Octobre Noir

L’année 2020 est pourrie, on l’a bien compris. Et pourtant, en septembre, qui aurait parié sur un Octobre aussi Noir ?

Je m’excuse auprès de toutes les autres années
que je disais pourries,
je n’avais pas encore vécu 2020.

Le mois noir commença avec la tempête Alex : deux belles vallées des Alpes-Maritimes ravagées, faisant de nombreuses victimes, certaines ont perdu la vie, d’autres ont perdu tout le reste. C’est pour ces personnes en détresse que nous pourrons offrir un quilt. Ce n’est pas essentiel, mais c’est un petit cadeau de solidarité qui réchauffera les cœurs et les corps au moment de la distribution, en 2021 sans doute. Je relaierai l’adresse d’envoi postal dès que je la connaîtrai. 

@solidarite06 est une association caritative sise à Nice, qui travaille avec le Secours Populaire pour faire cheminer les dons pour les sinistrés. C’est peut-être par eux que se fera l’offre des quilts. Attendons cependant les recommandations de France Patchwork pour une action coordonnée.

Solidarité des quilteuses du monde : les incendies gigantesques en Australie qui nous émurent en janvier 2020, ont engendré 15 000 blocs d’arbres, soit 750 quilts à faire. L’Australie ne passe pas à côté du Coronavirus et malgré tout, leurs quilteuses vivent une année unique, entre excitation et lassitude, esprit de solidarité et découragement, tant le travail est immense. Mais elles avancent avec détermination… Voici un tout petit florilège des quilts terminés :

Les actions solidaires des Quilteuses sont autant de sourires, à condition que l’organisation soit solide. Les quilteuses australiennes font face à ce gigantesque travail de choix des blocs à mettre 20 par 20, d’assemblage, mise en sandwich, quilting, bande de finition… Nous savons ce que cela représente… à faire 750 fois !! Alors encore un immense bravo aux Australiennes !

Octobre Noir… Que dire de la décapitation d’un prof ? Pour des dessins ?? Ce vendredi 16 octobre, jour des vacances, aurait dû être un jour joyeux. Un ami de ma fille, prof dans ce collège, avait partagé avec son copain et collègue Samuel son dernier déjeuner, ils avaient fait une partie de ping-pong ensemble avant 14h. Quel traumatisme pour tous les proches, tous les profs, toute la population.

Et comme si cela ne suffisait pas, les contagions du coronavirus se multiplient et nous voici de nouveau confinés ce soir-même. 

On peut se croire en enfer, mais la commune Les Rousses dans le Jura, se demande si on n’est pas déjà au Paradis. Cette photo date de mars 2020 et continue de faire le tour des réseaux sociaux

Ce mois d’octobre déjà bien noir se termine avec le début d’un nouveau confinement. Un choc, une chape de tristesse, même si on nous y préparait depuis 2 jours.

Beaucoup de personnes, pour diverses raisons, éprouvent de grandes difficultés directement à cause de la pandémie – santé défaillante, séparation, manque de revenus, perte d’emploi… De la tristesse, de la révolte qui couve… Quand on voit les tensions dans certains pays récemment reconfinés, on sait que tout peut arriver. Certains se révoltent néanmoins avec humour : un père de famille de Newport (Pays de Galles) s’est présenté en supermarché en caleçon et masque, car lors de ce confinement, les magasins n’ont plus le droit de vendre ce qui est non essentiel, comme les vêtements…

Les vêtements sont devenus non-essentiels, d’après le gouvernement du Pays de Galles. Alors… Photo Wales News Service

Nous allons donc entrer en résistance. Observer le confinement puisque c’est la solution pour contrer le virus galopant, mais nous allons aussi nous distraire et nous motiver mutuellement. Pour ma part, avec la Ruche des Quilteuses, je continuerai de mêler arts textiles et lectures, pour une évasion immobile, avec un ou deux articles par semaine.

Ne broyons pas du noir quand nous avons tant d’autres couleurs !

Ensemble malgré tout, c’était l’élan créatif impulsé par France Patchwork au début du premier confinement. 

Samedi : Halloween, Samain et Pleine Lune

Commençons par une bonne nouvelle : après-demain, samedi, il fera beau temps et, la nuit venue, nous pourrons admirer la Pleine Lune, un spectacle qui me ravit toujours. On a encore le droit de regarder le ciel et rêver.

Samedi, ce sera le dernier jour d’un mois noir et le dernier jour de l’année dans le calendrier celtique. On connaît cette journée sous les couleurs d’Halloween en orange & noir, une formidable inspiration pour les quilteuses :

Halloween miniquilt, Pinkadot Quilts
Squelette en lisières, Riel Nason
Les citrouilles de Bonnie Hunter, modèle dans son livre String Frenzy.
Etoile à 5 branches de Victoria Findlay Wolfe, aux couleurs de Halloween, même si ce n’est pas le sujet du quilt !

Halloween (contraction de mots anglais) est une fête grand public, devenue très commerciale. Nous n’en avons que l’écume, les bonbons et les décorations. Et pourtant, cette célébration vient d’Europe, on la dit millénaire et on l’appelle aussi Samain (mot gaélique/celtique) : elle n’est pas une création américaine, ce sont les Irlandais qui ont émigré avec leurs traditions ancestrales et, dans leur nouveau pays, les croyances et habitudes se sont modifiées. C’est un peu la même histoire que les quilts qui ont traversé l’Océan avec les migrants : la plupart des blocs de patchwork ont été créés dans le Nouveau Monde, mais le patchwork, l’appliqué et le quilting existaient déjà.

Samaïn est une fête de fermeture de l’année écoulée, et d’ouverture de l’année à venir, c’est une charnière en dehors du temps. Comme toutes les sociétés archaïques, la société celtique était une structure très organisée où chacun connaissait sa place. Mais les Celtes savaient que seule une rupture abolissant ordre et structure et permettant au chaos de régner pouvait rendre cet ordre psychologiquement confortable. C’était le rôle de Samaïn. Les trois jours de ce festival échappaient au temps et chacun y faisait ce qui lui plaisait : les hommes s’habillaient en femme et vice versa, les barrières des fermiers étaient démontées et jetées dans les fossés, les chevaux changés de prés, et les enfants visitaient les voisins en exigeant des cadeaux et des gâteries, une tradition qui survit de façon atténuée dans la fête de Halloween (contraction de « All hallows eve » : la veille de la Toussaint, le 31/10).
Les Celtes comptaient le temps en partant de la nuit et en allant vers le jour, exprimant ainsi leur espoir dans l’évolution d’une conscience endormie vers une conscience éveillée. C’est pourquoi l’année celte commence avec une fête au cœur de l’obscurité : c’est la fête de Samaïn, dont le nom signifie littéralement « la chute du soleil ».
Samaïn ouvre donc le premier quartier, avec une fête qui dure trois jours : les 31 octobre, 1er et 2 novembre.
Samaïn est le Nouvel An celte.
Isabelle Padovani – Facebook
Il est bien difficile de rétablir ce qui se passait naguère en pays celtes, par manque d’écrits ou de traces archéologiques évidentes. Qui est sûr de l’interprétation des menhirs de Carnac ou de Stonehenge ? Ce que nous pouvons en lire est fondé sur des suppositions, des déductions, des convictions, plus que sur des certitudes.
 
La Wicca, ou l’éloge du paganisme et des sorcières
Ce qui est évident, c’est que nous avons raboté la plupart des rites anciens et que l’appel pour plus de sens dans nos vies, plus de merveilleux, titille beaucoup d’Occidentaux en quête de racines, d’authenticité… et de rêves.
Ainsi est née la Wicca, une nouvelle croyance occidentale.
Qu’est-ce que la Wicca ? C’est une croyance basée sur des racines païennes, qui tourne autour de la célébration des cycles naturels et des saisons.
Encore peu connue en France sous ce terme, la Wicca (qui vient de Witch Craft, l’Art de la Magie) rassemble à présent plusieurs millions d’adeptes dans le monde. Elle fut créée par un Britannique dans les années 1950. Pour ses détracteurs, la Wicca est un joyeux fatras de fadaises, anciennes superstitions et ramassis de bêtises ésotériques. 
Ce dessin celtique est le symbole de la série télévisée américaine Charmed, dans la droite lignée de la Wicca.
Et pour ses adeptes ?
On appelle aussi la wicca : le néo-paganisme moderne.
C’est la confluence de multiples pratiques pour célébrer la Force de Vie, c’est un chemin vers le savoir, la sagesse, l’acceptation des forces qui ne se voient pas. Les Wiccans – les adeptes de la Wicca – réapprennent les savoirs oubliés des ancêtres et découvrent un art de vivre lié aux énergies de la Terre et du Ciel. A leur guise, les Wiccans utilisent divers rituels et peuvent s’appuyer sur la cartomancie, l’astrologie, les cycles lunaires, les cristaux… pour capter et interpréter les énergies, pour mieux vivre et pourquoi pas, pour guérir. L’apprentissage et la pratique sont « à la carte », en solo ou en groupe.
L’étoile à 5 branches (ou pentacle) est devenu un signe wiccan
Samain et Pleine Lune, 13 Pleines Lunes dans l’année…
 
La nuit du 31/10/2020 sera chargée pour les Wiccans et les Sorcières avec une double actualité : la célébration de Samain tombe cette année à la Pleine Lune, phénomène rare puisque cette correspondance Samain/Pleine Lune n’était pas arrivée depuis 1944.
 
Une année comme 2020 avec 13 Pleines Lunes (ce qui arrive tous les 2 ou 3 ans), c’est un signe d’année troublée selon les anciens. Pour 2020, on peut aisément faire la liste des malheurs du monde et confirmer cette assertion. Les années à 12 pleines Lunes sont-elles pour autant calmes ?… C’est là qu’on se rend compte que les croyances peuvent nous convaincre de tout, notre souvenir peut associer aux années de 13 Pleines Lunes les drames de l’année… mais les autres années n’en sont pas exemptes.
C’est la responsabilité de chacun de vivre sa vie et croire en pleine conscience, avec discernement. 
 
Même en période noire, il y a la lumière quelque part… Orange & noir…
Naguère, les feux de joie ponctuaient toutes les fêtes. Photo Toa Heftiba
Feu de camp, quilt de Bernadette Mayr.

Si vous avez oublié l’actualité pendant 5 minutes, c’est déjà ça 😁
 
A bientôt pour vous montrer encore plein de belles choses et partager de bons moments ensemble,
Katell

Abonnez-vous !

Abonnez-vous à toutes les revues de patchwork que vous aimez, afin qu’elles puissent survivre à cette folle année 2020 !

J’ai reçu aujourd’hui Les Nouvelles n° 146, c’est le magazine des adhérents de France Patchwork. Comme souvent, dans l’adversité, on déploie des trésors d’imagination et c’est ainsi que ce numéro a du corps et une âme.

J’apprécie beaucoup les interventions des déléguées, c’est une nouvelle rubrique en or. Le point commun de celles de ce numéro, Sophie de Normandie, Catherine d’Alsace et Brigitte d’Occitanie, c’est leur modestie, leur incertitude de pouvoir jouer le rôle, avant d’assumer et de réjouir les adhérents de leur département. Et pourtant leurs très beaux parcours attestent qu’elles sont parfaitement à leur place. Que les futures déléguées le sachent, le poste est certes prenant mais si gratifiant !

Ma chère Cécile D. (j’ai beaucoup de chères Cécile dans ma vie), tu devines que j’ai grandement apprécié ton pas-à-pas à la manière de Gwen Marston qu’on n’oubliera jamais !

Les divers articles sur le Crazy j’en avais justement touché un mot la veille sans arrière-pensée – sont autant de petits plaisirs car le crazy, j’y reviens toujours, à petites ou grandes touches, avec ou sans broderie. Son principe est intemporel en patchwork.

Dans la rubrique Rencontres, Maria Shell nous offre ses variations contemporaines et si dynamiques, Linda Anderson ses tableaux époustouflants et inégalables et bien d’autres quilteuses nous ouvrent leur porte et leur cœur. Mais bien sûr je m’incline devant le talent de Maryte Collard qui a si gentiment accepté de me raconter sa vie sur 4 pages, qui mettent magnifiquement en valeur ses quilts aux inspirations variées. Je vous avais déjà présenté un de ses quilts, sobrement appelé Le Baiser

Et puis vous avez de très beaux modèles et l’histoire de Quilt en Sud qui nous manque tant…

Nous avons de la chance d’avoir à lire et admirer tant de belles choses ! Merci à toute l’équipe de rédaction, en particulier Sylvie, Edith, Catherine…et toutes les autres moins visibles mais tout aussi indispensables !

Lectures estivales

127082790Pour cet été, vous avez déjà reçu les magazines de patchwork de juin, et en particulier pour les adhérents-abonnés de France Patchwork,  Les Nouvelles, Patchwork et Création textile n°145… Il est fait pour et par les adhérentes, plus que jamais, avec les rédactionnels sur nos vécus pendant le confinement, des modèles très sympas, et une myriade de blocs de toutes les couleurs d’Ensemble malgré tout ! Le magazine reflète la période que nous venons de vivre, tellement extra-ordinaire, parfois dramatique, le plus souvent juste inquiétante ou même agréable, pour les plus chanceux à la recherche d’une pause dans leur vie trop speed. Je suis heureuse d’avoir contribué à cette revue, relatant mes états d’âme qui sont étrangement similaires à ceux de beaucoup d’entre vous.

Une grande diversité de livres sortent en librairie pour les vacances et je souhaite mettre la lumière sur celui-ci, qui n’a pas encore bénéficié de beaucoup de publicité et qui mérite d’être lu, avec pour thèmes la condition féminine en pleine évolution et la découverte de la créativité en brodant… Ah, cela vous intéresse, n’est-ce pas ?!

C’est l’histoire de Violet, dans l’Angleterre de l’entre-deux-guerres, que j’ai beaucoup apprécié découvrir en anglais l’année dernière. Il arrive à point en français pour le farniente estival, ne vous en privez pas, pour moi c’est une valeur sûre !

J’ai été surprise cependant par certaines critiques anglophones, traitant ce livre de littérature « facile », pour jeunes adultes ou même adolescents. Des personnes aigries ?… En anglais, cela n’était certainement pas pour moi une lecture trop facile !!! Je le lirai aussi en français un jour, pour voir si j’ai le même enthousiasme.

J’ai été étonnée par la traduction du titre en français, mais je le trouve bien et la femme symbolise parfaitement la période. Et que les couleurs sont belles !

Vous pouvez dès à présent le trouver dans vos librairies !

A samedi pour mon dernier article avant la pause estivale,
Katell

La terre est bleue comme une orange

La terre est bleue comme une orange

C’est le premier vers intrigant d’un poème de Paul Éluard datant de 1929. A l’absurdité de la phrase répond la finesse des rêveries qu’elle enclenche, laissez-vous emporter, rebondissez sur les images qui vous viennent…

Mais oui, la Terre a la forme d’une orange, une balle, une sphère, symbole de la plénitude. 

Ce fruit a puisé la vitalité dans la lumière du soleil, a concentré l’énergie en zeste, jus et pulpe, comme l’essence de la vie— VAlekStudio / Shutterstock.com.

Or, la terre est effectivement brune, ocre, beige… ou orange.

Une vue du Bryce Canyon, en septembre 2018, où l’orange de la terre se marie au bleu du ciel.

En 1929, nul humain n’avait pu contempler ni photographier la Terre vue de l’espace, et on avait bien moins conscience de la prédominance des océans sur la terre ferme. Avant les missions dans l’espace, personne ne l’appelait la planète bleue. Et peut-être était-ce alors la terre bleue qui intriguait les lecteurs, plus que la terre comme une orange… Tout est question de perspective.

On nomme l’overview effect, le choc qu’ont ressenti de nombreux spationautes en voyant la Terre de l’espace. Après avoir contemplé leur Maison de loin, ils veulent plus que jamais la protéger : elle est belle, elle est unique, elle est fragile.

overview
L’écrivain Jean-Pierre Goux mise sur la diffusion massive de photos et vidéos de la Terre vue de l’espace pour inspirer un amour profond pour notre Maison, susciter un sentiment d’appartenance à ce monde unique, fini et isolé comprenant toute la nature, dont nous faisons partie. OneHome.org. Si vous comprenez l’anglais, voici 14 citations d’astronautes ayant expérimenté l’overview effect. Tous sont émus, souvent jusqu’aux larmes.

C’est assez surréaliste de savoir ce qu’il se passe sur la planète en dessous de nous. La Terre a toujours l’air aussi éblouissante, vue d’ici, donc c’est difficile de croire tous les changements qui se sont produits depuis qu’on est ici.
Jessica Meir, le 10 avril 2020

L’astronaute Jessica Meir vient de rentrer sur terre le 17 avril, après 7 mois en station spatiale, elle expérimente à présent un confinement auquel elle était bien moins préparée…

Fragile

Jamais je crois je n’ai autant lu que durant ces semaines de confinement, et j’ai découvert plusieurs romans de science-fiction où sont projetées les craintes des auteurs dans un avenir plus ou moins lointain. Je vous assure qu’à la lumière de ces possibilités, on n’a, encore moins que jamais, pas envie de vieillir, aucune projection n’étant réjouissante… Quelle désespérance. Que ce soit Valentin Auwercx dans 500 ans (Le temps d’une Étoile) ou Tatiana de Rosnay dans 15 ans (Les Fleurs de l’ombre), l’avenir a de bien tristes couleurs. Et quand certains s’arrogent le droit de faire « ce qu’il faut » pour régler les problèmes comme dans Le Parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin, j’en frémis encore.

L’équilibre qui convient à l’humanité est fragile : quelques degrés de plus et nos côtes seront englouties, nos organismes flancheront à la chaleur, nos jardins seront grillés. Grâce à l’ingéniosité des hommes, nous avons bénéficié de tant de bienfaits, mais la balance penche dangereusement vers les douloureuses contreparties. La pollution tue la biodiversité comme les abeilles et autres insectes pollinisateurs, bienfaiteurs de notre alimentation saine. La nature que nous domptons s’épuise, tant de décisions étant prises pour le court terme. Je ne me lancerai pas sur une longue liste, vous la devinez. Et si nous lisons l’histoire de notre genre humain, Sapiens, une brève histoire de l’humanité de Yuval Noah Harari, on se rend compte à quel point nous sommes, nous et nos civilisations, arrogants et pourtant minuscules et fragiles.

Un fichu virus et voilà notre vie d’avant, si imparfaite, déjà considérée comme un paradis perdu…

Audace

La vie est une aventure, ose-la.
Mère Teresa.

Je crois au miracle, je suis un optimiste de la volonté et je professais qu’à moins d’être totalement mort, rien n’est grave.
Sylvain Tesson

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.
Sénèque

La couleur orange symbolise l’énergie, la vitalité, l’optimisme, l’audace et donc, nous incite à croire malgré tout en l’avenir. Il en faut, de l’audace, pour proclamer que la terre est bleue comme une orange. Oser l’audace, c’est un pléonasme que les artistes comme les meilleurs scientifiques savent manier, pour créer un monde meilleur, souhaitons-le. Car il faut agir ! Alors, vous ne serez pas surpris par mon second carré orange du challenge Ensemble malgré tout de France Patchwork :

Stay at Home, ou le confinement résilient

En plein week-end de Pâques, j’avais le moral en berne, les enfants étant habituellement autour de moi à cette occasion. Alors j’ai fait une immersion dans mon atelier. J’ai ainsi fait un beau trou dans mes p’tits bouts de tissus, les assemblant en bandes interminables de 6 cm de large, m’inspirant fortement d’un quilt d’une quilteuse australienne, publié sur Instagram. Pour rythmer ces bandes, j’ai découpé les unis en carrés de 12 cm, du prune/aubergine au jaune d’or, en passant par de nombreux rouges, roses et orange. J’ai mis le turbo et fait un top qui n’était vraiment pas prévu.

Je crois bien que ce top sera expédié à une quilteuse long arm professionnelle dans une dizaine de jours ! Je suis en plein quilting à la main de l’ouvrage que vous voyez en tête de blog…

Faire ce top m’a redonné le sourire ! Il s’appelle #StayAtHome, l’un des hashtags les plus utilisés au monde ces dernières semaines…

La fin du confinement ne signifiera pas la fin de la pandémie, nous le savons à présent. Il faudra du courage et de l’audace pour établir de nouveaux équilibres. Pour terminer avec de l’espoir, voici les deux dernières strophes d’un autre poème de Paul Éluard qu’on aimerait tellement voir coller à l’actualité de ce mois de mai :

[…]

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

Malgré notre fragilité, ayons de l’audace pour créer un meilleur avenir que celui qu’on nous promet.

Avec confiance, allons de l’avant, ensemble malgré tout,
Katell

 

De Vous à moi

Bonjour, en ce 1er mai complètement inédit !

Même dans la région toulousaine, le muguet pousse, du moins chez notre amie Vive, déjà bien fleuri il y a 10 jours :

 

 

Permettez-moi de relayer la demande de la rédactrice en chef des Nouvelles, Sylvie Bedu : envoyez-lui, le plus rapidement possible, une photo de votre ouvrage en cours du Challenge #ensemblemalgretout, pour une parution éventuelle dans les Nouvelles de juin. Personne n’a fini bien sûr, mais certaines peuvent déjà montrer un beau bout d’ouvrage. La photo doit être en excellente définition, vérifiez le réglage de votre appareil photo. Envoi par email à : revue.fp@orange.fr

Je suis presque sûre qu’il y aura un suivi de ce magnifique challenge, alors une fois le confinement terminé, terminez votre ouvrage et faites-en de belles photos ! Et n’oubliez pas d’adhérer à France Patchwork en code 1 pour recevoir la revue, détails par ici.

 

Boîte aux lettres d’emails ou boîte aux lettres du bout du chemin, la communication continue de plus belle entre quilteuses !

Annie Paire suit le challenge et m’adresse des photos de ses créations, souvent bicolores, deux semaines à la fois. J’admire son art, moi qui ne fais pas d’art textile… Voici le dernier, horizon violet et mer glaz :

Maïté, elle aussi, continue son sampler « balade dans la nature » :

Et un merci ému à mes correspondantes de la semaine :

laure liberty
Une superbe carte textile en tissus Neelam, une réalisation parfaite et que des mots doux… Merci infiniment Laure Liberty !
huguette judes
L’incroyable Corona-carte d’Huguette Judes, qui n’arrive malheureusement plus à poster des commentaires sur ce blog… mais qui continue de quilter tout en confectionnant des masques, comme nombre d’entre nous.

Elles comme nous avons le virus du patch, et attention nous le partageons volontiers !

A très vite, prenez bien soin de vous,
Katell

Glaz

Les brodeuses françaises connaissent toutes la broderie glazik (ou glazig), cette spécialité de Cornouaille bretonne (autour de Quimper) remise au goût du jour par l’extraordinaire Pascal Jaouen. Mon bon copain Christophe Hainault, qui a pris des cours avec Monik Paugam, est lui aussi séduit par la beauté de ces broderies. Comme tout ce qu’il touche devient exceptionnel, son dernier ouvrage terminé ne fait pas exception :

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Luxuriance et opulence, c’est ce qu’inspire ce superbe ouvrage réalisé par Christophe. Modèle Ar Galon, Pascal Jaouen.
Yin-yang, Monik Paugam. J’aime beaucoup ce mélange de cultures !

Cette broderie modernisée reprend les points traditionnels qu’on trouvait sur des napperons bretons et certains costumes d’antan. J’aime en particulier le point de neudé, un point de chaînette élargi. Nous en avions fait le thème de l’atelier d’une JA FP31.

Porte-aiguilles fait en JA le 1er février 2013, il s’ouvre comme un coquillage sur deux « feuilles » en feutrine, pour piquer nos aiguilles. Modèle créé par Bee Kristine.

Ce sont les costumes des hommes qui étaient ornés de broderies à dominante jaune d’or sur un drap marine, d’où le mot glazik/glazig (petit bleu). Un article sur les origines de cette broderie se trouve ici.

La couleur glaz

On dit pourtant un peu vite que glaz (ou glas) se traduit par BLEU. J’en avais déjà fait un article il y a quelques années. Glaz, c’est avant tout la palette de couleurs de la nature bretonne, aux reflets changeants, aussi bien la mer que le ciel, hésitant entre le bleu, le vert et le gris… et même l’herbe vert cru qui pousse au printemps ! C’est un peu le mot qui décrit la magie de la nature, sans cesse en mouvement, en évolution, éclairée par mille nuances changeantes de lumière.

 

Rouanez (reine) du Glaz, Valériane Leblond sait mieux que personne faire chanter ces nuances.

Glaz désigne la même couleur tantôt bleue, tantôt verte, que le mot latin glaucus qui a donné notre mot glauque, devenu si péjoratif. Oublions ce détail… On retrouve glaz ou glas dans toutes les langues celtiques actuelles (en Écosse, Irlande, Pays de Galles, Île de Man, Cornouailles anglaise). Ce qui est plus surprenant, c’est la proximité de glaz avec les mots d’Europe du Nord signifiant le verre. Glass, glas, glês, la ressemblance est troublante. Je n’ai pas cherché de preuve de famille sémantique, mais les verres anciens étaient tout en nuances bleu-vert…

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Du verre produit par les Romains au début de notre ère (Musée du forum palatin, Rome) découvert dans les fouilles de Pompéi. On saura faire du verre transparent et non coloré plus tard.

Personne ne songe à traduire le mot glaz par turquoise, couleur intermédiaire entre le bleu et le vert. C’est parce que glaz est une atmosphère plutôt qu’une couleur…

Challenge Ensemble malgré tout, semaine du turquoise

Tout ceci pour expliquer pourquoi, en cette semaine dédiée au turquoise, j’ai fait ce carré :

Je m’amuse à ne répéter aucun tissu et ces 28-là méritaient bien de s’ajouter au charm quilt du confinement !

J’ai introduit des coutures légèrement sinueuses pour rappeler un paysage. Les batiks nuancés correspondent bien aux variations de lumière qu’on a dans la nature… Il complète le carré turquoise clair fait en semaine bleue :

Ma Doué, qui eût cru que le challenge FP me ferait broder en breton et en chinois?

Yec’hed mat (à ta santé !),
Kenavo,

Katell

Vers un monde différent

Quand nous sortirons du confinement, comment va-t-on se congratuler, se dire bonjour ? Nous devrons sans doute faire une croix sur les accolades à l’américaine, les embrassades et serrages de mains à la française ou les frottements de nez esquimau (on vérifie ainsi que l’autre va bien et n’a pas le nez gelé)… Nous devrons  continuer de garder nos distances, avec ou sans masque !

La question est sérieuse…
Elle va modifier nos habitudes quotidiennes.

On pourra toujours lever la main de loin, disant Ugh! comme les Indiens d’Amérique ! Ils ont une sagesse ancestrale qu’on a perdue.

Nous autres, premiers hommes d’Amérique, vivons dans un monde de symboles et d’images où le spirituel et l’ordinaire des jours ne font qu’un, c’est ce qui nous donne la sagesse et l’équilibre.
Sagesse Sioux

Mais du côté d’autres Indiens 😉 on peut aussi trouver un autre geste, une nouvelle attitude pleine d’allure. 

Se dire bonjour face à face et à distance en joignant les mains et en souriant, c’est un partage différent du toucher des mains ou de la bise, et ce geste remplit de joie. Sans y mettre une quelconque religiosité – nous n’aspirons pas forcément à devenir bouddhistes ! – c’est un bref moment de gratitude sincère envers l’autre. Même si ce geste s’appelle Namasté, il est inutile de le prononcer, un simple bonjour chez nous conviendrait parfaitement.

Quant aux personnes qu’on salue sans vouloir communiquer autant de connivence, une courbette à la japonaise deviendra peut-être la norme ! C’est une forme de respect, mais parfois aussi de soumission… ou d’hypocrisie sociale aussi, elle existera sans doute toujours !

Je divaguais sur le monde d’après quand j’ai préparé mon carré Ensemble malgré tout violet du challenge FP. Même si je ne suis pas très affûtée question chakras, je sais que le violet est le symbole de la lucidité et de l’action réfléchie, elle calme le trop-plein d’émotions en rassurant. Elle symbolise l’esprit plutôt que la matière, l’être plutôt que l’avoir, une couleur qui garde une empreinte mystérieuse. Comment le dire en un mot court ?

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Mystic, en anglais, me convient bien, même si c’est différent. Cela me relie à Betty, qui m’a offert un merveilleux quilt violet et m’en a dédié un autre, toujours violet. Elle m’a expliqué longuement la raison de son choix de couleur… Ma bague préférée est d’ailleurs une améthyste. Et puis, c’est la seconde couleur de ma ville natale, Toulouse la Rose, avec sa fleur la violette (ex-æquo avec le bleu pastel) ! Avec l’âge, mes deux couleurs préférées deviennent le violet et le turquoise, qui sont des bleus mélangés, l’un, avec du rouge, l’autre avec une touche de jaune… 

Il est certain, nous vivons un moment-charnière. Certains chercheront à récupérer la vie d’avant, rassurante, d’autres veulent tout changer pour parvenir à un monde rêvé.

L’avenir n’est pas écrit. Vous savez peut-être que les chinois écrivent le mot CRISE ainsi (idéogramme ci-contre). La première partie de l’idéogramme désigne le temps du danger, la seconde, le temps de l’opportunité. Vivre une crise, c’est voir et évaluer le danger, sans doute accepter le changement qui est dans la nature de la vie, puis saisir l’occasion pour évoluer positivement.

 La folie c’est de croire qu’en faisant toujours la même chose on puisse arriver à un résultat différent.
Albert Einstein

Dans mon charm quilt, je voulais y ajouter cette notion de danger/opportunité, alors qu’à cela ne tienne, j’ai brodé l’idéogramme chinois et l’ai entouré d’imprimés gris très graphiques : de petites étoiles, une grille ouvragée de style baroque, des quadrillés-grillages, un mur, des troncs d’arbre…

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Tout est possible pour notre avenir, faisons en sorte que le meilleur en sortira… Ce sera un chemin rempli de ronces et d’orties, mais ces plantes ne sont-elles pas des trésors en herboristerie ?…

C’est décidé, mon charm quilt fera 16 blocs ! J’attends les deux dernières couleurs avec impatience… Rose et orange, j’aimerais bien…

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Les jours se suivent, très semblables, une monotonie s’installe…
Savoir jouer avec sa créativité est un trésor, utilisons ce don !

Katell

Le Rouge, la première des couleurs

Joyeuses fêtes de Pâques !

Pour la première fois, je n’ai pas fait de décoration de Pâques chez moi, en l’absence des enfants réunis… Celle-ci a quelques années !

ROUGE !

Grâce aux historiens des couleurs et tout particulièrement Michel Pastoureau, on apprend que le rouge était la seule couleur nommée dans les temps anciens, non pas parce que nos ancêtres ne voyaient pas aussi bien que nous, mais parce que n’existe vraiment que ce qui se nomme… En espagnol, on a le mot rojo pour dire rouge, mais aussi colorado, coloré étant synonyme de rouge, comme dans l’ancien temps. Le vocabulaire s’est étendu avec la culture et l’envie de nommer les choses. Avoir le mot juste, c’est parfaire sa communication et je me réjouis de pouvoir parler de dizaines de couleurs et de leurs infinies subtilités…

La symbolique du rouge s’est follement enrichie au fil du temps : d’abord le feu et le sang, puis le pouvoir, l’amour, la gloire et la beauté… puis l’inévitable désamour avec la sobriété protestante, la crainte du diable… et la récupération politique, le symbole du danger ou de l’interdit… Lisez ce livre si vous souhaitez en savoir bien, bien plus !

En patchwork, j’aime le rouge mais je ne l’utilise presque plus. Il fait partie de mon passé, ou par touches, accompagné de rose et d’orange, en symbiose chaleureuse.
Il reviendra peut-être !

La couleur rouge devait arriver, tôt ou tard, dans le challenge #ensemblemalgretout et c’est pour cette semaine ! J’ai voulu marquer l’ambivalence du rouge et donc choisi deux mots vraiment différents :

VIE,

pour toute l’énergie positive et l’amour contenus dans cette couleur. Le mot est brodé en espagnol car j’ai une chanson qui tourne en boucle dans ma tête en ce moment, Gracias a la Vida de la Chilienne Violeta Parra, chantée par Joan Baez (ici aux Vieilles Charrues, comment ai-je pu louper ça ? j’aime tant cette femme). Je la connais par cœur car elle était dans ce 33T écouté mille fois :

Bestofbaez

ALERTE,

car le rouge est aussi le signal du danger, de l’arrêt, de l’interdit… Terriblement d’actualité.

J’ai tout de même trouvé de beaux tissus rouges dans mes tiroirs !!

Continuez de rendre visite au Forum France Patchwork, on y voit des merveilles quotidiennement ! Maïté a aussi terminé son bloc de la semaine, le voici : ravissant n’est-ce pas ?

 

Gardez le moral, même si les fêtes comme Pâques sonnent creux quand la famille est éparpillée… Un peu d’humour cloche de circonstance :

Une mignonne, du père Peschet (Eure, Normandie)
Moins gentille, de Seb

Et pour finir sur une note rouge passion comme le patchwork l’est pour nous, voici quelques blocs rouges destinés à un quilt collectif, une excellente idée du Bureau de notre club de Colomiers :

Chinese Coins, de Maïté… pour rendre la monnaie de leur pièce, aux Chinois 😉
Fleur passion, Kristine
Etoile du Colorado, avec du tissu que j’ai acheté à Silverton, Colorado (voir par ici)

A très vite !
Katell

Solidarités, pour Quiltmania, pour France Patchwork, pour nos commerces en ligne…

Quel bonheur m’a procuré le numéro 1 de Quiltmania… et les suivants, confirmant la qualité de l’équipe nantaise et allumant la vitalité des quilteuses françaises !

Quel plaisir d’acheter tous leurs premiers livres édités ! C’est le livre sur les Quilts Gallois, de Jen Jones (toujours en vente ici), qui m’a donné le goût de l’Histoire du Patchwork, alors que justement je m’intéressais déjà aux quilts contemporains : c’est en connaissant la tradition qu’on apprécie mieux les évolutions… J’ai ensuite acheté surtout ceux dits « de collection », moins de livres de modèles, mais j’ai quand même des dizaines de livres Quiltmania que j’ouvre régulièrement et apprécie toujours.

 

Quelle joie d’avoir un magazine français dédié aux quilts modernes à partir de juin 2015, venant combler les quilteuses moins traditionnelles !

Quel plaisir d’aller à Nantes Pour l’Amour du Fil ! Les expositions sont toujours magnifiquement mises en valeur, le Salon est de parfaite dimension…

Quiltmania compte beaucoup pour moi et pour tant d’autres quilteuses francophones et d’ailleurs (éditions en néerlandais et en anglais), mais comme beaucoup d’autres entreprises, elle est fort fragilisée par le contexte économique. La coopérative Presstalis, qui distribue les magazines Quiltmania, Simply Vintage et Simply Moderne en kiosque, est au bord de la faillite. Donc pas de distribution, par exemple, du Quiltmania de mai chez votre marchand de journaux –si celui-ci est également buraliste, il est ouvert. Vous abonner, c’est avoir l’assurance de recevoir les prochains numéros à un prix moindre, et un précieux apport de trésorerie à Quiltmania, en attendant une solution pour la distribution des magazines et la reprise, sans trop de casse espérons-le.

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Pour que vive France Patchwork et son magazine, même combat, surtout renouvelons notre abonnement en choisissant le code 1 (avec la revue !).  Notre présence est vitale, sauvegardons ce qui nous tient à cœur. En raison du confinement de la secrétaire, il n’y a pas de relance par courrier : soyons vigilants, renouvelons dès réception de l’email !

Mon livre BeeBook est toujours disponible en vente en ligne par ici !

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N’oublions pas nos magasins dédiés aux tissus, au patchwork qui peuvent toujours nous expédier des tissus et matériels à domicile (les points-relais sont fermés je crois bien), ainsi que les merceries.

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Cet article est très coloré car nous aimons les couleurs et notre monde créatif.
Faisons maintenant l’effort d’aider les entreprises et associations qu’on aime !

Logo d’une nouvelle entreprise québecoise qui reverse ses profits au fonds d’urgence communautaire de Centraide.

 

 

 

 

Solidarités, diverses causes à suivre

Les Arbres pour l’Australie

Nous aimons bien savoir ce qui est fait de nos blocs de solidarité, envoyés parfois au bout du bout de la Terre… Sachez que les quilteuses australiennes ont fait un travail extraordinaire à toutes les étapes, avec un soigneux inventaire des plus de 13 000 blocs reçus, la mise en place des blocs par 20 pour faire de beaux tops, la distribution des blocs et fournitures aux quilteuses locales et à celles d’autres sections de Modern Quilt Guild d’Australie qui prêtent main forte… Une chaîne d’amitié fantastique, rendue bien plus difficile avec l’arrivée du COVID 19 dans le pays, le confinement, les enfants à la maison, etc. Des dizaines de tops sont faits et photographiés rapidement, en attendant le quilting et une plus belle image.

Aide efficace, l’inspecteur contrôle-qualité :

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Et on commence à voir des quilts finis, il y en aura entre 650 et 700 :

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Les quilts terminés sont montrés au fur et à mesure sur Facebook. Chacun a son numéro de référence. Cela me rappelle tant l’organisation remarquable de Jeanne pour le Projet 70273 ! Nous espérons que la Grande Exposition se fera en 2021, je vous en donnerai des nouvelles bien sûr.

France Patchwork

Le projet qui nous fait du bien, c’est le challenge Ensemble malgré tout de France Patchwork. Alors que toutes nos réunions, JA et JNA, expositions, sont reportées ou annulées, le rendez-vous hebdomadaire avec une nouvelle couleur nous fait passer le temps agréablement.

La créativité est extraordinaire ! Je ne ferai pas de sélection de photos, c’est trop dur, tout est si beau !

Mon charm quilt a pour le moment 8 blocs de 32 x 32 cm, rassemblant 116 tissus différents. Selon la longueur du confinement, j’aurai un top de 16 (4 x 4), ou 20 (4 x 5), ou peut-être 25 (5 x 5) blocs de couleurs différentes, mais je n’irai pas au-delà ! Cette semaine, le BLEU m’a inspiré 4 blocs. 

Je ne cherche pas à unifier ni à intellectualiser les mots, je laisse plutôt mon intuition faire le choix. Il y aura des adjectifs, des noms, des verbes. Ici, FLOW est la fièvre de la création (lire BeeBook 🤩), ici avec divers tissus bleus et pourtant lumineux, avec une pensée pour le Bleu Klein ; PUR symbolise sans doute la chasse au virus, l’envie de minimalisme et de pureté ; la PAIX se comprend facilement, mais j’ai hésité avec Flower Power (!) qui rappelle la période peace & love, et CHIC parce que le marine, les impressions ethniques, c’est simplement chic…

Tous les mercredis matins, nous avons la nouvelle couleur annoncée sur le blog Les News FP, puis sur le forum FP et sur Instagram. Le mardi soir, je piaffe d’impatience !!

Masques textiles

Revenons aux masques textiles. Nous ne savions pas s’ils étaient utiles ou au contraire dangereux en début de confinement. L’article de l’ingénieure textile a remis les idées en place, oui ces masques sont utiles, dans les limites d’utilisation préconisées et avec une désinfection systématique adéquate. Ils sont à présent recommandés par le gouvernement, et peut-être bientôt obligatoires pour sortir…

Je ne suis pas sortie de chez moi depuis le 13 mars, mais mon mari sort faire les courses avec son masque fait maison, fait d’un tissu de patchwork batik (au tissage serré) à l’extérieur et un tissu blanc intérieur, avec la possibilité d’accueillir une feuille de papier intermédiaire. Entre chaque sortie, je le repasse à la vapeur bien chaude. Bien entendu, c’est en plus de toutes les précautions que nous connaissons à présent par cœur.

J’ai cousu plusieurs masques sur le modèle du CHU Grenoble, très pratique, sans avoir besoin d’élastique, à présent on préconise ceux qui sont agréés par l’AFNOR. 

Les Couturières Solidaires de France n’ont pas attendu le gouvernement pour coudre des centaines de masques pour tous les corps de métiers qui devraient en être pourvus, des personnels de maisons médicalisées aux boulangers, des pompiers aux facteurs, des caissiers aux ambulanciers etc. les besoins sont immédiats et immenses. Mais il faut que se rencontrent les couturières et les bénéficiaires. De nouveau, tout se passe sur Facebook. Les Couturières Solidaires sont organisées par département ou secteur, à voir sur la page dédiée.

Coudre des masques est bien sûr une activité bénévole. Une fois par semaine, un livreur peut venir chez vous pour recueillir vos dons qui seront redistribués aux personnes qui en ont besoin (et se sont fait connaître). Les établissements qui demandent des masques en grande quantité doivent justifier leurs demandes (malheureusement, il y a déjà eu des excès).

BRAVO pour cette organisation Mesdames !

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C’est la bannière des Couturières Solidaires de France !

Un grand merci à vous toutes qui m’écrivez de gentils emails, je les lis tous mais, suprême paradoxe, je n’ai pas le temps de répondre à toutes les sollicitations. Qui l’eut cru ? Le confinement fait rétrécir le temps !
Avec tout mon soutien,
Katell