La menaçante Corée du Nord a quitté la une de nos journaux, on souffle un peu, d’autant plus que des pourparlers engagés entre les frères coréens ont abouti ! Dans plusieurs disciplines en effet, les athlètes des deux côtés de la frontière seront réunis sous une bannière commune aux Jeux Olympiques qui ouvrent dans 16 jours. Une grande avancée diplomatique qui rappelle la diplomatie du ping-pong, c’est ainsi qu’on appelle le début du dégel entre la Chine et des USA en 1971-72 réussi lors d’une compétition de tennis de table… Quand le sport est au service de la paix : une vieille idée qui porte parfois ses fruits !
Révisons un peu d’histoire contemporaine pour aborder le problème coréen. Il y eut une très sanglante guerre à la fin du 19e siècle entre la Chine et le Japon, notamment sur les terres de la péninsule coréenne qui était alors un Empire depuis des siècles. Elle se termina au début du 20e siècle par l’annexion de la Corée par le Japon. Ce fut une domination coloniale cruelle et impitoyable. A l’issue de la seconde guerre mondiale, les armées russes et américaines convinrent d’expulser l’occupant japonais et de créer en urgence un protectorat nord-sud, partagé autour du 38e parallèle, lors de la conférence de Yalta. Hélas le début de la guerre froide empêcha la création d’un Etat coréen unique ; Corée du Nord et Corée du Sud se créèrent et revendiquèrent chacune l’ensemble de la péninsule. Il s’ensuivit l’abominable Guerre de Corée de 1950 à 1953 qui fit 2,8 millions de victimes et se termina sans vainqueur ni vaincu, avec un peuple toujours séparé par 4 km de no man’s land et des univers diamétralement opposés.
Les JO aideront-ils à pacifier les relations internationales ? Rêvons !

Revenons à nos chers textiles. Nous sommes de plus en plus nombreux en France à avoir rencontré Maryse Allard au détour d’un Salon ou lors d’un stage ou encore une Journée de l’Amitié organisée par des délégations France Patchwork.

Après 25 ans de pratique du patchwork comme vous et moi, Maryse découvrit par hasard, en 2005, le patchwork coréen dans un livre. La graine était plantée, les étoiles se sont alignées pour diverses rencontres et Maryse Allard est devenue la véritable Ambassadrice européenne du patchwork coréen, ou Pojagi.
Une telle réussite ne se construit pas sans un travail patient et acharné, sans passion, intelligence et finesse. Maryse a d’abord maîtrisé seule une des techniques d’assemblage en s’inspirant d’une photo de pojagi et elle a trouvé dans la transparence et la couleur une émotion qui ne l’a plus quittée. Quand on la rencontre, elle en parle si bien ! Réservée mais aussi chaleureuse, Maryse est en accord intime avec le caractère à la fois jovial et respectueux des Coréennes que j’ai pu rencontrer.

Grâce à l’accueil et l’amitié d’artistes coréennes qui font écho à la qualité d’écoute de Maryse, notre artiste française a acquis de nombreuses connaissances autour du pojagi, son histoire mais aussi l’organisation sociale des femmes, encore bien éloignée de la nôtre. Son récent voyage au Pays du Matin Calme lui a confirmé, s’il en était besoin, la sincérité et la profondeur de son engagement dans cet art.
Quelques photos issues de la page Facebook de Maryse Allard :




Pour partager avec nous l’histoire du pojagi, nous faire connaître l’agenda autour du patchwork coréen, Maryse nous offre un bulletin mensuel nommé Les Nouvelles du Pojagi.
Si la beauté des pojagi vous touche, si cet univers résonne en vous, je vous recommande de vous inscrire à cette newsletter écrite par Maryse. C’est simple, adressez-lui votre demande à :
maryseallard arobase gmail point com.



Ne croyez pas que c’est parce que je quitte la délégation France Patchwork 31 que je suis enchantée !! Ce furent six années très denses, très riches en rencontres, en amitiés devenues fidèles, en confidences… Je ne quitte pas cette fonction sans un pincement de cœur, mais je suis également consciente que c’est bien de laisser la place pour que le ronronnement ne s’installe pas et que d’autres idées émergent – et la succession est au top !










Cette année, un roman prend une place considérable dans le rappel de cette époque d’esclavage (qu’on aimerait tant être uniquement un drame du passé). Il s’appelle simplement Underground Railroad. Ce roman a raflé plusieurs Prix littéraires prestigieux, grâce à son écriture visuelle et son héroïne tellement touchante. L’originalité est que l’auteur New-yorkais imagine un VRAI chemin de fer souterrain pour passer plusieurs endroits difficiles… Ce roman risque fort de transformer l’imaginaire américain et cette fiction deviendra peut-être, pour beaucoup, une réalité du passé !
Brackman ou Christiane Billard en France, sont d’accord pour assurer qu’il n’y a absolument aucune trace de quilt, aucun écrit et surtout que c’était irréaliste, ne serait-ce que parce que certains blocs n’existaient pas encore, mais aussi parce qu’il aurait été bien difficile de faire circuler les infos sur la signification des blocs sans attirer l’attention… Franchement, cette histoire a été crue car elle est très belle et correspond aussi à l’imaginaire américain, on aurait aimé qu’elle fût vraie ! Cette belle histoire, racontée par une femme soutenant qu’elle la tenait de tradition orale de sa famille sur plusieurs générations, provient bien plus probablement de souvenirs de livres d’enfants des années 1980 et en particulier le très mignon Sweet Clara and the Freedom Quilt.
Au début des années 2000 d’innombrables quilts ont été faits d’après un livre d’Eleanor Burns et Sue Bouchard, un manuel pour réaliser un Sampler donnant les clés des codes. Il raconte la rencontre avec Ozella Williams sur un marché, heureuse d’avoir l’oreille attentive d’une femme quilteuse historienne. L’histoire fait rêver certes, mais il est clairement écrit d’une manière que je dirais légère, pour être gentille. Cet immense succès de librairie manque cruellement de justifications historiques. Il n’en reste pas moins que le sampler est très harmonieux et c’est l’occasion de raconter la jolie fable des quilts codés. Mais l’exploitation de cette histoire donnée alors pour vraie par des spécialistes du patchwork traditionnel me laisse un goût amer. C’est un grand succès de librairie, certes. Il suffisait de dire que c’était un jeu, une fable ou un mythe, et tout allait bien !



Toujours à Balma le 17 novembre dernier, Florence a préparé pour chacune de la délégation un très joli cadeau bien gai et utile. Il était présenté dans cette grande corbeille à couvercle…

Chacune a maintenant sa cocotte marque-page à « ses » couleurs : de la gaieté et de la bonne humeur nous accompagnent désormais, même si nous lisons le plus noir des polars… Alors je vais bientôt lire le nouveau Maxime Chattam ou encore un polar suédois, avec ma cocotte je ne crains rien…





















