Nous avons 10 ans 🍀 2e jeudi

Vos mots doux tout au long de la semaine nous ont fait chaud au cœur ! Oui cet anniversaire est une fête pour les quilteuses, vous et nous. Les gagnantes des lots de la semaine dernière sont dévoilés ici en Edit de fin d’article, elles ont été prévenues par mail 🍀 !

A défaut de voyager en vrai, installez-vous pour un dépaysement dans l’espace et le temps, avec notre rendez-vous du jeudi…

Pour cette 2e semaine, parlons héritage. Savez-vous que les tissus Neelam représentent l’origine de nos tissus imprimés ? Si les Celtes ont, les premiers semble-t-il, tissé des rayures et des carreaux en teignant les fils de couleurs différentes avant le tissage, ce sont les Indiens (d’Inde) qui ont inventé l’impression sur tissu. Le moyen le plus utilisé a été, pendant des siècles, l’impression des dessins sur tampon. Emilie nous fournit cette vidéo de 3 mn 30 qui montre le travail actuel des artisans qui ont sauvegardé ces gestes ancestraux.

Les Européens ont longtemps fait venir les tissus imprimés d’Inde par terre (la Route de la Soie) puis par mer (en contournant l’Afrique, il n’y avait pas encore le canal de Suez !), et ils ont commencé dès la Renaissance à copier ce savoir-faire, puis à le perfectionner sans cesse : la révolution industrielle a bien commencé par les innovations dans le monde textile !

Vous pouvez lire cet article qui retrace l’histoire des tissus provençaux, copiés directement des Indiennes.

Avez-vous remarqué que, depuis quelques années, on ne se plaint plus des tissus qui affadissent au soleil, aux couleurs qui dégorgent ? Il y a eu une révolution silencieuse : l’impression numérique. Du progrès, toujours. De plus, nos cotons sont devenus extrêmement lisses et presque soyeux. Encore des améliorations de traitement, de tissage. Nos tissus destinés au patchwork sont d’une qualité nettement améliorée. J’apprécie les tissus modernes que j’achète en ligne. Nous avons de parfaites fournisseuses sur internet !

Toutes les transformations pour faire un tissu ont un coût écologique immense, mais le pire est celui des tissus de basse qualité pour la mode bon marché, qu’on jette si vite… Privilégions toujours la qualité, pour conserver longtemps les vêtements, et réjouissons-nous que les tissus de patchwork soient d’aussi bonne qualité : nos ouvrages dureront longtemps !

Ces tissus Neelam sont teints artisanalement à la garance (plante), ils sont très beaux et à la fois très peu impactants sur l’environnement.

J’aime profiter des tissus modernes mais j’apprécie de retourner régulièrement à l’authenticité des tissus Neelam. Après avoir visionné la vidéo ci-dessus, j’en retire un respect accru pour tous ces artisans, et une certaine fierté d’utiliser leurs tissus. Regardez-en un attentivement : la fibre est légèrement irrégulière, comme dans les tissus anciens qu’on trouve dans les armoires de grands-mères ou les brocantes. Le filage est resté traditionnel. La fibre non traitée absorbe très bien l’eau (très agréable en vêtement d’été). Les couleurs sont relativement limitées, car elles sont issues de la nature : indigo, curcuma, garance, etc., comme les couleurs des quilts du XIXe siècle et d’avant, avant la révolution chimique des pigments. Ils s’associent harmonieusement, à l’infini. Ils sont bien fixés, ils ne bougent pas dans le temps. Utiliser ces tissus, c’est un retour aux origines qui m’émeut.

Les imprimés classiques Neelam sont si proches des tissus d’antan que vous pouvez sans crainte les mélanger avec des tissus de reproduction dans vos patchworks traditionnels ! Je les utilise aussi facilement dans mes quilts modernes. Pas de frontière.

Neelam ne se contente pas de commercialiser des motifs traditionnels : ils créent régulièrement des motifs qui enrichissent leur offre. La plupart sont devenus des best-sellers !

Comment sont imprimés ces dessins ? Toujours de manière artisanale, le dessin est d’abord gravé dans un tampon en teck, puis… quelques photos vous donnent une idée du travail !

Le tuto de la semaine : les Chemins de Traverse

Cette semaine, j’ai honoré ces tissus à ma manière avec un bloc très basique et classique – des carrés – n’est-ce pas la base du patchwork traditionnel comme du mouvement moderne ? Quant aux astuces techniques, je mets aujourd’hui le focus sur les planches de repassage.

La semaine dernière, je vous proposais de couper des rectangles et des carrés : chercher les tissus, les repasser, les couper, c’est ici la partie la plus longue ! Ensuite, la couture se fera à la chaîne (sans couper le fil), ce qui rend les assemblages très rapides.

A gauche, une corbeille de rectangles de 10 x 5 cm et des carrés de 9 cm. Au milieu, des restes réutilisables et à droite, des chutes destinées à la poubelle… ou pas. On verra !
J’ai eu la grande chance de recevoir d’Émilie des bandes de lisières, des fins de rouleau qu’elle met de côté et j’ai conçu ce modèle pour les utiliser. Les imperfections ne sauteront pas aux yeux à la fin, j’en suis sûre ! J’ai utilisé ces bandes au maximum, mélangées avec mes propres métrages de tissus Neelam.
Pour les carrés de 9 cm, j’ai plusieurs fois assemblé des morceaux. C’est un authentique top de récupération.

Voici un bloc à l’endroit :

Les rectangles servent à faire des four-patch, faites-en 2 identiques à chaque fois et positionnez-les pour avoir une diagonale claire. En complément, deux carrés foncés de 9 cm de côté complètent ce bloc. Le matelas gris est ma nouvelle trouvaille : un tapis en pure laine, parfaitement isolant ! Il reste à la gauche de ma machine à coudre, petit fer branché, tout au long de la couture à la chaîne des blocs, pour les repassages intermédiaires nécessaires.
En fin de journée, je fais une erreur de montage ! Il est temps d’arrêter…
J’ai fait 49 blocs, quelle joie de m’amuser avec ces imprimés ! Vient le moment de repasser les blocs par rangée sur une nappe à repasser. J’utilise ici ma centrale vapeur pour avoir les tissus bien plats.
C’est le moment de l’équerrage des blocs. Je remarque que la dimension qui convient est 15,5 cm de côté. J’utilise la plaque rotative, mais une petite plaque qu’on tourne sur elle-même suffit !
49 blocs plus tard…

Que donne ce top aux chutes de tissus Neelam ? Moi je le trouve très beau…

Les Chemins de Traverse, un top comme je l’imaginais, très riche visuellement et très gai ! Il mesure 1 mètre de côté et, promis, il sera quilté pour le présenter à Lacaze en juin prochain !

Tuto bonus 1 : Pas de chichis

Avec les mêmes découpes, on fait un 4-patch à l’aide de deux rectangles de 10 x 5 cm. Puis on coupe en diagonale deux carrés de 9 cm qu’on coudra autour du 4-patch qui devient le centre. Avant de couper en diagonale, je repasse bien les carrés et j’évite de déformer ; en effet, les tissus Neelam sont fins et souples ! Si vous souhaitez plus de rigidité, n’hésitez pas à utiliser une bombe d’amidon. Comme le modèle précédent, c’est addictif ! Et vous pouvez très bien mélanger tous vos tissus, surtout si vous maintenez une unité de gamme de couleurs, cela s’harmonisera avec naturel. Pas de chichis, on peut tout mélanger !

Tuto bonus 2 : le biscornu

Il est extrêmement célèbre chez les brodeuses, moins chez les quilteuses, mais puisqu’on est dans les 4-patch, voici un tout petit ouvrage à faire de nouveau avec les plus jeunes.

Deux 4-patch de même dimension sont nécessaires, toujours constitués de rectangles de 10 x 5 cm. Imaginez qu’on va les coudre endroit contre endroit, comme un coussin. Eh bien, on va décaler la couture d’un demi-côté, soit d’un carré et à chaque carré, on a un changement de direction (un angle) soit dessus, soit dessous ! Un peu inconfortable, mais on s’en remet. C’est plus facile à la main car il faut éviter de coudre dans les marges de couture.

Bien sûr, on laisse un espace de 2 segments pour retourner puis bourrer le biscornu. Tiens, mes rognures des 49 blocs ci-dessus vont judicieusement remplir ce petit ouvrage ! Rien, vraiment rien ne se perd… Puis deux jolis boutons anciens finissent de donner la forme… biscornue.

Mes astuces de repassage

Ma table pliante à repasser est vieille, toute cabossée. Elle est étroite et frustrante, jamais assez de place pour poser mes blocs en série. J’ai donc changé complètement de matériel, au lieu de la remplacer à l’identique.

Le carré de feutre de laine est très agréable, il restaure la chaleur et tout est parfaitement repassé à sec ! Je ne recommande pas d’utiliser la vapeur dessus, ou alors il faut ensuite le laisser sécher en profondeur. C’est un achat qui dure la vie d’une quilteuse, et j’aime ça.

A acheter Chez Emma ou ailleurs, c’est un achat que vous ne regretterez pas !

Pour le repassage « en grand », j’ai une nappe de 120 x60 cm (marque Brabantia) où j’utilise la vapeur, même sur une table en bois ! Je peux y aussi vaporiser mes petits péchés mignons (amidon ou aide au repassage en bombe), il se lave d’un coup d’éponge. La seule fois où je le protège, c’est quand je fais des Bee’s wraps : je n’oublie surtout pas le papier cuisson dans ce cas.

Des cadeaux, cette semaine encore !

Même procédure que la semaine dernière, c’est Émilie qui régale ! Rendez-vous sur son site pour jouer et gagner !

A la semaine prochaine, toujours avec Neelam !
Katell

Nous avons 10 ans ! 🍀 1er jeudi

J’ai dix ans d’écriture et de partage dans La Ruche des Quilteuses ce mois-ci ! Jamais je n’aurais imaginé, en écrivant timidement mon premier article en avril 2011, que ce blog serait riche de tant de textes dix ans après !
Voici le 1 102e article, ce blog est suivi par 4 180 personnes et a reçu plus de 2 615 000 visites. Ce sont des chiffres qui montrent l’attachement des quilteuses à leur activité qui mène à bien plus que la docile couture de blocs et un ouvrage fini dans les temps…

Faire du patchwork n’est pas un passe-temps ! C’est une obsession, un métier, une fascination, une addiction, une expression, une manière de vivre (image Bonnie Hunter)

La beauté des coïncidences fait qu’Émilie m’a contactée la semaine dernière pour me proposer une animation pour célébrer… les 10 ans de son entreprise Neelam ! Cette synchronicité m’a réjouie, moi qui admire Emilie et Damien pour tout ce qu’ils entreprennent.

Sans Neelam, j’aurais peut-être laissé sous silence mon anniversaire de blog.
Avec Neelam, nous allons célébrer avec vous cette joyeuse échéance !
Katell

Le très beau logo qui nous accompagne ce mois-ci est une création d’Émilie.

A propos de Neelam

Créer une entreprise est toujours une longue histoire faite de rencontres, de réflexions, de saisies d’opportunités, de travail, d’optimisme… Ce que voit le public de Neelam depuis 10 ans, c’est un jeune couple sympathique présent dans la plupart des Salons de loisirs créatifs, vendant des tissus teints et imprimés artisanalement en Inde avec passion, patience et de grands sourires. Leur offre s’est étoffée au fil des ans (voir leur site) et ils ont gagné une clientèle fidèle.

Ce qui se passe en coulisses, c’est beaucoup de travail pour maintenir une offre séduisante et créer de nouveaux pôles d’intérêt, tout en gérant des stocks importants, avec des prises de risques. C’est aussi la vie qu’ils se sont choisie, avec des rencontres en premier lieu, des voyages pour le plaisir et pour le travail, mais aussi pour s’approvisionner auprès des fournisseurs-artisans.

Au-delà de notre proximité géographique (Toulouse et ses environs), nous avons très vite sympathisé. Devenir partenaires pour la célébration de nos 10 ans respectifs est une concrétisation de notre sincère amitié !

Le textile est un langage universel (Émilie en Inde)

4 jeudis pour nos 10 ans

Nous avons choisi le jeudi pour célébrer nos 10 ans parce que mon jour anniversaire de blog est le 22 avril, qui est cette année un jeudi, tout simplement ! C’est le jour de Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire, cela tombe bien puisque c’est le symbole de la réussite. Sans fausse modestie, Émilie peut dire qu’elle a réussi son pari lancé voilà 10 ans et pour moi, mon rôle s’est dessiné progressivement : chacune avons pris notre place dans le monde des textiles et de la création.

La réussite n’est pas un but en soi, trouver sa juste place permet de se sentir bien et de développer une meilleure qualité de vie.
Émilie & Katell

Afin de nous en réjouir avec vous qui faites le succès de ce blog et celui de Neelam, nous lançons le mois des 4 jeudis festifs autour du patchwork ! Émilie et moi vous offrirons, aujourd’hui et les trois prochains jeudis : des histoires, des modèles, des livres, des tissus, des astuces… Nos deux articles seront complémentaires, à vous de naviguer entre nos deux blogs.

La créativité donne de l’énergie !
Émilie & Katell

Un tuto simple

Thé ou café ?

En ce mois d’avril avec peut-être des enfants ou petits-enfants à la maison, je vous présente aujourd’hui un modèle à faire avec eux éventuellement, tellement c’est simple. Dès que ma nièce de 6 ans reviendra me voir, nous ferons ce modèle ensemble ! C’est joli avec n’importe quel tissu mais extrêmement séduisant avec des tissus Neelam qui ajoutent une touche exotique à votre table !

Des sous-verres ou sous-tasses, c’est très pratique

Il s’agit principalement d’un pliage et d’une seule couture. Lorsque j’étais déléguée de France Patchwork, nous l’avions proposé en JA FP31, puis j’ai personnellement offert des sous-verres à des amis ; à chaque fois, cela semblait leur plaire. On y va !

Pour un sous-verre, il faut 5 carrés de tissus Neelam de 14 cm : 4 pour le recto et un pour le verso. J’ajoute un carré de 14 cm en doublure de fond (ou vous pouvez thermocoller le tissu Neelam).

Les 4 tissus Neelam pour le recto sont pliés en deux sur une médiane et repassés, endroit visible. Le carré du verso est doublé ici un tissu de récupération (pour tout vous dire, c’est le rabat d’une taie d’oreiller usagée) et juste tenu par repassage des deux ensemble.

Je n’hésite pas à couper ces tissus en utilisant les bords-lisières sans impression. Je les mets face à moi, elles disparaîtront ensuite comme par enchantement quand on retournera l’ouvrage.

Je dispose les carrés pliés sur le carré de fond : la pliure se trouve toujours au centre, et on met une moitié dessus – une moitié dessous, difficile à expliquer, facile à faire !

Ici les tissus non repassés et écartés permettent de mieux comprendre. Pour les coudre, il ne faut pas laisser d’espace au centre et parfaitement les superposer.

Il me reste à décider si je veux des sous-verres carrés ou ronds. J’ai souvent déjà fait des carrés, où il suffit de faire une couture tout autour à 6 mm du bord et couper les angles. Cette fois-ci, je dessine un cercle à l’aide d’un gabarit (ici une coupelle), pour coudre sur le trait. Pour plus de solidité au lavage (car ces sous-verres passent à la machine!), je peux surfiler au point zigzag ou utiliser un point de style « surjeteuse », disponible sur la plupart de nos machines. Il suffit ensuite de couper l’excès de tissu.

La beauté de ce petit objet est qu’on le retourne par le centre plié. Et hop c’est fini !

Ici le rond n’est pas parfait : on va dire que c’est artisanal !
A vrai dire, on ne regarde que les tissus…

Le bonus du tuto

On peut utiliser la même technique pour un bloc orphelin, un bloc d’essai, un bloc trop petit ou trop grand qui n’a pas trouvé sa place dans un projet… J’en ai quelques-uns, comme celui de l’essai de l’étoile de Chantal. Le recto devient verso et inversement. Vous me suivez ? En résumé, si on veut utiliser un bloc orphelin pour en faire un dessous de plat ou une manique, on fait d’habitude un mini quilt avec du molleton. Ici, l’ensemble des tissus (2 fonds + 4 tissus pliés) suffit pour isoler raisonnablement et c’est bien plus rapide. Le carré orphelin est alors le recto, et les pliages sont au dos.

Je mets, endroit visible, mon bloc de 19 cm de côté, que j’ai légèrement quilté à la machine sans molleton sur un tissu blanc, parce que le bloc dépasse 15 cm. C’est une règle que je me suis inventée (moins de 15 cm : je superpose les deux carrés de fond sans quilter – plus de 15 cm : je les assemble à l’aide de quelques coutures).

J’ajoute 4 carrés de tissus Neelam de 19 cm pliés et disposés comme précédemment et je couds tout autour, en ayant glissé un ruban plié en deux dans un angle. Voilà, une manique finie, jolie recto et verso !

Des astuces tous azimuts

Je collectionne les dés à coudre… et les astuces, et chaque jeudi, vous en découvrirez de nouvelles !

  • Parfois on se demande pourquoi tout se passe mal en couture à la machine, pourquoi les points sont déformés ou que le fil se bloque. J’ai récemment appris que le type d’enroulage de la bobine de fil a son importance ! Si les fils sont croisés, la bobine est positionnée de préférence en position horizontale. Pour une bobine aux fils parallèles, il vaut mieux la mettre en position verticale, si votre machine permet ces deux positions. Tout est détaillé par ici : Petit Citron.
  • Quand je dois équerrer de nombreux blocs, j’utilise une plaque de coupe rotative qui existe dans plusieurs marques, c’est très agréable car je ne touche pas au tissu pour couper les quatre côtés, je fais juste tourner la plaque. Moins cher et aussi efficace : la petite planche de coupe sur la plus grande, qu’on peut tout autant mouvoir.
  • Quand je fais un quilt scrappy, par définition j’utilise beaucoup de tissus différents que je brasse, remue… L’occasion de penser à l’ouvrage suivant ! Alors, quand j’ai pris un tissu Neelam pour les pliages de sous-verres, j’ai aussi coupé au moins un rectangle de 5 x 10 cm et/ou 2 carrés de 9 cm. Et j’ai continué avec les tissus voisins. Tous les plus petits restes dont on ne sait que faire, je les mets de côté pour une astuce de jeudi prochain !

Vos cadeaux 🍀

Pas d’anniversaire sans cadeau, n’est-ce pas ? C’est Émilie qui s’en occupe ! Alors rendez-vous sur le blog du site Neelam, en suivant ce lien NEELAM. Je vous souhaite bonne chance 🍀 et, n’oubliez pas, ne gagnent que ceux qui jouent !

Katell 🐝

Iktsuarpok, Gezellig, Fika

L’année 2021 avance masquée :

Kristine m’a fait, comme chaque année, la surprise de la bannière de janvier : 2021 en chiffres romains, quelle bonne idée ! Évidemment quelques abeilles butinent et les imprimés à texte nous incitent à être joyeuses (be joyful), créatives (creative), inspirées (inspired), gentilles (caring), heureuses (happy), humbles (humble), vraies (true), uniques (original)… Be You, Etre Nous-mêmes!… Ce sont les couleurs choisies par Pantone pour 2021 : gris sombre et jaune acide, allégorie de la lumière au bout du tunnel. J’ajoute : Heureux Anniversaire à Kristine, ce 11 janvier !

2020 laissera un souvenir indélébile, celui d’une pandémie mondiale qui a tout déréglé. Pour les quilteuses, c’est l’arrêt de la plupart des joies des rencontres autour du patchwork, les JA, les Salons, les Expositions… Téléphone, mails, réseaux sociaux permettent heureusement de garder contact, mais les rencontres en vrai, c’est devenu rare et néanmoins irremplaçable.

Ce mot de la langue inuit, ceux que naguère on appelait les Esquimaux, est intraduisible directement : c’est l’excitation qui vous saisit dans l’attente d’une visite, celle qui vous fait regarder par la fenêtre ou sortir sur le palier pour savoir plus vite si l’invité arrive…

C’est ce je fais, comme une gamine qui guetterait l’attelage du Père Noël dans les nuages, quand la Ruche se réunit chez moi. Vendredi en début d’après-midi, j’étais complètement iktsuarpok !

Nous nous sommes montré nos dernières réalisations, le temps est passé vite à papoter (beaucoup !) et à coudre des oiseaux en vue d’un quilt à faire ensemble. L’ambiance était gezellig comme j’aime.

C’est un mot hollandais aux sonorités très gutturales, mais qui décrit un état de béatitude, un sentiment de confort et de bonheur quand on est ensemble, en bonne compagnie, en toute sécurité et confiance.

Nous avons d’abord choisi la disposition des blocs faits à l’automne pour un quilt destiné à une famille sinistrée dans les Alpes-Maritimes, ce projet a été très retardé en raison du confinement :

Scrappy Trips around the World, modèle de Bonnie Hunter/Quiltville.

Puis ce fut l’habituel Montre & Raconte :

Andrée est sur le point de terminer ce splendide quilt aux tissus japonais, mis en valeur par un fond de plusieurs nuances de bleus doux. Je l’aime infiniment. C’est interprété d’un quilt paru dans un livre de Tilda.

Danièle nous avait montré l’avancée de ses quilts en tissus Neelam lors de la Ruche juste avant Noël :

Danielle a beaucoup aimé s’amuser avec ces trois couleurs, et sa fille a réservé ce quilt pour elle !

Diabolical Jane

Je reviendrai très bientôt sur les Diabolical Jane, car j’ai reçu des photos de vos réalisations sur diabolicaljane@gmail.com. Ceux que j’ai déjà reçus sont splendides ! En attendant, en voici quelques-uns des Abeilles :

C’est celui d’Évelyne, avec le vert acide qu’elle aime tant mettre dans presque chacun de ses ouvrages. Sans bordure ajoutée, une option très moderne.
Son beau dos, en patchwork de restes, montre le travail de quilting à la machine, très réussi !
C’est celui de Kristine, avec une bordure qui lui permet d’utiliser un ruban ancien hérité de sa mère. Frais, printanier et harmonieux !
Comme toujours, Kristine brode des étiquettes informatives et superbes, avec un petit échantillon du ruban de bordure (le carré fleuri)
Andrée a laissé parler l’exubérance des wax, quelle réussite !
Maïté a modifié le modèle pour en faire SON DJ unique, très spectaculaire !

Le 18 décembre dernier, jour de la Ruche précédente, nous avions déjà vu les beaux DJ de Chantal et de Vive, les Abeilles manquantes avant-hier. Je les ajouterai lors d’un article récapitulatif. Danièle en a fait un splendide également, très coloré… Je n’ai pas toutes les photos. Quelle émulation ! Et le mien est très grand, 2 m de côté, pour le lit de ma fille aînée qui vient de fêter son anniversaire (une Capricorne de plus), je vous en ferai une bonne photo pour le prochain article à ce sujet.

Quilts Météo

Ah quelle aventure que ce quilt météo ! Pour chacun qui l’a fait en 2020, cela restera un ouvrage très spécial, lié aux événements personnels de 366 jours mais aussi à cette année dont le fil rouge restera à jamais l’expansion mondiale du Covid19. Dans le groupe privé Facebook qui réunit à ce jour 712 membres, on voit une diversité extraordinaire d’ouvrages, tous plus beaux les uns que les autres. Les quilteuses font preuve d’endurance et de créativité ! D’ores et déjà, je peux vous annoncer qu’une exposition de quilts météo pourra se faire dans le Tarn, fin juin 2022, les modalités seront à finaliser avec les organisateurs. J’espère que nous aurons d’autres propositions car ces quilts méritent de voyager pour être vus et revus un peu partout !

Éliane montre son quilt terminé, hormis les bordures et le quilting.
Elle a résolu son problème des deux mois accolés de 31 jours, juillet et août, qui décalaient les colonnes, en incluant des losanges où est brodé le titre.
Si vous avez la chance de voir un jour ce quilt de près, vous verrez que Maïté a ajouté de nombreux détails brodés…

Cerise sur le gâteau, des quilteuses ont entamé un quilt météo 2021 !

La Pause

Fika (café en verlan suédois !) est le moment privilégié où on fait une pause avec un bon café et un petit gâteau (pour nous c’était thé aux cerises/hibiscus et oreillettes d’Éliane), une pause qui peut s’étirer parce qu’on est simplement bien ensemble…

Après avoir vu tant de belles choses, nous avons fait la pause Fika et nous avons évoqué l’assaut du Capitole, un traumatisme de plus infligé par un Président qui n’a cessé de nous navrer. Et nous avons encore bavardé, nous souvenant des inoubliables journées passées avec nos chères amies américaines LeeAnn, Jeanne, Tari, Betty – et j’ai distribué avec grand plaisir les calendriers que Betty a offerts aux Abeilles pour 2021. Betty, you will be with us in our ateliers! Thank you so much again 💗

Et la sécurité ? Nous ne sommes pas kamikazes (autre mot venant d’ailleurs), nous vivons toutes plutôt isolées, la plupart en maison individuelle à la campagne ou presque. La pause Fika s’est faite dans une autre pièce en remettant nos masques après chaque gorgée de thé. Notre département est actuellement relativement peu impacté, nous avons jugé raisonnable de nous revoir dans cette grande pièce où l’air circule bien.
S’il est reconnu que la peur et le stress affaiblissent les défenses immunitaires,
j’ose penser que notre rencontre vitaminée les booste momentanément !

Oiseaux de passage

Nous avons une bonne nouvelle qui, espérons-le, ne tombera pas à l’eau… La Ruche des Quilteuses est invitée à exposer en juin prochain à Lacaze dans le Tarn ! Ce sera un week-end très festif où chacun sera heureux de replonger dans une vie faite d’art et d’amitié. Nous ne serons pas seules, à l’appel de Christine Meynier et Cécile Milhau, Les Filles du Rouvray, les quilteuses passionnées qui travaillaient dans le premier magasin de patchwork de France, exposeront une belle sélection de leurs œuvres. Ce sera un grand événement, d’autant plus que cette année, de nouveaux lieux d’exposition ouvriront dans le village en cumulant les expositions 2020 et 2021, avec de nombreuses animations et surprises ! Alors réservez dès à présent votre dernier week-end de juin pour visiter le cœur de l’Occitanie, près d’Albi-la-Belle.

Lacaze, au cœur de l’Occitanie

Pour remercier Les Amis du Château de Lacaze, l’association organisatrice de cet événement, nous allons faire un quilt pour une tombola. Son nom temporaire est Oiseaux de passage, car nous l’avons imaginé lors des passages des oiseaux migrateurs. Qu’on aime voir les oiseaux voler et parfois se poser en groupe dans la campagne, avant de les admirer repartir en nuée sonore… Un spectacle éblouissant !

Malheureusement, depuis 40 ans les oiseaux sont décimés eux aussi. Ces petits animaux à la fois familiers et merveilleux doivent désormais bénéficier de protections drastiques. L’écrin de verdure de Lacaze est un lieu idéal pour rappeler ces évidences. La première étape s’est passée hier, avec le choix de faire des oiseaux aux ailes en tissu Wax (batik africain) et au corps uni, en couture improvisée. Des Abeilles faisant des oiseaux, mais oui tout arrive !

Il faut d’abord bien comprendre comment faire un piou-piou.
A la recherche du tissu uni qui ira avec le wax…
On aura sans doute assez de tissus !
On maîtrise la coupe des piou-pious, tout va bien !

 

 

Iktsuarpok, Gezellig, Fika, ces trois mots qui n’existent pas en français résument notre première journée de l’année ensemble. Ces mots (et ces illustrations) sont tirés du petit livre Lost in Translation d’Ella Frances Sanders, malheureusement pas traduit en français. Vous y trouverez une cinquantaine de petits mots tout mignons comme ceux-là !

Merci du fond du cœur pour tous vos vœux, je crois que je ne réussirai pas à répondre à chacun, veuillez m’en excuser. En revanche, je vais reprendre le chemin un peu oublié des réseaux sociaux et de nouveau alimenter mon blog. 

Que la sérénité me soit donnée d’accepter ce qui ne peut être changé
et le courage de changer ce qui peut l’être
mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
Marc-Aurèle

Que chacun réussisse à passer la meilleure année MMXXI possible !

Bonne année à tous, ici et ailleurs !

Katell et ses amies

Le respect envers les autres

Depuis le drame de la mort de George Floyd le 25 mai dernier, on remet en question, un peu partout dans le monde, la vision de l’Autre. Amour ou haine, paix ou violence, tout et son contraire ont été exprimés. Alors que certains veulent combler les inégalités, d’autres creusent les fossés. S’ensuivent maintes confusions, maintes décisions dont certaines ont le don de m’exaspérer. Le respect ne passe pas par des barrières supplémentaires…

Le dessin animé des Simpson aura désormais des acteurs non-blancs pour doubler les Noirs, les Jaunes, les Rouges. Devront-ils forcer l’accent qu’on attend d’eux ? N’est-ce pas encore plus discriminant de les cantonner à ces personnages ?

 

La décision de L’Oréal de bannir les mots blanc, blanchissant, éclaircissant ou clair pour combattre le racisme est ahurissante. Dans leurs publicités, cela fait belle lurette que tous les tons de peau sont célébrés en montrant depuis longtemps des femmes de toutes origines, toujours belles dans leur diversité, pour valoriser leurs palettes de produits convenant à toutes les peaux du monde.

Même si je n’achète plus rien de L’Oréal parce que c’est chimique, je trouvais que les Français se débrouillaient bien dans ce domaine. Le bannissement de ces mots sur la blancheur est simplement ridicule ! Heureusement qu’ils ne vendent pas de dentifrice 🙃 Franchement, est-ce judicieux de bannir ces mots pour combattre le racisme ?

Hier, j’ai lu la décision d’une quilteuse canadienne d’enlever 2 de ses modèles vendus sur internet en PDF parce qu’ils sont d’inspiration vaguement amérindienne et qu’ils contiennent dans leur titre le mot Aztec. Les Aztèques régnaient en Amérique centrale (du côté du Mexique) et les Espagnols les ont combattu ; la culture mexicaine est un étroit mélange aztèque et espagnol. Étant de peau blanche, cette quilteuse ne se sent plus le droit d’utiliser cette esthétique qui n’est pas de sa culture. Il est vrai que, vivant en Europe, nous ne subissons pas les mêmes pressions culturelles, mais c’est tout de même ahurissant ! N’avons-nous plus le droit de nous inspirer de l’Autre ? Dois-je être Japonaise pour utiliser des tissus d’inspiration nippone, être Africaine pour avoir le droit de coudre avec des Wax, être Coréenne pour faire du Pojagi (une bise à Maryse Allard !) ? Nous ne pillons pas les autres cultures, au contraire, nous les apprécions et tentons de les honorer. Je continuerai donc de faire des quilts d’inspiration amérindienne quand cela me chante.

 

Il y a plusieurs centaines d’années, l’Europe s’inspirait déjà d’autres civilisations, comme, pour rester dans notre domaine des tissus, l’impression. Si les Indiens (d’Inde) n’avaient pas montré l’exemple, aurions-nous les fameux tissus provençaux qui s’en sont inspirés ?

Tissus provençaux de la marque Souleiado.

A ce propos, n’oublions pas, cet été, de donner un coup de pouce à Neelam, ainsi qu’à tous les magasins que nous aimons, ils ont besoin de nous pour survivre.

Neelam se fournit notamment chez des artisans du Gujarat (Inde) qui impriment leurs tissus au tampon, avec des teintures artisanales, à l’ancienne. C’est un commerce respectueux des artisans et une fabrication sans chimie. Vous y trouverez aussi de très belles broderies éco-responsables elles aussi, et beaucoup de fournitures de loisirs créatifs. Leur site pour acheter par correspondance est ici. N’hésitez pas à les contacter pour une visite ou un achat à distance.

Conservons donc le bon sens que nous avons encore en Europe, les échanges commerciaux et culturels entre peuples existent depuis des siècles ! De gros changements pour une économie plus saine sont absolument nécessaires, mais gardons-nous des décisions démagogiques ridicules… 

Si je ne pouvais plus m’inspirer des artisanats du monde, mon blog n’existerait plus et nous ne ferions même plus du patchwork !

Merci de rester fidèle à la Ruche des Quilteuses, avec toute mon amitié,
Katell

Tie & dye en Inde

Tie and dye, souvenirs de jeunesse… Nouer, lier et teindre était déjà à la mode dans les années 70 ! Chez nous, on a oublié cette tendance quelques décennies mais elle revient de plus belle avec le goût du fait main et de l’artisanat du Monde. Mon amie Émilie de Neelam nous offre ce reportage, fait en Inde, où la tradition perdure sous le nom anglais tie and dye, ou bien Bandhej (Gujarat), Laheria (Rajasthan), tandis qu’on parle de shibori au Japon et qu’on pratique toujours en Afrique ces teintures… Il existe des nuances, des variantes, mais la base reste la même !

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Damien et moi avons envie de partager avec vous un beau moment passé en Inde avec Mustafa, spécialiste des techniques de teintures artisanales de Tie and Dye.

Vous l’avez certainement repéré dans les boutiques et magazines de décoration, l’imprimé Tie and Dye y est de plus en plus présent (coussins, rideaux, tapis, linge de maison, vêtements…) et ne cesse d’être réinterprété.

Cette technique fascinante de création textile consiste littéralement à nouer (to tie), puis à teindre (to dye) un tissu.
Le fait de nouer au préalable le tissu permet de préserver certaines parties de la teinture. Ainsi, seules les parties extérieures au nœud seront colorées. La durée du bain jouera sur l’intensité de la couleur et la multitude des possibilités de ligatures en feront un tissu aux motifs uniques.

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Selon la technique de Tie and Dye pratiquée par Mustafa, la dimension maximale idéale du coupon de tissu est de 2,50 x 1,10 m. Mustafa commence par plier le tissu (préalablement humidifié) en 2 sur toute sa longueur.

 

Le tissu est ensuite plissé et ligaturé tous les 20 cm environ. La façon de plisser et ligaturer le tissu influencera le rendu du motif.

 

Mustafa ligature ensuite le tissu sur toute sa longueur.

 

Le tissu est prêt à être teinté.

 

Le bain de teinture se prépare…

 

Le tissu est plongé dans le bain de teinture, plus ou moins longtemps en fonction de l’intensité de la couleur souhaitée, puis rincé afin d’enlever les excédents de teinture.

 

Les fils de ligatures sont ensuite ôtés. Le moment le plus excitant de la journée est la découverte du motif créé ! 

 

Et voilà !!

Nous adorons le résultat. Et vous ?

Des tissus tie & dye sont disponibles dans notre boutique, mais vous pouvez aussi vous procurer un livre pour vous lancer (ils sont nombreux) ou chercher un stage, de nombreuses artistes en proposent.

J’ai aimé faire du patchwork avec divers tissus teints en tie & dye par Mustafa et autres tissus de notre stock, teints eux aussi en indigo, mélangés avec de la toile blanche et des accents orange :

… et me faire un vêtement :

Promenade à Strasbourg en kimono tie & dye…

Émilie

Pour les personnes autour de Toulouse, petite annonce :

Merci Émilie et à bientôt !

Un quilt étoilé avec Cécile & Bea

Les étoiles sont parmi les motifs les plus appréciés en patchwork. Dans BeeBook, je ne me suis pas privée d’en proposer, des étoiles pas forcément régulières, les wonky américaines, que j’ai préféré nommer étoiles créatives. À présent, le quilt qui est actuellement en bannière du blog est dans ma pièce à vivre et, malgré certaines réticences entendues sur les couleurs bizarres, il s’intègre parfaitement à mon intérieur ! Il est un hommage à Sujata Shah, si talentueuse et généreuse, dont je ne me lasse pas de promouvoir son livre (sa présentation ici), avec la contribution d’une brodeuse indienne via Neelam chez qui j’ai choisi la broderie centrale :

Les petits miroirs, appelés shishas en Inde, brillent aussi bien le jour que la nuit, jouant avec le soleil ou la lampe. C’est un des quilts difficiles à photographier !

On en retrouve aussi sur le quilt d’Éliane, pour donner une impression de brillance d’un ciel étoilé :

Nuit au Mas d’Azil, Éliane Géraud

Les quilts étoilés sont à conjuguer à l’infini, des plus traditionnels aux plus déjantés !

Quel que soit le style de patchwork que vous appréciez, vous pouvez participer au Quilt Along (quiltons ensemble) ou QAL 2020 lancé il y a 2 jours par Cécile et Béatrice. Lisez l’article de Cécile avec tous les détails nécessaires, inscrivez-vous au groupe Facebook pour le suivi et surtout amusez-vous bien !

Le thème du QAL 2020 ? Les étoiles bien sûr !

Merci Barbara !

Barbara Brackman est citée bien des fois dans BeeBook, j’ai tant appris d’elle !
Barbara, your BeeBook has just been sent, please be patient!

En février 2015, je vous racontais pourquoi j’aimais Barbara Brackman, et j’avouais en fin d’article ne pas avoir terminé un Quilt Along commencé en 2012, QAL proposé sur le thème des Droits des Femmes (Grandmother’s Choice).

Bee Kristine l’avait fait en même temps que moi… mais l’avait vite fini, elle  !!!

Sa belle étiquette est entourée de lisières de tissus qu’elle avait achetés en Pennsylvanie, exprès pour ce sampler.

Près de 400 personnes étaient inscrites sur notre groupe Flickr, la plupart l’ont sans doute terminé. C’était une bouffée de joie à chaque découverte de blocs faits par les copines ! Voici quelques quilts Grandmother’s Choice finis qui sortent du rendu traditionnel avec des tissus repros :

Cheryl de Caroline du Nord a excellé à la fois dans le montage et le quilting machine !

Kathie d’Australie a monté les blocs bleus autour d’un médaillon

Grandmother’s Choice Sampler de Georgann Eglinski, 36 blocs sélectionnés, quilt fait pour une vente aux enchères en faveur des femmes malades. Intemporelle combinaison de couleurs…

Pendant une année, Barbara nous avait fourni de nombreux documents sur les actions des suffragettes et autres féministes, tout en nous donnant un bloc par semaine à faire. J’ai adoré lire ses articles mais je n’ai pas tenu le rythme de la confection des blocs, dommage… En revanche, j’aimais trop mes blocs déjà faits pour les laisser inutilisés !

La préparation de mon livre a été l’étincelle pour me faire terminer le quilt. Non, je n’ai pas fait les blocs manquants, j’ai biaisé le problème en complétant le top par des broderies afghanes achetées sur un stand de l’association Guldusi, créée par Pascale Goldenberg. Les couleurs allaient bien ensemble… et le thème de l’entraide de femme à femme reste central.

Le coton de fond des broderies était d’un joli vert, mais je n’en ai rien gardé. Aucune broderie n’a exactement le même encadrement pour arriver à la bonne dimension des blocs (20 cm).

Du coton blanc de chez le grand Suédois (3 € le mètre…) m’a servi de tissu de fond. J’ai tâtonné pour assembler l’ensemble à vrai dire, par exemple j’ai fait les lettres piécées pour écrire La Cause des Femmes (méthode de Tonya Ricucci) en me demandant si cela atterrirait devant ou au dos du quilt. Finalement, j’aimais bien le top comme ceci :

J’avais commencé à monter les blocs dans l’ordre du QAL… J’ai défait partiellement pour mieux les répartir. Ce sampler comporte des tissus de diverses provenances : des + ou – japonais, certains authentiques offerts par mon amie Marie-Claude Tsuruya, des tissus de Dear Stella, d’Amy Butler, quelques « repros », des tissus recyclés de chemises et robes etc. S’ajoutent quelques tissus de Neelam autour des broderies afghanes. Globalement, je recherchais des tissus esthétiquement d’ailleurs avec une gamme de couleurs bien particulière.

Restait le quilting… Que faire ? Je souhaitais ardemment mettre ce quilt en illustration de mon livre ! J’ai failli faire appel à une professionnelle de la long-arm, car nous étions en février et j’avais bien d’autres choses à faire pour BeeBook… J’aurais aimé passer des heures dessus, quiltant au coton perlé, mais j’avais de nombreux autres en-cours urgents et c’était donc hors de question.

Finalement j’ai opté pour l’expérimentation : faire  moi-même un quilting, en essayant une spirale à la machine à coudre, sujet que je pourrais mettre dans le livre en cas de pages à remplir au dernier moment. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas les explications dans BeeBook, mais ici même la semaine prochaine !

Western Spirit 9 – Un peuple de cactus, les saguaros

Les cactus saguaros sont très évocateurs du désert et sont mis à toutes  les sauces :

Voici l’histoire de cette marque texane qui évoque pour tous la cuisine conviviale tex-mex. Les cactus emblématiques du logo sont pourtant des plantes circonscrites dans un espace très délimité, loin du Texas, et j’ai eu la chance de les côtoyer pendant trois jours… Au risque de passer pour fofolle, ils sont devenus mes amis. Oui, les cactus !

Ce sont plus précisément les cactus Saguaros, très à la mode en ce moment dans la décoration et les mouvements artistiques :

Ce très beau saguaro d’Helen Robinson a fait la Une de Simply Moderne n° 13.

Le saguaro (qu’on prononce sawaro) est un grand cactus arborescent qu’on ne trouve que dans une petite partie du sud de l’Arizona et au nord-ouest du Mexique. Là où nous les avons vus, c’est autour de la ville de Tucson, qui s’étale entre deux parcs nationaux, Saguaro Ouest et Saguaro Est. J’imagine que cela ne faisait qu’une étendue continue à l’origine, morcelée par les hommes. Le climat est semi-aride, mais comme je ne fais pas les choses comme tout le monde, le seul jour de pluie en un mois de vacances, un déluge à ne pas mettre une Katell dehors, fut le 1er jour dans ce sud aride ! Nous avons alors changé nos plans et continué la route, c’est ce que je vous raconterai la semaine prochaine.

Notre grande balade à l’ouest de Tucson se passa le lendemain sous une forte chaleur (impossible d’imaginer qu’il tombait des trombes la veille, tout était absorbé) avec un air très pur, débarrassé de sa poussière. Les cactus s’étaient donc faits tout beaux pour notre visite, après leur douche de la veille !

A l’ouest et l’est de la ville de Tucson se trouvent deux zones protégées où pousse, malgré le nom de désert, une grande diversité de plantes. Plusieurs randonnées sont possibles, toutes balisées. On n’a pas envie de marcher sur un serpent, une araignée ou un cactus dont certaines épines transpercent les chaussures…

La vie des jeunes saguaros dépend d’autres plantes : une protection partielle leur est quasi-indispensable. Ainsi les buissons ont leur part de travail, protégeant les bébés saguaros. L’arbuste déjà bien vieux mourra sans doute dans quelques années, laissant place à ce cactus de 80 cm et donc d’environ 25 ans ici. Il aura fait son travail protecteur. Dans 10 ans, le saguaro aura environ 1 mètre de plus et produira ses premières fleurs toute blanches, puis des fruits rubis.

Des bébés saguaros, ont-ils assez de protection ? Les petits plants sont plutôt rares, même dans les parcs nationaux qui les protègent.

A vrai dire, en me promenant parmi les saguaros, une étrange sensation m’a saisie, comme si je me trouvais parmi une foule de personnes. Pourtant alentour, seul mon mari était visible. Ces cactus ont une présence remarquable, au-delà de leur stature (jusqu’à 15 mètres). Ne craignant aucune honte, je leur attribuais une personnalité, un petit nom au passage, je leur parlais.

Coucou toi ! Tes cotes épineuses sont très jolies, comme des augmentations de mailles dans un tricot. Tu dois avoir moins de 100 ans, car tu n’as pas encore développé de bras.

Comment dire ? Les saguaros sont bienveillants malgré leurs épines qui les couvrent tel un duvet protecteur, une légère fourrure. Leurs épines sont d’autant plus grandes que les cactus sont petits, au moment où ils ont le plus besoin de protection. Quand on touche leur peau, la sensation est douce, agréable, souple et tiède grâce au soleil… un peu comme une peau humaine.  Et puis ils sont marrants, il n’y en a pas deux pareils alors qu’on les dessine toujours de la même façon ! Leurs bras ont poussé ou pas (jamais avant 60 ans), ils en ont souvent deux mais parfois les cellules se sont emballées et de nombreuses branches jaillissent du tronc. Chaque bras augmente la capacité de reproduction par les graines du fruit après floraison (jusqu’à 2000 graines par fruit si la fleur a été pollinisée).

Un très vieux saguaro et un jeune homme 😉

Un seul bras pas bien grand, tu dois avoir entre 75 et 100 ans, un bel âge pour un saguaro ! Je te trouve magnifique.

Evidemment les collectionneurs de cactus voudraient tous avoir un exemplaire de saguaro. Ils sont désormais protégés mais on peut acheter des kits :

En vente sur amazon. La photo est légèrement trompeuse, le cactus n’est pas compris dans l’envoi !

Ils poussent tellement lentement (seulement 20 cm de haut à 15 ans), la demande est tellement forte que le trafic des plants adultes est juteux. Alors les autorités font la chasse aux voleurs de cactus qui sévissent surtout la nuit.

La meilleure solution est de faire comme Emilie de Neelam : un saguaro en tissu trône fièrement sur la table de leur salon !

Voici les kits disponibles : des cactus qui ne demandent ni chaleur, ni eau, ni lumière… et ne piqueront jamais ! J’ai fait celui du milieu pour ma fille, c’est simple et très bien expliqué. Amuse-toi à créer ta collection !

Au Visitor Center nous avons visionné un film sur les saguaros après notre première visite et je n’ai été qu’à moitié étonnée que les Indiens locaux Tohono O’odham (surnommés péjorativement les Papagos, les mangeurs de haricots…) les aient considérés comme des personnages, c’était pour moi si évident. Ils considéraient ces plantes avec égards car les fruits étaient bienvenus dans leur alimentation très frugale. La floraison fugace, en avril-mai, était une telle fête que c’était, paraît-il, leur nouvel an !

Le jardin autour du Visitor Center montre toutes les plantes qu’on peut rencontrer dans le coin. L’écosystème est admirable mais si fragile.

Dans ce climat semi-aride où les températures atteignent 45° et +, les saguaros sont le garde-manger et abreuvoir d’oiseaux qui se jouent de la protection des épines. Les plus grands saguaros pèsent 5 tonnes… dont 3 d’eau ! Les piverts creusent un trou pour en faire leur nid et l’année d’après, d’autres oiseaux s’y installeront. Ces hôtes sont parfois la cause du dépérissement des cactus.

Le Gila woodpecker est un hôte récurrent des saguaros, il y trouve le gite et le couvert.

Hibou dans un saguaro en fleurs, photo d’ici.

Ce vieux bonhomme est perclus d’arthrose. Oh pardon, ce saguaro a subi une période de gel, ce qui fait que ses bras vont aussi bien vers le ciel que la terre.

La période la plus aimée pour visiter ces parcs est avril-mai, pour admirer les floraisons. Nous avons cependant vu quelques fleurs sur d’autres plantes comme celle-ci :

Ou celle-ci :

J’ai pris beaucoup de photos dans les deux parcs, mais je conclus avec celle-ci qui n’est pas de moi :

Photo prise dans le Saguaro Park par Yeahsoo, CC BY-SA 3.0, 

Le voyage me semble déjà bien lointain mais j’ai encore tant à partager encore ! Alors rendez-vous mardi prochain !

Until later, à bientôt,
Katell

Les Charm Quilts, ça continue !

Pour toutes celles qui ont envie de partager des tissus et faire leur propre Charm Quilt, Marie-Christine organise un partage sur son blog, avec le même principe que celui qui a porté ses fruits en Haute-Garonne.

Alors n’hésitez pas ! Rendez-vous chez Marie Christine à Carrément Crazy, son blog !

Pour répondre à Liberty qui m’a demandé ce que je faisais avec des tissus Neelam, qui sont des étoffes venant directement d’Inde et bénéficiant d’un commerce équitable, tissus teints avec des pigments naturels et imprimés manuellement au tampon, voici quelques illustrations.

Liberty, voici une photo où tu as à la fois un sampler fait de tissus Neelam (sauf les tissus bleus entourant les blocs), ouvrage de la délégation FP31 à l’occasion des 30 ans de France Patchwork, tu as aussi un sac que j’ai fait et une splendide veste (celle que Kristine continue de porter l’hiver : tout le monde aimerait la lui piquer !!) :

J’ai terminé aussi un panneau imprimé par Dijanne Cevaal par un encadrement avec des tissus Neelam :

A voir ici aussi

Comme tu le vois, Liberty, j’utilise les tissus Neelam comme n’importe quel autre, mais ils ont un charme inimitable, en raison de leur touche artisanale !

… Et bien sûr, il y aura des tissus Neelam dans mon Charm Quilt…

Un nouvel Arbre de Vie/1

Les Arbres de Vie sont des décorations multiséculaires. On ne peut oublier l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal dans le jardin d’Eden, dont le fruit défendu tenta, selon la légende, notre ancêtre Adam… Souvent considéré chez nous comme une pomme, dans d’autres pays ce fruit est plutôt une figue ou une grenade.

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Adam et Eve au Paradis, par Lucas Cranach (1530)

Sans doute l’Arbre de Vie « parle-t-il » à toutes les civilisations ; cet arbre stylisé et symétrique est employé en décoration dès l’Antiquité en Orient. Il a été repris dans l’art médiéval et christianisé pour être accepté ; au Moyen-Âge, les plus aisés faisaient venir d’Inde des panneaux figurant un Arbre de Vie et les tisseurs européens les copièrent, multipliant des tentures à accrocher dans les châteaux remplis de courants d’air ou les lieux sacrés. Il y eut également des peintures sur des murs sur ce thème, trop rarement sauvegardées au fil des ans. Mais voyez ici l’histoire de l’Arbre de Vie de Maïté…

L’Arbre de Vie est pour beaucoup le symbole de l’unité des êtres vivants qui se doivent de vivre en harmonie. Darwin en a fait le schéma de l’origine ancestrale commune, comme un arbre généalogique.

Darwins_tree_of_life_1859
L’arbre de la vie de Darwin tel qu’il apparaît dans On the Origin of Species by Natural Sélection, 1859. C’était l’unique illustration de l’ouvrage et le texte explicite sa vision de l’évolution de la Vie.

En octobre dernier, je n’ai pu éviter de tomber amoureuse d’un panneau teint et imprimé par Dijanne Cevaal, un Arbre de Vie aux grenades sur fond gris. Il n’est pas bien grand mais la broderie de toutes les feuilles et tous les fruits m’a pris un temps certain !! Cependant j’ai apprécié chaque point. La broderie terminée, j’ai trouvé que les tissus de Neelam étaient parfaitement adaptés au côté artisanal de l’ensemble. J’ai donc coupé des petites bandes irrégulières pour faire le tour. L’arbre est brodé en point de tige, son fond en point avant droit, ainsi que la plupart des bandes de la bordure. Pour ajouter de la couleur, j’ai fait deux tours au point de chaînette, en coton perlé jaune d’or. J’aime beaucoup les imprimés des angles qui font un bel effet.
Et voilà le travail !

Arbre de Vie Katell, la Ruche des Quilteuses
Pas encore de nom définitif pour ce premier ouvrage de l’année 2016 ! (cliquez sur la photo si vous voulez voir des détails).