Depuis le drame de la mort de George Floyd le 25 mai dernier, on remet en question, un peu partout dans le monde, la vision de l’Autre. Amour ou haine, paix ou violence, tout et son contraire ont été exprimés. Alors que certains veulent combler les inégalités, d’autres creusent les fossés. S’ensuivent maintes confusions, maintes décisions dont certaines ont le don de m’exaspérer. Le respect ne passe pas par des barrières supplémentaires…
Le dessin animé des Simpson aura désormais des acteurs non-blancs pour doubler les Noirs, les Jaunes, les Rouges. Devront-ils forcer l’accent qu’on attend d’eux ? N’est-ce pas encore plus discriminant de les cantonner à ces personnages ?

La décision de L’Oréal de bannir les mots blanc, blanchissant, éclaircissant ou clair pour combattre le racisme est ahurissante. Dans leurs publicités, cela fait belle lurette que tous les tons de peau sont célébrés en montrant depuis longtemps des femmes de toutes origines, toujours belles dans leur diversité, pour valoriser leurs palettes de produits convenant à toutes les peaux du monde.

Même si je n’achète plus rien de L’Oréal parce que c’est chimique, je trouvais que les Français se débrouillaient bien dans ce domaine. Le bannissement de ces mots sur la blancheur est simplement ridicule ! Heureusement qu’ils ne vendent pas de dentifrice 🙃 Franchement, est-ce judicieux de bannir ces mots pour combattre le racisme ?
Hier, j’ai lu la décision d’une quilteuse canadienne d’enlever 2 de ses modèles vendus sur internet en PDF parce qu’ils sont d’inspiration vaguement amérindienne et qu’ils contiennent dans leur titre le mot Aztec. Les Aztèques régnaient en Amérique centrale (du côté du Mexique) et les Espagnols les ont combattu ; la culture mexicaine est un étroit mélange aztèque et espagnol. Étant de peau blanche, cette quilteuse ne se sent plus le droit d’utiliser cette esthétique qui n’est pas de sa culture. Il est vrai que, vivant en Europe, nous ne subissons pas les mêmes pressions culturelles, mais c’est tout de même ahurissant ! N’avons-nous plus le droit de nous inspirer de l’Autre ? Dois-je être Japonaise pour utiliser des tissus d’inspiration nippone, être Africaine pour avoir le droit de coudre avec des Wax, être Coréenne pour faire du Pojagi (une bise à Maryse Allard !) ? Nous ne pillons pas les autres cultures, au contraire, nous les apprécions et tentons de les honorer. Je continuerai donc de faire des quilts d’inspiration amérindienne quand cela me chante.


Il y a plusieurs centaines d’années, l’Europe s’inspirait déjà d’autres civilisations, comme, pour rester dans notre domaine des tissus, l’impression. Si les Indiens (d’Inde) n’avaient pas montré l’exemple, aurions-nous les fameux tissus provençaux qui s’en sont inspirés ?

A ce propos, n’oublions pas, cet été, de donner un coup de pouce à Neelam, ainsi qu’à tous les magasins que nous aimons, ils ont besoin de nous pour survivre.

Conservons donc le bon sens que nous avons encore en Europe, les échanges commerciaux et culturels entre peuples existent depuis des siècles ! De gros changements pour une économie plus saine sont absolument nécessaires, mais gardons-nous des décisions démagogiques ridicules…
Si je ne pouvais plus m’inspirer des artisanats du monde, mon blog n’existerait plus et nous ne ferions même plus du patchwork !
Merci de rester fidèle à la Ruche des Quilteuses, avec toute mon amitié,
Katell































La préparation de mon livre a été l’étincelle pour me faire terminer le quilt. Non, je n’ai pas fait les blocs manquants, j’ai biaisé le problème en complétant le top par des broderies afghanes achetées sur un stand de l’association Guldusi, créée par Pascale Goldenberg. Les couleurs allaient bien ensemble… et le thème de l’entraide de femme à femme reste central.




























