oiseau, une image qui vient de loin (à son mariage, sa mère dit c’est le mariage d’une colombe et d’un éléphant) et proclame son amour de la vie, malgré tout, après l’amputation de sa jambe droite :

 Des pieds, pourquoi en voudrais-je, si j’ai des ailes pour voler ?
Frida

 Et :

Est-ce que les verbes peuvent s’inventer?
Je veux t’en dire un : je te ciel, et ainsi mes ailes s’étirent, énormes, pour t’aimer sans limites.
Frida 

N’est-ce pas follement fort et touchant ?

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Héritage

Frida est partout en Amérique centrale, c’est une héroïne, une inspiratrice. Les excès mercantiles font même parfois mal au cœur… Mais bien plus noblement, elle continue d’inspirer les femmes d’aujourd’hui.

Une artiste textile française, Anne Gailhbaud alias ArtisAnne, lui a rendu maintes fois hommage, ressentant intimement dans ses fibres la sensibilité de Frida. Anne a lu TOUT au sujet de Frida et j’apprécie l’influence de sa muse mexicaine.

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Deux broches faites pour des amies par ArtisAnne. Lisez ses articles sur Frida Kahlo !

Mon prochain article sera consacré à un quilt sur Frida… pas de moi ! Vous aurez la surprise…

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Nos cœurs battent en souvenir de Frida.

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Elle avait la rage de vivre.

Les nuages ne durent qu’un moment et le soleil toute la vie.
Frida

Son dernier tableau, en 1954, n’est pas un autoportrait, mais une ode aux couleurs et aux choses simples de la vie :

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¡Viva la Vida!

Expressions de délégation FP

France Patchwork est une association faite pour et par les quilteuses et quilteurs, passionnés, artistes ou simplement adeptes d’un loisir créatif sympathique où artisanat textile et rencontres rendent la vie plus belle. Au fil du temps, FP a créé une organisation relativement complexe et complète pour satisfaire les adhérents : magazine exceptionnel, concours, expositions, Journées de l’Amitié… Certaines adhérentes offrent de leur temps et de leur savoir-faire, s’impliquant en faisant partie d’une Délégation, trait d’union entre le Bureau (alias les Céates, membres du CA, élues pour 4 ans renouvelables, elles aussi bénévoles) et les adhérents de leur département. Les déléguées et leur équipe ont quelques obligations, quelques recommandations, mais ont aussi beaucoup de latitude pour imprimer de leur touche leur passage dans cette organisation.

Information et communication, essentielles dans une association !

La communication est essentielle pour faire connaître les activités locales et nationales – voire internationales – de l’association. Au niveau local, chaque délégation écrit donc un bulletin, jadis expédié par la Poste à tous les adhérents du département ; grâce à internet, on fait de substantielles économies d’impression, de papier et d’affranchissement. D’un département à l’autre, d’une délégation à l’autre, la communication prend maintes formes ; on a par exemple en Occitanie occidentale un bulletin régional, le Patch d’Oc, et des blogs de délégation rendent de grands services. Certains bulletins s’apparentent à une publication professionnelle, d’autres contiennent juste l’essentiel : les rendez-vous départementaux, si chers aux adhérents ! N’étant pas née de la dernière pluie, je sais bien que seule une petite minorité lit le bulletin départemental en entier, quelle que soit la qualité de la publication. Alors bulletin élaboré ou succinct, les deux coexistent et se défendent, ce qui laisse aux délégations la liberté d’expression en fonction de leurs envies – et c’est très bien !

En Alsace en septembre dernier, l’ancienne délégation du Bas-Rhin a attiré mon attention sur la qualité des reportages de la déléguée actuelle, Catherine Kalmar. Effectivement, sa publication trimestrielle est très complète sur la vie de FP, mais elle s’investit également dans des articles de haute tenue… Déjà, le Patch et Tchache (bulletin de FP67) de l’équipe précédente était très abouti : les adhérentes de ce département sont bien chanceuses ! Ces articles ont une vie bien éphémère, lus bien sûr par les heureuses destinataires, mais je trouve qu’ils méritent une seconde vie… Aussi ai-je proposé à Catherine K. de publier une sélection de ses articles passés.

Alors quelques mardis de suite, vous pourrez lire Catherine Kalmar dans la Ruche des Quilteuses, article de fond, fiche de lecture ou autre et pour inaugurer cette collaboration, voici un des exercices littéraires qu’elle affectionne, le pastiche : 

La cage aux oiseaux et aux idées

De Pierre PERRET

 

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s´envoler c´est beau
Les enfants, si vous voyez
Des p´tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté.

Un p´tit dé à coudre
Et trois goutt´ d´eau dedans
Au d´ssus du perchoir,
Un os de seiche tout blanc
Et un petit piaf triste de vivre en prison
Ça met du soleil dans la maison 


C´est c´que vous diront
Quelques rentiers vicelards
Des vieux schnocks
Qui n´ont qu´des trous d´air
Dans l´ cigare.
Une fois dans vot´ vie,
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux !

Si vot´ concierge fait cui-cui sur son balcon
Avec ses perruches importées du Japon Ses canaris jaunes et ses bengalis
A vot´ tour faites leur guili-guili.

Sournoisement exclamez-vous
 » Dieu! quel plumage!  »
Mais chère Madame
On vous demande au 3ème étage.
Et dès que la bignole aura l´dos tourné
Même si on doit pas vous l´ pardonner

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez les s´envoler, c´est beau.
Les enfants si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Pastiche de C.K.

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Un p’tit dé à coudre
Et deux ou trois bouts de fil
Un p’tit carré d’étoffe
Et une bonne aiguille
Un peu de courage et une belle idée,
Vous v’là sur les rails d’un beau projet…

Un ou deux ronchons pourraient tenter, c’est vrai,
D’vous faire croire que c’est laid,
Qu’ l’idée est dépassée
Qu’le tissu n’est pas celui
qu’il fallait utiliser
Mais si ça vous plait, qu’est-ce que ça fait ?

Tous les rabat-joie,
N’sont pas de bons conseils
Faut pas les écouter,
Font pas forcément des merveilles.

Moi je vous le dis,
Puisque tout est permis
Si vous trouvez ça beau
Et bien c’est l’essentiel

Ouvrez, ouvrez la cage aux idées,
Regardez-les s’envoler, c’est beau.
Mes amies si vous avez,
Des p’tits projets prisonniers,
Ouvrez-leur la porte vers la liberté…

Les oiseaux en cage ne sont-ils pas bien moins nombreux depuis cette chanson ? Je l’avais déjà évoquée par ici. Tout le monde la connaît et tant d’enfants, voulant bien faire, ont libéré des oiseaux exotiques, incapables de se débrouiller chez nous…

Survolons à présent quelques merveilleux quilts aux oiseaux appliqués : diverses techniques, divers continents, mais toujours la beauté des animaux faits pour être libres…

Restons temporairement en Alsace avec Béatrice Bueche, artiste alsacienne qui s’inspire de la beauté de la Nature. Son Toucan nous transporte en Amérique du Sud d’un coup d’aile !

Volons vers l’Extrême-Orient avec Les hirondelles sont de retour en Asie, d’Évelyne Carrasco, ici un détail de ce quilt expliqué dans BeeBook. On y retrouve l’esprit zen du Japon…

Alliance inattendue de l’exubérance des perroquets dans la jungle, l’art de la Mola et la créativité de la Japonaise Fumiko Nakayama (photo Pour l’Amour du Fil 2015).

À présent c’est l’Afrique, et plus précisément les artistes du Caire (Tentmakers of Cairo), qui nous offrent cette adorable scène… (photo à Labastide-Rouairoux, La Fête du Fil 2019)

D’autres oiseaux en suivant ce lien : Oiseaux dans la Ruche des Quilteuses.

🐦🐥🐧🦩🐓A bientôt 🦆🦃🦅🕊🦢🦜

Quatre décennies, quatre oiseaux…

Presque tous les ans, nos amis de Pibrac originaires de l’Aveyron trouvent une bonne raison pour faire la fête, réunissant famille et amis. Cette année, ce sont leurs quarante ans de mariage ! C’était pour moi l’occasion de penser à un petit cadeau-souvenir.

D’abord, je me suis inspirée de leur faire-part, comprenant leur photo de mariage présentée un peu à la manière japonaise, dans un quart de cercle comme ceci (par discrétion, je ne montrerai pas le faire-part) :

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Paul Gauguin utilisa ici une technique de présentation des estampes japonaises pour présenter Marie-Angélique Satre, dite La belle Angèle, une des plus jolies femmes de Pont-Aven. Celle-ci n’apprécia pas du tout son portrait et refusa de le garder !

Une citation attribuée à Saint-Augustin figure aussi sur ce faire-part : La mesure de l’amour est d’aimer sans mesure. Un bon départ, mais ce n’était pas suffisant comme inspiration !

Un retard de ma coiffeuse dans son rendez-vous m’a fait musarder dans un joli magasin adjacent qui vendait des cartes postales. Suivre ses intuitions… Je savais que ce jour-ci était un jour où j’étais à l’écoute : une nuit presque blanche à penser au tableau textile, sans solution encore, mais une envie d’oiseaux, que j’entends si tôt l’été au lever du jour…

Mais oui, j’ai trouvé mon inspiration dans ce magasin (Crayons & Couleurs, Le Perget, Colomiers) avec une carte des éditions du Désastre :

La carte est fort belle et me rappelle un tissu jamais encore utilisé… Je me suis dépêchée de le sortir du tiroir ! Bien sûr, il fera partie de la composition. Il a un discret imprimé doré (collection Uncorked), je vais l’utiliser pour la première fois mais ce ne sera sans doute pas la dernière !

C’est un détail d’une fresque de Giotto, le peintre précurseur de la Renaissance, plus exactement du  Sermon aux Oiseaux de Saint-François, peint dans la basilique d’Assise. J’ai rapidement regardé sur internet, la fresque « me parlait » par sa quiétude, la beauté du fond bleu, la simplicité de l’oiseau blanc… et l’ajout du doré sur la carte répondant au jaune lumineux omniprésent dans l’église de Saint-François d’Assise. Les couleurs sont magnifiques, largement rénovées après le séisme meurtrier de 1997.

Le Saint a, en dépit de son auréole, une attitude profondément naturelle et simple, en symbiose avec la nature.

Je suis fascinée par les synchronicités, le hasard qui fait bien les choses, les coïncidences auxquelles on attribue du sens en assemblant des faits n’ayant aucun rapport officiel. Au moment où je balbutiais dans mon projet, je suis tombée sur un reportage sur Arte… sur la basilique d’Assise et les fresques de Giotto. J’étais sur la bonne voie, je le sentais : turquoise-or-oiseaux-citation-quart de cercle, les ingrédients étaient bien réunis.

J’ai tâtonné pour les silhouettes d’oiseaux, j’en voulais quatre symbolisant les quatre décennies de mariage… J’ai alors fait appel à une styliste qui sait mieux dessiner que moi !! J’ai simplement acheté un patron d’appliqués de Shannon Brinkley en PDF. J’ai un instant pensé utiliser également sa technique d’appliqué crazy, mais je connais mes amis, un tableau plus simple leur convient mieux. Du tissu uni ira ici très bien pour les oiseaux !

Je ne suis pas grande brodeuse, mais j’aime ça ! J’ai bien aimé reproduire la citation et j’ai dessiné la couronne sur une hauteur de 2,5 cm, après quelques tâtonnements ! J’ai utilisé la méthode de la couture sur papier.

Pas tout-à-fait fini : c’est sur la photo que je remarque qu’il manque un accent à Maïté ! L’écriture se fait discrète de loin, mais elle se lit tout de même bien de près, c’est ce que je voulais.

Vient ensuite le collage des oiseaux blancs au moyen de thermocollant double face ; ils étaient un peu trop « nus », j’ai donc brodé leur pourtour au point de tige.

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L’oiseau blanc est appliqué au thermocollant double face et je commence le surlignage de chaque oiseau au point de tige, avec du coton perlé n° 8.

J’ai hésité des jours avant de choisir le quilting à la machine, avec le motif « brume japonaise » présentée dans BeeBook page 141. Ensuite, J’ai quand même décidé de sécuriser l’appliqué thermocollé avec du fil blanc : j’ai suivi les conseils d’Évelyne dans BeeBook pour ses hirondelles (page 51), fil ton sur ton et piqûre avec entraînement (pas au piqué libre).

J’ai choisi un pied de biche avec lequel je peux bien voir autour de l’aiguille (partie en plastique transparent). Je n’ai pas mis le double entraînement pour me laisser plus de précision et souplesse dans le suivi du bord de l’oiseau.

La bordure faite avec une couture mise en attente est une de mes favorites (dans BeeBook technique page 135, photo de cette bordure page 37), je ne m’en lasse pas, elle est en accord avec la maquette japonisante du quart de cercle. Elle est quiltée avec entraînement également, deux lignes droites espacées d’1 cm environ avec une courbe entre les deux, en bougeant simplement le quilt. Essayez, c’est simple !

Ici on voit le quilting de la bordure, ainsique le molleton (du pur coton, c’est ce que je préfère en quilting machine) et le dos en drap blanc ancien… du grenier de la famille de Maïté.

L’accent sur Maïté est ajouté, la bordure invisible posée…

Bien sûr, le panneau offert samedi a atteint son but : faire plaisir !

Bonne rentrée aux enfants, aux parents, aux enseignants…

L’enseignement et l’éducation sont la base pour transformer le monde !

 

La Lune Blanche chez ma fille

Chez mes deux filles il y a des quilts, des trousses, des pochettes que je leur ai offerts ou faits exprès pour elles, presque innombrables.
Un des récents quilts a trouvé sa place :

Chez une de mes filles, il y a des chiens… quatre (deux à elle, deux à son compagnon), ils sont très proches de la nature et cette forêt, faite de poésie et de récup de tissus, leur convient bien !

La Lune Blanche montre aussi que je suivais ces derniers mois, sans le savoir, un peu les mêmes traces que Bernadette Mayr qui préparait son dernier livre. Elle utilise dans plusieurs quilts la technique de bandes multicolores recoupées comme ici, elle a aussi mis une pleine lune en vedette dans un autre quilt…
De plus , vous pourrez voir dans son livre un quilt figurant une belle falaise avec des mouettes, qui me rappellent deux lots faits avec les adhérents
France Patchwork 31 (toujours fidèles aux ateliers pour suivre nos petites folies !!) pour la tombola de la première exposition de Fibre Occitane (avril 2016) :

Ces quilts ne sont plus chez moi bien sûr, ils ont été gagnés…
Bernadette a beaucoup plus de talent que moi, mais nous sommes bien de la même famille de quilteuses !

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Une sélection de quilts Fibre Occitane sont exposés à la Manufacture Bohin, en Normandie (L’Aigle, Orne), jusqu’au 27 avril ! Nous en aurons prochainement quelques photos…

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Une bordure de finition invisible

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Accrochage temporaire !

Pour ce petit ouvrage E comme Emilie, je ne souhaitais pas ajouter une bordure de finition visible, vous savez, la bande de droit fil pliée en deux qu’on coud au bord et qui, avec un pliage malin, fait des angles irréprochables… On en voit des schémas dans presque tous les livres de patchwork, dans divers blogs (juste un exemple ici), vous avez même des videos en français faite par Nathalie Delarge (chercher « Pose de biais »). Non, cette fois-ci, je choisis une autre finition…

Quand, esthétiquement, vous ne voulez pas d’autre couleur visible… ou que vous n’avez pas assez de tissu, pensez « bordure invisible » ! En fait, elle est visible au dos seulement, et là vous pouvez recycler plus facilement des restes ou simplement utiliser le tissu de dos comme ici.

Les préparatifs sont identiques : une bande de tissu coupée en droit fil, qu’on peut faire plus étroite (ici j’ai coupé une bande de 4,5 cm), pliée tout du long, repassée. Je me permets de commencer en pliant simplement la bande au départ : comme la bande ne sera pas à cheval, on peut faire simple ! IMG_5162Ci-contre, vous voyez le début et la fin de la pose de la bande. On commence en ligne droite en cousant à 6 ou 7 mm du bord. Choisissez votre marge de couture et restez constante, c’est l’important.

A l’approche d’un angle :

  •  arrêtez-vous, aiguille baissée de préférence,
  • mettez une longueur de point inférieure,
  • dessinez le trait oblique à l’angle, ou juste le point d’intersection des deux lignes de couture à venir,
  • crantez la bande de droit fil de part et d’autre de cette ligne (2 coupes de 3 mm de profondeur)
  • reprenez la couture en visant présisément le bout du trait (ou votre point d’intersection), arrêtez-vous ici aiguille baissée,
  • tournez dans la nouvelle direction, remettez 2 cm plus loin la longueur de point habituelle,
  • recommencez à l’approche du prochain angle !

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J’utilise mon outil fétiche, le quick quarter, pour marquer le point d’angle où je dois pivoter. Il y a beaucoup de fils, le tissu de dos n’étant pas du coton…IMG_5160

Prête à coudre jusqu’au trait ! La petite couture rose qu’on voit à gauche maintient dessous un triangle d’accrochage, voir plus bas.IMG_5162

A la fin du tour, vous terminez comme vous le souhaitez, moi j’opte pour la facilité !

Il faut ensuite terminer à la main si vous ne souhaitez aucune couture visible sur le devant. Une couture machine peut être cependant un élément de quilting si votre matelassage a été fait à la machine. L’astuce de cette bordure est qu’on la plie complètement vers l’arrière.IMG_5166

Comment cela se passe-t-il du côté des angles ? C’est simple : on coupe l’excédent de tissu/molleton en biais et on plie… le mieux possible !

Et voilà !

–ooOoo–

Autre petite astuce pour Emilie Jolie : comme c’est un mini-quilt (donc très léger) et qu’il servira peut-être de couverture à une poupée, je n’ai pas voulu mettre de manchon. J’ai opté pour les triangles supports pour un accrochage éventuel :IMG_5158

J’ai renforcé au thermocollant deux carrés de 10 cm pliés en diagonale qui seront pris dans la couture de la bordure de finition en haut à gauche et à droite et hop, voilà un petit système qui permet d’accrocher le quilt, même avec une bande de carton… recouvert du même tissu pour un peu plus de raffinement ! IMG_5167

Ici, le triangle en haut à droite. On y glisse une fine baguette pour un accrochage simple. Voyez ici quelques photos d’idées d’accrochage !

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Toujours sur le thème des oiseaux, Nathalie Chareton Legendre offre quelques cartes textiles aux ravissants oiseaux… Participez, vous aurez peut-être la chance de gagner une de ces petites oeuvres d’art !

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Le Chardonneret

Voici un petit oiseau d’Europe qui aime plus que tout les graines de chardons, d’où son nom :749px-Carduelis_carduelis3Le chardonneret est un très joli passereau, élégant, sociable et si bon chanteur qu’il est parfois capturé :wp08f47ac8_05_06Ce tout petit tableau (34 x 23 cm) est peint en trompe-l’œil, avec un oiseau grandeur nature. On l’empêche de voler par une chaîne, pratique fréquente naguère, ceci étant plus économique qu’une cage ; on comprend dès lors d’où vient notre expression d’argot parisien « avoir un fil à la patte », popularisé par le théâtre de boulevard  (=être marié, ne pas « être libre »)

Carel Fabritius (1622-1654), lien entre Rembrandt (son maître) et Vermeer (son élève), le peignit quelques semaines avant sa mort due à l’énorme explosion de la poudrière de Delft. Son tableau du Chardonneret a, lui, eu plus de chance et fut sorti intact des décombres. Une femme de lettres américaine, Donna Tartt, est subjuguée par ce tableau et en fait la vedette de son dernier roman, « Le Chardonneret » ; ce tableau fait irruption dans la vie du jeune Theo lors d’une autre explosion, à New-York cette fois. Nous partageons la vie du jeune homme, inoubliable, ses apprentissages de la vie et de la mort, ses addictions, ses forces et ses faiblesses, celles aussi de la société et des milieux interlopes cosmopolites, responsables de trafics divers… Le tableau l’accompagne frauduleusement, et, tel un chardonneret, Theo a une vie façonnée par les événements qui lui offrent une liberté factice et bel et bien un fil à la patte… N’est-ce pas le cas de nous tous, finalement ?
Et puis il y a ce sentiment que procurent de rares oeuvres d’art qu’on s’approprie, qu’elles sont là pour soi et que personne ne peut autant les aimer… Un chardonneret, une vague japonaise, un ciel étoilé : à chacun son tableau, sa musique, son roman qui devient partie de soi-même…
Ce grand roman nous plonge tour à tour dans des milieux sociaux radicalement différents, aux dessous glaçants… Histoire rude, style éblouissant (traduction française remarquable), bonheur littéraire assurément.

Le Chardonneret, celui du roman, est bien toujours sous bonne garde au Mauritshuis de La Haye (Pays-Bas). Gageons qu’il connaît, grâce au livre, un surcroît de visites !

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oiseaux-noisetier

Par leur ligne élégante, on peut imaginer que les oiseaux de Spoolsewing sont des passereaux, peut-être des chardonnerets ou des mésanges, qui sont autant d’éclats de couleurs et de délicieux chanteurs de nos jardins. Ne trouvez-vous pas qu’ils sont malheureusement de moins en moins nombreux ?

Dans mon jardin, les premiers chants d’oiseaux annonciateurs du printemps s’entendent habituellement entre le 12 et le 15 février. Cette année, les températures si douces n’ont pourtant pas fait grandement avancer ces chants ; tous les matins, je suis à l’écoute… J’ai entendu la première symphonie le 11 février !… D’après Jean-Marie Pelt, la nature se repère bien plus à la longueur du jour qu’à la température pour s’éveiller, c’est plus fiable !

Si vous souhaitez célébrer le début des parades nuptiales de nos amis des jardins, vous pouvez coudre quelques oiseaux qui enchanteront petits et grands ! Ici les explications et le patron Spoolsewing.chardon1Deux chardonnerets s’affrontent en février pour une Belle. Quelle agressivité !…
(photos des chardonnerets venant d’ici)

LPO grand quadri

N’oublions pas que les friches, les mauvaises herbes, sont de précieux alliés des oiseaux. Les chardonnerets, par exemple, souffrent beaucoup de l’arrachage des chardons, bardanes et graminées : ils sont exclusivement granivores et s’empoisonnent avec les graines traitées aux pesticides…
Dans votre jardin, vous pouvez les attirer en plein été en laissant les fleurs de cosmos monter en graines : ils en raffolent !galerie-membre-fleur-cosmos-fleur-0132

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Comment coudre un oiseau de Spoolsewing ?…

Depuis la parution de ces articles (celui-ci et celui-là), j’ai eu plusieurs questions concernant la couture de ces oiseaux :

… et je me suis rendu compte que le problème venait juste d’un petit mot : fold. Certaines ne le voient pas, d’autres ne le comprennent pas (sur le patron offert par Spoolsewing). Cela signifie que, simplement, le tissu doit être plié afin d’avoir les 2 côtés de l’oiseau et qu’on ne doit pas découper à cet endroit.

Comme j’étais prête à coudre un nouvel oiseau, voici quelques photos explicatives pour vous donner encore plus envie de coudre, vous aussi, des oiseaux qui ne seront jamais malheureux chez vous !

Tout d’abord, j’ai découpé en rhodoïd les formes pour faire un oiseau. Les coutures sont comprises et il faut les poser ainsi sur les tissus, marquer le tour au crayon, découper sur le trait :

Je commence à coudre les deux pièces ensemble en commençant côté queue, en laissant environ 5 mm de marge de couture (je ne prends pas le temps de marquer ce trait, c’est facile de coudre directement à vue d’oeil). Je ne suis pas spécialiste de la couture à la main alors si moi j’y arrive, vous aussi !

Une fois au bout du ventre (qui ressemble tant à un poisson 🙂 ), sans couper le fil on continue à coudre vers le bec, jusqu’au sommet de la tête. Attention à ne pas faire un « bec » sur la tête ! Il faut poursuivre de quelques points supplémentaires, le long du dos, pour que ce soit joli. Vous pouvez cliquer sur toutes ces photos pour mieux voir les détails.

Ensuite, retour vers le centre du ventre où on reprend la couture de l’autre côté vers la queue.

Il reste à bourrer l’oiseau, j’utilise une baguette japonaise pour m’aider à pousser la bourre :

Il reste ensuite à fermer à points glissés l’extrémité de la queue. Mes oiseaux étant cousus pour un mobile, j’utilise de la bourre légère. L’Abeille Christine, elle, fait des oiseaux à poser, elle les remplit donc de riz.

Et voici un nouveau-né, déjà espiègle à l’assaut d’un potiron ! Ce nouvel oiseau est fait avec ce si joli batik que m’a offert Madeleine. Merci chère Amie-Abeille !

Cerise sur le gâteau ce dimanche, j’ai bien amusé mes enfants en prenant ces photos au fur et à mesure que je cousais ce piou-piou…

NB 1 : Ne vous étonnez pas de la position de l’aiguille, je suis gauchère… En clin d’oeil, je justifie mon texte à droite aujourd’hui 😉

NB 2 : la couture à la main de cet oiseau se fait réellement vite, mais si vous préférez vraiment coudre à la machine c’est possible, j’en ai cousu plusieurs ainsi. La partie délicate est autour du bec, il faut éviter à tout prix que l’aiguille entraîne le tissu à l’intérieur de la machine ! Deux catégories de solutions : mettre une plaque avec un trou au lieu d’une fente ou bien maintenir les tissus bien tendus à l’aide d’une pointe (pique de bois, grosse aiguille, pince…) et dans tous les cas utiliser une aiguille et du fil fins. Pour moi, c’est du fil Aurifil Mako 50 et des aiguilles machine 70.

Voici les deux plaques de ma machine à coudre ; à gauche, celle à fente permet tous les points tandis que celle de droite n’autorise que le point droit, mais il est parfaitement droit et le tissu ne risque pas de rentrer. Cette plaque est quasi  indispensable pour coudre de mini-pièces ou des tissus très fins.

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Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux…

Toute sa vie, du moins depuis ma naissance, ma grand-mère de Bretagne avait dans la cuisine deux perruches, une verte et une bleue. Qu’elles étaient mignonnes ! J’y étais très attachée, pendant les vacances c’était moi qui leur remplissais le réservoir d’eau, mettais de longs épis de millet à grignoter, rapportais de la plage des os de seiche pour qu’elles s’y frottent le bec… Leur cage possédait deux balançoires, c’était fort décoratif, très mignon…

Volière à perruches ondulées

Malgré leur longévité, il arrivait que l’une meure, alors ma grand-mère remplaçait la manquante avant mon arrivée par une nouvelle quasi-identique, mais je devinais la substitution !

Et puis il y a eu la chanson de Pierre Perret (paroles iciqui me mit un doute sur le bien-fondé de cette cage aux oiseaux de la cuisine de ma grand-mère. Oui, les pauvres oiseaux en cage… Mais je les aimais tant ! Je me souviens d’une émission de radio racontant que plusieurs enfants avaient suivi le conseil de Pierre Perret, donnant la liberté aux oiseaux… ce qui n’était pas une bonne idée, puisque ceux-ci étaient incapables de trouver seuls à manger, ni de survivre à l’hiver de nos latitudes…

Ma grand-mère disparue, ma tante s’est occupée des perruches mais ne les a jamais remplacées, leur fin venue. Et moi, malgré la tentation, je n’ai jamais voulu avoir une cage aux oiseaux chez moi…

C’est probablement pour cela que, cet été, j’ai tant aimé préparer ces petits oiseaux qui ne souffriront aucunement :

J’attends l’automne pour couper dans le jardin les branches qui leur serviront de support ! La majorité des tissus sont de la gamme qui me servira pour le Sampler Grandmother’s Choice. Cela tombe bien, ma grand-mère était une sacrée Bretonne qui illustrait bien la force du matriarcat dans cette région !

A tire d’aile

C’est à tire d’aile que s’ouvre la Ruche des Quilteuses après cette pause estivale, puisque je vais vous parler d’oiseaux !

Ce tableau de Matisse est évocateur de ciel, de mer, de voyage et de liberté…

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En juin dernier en Irlande, j’ai découvert de belles légendes comme celle de St-Kevin, ermite du VIe siècle qui préférait la compagnie des animaux à celle des humains. Un jour, priant Dieu les paumes tournées vers le ciel, un merle se posa dans sa main et… pondit des oeufs.

Sculpture de Tim Schmalz

St-Kevin resta des jours et des nuits immobile, l’oiseau couvant dans sa main, jusqu’à l’envol des oisillons ! C’est pourquoi ce Saint est toujours représenté avec un oiseau dans la  main. A Glendalough (« Les deux lacs »), région magnifique où vivait St-Kevin,  on fait une très jolie promenade aux nombreux vestiges catholico-celtiques et, au détour d’un chemin, on tombe sur cette petite statue qui semble toute récente :

Cette niche de granit résume l’essentiel : la tête à l’auréole, une main, un oiseau…

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« Bird-in-Hand » (oiseau dans la main), expression connue des Anglophones, ne se réfère pourtant pas à cette si belle histoire mais provient plutôt de la pratique ancienne de la fauconnerie :

et la phrase complète est : « A bird in the hand is worth two in the bush », ce qui équivaut à notre « un tien vaut mieux que deux tu l’auras »… « Bird-in-Hand » est même le nom d’un village touristique en Pennsylvanie, au coeur du pays Amish !

Pas étonnant donc que cette locution ait inspiré des quilteuses comme Renée Plains qui l’a prise comme titre de son livre consacré à des ouvrages d’esprit country… avec des oiseaux bien sûr. Il figurait dans la liste de mes livres préférés l’année dernière. J’ai craqué pour le modèle le plus simple, prêt en quelques dizaines de minutes :

 Pique-aiguilles dans des tissus de la gamme Indochine (Dear Stella) posé sur ma boîte à couture.

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Notre garage était au printemps une pouponnière à hirondelles qui virevoltent à présent dans le jardin, c’est un bonheur de savoir qu’elles se régalent des moustiques qui pulluleraient sans elles ! Ces ballets gracieux m’ont conduite à chercher d’autres modèles d’oiseaux en tissus. J’ai ainsi découvert de délicieux passereaux, tels que je les rêvais, aux couleurs d’oiseaux de paradis :

Charmant mobile d’oiseaux, réalisé par Spoolsewing.

 

Ne les trouvez-vous pas adorables ? (photos Spoolsewing)

Je viens de  commencer à coudre avec enthousiasme des oiseaux pour faire un mobile moi aussi. Le modèle est très épuré, tout juste évocateur de la ligne d’un passereau ou d’une perruche. Voici mes premiers bébés :

Quand ils seront accrochés à leur branche, vous pourrez voir leur ventre de couleur contrastée !

 Le modèle est offert par Spoolsewing ici. Quelques minutes sont nécessaires pour les coudre à la main et je vous assure que les enfants les adorent… Vous connaissez peut-être ce modèle car il n’est pas récent (il date de 2008), mais je viens juste de le découvrir… Allez-vous en coudre quelques-uns vous aussi ?

J’en ferai surtout des bleus qui me rappelleront les  Bluebirds, passereaux américains très populaires, de si beaux et joyeux gazouilleurs qu’on leur attribue la vertu de porter chance : 

Leur population décroît malheureusement, en raison des mono-cultures intensives.

Et pour quelques belles références artistiques sur les oiseaux bleus, allez faire un tour chez Mango qui tient un blog littéraire. Bonne balade !

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